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 Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan

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Ayon
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MessageSujet: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Ven 2 Mar - 16:54

Souffle de Platon et Corps d'Aphrodite
ou les différents visages d'Isabella Swan



Prologue : Hypatie d’Alexandrie


Alexandrie, 440 après Jésus-Christ

Assis sur un rocher, un vieil homme presque aveugle faisait cours à ses jeunes élèves assidus. Ils écoutaient sagement se mémoriser les évènements vécus afin d’apprendre à ne pas répéter les mêmes erreurs que leurs ancêtres.

Ce jour-là, il décida de leur raconter l’extraordinaire femme mathématicienne qu’il avait connue, jeune.

- Jeunes gens, je vous pose une question. Qui est Hypatie d’Alexandrie pour vous ?

Un jeune garçon en tunique blanc lève la main, signe de respect et de demande au silence, s’avança vers le vieil homme.

- Hypatie était fille de Théon, mathématicien, elle enseignait les mathématiques et la philosophe au gymnase d’Alexandrie, récita-t-il, elle était païenne.
- Bien, Aurèle. Savez-vous pourquoi j’ai décidé de vous parler d’elle ?

En réponse négative orchestrée par des élèves, l’enseignant acquiesça la tête et murmura :

- Ecoutez bien, jeunes gens, ce que je vais vous raconter ne va pas beaucoup plaire à vos parents. Je pressens des blessures difficiles à cicatriser. Cependant, cela vous servira de leçon.

Intrigués, certains élèves s’apprêtèrent leur attention, avides de connaître l’histoire et d’autres foncèrent leurs sourcils, se demandant quelle moralité allait-il encore leur enseigner.
Le conteur prit une grosse inspiration et commença :

- Il était une fois, une jeune femme brillante, autant par sa beauté que par son intelligence, qui s’appelait Hypatie…

Au fur et à mesure du récit, les expressions des élèves étaient diverses : peur, admirative, colère, surprise, horrifiée, pâle, outrée…
Personne n’osait interrompre le vieux conteur, mais par respect vis-à-vis de lui, car c’est l’un des plus célèbres philosophes de sa génération, tous se taisaient et attendaient la fin de l’histoire de la vie d’Hypatie d’Alexandrie.

- « Cette femme fut la victime de sombres machinations, poursuivit-il. Parce qu’elle rencontrait souvent Oreste, le gouverneur, le bruit courut parmi les chrétiens que c’était elle qui l’empêchait d’entretenir des relations amicales avec Cyrille, l’évêque d’Alexandrie. Plusieurs excités, conduits par le lecteur Petrus, fomentèrent un complot et attaquèrent Hypatie alors qu’elle rentrait chez elle. Ils la tirèrent de sa litière et l’entraînèrent dans l’église connue sous le nom de Césarion. Là, ils lui ôtèrent ses vêtements et la massacrèrent. Ils lui arrachèrent membre après membre, puis transportèrent ses restes au Cinaron pour les brûler. Ce crime rejaillit sur Cyrille et l’Eglise d’Alexandrie.»

Socrate le Scolastique (380-450)




Note aux lecteurs:
le premier chapitre arrivera plus tard, je ne saurais pas vous dire quand... Armez-vous de patience et vous serez satisfaits. merci


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Ayon
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Dim 4 Mar - 16:21

Chapitre 1 : « Morte mais vivante »


Alexandrie, 415 après Jésus-Christ.

- Oh, Mon Dieu ! Demoiselle Hypatie ! Demoiselle Hypatie ! s’écrira un jeune homme au nom de Télèphe. Comment allez-vous ?

Ce fut un gémissement incompréhensible aux oreilles d’un humain, mais pas aux siens.

- Mal… Froid… Oreste...

Hypatie ferma doucement ses yeux et se mémorisa les évènements précédant sa lapidation. Elle se vit au seuil de l’agora en colère, probablement aveuglée par des rumeurs fausses, entre elle et ses prétendants Oreste et Cyrille. Elle sentit les mains glacées du jeune homme la couvrir et la soulever. Malgré la couverture, elle tremblait de froid, prise par des convulsions, elle savait qu’elle allait mourir.

Posée sur un lit constitué principalement de foin, Hypatie ouvrit ses yeux dans l’obscurité, poussée par une convulsion plus forte qu’avant, elle tenta de respirer l’air, elle ne put crier. Elle ne vit guère Télèphe se pencher sur elle, elle ne l’entendit même plus.

- Je vous prie, Demoiselle Hypatie, de me pardonner, mais n’ayez point apeurée…, annonça inutilement Télèphe

Il mordit le cou de la jeune femme, qui ne sentait plus la moindre douleur, mais qui n’allait plus tarder à hurler sous l’effet du venin, forçant le moine à retirer ses crocs.

Aveuglée par la lumière, Hypatie ouvrit doucement ses yeux de peur de se faire mal. Elle fonça ses sourcils, son esprit lui jouait des tours, elle s’était vue passer et repasser toute sa vie et subitement, elle n’arrivait plus à assembler ses derniers souvenirs… Elle était partie dans ses réflexions jusqu’au moment où elle se rendit compte qu’elle voyait très distinctement chaque fissure, chaque relief, chaque couche au plafond. Elle prit peur.
Attirée par des pas, Hypatie se tourna la tête en direction de la porte, elle eut le temps de se voir habillée, ce qui la rassurait, au moins. Elle avait déduit que son sauveur avait de bonnes manières en la laissant habillée d’une tunique longue.
Elle entendit la porte se grincer et vit un jeune homme qu’elle reconnut immédiatement.

- Télèphe ! J’attends vos expli… Oh !

Elle s’interrompit, stupéfaite. Sa propre voix avait totalement changée, elle était devenue à présent très mélodique, mais en même temps, le visage de Télèphe n’était plus ce qu’elle avait connu. En effet, il était défiguré par des légères cicatrices, des cicatrices de guerre plus précisément.

- Vous êtes enfin réveillée, Demoiselle Hypatie, salua Télèphe en s’agenouillant, je vous ai ramassé des vêtements. Ayez confiance en moi, je suis toujours le même. N’oubliez pas de ce que vous avez enseigné à propos de Socrate… « Connais-toi, toi-même ».
- Thé… Télèphe ? Qui es-tu, réellement ?

Hypatie ne put s’y faire à la voix chantante, mais elle continua. Elle eut l’intuition que Télèphe, son élève, a une autre identité, une autre facette de son visage qu’elle avait toujours connu. Déjà, elle ne craignait plus de lui.

- Qui suis-je ? marmonna Télèphe en haussant un sourcil, signe de réflexion. Hier, j’étais un homme guerrier, prêt à mourir pour la patrie, aujourd’hui, je suis un homme qui veut des connaissances, et demain, je ne saurais dire…, mais au moins, je ne suis pas trop un mauvais homme, termina-t-il dans un sourire.
Hypatie hocha la tête, mais resta néanmoins prudente.

- La réponse que je vous ai donnée dépend de chaque de notre vie, elle sera toujours variable en fonction de nos pensées et de notre instant. C’était vous-même, qui la répétiez lors des cours de philosophie. Vous enseigniez les sciences et la philosophie, dans un gymnase.
- Tout est exact, Télèphe, approuva Hypatie, surprise. Mais c’est maintenant moi qui vous réclame des explications.

Elle pouffa de rire. Si elle avait été enseignante, elle se trouva à présent élève.

- Vous auriez peut-être la réponse, un jour, mais avant, je dois vous informer de notre nature.

A ce moment, Hypatie passa sa main à sa gorge, elle eut mal. C’était une sensation, plutôt désagréable, comme si sa gorge était très fortement irritée au point de ne plus avaler le moindre salive et d’étouffer. En voyant ce geste typique, Télèphe esquissa, une nouvelle fois, un sourire et tendit sa main à son élève.

- Comme vous l’aviez souvent dit en mathématiques, une démonstration vaut plus qu’un long discours. Je vous ramène vous nourrir. N’ayez crainte.

A ces mots, Hypatie scruta Télèphe, intriguée mais amusée. Il avait retenu ses leçons !


Télèphe montra à Hypatie la forêt et lui demanda de fermer les yeux et d’écouter la nature l’appeler. Au fur et à mesure de la conversation, Hypatie se laissa guider par ses instincts de chasseur, elle courra auprès d’un sanglier en furie, elle l’attrapa et planta ses crocs sur son cou pour apaiser sa soif. Une fois son « repas » terminé, Hypatie reprit ses esprits et se rendit compte de ce qu’elle avait fait.

- Oh, par tous les éléments d’Euclide Un sanglier ! Quelle horreur ! Mais… mais je bois son sang ??? C’est… C’est répugnant ! s’écrira-t-elle, choquée, en s’essuyant inutilement du sang de sa bouche.
- Je vous comprends, dit simplement Télèphe, qui l’avait suivie.
- Mais le sang est réservé aux Dieux ! Il est sacré à leurs yeux ! Cela représente…
- Pardonnez-moi, Demoiselle Hypatie, si je vous ai offensée, mais n’êtes-vous pas réputée pour être païenne ?

Surprise par la remarque de Télèphe, Hypatie ne laissa pas se faire.

- Certes, je suis incroyante, mais je respecte les traditions des croyants aux Dieux. Puis-je apaiser ma soif avec de l’eau ? Elle me gêne.
- Je crains que ce ne soit pas possible, mais je vous prie, tentez votre expérience.

Hypatie fonça ses sourcils, ne comprenant pas à son énigme, mais accepta son défi. Elle se dirigea vers une rivière où elle pourrait boire. Elle se mit sur ses genoux, se pencha sur la rivière et tendit sa main vers l’eau. Elle fit une réflexion mentale sur sa température corporelle au contact d’eau, elle la trouvait curieusement tiède. En saisissant un peu d’eau dans sa main creuse, elle la porta à sa bouche et la but.
Brusquement, elle cracha le liquide, elle ne reconnaissait plus sa texture naturelle, elle la trouvait un goût trop salé et mixé avec la poussière terrestre, alors qu’elle n’avait recueilli qu’à la surface. Elle s’étonnait que sa perception des goûts ait fortement changée. Elle se tourna vers Télèphe, qui avait tout assisté, adossé au tronc d’arbre.

- C’est curieux, je n’avais pas trouvé le goût d’eau… infâme. Trop salé et trop poussiéreux, elle n’apaise pas du tout ma soif. Que se passe-t-il ? Pourquoi n’ai-je pas mangé de la chair du sanglier alors que j’abreuve son sang ? La nourriture, laquelle nous avons l’habitude de manger, est soit crue, donc avec des traces de sang, soit…

Elle se tut, elle avait eu une illumination.

- Télèphe ! Retournons au cadavre que j’avais laissé, s’il vous plaît. J’ai besoin de vérifier mon hypothèse.
- Ce sera fait comme vous semblez, Demoiselle Hypatie, fit-il, amusé en lui faisant une soubrette.


Hypatie lui sourit et retrouva le cadavre du sanglier qu’elle avait tué tout à l’heure. Elle l’examina et caressa sa robe. Ses mains avaient également changé de perception, elles captaient plus de sensations. Hypatie pouvait donc situer aisément l’ossature d’animal, repérer les localisations des tiques, sentir chaque veine sous la peau. Elle avait remarqué le changement de son odorat, le sanglier lui paraissait bon, et maintenant, nettement moins. Elle en déduisait que chaque animal pouvait sentir l’odeur de chaque être vivant. Elle s’approcha des deux petits trous et une déchirure de chair qu’elle avait prodigué au pauvre animal sauvage. Elle les autopsia, elle renifla la chair et à son étonnement, elle lui paraissait alléchant. La jeune femme croqua dedans et l’instant d’après, elle rendit quelques morceaux dans sa main libre.

- L’odeur était alléchante, mais le goût fut gluant, constata-t-elle, en fixant les morceaux. Pas du tout agréable, on aurait dit un ensemble élastique et indigeste. C’est surprenant…

Télèphe parut impressionné par sa réflexion, il ne fit qu’acquiescer à chacune de ses pensées. Il vit Hypatie se lever et croiser ses yeux dans les siens.

- Que m’avez-vous fait réellement ? Je suis persuadée que je n’avais jamais remarqué des détails auparavant. Pourquoi maintenant ?
- Avant de vous répondre à vos questions, Demoiselle Hypatie, j’aimerais vous entendre votre conclusion comme vous l’aviez fait habituellement après avoir démontré vos théories.

Hypatie le scruta attentivement. Elle se disait que ses yeux sont d’une rareté couleur : ils étaient entourés d’argenté et à l’intérieur, des yeux bleus, très bleus comme ciel du beau temps. Ils l’hypnotisaient. Elle sursauta à la voix masculine et chantante :

- Demoiselle Hypatie ?
- Oh… hum… Bien, voulez-vous entendre ma théorie ?

Télèphe inclina sa tête pour l’initier à poursuivre.

- Je suis un mélange d’êtres primate et humain, primate parce que je ressens des sensations -inimaginables pour un humain-, mes sens se sont aiguillés, je perçois des détails comme le ferait ce sanglier, et humain parce qu’à la première vue, je garde la forme humaine. Et…, mon cœur, ajouta-t-elle en joignant ses mains à sa poitrine, ne bat plus, ou enfin presque plus. Je suis plus proche de primates au sang froid que des bipèdes et des primates au sang chaud, j’ai une peau plus froide que d’emblée. Malgré tout, je suis vivante, morte mais vivante.

Patient, Télèphe écoutait tout le monologue d’Hypatie, il restait silencieux quand la jeune femme énonçait le sang.

- Télèphe ? Dites-moi la vérité, je vous en supplie. J’ignore comment, mais j’ai l’intuition que vous le saviez depuis longtemps.

Sans un mot, le jeune homme prit ses mains et l’accompagnait à la rivière. Il l’invita à se regarder dans son reflet.

- Demoiselle Hypatie, je vais vous expliquer, mais s’il vous plaît, fixez votre reflet et dites-moi la première chose que vous remarquez le plus.
- Les yeux ? Mais… ils sont entourés d’auréole argentée ? s’écria Hypatie, choquée par ses yeux.
- C’est la première particulière qui nous différencie d’êtres humains. Habituellement, les yeux de notre espèce devraient être rouges, mais nous conservons nos couleurs d’origine.
- Rouges ??? Notre espèce ??? répéta Hypatie, confuse.
- Notre espèce… n’a pas vraiment de nom, pour être honnête. Moi-même, je cherche à nous classifier parmi les êtres humains et même primates, mais jusqu’à présent, je n’ai pas d’explications précises. J’ai beau réfléchi, je ne vois pas de mot adéquat à notre condition.
- C’est étrange.

Télèphe hocha la tête et continua :

- Les yeux rouges, j’en ai vu, ils boivent du sang humain. Si je vous ai ramené en forêt, je savais que vous répugniez déjà, de votre vie humaine, de voir du sang partout. Oui, Demoiselle Hypatie, j’ai bien mentionné « votre vie humaine », car vous ne l’êtes plus, vous êtes comme vous l’aviez conclu : « morte mais vivante ». Nous pouvons trancher nos vies en plusieurs périodes : la naissance, l’âge adulte, la mort et l’après-mort.
- Comment définissiez-vous l’après-mort ? l’interrogea la jeune païenne, avide de connaître le départ déclencheur de « sa nouvelle vie ».

D’un œil expert, Télèphe examina sa protégée, et se détourna d’elle pour fixer de loin les remparts de la ville d’Alexandrie, sans les voir. Il se croisa les épais bras et prit une inspiration, comme il avait fait souvent pour prendre une parole dans des moments rudes.

- Dans l’Agora, commença-t-il, vous étiez toute nue et lapidée à mort, vous aviez enterré dans un temple en espérant bénéficier l’aide de l’Evêque Cyrielle, mais vous aviez vu le Gouverneur Oreste à la place, il vous avait laissé tomber. C’est durant ce moment de répit que je suis intervenu. Je vous ai donc transporté jusqu’à mon domicile, mordu à plusieurs endroits de votre corps, de façon que mon venin coule en vous et je vous ai couvert d’un drap et ramené chez moi. Vous alliez mourir dans d’atroces souffrances, telle martyr païenne. C’est cette période que vous commenciez votre « nouvelle vie », l’après-mort. Votre corps subit une nette transformation, à commencer par vos yeux, votre circulation sanguine, votre peau, vos cheveux, vos sens, vos formes humaines, et… votre don.


Durant l’explication de Télèphe, Hypatie observait son reflet plus attentivement, elle constatait son changement corporel : elle a à présent des cheveux plus éclaircis, plus soyeux et ondulés qu’au départ, des formes féminines plus suggestives, et une pâleur inquiétante, mais qui concordait plus aux couleurs de ses cheveux et de ses yeux.
Son cerveau fonctionna à double vitesse. D’une part, excitée par la découverte, elle chercha rapidement à classifier l’énigme de sa nouvelle espèce, elle énuméra toutes les possibilités et les vérifia avec ses connaissances apprises auprès d’Aristote et de Platon. De l’autre part, apeurée par l’incertitude totale, elle analysa tout ce qu’elle avait appris pour se préparer à la suite des évènements. A commencer par l’héritage de son père, com…
L’ancienne enseignante interrompit sa pensée, dès qu’elle entendit le mot « don ».

- Mon don ? L’ai-je ? réitéra-t-elle, suspicieuse.

Télèphe la comprenait. Lui aussi, il l’était au départ, il avait été élevé dans la plus stricte tradition des matérialistes, il avait aussi appris la médecine et les sciences exactes des égyptiens. La philosophie n’était pas encore apparue, des récits oraux des héros faisaient à peine le tour de la « Terre plate ». Et pourtant, il avait vécu l’ère où les dieux descendaient encore sur Terre rencontrer les mortels, où le surnaturel avait encore fait son effet. Il était lui-même fils d’une immortelle et d’un mortel.
D’un air plutôt paternel, le jeune homme avança vers sa protégée et lui avoua :

- Durant mon existence, je n’ai jamais vu un don aussi exceptionnel qui réside dans votre corps. Vous êtes un bouclier à la fois physique et psychique. J’ai mis du temps à comprendre le principe de votre don, moi-même, j’avais du mal à le détecter et pourtant, je pouvais vous localiser.
- M’espionnez-vous ? s’offensa Hypatie.
- Du tout, Demoiselle Hypatie. J’ai un don de conductivité, je peux vous localiser à un rayon de vingt kilomètres, voire plus si je me concentre, je peux savoir quel est le don de notre espèce et le maîtriser à distance et je peux également contrôler les éléments grâce à mon conduction autour de mon corps.


Coi, Hypatie laissa sa bouche entrouverte, surprise par le fonctionnement du don de Télèphe, elle conclut mentalement qu’il était dans l’après-mort depuis plus longtemps pour avoir acquis cette expérience.

- Demoiselle Hypatie ? l’appela Télèphe.
- Oh, avoir un don, c’est difficile à imaginer. C’est hors des lois de gravité, des sciences ! Tout défie la nature ! clama-t-elle, prise de panique. Tout ce que j’ai appris était erroné !

Elle parut, à Télèphe, dévastée, elle repensa à son éducation faite par son père Théon, pourtant mathématicien réputé d’Alexandrie, il était éditeur et commentateur de textes mathématiques, il avait enseigné à sa fille tout ce qu’il savait, c'est-à-dire des mathématiques et de la philosophie.

- Au contraire, Demoiselle Hypatie, au contraire ! Pensez à Aristote et à ses quatre éléments !
Télèphe prit ses bras pour l’intimer à l’écouter, mais la jeune mathématicienne s’arrêta instantanément en l’entendant citer Aristote et ses éléments.
- Quatre éléments ? Voulez-vous me citer les corps « lourds » et les corps « légers » ?
- Oui, Demoiselle Hypatie, vous l’aviez dit : « La Terre au centre, puis l’Eau, l’Air et enfin le Feu, le plus à l’extérieur. Dans notre monde terrestre et corrompu, ces quatre sphères sont mélangées : On trouve de l’eau dans la terre, de l’air dans l’eau, du feu sur la terre et ainsi de suite… », il se trouve que mon don se rapproche de la terre que du feu, grâce à la terre, je peux contrôler tout ce qui se trouve sous nos pieds. J’ai autour de moi des liens, un autre type de corps, que vous appeliez, des corps célestes. Ils sont habituellement régis par des mouvements circulaires dans le ciel grâce aux luminaires, d’accord ?

Bien qu’assommée par la quantité d’informations, Hypatie approuva Télèphe et le laissa continuer.

- J’ajoute un autre corps à cette catégorie, il tourne autour de moi dans l’air, pour être capable de localiser les personnes de notre espèce, comme si j’étais un oiseau. Je vous laisse le loisir d’analyser le mouvement des corps. Je suis sûr que vous avez déjà deviné.
- « Chaque corps essaie de retrouver sa sphère d’origine. », cita-t-elle, nonchalante. J’ai compris. Et vous pouvez même faire accélérer ces corps autant que vous le désirez pour contrôler les dons de notre espèce. Dans ce cas, pouvez-vous le faire sur moi ?

Télèphe parut surpris par sa demande, mais il lui sourit, rassuré de la voir calmée. Il se concentra et tenta de montrer à Hypatie son bouclier.

- Ne bougez pas. Vous allez comprendre, lui instruira-t-il en prenant un peu d’eau avec son cape.

Il enroba Hypatie d’eau, mais autour d’elle, l’eau se repoussa naturellement, et la jeune femme resta sèche. Elle en fut impressionnée.

- Est-ce vraiment mon don de bouclier ? balbutia-t-elle en voyant son instituteur souffler de soulagement, comme s’il cessa son don.
- Oui, Demoiselle Hy…
- Hypatie suffit, intima-t-elle. Etant donné que je suis l’une de vous, je ne suis plus votre enseignante. Pour vous, je suis Hypatie toute courte, et aussi, comme nous allons, je pense, vivre ensemble pour un bout de temps, nous nous tutoyons.
- D’accord, Hypatie.

A l’évocation de son prénom, la jeune fille rit et prit le bras de son protecteur. Elle déposa un bisou sur sa joue.

- C’est pour te remercier de m’avoir…, disons, sauvée. Je ne pense pas que tu l’as fait parce que j’ai un don ou que j’allais mourir, ou encore que tu avais assez de solitude. Pourquoi m’as-tu transformée ?

Télèphe soupira, amusé. Il redoutait cette question, il connaissait suffisamment Hypatie pour la qualifier de perspicacité. En réalité, il l’avait suivie depuis sa naissance. Intérieurement, il pesait le pour et le contre pour annoncer la vérité à Hypatie, mais celle-ci ne va pas tarder à la savoir si elle entamait ses recherches.

- Tu le sauras le moment venu. C’est déjà beaucoup, aujourd’hui. Je dois dire que je suis très impressionné. Depuis ton réveil, tu ne cesses de rechercher des hypothèses, tu t’interroges, chaque challenge est un défi pour toi. Encore plus impressionné quand tu étais dans tes réflexions, des êtres humains passaient tout près et tu as résisté à leur appel du sang.

Hypatie rougit très légèrement, la faisant paraître un peu plus humain. Télèphe le remarqua et rit à nouveau. Il la prit dans ses bras et la conduisit à son logement. Pensif, il ne put s’empêcher d’observer sa nouvelle recrute. Il comprit que sa mutation était imprégnée en elle, il se promit de lui en parler plus tard, il voulait pour l’instant noter des particularités de cette mutation…




Nota bene: Le second chapitre attendra. Soyez patience... merci


Dernière édition par Ayon le Mar 6 Mar - 18:11, édité 1 fois
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Ayon
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Dim 4 Mar - 17:25

Photos de nos héros du moment:

Télèphe


Hypatie


Comme vous avez pu le constater, ce sont des montages pour correspondre à mon histoire. Evidemment, vous devinerez de quelles photos sont-elles issues. Wink
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Dim 4 Mar - 17:48

Ton histoire m'a l'air super intéressante.
Hâte de lire une suite.
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Ayon
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Ven 27 Avr - 13:05

Chapitre 2 : Retour vers le Passé… Egyptien


Thèbes (Louxor), Vallée des Rois, 415.

Les yeux rivés sur une montagne surplombant sur Thèbes, la magnifique au couchant sang et or, et sur toute la vallée asservie aux siècles d’apogée, elle était ce qu’appelaient les Anciens « La Cime », autrement dit « le sommet », et gardait ses pieds dans un lit de Nil. Hypatie demeura silencieuse face au spectacle qu’offrait ce paysage. Elle connaissait à peu près son histoire, contée par les Anciens lorsqu’elle était plus jeune. Le Nil, fleuve aux dix fléaux, se montrait parfois capricieux en emportant tout leur passage sauf La Cime, mais se fleurissait solennellement, faisant du sommet le célèbre protecteur des tombes des pharaons et des reines d’Egypte. En plusieurs siècles, cet endroit gardait jalousement ses secrets. Peut-être qu’Hypatie, elle pourrait en percer au moins un d’en…

- Hypatie, je te présente la grande et majestueuse nécropole des millions d’années des pharaons, vie, force et santé, à l’ouest de Thèbes, lâcha une voix masculine envoûtante.

Le son de cette voix tira Hypatie de ses songes. Ses yeux chocolat croisèrent les siens mais ceux-ci étaient braqués vers un endroit particulier, au milieu de La Cime.

- La Vallée des Rois, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour Télèphe.
- Ne t’avise pas d’aller les fouiller, la prévint-il, alors qu’il avait aperçu un bref moment d’éclair dans ses yeux. Nous n’avons pas largement de temps, nous devons parcourir encore un peu avant que la nuit tombe.

En entendant son avertissement, Hypatie se sentit prise en faute comme un enfant, ses joues auraient fortement rougi si elle avait pu… Mais malheureusement pour elle, Télèphe rit à la gorge déployée en s’apercevant son léger malaise.

- Je croyais que nous n’avions pas beaucoup de temps, se renfrogna-t-elle, les mains serrées, la tête hautaine. Filons, donc, Télèphe, si tu ne veux pas prendre racine, ici.

Typiquement Hypatie… Elle était élevée dans l’Art de bien parler, la rhétorique et elle avait du répondant et ce, dans la dignité totale.


La nuit tomba. Plus rien, les yeux humains ne pourront distinguer les reliefs des montagnes, les pierres sur leur chemin, ils sont à la merci des prédateurs nocturnes. En temps normal, les nomades n’osaient guère s’aventurer la nuit, préférant camper sous d’épaisses tentes. Sauf deux touristes.
Ils s’arrêtèrent à quelques kilomètres des feux des camps, ils demeurèrent silencieux. Ils ne voulaient pas que les animaux nomades relèvent leur présence aux maîtres. Sinon, ceux-ci pourraient leur prendre pour des djinns, des esprits malsains ou des démons.
Fort de ses expériences, Télèphe en avait profité pour l’expliquer à Hypatie du point de vue des nomades, mais selon lui, un djinn s’apparentait plutôt à une sorte de génie invisible dans les croyances populaires orientales. De plus, il avait conclu que le terme djinn ne s’appliquait guère à sa nature et celle d’Hypatie.
Durant sa monologue, Hypatie avait tiqué sur le terme djinn, mais elle avait supposé que la plupart des égyptiens croyaient à l’âme qui régnait dans les êtres vivants, les animaux, y compris et que le mieux était de les laisser dans ces positions, cela faisait partie de leur culture. Les animaux que les nomades avaient à leur disposition étaient connus pour leur sensibilité extralucide, alors ils pouvaient ressentir le moindre pas, la moindre odeur, le moindre bruit sourd à plusieurs lieues. Aussi, il était de notoriété que leur ouïe était supérieure à celle des humains. Enfin, elle avait compris la raison de leur halte, loin des feux de camps. Elle remerciait mentalement à Télèphe de l’avoir accostée à temps.


Dans un mutisme total, Télèphe observa le campement d’un air grave. Hypatie passa en détail les animaux, qui, depuis toute petite, les fascinaient. Ainsi les nomades avaient en totalité trente chevaux, principalement constitués de pur-sang arabe ; leur robe ne trahissait pas leur origine, tous étaient marrons, ou blancs, voire gris ; de deux cents moutons de couleur beige, quinze béliers et pour finir dix ânes. Un simple ravitaillement, se disait Hypatie, à juger la taille de leurs animaux, mais elle n’en était pas sûre.
En revanche, elle était impressionnée par leur organisation et notait mentalement que cet aménagement n’était que stratégique dans ce contexte. En effet, les nomades avaient placé les ânes, les moutons et les béliers ensemble entre leurs deux épaisses tentes, ils avaient pour mission de les tenir au chaud durant la nuit, tandis que les chevaux étaient logés à proximité, sans doute pour alerter les nomades les plus aguerries du camp en cas de danger. Voilà pourquoi Télèphe n’osait s’aventurer quelques pas de plus.

- Tiens-toi prête, Hypatie, chuchota-t-il à son oreille, la faisant sursauter.

Fort heureusement, Hypatie n’avait pas poussé un cri de surprise dans ce moment proscrit. Alors qu’elle se tournait vers son compagnon, elle entendit des hennissements déchirants venant des chevaux, les guerriers se mettaient instantanément en garde et en alertes, les femmes, les vieux et les enfants se mettaient à l’abri.
Une seconde après, Hypatie se rendit compte qu’elle était sur l’épaule de Télèphe, elle n’osait pas le déstabiliser, il devait savoir ce qu’il faisait. Mais elle ne concevait pas la réaction des chevaux, alors que Télèphe et elle étaient restés longtemps immobiles, l’un des avantages de leur nature.


Dans un asile rocheux parfaitement à l’abri des nomades, Télèphe descendit Hypatie et se plaça à l’entrée pour vérifier que personne ne l’avait suivi, bien que ce soit impossible pour les humains, mais le jeune homme ne voulait rien laisser passer au hasard. Après qu’il en fut rassuré, il passa ses mains derrière ses cheveux en poussant un bref soupir.

- Excuse-moi d’avoir agi de la sorte, mais il fallait réagir très rapidement, dit-il.
- Et pourtant, nous n’avons pas fait le moindre mouvement, alors qu’est ce qui a poussé les chevaux à hennir ?

Télèphe leva sa tête et croisa ses yeux dans les siens. Il prononça les fatals mots

- Les Djinns.
- Pardon ? s’écrit-elle. Tu les vois ???
- Souvent dans la Vallée des Rois ou des Reines, tout être vivant qui avait une âme sombre avant leur mort passaient par ici. De jour ou de nuit. Les chevaux sont d’excellents indicateurs pour les détecter, expliqua-t-il dans un ton calme.

Hypatie acquiesça, bien qu’elle ne fût pas réellement convaincue de sa réponse. Comment cela se faisait que Télèphe ait détecté leur présence avant les chevaux ? Elle se promit de le découvrir, un jour.

- Soyez les bienvenus, intervint une voix, empiétée d’accents antiques, plus précisément d’Egypte.


A la surprise d’Hypatie, Télèphe rit et se retourna vers une créature authentique de Haute Egypte. Elle était coiffée comme autrefois, leurs cheveux étaient noirs de jais, mais ils paraissaient à Hypatie qu’ils étaient teintés, leurs yeux étaient maquillés en yeux de biche, leur bouche soigneusement dessinée. Elle était vêtue d’une traditionnelle tunique égyptienne, dévoilant ainsi la nudité des seins, mais elle avait ajusté d’un long châle, afin de la couvrir de la sous-disant fraîcheur de la nuit. Ce qui avait attiré Hypatie le plus, c’était les yeux, les yeux rouges. Se rappelant de la conversation avec Télèphe à ce propos, elle sut immédiatement que c’était une morte-vivante.

- Demoiselle Kébi, bonsoir, je croyais qu’Amun ne vous avait pas autorisée de nous accueillir toute seule ?
- Seulement en sa présence, Ach…
- Demoiselle Kébi, l’interrompit-il, ne contrarions pas votre époux.

Elle lui fit un petit sourire gêné, cependant, elle les invita à la suivre. Durant tout l’échange, Hypatie crut que Kébi utilisait le vrai nom de Télèphe, elle devina qu’elle l’avait connu sous son vrai identité. Que lui cachait-il ?

Arrivés dans une immense salle où au fond se trouvait un trône, Hypatie vit un jeune homme d’une trentaine d’années les scruter d’un air méfiant, mais curieusement à la vue de Télèphe, son regard changea d’intensité. Il remercia alors Kébi avant de se tourner vers les invités.

- Soyez les bienvenus dans mon ancien palais, exposez-moi l’objectif de votre visite, qui, je suppose, n’est pas par courtoise que vous venez nous prendre des nouvelles.

Pendant le monologue de cet homme ayant gardé sur sa tête, un némès, une coiffure emblématique des pharaons, réalisée à partir des tissus complexes, Hypatie remarqua la soumission de Kébi en sa présence. Elle se plaçait derrière lui et lui échangeait un bref regard dans le silence, avant de faire une bonne figure maternelle aux invités.

- En effet, cher Amun, nous sommes venus pour vous quémander un service. Savez-vous que ces dernières années, je me suis dirigé vers la ville d’Alexandrie ?
- Vous m’en avez fait part, il y a quelques années. Est-ce cette jeune fille, l’objet de votre venue ?

Télèphe sourit, il le connaissait trop bien. Amun aimait tout de suite les faits, bien qu’il ait toute l’éternité pour avoir toutes les informations, mais il n’avait pas la patience de les entendre en tant qu’il n’aurait pas compris le but.

- Cette jeune fille est Hypatie d’Alexandrie.

A l’évocation du nom, Amun reporta son regard intéressé sur Hypatie.

- Serait-elle…

Il marqua une pause et se tourna vers Télèphe. Il s’approcha de lui et le fixa dans ses yeux rouges.

- Une mathématicienne ? La célèbre philosophe et mathématicienne, la fille de Thébès, l’éditeur ?
- Affirmatif, Amun.

A cette confirmation, l’ex-pharaon observa Hypatie d’un nouvel œil et sonda les yeux de Télèphe probablement à la recherche de la vérité.

- Alors, confirmez-moi ce que je pense à ce que tu m’as dit il y a quelques années plus tôt.
- Je ne vous mentirai point.
- Bien, haleta Amun en se reculant pour prendre de hauteur. Que voulez-vous à présent ?
- Dame Hypatie est très reconnue dans toute l’Empire Romaine, enfin du moins, chez les intellectuels et les hommes de l’Eglise. Elle aura besoin des conseils… de votre secret de beauté.

Amun acquiesça, comprenant sa demande et capta le regard de Kébi.

- Accompagne donc Dame Hypatie et livre-lui tes secrets. Dame Hypatie, s’adressa-t-il à l’intéressée, en aucun cas, ne délivrez jamais nos secrets à quelconque où ma colère sera terrible et je ferai en sorte que vous ne vivez plus jamais à la surface.


Durant toute la conversation entre Amun et Télèphe, Hypatie n’appréciait guère qu’ils parlaient d’elle en sa présence. Elle trouvait Amun très conservateur avec ses principes antiques égyptiens. Elle avait été surprise par le changement notable de comportement de Kébi lorsqu’elle se trouvait à côté d’Amun. Kébi était alors une femme soumise, et sous la protection d’Amun. Hypatie était encore révoltée en entendant Amun ordonner à Kébi et encore plus lorsqu’il lui parlait de manière menaçante.
Alors qu’elle s’apprêtait à répliquer de façon clignotante, elle sentit une main se poser sur son épaule et la faire reculer. Il s’agit de Télèphe. Il lui secouait lentement la tête, la dissuadant de le faire.

- Hypatie… Suis Kébi, tout ira bien.

Prenant une respiration bien qu’inutile, Hypatie tenta de se calmer et suivit Kébi, qui se trouvait déjà aux bords de la porte, menant à un tunnel.



A la sortie du tunnel, Kébi conduisit Hypatie vers l’une de ses chambres et durant tout leur passage, des torchons étaient éteints, mais la vue vampirique leur permettait de s’aventurer en toute quiétude. Jugeant suffisamment éloignées de la salle du trône, Kébi s’arrêta brutalement devant une autre porte. Elle fit un demi-tour sur elle et sourit à son invitée.

- Derrière moi est ma chambre personnelle. En temps normal, Amun n’aime pas savoir que je parle à des invités, à des inconnus, sans ou avec sa présence, même avec Télèphe, qui est son ami de longue date. Néanmoins, il accepte que je converse avec vous, qui êtes une femme. Ne faites pas attention à mon mari Amun. Il vous parait certes autoritaire et conservateur, mais c’était notre éducation égyptienne.

Sur ces mots, Kébi poussa les portes, laissant place à une immense chambre, digne d’une princesse.

- Entrez, je vais vous apprendre les secrets de… notre beauté. Connaissez-vous des astuces de femme en tant que grecque égyptienne ?
- Seulement des connaissances de maquillage, mais je n’en utilisais que rarement. J’ai passé des heures pour me coiffer.
- Je vois… Nous avons du pain sur la planche, mais vous apprendrez vite. Commençons… par la teinture de cheveux !
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Ayon
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Jeu 10 Mai - 19:51

Chapitre 3 : L’Exil

Alexandrie, 415 après Jésus-Christ.

- Tu en es sûre, Hypatie ?
- Oui.

Le silence s’imposa entre les « non-humains ». A l’écart des curieux, ils scrutaient l’Agora, où se déroulait l’animation inquiétante qui régnait à présent la ville. En effet, les habitants de la cité se relevaient difficilement du pogrom anti-Juif, les chrétiens avaient sauvagement soit massacré, soit expulsé les Juifs et pillé leurs synagogues pour les transformer en églises. Certains essayaient de convertir de rares habitants du marché Juifs, d’autres préféraient s’isoler dans un des quartiers les plus pauvres d’Alexandrie. Plus rien n’était comme avant, le Christianisme avait gagné du terrain.

Grâce à l’Evêque Cyrielle, il était à l’origine de ce changement.

Hypatie secoua la tête, dépitée. Sans le savoir, Cyrielle avait déclenché une machination contre elle qui lui aurait été fatale si Télèphe ne s’était pas intervenu durant un moment de répit. Après, sa « prétendue » mort, une jeune femme, une juive la ressemblant de manière forte, avait pris sa place et fini brûlée par des soins des chrétiens rebelles. Le sénateur Oreste n’avait absolument rien fait.

- Allons-y, Télèphe, dit Hypatie d’un ton sec.

Son ex-élève la suivit, préférant se taire. Il comprenait sa réaction. Elle avait voulu revoir la place où elle avait été laissée pour morte, et constater elle-même les suites du pogrom. Juste avant sa lapidation, elle avait eu le temps de comprendre qu’elle était victime de machinations. Des chrétiens les plus excités avaient cru que c’était elle qui empêchait le gouverneur Oreste d’entretenir des relations amicales avec l’Evêque Cyrille. Conduits par le lecteur Petrus, qui lui-même était son élève, les chrétiens avaient formé un complot pour l’attaquer sur son chemin vers sa maison.
Télèphe repensa à la réaction d’Hypatie lorsqu’il lui avait appris les circonstances de sa prétendue mort, de retour de la promenade. Effectivement, la jeune femme n’avait pas apprécié la situation des habitants, elle était même révoltée, mais elle avait rapidement compris qu’elle n’avait plus son rôle à jouer dans cette ville et qu’elle devait même quitter le pays. Néanmoins, elle avait émis une condition à Télèphe : revoir des endroits où elle avait grandi et en particulier son ancienne maison.

- Je suis prête.

Télèphe releva la tête, surpris. Il comprit qu’il était parti dans ses pensées. Il remarqua des rouleaux qu’Hypatie tenait dans ses mains.

- Que comptes-tu faire avec ces documents ?
- Ils contiennent des croquis qui me tiennent à cœur, répliqua-t-elle.

Télèphe hocha et leva sa tête vers le ciel, au-dessus d’Alexandrie, où le soleil quitta la mer.

- Il va falloir qu’on se dépêche avant que notre flotte ne quitte le port.

Hypatie acquiesça. D’un accord commun, Télèphe et elle avaient décidé de gagner la Gaule, en passant par la Grèce, puis la Gaule cisalpine, voire la Gaule transalpine. S’appuyant l’expérience de Télèphe, la traversée devait durer une bonne semaine en mer et une quinzaine de jours sur terre ferme. Avec la montée de Christianisme, Télèphe pensait qu’il serait préférable d’éviter l’Italie pour l’instant, à cause des écoulements de sang, qui pourraient les attirer irrémédiablement.
D’un œil inquisiteur, la fille de Théon observa Télèphe en pleine discussion avec un marchand-propriétaire de navire d’amphores d’huile, de vin et de saumure. Ce dernier, bien qu’il soit massif de carrure, sembla se plier à ses arguments. Elle sourit, son compagnon était l’un de ses meilleurs élèves à ses cours de philosophie et de mathématiques, il avait développé un esprit à la fois critique et ouvert. Elle se dit qu’il va la surprendre dans de prochains jours, étant donné de sa longévité plus longue. Elle jeta un regard à l’afflux des esclaves et des hommes libres qui chargeaient le navire d’amphores. Le surveillant, pour se donner un air menaçant, posa sa main sur un fouet à sa ceinture, plissa ses yeux au moindre relâchement de la part de leurs hommes, mais au lieu de s’emparer de fouet, il criait dessus au jeune homme d’à peine de douzaine d’années.

- Eh, gamin, presse-toi ou on en a pour demain !

Le dit gamin ne répondit guère, il descendit du navire à grandes enjambées. Il s’était arrêté pour reprendre son souffle et laisser ses collègues pénétrer dans le navire. Après tout, le pont n’était pas très large pour permettre le double flux. Ceux qui descendaient longeaient tout au long du bois, afin de laisser ceux qui étaient chargés de marchandises.
Hypatie serra ses mâchoires en voyant le garçonnet, elle n’aurait pas supporté qu’on crie dessus un enfant, mais elle dut comprendre la stratégie du surveillant, plus on menaça les hommes, plus ils travaillaient vite. Une devise facilement utilisée depuis des lustres par des humains. Par contre, le ton employé par le surveillant face au jeune garçon n’était pas du tout méchant, il grognait face à la paresse de l’enfant. La jeune femme se permit d’esquisser un fiable sourire, Télèphe avait bien choisi un navire d’hommes plus ou moins honnêtes.

- Voyez, Agénor, je vous présente Yseult, ma compagne de chemin. Yseult, voici Agénor, le propriétaire de ce navire, il a accepté de nous ramener à Corinthe, en Grèce où il fera une escale.

A l’évocation du prénom d’Yseult, Hypatie saisit immédiatement que Télèphe la désigne, c’était l’un de leurs accords. A Alexandrie, presque toute la population connaissait son prénom et sa renommée en tant que fille de Théon et mathématicienne. Et puis, des nouvelles de sa prétendue mort circulaient très rapidement dans cette ville. Enfin, cette femme martyre païenne ne devait plus exister à l’heure actuelle.
Afin de résoudre ce problème, Hypatie avait pris la décision de changer de tête. Télèphe l’avait ramenée chez une de ses connaissances, Amun dans la Vallée des Rois. A ce dernier, il avait demandé la permission de confier Hypatie à sa femme Kebi afin de lui apprendre des secrets de teinture de cheveux. Ainsi, Hypatie avait passé de châtain à auburn avec des tons tantôt blonds cendrés, tantôt châtains pour rappeler sa couleur d’origine. Elle pouvait donc apparaître comme une jeune femme étrangère au pays d’Egypte.

- Dame Yseult, je suis fier de vous accueillir au bord de mon navire, votre origine m’est trop précieuse pour me permettre de vous laisser sur le port, les dieux nous seront cléments aujourd’hui. Nous nous partirons dès que toute la marchandise sera embarquée.
- Je vous remercie, Agénor, dit-elle d’un ton sournois.

Agénor fit un léger hochement de tête et retourna à la marchandise. Télèphe arqua un sourcil interrogateur.

- Yseult ? Tu ne pouvais pas trouver mieux ? pouffa Hypatie.

Télèphe haussa les épaules et prit le bras d’Hypatie pour l’initier à le suivre un peu loin du quai.

- Agénor avait un faible pour les femmes d’origine gauloise et puis, vous ressemblez à une jeune femme qu’il avait connue dans sa jeunesse. Et puis le prénom d’Yseult m’est venu à l’esprit dans la conversation.
- Comment as-tu fait pour tout découvrir ? s’étonna Hypatie.

Télèphe fit une moue, signe qu’il est dans ses réflexions et soupira.
- Agénor est un homme bavard, il est facile de le faire parler par ses sentiments. Souvent les marchands sont des poètes ou des conteurs.
- C’est tout ? Je pense que tu es beaucoup plus malin que ça…, remarqua Hypatie.
- D’accord, disons, nos regards surnaturels perturbent les humains, murmura-t-il, mais cela ne veut pas dire qu’avec cette capacité, nous obtenons ce que nous voulons.

Hypatie opina.

- Je crois que j’ai beaucoup de choses à apprendre, conclut-elle en souriant.




Condevincum (Nantes), 416 après Jésus-Christ

Après le voyage en mer qui avait duré à peine cinq jours, Télèphe et Hypatie, nouvellement Yseult, avaient traversé la Grèce, en faisant une petite pause de trois jours à Larisse, la ville natale de Télèphe, longé la mer entre la Macédoine et l’Italie, gagné les montagnes alpines et enfin suivi la rivière gauloise jusqu’à la ville de Condevincum. Télèphe l’avait choisie, d’après ses sources, cette ville n’était pas assignée par des peuples barbares comme les Francs en Belgique, les Alamans à l’Est de Gaule, les Burgondes juste au-dessus de l’Italie. Mais surtout, cette ville est entourée de la forêt et parfois de villages gaulois résistants à l’ennemi.

Télèphe avertit Hypatie que l’Empire Romain d’Occident pourrait être effondré dans de prochaines années, il n’avait pas réellement tort. La présence des barbares sur le territoire gaulois ne présageait rien de bon pour les autochtones. Hypatie eut une pensée pour son Empire Romain d’Orient, qui devrait prochainement faire face aux peuples barbares, les Hunts. Lors de son voyage en Grèce, des rumeurs tournaient autour des « Hunts », elle avait aussitôt pensé à son pays natal qui, hélas, aurait connu une paix très courte.

La jeune femme secoua la tête en pensant mentalement à l’erreur politique qu’avaient faite les dirigeants à la fin du IVème siècle.
En effet, en 293, l’Empereur romain Dioclétien avait pris la lourde décision de diviser l’immense Empire Romain en restaurant la Tétrarchie, c'est-à-dire il administre les régions situés en Orient, tandis que son ami d’armes Maximilien, en Occident pour repousser les envahisseurs, mais aussi pour régler les problèmes internes de l’Empire, causées par des guerres civiles. Cette division était au premier abord conçu comme une division administrative, chaque empereur devra prendre ses décisions en accord avec son collègue, mais chacun essayera de prendre le contrôle total.
Tout se passait bien lorsqu’au IVème siècle, l’Empire Romain forma quatre préfectures contenant quatorze diocèses ou circonscriptions territoriales et géra difficilement plus de cent provinces à l’instar de Rome et de Constantinople ; les envahisseurs devenaient de plus en plus insistants.
De peur de laisser l’Empire Romain à la merci de ces peuples, l’Empereur Théodose le Grand légua ses parties à ses fils : Honorius établit sa capitale à Rome et Arcadius, à Constantinople. Cette division définitive prit effet à sa mort, en 395.

- Ce n’est pas étonnant qu’il y ait autant de contrôles, commenta Télèphe, tirant Hypatie de ses pensées.

Elle put voir, à l’entrée de la ville de Condevincum, des barrières avec des soldats romains armés jusqu’aux dents. Ils contrôlaient chaque entrant de la ville. Télèphe sortit de sa sacoche un des livrets et un des parchemins qu’il avait récupérés à Larisse. Ces documents avaient intrigué Hypatie, mais au regard imperméable de son compagnon, elle s’était résignée le suivre.

- Soldats, je m’appelle Achille D’Eacide et ma compagne de chemin Yseult Juvénal, nous sommes des citoyens gallo-romains, et souhaitons nous rendre au temple consacré au Dieu des Chrétiens à Saint Similien.

Avant de franchir la Gaule, Télèphe et Hypatie avaient convenu de modifier leurs noms, afin de passer inaperçus aux yeux des autorités romaines, peu importe le motif.

- Très bien, entrez, acquiesça le lieutenant, après avoir jeté un coup d’œil sur des documents.


Une fois pénétré dans la ville, Hypatie attira Télèphe dans un coin où personne n’osait s’aventurer et murmura avec une pointe de colère dans sa voix :

- Télèphe, peux-tu m’expliquer ce que tu as fait avec ceux-ci ? Je me souviens bien, tu les as à Larisse.

Télèphe observa attentivement Hypatie et poussa un soupire. Il la tendit les documents. Hypatie découvrit son contenu. A son étonnement, le parchemin était en fait un contrat d’acte de propriété d’Alexandrie au nom d’Yseult Juvénal et le livret, une notification de possession de quelques territoires grecs au nom d’Achille Larisse d’Eaclide.

- Mais… Com…
- Simple, j’ai fait des copies des originaux en modifiant la date de naissance.
- Non, je veux dire, comment t’es-tu procuré des documents de la villa de mon père ?
- Juste avant sa mort, ton père Théon m’a confié des documents de propriété et supplié de les cacher avant que le gouvernement ne s’empare. Il m’a également demandé de te protéger, avoua Télèphe.
- Mon père…, il savait ce qui allait m’arriver après sa mort ? chuchota Hypatie, les yeux humides.

Télèphe ne répondit pas, il consola Hypatie et il rangea ses papiers dans sa sacoche.

- Allons, Hypatie, visitons Condevincum, s’enjoua Télèphe. Allez, fais-moi confiance.

Hypatie sourit tristement.

- Ne gâchons pas notre vie, tu voulais t’installer dans les environs de Condevincum comme la dernière fois à Alexandrie.
- Ainsi commença ton premier exil, conclut Télèphe.




Alentours de Condevincum (Nantes), 430 après Jésus-Christ

Hypatie sortit de la maison construite en pierres avec un bac plein de vêtements et pendit le linge fraîchement lavé. Télèphe et elle avaient décidé de passer pour un couple aux yeux des habitants de la cité. Ils s’étaient adaptés à la vie des autochtones. Télèphe était parti soigner une vieille dame tombée malade. Ses services médicaux étaient reconnus dans la région.

Quant à Hypatie, elle continuait de se cultiver auprès des guérisseurs et chamans, tout en prenant garde de ne pas les offenser avec ses idéologies. Elle avait noté qu’aucune des femmes n’avait reçu la même éducation que les hommes, à l’exception de rares personnes tels que le druide, les guérisseurs, les chamans, personne n’avait eu le loisir d’apprendre à écrire et à bien parler, voire même de débattre avec leurs connaissances philosophiques ou scientifiques. Toute leur éducation se passait par la voie orale, tout comme chez les gréco-romains. Mais ces gens-là, les descendants des légendaires gaulois, vivaient dans un esprit simpliste. De retour à l’abri, Hypatie avait déclaré à Télèphe que c’était un véritable choc culturel, mais que cela l’amusait. Elle apprenait donc à se comporter auprès d’eux et dans l’insouciance.

Mais des années passèrent, les habitants commençaient à se méfier d’Hypatie et de Télèphe, ils ne tardaient pas à répandre des rumeurs les concernant. Cela devenait donc difficile de démentir leurs dires.

Une odeur familière arriva aux narines d’Hypatie, elle souleva le pan du drap pour apercevoir de loin une fumée, puis Télèphe sur un cheval. Il n’avait pas voulu rentrer à la vitesse surnaturelle. Ravie de le revoir, Hypatie se pressa de pendre tout son linge et se tint prête à son arrivée. Elle se figea en le voyant. Télèphe avait un visage grave lorsqu’il descendit de son cheval.

- Il serait temps qu’on lève le pied (1), annonça-t-il, cette nuit.
- D’accord, rentrons, répliqua Hypatie tandis que Télèphe fit entrer le cheval dans le parc.

A l’intérieur de la hutte, Hypatie versa l’eau chauffé dans les bols et le parfuma avec des plantes vertes. Bien sûr, ils n’en buvaient pas, mais au moins, ils gardaient la saveur d’eau dans leurs bouches. C’était l’une de leurs méthodes afin de faire apparaître « humains » aux voisins. Elle écouta attentivement Télèphe raconter ses rendez-vous.

- La vieille Alia croyait que j’allais la tuer. Elle avait maintes fois évoqué la présence d’un démon aux crocs. Bien sûr, elle délirait, mais le regard pressant de son petit-fils me déplaît fortement. Rien ne me dit qu’il va ordonner une exécution contre nous dans de prochains jours.

Le petit-fils en question était un chef du village de proximité de Condevincum. Bien que toute la Gaule soit successivement envahie par des romains, puis des Francs et des Alamans, certains villageois ne changeaient pas leurs habitudes hiérarchiques. Donc le petit-fils d’Alia, répondant au nom d’Astorix, n’aimait pas tout ce qui paraissait anormal.

- Il y a en effet des chances, approuva Hypatie. Je te connais suffisamment, tu as eu le temps de cogiter un plan. Où irons-nous ce soir, Achille ?

A l’évocation de son nom d’emprunt, Télèphe fixa sa prétendue femme, il sortit des croquis géographiques du pays et lâcha quelques mots en pointant :

- Direction Aleth.





(1) Lever le pied : Autrefois, lever le pied signifiait : « S’enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires et par crainte de poursuites, et sans payer ses créanciers ou en emportant l’argent des autres. »
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MessageSujet: Re: Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan   Aujourd'hui à 12:12

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Souffle de Platon et Corps d’Aphrodite Ou les différents visages d’Isabella Swan
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