Twilighters France


*** Twilighters France, votre source française depuis 4 ans!
 
AccueilTwilighters FranceFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 D'amour et de Sang frais (fiction originale)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Mélan
Enfin Edward comprend !
Enfin Edward comprend !


Féminin
Nombre de messages : 2785
Age : 22
Localisation : Dans les étoiles là où le passé, le présent et le futur ne font qu'un
Date d'inscription : 19/12/2010

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 23 Jan - 21:44

Jadore!
Merci!
Vivement la suite!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 31 Jan - 8:09

Coucou les filles!!
Super que vous adoriez!! Oui oui deux suites pour le prix d'une.XD! J'espère que vous allez toutes bien? Voici la suite.
PS: Florine continue ta fiction! Je ne commente pas mais je continue de la lire^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 31 Jan - 8:14

Chapitre Second
Partie I
La journée venait à peine de commencer quand Sharon quitta la maison. Elle voulait se rendre le plus tôt possible à la bibliothèque de son quartier. Compte tenu des sujets sur lesquels elle comptait faire des recherches, elle préférait arriver quand il y aurait encore très peu de monde, histoire d’être tranquille, surtout qu’on était un samedi. La bibliothèque de Murky Hills était un endroit gigantesque, elle pouvait banalement faire la surface d’un stade de foot. Il y avait là des millions d’ouvrages, certains originaux, d’autres de simples copies. Une section entière était consacrée à la littérature humaine, une autre aux vampires, puis les trois autres aux diverses autres créatures. Les sujets sur lesquels Sharon comptait travailler étaient très faciles d’accès, alors elle se dirigea d’abord vers un poste dans l’immense cybercafé de la bibliothèque, elle entra sa carte d’accès puis saisit son code : Jasper_Whitlock86. C’était le nom d’un personnage de l’histoire des vampires, qui relevait plus du mythe que de l’histoire, mais ça n’atténuait en rien l’adoration de Sharon envers lui. Une fois qu’elle eut accès au répertoire des ouvrages, elle entra le nom, l’auteur, la date d’édition, l’ISBN, elle maîtrisait tellement ce livre qu’elle connaissait chaque article sur le bout des doigts, toutefois, elle voulait absolument vérifier quelque chose. La raison pour laquelle elle connaissait si bien cette œuvre, c’est parce que l’année précédente elle l’avait adoptée, l’emportant partout avec elle, apprenant avec méthode chacune des phrases, se les réappropriant souvent, les maîtrisant parfaitement pour l’examen. Cette année-là, elle avait été imbattable dans cette matière de l’examen propre aux vampires, ça n’avait été que de la théorie, mais elle avait battu tous les records. Une fois la disponibilité de l’ouvrage vérifiée, elle nota mentalement son emplacement, avant d’ouvrir une page internet et de se lancer sur son deuxième axe de recherche : le docteur Conrad et sa famille. Google n’était pas le moteur adéquat si l’on voulait se renseigner sur un vampire, mais là aussi il y avait une version propre à ce monde. La première chose qui s’afficha, fut un article à propos des différentes réalisations du docteur, la procréation, les aliments de synthèse, les différentes recherches menées et celles qui avaient conduit à une réalisation importante. Le lien suivant menait à un article du journal qui avait eu l’exclusivité du procès du docteur quand il avait été accusé d’avoir collaboré avec les chasseurs de vampires, et qu’il avait été acquitté. Suivaient une kyrielle de liens plus ou moins en rapport avec le sujet. Ce n’est qu’à la dernière page de recherche que Sharon trouva un lien sur un article consacré à Conrad junior et sa nuit de chasse. Toutefois, elle eut beau cliquer sur le lien, la page ne s’ouvrit pas. Elle finit par laisser tomber, retournant aux procès du père. Il avait été inculpé de complicité avec des chasseurs de vampires, puis on l’avait accusé de pratiquer illégalement des expériences sur des humains dans le but de les transformer en vampire, mais à chaque fois le poids de ces inventions rééquilibrait la balance, et à chaque fois il ressortait en quelque sorte blanchi. Seulement si ça continuait, toutes ces inventions ne suffiraient pas à le justifier, ni à amortir la sentence, même avec les fortes absences de preuves caractéristiques de ses inculpations. Retournant sur la page de recherche, un autre lien attira le regard de Sharon. Un cliqua dessus, et atterrit directement sur un blog personnel consacré à Conrad senior et toute sa famille. Il y avait le détail de sa vie, en considérant le fait qu’il était âgé de plus d’un millénaire. Au bout de quelques secondes de lecture, et une centaine de pages parcourues, elle eut enfin la récompense à sa persévérance. L’article avait un titre parleur : Conrad Payne à l’origine d’une race supérieure. Voici ce qu’on pouvait y lire :
« Certains résument ces faits à des rumeurs infondées, mais d’après des sources sûres, je suis en mesure de vous affirmer cette information. En effet depuis quelques temps, ce cher docteur travaille assidument à créer une nouvelle race de vampire d’une puissance inimaginable. Tout le monde peut témoigner du génie de cet ‘homme’, aussi, lorsqu’on sait qu’une espèce d’hybride mi-humain mi-vampire travaille à son service depuis plus d’un siècle, on ne devrait donc pas s’étonner de tant d’ambition de sa part. Vous savez tous que cela à commencer par ces fameux tests de fertilité pour nous autres, vampires, puis grâce à une de ses inventions, une simple injection a suffit pour rendre la plupart d’entre nous capable reproduire. Ensuite, il a innové dans le matériau de construction, et à fait fabriquer les objets d’utilisation quotidienne en cette matière si spécifique à notre puissance. Enfin, les aliments et la nourriture de synthèse ont suivis. Tous nous avons été ravis de ne plus avoir à nous nourrir de ces infects aliments humains lorsque l’on accueillait chez soi des ‘amis’ humains, puisque nous avions désormais tous ces aliments en apparence si normaux, mais tous gorgés de ce même élixir de vie. Puis, fort de sa cupidité, il s’est mis à fabriquer des armes pour l’ennemi, indifférent aux lois qui le lui interdisaient. A présent, en éternel insatisfait, il s’est lancé un nouveau défi qui se verra très tôt réalisé, au mépris de toutes nos lois, plutôt de la plus sacré de nos lois. Oui, le docteur Payne est près à mêler les gènes des deux camps, auparavant ennemis mortels, afin de voir quel effet ça pourrait produire. Un Monstre !! Un monstre, incontrôlable et sanguinaire va bientôt naître dans les caves des Payne, et quand il sera nez, ils seront des milliers de notre race à mourir, des millions à regretter que les pourritures qui gouvernent notre monde aient laissé Payne dépasser les bornes. Vous me prenez pour une hystérique, mais d’après vous de quoi sera capable cet enfant quand il naîtra ? Un nouveau n’est-il par une vraie calamité quand on se remémore les dégâts qu’ont faits ces nouveau-nés âgés de cinq années humaines ? Dans les cas, bientôt ce sera la fin de tout ! Êtes-vous prêts ?!! »

« _ Eh ben Sharon, j’ignorais que tu étais une fanatique de Payne ! s’enthousiasma une voix près de Sharon ».
Prise par surprise, elle referma rapidement la page internet d’un clic si furieux que la souris faillit s’en briser. Il lui fallut une seconde pour reprendre son sang-froid, avant que l’agacement ne prenne le dessus. Elle réalisa qu’elle avait eu la naïveté de croire que Cheryl ne s’immiscerait pas plus dans ses affaires de cœur. Elle avait eu tort. Cheryl avait attendu quelques jours à peine avant de lui envoyer deux de ses acolytes. La poisse ! Sa sœur voulait à coup sûre la faire surveiller de très près, elle en aurait mis sa main à couper !
« _ Eh ben Aaron, on dirait que Sharon chérie à perdue sa langue ; se moqua une voix basse et grave.
_ Tu crois ? Le drame que ça serait !! s’écria une autre voix, avec ironie.
_ Vous n’avez rien d’autre à faire ? s’énerva Sharon, en se tournant rageusement vers les deux indésirables. »
Aaron se balançait nonchalamment sur une chaise, tandis que Brescia la dévisageait avec un ennui profond et non dissimulé. Ces deux-là donnaient vraiment l’impression d’être jeunes et immatures, alors qu’ils étaient les aînés de Sharon des centaines d’années. Ils faisaient partie de la bande d’amis qu’avait sa sœur au lycée, et contrairement à Cheryl ils ne s’étaient pas du tout éloignés de leur ville natale, n’avaient jamais fait d’études aussi barbantes que celles de sa sœur, et avaient gardé le goût des fêtes interminables, des délires à deux balles. Ils avaient catégoriquement refusé de grandir. Et c’était eux que Cheryl avait trouvés pour la surveiller ?! Le monde à l’envers !
« _ Tu vas continuer à nous dévisager longtemps, ou tu vas te décider à l’ouvrir ? lança Brescia, avant de se poser sur une chaise. »
Sharon écarquilla les yeux de surprise devant l’attitude de Brescia, elle avait complètement oublié comment elle pouvait se comporter quand elle était dans l’intimité, il lui arrivait d’être une vraie garce parfois. Qui aurait pu deviner qu’il s’agissait du professeur de mathématiques de Sharon ? Même la principale concernée en restait stupéfaite. Avec sa voix grave mais infiniment sensuelle, Brescia avait l’allure d’une femme d’une trentaine d’années, le visage carré avec le menton haut et le regard perçant. Du haut de son mètre 80, elle avait une coupe de cheveux à la garçonne et toujours l’air d’être entrain de résoudre une équation à un millier d’inconnues. Si la plupart des camarades de Sharon la trouvaient imposante, hautaine et souvent énervante, pour Sharon elle restait un mystère. Brescia savait se montrer gamine quand il le fallait, et pouvait se métamorphoser en une adulte responsable en un clin d’œil, un vrai caméléon en fait.
Finalement, Sharon détourna son regard, soupira, puis parla avec une extrême lassitude.
« _ Combien Cheryl vous a payé pour faire ça ? demanda-t-elle.
_ Je ne vois absolument pas de quoi tu parles ! s’offusqua Aaron.
_ On n’a plus le droit de s’informer sur la santé de notre Sharon adorée ? s’enquit Brescia, haussant les sourcils d’une façon faussement menaçante.
_ Pas très convaincant Brescia, ressaie un autre jour ; se moqua Aaron.
_ Qu’est-ce que vous me voulez ? souffla Sharon.
_ Juste te voir voyons, fit presque sincèrement Brescia.
_ N’importe quoi ! On s’est vu hier après-midi, à la dernière heure de cours, ta mémoire bogue ou quoi ? se moqua Sharon.
_ Non mais je vais lui faire ravaler ces vannes à celle-là ! railla Brescia.
_ D’accord Sharon, on a eu quelques barils d’O+, ça te va ?-marmonna Aaron.- Bon maintenant si on parlait de choses sérieuses ?
_ Je suppose que je n’ai pas le choix ?
_ Vu ce sur quoi tu ‘travaillais’ quand on est arrivé, non ! T’as pas le choix la petite ! babilla Brescia.
_ T’inquiète ma puce, on va bien prendre soin de toi ce week-end ; exulta Aaron, avec un sourire glaçant.
_ Aïe Aïe Aïe !-paniqua Sharon.- Je...je suppose que maman est d’accord ?gémit-elle.
_ Oh oui ! Caroline a été un vrai ange ! C’est même elle qui a choisi notre destination. Génial non ? ironisa Brescia.
_ Comment Cheryl a pu en arriver là ? Si elle croit me protéger en vous collant à mes basques…c’est n’importe quoi ! ragea Sharon, en tapant du pied.
_ Ann ma puce ;-fit doucement Brescia, en lui posant la main sur l’épaule.- On n’est pas là pour te pourrir la vie Sharon. Franchement, j’aurais préféré partir aux Maldives avec mon prof de tango, tu sais l’argentin divinement beau…
_ Mouais ; soufflai-je, en me rappelant de cette beauté fatale qu’était Braulio.
_ …je vois que tu me comprends. Sincèrement, j’aurais tout donné pour être avec lui en ce moment, étendue sur un transat, les doigts de pieds en éventail, absorbée non pas par les magnifiques reflets du soleil sur la mer, mais par le corps de mon apollon brillant de mille feux, rêvant d’aller inaugurer un des lits moelleux d’une somptueuse villa que ta mère nous avait réservé pour ce week-end, avec au fond de moi la rage et l’envie pressante de lui ôter le reste de ces vêtements…; susurra-t-elle, tandis que sa poigne sur l’épaule de Sharon se durcissait de plus en plus.
_ Ce qu’elle veut dire Sharon ; -coupa Aaron, en ricanant.- C’est qu’on s’inquiétait vraiment pour toi. On sait qu’avec Maya ça ne va pas très bien, qu’avec Anthony c’est le froid polaire, alors on est là ! Histoire que tu ne te sentes pas trop seule.
_ Merci, ça va, tu vois bien. J’adore la solitude alors; hasarda Sharon.
_ Tu ne comprends pas ?-grogna Brescia, lui broyant l’épaule de sa main.- Vous, ta sœur et toi, vous êtes pareilles ! Pour moi Viktor, ce n’est pas un tabou, alors je vais te le dire franchement : je n’ai absolument aucune envie de te voir fiche ta vie en l’air en faisant une erreur encore plus stupide que celle de Cheryl. J’ai jamais gobé ce Viktor, je l’avais prévenue de ne pas le rejoindre, de ne pas le transformer ! Tu crois qu’elle m’a écoutée ? Non ! Pas le moins du monde. Alors cette fois, j’en fais mon affaire personnelle, ok ? Alors, tu décolles ton derrière de là, et tu viens t’éclater avec nous ; ordonna Brescia, avec la même voix sensuelle, et une moue agacée sur les lèvres.
_ Mais, il faut que je termine mes recherches ! se défendit Sharon.
_ Ouh là, ne l’énerve pas plus que ça Sharon ;-prévint Aaron.- Le moment venu, on te dira tout ce que tu as besoin de savoir sur eux, et plus encore ; assura-t-il.
_ Alors, tu viens ? demanda Brescia la main tendue vers elle, un sourire narquois aux lèvres.
_ Tu promets qu’on ne fera rien d’illicite ? s’enquit Sharon, en levant les sourcils.
_ Ne m’en demande pas trop non plus ! protesta Brescia, en éclatant de rire.»
Alors que la boîte de nuit vibrait déjà avec une puissance inouïe, le trio sortit de la limousine rose criard louée pour ce soir-là. Le choix de cette couleur, de la boîte de nuit et même des habits que tous les trois portaient, revenait sans nul doute à Aaron. Lui aussi était un vrai phénomène, et Sharon pensait ne jamais assez remercier le ciel de n’avoir pas créé deux vampires comme lui. Il avait les yeux d’un ivoire irisé, les lèvres si fines qu’on les aurait crues inexistantes s’il n’était une vraie pipelette. Parler était sa plus grand passion, il ne se lassait pas de donner son avis quand on ne lui demandait pas, de couper la parole aux autres quand ce qu’ils disaient l’ennuyait à mourir, et comme il adorait voir les gens de bonne humeur, il était une véritable encyclopédie à blagues, en plus d’être le roi des pitres. Il était issu du clan de ceux qu’on appelle les Entre-deux, il n’y voyait que des avantages, même s’il en avait souffert pendant des années. Parce qu’il voyageait beaucoup, de ces multiples contacts avec toutes les races existantes, il avait acquis une aura de calme et de sérénité de quelqu’un qui avait tout vu, tout entendu, et que jamais rien ne surprendrait. Il était de taille moyenne, de forte corpulence, avait les traits doux et agréables, en bref il semblait être un adulte. Seulement à cause de sa manie de s’exprimer comme une racaille, parfois on le prenait vraiment pour une grande personne arriérée ou pour un adolescent précoce. Le comble ? C’est que cela l’amusait, et que reprendre le masque lourd et désespérant du trentenaire l’exaspérait souvent. Alors, on pouvait bien comprendre le désespoir de Sharon ce samedi-là, coincée entre Aaron et Brescia, elle pensait sérieusement à se donner la tête dans le mur jusqu’à ce qu’elle se réveille de ce cauchemar. Cependant, quand on y réfléchissait, elle-même ne comprenait pas pourquoi cela l’énervait tant d’être avec Brescia et Aaron, alors qu’elle les adorait. Pendant une dizaine d’années elle avait même été raide dingue d’Aaron, mais il lui avait fait comprendre qu’elle était bien trop jeune pour lui, même si elle était son genre. Il faut savoir qu’elle n’était même pas majeure, ni à l’époque, ni à l’instant où, debout devant le videur de la boîte de nuit Floridienne, elle jetait des regards en biais à Aaron. Justement, elle pensait avec une gaieté soudaine qu’elle fêterait son quatre-vingtième anniversaire le soir du bal de promotion, de là elle pourrait peut être espérer qu’il change d’avis. Bien sûr, elle délirait, elle ne savait même pas quelle était sa situation sentimentale, mais l’idée qu’elle puisse avoir une chance avec lui, lui fit recouvrir sa bonne humeur, vu qu’elle décida d’oublier Anthony pendant le reste de la soirée. Après tout, si elle était à Miami ce soir-là, c’était pour s’amuser, alors elle allait se lâcher et jeter tous ces soucis aux orties.
En fin de soirée, alors que Brescia exécutait une danse endiablée accrochée au cou de sa énième victime, Sharon saisit l’occasion pour cuisiner Aaron sur ses affaires de cœur.
« _ On dirait que le beau Brauli est passé aux oubliettes ; lança-t-elle, en regardant Brescia se trémousser.
_ Hum ; -hésita Aaron.- Je ne pense pas. On voit que tu ne connais pas Brescia, ni Brauli d’ailleurs; rie-t-il.
_ Pourquoi ? s’étonna-t-elle.
_ Hum, disons que c’est un peu compliqué pour toi ; railla-t-il.
_ N’importe quoi ! Je n’ai plus soixante piges Aaron, t’imagines même pas ce que je peux savoir sur tout ça ; se moqua-t-elle.
_ Sur tout ça ?- fit-il, avec un sourire en coin.- Tout ça quoi ? Qu’est-ce que tu peux bien savoir, si tu as déjà du mal à en parler.
_ Je ne vois pas ce qui te fait croire ça. Et puis d’abord, je ne suis pas sûre qu’on parle de la même chose, avec ton esprit…
_ Mon esprit ? répéta-t-il.
_...de pervers ; fit-elle d’une petite voix.
_ Moi ?-fit-il, d’une voix enjouée.- Mais non, pas à ce point. Tu te trompes sur moi Sharon.
_ Vraiment ? rie-t-elle.
_ Absolument, tu ne dois pas prendre les excès de mon imagination trop fertile pour de la perversité.
_ Hum ; acquiesça-t-elle, sceptique.
_ Je parlais d’amour Sharon, rien d’autre ;-se défendit-il.- Brescia et son petit ami sont dans une relation…libre.
_ Je vois !- se moqua-t-elle.- Façon élégante de dire que chacun adore s’amuser de son côté quand ils ne sont pas ensemble ; corrigea-t-elle.
_ Reste ouverte d’esprit Sharon, tu as encore tellement de choses à découvrir ;-dit-il, amusé.- Tu n’as pas idée !
_ Epargne-moi les détails surtout !pouffa-t-elle.- De toute façon, j’ai une définition de l’amour très flexible, alors ne t’inquiète pas pour moi.
_ Je serais ravi de l’entendre ; encouragea-t-il.
_ Euh… ; balbutia-t-elle, prise de cours.
_ Euh ? Ah oui, original, vraiment très flou, mais inventif ; plaisanta-t-il.
_ Arrête de te payer ma tête ! J’en ai vraiment une, je te l’expliquerai un autre jour, voila !
_ D’accord ;- fit-il paisiblement.- Je n’arrive pas à comprendre comment elle fait ça ; dit-il en fixant Brescia de nouveau.
_ Quoi ? demanda Sharon, suivant son regard.
_ Tu n’as rien remarqué? s’étonna Aaron.
_ Quoi ? Qu’est-ce que j’ai raté ? s’alarma Sharon, paniquée à l’idée qu’il la prenne encore pour une gamine insouciante.
_ Observe le partenaire de Brescia. Regarde bien. Tu ne vois pas Sharon ? Ou plutôt, tu ne perçois pas son…odeur ? »
C’était quelque chose de vraiment subtile. Un détail qui serait passé inaperçu si Aaron n’avait pas mis le doigt dessus. Sharon avait bien remarqué cette senteur particulière, comme elle la humait de nouveau, elle reconnut de suite cette sensation de brûlure dans ses narines et une révulsion soudaine qui la surprit. Elle ne connaissait pas particulièrement l’odeur, mais arrivait à la reconnaître en se remémorant la description qu’on lui en avait faite. Pourtant, elle ne comprenait pas comment ça avait pu lui échapper tout ce temps. Elle se mit alors à détailler le partenaire de danse de Brescia. Il devait bien faire une tête et demie de plus que son amie, il était vraiment très musclé, on pouvait même entrevoir son torse par sa chemise noire à moitié déboutonnée. Au moment où il s’inclina pour l’embrasser, quelque chose brilla sur sa poitrine. Il portait une sorte d’amulette ou de médaillon argenté autour du cou.
« _ Son médaillon ?- souffla Sharon.- Son médaillon voile son odeur, c’est bien ça ?
_ Un merci au formidable Conrad senior ! railla-t-il, un sourire mauvais aux lèvres.
_ Alors, tu veux dire que grâce à ça, un lycan pourrait nous dépasser dans la rue sans même qu’on ne réalise sa vraie nature ? demanda-t-elle, ahurie.
_ Malheureusement. Et tu sais le pire dans tout ça ?reprit-il, écœuré.
_ A part le fait que Brescia ne semble pas du tout dégoutée de l’embrasser ? grommela-t-elle.
_ Tu es vraiment grave Sharon ;-rie-t-il.- Ce n’est pas un problème pour moi, ma chère, pour toi non plus ça ne devrait pas l’être.
_ Même si malgré tous ces cours intensifs de tolérance dont on nous martèle le crâne au lycée, les gens de notre race et de la sienne se détestent depuis toujours ?
_ Surtout dans ce cas-là, si on veut que la paix avec ce peuple-là perdure ; conseilla-t-il, ne quittant pas Brescia des yeux.
_ Tu dis ça, mais tu n’arrêtes pas de la surveiller ; ironisa-t-elle.
_ Si tu jetais un cop d’œil du côté du bar, tu verrais que les amis de notre cher lycan sont un peu trop tendus.
_ Nous sommes des ennemis naturels Aaron ! C’est normal. Alors que peut-il y avoir de pire ?
_ Le pire, c’est que ce bon vieux Conrad ne semble pas du tout intéressé par l’idée de concevoir un de ces joujoux hi-Tech qui voilerait notre odeur à nous. Ce qui nous met en position d’infériorité face à eux. Voilà ce qui me gène. Ce ne sont pas tous les lycans qui acceptent la trêve, certains continuent à attaquer des vampires en toute impunité, et avec ça, c’est pire !
_ On dirait que le sort des gens de sa race ne l’inquiète pas du tout ; critiqua-t-elle.
_ Alors explique-moi comment tu peux être amoureuse de son fils ? gronda brusquement Aaron.
_ ça ne te regarde pas ; répliqua-t-elle, outrée.
_ Bien sûr que si ;-rétorqua-t-il en se matérialisant à ses côtés.- Explique-moi Sharon ; exigea-t-il, en la dévisageant.
_ Je ne veux pas en parler ; reprit-elle, inflexible.
_ Sharon, je…je te considère comme ma propre petite sœur ;-plaida-t-il, avec douceur.- Je ne te fais pas de reproches…
_ Tu as entendu comme tu m’as parlée tout à l’heure ? coupa-t-elle.
_ …désolé ; murmura-t-il, avec un de ces regards.
_ Pourquoi est-ce que vous êtes tous contre lui ? Je sais qu’au fond il n’est pas comme son père, j’en suis sûre. De toute façon, ni toi, ni Cheryl, ni Maya, ni même moi, aucun d’entre nous ne le connaît. Alors pourquoi le juger ? Qu’il ait Conrad Payne comme père, qu’il ait les yeux verts, même s’il a commis des erreurs dans le passé, ça ne veut absolument rien dire ! s’émut-elle, les yeux brillants d’incompréhension.
_ Je sais Sharon, tu as raison. Je veux juste que tu me parles, sincèrement, de ce qu’il y a entre vous.
_ Rien ! Le vide ! Et je crois que c’est mieux comme ça, non ? sanglota-t-elle.
_ Je n’ai pas dit ça ; protesta-t-il, prenant son visage entre ses mains.
_ Tu l’as pensé ; accusa Sharon.
_ Je te jure Sharon. Je te promets, je t’assure que non. Crois-moi ; implora-t-il, la voix emplie de peine. »
Même s’il semblait sincère, Sharon ne résolvait pas à le croire. Le fait qu’il ait pu réagir comme ça, qu’il ait pu parler d’Anthony avec si peu d’égard, c’était incroyable. Elle ne l’avait jamais entendu parler de qui que ce soit de cette façon. Il semblait vraiment inquiet, ses yeux la fixaient si intensément qu’elle en ressentait la brûlure jusque dans son âme. Quelque chose avait changé en lui depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Tout d’un coup, il avait l’air si attentionné, si attaché à elle, si…tendre. Elle chassa rapidement l’idée selon laquelle Aaron serait amoureux d’elle, c’était absurde ! Impossible. Du délire ! Il aurait même pu être son père, alors c’était loupé d’avance. D’ailleurs, alors qu’elle essayait d’éclaircir ses pensées, il avait rétabli une certaine distance entre eux, autant physique que sentimentale. Elle comprit qu’il n’y avait pas d’illusions à se faire sur le sujet. Aaron s’était finalement levé. Avec un sourire charmeur, il tendait la main vers elle, l’invitant à danser. Comme un signe du ciel, au même moment la musique changea. C’était sa chanson. Alors une voix lui murmura que Will I Am ne mentait pas, et que cette nuit-là serait une très belle nuit, une nuit inoubliable, c’était plus qu’une sensation, c’était une évidence. Elle se laissa hisser jusqu’à Aaron avec une gaieté soudaine. Ce son avait ce don inouï de lui redonner la pêche en toute circonstance, ce fut encore le cas. Quand elle fut assez près, elle se plaqua contre Aaron. Etonné, il essaya de la repousser doucement, car la lueur dans les yeux de Sharon n’était pas rassurante du tout. Elle s’accrocha à son cou, et avant même qu’il ne comprenne, elle l’embrassait. Il résista une seconde, deux, trois, même s’il n’avait pu s’empêcher de penser à elle tout ce temps, il croyait vraiment rêver. Etait-ce vraiment les lèvres de Sharon, son corps, ses bras autour de son cou à lui ? Etait-ce un de ces rêves qu’il faisait éveillé ? Le désir violent qui s’alluma en lui, la douceur de ces lèvres sur les siennes, tout ça était bien trop beau, mais pour une fois, c’était bien réel. Alors au bout de la sixième seconde, il répondit furieusement à son baiser.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
florine39
Assiste au match de base-ball
Assiste au match de base-ball


Féminin
Nombre de messages : 571
Age : 21
Localisation : 39
Date d'inscription : 30/01/2010

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 31 Jan - 18:56

super chapitre robie !!!
vivement la suite !!!!
j'adooore !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mélan
Enfin Edward comprend !
Enfin Edward comprend !


Féminin
Nombre de messages : 2785
Age : 22
Localisation : Dans les étoiles là où le passé, le présent et le futur ne font qu'un
Date d'inscription : 19/12/2010

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 31 Jan - 22:02

J'adore!J'adore!J'adore!J'adore!
Vivement la suite!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Ven 4 Fév - 22:06


Mercii! Merci!! Voila la suite..^^


« _ Hum ! Je vous dérange pas j’espère ? interrompit sèchement Brescia. »
Personne ne lui répondit. Ni Sharon, et encore moins Aaron, n’avait envie que ce moment parfait s’arrête.
« _ Hey ! J’ai raté un épisode ou quoi ? lança-t-elle, agacée.
_ Je crois que c’est toute la saison que t’as manquée ma belle ; railla son loup de partenaire.
_ Te mêles pas de ça, toi ; coupa-t-elle, en le repoussant vivement.
_ Hey, tu te calmes ma belle !- s’irrita-t-il en la collant.- Tu ne m’as pas chauffé comme ça toute la soirée, pour me jeter comme un vulgaire clébard ; menaça-t-il. »
Sharon commençait à vraiment être agacée par la présence de ces deux-là. Ils gâchaient vraiment tout ! Elle allait raffermir son étreinte autour d’Aaron, quand il se déroba. Une seconde il l’embrassait fiévreusement, celle d’après il était entre Brescia et un loup, tous crocs dehors et grondant furieusement. Alors en un léger bourdonnement les amis du loup furent à son côté, faisant un mur avec leur compagnon. Impuissante Sharon observait la scène, se disant qu’elle n’aurait peut être pas dû être là, dans cette boîte floridienne, à essayer d’oublier Anthony en se jetant dans les bras d’Aaron. Tandis que Sharon ne trouvait rien d’utile à faire que se culpabiliser, l’ambiance devenait électrique entre vampires et loups. Aaron flairait le drame, non seulement Brescia tremblait de rage d’avoir été insultée, mais la meute aussi était parcourue de frissons sauvages, annonciateurs d’une prochaine transformation. Si l’un des deux camps ne quittait pas la boîte sur le champ, de nombreux humains présents allaient se prendre des balles perdues. Pourtant cela semblait être le dernier de leurs soucis.



« _ Hey les mecs, faudrait peut être vous calmer ; bafouilla Sharon, aux deux camps.
_ La ferme-toi ! coupèrent Brescia et son ex-partenaire de danse.
_ Tu ne lui parles pas comme ça ! rugit Aaron à l’égard du loup.
_ Je lui parle comme je veux, ok ? rétorqua le loup.
_ Ah ouais, c’est comme ça tu veux la jouer sale cabot ? siffla Brescia.
_ On ne t’a pas sonné la sangsue ! lança un membre de la meute.
_ Vous allez vous calmer oui ! vociféra Sharon, s’interposant entre Aaron et l’un des loups.
_ Sharon, ôte-toi…
_ La ferme Aaron ! ça suffit ! coupa-t-elle.
_ Ouh là ! Elle a le sang chaud la petite ; railla un autre loup.
_ T’as honte de te faire traiter comme ça ? Réagit mon vieux ! pouffa un autre.
_ Peut être qu’il aime ça. Tu sais bien que les sangsues ont des goûts plutôt tordus ; souffla une louve, dont le visage restait dans l’ombre.
_ Ta gueule ! s’enflamma Aaron, grondant sauvagement.
_ J’ai dit ça…
_ C’est bon la mioche, pas la peine de gueuler ; coupa brusquement le loup qui avait dansé avec Brescia. »
Il avait une lueur étrange dans le regard. Soudain, il se détendit, et fit un clin d’œil à Sharon. Avant qu’elle ne comprenne, il fit un signe à ses comparses, et s’en alla. Il devait sûrement être le chef car le reste de la meute le suivit très docilement, même si c’était à contrecœur. La louve qui s’en était prise à Aaron fut la dernière à se retirer. Le visage caché sous sa casquette, elle portait une chemise à carreaux d’un bleu et d’un blanc électriques, ouverte dans un décolleté plongeant. Ses yeux brillèrent dans le noir quand son regard rencontra celui de Sharon, puis elle se retira, bousculant Aaron au passage.
« _ Tu as vu ça ? lança Aaron à Sharon.
_ Elle ne porte pas de médaillon. Et son odeur…elle est moins subtile que les autres ; acquiesça Sharon, en un murmure.
_ Tu te trompes. Elle en portait bien un, enroulé à son poignet ;- souffla Brescia.- Mais, il y a quelque chose qui cloche. Le sien est…différent.
_ Et tu as vu ses yeux ? continua Aaron, en s’asseyant.
_ Je n’arrive pas à y croire ;- grogna Brescia.- Comment est-ce possible ? Et la meute n’a rien remarqué ?
_ Si, ils le savent c’est évident. C’est pour ça qu’ils sont partis ; répliqua Aaron.
_ Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui se passe ? s’irrita Sharon, embrouillée.
_ C’est une des nôtres Sharon. C’est un vampire ; murmura Brescia.
_ On n’a pas su à cause de ce fichu médaillon ! bougonna Aaron.
_ Comment ça ? Je ne comprends pas. Tu as dit qu’il n’en existait pas pour les gens de notre race ; protesta Sharon.
_ Il s’est trompé, c’est clair ; contra Brescia.
_ Non. Je vous assure qu’il n’en existe pas, j’en suis sûr ; insista Aaron.- Son médaillon n’est pas là pour voiler son odeur de vampire, c’est un tout autre genre. Celui-là, c’est un diffuseur ; expliqua-t-il.
_ Tu veux dire que ? s’étouffa Brescia.
_ Il lui donne l’odeur d’un loup ?! coupa Sharon.
_ C’est bien ça, malheureusement ; acquiesça-t-il.- Décidément, notre unique ennemi sur cette Terre c’est Payne, tout simplement.
_ Mais comment est-ce possible ? Tu m’as dit qu’ils avaient refusé leur accord pour cette invention-ci ; argua Brescia.
_ Tu crois que ça l’arrête ? Tu crois vraiment que la commission peut l’empêcher de mettre ça au point ?railla Aaron.
_ Mais la semaine dernière, c’est bien une esquisse qu’il a présenté, pas le produit fini ! argua Brescia, de nouveau.
_ Il faut penser qu’il ne leur aura pas tout dit ; fit amèrement Aaron.
_ Peut être que ce n’est pas lui. Peut être que pour une fois il n’est pas passé outre la loi ; hasarda Sharon.
_ Non mais tu le fais exprès ? souffla Brescia.
_ Il n’est pas le seul scientifique au monde Brescia. Il en existe même de plus doués que lui ; contra-t-elle.
_ Tu as quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Pourquoi tu les défends toujours ? Tout le temps ! T’en as pas marre ? Tu trouves peut être ça normal, qui sait ! s’enflamma Brescia.
_ Je dis juste que c’est facile d’accuser. Toujours Payne, encore Payne. Mais où sont les preuves ? Ne dit-on pas qu’un accusé est innocent jusqu’à preuve du contraire ?
_ Toi aussi tu fais du droit maintenant ? s’énerva Brescia.
_ Non ! Je lui laisse juste une chance ; répliqua Sharon.
_ Tu…
_ Ça suffit ! J’en ai assez, rentrons ; coupa Aaron. »


Partie II




Sharon, Brescia et Aaron sortirent de la boîte de nuit dans un silence furieux. Ils s’assirent dans la limousine dans une atmosphère électrique. Sharon regrettait d’être venue, finalement elle aurait pu résister, elle aurait été bien mieux chez elle, installée confortablement dans un fauteuil moelleux à lire un bon livre. Tout ça l’irritait, tout la rendait malade. L’attitude de ses deux compagnons, le souvenir Brescia et de ce loup dansant serrés l’un contre l’autre. Elle ne pouvait cacher sa révulsion envers cette race, là elle ne luttait même pas contre. Elle pouvait être tolérante mais quand même ! La façon dont Aaron l’avait repoussée l’énervait de plus belle. Pourquoi avait-il mis tant de temps à accepter ses avances ? Pourquoi se cacher, en quoi était-ce ‘mal’ ? Et puis Brescia ! Toujours à accuser Payne ! C’était stupide. Sharon renifla de dédain puis chassa ces pensées. Elle pensa que la semaine précédente à pareil moment, elle se trouvait dans la chambre de Maya et rire comme une folle et à glousser à chaque commentaire de Maya. Tout ça lui manquait terriblement tout d’un coup, alors elle soupira de frustration, puis se plongea obstinément dans la contemplation du paysage qui défilait sous ses yeux. L’océan d’un noir profond roulait et déroulait ses vagues contre le rivage. Ce soir-là on voyait clairement à la lumière de la pleine lune. Cette vision rappela à Sharon l’incident avec ces loups dans la boîte de nuit. Et comme si elle s’y attendait, elle tendit l’oreille pour entendre un loup gronder rageusement. Mais il y avait quelque chose d’étrange dans le scénario.
A peine avait-elle pensé cela qu’elle sentit la limousine déraper, le véhicule patinait sur la route. Avec une violence inouïe, la portière du côté d’Aaron fut défoncée puis arrachée. Rapidement, Brescia brisa de la vitre qui les séparait du chauffeur et se chargea de le faire sortir par l’avant. Au même instant Sharon sentit une force animale se jeter contre la portière de son côté. Soudain, avant même qu’elle ait pu réagir, son visage se retrouva à quelques millimètres de la gueule d’un loup immense, aussi noir que la nuit, les prunelles d’un gris presque blanc.

« _ Sharon ! gronda Aaron, avant d’accrocher son bras autour de sa taille, et de la sortir de la voiture. »

La limousine s’envola dans les airs pendant une fraction de secondes, et comme si elle se passait une cascade au ralenti, Sharon vit le véhicule se retourner dans l’air puis aller s’encastrer dans un immeuble.
A quelques mètres de l’endroit, elle observait la scène, sur ses gardes. Aaron s’était tût et essayait de sonder les alentours pour repérer leurs assaillants, tandis que Brescia ne cessait de gronder, furax.
Soudain quelque chose siffla, Aaron était à terre, il se débattait contre une masse démesurée de poils. Le loup était avait le poil gris taché de marron, son regard était d’argent, et il s’acharnait contre Aaron. Ses mâchoires s’ouvraient et claquaient sans cesse, sans qu’il n’arrive à y emprisonner le corps de sa proie. Sharon rompit les rangs et se rua sur le loup, un coup de patte inattendu l’envoya à une dizaine de mètres en l’air, puis elle retomba lourdement sur la route. Son corps défonçait à peine la chaussée, qu’elle était déjà sur ses pieds. Elle fit volteface pour voir son agresseur, avec stupeur elle retrouva le même regard gris presque blanc, c’était le loup qui avait failli lui arracher la tête quelques minutes plus tôt. Il gronda vivement quand il comprit qu’elle l’avait reconnu. Sharon n’était franchement pas d’humeur, elle allait s’occuper de lui le plus rapidement possible. Elle avait un très mauvais pressentiment. D’un rapide coup d’œil, elle s’aperçut qu’il était justifié. C’était à présent contre deux loups gigantesques qu’Aaron luttait, et Brescia peinait devant trois autres boules de poils. Ils avaient besoin de renforts, ils avaient besoin des leurs, elle seule ne pourrait venir à bout du cabot en face d’elle, puis s’occuper des autres loups. Sharon ne s’était jamais retrouvée dans une telle situation. Certes, au Lycée il y avait eu quelques simulations, mais jamais ce n’était allé aussi loin. Mais il fallait qu’elle se décide, déjà la bête se ruait sur elle.
Elle esquiva l’attaque, et entendit des crocs acérés claquer à quelques millimètres de sa gorge. Elle fléchit légèrement les genoux, prit son élan donna de puissants coups de pied dans le flanc de l’animal. Sans lui laisser le temps de s’en remettre, elle se retourna vivement et bondit sur lui. Elle se retrouva à cheval sur lui, broyant son flanc dans l’étau de ses jambes. Pendant une fraction de seconde elle fut surprise par la douceur des poils, ils miroitaient à la lune, coulaient entre ses doigts comme l’eau d’un noir et précieux océan. Et, un court instant, sans comprendre pourquoi, elle fut émue jusqu'aux larmes par tant de beauté. Elle se sentit défaillir, puis un cri d’Aaron la ramena à la réalité. Son assaillant se débattait furieusement, la ballotant de droite à gauche, hurlant sous la douleur de ses os qui se brisaient. Sharon décida d’en finir. Elle inspira et ferma les yeux, faisant abstraction de toute émotion, elle broya complètement les côtes du loup et, les bras autour de sa tête, elle le décapita. Sharon attendit de sentir le corps retomber lourdement sur le sol, puis sans rouvrir les yeux elle s’en éloigna, concentrant tous ses sens sur le souffle haletant d’Aaron. Quand elle parvint à quelques mètres de lui, elle rouvrit les yeux. Il s’était débarrassé d’un des loups, et l’autre avait la gueule refermée sur une de ses épaules. Elle se ruait sur le loup quand l’un de ceux qui assaillaient Brescia se rua sur Aaron. Sharon vit rouge. C’était déjà trop tard. Aaron eut un dernier regard pour elle, avant que sa tête n’aille planer quelques mètres plus hauts.

« _ Aaron ! Aaron ! Mon Dieu ! hurla Sharon. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
Mélan
Enfin Edward comprend !
Enfin Edward comprend !


Féminin
Nombre de messages : 2785
Age : 22
Localisation : Dans les étoiles là où le passé, le présent et le futur ne font qu'un
Date d'inscription : 19/12/2010

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Ven 4 Fév - 22:34

J'adore!
Vivement la suite!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 21 Fév - 17:04

Coucou les filles! Désolée de mon retard..j'étais en exam (Bac Blanc). Là j'émerge et me reconnecte au monde.^^
Voila une suite. J'espère que vous aimerez. Et merxii encore de lire la fic'^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 21 Fév - 17:07

Elle se mit à trembler de tout son corps. Elle porta la main à son cœur comme si elle le sentait palpiter de fureur et de tristesse. Ses jambes s’élancèrent d’elles-mêmes vers les assassins. Elle les atteignait quand des bras glaciaux l’emprisonnèrent et la détournèrent de sa route.
« _ Laisse moi Brescia ! sanglotait Sharon.
_ Non ! Non Sharon ! hurlait Brescia, en essayant de la maîtriser.
_ Tu n’as pas besoin de venir. Si tu as trop peur d’eux, je m’en occuperais toute seule. Plutôt mourir que...que de fuir !vociféra-t-elle.
_ Non ! - coupa fermement Brescia, en l’entraînant à vive allure.- On va chez Cheryl. Tout de suite !
_ Quoi ? Non ! Ils vont nous y suivre ! protesta Sharon.
_ Ils ne le feront pas ;- assura-t-elle, jetant un coup d’œil derrière elles.- Ils sont occupés pour un bon moment ; ajouta-t-elle, sombrement. »
Sharon savait à quoi ils étaient occupés, elle ne voulait pas se retourner et voir le brasier, mais elle ne sentait pas l’odeur, elle ne put s’en empêcher, elle s’arrêta et fit volteface. Ce fut juste au moment où une silhouette humaine et féminine alluma un briquet et le jeta sur un tas indistinct. Sharon reconnut la chemise à carreaux, c’était la vampire qui accompagnait les loups dans la boite de nuit. Elle aidait à détruire l’un des siens ?! Sharon ne put supporter le spectacle plus longtemps, elle détourna le regard et courut de toutes ses jambes. Brescia avait raison, rejoindre Cheryl était la meilleure chose à faire. S’il y avait une personne qui pourrait la soutenir et l’aider à l’instant c’était sa sœur. Sharon pressa le pas avant que les larmes ne lui brouillent totalement la vue.

Du Sud-Est au Nord-Est, la course avait durée à peine une heure. Sharon et Brescia parvinrent à l’appartement de Cheryl en quelques foulées. Les rues du Village grouillaient de personnes, le quartier était plein de vie, de lumières, de rires, mais les deux vampires restèrent indifférentes à tout cela. La mine lugubre elles se dirigèrent vers l’immeuble abritant l’appartement de Cheryl. Avant même qu’elle ne s’adresse à lui le concierge reconnut Sharon. Il lui fit un signe de la tête et les fit entrer, le tout sans un mot. En attendant l’ascenseur Sharon et Brescia restaient tendues, c’était comme si le danger était encore plus près. Peut être était-ce l’endroit ? Cet immeuble au sol de marbre, aux lustres de cristal, n’hébergeait que des créatures surnaturelles. Démons, succubes, et autres. Justement, il y eut un léger tintement, les portes de l’engin s’ouvrirent. Les lumières s’affaiblirent sur le passage d’un homme à la trentaine et à la peau mate qui en sortit. Brescia et Sharon entrèrent. Cheryl était au 6ème étage. Les deux vampires priaient pour ne pas tomber sur des lycans. Elles n’auraient pas su se retenir, il y aurait eu encore des dégâts. Sharon frissonnait encore de tristesse. Deuxième, troisième, quatrième, cinquième étage. Sixième, elles se hâtèrent de sortir de là. Un malaise surprit Sharon quand elles parvinrent devant la porte de Cheryl. Sa sœur avait une visite.
« _ Sharon ! murmura Cheryl, ouvrant brusquement la porte.
_ Cheryl ; soupira Sharon, se jetant dans ses bras.
_ Chut ;-berça la sœur.- ça va aller ma chérie, ça va aller. »
Cheryl avait un air impassible. Mais Brescia savait, Cheryl était gênée. Cette dernière avait les cheveux légèrement en pagaille, sa légère chemise de nuit était à peine reboutonnée.
« _ Viens, entrez, entrez ; murmura Cheryl. »
Elle les installa dans le salon, avec un regard d’excuse pour Sharon, elle s’éclipsa dans sa chambre.
« _ Elle nous cache quelque chose ; dit Sharon, en un souffle.»
Avant qu’elles n’aient le temps de se lever Cheryl était déjà de retour. Vêtue d’une légère robe indigo, elle arborait une queue de cheval sévère, le brun de ses yeux était froid. Son sourire crispé.
« _ Que s’est passé ? Où est Aaron ? fit-elle, prenant Sharon dans ses bras.- Pourquoi tu as cette tête ? Si tu étais humaine on aurait cru que tu avais pleuré.
_ J’ai pleuré ; affirma Sharon, incrédule, réalisant sa confusion.
_ Brescia, Aaron ? répéta Cheryl.
_ Mort ; chuchota-t-elle.
_ Qui ? souffla Cheryl, le souffle rauque.
_ Des loups ; siffla Sharon, avec haine.
_ Saletés de boules de poils !! reprit-elle, hystérique.
_ Non ; protesta Cheryl, les yeux brillants.
_ On devrait tous les supprimer ! De vrais sauvages ! Et cette traîtresse ! Une des nôtres, t’imagines Cheryl ? Elle était avec eux. Elle a elle-même mis le feu à…à ; suffoqua Sharon.
_ Non ; soutint Cheryl, inflexible.- ça ne se peu pas. Pourquoi ? Qu’est-ce vous avez fait ? Vous les avez provoqués ? Brescia, qu’est-ce qui s’est passé ?
_ Rien ! protesta Sharon, en repoussant sa sœur.- Pourquoi tu les défends ? On a failli y laisser la vie. On a failli mourir, tu comprends ça ? Pourquoi tu es de leur côté ? Contre ta propre sœur ?
_Non, tu ne comprends pas vous avez dû faire quelque chose. Il y a du y avoir, je ne sais pas…
_ Aaron est…mort ;-trancha Brescia.- Il est mort, et tout ce que tu trouves à nous dire ? A te dire, c’est que c’était de notre faute ? De sa…faute ? souffla Brescia, avec un rire amer.
_ Tu me dégoutes ! cracha Sharon, en s’éloignant de sa sœur en un bond.
_ Elle te dégoute ? Tu as bien fait de même à propos de Payne, non ? Tu n’as pas cessé de le défendre. « il existe d’autres scientifiques que Payne ». C’est bien ça ? Vous deux, vous êtes pareilles ! C’est vous les traîtres ! siffla Brescia, en les fixant avec un regard mauvais.
_ Ça suffit ! coupa vivement Cheryl. »
Sharon étouffa un soupir de frustration et se laissa tomber dans le sofa. Brescia s’éloigna des deux sœurs et posa son front contre une des baies vitrées du salon. Elle observa le manteau sombre parsemé d’étoiles qu’était le ciel, laissant son esprit s’évader loin de tout ça pour un bref instant. Cheryl alla s’appuyer contre un mur à l’opposé du lieu où se tenait Brescia.
« _ Je suis désolée. Je me suis laissée déborder par mes émotions. Je…je n’arrive pas à y croire. Aaron...l’attaque des loups et cette fille dont vous parlez…c’est juste trop.
_ Ça l’est encore plus pour moi Cheryl. Mets-toi à notre place ; répliqua Brescia.
_ Comment l’annoncer à ses parents? Ils vont être effondrés. Comment annoncer à des gens qui ont tant fait pour la communauté des lycans et pour leur intégration, qu’une meute à tuer leur fils ? murmura Sharon, d’une voix blanche. »
Elle tourna un regard meurtri et désespéré vers sa sœur. Cheryl détourna la tête, elle se mit à fixer obstinément la porte de sa chambre comme pour voir Aaron en sortir.
« _ Comment ? Comment annoncer à des parents l’assassinat aussi brutal de leur enfant ? Sachant que sa mère pourra voir les images atroces de son meurtre en lisant en nous ?! ça ne se peut pas Sharon ;-rie amèrement Brescia.- C’est impossible ! gémit-elle.»
Laissant soudain éclater sa tristesse, Brescia hurla. Elle porta la main à sa poitrine, comme pour retenir son cœur, pour l’empêcher de s’abimer dans un océan de détresse, comme pour donner à sa plainte la puissance de la douleur qui la terrassait. Piètrement, elle se laissa glisser jusqu’au sol.
« _ Tout ça s’est de ma faute ; siffla-t-elle, en suffoquant.- Ma faute ! »
Brescia s’apprêtait à marteler la vitre de ses puissants poings quand une main familière se posa sur son cœur et l’apaisa instantanément. Elle leva vivement les yeux et se perdit dans ce regard d’ivoire qu’elle connaissait si bien. C’était les mêmes yeux, le même regard chaud et réconfortant, les mêmes lèvres fines et enfin la même chevelure noire de jais…
« _ Arrête Brescia. Ce n’est pas ta faute.
_ Aaron ! s’écria Brescia en se jetant dans ses bras.
_ Brescia. Non ; fit une voix suave mais étouffée. »
Brescia éclata en sanglots, des pleurs secs, sans larmes aucune. Oui, la personne était pareille à Aaron en tout point, seulement ce n’était pas lui. Lui, il était mort et ne reviendrait jamais.
« _ Ma pauvre Brescia, tu sais bien que c’est moi. Tu l’as dit toi-même, Aaron, mon frère, est mort.
_ Lula ! Je…je m’excuse. Je ne peux pas… C’est trop dur ; gémit Brescia, évitant son regard.
_ Ce n’est rien. »
Lula s’accroupit et prit Brescia dans ses bras. La tête contre son torse dénudé, Brescia se laissa envahir par la chaleur qui émanait de lui. Tout d’un coup, elle savait qu’il n’y avait plus de danger. Il l’apaisait, il était son refuge. Même l’odeur n’importait plus, Brescia ne la sentait même pas. Elle se laissait juste guider par l’agréable berceuse des battements du cœur de Lula. Après un moment, il la souleva et alla l’allonger dans un sofa face à celui de Sharon. Cette dernière détourna le regard de la scène, c’était insupportable. Tous ses sens étaient tendus à l’extrême, excités par l’odeur subtile et désagréable, l’envie de se jeter sur Lula la dévorait, c’était instinctif. Il était un danger, il le fallait. Malgré elle, elle gronda sauvagement, retroussant ses lèvres et dévoilant des canines tranchantes et menaçantes.
« _ Ça suffit ! ordonna Cheryl. »
Sharon grogna plus fort, puis pressa ses mains contre ses lèvres, résignée. Cheryl était légèrement agacée par cette réaction. Comment Brescia et Sharon avaient pu oublier Lula ? Ou était-ce son souvenir qui avait rendu la meurtrissure si terrible ? Son souvenir qui avait dû rendre l’attaque si invraisemblable, si traumatisante pour les filles ? Cheryl soupira de frustration. C’était dur, mais il fallait faire avec. Il faut avouer que la situation est un peu dure à comprendre. Je vous explique alors.
Lula avait été adopté par les parents d’Aaron, bien avant la naissance d’Aaron. Oui, tout avait beaucoup trop évolué depuis le Traité. C’est vrai il avait mis fin aux hostilités entre les différentes races de vampires, mais aussi entre vampires et les autres créatures existantes. Avant le Traité c’était un monde de chaos, prunelles vertes s’alliaient parfois avec des lycans et des démons pour vaincre. Les autres races de vampires en faisaient autant. Toutes les créatures se détruisaient entre elles indistinctement. C’est à l’époque où les massacres, de créatures diverses mais aussi d’humains, faisaient rages que les parents d’Aaron avaient trouvé Lula. A l’époque ces deux généreux vampires faisaient partie d’une bande de mercenaires, ils tuaient non pas pour l’argent mais par…plaisir. Tel ou tel camp les engageait pour faire le ménage à tel ou tel endroit, peu importait du moment où la mission constituait un véritable défi. Un soir la bande avait poursuivi une meute de lycans particulièrement redoutables depuis Table Rock(USA) jusque sur les hauteurs du Pic Bandeira(Brésil) où était leur repère. Le combat avait été rude, la bande avait remporté la victoire, et tout avait été réduit en cendres. Les lycans s’étaient en partie échappés pour venir protéger leurs familles, croyant pouvoir semer les mercenaires, en vain. De sorte que familles, campements, tout avait vraiment été détruit. Le couple que formaient les parents d’Aaron sondait le terrain pour vérifier qu’il n’y avait plus de survivants quand ils tombèrent sur lui. Lula. Le poil roussi, tous crocs dehors ses grognements étaient à peine effrayant. Il n’était pas prêt à se transformer, mais sous le coup de la frayeur et de la colère il l’avait fait. Il devait avoir à peine sept années humaines. La mère d’Aaron s’était approchée de lui, et lisant en lui, elle avait trouvé les mots qu’il fallait pour lui faire baisser la garde. Il se calma, puis épuisé tout à coup, il s’était effondré sur le sol, avant de reprendre forme humaine.
L’enfant était magnifique. Ces cheveux d’un noir profond, ces joues potelées et roses de colère, ces poings encore poupons. Les parents d’Aaron qui avaient toujours secrètement rêvé d’un pareil cadeau tombèrent sous son charme. Ils avaient trouvé un sens à leur vie, et même si rien ne laissait présager que lycans et vampires pourraient coexister pacifiquement un jour, ils s’étaient décidés à le faire entrer dans leur vie. Ils le prirent, s’éclipsèrent et changèrent définitivement de vie.
Quarante années plus tard le Traité était signé, le docteur Payne avait déjà révolutionné le monde des vampires en leur permettant enfin de concevoir. Personne n’avait jamais pu comprendre comment ça s’était passé. Ce que les parents d’Aaron avaient bien pu demander au docteur Payne quand ils étaient allés le consulter, mais quand Aaron était, qu’il avait grandit, il est apparu une ressemblance physique saisissante entre Lula et lui, de sorte qu’on pouvait parfois les prendre pour de vrais frères.
Sharon n’avait jamais vraiment eu l’occasion de fréquenter Lula, alors qu’elle avait passé de nombreux étés avec Aaron. Elle trouvait la situation trop étrange, contre-nature parfois malgré elle, elle était mal-à-l’aise en sa présence. Aussi, quand il avait définitivement quitté Murky Hills pour s’installer aux USA, elle l’avait complètement oublié.
Sharon comprenait finalement l’étrange comportement de sa sœur. C’était Lula qu’elle leur cachait. Pourquoi ? Et puis la lumière se fit. Lula n’était-il pas à peine habillé ? Et dans quel état était sa sœur quand elles étaient arrivées ! Sharon retint son souffle et les dévisagea. Cheryl, malgré elle, couvait Lula du regard. Ce dernier était parvenu à calmer Brescia et à lui faire raconter tout ce qui s’était passé, dans les moindres détails. Mais Sharon n’écoutait pas, elle ne voulait plus y penser, ça lui faisait trop mal. Alors elle se mit à l’observer. Que pouvait-il avoir de spécial pour que Cheryl le choisisse lui, et pas un vampire ? Il avait ces yeux, d’un gris doux et électrique. Il avait un curieux bijou en argent à l’oreille droite, ce qui lui donnait un look un peu androgyne. Leurs regards se croisèrent instant, il sembla à Sharon que le temps s’arrêtait. Elle crut voir le coin des lèvres du lycan s’étirer en une espèce de rictus, qui la fit frissonner. Avait-il sourit ? Qu’est-ce qui pouvait le faire sourire dans tout ce que Brescia racontait ? La mort d’Aaron était drôle ? Ou était-ce l’attaque ? Oui ils auraient dû sentir la présence des loups. Ils auraient dû s’attendre à une embuscade. Ils avaient été trop confiants, trop négligents. Mais c’était normal ! Ils n’étaient pas en guerre, non ? Etait-ce un message ? Un ultimatum ? Le regard de Lula durcit, comme s’il lisait en elle, et que ce qu’il lisait ne lui plaisait pas du tout. Il se détourna froidement d’elle, et le bijou qu’il avait à l’oreille tinta légèrement. Il y avait définitivement quelque chose d’anormal dans cet objet. La question jaillit de ses lèvres, se fut comme si c’était une autre qui parlait.

« _ Toi aussi tu en portes ; affirma Sharon, plus qu’elle ne demanda.

_ De quoi tu parles ? fit Brescia, l’air de se rendre compte de la présence de Sharon.

_ Tu n’as même pas remarqué Brescia ? Lui non plus il ne pue pas ; asséna Sharon.

_ Sharon ! gronda Cheryl.

_ Lula ? fit Brescia, soudain méfiante.

_ Toi aussi tu portes un de ces trucs n’est-ce pas ? C’est ça que tu as à l’oreille, non ? C’est pour ça qu’on n’a pas senti ta présence ici ! Et Cheryl te cachait ! Pourquoi ? Tu étais l’un d’entre eux n’est-ce pas ! C’est peut être toi-même qui lui as fait sauté la tête ; fit durement Sharon.

_ Porter ce bijou n’est pas un crime que je sache ; rétorqua-t-il.

_ Ton propre frère !

_ Sharon, ferme-là ! intima Cheryl, à bout de nerfs. »

Avant qu’elle ne termine sa phrase, Lula avait bondit du fauteuil. Il fut face à Sharon en un clin d’œil, le bras levé au-dessus d’elle, comme pour la faire taire par une gifle. Mais au lieu de ça, il posa délicatement la main sur sa joue, puis s’agenouilla devant d’elle.

« _ Tu pleures des larmes invisibles, Sharon. Je sens ton cœur saigner, et tes mots me poignardent en vain ; susurra-t-il, d’une voix douce et accablée.

_ Je ne suis pas ton ennemi ; reprit-il, la voix suave et chargée de peine.

_ Je sais Lula. Je sais ; sanglota-t-elle.

_ Il est mort. Et les coupables ne sont pas dans cette pièce ; assura-t-il.

_ Je sais ; gémit Sharon.

_ Alors tu dois savoir que quand leur chemin croisera le mien, je les réduirai en charpie.

_ Oui ; souffla-t-elle, anéantie.

_ Alors, ne retiens pas ta peine mon ange. Laisse-la couler, pour qu’elle ne t’aveugle pas ; chuchota-t-il, la serrant contre lui. »

La sensation qui envahit Sharon quand la chaleur et la douceur de Lula l’étreignirent était indescriptible. Quand était-ce la dernière fois qu’elle avait entendu un cœur battre si puissamment et si mélodieusement ? Sûrement jamais. Elle ne l’avait jamais fait.
Au bout de quelques minutes, Cheryl avait ramené des ‘rafraichissements’ pour Brescia et Sharon, et tous les esprits s’étaient apaisés, Lula avait alors prit la parole.

« _ Ce que je porte à l’oreille c’est un ‘modulable’. Ça été conçu par Payne, mais ça n’a rien avoir avec ce que ces lycans portaient.

_ Comment tu le sais ?

_ Je ne peux pas vous donner tous les détails. Mais ce qu’ils avaient eux, c’est des ‘dissimulateurs’. Leur portée et moindre, ils sont moins efficaces, et ils sont spécifiques. En bref, rien avoir avec ceci ; fit-il en ôtant le bijou.

_ Traduction ? fit Sharon, embrouillée.

_ Ces médaillons que vos assaillants portaient viennent du marché noir. Je ne sais pas qui les a conçus, mais il s’est inspiré du prototype de Payne. Or ce bon vieux fou savait qu’on lui volerait son idée s’il la présentait en détail à la commission.

_ Alors ce n’était qu’une esquisse du projet qu’il a dévoilé ? murmura Brescia, révoltée.

_ Un brouillon médiocre, comparé à sa vraie œuvre ; ironisa Cheryl.

_ Les dissimulateurs ne font que voiler grossièrement l’odeur, et d’après ce que vous m’avez dit, il y en a un propre aux lycans, et un autre propre aux vampires.

_ Oui ; confirma Sharon.

_ Ceci ; -commença-t-il en fixant le bijou à l’oreille de Sharon- Ceci, est un modèle plus avancé. Il s’adapte à son propriétaire. Et à moins d’être vraiment très près de celui qui le porte, il efface toute trace. Celui qui le porte est en quelque sorte invisible, autant pour les siens que pour les autres races.

_ Mais pourquoi créer une arme pareille ? Qui pourrait avoir besoin de ça ? protesta Brescia.

_ Je ne peux rien vous dire. Mais le secret de fabrication reste entre de bonnes mains ; assura Lula.

_ Tu parles ! On a bien réussi à reproduire l’esquisse, celui ou celle qui fait ça ne tardera pas à se procurer le mode de fabrication du modèle améliorer ; fit Sharon, sceptique.

_ Ce qui importe c’est de le ou la retrouver à temps ; intervint Cheryl.

_ Ce qui importe c’est plutôt de retrouver ces sales boules de poil ! si tu me permets l’expression Lula ; siffla Brescia.

_ Si on s’y met tout de suite, on aura peut être plus de chances de les retrouver ; fit Sharon en se levant.

_ ça va pas non?!- intervint Cheryl, la forçant à se rassoir.- Tu n’as pas idée de ce à quoi tu t’exposes. Ce n’est pas un jeu. Si tu savais ce qui…

_ Cheryl ! coupa Lula.

_ Ce qui quoi ? Qu’est-ce qui se prépare ? Une guerre, de nouveau ? s’étouffa Sharon.

_ Aucun rapport ; se moqua Cheryl.

_ Alors quoi Cheryl ? Quoi ? Et surtout ne me dis pas que toi non plus tu n’as pas le droit d’en parler, parce que je suis sûre que si tu le sais, c’est qu’il te l’a révélé. S’il te l’a dit, alors tu peux nous le dire !

_ Très bien ;-céda Lula.- Je ne dirai que le strict nécessaire, et après vous devrez oublier. C’est d’accord ?

_ Tu peux avoir confiance en nous ; assurèrent Brescia et Sharon.

_ La PS est sur plusieurs pistes, on mène l’enquête mais c’est un véritable casse-tête.

_ Tu travailles avec la Police Spéciale ?! s’étonna Sharon.

_ ça commence bien !- se moqua Cheryl.- Evite de le crier sur les toits Sharon ; gronda-t-elle.

_ Sharon, tu sais bien que notre identité doit rester secrète. Il n’y a donc pas que des vampires qui y travaillent.

_ Désolée.

_ Bref. On sait que Payne ne refile pas ses inventions aux chasseurs de vampires. On ne sait pas comment, mais ils arrivent à se procurer le mode d’emploi tous seuls.

_ Alors c’est forcément un des proches de Payne qui…

_ On n’y a pensé, mais il n’y a rien de ce coté-là.

_ Quel rapport avec l’attaque de ce soir ? s’enquit Sharon.

_ Tu as bien dit qu’il y avait une des nôtres parmi eux, n’est-ce pas ? demanda Cheryl.

_ Oui.

_ Alors, ça se tient ; conclut Cheryl, en répondant à la question muette de Lula.

_ Alors, ils sont entrain de recruter ? siffla Brescia, de nouveau.

_ Les chasseurs de vampires ne sont pas essentiellement des humains. Tu comprends Sharon ? Ils se sont inspirés de nos guerres, ils lèvent des sortes armées mixtes. Des loups, des vampires un peu rebelles, et d’autres créatures encore ; expliqua Lula.

_ Depuis quand sont-ils devenus si rusés ? ironisa Brescia.

_ Justement, c’et tout récent. On dirait que beaucoup de choses ont changés dans leur stratégie. Ils sont décidés à nous exterminer.

_ Alors, c’est une guerre qui se prépare ;- soupira Brescia.- Encore une autre.

_ ça prendra un temps infini avant qu’ils ne soient prêts. Mais oui, c’est bien une guerre qui se prépare.

_ Alors quoi ? Ils nous ont pistés? se révolta Sharon.

_ Non. Vous étiez un imprévu, ils n’ont décidé de vous attaquer qu’au dernier moment; opina Lula.

_ C’est pour ça qu’il faut que vous rentriez à Murky Hills au plus tôt ; intervint Cheryl, avant que Sharon ne pose une autre question.

_ Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais ça les a décidés. Cheryl a raison, vous serez plus à l’abri à Murky Hills. A moins qu’ils ne sachent déjà où vous trouver ; sourit Lula.

_ C’est drôle ? demanda Sharon, ahurie.

_ Ce serait du suicide que d’essayer de t’atteindre sous le nez de Caroline ; gloussa Brescia.

_ Maman serait capable de les carboniser en un regard ; expliqua Cheryl.

_ C’est pas faux ; avoua Sharon, en se détendant.

_ Peut être qu’en vous voyant vous embrasser, ils ont stressé. Ils ont imaginé une dizaine de Sharon et Aaron juniors ; fit Cheryl, avec un rire amer.

_ Il n’y avait vraiment pas de quoi stresser ; soupira Sharon. »


Lula se leva et regarda Sharon avec un vague sourire. Il était grand temps qu’il parte. Ses parents l’attendaient déjà. Il aurait voulu rentrer en même temps que Brescia et Sharon, mais il entendait les sanglots de sa mère depuis Sorsky Town, il entendait Gwendoline, la femme du Dr Payne, la réconforter. Il savait qu’elle avait dû voir son fils mourir dans plusieurs esprits en commençant par l’esprit d’Aaron lui-même. Elle avait dû voir les assaillants, et impuissante, elle avait perçu les dernières pensées de son fils. Alors il fallait qu’il rentre la réconforter. Peu importe si Murky Hills et Sorsky Town étaient des quartiers voisins, il fallait qu’il rentre à l’instant.

« _ Elle le sait déjà, n’est-ce pas ? lui murmura Cheryl, quand il la prit dans ses bras. »

Il la serra sur son cœur, sans un mot. Elle était idéale pour lui, elle le comprenait à demi-mots. Il n’avait jamais cru au mythe de l’imprégnation, mais ce jour-là, quand il avait croisé Cheryl dans le bureau du procureur, il avait compris son erreur. Il trouvait l’expression ridicule, mais elle collait parfaitement à la situation, Cheryl était son âme sœur. Et même si pour certain c’était une aberration, même si sur ce blog dédié à Payne sur lequel était tombé un jour, l’auteur envisageait l’hypothèse comme un effet secondaire des manipulations génétiques de Payne et la qualifiait de crime contre l’humanité, Lula n’en avait cure. Cheryl était sienne pour l’éternité, il ferrait tout pour la préserver, elle et sa famille.

« _ Tu pars ? fit Sharon.

_ Oui. Mai on se verra sûrement demain. J’essaierai de passer voir Caroline ; répondit Lula.

_ D’accord.

_ Lula, je viens avec toi. Il faut que je le leur dise moi-même, il faut que… ; fit Brescia.

_ Non Brescia. Restez-là. Ne revenez que demain ; ordonna Lula. »

Il serra Cheryl une dernière fois et partit.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
Mélan
Enfin Edward comprend !
Enfin Edward comprend !


Féminin
Nombre de messages : 2785
Age : 22
Localisation : Dans les étoiles là où le passé, le présent et le futur ne font qu'un
Date d'inscription : 19/12/2010

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Lun 21 Fév - 21:56

Ce chapitre est très émouvant!
J'adore !
Vivement la suite!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Robie
Ecoute les aveux d'Edward
Ecoute les aveux d'Edward


Féminin
Nombre de messages : 425
Age : 22
Localisation : Tout au fond des océans
Date d'inscription : 06/08/2009

MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mer 23 Fév - 8:13

Mélan a écrit:
Ce chapitre est très émouvant!
J'adore !
Vivement la suite!

Merxii. Je suis en pleine écriture de la suite. Elle arive : )
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://moW-na.skyrock.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   

Revenir en haut Aller en bas
 
D'amour et de Sang frais (fiction originale)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» [Fiction originale] Androïdes
» D'amour et de sang
» [Fiction Originale] Yochimu
» Fiction originale
» [Fiction Originale] Un employé pas comme les autres

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Twilighters France :: Le quartier des artistes :: Fanfics :: Fanfics tout Public-
Sauter vers: