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 On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre

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lilou8085
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MessageSujet: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Dim 15 Mai - 11:06

Allez je me lance lol!

J'aime beaucoup ecrire et certaine ici me connaissent deja mais j'en avais marre d'ecrire sur des séries ou des films, j'ai donc créer ma propre histoire.

J'espere que ca vous plaira et pardon d'avance pour les quelques fautes qu'il reste Embarassed


Résumé : Tout le monde n’a pas une vie rêvée. Tout le monde à au moins un regret.
Que feriez-vous si un jour on vous proposez de retourner dans votre passé pour changer ce regret ?
Le ferriez-vous ?
Prendriez-vous le risque de perdre une partie de votre futur pour améliorer votre passé ?
Dans un monde où futur, passé et présent se croisent et se décroisent, c’est ce qu’il vous faudra découvrir.



Chapitre 1 :
L’accident


Juillet 2o11


San Francisco. Ceux qui connaissent cette ville vous diront que c’est une des cités les plus ouvertes des Etats-Unis. Presque chaque continent est représenté par un quartier, si bien que des petites villes se sont créées dans la ville elle-même. C’est dans le quartier français que vas débuter ce récit.

Ici vit Kayla Stuart, jeune femme de 26 ans qui se cherche encore un peu dans la vie. Elle n’a pas encore vraiment trouvé sa voix et désespère de la trouver un jour. Elle loue, au centre du quartier, un petit studio au second étage d’une veille bâtisse. C’est petit et ce n’est pas aussi confortable que chez ses parents, mais c’est chez elle. Comme chaque jour, elle se lève, s’étire, caresse son ventre rond afin de s’assurer que sa fille va bien et commence sa journée.

Elle à une routine à elle dans laquelle elle s’enferme, c’est son train-train quotidien, sa vie et bien que celle-ci soit loin de lui convenir, elle ne fait rien pour changer cela. Aujourd’hui, en ce jour de fin Juillet, il fait grand beau comme souvent ici à San Francisco. Kayla, ni une ni deux, se prépare pour une balade afin de prendre l’air. Elle connait cette ville comme sa poche, elle à l’habitude de s’y promener seule, elle le fait souvent. Mais aujourd’hui sera différent. Aujourd’hui, sa vie va être bouleversée.

Elle avale un café vite fait, bien que cela lui soit déconseillé pour le bien de sa fille, et s’habille d’un leggins noir et d’une blouse en coton léger bleu ciel, avant d’enfiler une paire de ballerine blanche et là voila prête à partir. Elle marche pendant un long moment, levant le nez, respirant à plein poumons l’air encore tiède en ce début de journée. Puis, elle prend le tramway et décide de se rendre sur la plage. Océan Beach est un coin paisible où elle aime se rendre quand elle à besoin de réfléchir et de mettre ses idées à plat.

Quand elle arrive enfin sur le sable déjà chaud, elle se trouve un coin tranquille et s’installe avant d’enlever ses chaussures et de laisser ses pieds tremper dans l’eau. Le regard perdu dans l’océan, elle réfléchit à sa vie, à ses rêves qu’elle à laissé passer et qui ne se réaliserons maintenant jamais. Elle va être maman d’ici trois mois, elle sait alors qu’elle devra faire une croix définitive sur la vie qu’elle avait rêvée.

Beaucoup lui avait conseillé de se faire avorter, lui assurant qu’élever un bébé seule serait au dessus de ses forces et de ses moyens, mais une fois de plus, elle à fait sa forte tête et à décider de faire tout le contraire. Mais aujourd’hui, elle regrette et comprends qu’elle à fait le mauvais choix, mais hélas, il est trop tard. Sa fille est bien présente maintenant, elle est bien vivante dans son ventre. Kayla est heureuse de devenir maman, elle s’est faite à l’idée et se dit que si elle à tant fait pour garder sa fille, c’est aussi parce qu’elle le voulait se bébé, mais depuis quelques temps, elle se pose des questions. Depuis que son enfant lui donne des coups dignes des plus grands boxeurs, Kayla s’inquiète pour l’avenir. Elle doute et est terrifiée, même si cela elle ne l’avouera jamais à personne ! A qui pourrait-elle l’avouer déjà ?!

Sa famille à prit ses distances avec elle, ses amis se sont éloignés depuis longtemps si bien que maintenant, elle se retrouve seule avec elle-même. Même le père de sa fille à prit la fuite. Steve et elle, ça avait était le coup de foudre immédiat, du moins c’est ce qu’elle pensait. Elle avait été attiré par le coté bad boys du jeune homme lors d’une soirée dans un quartier de la ville. Steve n’avait pas seulement le look bad boys, il en avait aussi l’attitude. Il volait, buvait et était depuis longtemps accro aux drogues dures, pourtant il avait un air de petit garçon qui avait séduite Kayla. Elle n’avait pas mit longtemps à succomber à son charme et lui l’avait initié à toutes ses mauvaises habitudes, la faisant toucher à tout au moins pour qu’elle « goute ».

Elle avait gouté mais n’avait jamais été attiré par l’effet que cela avait sur elle, elle préférait lui laissé son délire. Malgré les apparences, leur couple avait duré prêt de deux ans. Deux ans de haut et de bas, comme dans tous les couples, deux ans où elle s’était plus accrochée à lui que lui à elle et puis, il y avait eu ce jour fatidique où elle avait dû lui annoncer qu’elle était enceinte. Sa réponse avait fusé et Kayla avait encaissé ses paroles comme un coup au ventre.


- Je veux pas de ton marmot, avait-il craché entre deux joints. Ou tu te fais avorter ou je me tire.


Devant le manque de réaction de la jeune femme, il s’était tiré et depuis, elle ne l’avait jamais revu. Cette grossesse lui avait ouvert les yeux sur Steve et permit de se rendre compte que ce n’était qu’un looser qui l’entrainait au fond du trou mais pourtant, il lui manquait. Elle s’était naïvement dit qu’il serait ravi d’avoir un enfant, quelle conne ! Comment avait-elle put être si aveugle ?! Ce sal type ne lui avait apporté que des ennuis depuis qu’elle l’avait rencontré, mais pourtant elle l’avait dans la peau. C’était étrange et confus d’ailleurs dans son esprit, quand elle y pensait, elle savait que sa descente aux enfers avait commencé avec lui, mais pourtant elle l’aimait et elle savait qu’une part d’elle-même l’aimerait toujours. Il lui avait donné une fille après tout, même s’il les avait abandonné toutes les deux par la suite !

Depuis prés de deux mois Kayla sentait donc son enfant bougeait. La première fois, elle cru avoir rêvé se coup mais la seconde, quand elle fut sure, elle ne put s’empêcher de s’effondrer en larme sur son canapé-lit. Elle savait qu’elle était enceinte oui, mais jusque là, elle n’en avait pas vraiment prit conscience. Elle voyait sa fille venir au monde dans de longs mois et se disait alors qu’elle aurait le temps, tout le temps pour se préparer mais sa fille lui avait fait comprendre qu’elle était là et qu’elle comptait bien se faire rappeler à son bon vouloir.

Kayla se posait beaucoup de question depuis et réfléchissait beaucoup. Peut-être était-ce sa grossesse ou peut-être était-ce tout simplement son âge, ou encore le fait de devenir maman qui l’amenait à se poser des questions qui jamais auparavant n’avait effleurées son esprit. Elle vivait une crise de conscience qui lui prenait les entrailles, la rendant anxieuse et nerveuse. Qu’avait-elle à offrir à cette petite fille qui s’apprêtait à venir au monde ? Quel avenir pouvait-elle rêver lui offrir, elle cette mère qui n’avait pas était capable d’aller au bout de ses propres rêves et qui trainait des valises plus lourdes les unes que les autres ?

Elle hurle, pleure et hurle de nouveau, pourtant elle sait au fond d’elle-même que ces larmes et ces cris ne changeront rien, la seule responsable de tout cela, c’est elle et elle seule ! Sa famille lui avait conseillé de quitter Steve, elle n’avait pas écouté. Elle lui avait ensuite conseillé de se faire avorter encore une fois elle n’avait pas écouté, si bien que maintenant, sa famille lui avait tourné le dos.

Sa mère Marie, pleurait tous les soirs et priait Dieu de venir en aide à sa petite fille mais bien qu’elle l’aime de tout son cœur, Marie n’avait plus la force de la soutenir. Depuis la mort de son époux quatre ans plus tôt, elle devait se tuer au travail pour pouvoir boucler les fins de mois et permettre à sa plus jeune fille, Nina, de poursuivre les études qu’elle s’était choisit. Elle regrettait tant de ne pouvoir mieux aider sa fille cadette et se remettait elle-même en question. Peut-être n’avait-elle pas assez était présente pour elle ? Peut-être n’avait-elle pas su trouver les mots que Kayla avait besoin d’entendre ?!

Mais pourtant, de la fratrie, Kayla était la seule à avoir raté sa vie. Marie ne devait donc pas être une si mauvaise mère que ça. Marc, le frère ainé, était dessinateur à New-York pour une société de jeu-vidéo. Il avait un bel appartement et gagnait bien sa vie, si bien même qu’il n’hésitait pas chaque mois à envoyer une partie de son salaire à sa mère pour que celle-ci puisse joindre les deux bouts sans avoir à se saigner aux quatre veines. Nina, la plus jeune de cette fratrie de trois enfants, avait choisit de faire une école de médecine afin de devenir plus tard pédiatre. Elle avait d’excellentes notes et faisait la fierté de sa mère qui n’hésitait pas à accumuler les heures de ménage pour être en mesure de payer la fac de sa fille.

Nina, ayant conscience des difficultés financière de la famille, s’était trouvé un petit boulot de serveuse sur le campus et ramener un peu d’argent à la maison de cette façon. Même si ne c’était pas beaucoup, c’était toujours ça. Depuis que leur père était mort des suites d’un cancer des poumons, la famille avait du mal à se remettre à flot. Paul avait perdu son travail quand il était devenu trop malade, puis avec cela, sa mutuelle santé, si bien que les frais médicaux commençaient à s’empiler de-ci de-là. Aujourd’hui, même quatre ans après, Marie payait encore le prêt qu’elle avait dû souscrire pour être enfin tranquille avec les factures de l’hôpital et les huissiers qui venait la harceler chaque jours un peu plus.

Sa fille lui avait alors échappé, trop accablée par la perte de son époux et les difficultés qu’elle avait dû surmonter les unes après les autres, elle n’avait pas vu sa fille sombrer. Marc la secondait du mieux qu’il pouvait et venait lui rendre visite un week-end sur deux. Il n’avait rien vu non plus des problèmes de Kayla, trop occupé par son boulot et par leur mère qui commençait à avoir des soucis de santé, il n’avait pas vu que sa sœur avait besoin de lui. Tous l’avaient abandonné sans s’en rendre compte, trop occupé par leur vie et elle n’avait pas su leur hurler son mal-être et sa douleur.

Le jour où elle leur avait annoncé sa grossesse, Marie avait fondu en larme, dévastée par cette nouvelle qui détruirait un peu plus la vie de sa fille, Marc avait alors prit les choses en main et avait posé un ultimatum.


- On t’aime et tu sais que ça sera toujours le cas, mais maintenant ça suffit ! Tu ne peux pas faire subir le poids de tes erreurs à maman.

- Le poids de mes erreurs, avait répété Kayla sans comprendre.

- Ce bébé, reprit Marc, comment compte tu l’élever au juste ? Tu ne boss pas, ton looser s’est tiré et tu n’es pas mature dans ta tête pour être maman ! Ouvre les yeux frangine merde tu vas foutre ta vie en l’air !

- Tu te prend pour qui au juste, sifflait sa sœur. Je fais ce que je veux de ma vie, tu n’a pas à me dire comment je dois la mener.

- Même si je te le disais, tu ferrais tout l’inverse, comme toujours ! Si tu souhaite garder cet enfant, tu devras te débrouiller seule et sans nous. Maman n’a plus la santé pour s’occuper d’un nouveau-né et je crois qu’après tout ce qu’elle à déjà vécu, elle mérite qu’on lui foute un peu la paie ! Tu veux flinguer ta vie fait le, mais ne compte sur aucun d’entre nous pour te rattraper quand tu te casseras la tronche !


Kayla avait encaissé. Les mots faisaient mal, si mal qu’elle ne trouvait rien à répondre à ce frère qui se tenait droit devant elle pendant que leur mère pleurait dans un coin dans les bras de Nina qui tentait de la réconforter.


- Tu n’a pas le droit de parler en mon nom Marc, avait grondé leur sœur qui s’était alors interposé.

- Non Nina, il à raison. J’ai toujours déçu la famille et tout foiré depuis toujours. Je pense que ce n’était qu’une question de temps avant que la famille, ma propre famille, ne me tourne le dos.


Kayla avait ramassé ses affaires et avait quitté la maison familiale en jetant un dernier regard à sa mère, alors qu’elle-même sentait les larmes monter.


- Kayla attend, hurlait Nina en lui courant après. Ne part pas comme ça, tu sais qu’il ne pense pas ce qu’il dit.

- Si il le pense et puis … je m’en fou. Je me débrouillerais seule et un jour je viendrais lui claquer ma réussite à la tronche comme lui le fait depuis des années.

- Je serais là pour toi si tu as besoin, lui assurait Nina. Qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, je serais là pour toi … c’est pas tous les jours qu’on devient tata.


Les deux sœurs s’étaient sourit avant de s’étreindre longuement. Kayla avait toujours était plus proche de sa sœur que de son frère qui avait toujours jouait au petit chef, encore plus depuis la mort de leur père.


- Veille sur maman pour moi s’il te plait, avait-elle ajouté avant de partir pour de bon.


Elle avait alors trouvé refuge sur la plage, comme aujourd’hui, et avait pleuré longuement en se demandant comment elle avait put en arriver là ! Alors qu’elle était goss, elle avait tout pour réussir. Super notes, super visage, super amie, bref tout ce qu’il faut pour bien démarrer dans la vie … et pourtant ! Le point de départ de sa déchéance fut surement la mort de sa meilleure amie, Kim, celle qu’elle considérait plus comme une grande sœur que comme une amie. Toujours fourrées ensemble, les deux jeunes femmes avaient grandis cote à cote, partageant tout, des simples fou rires aux disputes les plus violentes. Parce que c’était ça aussi Kim, c’était son amie, mais c’était aussi celle qui n’hésitait pas à lui remettre les idées en place ou à lui en coller une quand elle dépasser les bornes.

En la perdant, Kayla avait perdu une partie d’elle-même. Kim s’était faite tuer sous ses yeux, renversée par un chauffard lors d’une sortie entres filles pour fêter les 20 ans de Kayla. C’était il y a six ans, et pourtant, Kayla n’a jamais oublié et ne s’est jamais pardonné. Ce soir là, elles avaient décidé de se faire un ciné pour aller découvrir « La guerre des mondes ». Toutes joyeuses après la séance, elles avaient ries et chahutées puis Kim avait traversé la rue alors que Kayla était resté sur le trottoir à fouiller son sac à la recherche de ses clopes. Et le pire était arrivé.

Quand elles avaient entendues la voiture, il était déjà trop tard. Kim fut percutée de plein fouet et décéda sur le coup. Kayla se souvient encore du bruit des os de Kim qui se brisent et se disloquent. Elle l’entend dés qu’elle ferme les yeux et vient alors à regretter de ne pas avoir traversé elle aussi. Peut-être serait-elle morte également, ou peut-être toutes les deux seraient sauves. Ca, elle ne le saura jamais. C’est depuis ce jour que la vie de Kim à prit un tournant auquel elle n’avait pas pensé. Depuis ce funeste accident, elle passe son temps à se détruire et à se punir.

Cette souffrance qu’elle ressent, l’affecte et la brise un peu plus chaque jour que Dieu fait et à finit par briser le lien qu’elle avait avec ses amis. Tous souffraient de la perte de Kim mais aucun n’était prêt à épauler Kayla dans sa descente aux enfers. Kayla avait alors commençait les mauvais choix, décidant d’abandonner la fac dans laquelle elle ne se sentait pas à sa place. Le lycée l’avait orienté vers une carrière littéraire alors qu’elle voulait être styliste ou photographe. Elle n’avait pas les notes suffisantes soi-disant pour intégrer ces écoles qui étaient plus que sélectives. Plus tard la conseillère lui avait apprit qu’elle avait juste la moyenne pour passer mais que pour lui éviter de perdre son temps il valait mieux tout de suite l’engager dans une valeur sure, les lettres.

Elle la voit encore derrière son bureau en bois lui dicter un avenir qu’elle avait choisit pour elle. Elle lui exposer tous les bons cotés d’une carrière consacrée aux lettres en remontant sans cesses ses lunettes en demi-lune qui étaient perchées sur son nez.


- Ecoute Kayla, disait-elle à la gamine paumée qui étais alors face à elle. Le stylisme c’est bien mais c’est pas un métier d’avenir tu sais et puis c’est très dur pour trouver un job, sans te parler de la photo. Avec la technologie, c’est un métier qui vas disparaitre et de plus, tu n’a pas le niveau je te l’ai dis.

- Je comprends pas Mme Spencer, vous venez de me dire que mes notes me permettaient d’intégrer l’école !

- Intégrer l’école ne veut pas dire pour autant que tu arriveras à suivre ma chère, avait-elle sifflé.


Melle Spencer avait convaincue Marie que pour assurer un avenir à sa fille il fallait l’inscrire sans tarder. Après l’obtention de son bac littéraire, Kayla avait donc intégrée la faculté de San Francisco afin d’y préparer un master lettre et langue. Quand Kim était à ses cotés, même si cette voie de garage ne lui plaisait pas, elle se donnait à fond pour réussir ses études, sans doute pour ça qu’elle avait put obtenir son bac d’ailleurs, mais maintenant que Kim l’avait quitté, Kayla ne se sentait pas la force de poursuivre pendant encore cinq and des études qui ne lui servirait jamais à rien, elle avait donc arrêté d’aller en cours tout simplement.

Elle n’avait depuis, plus reprit les cours et se contenter de passer de petits boulot en petits boulots, allongeant un peu plus à chaque fois son CV. De caissière à femme de ménage en passant par ouvreuse dans un ciné, elle avait tenté tout ce qu’elle trouvait. Son dernier job remontait à prés de 3 mois et depuis elle épluchait en vain les petites annonces mais elle n’y croyait pas. Enceinte de six mois passés, elle n’était pas stupide, elle savait très bien qu’elle ne trouverait rien, et tous les entretiens qu’elle arrivait à obtenir le lui prouvaient bien !

On ne lui disait pas qu’elle n’était pas prise à cause de son ventre énorme non, on lui disait juste qu’elle ne collait pas au profil. Les futurs employeurs avaient cette délicatesse, mais elle n’était pas aveugle, elle savait très bien pourquoi elle n’était jamais embauché.


- C’est parce que je suis enceinte c’est ça, demanda-t-elle calmement à la jeune femme qui la recevait.

- Non bien sur que non, lui assura la patronne mal à l’aise. Vous refusez ce post à cause d’une grossesse serait discriminatoire …

- Et me permettrait de vous coller un procès au cul, termina Kayla avec un grand sourire.

- Je vous l’ai dis, repris la patronne, vous ne collez pas au profil que nous recherchons.

- C’est bien pour servir des cafés que vous recherchez quelqu’un n’est-ce pas ? Il vous faut quoi un bac+5 peut-être ?! Arrêtez de me prendre pour une conne et assumez le fait que vous ne vouliez pas d’une femme enceinte de six mois pour votre remplacement à la con de 5 semaines ! Le CDD aurait était terminé avant que j’accouche je vous signale !


Kayla était ressortit furieuse de son entretien et avait réussit à retenir ses larmes jusqu'à ce qu’elle soit chez elle où là, elle s’était laissé aller à pleurer sur son sort. Elle savait qu’elle n’était pas vraiment à plaindre, elle avait un toit au dessus de la tête et vivait assez bien malgré tout grâce à ses indemnités chômages, il y avait pire … mais il y avait aussi beaucoup mieux.

Kayla sortit de ses pensées quand son ventre la rappela à l’ordre par un grondement sourd. Sa fille avait faim et elle le faisait savoir ! La jeune femme resta encore quelques secondes sur la plage, les yeux perdus dans le vide et essuya quelques larmes qui avaient coulées seules pendant sa longue réflexion puis partie. Elle flâna dans les rues de la ville et suivit une délicieuse odeur de crêpe qui ne fit qu’augmenter encore un peu plus le grognement de son estomac ? Depuis combien de temps n’avait-elle rien avalé ?!

Elle avait beau manger sur le pouce, sa silhouette s’arrondissait de jour en jour. Elle qui n’avait que la peau sur les os avant sa grossesse, elle affichait aujourd’hui neuf bon kilos en plus et il faut bien avouer que ça lui allait assez bien. Elle se sentait plus jolie, plus femme … plus désirable, même s’il n’y avait plus personne pour la désirer ! Elle se dit alors que si Steve était encore là, il serait bien heureux avec les deux bonnets de poitrine qu’elle avait prit !

Pendant qu’elle faisait la queue devant le stand de gaufres, crêpes et glaces, Kayla détailla son corps qui se reflétait dans la vitrine d’une boutique face à elle. Elle n’est pas bien grande, 1.65 mètres, et avant sa grossesse elle avait toujours était fine, même plus que fine carrément squelettique selon certain, mais ce temps là est loin, désormais elle affichait un corps harmonieux qu’elle devait à sa fille. Brune aux cheveux longs, elle pensa qu’ils n’avaient jamais était aussi beau que depuis que son corps est inondé d’hormone, elle se serait bien passé par contre de l’acné que lui provoque ces même foutu hormones ! Seuls ses yeux n’ont pas changés. C’est la seule chose qu’elle reconnait encore vraiment chez elle. Ses prunelles sont deux océans soit assez clairs les jours de soleil soit marine quand le temps se couvre, ce qui arrive rarement ici.

Le serveur lui servit enfin sa crêpe et elle se presse de la manger tout en flânant de ci de là. Avant de rentrer, elle se dit qu’un petit tour par le parc non loin lui ferrait du bien. Elle aimait y venir. Souvent elle s’installait sur un banc dans un coin et regardait les enfants jouaient ou les mamans discutaient entre elles. Parfois, elle essayait de se mêler à leur conversation mais abandonnait avant même d’avoir ouvert la bouche. Elle s’était renfermée sur elle-même depuis quelques temps et bien que la solitude lui pesait, elle ne savait pas comment en sortir.

Après une petite heure installée à l’ombre d’un arbre, elle décida de rentrer enfin chez elle. Elle rassembla ses affaires et prit la direction du quartier français. Perdue dans ses pensées, elle traversa une rue, se fiant à ses oreilles plus qu’a ses yeux pour vérifier que le passage était libre avant de s’engager. Seulement, elle aurait dû jeter un œil car alors, elle aurait vu la voiture électrique arriver !

Celle-ci la percuta de coté et fort heureusement ne roulait pas vite dans cette rue fort fréquentée par les touristes. Le choc fut néanmoins assez brutal pour envoyer Kayla au sol, attirant ainsi l’attention de tous.


- Mademoiselle vous allez bien, s’écria le conducteur apeuré, qui accourait vers elle.

- Je … oui je crois, dit-elle en tentant de se relever.

- Attendez, ne bougez pas on ne sait jamais.

- Hey ! Je vous dis que je vais bien ok alors lâchez-moi !

- Désolé de vous contredire mais vous saignez au bras, grimaça un témoin.

- Faudrait mieux vous faire examiner quand même, ne serais-ce que pour s’assurer que votre bébé va bien.


Kayla, qui n’avait pas jusque là pensé à sa fille, porta les mains à son ventre et tenta de percevoir un mouvement. Dans la panique elle ne sentit strictement rien, si bien qu’elle s’inquiéta encore plus. Elle accepta alors la proposition du conducteur de la conduire aux urgences. Elle se rongea les ongles tout le long du trajet. Elle n’avait pas voulu tombé enceinte certes, elle avait même pensé une seconde à se faire avorter, mais aujourd’hui elle ne voulait pas perdre sa fille.

Aux urgences, elle dut hurler sur deux ou trois infirmières pour qu’on vérifie que sa fille se portait bien avant qu’on lui recouse le bras. Sa fille passait avant tout et quand enfin le message fut passé, elle fut examiné par une sage-femme qui lui fit une écho et la rassura sur l’état de santé de son enfant.


- Vous voyez, son cœur bat, lui dit-elle d’une voix douce, tout vas bien. La nature est bien faite vous savez, ils sont bien à l’abri là-dedans.

- Merci, souffla Kayla au bord des larmes.

- Bien maintenant on va pouvoir s’occuper de vous. Venez.


Elle eu droit à quelques points sur l’avant-bras et dut rester en observation pour le reste de la journée et de la nuit à cause d’une tension trop élevé et quelques contractions, mais à part ça, tout allait bien. Kayla passa donc la nuit à l’hôpital en se disant qu’elle s’entrainait pour le grand jour où sa fille déciderait enfin de pointer son nez. On lui demanda à plusieurs reprise si le personnel devait prévenir quelqu’un, têtue comme elle l’était, elle répondit que non. Elle voulait prouver à tous qu’elle pouvait se débrouiller seule, même clouée sur un lit d’hôpital !

Kayla trouva difficilement le sommeil cette nuit là, se tournant et se retournant souvent. Elle était nerveuse et terrifiée et elle n’avait personne à qui se confier. Elle se mit à pleurer doucement dans son oreiller et c’est comme ça qu’elle trouva enfin le sommeil réparateur dont elle avait besoin. Elle ne le savait pas encore, mais cet accident banal serait le point de départ d’une toute nouvelle vie pour elle. Une chance allait lui être offerte d’avoir enfin la vie qu’elle avait toujours rêvée.



voila n'hesitez pas à commer et à critiquer, c'est ce qui fait avancer ^^




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Matcha
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Dim 15 Mai - 11:08

ah super cheers cheers je vais lire ça dès que je peux miss ! Et une histoire totalement inédite est super intéressant t'as bien raison de t'être lancée bravo bravo bravo


"Je suis au-delà de l'optimisme et du pessimisme. Je résiste et j'espère."
Edgar Morin

"Que ma vie m'accorde une trêve...
Que ma vie s'accorde
Que mes nuits débordent de rêves
Que ma vie s'accorde "
Louise Attaque
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YellowEyes
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Lun 16 Mai - 19:00

J'adore ! J'ai vraiment hâte de lire la suite supercontent
Le personnage ( on peux dire lA personnage ?) est vraiment super attachante je trouve, même au bout d'un seul chapitre.
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lilou8085
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Mar 17 Mai - 5:43

merci ^^

paraitrait qu'on a envie de la claquer aussi lol

le chap 2 est écrit alors le voila Wink

Chapitre 2
Premier contact


Kayla sortie le lendemain en début d’après-midi, après avoir eu le droit à une nouvelle batterie de test. En temps normal, elle aurait râlé et les aurait envoyé boulés en deux temps trois mouvement, mais comme il s’agissait de vérifier que sa fille se portait bien, elle se prêta au jeu sans rechigner. Une fois le tout fait, elle sortie donc avec une ordonnance pour des antidouleurs pour son bras et quelques vitamines qui ne lui ferrait pas de mal.

Elle avait passé une sale nuit, elle ne l’avouerait pas par fierté, mais elle aurait bien aimé avoir sa mère auprès d’elle. Plusieurs fois elle avait composé le numéro mais elle raccrochait avant que l’appel n’aboutisse. Marc lui avait clairement fait comprendre que leur mère en avait marre, ainsi donc elle se débrouillerait seule !


- Mieux vaut être seule que mal accompagné de toute façon, maugréa Kayla en marchant dans la rue. Et puis regarde, on s’en est pas trop mal tiré toutes les deux non ? On fait une bonne équipe moi je trouve.


Elle caressa son ventre avec tendresse. Cette nuit sa fille avait donné plus de coup que jamais. Kayla s’était alors demandé si c’était parce qu’elle avait ressentit la tristesse de sa mère ou si elle voulait juste lui prouver qu’elle allait bien. Apres un arrêt rapide par la pharmacie, Kayla rentra chez elle. Elle avait besoin d’une bonne douche et surtout de changer de vêtement. Ceux-là étaient tachés de sang et lui collaient à la peau tant elle transpirait.

En rentrant à la maison, elle eu la désagréable surprise de trouver un mot de sa voisine et proprio lui rappelant que la date de paiement du loyer approchait et qu’il valait mieux sans acquitter sans tarder.


- Je risque pas d’oublier avec cette vieille bique !


Kayla froissa le mot avant de le balancer à la poubelle après quoi elle se vautra littéralement sur son canapé-lit. Elle ferma les yeux et somnola quelques minutes, lui permettant ainsi de se détendre vraiment. D’ici quelques jours, elle atteindrait son septième mois et entre cette chaleur accablante et sa fille qui prenait de plus en plus de place, Kayla était épuisé continuellement. Elle avait déjà peur de ce que serait ces prochains mois !

Après de longues minutes, allongée à ne rien faire, elle se décida enfin à se lever et à prendre cette douche après quoi elle mit une machine en marche en priant pour réussir à avoir le sang sur sa tunique. Elle n’avait pas beaucoup de vêtement où elle se sentait à l’aise avec son gros ventre et cette tunique était en plus un cadeau de Nina.

Elle décida ensuite de s’atteler enfin à cette montagne de facture et de courrier en attente. Elle n’aimait pas perdre son temps à s’occuper de la paperasse alors elle se contentait d’empiler au fur et à mesure et de s’en occuper quand la pile menaçait de s’écrouler. Pas très au point comme technique mais c’était néanmoins la sienne. En ouvrant les enveloppes, elle eu la surprise de trouver un chèque de remboursement de frais médicaux liés à sa grossesse assez conséquent ainsi qu’une lettre lui annonçant qu’elle recevrait sous peu un autre chèque afin de l’aider à parer aux premiers achats pour le bébé.

Elle dû relire plusieurs fois le document afin d’en assimiler les mots. Les achats pour le bébé. Elle n’avait encore rien acheté pour sa fille ! Même pas une couche ! Quelle mère cela faisait-il d’elle ? Elle se promit alors que le lendemain, serait consacré à préparer l’arrivé de sa fille dans sa vie. Une nouvelle fois, elle se sentit seule et désemparée. Elle n’y connaissait rien en matière de fournitures pour un bébé, elle pourrait demander à sa sœur, mais alors inévitablement, sa mère serait au courant et voudrait l’aider ce que Marc viendrait lui reprocher ensuite.


- On ferra ça seules ma fille, déclara-t-elle soudain.


Et c’est ce qu’elle fit ! Elle passa tout le lendemain à courir les boutiques et à choisir des vêtements de bébé. Elle rentra les bras chargés de minuscules bodys et pyjamas qu’elle s’empressa de laver avant de ranger le tout dans un coin de son armoire. La boutique de bébé devait lui livrer sous trois jours le lit et la commode qu’elle avait repéré dans la journée. D’ici la fin de la semaine, sa fille aurait son coin à elle dans le studio. Studio qui paraissait bien petit tout à coup avec tous ces cartons et ces sacs dans la pièce.

Le soir venu et les températures ayant baissés légèrement, elle sortit prendre l’air et se rendit comme souvent dans le parc non loin de chez elle. Elle regarda avec envie les mamans qui riaient avec les enfants ou encore les pères qui faisaient une course de bateau sur la petite fontaine. Elle ne put s’empêcher d’être triste pour sa fille. Elle n’aurait qu’elle pour l’élever, pas de père pour la guider et se ravir de tyranniser ses futurs petits copains. Kayla sentit une larme couler sur sa joue. Steve lui manquait plus que jamais et même si elle savait qu’il n’était pas bon pour elle, la perspective de finir sa vie seule, la terrifiait. Un proverbe dit qu’une vie sans amour n’est pas une vie, elle le comprit à cet instant.

Sa fille venue au monde, elle devrait se consacrer uniquement à elle, laissant de coté sa vie personnelle pour combler au mieux celle de son enfant. Devenir maman, c’était aussi se sacrifier et même si elle était prête à donner sa vie pour celle de sa fille, elle n’était pas sur de pouvoir vivre seule pour le restant de ses jours.


- Ca vas pas ma p’tite dame, lui demanda alors une voix à ses cotés.


Kayla releva la tête d’un coup sec et rencontra le visage d’un homme de couleur. La petite soixantaine, une barbe de quelques jours et des vêtements débraillés, elle ne put s’empêcher d’avoir un mouvement de recul que l’homme perçut très bien.


- Je ne vais pas vous faire de mal vous savez, lui dit-il en lui tendant un mouchoir. J’étais assis là-bas, ajouta-t-il en lui désignant un banc non loin, je vous ai vu pleurer toute seule. J’me suis dis qu’un p’tit mot gentil vous ferrez du bien.

- Merci mais ça vas, un petit coup de blues c’est rien, répondit Kala en se levant.

- Faut pas pleurer ma jolie, la vie est belle quand on sait comment la regarder.

- C’est ça ouais, railla-t-elle en partant.

- La vie est belle, pff laisse-moi rire ouais ! Pour certain peut-être mais certainement pas pour moi ! A croire que j’étais destinée à avoir une vie minable et sans intérêt !


Elle râla comme ça tout le long du chemin de retour et encore quand elle se fit à manger. Elle en voulait tellement à la vie. Pourquoi certain naissait avec une cuillère dans la bouche, pourquoi d’autre naissait pour mourir si jeune ?! Elle avait dû se battre tout au long de sa vie. En primaire, elle s’était battue contre elle-même et un bégaiement qui l’handicapait et n’avait pas hésité à jouer des poings pour qu’on arrête de se moquer d’elle. Plus tard à l’adolescence, elle s’était battue aux cotés de sa famille quand la maladie de son père avait été diagnostiqué.

Son père s’était entêté pendant prés de dix ans, il avait combattu jour après jour cette saloperie de maladie jusqu'à en venir à bout, deux fois, mais au final c’est elle qui avait gagné ! C’est elle qui gagne toujours ! Apres deux rémissions complète et trois ablations de tumeurs, Paul avait rendu les armes et avait abandonné. La maladie avait alors gagné de plus en plus de terrain, jusqu'à l’emporter lui. Kayla avait décidé d’arrêter de fumer le jour de l’enterrement de son père. Elle avait jeté son paquet de clopes dans la tombe et avait alors imploré son père de l’aider à arrêter.

Cette addiction de merde avait déjà fait deux victimes dans son entourage. Deux de trop. Son père était mort à petit feu, et Kim était morte parce que Kayla cherché son paquet de clope sur le trottoir en face. C’était trop maintenant. Elle s’était donc battue ensuite contre elle-même pour résister à cette drogue qui finirait par la tuer aussi. Ca l’avait tenu occupé un moment, puis plus tard, quand le manque fut géré, Kayla se rendit compte combien sa vie était vide sans combat. Elle avait l’impression de ne plus vivre vraiment. Toute sa vie elle avait enchainé les combats les uns après les autres et n’en avait perdu qu’un : faire son deuil après la mort de son amie.

Elle n’avait jamais put se résoudre à lui dire au revoir et à la laisser vraiment partir. Quand elle se rendait sur sa tombe, elle se contentait de s’assoir et de pleurer sans rien dire. Les mots n’avaient jamais étés utile entre elles. Et aujourd’hui encore elle devait livrer bataille contre sa famille pour leur prouver de quoi elle était capable. Elle en avait marre. Elle voulait juste être un peu heureuse dans la vie, est-ce trop demander ?!

Les jours avaient passés depuis la rencontre avec le vieil homme. Depuis, Kayla avait installé le coin de sa fille, ce qui lui avait valu quelques contractions douloureuse, la rappelant à l’ordre. Aujourd’hui encore, elle retourna au parc, tiraillée par un besoin irrépressible de s’y rendre. Elle aimait cet endroit et ne chercha donc pas à analyser plus que cela cette envie soudaine.

Encore une fois, elle prit place sur le banc prés de l’arbre et encore une fois elle passa un long moment à observer les gens alentour. Ce jour là, elle échangea même quelques mots avec une maman qui venait d’accoucher. Paroles futiles qui lui firent néanmoins le plus grand bien. Elle avait l’impression d’exister et de ne pas être complètement invisible aux yeux du monde. Au bout d’un moment, elle se sentit elle-même observé. Elle examina alors les alentours et constata avec surprise que le petit vieux de la dernière fois était encore là, à la regarder.

Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui vouloir ? Pourquoi la regardait-il de la sorte ? A force de se poser toutes ces questions, elle prit même peur en se disant que cet homme était peut-être un cinglé ou un pervers. Cela faisait déjà deux fois qu’elle le croisait et à chaque fois il la fixait elle ou bien les petits qui jouaient. Et s’il était dangereux ? Après tout il restait là sans rien dire ni rien faire à fixer des gamins jouer, c’était malsain comme comportement non ?!

Elle se rendit compte alors du ridicule de la chose ! Elle se rendait dans ce parc tous les jours et s’asseyait sur ce banc, toujours le même, à faire exactement la même chose qu’elle était en train de reprocher à cet homme. Assez ironique quand on y pense ! Elle jeta de nouveau un coup d’œil à l’homme et constata avec effroi qu’il venait vers elle. Elle resserra ses mains autour de son sac et rangea à la hâte les quelques affaires qui trainaient pour pouvoir partir le plus vite possible, mais elle n’avait cependant pas était assez rapide !


- Je ne suis ni un malade ni un pervers vous savez, lui dit-il en s’asseyant prés d’elle.

- Je n’ai rien dit de tel, répondit Kayla en s’activant un peu plus.

- Pas besoin de mots quand vos yeux lancent des éclairs, ria-t-il.
Kayla le regarda alors un peu plus, pour détecter un éventuel sentiment de danger venant de lui, mais elle ne sentit rien. L’homme était grand, une bonne tête de plus qu’elle et avait la carrure d’un homme de son âge. Sa barbe avait poussé depuis l’autre jour et masquait un peu les traits de son visage que l’on devinait fin. Kayla ne put s’empêcher de voir les rides de-ci de-là qui marquaient sa peau. Bien que souriant, on sentait une extrême fatigue émaner de lui, comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules. Vêtu d’un grand pardessus marron, d’un vieux pantalon en toile, d’une chemise crasseuse et d’un vieux chapeau rapiécé, il faisait tout de suite penser à un sans-abri, ce qui ne la rassura pas tellement.


- Vous avez décidé alors ?

- Décidé quoi, demanda-t-elle malgré elle.

- Si vous pouviez me faire confiance en si vous deviez vous enfuir à toutes jambes.


Kayla s’empourpra alors d’une belle teinte rosé sous le sourire grandissant de l’homme.


- Vous savez, je n’ai pas toujours eu cet aspect là, lui dit-il le regard perdu dans le vide.

- Que vous est-il arrivé ?

- Le classique. Divorce, perte de job quand on devient trop vieux, trop à payer et pas assez qui rentre. Si bien que j’ai vendu tout ce que je pouvais et que j’ai choisis une nouvelle façon de vivre.

- C’est triste, souffla touchée Kayla.


Elle ne savait pas pourquoi elle restait assise là auprès d’un homme qui lui racontait sa vie alors qu’elle ne le connaissait pas, mais au fond d’elle, elle sentait qu’elle était là où elle devait être.


- C’est triste oui, mais c’est ce que j’ai voulu. J’ai arrêté de me battre, je savais ce qui m’attendait. Et vous, que venez-vous faire ici chaque jour ?

- Je rêvasse moi aussi.

- A quoi ?

- A une vie meilleure. Une vie où je n’aurais plus de soucis et où je pourrais enfin être heureuse. Une vie que je n’aurais jamais sans aucun doute, ajouta-t-elle amère.

- Mon père me disait toujours : à cœur vaillant rien d’impossible. Si vous voulez changer de vie, ça ne tient qu’à vous.

- Vous avez fait l’école du rire ou un truc du genre ? Non parce que pour me sortir une telle connerie vous avez dû avoir une formation spéciale ! Vous ne connaissez rien à ma vie alors ne me dite pas que je peux là changer si je le veux ! J’aimerais avoir ce pouvoir mais je ne l’ai pas !


Les larmes commencèrent à monter aux yeux de Kayla alors qu’un sentiment de colère inondait son cœur et son corps. Comment cet inconnu pouvait-il lui dire qu’elle pouvait changer de vie ? Pensait-il qu’elle n’en avait pas envie peut-être ?! Elle avait essayé de toutes ses forces de se battre contre la vie mais au final, elle avait finit engloutit et noyée ! L’homme la regarda se lever, le visage triste pour elle. Elle était si jeune. Si jeune et déjà si perdue et si en colère envers une vie qu’elle commençait tout juste à vivre !


- Et si tu avais ce pouvoir Kayla, que changerais-tu, dit-il d’une voix forte pour la stopper.


Kayla s’arrêta net quand elle entendit son prénom. Un frisson d’angoisse lui remonta l’échine avant de lui parcourir le corps. Comment connaissait-il son prénom ?


- Qu’est-ce que vous me voulez ? D’où connaissez-vous mon nom ? lui demanda-t-elle en se retournant.

- Je sais bien des choses sur toi Kayla, mais là n’est pas la question. Pas pour le moment. Le sujet, pour l’instant c’est de savoir ce que tu ferrais si tu avais un tel pourvoir ?


Il s’était levé du banc et l’avait rejointe en quelques pas, lui faisant maintenant face. Kayla tremblait de la tête au pied. Elle était terrifiée, mais en même temps, elle voulait en apprendre plus. Elle avait besoin d’en apprendre plus.


- Je n’ai pas un tel pouvoir alors pourquoi se faire du mal pour rien ? Rêver de choses qui n’existent pas n’apporte rien de bon, claqua-t-elle avant de reprendre sa route.

- Moi j’ai ce pouvoir ! Je te propose de retourner dans ton passé pour changer ton avenir. Peut-être ainsi arrêteras-tu de blasphémer contre toutes les divinités !
Elle se retourna une nouvelle fois pour lui faire face. Devant son air sérieux et ce regard dur qu’il lui lançait, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire.


- Non mais vous êtes sérieux en plus, ria-t-elle. Faut vous faire soigner mon pauvre vieux ou arrêter la vinasse mais faut faire quelque chose là, ça devient urgent !

- Rit tant que tu le veux Kayla Stuart, ça ne rend pas mon pouvoir moins vrai. Tu n’es pas encore prête, mais bientôt tu le seras et tu viendras à moi. Tu sais où me trouver.


Il lui fit un sourire agrémenté d’un clin d’œil avant de faire demi-tour et de partir en sifflotant, l’air de rien. Kayla le regarda faire, atterrée, et ne put s’empêcher de lâcher un « bas merde alors » avant de décider que c’était juste un vieux fou qui devait s’ennuyer ferme dans la vie. Elle jeta un dernier coup d’œil au petit vieux et partit à grande enjambé chez elle. Elle avait besoin de mettre le plus de distance possible entre elle et ce parc, et tout de suite !



et voila des liens pour vous donnez une idée de la tete qu'on mes perso :

kalya : http://www.vipwallpaper.com/data/media/569/Evangeline_Lilly.jpg

petit vieux dont vous connaitrez bientot le nom : http://www.guardian.co.uk/film/2008/aug/04/morgan.freeman.seriously.hurt.in.crash




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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Mar 17 Mai - 19:28

Woh ! Comment tu fais pour écrire aussi vite ??
J'adore toujours, gnaaa, je suis sûr qu'elle va finir par accepter, mais je me demande ce qu'elle va changer Razz
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Mer 18 Mai - 8:00

merci ^^

le chap était ecrit depuis quelques jour en fait Razz

mais là j'ai plus d'avance par contre mdr faut que je m'y remette ^^

que vas-t-elle changer ?? what's the question lol!




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Matcha
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Jeu 19 Mai - 13:38

J'ai pris le temps de lire Wink

Alors ce qui m'a choquée c'est l'attitude de sa famille, bonjours la compréhension et les jugements au pire moment sérieux. Je trouve tes dialogues assez vivants et le côté paumé de Kayla bien décrit. J'aimerais bien que les sentiments sur sa grossesse se décrivent plus, plus loin quoi !
La seule chose qui m'a un peu gêné mais c'est en train d'évoluer, c'est finalement un prologue où on apprends beauuuucoup sur le personnage et quasi toute son histoire sans lien direct à l'action, juste une description de son histoire quoi. Ce n'est pas PERSO je dis bien que c'est mon goût, ma manière préférée d'aborder une histoire, j'aime bien que ça soit très progressif et plus mélangé. Tu l'as un peu fait ceci dit hein. Après c'est mes goûts.
On sent Kayla super fragile et pas prête pour être maman toute seule en tout cas, ça fait un peu peur de la voir sans aucun soutien snif, faut vite que tu répares ça Razz

Mais ça tourne au fantastique ?! Bien ça je trouve ça amené tout en douceur c'est cool bravo et j'adore Morgan en vieux papy magique !

voilaaa pour mon petit avis smack


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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Jeu 19 Mai - 14:09

je comprends ton point de vue et je me suis tatée aussi à savoir si je devoilais beaucoup mtn ou non mais je me suis dit que pour comprendre son coté paumée et seule loin de sa famille, il fallait expliquer un peu ce qui l'avait amener ici

je ne me voyais pas le faire sans ecrire son histoire perso (d'ailleurs quand j'ai fais mes fiches sur les perso c'est la seule qui à une bio de 4 pages mdr)

merci en tout cas de ton avis ^^ c'est important pour moi afin de m'améliorer par la suite Smile




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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Jeu 19 Mai - 14:21

Je comprends ton point de vue Wink c'est quitte ou double je pense. Soit les gens adorent et adhèrent de suite, c'est ce qu'ils aiment je dirais, comme ça ils sont dans l'histoire de plein pieds et suivent mieux. Soit au contraire certains trouvent qu'il y a moins de suspense. Y a pas une bonne manière de faire, ça dépend des gouts du lecteur je pense.
Moi j'ai tendance à distiller, mais à l'excès donc ça ne me semble pas mieux, le lecteur fini par se tailler ou dire "ça saoule !" lol!

mais bon comme tu le dis les avis des lecteurs font beaucoup avancer ! on peut mieux réfléchir à son histoire, ses qualités ou ses défauts... je pense pas forcément améliorer, pour moi c'est un choix narratif ce que t'a fait, donc chacun son avis dessus après. mais si personne ne donne son avis franchement on est content d'avoir des "trop cool la suite" mais à part ça on avance pas forcement ou on rectifie rien lol!

tu as eu raison de te lancer sans filet Wink et je me demande où tu emmèneras ton histoire smack


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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Jeu 19 Mai - 15:11

bas tu sais "choix narratif" c'est vite dit lol!

j'ecris au feeling et comme ca vient je reflechis pas forcement je sais ou je vais hein entendons nous (et heureusement mdr) mais je cogite pas plus que ca à comment ca vas venir ca coule tout seul

j'ecris des trucs auquels je n'avais pas forcement pensé ou alors je pars avec une idée et au final c'ets pas du tout ca quoi

moi je fais plutot partie des lecteurs qui veulent tous savoir de suite j'aime pas quand on as des infos au compte goute de-ci de-là justement pck ca lasse peut-etre que ca à influencé ma facon d'ecrire en fait lol

merci encore en tout cas ^^




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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Jeu 19 Mai - 15:58

lilou8085 a écrit:
bas tu sais "choix narratif" c'est vite dit lol!

j'ecris au feeling et comme ca vient je reflechis pas forcement je sais ou je vais hein entendons nous (et heureusement mdr)

bah y en a qui font comme ça et qui savent où ils vont quand ils y sont prions

j'avoue que je fais plutôt ça mdr

bon va ecrire Razz


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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Sam 21 Mai - 18:23

Voila le chap 3 ^^

Chapitre 3
Chronos

Kayla s’éveilla en sursaut, tremblante des pieds à la tête. Depuis qu’elle avait vu ce petit vieux trois jours auparavant, cette histoire la perturbait tellement que maintenant elle s’infiltrait dans ses rêves et ses cauchemars. A tâtons, elle chercha le bouton de sa lampe de chevet, quand elle l’eu trouvé, elle l’actionna et se releva sur son canapé lit, la tête entre les mains, tentant de retrouver ses esprits. Au bout de quelques minutes passées prostrée dans cette position, elle décida de se lever pour se passer un peu d’eau fraiche sur le visage. Cela lui ferrait surement du bien.

Une fois dans la salle de bain, elle laissa longuement couler l’eau afin d’avoir la température la plus basse possible et s’inonda littéralement la figure, tentant de chasser, grâce à l’eau glacée, les images atroces qui s’étaient glissées derrière ses paupières. Depuis l’accident de Kim, elle voyait souvent se reproduire la scène dans ses rêves, tentant maintes et maintes fois de la sauver sans jamais y parvenir, sauf que cette fois, cela avait était différent. Cette fois elle l’avait sauvé. Elle s’était vu revenir au moment de l’accident et l’empêcher de traverser cette satanée rue. Folle de bonheur d’avoir enfin réussit, Kayla lui avait sauté dans les bras sous le rire de Kim qui ne comprenait pas, avant de faire les dix mètres qui la séparait d’un marchand ambulant de glace. Elle tourna le dos à son amie une seconde, une seule et malheureuse seconde.

Elle s’était réveillé en nage quand elle étendit le coup de feu partir. Elle sauvait Kim d’un accident de voiture, celle-ci se faisait tuer par un voyou. Que fallait-il en conclure ? Que la vie ne peut être changée ? Qu’on ne peut jouer avec le destin ? La mort était cruelle et imbattable, elle avait était folle de penser qu’elle aurait put si facilement tirer son amie de ce mauvais pas. Elle s’aspergea encore et encore, jusqu'à ce qu’elle ait reprit ses esprits, un coup d’œil sur le réveil qui indiquait 5h49, lui confirma qu’elle ne dormirait plus. Il lui faudrait passer toute la journée avec ses images dans la tête.

En trainant les pieds, elle se prépara un chocolat chaud et un bout de pain qu’elle tartina généreusement de confiture. C’était un des avantages de la grossesse, on pouvait manger tout et n’importe quoi, elle grossirait de toute façon alors autant se faire plaisir ! Une bonne douche suivit son petit dej, après quoi elle s’attaqua un peu au rangement de son appart qui ressemblait plus à un capharnaüm qu’autre chose !

Elle louait un studio de 45m2 repartit en une petite salle de bain dans laquelle elle pouvait à peine de retourner et en une pièce principale où elle mangeait, dormait et cuisinait. Le coin cuisine était seulement séparé du reste de la pièce par un petit plan de travail qui lui faisait aussi office de table. Pas bien grand, elle avait juste choisit de mettre le strict minimum. Un canapé convertible en simili cuir noir, une table basse en bois brut qu’elle utilisait souvent comme bureau, un meuble télé blanc avec posé dessus un vieil écran à tube cathodique menaçant d’imploser dés qu’elle l’allumait, une commode blanche également pour ses vêtements et une console pour le courrier et le téléphone, et c’était tout. Du moins ça l’était il y a encore quelques jours. Désormais, le mobilier comptait en plus un lit de bébé et une commode table à langer, ainsi qu’un bon nombre de jouet d’enfant.

C’était petit, mais c’était chez elle et elle aimait cet endroit. Il lui conférait un sentiment de sécurité qui à lui seul la faisait se sentir plus forte. Après une bonne heure passée à astiquer de fond en comble, elle se décida à sortir un peu malgré le vent qui faisait rage dehors. Les services météo avaient annoncé une dégradation du temps dans les jours à venir avec quelques bourrasque possible ainsi que quelques goutes, encore une fois, ils avaient vu juste ! Vu le temps couvert, Kayla enfila une veste en jean par-dessus le slim et le caraco qu’elle portait.

Comme souvent ces derniers jours, elle attrapa un cable-cars et traversa ainsi les pâtés de maison bien plus vite pour se rendre au parc. Quelques rues parcourut à pied plus tard, les bancs du parc étaient en vus. Prise de vertige, elle se demanda si elle avait bien fait de revenir ici. Elle savait très bien qu’elle le verrait, mais elle ne savait pas si elle était prête à l’affronter maintenant. Elle prit place à l’abri du vent sous un gros pin et scruta le parc. Comme elle le pensait, il se trouvait là. Leurs regards se croisèrent et le visage de vieil homme se fendit d’un sourire avant qu’il ne lui fasse un signe de la main pour la saluer, lui faisant ainsi savoir qu’il l’avait vu.

Kayla répondit par un sourire crispé, et commença à réfléchir à ce qu’elle allait devoir lui dire mais contre toute attente, l’homme ne vint pas la rejoindre. Au contraire, il resta bien installé sur son banc et profita de l’heure encore matinale pour rabattre son chapeau sur ses yeux et somnoler un peu. De loin, on aurait put penser qu’il voulait être tranquille mais Kayla sentit au fond d’elle qu’il lui laissait le loisir de venir le rejoindre si elle le souhaitait, le tout était de savoir si elle le voulait, et ça, elle ne l’avait pas encore décidé.

Tout en regardant les pigeons picorer le pain que leurs lançaient de jeunes enfants non loin, elle réfléchit encore un peu plus à la situation. Elle n’y croyait pas une seule seconde mais pourtant, une voix au fond d’elle lui murmurait à l’oreille un terrible « et si c’était vrai ? ». Rien n’était pire que le doute pour déstabiliser quelqu’un. De grandes batailles s’étaient gagnées sur un instant de doute, un simple instant qui avait fait pencher la balance d’un coté ou de l’autre. Là, pour elle, c’était pareil. Si elle se levait pour aller voir cet homme, alors elle donnait un peu de crédit à ses paroles et alors elle acceptait d’y croire mais si elle refusait, elle savait aussi que toute sa vie elle y repenserait en se demandant si elle avait prit la bonne décision.

Après de longues minutes à cogiter toute seule, elle se leva enfin et fit les quelques pas qui la séparait de la sortie du parc avant de s’arrêter et de se retourner.

- Et merde, souffla-t-elle tout bas.

Sans vraiment être sure de ce qu'elle faisait, elle rebroussa chemin et vint s'assoir aux cotés de l'homme qui esquissa un sourire, preuve qu'il ne dormait donc pas. Elle trifouilla ses mains pendant un moment avant d'enfin oser prendre la parole.

- Bonjour, dit-elle d'une voix qu'elle voulait forte mais qui était loin de l'être.
- Bonjour Kayla, répondit l'homme en se redressant et en lui adressant un sourire chaleureux. Comment vas-tu ce matin ?
- Ca irait mieux si je n’étais pas là, répondit-elle du tac au tac.
- Personne ne t’oblige à rester. Je te l’ais dit, j’attendrais que tu sois prête.
- Je … j’ai besoin d’en savoir plus. J’ai fais un cauchemar cette nuit, ajouta-t-elle du bout des lèvres.

L’homme se redressa un peu plus et la regarda attentivement, elle était pale et avait les traits tirés, visiblement sa nuit avait été agité en effet. Sans dire un mot, il se leva et l’invita à le suivre. Ils firent quelques pas autour du parc sans rien dire puis enfin il lui demanda :

- Souhaite-tu m’en parler ?

Kayla le regarda à son tour et affirma que non elle ne voulait pas parler de ses cauchemars avec un homme qu’elle ne connaissait pas. Tout ce qu’elle voulait, c’était des réponses à ces questions.

- Pose tes questions, j’y répondrais, lui dit-il tout en continuant à marchait au rythme de Kayla.
- Comment connaissez-vous mon nom ?
- Tu n’a pas prit la plus compliqué, ria-t-il en s’asseyant sur le rebord en pierre d’une fontaine.

Le parc commençait à s’animer de plus en plus, entre les joggeurs et les enfants qui venaient profiter de leurs vacances, un léger brouhaha commença à les envelopper.

- Je connais ton nom comme je connais tout de toi Kayla. Je sais absolument tout de ta vie, des épreuves que tu as dû vivre aux petits bonheurs que tu as rencontré, mais tu ne pose pas la bonne question, car si tu l’avais fait, alors tout ceci aurait un sens à tes yeux.
- Quelle question, demanda aussitôt Kayla.
- Je ne peux la trouver à ta place, répondit-il avant de perdre son regard dans les eaux de la fontaine.

Kayla se tut et réfléchit, elle ne voyait pas de quoi parler cet homme et commençait de plus en plus à douter de sa santé mentale et de la sienne par la même occasion. Que faisait-elle là avec un petit vieux dont elle ne connaissait même pas le prénom ?!

- Qui êtes-vous, demanda-t-elle alors.
- La voila ta question, dit-il avec un sourire en coin. J’ai bien des noms en fonctions des cultures ou des époques mais j’ai choisis celui de Chronos et je sais que tu connais mes fonctions pour avoir étudier la mythologie au lycée.

Kayla le regarda les yeux grands ouverts, incrédule. Là, c’est sur, il avait perdu la boule ! Voila maintenant qu’il affirmait être Chronos …

- … Dieu du temps et de la destinée, répondit-elle dans un murmure.
- Ravi de faire ta connaissance, dit-il en lui serrant la main.
- Vous êtes malades vous le savez ça, hurla-t-elle d’un seul coup. Comment j’ai pus ne serait-ce que vous accorder une once de crédit ?! C’est quoi votre but au juste hein ? Me faire croire à des choses et m’annoncer juste après qu’il faut que j’allonge une somme astronomique pour poursuivre ? Et bien vous vous êtes planté de pigeon, je suis fauchée comme les blés !

Elle se leva d’un bond mais pourtant ne fit pas un seul pas et regarda furibonde le vieux, attendant visiblement qu’il s’explique.

- Comme je m’y attendais, tu ne vas pas me faciliter la tâche. Décidément, Athéna aurait dû t’accorder une double dose de sa sagesse, cela m’aurais bien aidé aujourd’hui ! Je suis conscient que ce que je te raconte est dur à croire mais si tu me laissais tout t’expliquer, peut-être ainsi aurais-tu tous les éléments qu’il te manque.

D’un claquement de langue impatient, Kayla l’invita à continuer. Chronos se remit debout à son tour et entraina la jeune femme à l’écart.

- J’aimerais avant tout te montrer quelque chose. Je n’avais pas prévu de le faire aussi vite mais quelque chose me dit qu’avec toi, mieux vaut-être radical si on veut obtenir des résultats.
- Insultez moi en plus vous avez raison !
- Prends mon bras et ne le lâche sous aucun prétexte, tu m’entends ?! dit-il sans relever.

Sans attendre sa réponse, il lui tendit son bras replié pour qu’elle y glisse le sien. Kayla hésita un moment avant de bougonner quelques paroles incompréhensible et de s’exécuter. Aussitôt, elle se sentit aspirée vers l’avant par un tourbillon invisible. La peur voulut lui faire lâcher ce bras qui l’entrainait mais une main vint se poser sur la sienne et une voix lui assura qu’elle ne craignait rien. Autour d’elle, le monde semblait tourner à une vitesse fulgurante. Elle devinait plus qu’elle ne les voyait les gratte-ciels qui lui donnèrent vite la nausée à force de vouloir fixer son regard. Pour faire passer se sentiment oppressant et se rassurer, elle ferma les yeux. Pendant un moment qui lui parut interminable elle garda les paupières clauses avant qu’enfin Chronos lui dise qu’ils étaient arrivés.

- Tu peux ouvrir les yeux Kayla. Je m’excuse, j’aurais dû te prévenir que ça secouait un peu la première fois mais tu verras par la suite on s’y habitue.
- Je vais vomir je crois, dit-elle alors que son teint vira au vert.

Dans un claquement de doigt, Chronos fit apparaitre un sac en papier qu’il plaça sur le visage de la jeune femme avant de lui conseiller de respirer à fond, lui assurant que ça allait passer. Kayla se laissa tomber dans l’herbe sous elle et s’exécuta sans chercher à comprendre. Au bout de longues minutes, son cœur reprit un rythme régulier et la sensation que ses organes se baladaient un peu partout dans son corps disparue elle aussi.

- Tu vas t’y habituer, c’est promit, lui dit-il en l’aidant à se relever.

Elle releva les yeux et observa les alentours. Ils étaient toujours dans un parc, mais elle aurait mit sa main à couper qu’ils n’étaient plus à San Francisco, elle connaissait tous les parcs par cœur et celui-là lui était pourtant inconnu. Elle allait demander où ils se trouvaient quand un hurlement sortit de sa bouche. Elle venait de passer la main sur son ventre … qui était désespérément plat.

- Du calme Kayla, ta fille vas bien.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait, hurla-t-elle en pleurant et en reculant.
- Rien du tout, je te le jure. Je ne te ferrais aucun mal, je ne suis pas fait pour ça. Tu as changé d’époque. On à voyagé dans le temps, un temps où ta fille n’existe pas encore. Tu n’es pas enceinte dans ce monde-ci. Tu ne me crois pas je sais, mais regarde autour de toi. Regarde attentivement.

Kayla était terrifiée. Ses sanglots de faisaient de plus en plus violents alors que son cerveau réfléchissait à toute vitesse pour trouver une solution et la tirer de là. Elle regarda alors de nouveau autour d’elle mais pas pour voir s’il disait vrai, juste pour trouver une issue de secours ou pour repérer une personne susceptible de l’aider. Elle examina chaque sorties qui s’offraient à elle, chaque bâtiment alentour et ce qu’elle vit la laissa sans voix.

- Comment … comment s’est possible, murmura-t-elle en fixant deux bâtiments au loin qui n’aurait jamais dû se trouver ici.
- Je te l’ai dis, nous avons changé d’époque. Et oui, c’est bien ce que tu pense. Nous somme à New York … en 2oo1. Septembre 2oo1, ajouta-t-il.

Kayla avança alors jusqu'à un banc public où un journal avait était abandonné. Une édition du New York Times du matin même si elle en croyait la date sauf que cela n’avait pas de sens. Il était datait du 11 Septembre 2oo1 !

- C’est impossible, vous savez ce qui vas avoir lieu aujourd’hui hein vous savez ?! Il faut les prévenir les faires quitter la ville je sais pas faites quelque chose !

Kayla commençait à s’agiter en tous sens alors que Chronos la stoppa et la maintint fermement.

- On ne va rien faire, on ne peut rien faire, dit-il visiblement désolé. Je sais ce qui vas arriver et je sais aussi que cela vas changer le monde dans lequel tu vis. Nous ne sommes pas là pour intervenir, nous somme là pour te prouver que je ne suis pas un vieux fou.
- Je ne veux pas voir ça … je ne pourrais pas voir cela en direct … c’est au dessus de mes forces.
- Tu dois le voir pour être certaine que je ne te mens pas. Plus tard tu penseras peut-être que tout ceci n’était qu’une ruse ou qu’un canular bien monté. Après tout, une édition de journal ça se trafique, deux bâtiments côtes à côtes, ça se trouve.

Kayla secoua la tête en signe de négation, mais elle n’eu pas besoin de le faire longtemps. Quelques secondes plus tard, le premier avion vint s’écraser sur une des tours jumelles. Elle se mit à pleurer alors que les hurlements de terreur et de panique commençaient à retentir de toutes parts et ce n’était que le début. Elle savait ce qui allait suivre par la suite et elle savait aussi qu’elle ne voulait pas y assister. Sans un mot, Chronos lui prit le bras et de nouveau, elle sentit se tourbillon s’avaler. Cette fois, elle ne lutta pas et se laissa entrainer. C’était désagréable comme sensation, mais comme Chronos le lui avait promit, ça l’était moins que la première fois.

Quelques secondes plus tard, elle sentit de nouveau le sol sous ses pieds et s’y laissa tomber en larme, complètement sous le choc de ce qu’elle venait de voir. Un coup d’œil rapide lui permit de constater qu’elle était bien de retour chez elle, à San Francisco, dans son parc. Elle tenta de se relever doucement et put voir avec soulagement que son gros ventre était bien de retour lui aussi et que sa fille se portait bien vu les coups qu’elle donnait. Alors qu’elle se mit debout, elle sentit le sol se dérober sous ses pieds et la tête lui tourner. Dans l’indifférence générale, Kayla perdit connaissance dans les bras d’un homme, qui quelques heures encore auparavant, elle prenait pour un clochard.




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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours une vie révée, mais c'est pourtant la nôtre    Sam 28 Mai - 8:24

Chapitre 4
Baptême du feu


Kayla était inconsciente depuis pas moins d’une heure. Une heure pendant laquelle son cerveau lui avait fait revivre les événements du 11 Septembre en boucle, encore et encore. Alors qu’elle s’était effondrée dans les bras de Chronos, celui-ci l’avait porté avec toute la délicatesse possible et l’avait reconduite en un claquement de doigt à son appartement. Il s’était appliqué à lui enlever sa grosse veste et ses chaussures et à lui mettre un gant humide sur le front, la veillant comme on veillait une malade.

Elle papillonna des yeux de longues minutes après que Chronos se soit assoupit sur une chaise non loin d’elle. Sur le coup, elle faillit hurler quand elle le vit affaler dans son appartement, mais elle jugea plus prudent de ne rien dire. Elle se frotta le visage pour se remettre les idées en place et bien se réveiller. Elle avait du mal à y voir clair. Ses pensées se mélangeaient si bien, qu’elle avait du mal à faire le tri entre réalité et rêves.

Sans bruit, elle se leva, attrapa ses chaussures ainsi que son blouson et fit les quelques pas qui la séparaient de la porte d’entrée sur la pointe des pieds. Doucement, elle fit tourner le verrou, qui pour une fois ne grinça pas le ciel en soit loué, et tourna la poignée de la porte quand une voix l’interpella.


- Tu te sens mieux à ce que je vois, déclara Chronos en s’étirant longuement.


Kayla fut alors partagée entre l’envie de fuir à toutes jambes et celle de rentrée pour partager un brin de causette avec l’homme qui se prenait pour un dieu. En même temps s’il était vraiment ce qu’il prétendait être, à quoi cela servait-il de courir ? Il n’aurait qu’à claquer des doigts pour la rattraper ! Et puis, elle ne savait pas vraiment combien de temps elle était restée dans les vapes, mais s’il lui avait voulu du mal, il aurait eu tout le loisir de lui en faire non ? Dépitée, elle referma la porte et envoya valdinguer dans un coin sa paire de chaussure et sa veste, avant de se diriger vers sa kitchenette pour préparer un café.


- Café, demanda-t-elle sans pour autant regarder Chronos.

- C’est pas de refus merci. Six sucres et une bonne rasade de lait.

- Six sucres ? Vous êtes sure que ça sera assez, railla Kayla en affichant un sourire malgré elle.

- Tu es jolie quand tu souris tu sais. Ca doit être la première fois que je vois un tel sourire sur ton visage depuis bien longtemps.


Elle ne releva pas, mais fut troublée par la remarque. Cet homme savait-il vraiment tout d’elle ? Elle s’activa en cuisine tout en rassemblant tout ce qu’elle savait sur lui … c'est-à-dire pas grand-chose. Quelques minutes plus tard, elle porta sur la table basse un plateau avec deux tasses, une bouteille de lait et un grand paquet de cookies qui trainait dans ses placards. Chronos se laissa glisser au sol et s’assit en tailleur devant la petite table basse, Kayla l’y rejoignit à son tour.

Ils burent leurs cafés dans un silence presque religieux où on pouvait entendre les mouches voler. Chronos détaillait l’appartement avec un air léger tout en sifflotant doucement alors que Kayla, c’est lui qu’elle détaillait. Elle sentait une grande bonté émaner de lui et elle devait bien avouer que c’était assez reposant.


- C’était réel tout ça n’est-ce pas, demanda-t-elle au bout d’un moment. Je n’ai pas rêvé ?!

- Ca l’était oui, réel je veux dire. J’ai conscience que ça fait beaucoup à assimiler mais hélas, ce n’est que le début, répondit-il avec un sourire crispé, visiblement désolé pour elle.

- Que voulez-vous dire ?

- Je te dois encore beaucoup d’explications. Des explications qui vont peut-être te paraitre plus ou moins folles mais qui seront pourtant néanmoins vraie.


Chronos se tut et laissa quelques secondes à la jeune femme pour décider, ou non, si elle voulait entendre ce qu’il avait à lui dire. Au bout d’un moment elle fit un signe de tête et l’invita à poursuivre.


- Bien, comme je te l’ai dis, je suis Chronos, je sais que c’est dur à imaginer, mais j’ose espérer que mon petit voyage à New-York t’aura permis de me croire.

- Un peu dur de faire autrement là, bougonna-t-elle.

- Je suis ici pour t’aider Kayla. Tu vois la vie comme un verre à moitié vide, je veux te montrer qu’il est à moitié plein. Tu n’a pas la vie dont tu avais rêvé certes, mais tu as de belle chose quand même qui te sont arrivée.

- Ah ouais, lesquelles, demanda-t-elle en haussant le ton. L’enterrement de mon père peut-être ou celui de Kim ? Ou encore le fait que je sois brouillée avec ma famille ? Non vraiment, je ne vois pas là !

- Tu vas changer de tons tout de suite jeune fille, gronda Chronos alors que ses yeux lancés des éclairs. Si ta vie est si merdique comme tu dis, je te signale que tu en es seule responsable alors pas la peine de t’en prendre aux autres ! Il est navrant que tu ais dû perdre ton papa si tôt et dans des circonstances si durs qu’est la maladie. Perdre un parent c’est traumatisant, on y perd un de ses repères et alors on navigue à l’aveugle. Marc à prit la suite, mais il l’a mal prise. Il n’a pas su être présent pour t’aiguiller comme tu aurais dû l’être mais en même temps si tu avais ravalé ta fierté et lui avait demandé de l’aide, il te l’aurait accordé !

- On ne doit pas parler du même Marc alors ! Mon frère n’est qu’un gros prétentieux frimeur qui pète plus haut qu’il n’a le cul, ragea Kayla en se levant et en se postant devant une fenêtre où elle regarda la pluie qui tombait à grosse goutes.

- Il pète peut-être plus haut qu’il à le cul comme tu dis, néanmoins, il à prit soin de ta maman et de Nina ! Sans lui pense-tu vraiment que ta mère aurait put survivre à la perte de son époux ? Comment te remettre quand on enterre le seul compagnon que l’on a connu toute sa vie et que tu es envahie par la paperasse en plus ? Comment faire face ? Elle à tenu grâce au soutient de ta sœur et de ton frère mais toi, enfermée dans ton égoïsme et dans tes lamentations, tu ne le vois pas. Marc est dur avec toi oui, mais il le fait pour ton bien et pour celui de ta maman. Il sait très bien qu’elle ne te refuse rien, et bien que ça soit dur pour lui, il s’interpose entre vous deux et dit stop. Tu peux haïr ton frère, mais sache que lui t’adore.


Au fil de ses mots, Chronos avait adopté une voix plus douce, plus posée pour parler à Kayla et bien que cela lui coute de l’admettre le vieux bougre avait raison. Pas sur l’amour que son frère lui portait soit disant parce que ça elle n’y croirait jamais, mais sur le fait qu’elle était égoïste. Elle avait perdu son père, tout comme Nina et Marc, et pourtant ce sont eux qui avaient été le plus présent pour leur mère. Elle les avait laissé tous les trois se dépêtrer avec l’organisation des obsèques, puis plus tard avec les dettes d’hôpital que leur père leurs avaient laissées. Elle n’avait rien fait pour aider sa mère, qui elle avait toujours été là pour elle.


- On était très proche vous savez avant, souffla-t-elle le regard perdu dans ses souvenirs. Avant que mon père tombe malade, on passait tous les week-ends en famille. On chargeait la voiture et on partait où le cœur nous le disait. Souvent on terminait la journée en plantant une tente ici où là …

- Je sais tout ça, murmura Chronos d’une voix douce. Je ne comprends pas comment tu en es arrivée là par contre.

- Petit à petit je suppose. Kim était ma meilleure amie comme vous le savez, et j’ai beaucoup souffert après sa mort, surtout que quelque part je me suis toujours sentie responsable. C’est moi qui voulais faire un ciné pour fêter mon anniversaire, elle, elle voulait aller danser. Peut-être que si je l’avais écouté …

- Sa mort était écrite Kayla. Ce serrait arrivé d’une façon ou d’une autre. Je sais qu’au fond de toi tu le sais.

- Peut-être … peut-être pas.

- Moi je le sais, n’oublies pas que je connais le destin de tout le monde.

- Et le mien alors, quand est-ce qu’il se termine, demanda Kayla arrogante à souhait avec une leurre de défis dans le regard.


Chronos la dévisagea un long moment, peiné pour elle, avant de lui répondre enfin.


- Te rends-tu compte que tu n’as pas demandé « comment » mais « quand » ? Ainsi tu souhaite donc mourir le plus vite possible, toi qui es sur le point de donner la vie ?

- C’est un lapsus, je voulais dire comment bien évidemment, répondit-elle dédaigneuse.

- Un lapsus plus que révélateur alors ! Je peux te dire une chose, ton heure n’est pas encore venue, tu as encore une longue et belle route devant toi, sauf que si tu ne change pas très vite de comportement … tu vas louper toutes ces belles occasions qui se présenteront. Tu as le droit au bonheur toi aussi. Tu auras un époux qui t’aimera et te chérira toi et ton enfant. Un homme qui sera prêt à donner sa vie pour toi, n’est-ce pas magnifique de voir tant d’amour ?

- Pour l’instant je ne vois rien moi. Tout ce que je vois, c’est que le plus dur est encore devant moi. Je vais avoir une fille dans peu de temps et l’avenir que je vois pour le moment est loin d’être rose.

- Parce que tu n’y crois plus. Tu pense que tout le monde t’a abandonné, même nous qui veillons sur vous tous de là-haut. Tu sais, ton ange s’arrache les plumes pour tenter de te sortir du bourbier dans lequel tu t’es mise. On à dû le mettre au repos forcé et attribuer tous ces autres protégés à d’autres anges. Ca n’était jamais arrivé, tu imagine ?! Un ange en arrêt maladie on a du copier ça sur vous ! dit-il en riant légèrement, se remémorant se souvenir.

- J’ai un ange ? Un vrai de vrai avec des plumes et tout ? demanda Kayla stupéfaite.

- Bien sur, vous en avez tous un. Haaiah est son nom, mais vu qu’il est en arrêt, j’ai pris la relève. Il ne savait plus quoi faire pour t’aider le pauvre.

- Pourquoi ferriez-vous ça pour moi ? On ne se connait même pas !

- Toi tu ne me connais pas, moi je connais tout de toi, du moins les grandes lignes pour ce qui est de tes pensées les plus intimes je n’y ai pas accès bien entendues. Je suis ici donc pour t’aider. Grace à moi, tu pourras voyager dans le temps et ainsi faire des choix différents jusqu'à ce que tu juge que ta vie te convienne enfin mais attention, il y a des règles.

- Fallait sans douter, marmonna Kayla.

- Chaque chose que tu change est définitive et changera donc ton futur ou du moins le présent que tu connais actuellement.

- Je ne suis pas sure de comprendre là.

- Par exemple si tu décide de ne pas te rendre à cette soirée où tu as rencontré Steeve, tu ne le connaîtras donc jamais et par répercutions, tu n’aura jamais la fille que tu porte dans ton ventre.


Automatiquement, Kayla porta les mains à son bébé comme pour le protéger. Elle caressa son ventre rond et ne put se dire qu’elle n’était pas sur de vouloir perdre sa petite fille.


- Je ne veux pas perdre ma fille, sanglota-t-elle.

- Alors tu devras te rendre à cette soirée, répondit Chronos comme une évidence. Sache que même si tu seras dans ton passé, tu n’oublieras rien de ta vie actuelle. Tu intégreras la personne que tu étais à dans chaque époque où tu te rendras mais tu conserveras ta mémoire intacte de façon à choisir comme il faut ce que tu souhaite changer ou non.

- Je pourrais par exemple revoir mon père ou Kim tout en sachant qu’ils mourront peu après ?!

- C’est exact. Puisque que tu parle de Kim, il me faut te préciser un point important. Tu ne dois en aucun cas, interférer sur la vie des autres. Tu retourne dans ton passé pour changer ta vie et seulement la tienne. Le fait de modifier leurs destins aurait de graves conséquences.

- Je vais devoir laisser Kim se faire tuer c’est ça, demanda-t-elle alors que les larmes lui montaient aux yeux.

- Tu le dois en effet. Kim est morte car son heure était venue, si tu commence à jouer avec la mort, tu le payeras très cher. L’équilibre du monde est maintenu grâce à elle, et changer ses plans n’est jamais bon.


Kayla se mit à sangloter un peu plus fort quand les paroles prirent un sens pour elle. A quoi bon avoir le pouvoir de changer sa vie si elle ne pouvait pas sauver Kim ? C’est pourtant à sa mort que tout avait dérapé pour elle ! Sauver Kim la sauver elle aussi, c’était mathématique !


- Je sais que c’est dur à entendre, mais tu dois me promettre de respecter ces règles sinon je ne pourrais t’envoyer là-bas.

- Je ne peux pas, hurla-t-elle. Vous me demandez de faire comme si de rien n’était ?! Je ne pourrais pas aller au cinéma tout en sachant ce qui se passera … c’est au dessus de mes forces !

- Dans ce cas, je ne peux te renvoyer dans ton passé, répondit navré Chronos. Tu aurais put repartir et passer quelques jours avec elle, lui dire tout ce que tu ne lui avais jamais dit, profiter au maximum … mais cela ne t’intéresse pas semble-t-il.


Il se releva et remit ses vêtements en place, visiblement il était sur le départ. Kayla réfléchit à toute vitesse, si elle promettait de ne rien faire il la laisserait y aller et une fois là-bas, rien ne l’empêcher de la sauver ! Qu’est-ce qu’elle en avait à faire des conséquences au fond ?!


- Attendez, s’écria-t-elle. Vous … vous venez avec moi ? demanda-t-elle d’une petite voix qu’elle voulait craintive.

- Non mon enfant, j’ai bien trop de travail là-haut pour pouvoir t’accompagner …


Kayla se mit à sourire en se disant que son plan allait marcher.


- … néanmoins, tu ne seras pas seule. Un gardien veillera sur toi et t’aidera dans ton parcourt.


Aussitôt le sourire de Kayla se fana ! Voila maintenant qu’on lui collait une baby-sitter ! Tant pis, ça valait le coup de tenter quand même !


- Très bien, j’accepte, souffla-t-elle. Je veux bien apprendre la leçon que vous voulez m’enseigner. Si je peux offrir une vie meilleure à ma fille, je dois tout tenter.

- Me voila ravi de ton choix, sourit Chronos.


Il sortit alors de sa poche une grosse bague ronde, orné d’une minuscule pendule. Au premier regard, on aurait put penser qu’il s’agissait d’une petite montre. Montée sur de l’or blanc, la bague faisait son petit effet sur Kayla qui ne portait pas de bijou.


- Prend ceci et porte là toujours sur toi. C’est grâce à elle que tu pourras voyager dans le temps.

- Comment ça marche au juste, demanda la jeune femme en la passant à tout ses doigts avant d’en trouver un qui rentrait enfin.

- Il te suffit de la frotter en pensant à un moment de ton passé. Un événement ou une date et elle t’y conduira.

- C’est aussi simple que ça, rétorqua Kayla suspicieuse.

- Tu t’attendais à quoi ? A une voiture volante et à un ordinateur de bord aux multiples boutons peut-être ?

- Quelque chose dans le genre ouais, répondit-elle avec un sourire en coin.

- Désolé, on s’est modernisé là-haut, dit-il en lui rendant son sourire. Une dernière chose. A la fin de ton voyage, je reviendrais te voir et te demanderais alors si tu souhaite conserver la vie que tu t’es construite ou celle que tu avais avant. Tu vas partir faire un long voyage, mais n’oublie pas d’où tu viens surtout.

- Ok. Heu … pourquoi moi ? Je veux dire, je ne suis pas la seule qui à une vie qu’elle déteste.

- Peut-être, mais tu es la seule à avoir mit un ange en congé maladie ! Et plus sérieusement, tu as besoin d’apprendre une bonne leçon, toi plus que n’importe qui d’autre !

- Et mon gardien, il arrive quand au juste ?

- Il te retrouvera directement là bas.


Chronos lui fit un clin d’œil et quitta l’appartement avant de se volatiliser sur le seuil de la porte. Kayla souffla un bon coup et se demanda si elle n’était pas un peu folle sur les bords pour croire à pareille chose. Avant de partir, elle prit soin de ranger tout ce qui trainait et de fermer portes et volets. Elle s’empara également d’un bloc notes et d’un stylo qu’elle mit dans une poche de son jeans.


- Bon bas on peut y aller, souffla-t-elle nerveuse. J’espère te retrouver à mon retour ma princesse. Je te jure que je ferrais tout pour que tu sois là toi aussi.


Elle passa de longues minutes à caresser son ventre et à parler à sa fille avant d’enfin oser frotter cette mini horloge et de penser à sa destination. Quelques secondes plus tard, elle sentit le tourbillon l’avaler de nouveau. Son appartement se mit à tournoyer avant de disparaitre pour laisser place à de la verdure et à des bâtiments. Quand elle quitta le portail temporel, elle se trouva exactement là où elle l’avait souhaité : sur le campus de la fac, dans le jardin ombragé.

Ne sachant pas trop comment se dérouler les voyages, elle avait préféré jouer de prudence et choisir un lieu où elle avait de grandes chances d’être seule. Elle se voyait mal intégrer son corps d’une autre époque en plein milieu d’une conversation qu’elle aurait depuis longtemps oublié et qu’elle n’aurait put suivre. Pour se premier voyage, les choses s’étaient bien passées. Elle était arrivée à bon port et plus important, elle tenait sur ses jambes et n’avait pas la nausée. Elle ne put s’empêcher de passer une main sous son tee-shirt et de caresser ce ventre plat qui n’abritait plus la vie. Une larme s’échappa et roula sur sa joue alors qu’elle s’empressa de la chasser d’un revers de la main. Elle se souvint alors des paroles de Chronos. Elle était censée retrouver son gardien ici mais il n’y avait personne ! Profitant d’être revenue sur le campus, elle redécouvrit avec stupeur la beauté des lieux.

La fac était immense, comme toutes les facs, avec des bâtiments un peu partout, répartissant ainsi les étudiants en fonction du cursus qu’ils avaient choisit. Elle avait face à elle le bâtiment administratif où elle avait passé tant de temps pendant son court séjour ici. A sa droite la bibliothèque universitaire et les bâtiments réservés au droit, et à sa gauche le petit parc de la fac. On pouvait y voir derrière les autres bâtiments du campus mais cela ne l’intéressait pas pour le moment. Elle prit place sur la pelouse entretenue et offrit son visage au ciel pour profiter d’un rayon de soleil qui passait par là en se demandant ce qu’elle allait faire au juste de son retour ici, quand un gêneur lui cacha la vue.


- Hey, pousse-toi, s’écria-t-elle sans ouvrir les yeux, tu me cache le soleil !


L’ombre se décala sans bruit et Kayla reprit le court de ses pensées. Si elle avait été plus attentive, elle aurait sut que le gêneur n’était en rien partit !


- Alors c’est toi, lança-t-il tout d’un coup alors que Kayla bondissait sur ses pieds.

- Moi quoi, rétorqua-t-elle aussitôt.

- Celle que Chronos à prit sous son aile !


Kayla se détendit légèrement quand elle comprit qu’elle avait trouvé son gardien, du moins c’est lui qui l’avait trouvé mais peu importe.


- Tu es mon gardien, dit-elle plus comme une constatation que comme une question.

- En effet. Samuel pour vous servir gente demoiselle, dit-il en se courbant légèrement.


Kayla se mit à rire à le voir faire et le détailla d’un peu plus prés. Il était grand, le mètre quatre-vingt peut-être, à la silhouette fine mais athlétique. On devinait, sous le sweet à manche longue qu’il portait, les muscles courir sous tout son corps. Brun aux cheveux mi-long, elle ne put que remarquer les quelques mèches rebelles qui retombaient sur les yeux noirs de celui qui était son gardien. Son visage fin reflétait une grande force et le sourire narquois qu’il affichait, exprimait lui une arrogance des plus aiguisées !

Vêtu d’un sweet en coton bleu marine et d’un simple jean noir sur une paire de basket blanche, il aurait facilement put passer pour un étudiant. Pendant qu’elle le détaillait, elle sentit son regard sur elle et comprit alors qu’il la dévisageait aussi. Son regard bleu croisa le noir du sien et bien que forte habituellement, elle ne put cette fois s’empêcher de baisser les yeux. Quelque chose chez lui l’intimidait.


- L’examen de passage est terminé, demanda-t-il avec son sourire narquois toujours accroché au visage. Je sais que je suis agréable à regarder mais tout de même, tu vas finir par me faire rougir là !


Il avait suffit qu’il ouvre la bouche pour que le charme soit rompu ! Rien n’était pire qu’un type beau goss qui le savait pour horripiler Kayla au plus haut point !


- Mouais t’es beau goss faut bien le reconnaitre, dit-elle. Néanmoins pour un type qui vit parmi les dieux Grecs, je m’attendais à mieux !


Et v’lan dans les dents, pensa-t-elle en souriant. Samuel lui avait perdu son sourire sur de lui.


- Je commence à comprendre pourquoi on t’a confié à moi ! Après les cerbères des enfers, ils ont dû penser que tu allais être une mission à ma hauteur ! Tu bave et tu mords autant qu’eux semble-t-il, répliqua-t-il avec un sourire en coin, fier de lui.


Kayla fit alors un geste d’une grande élégance. Elle lui fit un doigt d’honneur, joliment agrémenté de sa bague-montre, et tourna les talons, folle de rage. Samuel lui se mit à sourire encore plus et la suivit.


- On ne va pas s’ennuyer tout les deux je le sens, dit-il pour lui-même.



Et pour celles qui aiment bien les petites photos, voila mon Samuel : http://4.bp.blogspot.com/_6VNmsvoJ0SU/TQvNhXGVniI/AAAAAAAALk4/4JnsAa3rP4Y/s1600/16hj4vs.jpg




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