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 D'amour et de Sang frais (fiction originale)

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Robie
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MessageSujet: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 1:07

Salut..moi c'est robie, voilà une vouvelle fiction que j'écris. N'hésitez pas dîtes-moi ce que vous en pensez^^
PS:..dans ma fiction je ne fais pas intervenir Bella et cie, ils sont juste en toile de fond, des ancêtres ou des mythes.



Prologue

Il posa sa tête contre son ventre et la serra d’une force à briser une humaine en deux. Sharon connaissait bien ce geste. Elle partageait son émotion: tout ça ne sentait vraiment pas bon. Elle avait un mauvais pressentiment. La nuit était silencieuse et lugubre. Le ciel était d’un noir pesant, étouffant. C’est dans un silence sinistre que le téléphone sonna derechef.

« _ Allo ? fit Sharon, d’une voix calme.

_ Ma puce ? Je suis contente de t’avoir ! dit la voix tendue de sa mère.

_ Maman, qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, inquiète.

_...tu es déjà au courant ? s’étonna la mère.

_ De quoi ?- s’impatienta Sharon.- Parle donc, ne me fais pas flipper comme ça.

_ Ce n’est pas encore sûr…une rumeur. Ils ont en parlé sur commérages tv…

_... People TV, maman, tu sais très bien comment ça s’appelle ; s’énerva Sharon.

_ Peu importe !coupa la mère.

_ Alors ? s’impatienta-t-elle.

_ Ils ont dit ça comme s’il s’agissait de la nouvelle du siècle. Mais…mais si c’est vrai…alors vous allez avoir de gros
problèmes.

_ Nous ?! s’écria Sharon.

_ Oui ! Anthony et toi ! Ils ont dit…ils ont dit…que vous l’aviez fait…sans une quelconque protection…et que…Que
tu en portais le fruit ! acheva la mère, d’une voix hystérique.

_ Quoi ?!! firent les amants en cœur.

_ Sharon…est-ce que…tu m’avais promis ! Tu m’as juré que…

_ On arrive maman ; coupa Sharon. »

Elle aplatit violemment le combiné sur son support. Le téléphone se brisa, ainsi que le support, et la table sur laquelle ce dernier était posé. Sharon suffoquait. Elle pressait sa main contre son cœur froid et silencieux. Il lui semblait que ses veines s’étaient soudain asséchées, un feu meurtrier lui échauffait les entrailles. Quelque chose s’était brisé en elle et, elle était persuadée que leurs malheurs ne faisaient que commencer.


Vous aimez ? Dîtes-moi ce que vous en pensez Wink


Dernière édition par Robie le Jeu 30 Déc - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 12:21

Je vais enfin pouvoir te relire Wink
Super début , très intriguant ... Very Happy
J'adooore !
A quand la suite ? Very Happy
smack
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Robie
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 18:04

Toujours fidèle au rendez-vous^^
La suite sera sûrement pour demain, histoire de te rendre encore plus accro lol.Bizu et merci^^
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 19:57

Génial ta fiction§
J'attends la suite avec impatience!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 20:21

J'adore le prologue!! Hate de voir la suite! Smile
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mar 28 Déc - 20:32

AH ben oui toujours aussi fidèle qu'est que tu croyais !! Very Happy
a ben vivement demain alors !!
smack
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Robie
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Jeu 30 Déc - 1:32

Chapitre Premier


Partie I


Elle là-bas, sur le banc près du réverbère c’est Sharon. Lui, qui descend la rue sur un skate avec sa bruyante meute, c’est Slide. En fait, Slide ce n’est pas son vrai prénom, dans sa bande, on le surnomme comme ça parce que c’est le roi de la glisse. Ses parents l’ont appelé Anthony Conrad junior à sa naissance, donc on va faire de même. Mon nom et mon prénom à moi n’ont aucune importance, et si vous tenez absolument à m’identifier, ce sera Bobby. Vous les voyez tous les deux se sourire intensément. Quand Anthony s’arrête près d’elle, lui parle, l’atendrit, les prunelles de Sharon brillent de cette lueur éclatante, celle de l’amour. Elle est amoureuse, il est fou d’elle. Ce soir sous le réverbère, dans ce parc, deux choses seules comptent pour le couple : que leur baiser dure toute l’éternité qu’ils ont à vivre, et que tous ceux qui n’approuvent pas aillent au diable.
Ces deux-là, Sharon et Anthony, ils n’étaient pas supposés sortir ensemble. C’était même proscrit, mais de manière très officieuse. C’est vrai, depuis que le Traité avait été signé, qui aurait eu la bêtise de dire que ceux-ci devraient continuer à se tenir à l’écart de ceux-là, parce que certains avaient l’illusion d’être différents, plus civilisés que les autres. Bien sûr, de chaque côté, il y avait plus de tolérants que d’enragés, ce qui faisait que la paix se maintenait depuis des siècles et que parfois même, les mélanges ne posaient pas de problèmes. Enfin, quoi qu’il en soit, c’était un fait, ils le savaient tous : il ne fallait mieux pas. Mais voila, il a fallu que ces ados, toutes hormones dehors décident un jour de faire joujou ensemble. Etait-ce le désir inconscient de jouer les nouveaux Roméo et Juliette, ou celle de mimer Bella et Edward ? Le sens de leur idiotie m’échappe encore. Tout de suite, vous allez tout connaître de l’histoire, et peut être que vous trouverez un sens. Allez savoir. Encore une chose avant de commencer, je ne sais pas comment elle finit l’histoire, rien n’est encore joué. En fait, là, à l’instant, ils en écrivent encore les pages, mais le temps que je finisse de vous raconter ce sera décidé. Drame ou happy ending, on ne tardera pas le savoir. Ah, j’ai hâte pas vous ?


Alors voilà, ça a commencé quelques mois plus tôt, avant ce fameux baiser sous le réverbère du St Catherine’s Park. Anthony avait débarqué au Lycée et ils s’étaient retrouvés dans la même classe tous les deux. Sharon était l’élève phare de la classe, celle qui avait souvent les meilleures notes, des appréciations à faire pâlir de jalousie, les profs étaient tous d’accord dessus, elle était celle qui ferait Harvard, Yale, ou Julliard après le bac. Et cela, parce qu’elle était la seule à vouloir se fondre dans la masse. Les autres eux, le prestige et le clinquant ne les intéressaient pas.
Anthony arriva une semaine après la rentrée et rencontra Sharon dans un des multiples couloirs du Lycée. Il venait de quitter le bureau de la vie scolaire et savait qu’il devait aller passer un test d’aptitudes dans la salle 12. Seulement, aussi soucieux qu’il était de se débrouiller comme un grand, il avait oublié de demander où était la salle 12. Donc, il tourna à gauche en sortant du bureau de la vie scolaire et fis quelques pas avant que le dilemme apparaisse. Devait-il tourner à gauche et continuer jusqu’au prochain croisement, descendre les escaliers à sa droite jusqu’au prochain croisement, ou continuer tout droit jusqu’au cul-de-sac qui se dressait au bout de ce chemin-là ? Indécis, il avait avancé d’un pas hésitant de quelques mètres, affectant d’être sûr de lui en dépassant une paire de filles sorties de l’univers Gossip girl, puis il s’était arrêté pour réfléchir. La paire de filles aussi s’était arrêtée pas loin de lui, l’une adossée à la rambarde, l’autre s’appuyant dessus avec ses coudes, elles riaient, se taquinaient et se racontaient sûrement des trucs de filles.
Anthony hésita un moment. Il ne tenait pas à s’en approcher, il refusait même de l’envisager jusqu’à ce que ça sonne. Et oui ! C’était soit aborder ces caricatures, soit attendre que des gens comme lui passent par là pour leur demander son chemin. Or, la deuxième option lui garantissait une heure de colle pour retard stupide et totalement dénué de sens. Il soupira et les fixa une seconde. La fille qui était accoudée à la rambarde le dévorait du regard. Leurs yeux s’accrochèrent un moment et il remarqua avec désespoir qu’elle n’était vraiment pas des siens. Le sacré coup de chance que ça aurait été ! La sonnerie retentit une seconde fois et Anthony, poussé par une force inconnue, se hissa jusqu’aux filles.

« _ Excusez-moi » commença-t-il, les yeux rivés sur son admiratrice.

L’autre fille, celle qui était adossée à la rambarde, se retourna vers lui d’un geste parfaitement étudié, faisant légèrement glisser sa rivière de cheveux, en même temps que sa tête s’inclinait sur le côté, pour lui libérer le champ visuel. L’éclat de ses yeux troubla Anthony. Elle était de race pure, mais ses yeux avaient quelque chose d’étrange, de terriblement différent.

« _ Salut, tu es perdu ? demanda-t-elle, d’un sourire affable.

_ Euh…pas tout à fait ; -répondit-il, d’une voix rauque-Est-ce vous pourriez me dire où se trouve la salle 12 ?

_ Oui bien sûr. Tu descends par ces escaliers, tu vas droit devant toi, tu dépasses les escaliers qui se dresseront sur
ta gauche, et c’est la toute dernière porte à ta droite ; reprit-elle ; en le fixant intensément. »


Il jeta un vague remerciement, entre le grognement et le murmure, et dévala les escaliers à toute allure. C’était peut être impoli, mais Anthony ne s’éternisa pas dessus. Deux heures plus tard, il récupérait sa petite sœur au portail 6, celui par lequel sortaient tous les mômes, et allait attendre le chauffeur le plus loin possible du flot d’élèves qui se hâtaient de sortir. Il était d’une humeur exécrable à cause du test. On lui avait fait remplir des questionnaires pour l’évaluer en langues et en économie. Bien sûr, il avait commencé par le plus important, l’économie, puis avait continué avec l’espagnol, et il avait à peine entamé l’anglais quand la fin de l’heure avait sonnée. Chaque questionnaire était aussi long que barbant, ils comprenaient chacun plus d’un millier de questions. De toute façon, il était franchement nul en anglais, alors ça n’avait absolument aucune importance. L’après-midi, on le mit avec les élèves de première, parce que son test n’avait pas fini d’être corrigé. S’il remportait assez de points au-dessus de la moyenne, il irait rejoindre les terminales le lendemain. Heureusement, le test psychologique lui fut épargné.










Heureusement en 1ère Es il retrouva deux garçons comme lui. Les deux semblables à lui étaient flanqués d’un troisième garçon. Le troisième était différent mais c’était leur ami, alors Anthony s’abstenu de commentaires. Après tout le troisième larron était plutôt sympa. Les deux premiers garçons s’appelaient respectivement Yvan et William, et l’autre Thomas. Bientôt ils constitueraient la bande d’Anthony. Pour le moment, Yvan et William faisaient partie de la bande des fous du skate et comme ils recrutaient, Anthony s’enrôla très vite. La journée se déroula sans embrouille. Plusieurs fois pendant la récréation, il cru apercevoir le duo qu’il avait rencontré le matin, mais chaque fois il se rendait compte de son erreur. Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait dans un milieu aussi mixte, seulement cette fois-ci c’était complètement déroutant. Dépaysant. Dans certaines classes il devait y avoir dans les 1% des gens comme lui, et tout le reste était…comment dire « autre ». Il n’était pas spécialement intolérant, ça l’agaçait juste de voir les deux filles rencontrées plus tôt dans la journée à chaque coin de couloir, parce qu’il les confondait toutes. Elles se ressemblaient toutes ! Il y en avait beaucoup qui se baladaient en duos, d’autres en troupeau, d’autres encore en meute organisée. Il avait la sensation d’être cerné. Finalement la journée se termina et il rentra chez lui, soulagé.


Chaque fois que la voiture d’Anthony s’approchait du quartier résidentiel dans lequel il habitait, Sorsky Town, il se sentait bien, à l’abri, chez lui. Il y avait un barrage à l’entrée du quartier. On avait essayé tant bien que mal de fondre dans le décor, sans succès. Même sans faire attention à ce barrage, le SKT, comme les jeunes l’appellent, contrastait de manière fulgurante avec le reste de la ville. Dès ce point, on sentait que là-dedans, c’était un autre monde. Il y avait beaucoup de verdure, un petit parc, des jardins très fleuris, des maisons avec des gazons au vert chatoyant. Des arbres bien entretenus avaient leurs branches gigantesques qui s’entrecroisaient haut dans le ciel, formant un toit de vert. La plupart des gens qui vivaient dans ce quartier ressemblaient beaucoup plus à Anthony qu’à Sharon, ils représentaient environ 70% de la communauté. Pourtant, il y avait bien des semblables de Sharon qui y habitaient, c’était obligé, depuis la signature le Traité. Mais les préjugés couraient toujours hors de SKT, et beaucoup croyait qu’il n’y avait là-bas que des gens pareils à Anthony. Dans le quartier résidaient aussi, ceux qu’on appelait officieusement les « Entre-deux ». Et, j’ai souvent entendu dire qu’il vaut mieux être d’un côté ou de l’autre, mais surtout pas entre les deux. Enfin, comme chaque soir dans sa maison à SKT, Anthony retrouva sa famille autour d’un délicieux dîner et se prépara à contrecœur à sa seconde journée au Lycée.

Le lendemain fut le fameux jour où Sharon et Anthony entrèrent, littéralement, en contact. Le jour que dans un conte de fée que j’aime bien, on aurait dû appeler le Frabieux jour. Peu importe. Ce jeudi-là, Anthony filait vers salle de philosophie, Sharon aussi, quand ils se rentrèrent dedans. Le choc fut formidable ! Sharon fut légèrement projetée contre la rambarde et Anthony laissa l’empreinte de ses doigts dans le mur en s’y retenant. Lorsque chacun se détacha de son garde-fou, la rambarde qui avait été tordue en amortissant le coup reprit sa forme initiale, et les empreintes laissées dans le mur disparurent d’elles-mêmes. Le mur comme la rambarde avaient vus pire, et avaient été construits de sorte à résister à ce genre de traumatisme. Les deux lycéens se dévisagèrent, surpris. Puis se reconnaissant ils esquissèrent chacun un sourire gêné. Anthony ne s’attendait pas à ce que leur deuxième rencontre soit aussi vive, surtout que la veille cette fille avait dégagé un tel raffinement, qu’il ne l’aurait jamais imaginé entrain de courir dans les couloirs du Lycée. Ce n’était pas le genre à braver le règlement, Anthony le sentait, et c’était écrit noir sur blanc qu’il était strictement interdit de courir dans les couloirs. Avant même qu’ils ne fassent plus ample connaissance, et que les impressions d’Anthony se confirment, la première sonnerie retentit. Donc, ils rejoignirent ensemble la salle 22. Ils étaient les seuls élèves présents, une fois qu’ils y arrivèrent.

« _ Je suis Sharon, et toi c’est Anthony, n’est-ce pas ? demanda-t-elle, avec le même sourire que la veille.

_ Les nouvelles vont vite à ce que je vois ; répondit-il avec la même voix rauque.

_ Tu es enrhumé ou c’est moi qui t’intimide à ce point ? le charria-t-elle.

_ Cours toujours ma p’tite ! répliqua-t-il, reprenant assurance.

_ Relax mon chou, c’était qu’une blague, tu connais ? fit-elle, en riant.

_ Je vois ; -grogna-t-il-.Oui, je m’appelle Anthony, Anthony Payne. Comment tu sais ça toi?

_ ‘Les nouvelles vont vite’ dit-elle, imitant parfaitement la voix d’Anthony.

_ Haha. Trop drôle.

_ Je sais, je suis hilarante ; rie-t-elle, en avec un sourire en coin.

_ Alors ? demanda Anthony, avec impatience.

_ Je t’espionne ;-murmura-t-elle, sur le ton de la confidence.- Non, je déconne ! Mais t’as l’air de ne vraiment pas
savoir mine de rien ! Bon, je t’explique. Visualise avec moi une meute de chiens affamés. Ensuite imagine qu’on dépose pas loin de ces cabots, un gros morceau de viande saignante d’une part, et un os récuré d’autre part. La vue de la viande leur titille les sens, l’odeur leur affole l’esprit, et…

_ …ils se ruent tous dessus, sans un regard pour l’os ; coupa Anthony.

_C’est ça ! –approuva-t-elle, enthousiaste.- Alors nous, les filles, c’est la meute. L’os récuré c’est les mecs, les vieux de la vieille. Et toi ? fit Sharon, en le regardant enfin dans les yeux.

_ Moi, le morceau de viande saignante. T’as pas trouvé mieux comme métaphore ? soupira-t-il, en fixant le mur derrière elle.

_ Non ;-ricana-t-elle.- T’es un nouveau, t’es plutôt pas mal et à part toi il n’y a pas vraiment de nouvelles têtes au Lycée. De la bonne chair fraîche !-sursurra-t-elle, en le caressant du regard.- La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre.

_ Plutôt voraces, hein ; marmonna-t-il, en le dévisageant.

_ Pire que tout ce que tu peux imaginer ; dit-elle d’une voix sensuelle, se détournant de lui et s’adossant à la rambarde ».


Anthony était fasciné. Il la trouvait divine, mystérieuse et délicate. Chacun de ses gestes étaient légers, étudiés, fins. Une sensation illusoire de fragilité se dégageait de sa personne. Il ne voyait qu’elle. Il s’apprêtait à lui parler, mais elle s’éloigna de lui sans un regard, avec une simple pression de sa précieuse main sur son bras. Soudain, il réalisa qu’ils n’étaient plus seuls. D’autres élèves se trouvaient devant la classe, attendant le prof dans un vacarme indescriptible. Anthony, surpris, suivit Sharon du regard. Elle avait rejoint l’autre fille qu’il avait vue avec elle la veille. Celle-ci ne semblait plus vouloir détacher ses yeux du torse d’Anthony.

« Mais quel âge elle a celle-là ! Elle se comporte comme une gamine devant une friandise ! » s’exaspéra-t-il.

Heureusement, l’arrivée du prof permis à Anthony de se dérober de la vue de sa fan. Pendant les deux heures qui suivirent, il fit largement connaissance avec Marvin, le seul semblable, et il put longuement observer Sharon à regard dérobé. Dès que sonna la récréation, il était dehors. Marvin lui fit un signe de la tête et s’en alla. Tout le monde savait où aller, chaque élève semblait avoir quelqu’un à retrouver. Pas Anthony, du moins, pas encore. Avant même qu’il ne décide d’aller rejoindre les fous du skate, Sharon l’intercepta.


Alors? Question


Dernière édition par Robie le Jeu 30 Déc - 17:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Jeu 30 Déc - 1:37

Coucou Emily et Mélan!! Voila j'ai posté la suite, j'espère que ce sera à la hauteur du prologue!^^ Merci de votre intérêt.
PS: je poste toujours la suite avant les réponses aux commentaires, ça ne vous gêne pas j'espère?

Florine!! Voilà..on est à demain.XD! elle a prit du retard mais voilà la suite. Et à propos de ta fiction..meuh qu'est-ce qui te fais croire..j'adore le début..disco juste que les ch^pitres sont encore trop courts! sm
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Jeu 30 Déc - 22:20

J'adore
C'est trop bien écrit!
J'ai hâte de savoir quels sont les clans.
Vivement la suite!
tu cartonnes
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Ven 31 Déc - 11:20

alors ? alors ben je veu la suite !!!!
vite vite !!
j'adoooore !!
vivement la suiiiite !!!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mer 5 Jan - 6:04

« _ On se retrouve devant la salle d’économie, okay ? lança l’admiratrice d’Anthony à Sharon.

_ Ok ! lança Sharon, en la regardant s’éloigner.

_ Les inséparables se séparent, il va neiger ce soir ! se moqua Anthony.

_ Elle, mon inséparable comme tu dis, s’appelle Maya. Et elle a sérieusement flashé sur toi.

_ J’ai une chance de m’en sortir vivant ?demanda-t-il, d’une voix faussement apeurée.

_ Hum…peut être. Si tu lui laisses faire tout ce qu’elle veut de toi, avant que les autres ne te sautent dessus ; répondit-elle sur le ton de la conversation.

_ Pourquoi est-ce que l’éventualité que Maya me possède me semble si lugubre ? s’alarma-t-il.

_ Tu dramatises Anthony ! C’est une fille gé-niale ! fit Sharon, avec un enthousiasme feint.

_ Hum…laisse-moi y réfléchir. Et toi, pourquoi tant d’attention envers ma personne ?

_ Par curiosité ;-fit-elle, comme s’il s’agissait d’une évidence.- Quoi d’autre, que de la curiosité ?

_ Pourtant je n’ai pas l’impression d’être plus spécial qu’un autre ; objecta-t-il.

_ C’est que tu ne peux pas te voir comme nous on le fait. T’as la vue crasseuse ; ricana-t-elle.

_ Tu n’as pas l’intention de me sauter dessus ? demanda-t-il, avec un espoir feint.

_ Pas le moins du monde. Moi, je préfère mater ; argua-t-elle.

_ Nan. C’est sûr, ça fait partie d’une stratégie. Tu me sauteras dessus quand je baisserai ma garde.

_ Cours toujours morveux ! couina-t-elle.

_ Tu vas voir toi ! enragea-t-il, en essayant de la prendre par l’épaule».

Elle se dégagea prestement et se mit à trottiner jusqu’à la salle d’économie. Il la poursuivit,et finit par la saisir par la hanche à l’instant qu’elle atteignait la porte de la salle. Ils éclatèrent de rire en essayant de reprendre leur souffle. Assise par terre à quelques pas d’eux, une fille de leur classe les regardait avec une surprise non dissimulée. On aurait dit qu’elle assistait à un crime atroce en se demandant si elle devait appeler la police ou fuir, tout simplement. Elle finit par détourner son regard du couple qui ne s’était même pas aperçu de sa présence.

« _ Alors tu viens d’emménager dans notre ville, c’est ça ? demanda Sharon.

_ Et toi, tu veux me faire vraiment croire que tes intentions sont nobles, c’est ça ? contra Anthony.

_ Tout à fait. Tu ne me crois pas ? ; fit-elle, innocente.

_ Oui, j’ai emménagé il y a pas longtemps. Non, je ne te crois pas. Ça semble être une épidémie chez presque toutes les filles de la classe, et il n’y a que moi qu’elles voient comme antidote. Pourquoi ce serait différent avec toi ?

_ Le p’tit chou a déjà pris la grosse tête. Quelle surprise ! fit-elle, sarcastique.

_ Tes piques ne me touchent pas.

_ Zut alors !-se moqua-t-elle.- tu peux m’expliquer pourquoi, tu ne me crois pas ?

_ Euh… ;-hésita-t-il.- Peut être que ce n’est une impression…mais j’ai eu le temps d’observer les élèves de ce lycée. J’ai vu comme évoluaient entre eux. Et même si ce n’est pas évident à première vue, la plupart évolue entre groupes distincts. D’un côté ceux…comme…moi. De l’autre ceux comme…toi. Et puis les ‘Entre-deux’ d’un côté ou de l’autre, et parfois entre eux ; murmura-t-il.

_ Et alors ? Il y a beaucoup plus de groupes hétérogènes qu’homogènes, donc, quelle importance ?

_ Tout le monde le voit ? s’étonna-t-il.

_ Et tout le monde s’en fiche. Il faut juste savoir avec qui faire ami-ami et qui éviter. C’est très simple mon chou ; railla-t-elle.

_ Et toi, tu es de quel côté ? s’aventura-t-il.

_ Je suis citoyenne du monde ;-argua-t-elle.- mais, t’as raison. Mon intérêt pour toi n’est pas anodin.

_ Alors ?fit-il, avec curiosité.

_ Je ne suis pas d’accord avec le mode d’adaptation des nouveaux. C’est vrai, partout c’est presque la même chose. Un nouveau débarque, et c’est au premier qui le choppe qui gagne. Il rejoint directement une bande sans même avoir le temps d’approcher les autres, ou sans y être encouragé. S’il est fou de skate, il rejoint la bande. S’il se sent trop perdu ou n’a aucune envie de changement, il rejoint ceux qui lui ressemblent…physiquement. C’est stupide.

_ Alors, je sers ton envie de rébellion ? demanda-t-il, ahuri.

_ C’est ça. Ne le prends pas comme si je me servais de toi. Je trouve vraiment dommage d’agir comme ça. Finalement, on découvre qu’ une personne ‘différente’ est vraiment super, quand y est forcé, quand on est sur le point de se séparer, ou le jour où il lui arrive un malheur. C’est bête ; marmonna-t-elle.

_ Je te comprends ; acquiesça-t-il.

_ J’espère. Parce qu’avant que tu ne prennes tes repères, j’aimerais vraiment qu’on soit des amis, de ‘vrais’ amis.

_ En n’existent-ils de ‘faux’ ? Ces groupes mixtes dont tu parles, sont fictifs en fait? S’étonna-t-il.

_ Il y en a qui le sont, et d’autres qui ne le sont pas ; répondit-elle ».

Ils n’eurent pas le temps d’ajouter un mot, la fin de la récréation les interrompit. Instinctivement, ils s’éloignèrent l’un de l’autre en se rendant compte que les autres camarades les avaient rejoints devant la classe. Sharon rencontra le regard de Maya puis celui de Marvin. Le premier était entre appréhension, méfiance et envie. Le second était un mélange de cette même appréhension et d’une curiosité inattendue. Sharon s’étonnait de la réaction de Maya. De l’envie ? De l’appréhension ? Mais pourquoi ? Et, plus les semaines passèrent, plus sa surprise grandissait, car elle finissait par lire sur le visage de son amie de la résignation et de l’incompréhension envers ce qu’elle, Sharon, faisait, et Maya témoignait une étrange hostilité envers Anthony.

Malgré tout ça il y avait Anthnoy. Et sans qu’elle ne s’en rende compte, il commençait à prendre une place importante dans sa vie. Au fil du temps, il n’y avait que les bribes d’instants de complicité entre eux volés par ci par là pendant la journée, qui finissaient par importer aux yeux de Sharon. Il y avait Maya certes, mais maintenant il y avait aussi Anthony. Un mois entier s’était écoulé depuis leur rencontre. Elle n’avait toujours pas réussi à avoir son numéro, elle ne trouvait jamais le courage de lui demander. Elle se trouvait pathétique parfois alors qu’elle se surprenait à penser à lui. Elle se rendait compte que tous ces plans complexes élaborés dans un coin de son esprit, qui avaient pour seul but de faire tomber Anthony raide dingue d’elle étaient stupides. Parfois, assise en tailleur par terre dans sa chambre, elle rejetait sa tête en arrière et observait longuement le plafond, pensive. Mille questions se bousculaient dans sa tête. Elle joignait délicatement ses paupières, en essayant de faire le vide, et de réfléchir, mais seul le visage d’Anthony s’imposait à son esprit.
Un soir qu’elle était dans cette position de méditation, ses pensées se mirent à déraper. Elle se voyait avec lui, tous les deux, ensemble pour l’éternité. Même si leur histoire ne finissait par durer qu’une dizaine d’années, ça lui suffirait. Sharon imaginait Anthony posant ses prunelles exquises sur les siennes, sa douce main glissant sur son bustier, son souffle se précipitant au moment où elle déposait un baiser délicat sur sa gorge, s’attardant sur la peau, la caressant du bout des lèvres jusqu’au supplice. Sharon imaginait ensuite comment Anthony enfouirait sensuellement ses doigts dans sa chevelure, réduisant à néant le travail de trois heures entières passées chez son coiffeur, comment il empoignerait son cou et l’embrassait sans aucune retenue, sans aucune chaîne, sans penser à cette maudite différence qui leur empoisonnait la vie. Et puis le mirage se dissout brusquement. Dégoutée par le fait que son bonheur ne tenait qu’à si peu de choses, Sharon émergea de son rêve, et se rua sur son miroir. Elle voulait la voir ce fichue dissemblance qui les séparait tous les deux. L’adolescente s’affala à sa coiffeuse à dorures d’or et incrustée d’opale blanche et de saphirs. Dans l’immense miroir, elle contemplait ses yeux d’un brun chaud mêlé de reflets dorés. Elle était bien de cette race-là de vampires, ceux aux yeux mordorés, la couleur des prunelles des siens pouvait beaucoup varier, mais il y avait cette même racine de brun. Il existait des milliers de nuances et jamais jusque là la couleur des ses mirettes n’avait été le problème. A l’opposé, ou du moins de manière très contrastée, le regard d’Anthony brillait d’un éclat vert bronze. Et, tout comme les semblables de Sharon, la couleur des yeux des vampires de la race d’Anthony variait énormément, tout en gardant leur base verte. Ainsi, Marvin les avait de couleur vert d’eau, et Maya elle, les avait d’un brun très foncé, un brun chocolat. Et c’était là toute leur différence, pensait Sharon avec douleur et amertume. Sa tête retomba mollement sur le bois de sa coiffeuse, son regard devint livide, son teint blême, et ses prunelles vitreuses. Il n’y avait aucun espoir pour eux.

Voila! ^^
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mer 5 Jan - 6:13

Coucou^^
Désolée pour ma petite absence Embarassed
Bonne année à vous. Et surtout tenez toutes vos bonnes résolutions prions
Mélan et florine, j'espère que vous aimez toujours autant? N'hésitez pas pour les critiques^^
smack
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mer 5 Jan - 13:48

ah mais oui oui j'aime tj tkt pas !!!!!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Mer 5 Jan - 21:08

Moi aussi j'adore l'ambience de la fic
C'est passionnant!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 9 Jan - 9:20

Mercii les filles!! Voilà la suite Very Happy Very Happy

Partie II


L’idée lui était venue comme ça. Sharon n’avait fait que survoler tout ce que ça impliquait. Elle avait un peu repris ses esprits depuis l’épisode du miroir, et avait pu réfléchir posément à la situation. Elle ne connaissait Anthony que depuis un mois à peine. Elle savait très peu de choses sur lui, et ne croyait pas dans la théorie du coup de foudre, elle ne pouvait donc pas être amoureuse de lui. C’était absurde. Il était encore un inconnu pour elle, un amoncellement de mystère et de questions. A ce regard, elle avait décidé qu’il serait temporairement considéré comme une obsession, il ne monterait en grade que lorsque Sharon aurait le sentiment d’être vraiment proche de lui. Et pour se rapprocher, quoi de mieux qu’une partie de chasse ! Au moment où elle le lui avait proposé, le mercredi matin pendant la récréation, son expression s’était durcie. Non pas qu’il craignait que Sharon ait le dessus durant la partie, il était qu’il avait l’assurance de la battre à plate couture. Le problème c’était le terrain de jeu qu’elle avait proposé, Towers Field, la ville aux multiples tours, plus précisément l’Est de la ville. Towers Field était un territoire soumis à une réglementation très stricte, sensée la protéger d’une chasse abusive. Et à l’Est, il y avait un quartier en particulier, qui leur était strictement interdit. Les vampires, quelque soit la teinte de leur regard, ne devait pas y chasser, surtout des mineurs comme eux. Au début, Sharon avait lancée l’idée, elle ne pensait absolument pas à aller chasser du côté du quartier interdit, puis elle avait formulé sa proposition à voix haute, juste au moment où elle précisait qu’elle veillerait à ce qu’ils ne dépassent pas les limites autorisées, l’idée l’avait sournoisement effleurée. Avant qu’elle ne puisse se rattraper, Anthony avait compris. Il avait froncé les sourcils, avait marmonné qu’il devait y penser, puis avait rejoint la bande des skateurs. De suite, Sharon avait regretté sa pensée, se reprochant amèrement d’avoir tout gâché. Tout le reste de la journée, elle s’était rongé le sang, imaginant des dizaines de scénarios plus farfelus et dramatiques, les uns que les autres. Elle s’était dit qu’Anthony lui poserait un lapin, et qu’elle se retrouverait à attendre des heures et des heures à la sortie de leur ville, en guettant le moindre souffle d’air. Malgré son appréhension elle s’était rendue au rendez-vous. A dix-neuf heures, une demi-heure après l’heure convenue, Sharon s’apprêtait à rentrer lorsqu’il avait débarqué avec…toute sa bande. Elle étouffa un soupir de frustration en réalisant ce qui se passait. Elle avait espéré se retrouver seul à seule avec lui, c’était supposé être un rendez-vous galant, et lui ! Lui, il avait ramené ses potes comme moyen de dissuasion, des fois que son envie de rébellion la reprenne. Comme s’ils étaient une référence dans ce genre de situations ! Le traître se rapprocha d’elle avec un air trop innocent pour être vrai.

« _ Qu’est-ce qu’ils font là ? fulmina-t-elle.

_ Je ne tiens pas à me faire arracher la tête par mon paternel Sharon ; susurra-t-il.

_ An le pauvre chéri a la frousse de son père ; ricana Yvan, à quelques pas d’eux.

_ Tu as peur de quoi, d’être privé de sortie ? se moqua-t-elle.

_ Non. Juste que deux ou trois mois de disette ne me tentent pas ; fit-il simplement.

_ Il ferait ça ! s’écria William, ahuri.

_ Pas dans le sens que tu crois. Je veux dire, il me mettrait à la nourriture « végétarienne ». Et pour moi c’est pas
loin de la disette ; continua-t-il.

_ Pouah ! Se faire des cerfs et des grizzlis pendant des mois , beurk ! s’exclama Yvan.

_ Moi je ne vois pas ce qu’il y a de mal ; intervint Sharon, se mettant en chemin.

_ Quoi !! s’écrièrent Yvan, William et Anthony !

_ Tu n’es pas sérieuse ! reprit Anthony, tandis qu’elle montait sur son skate.

_ Tu as bien entendu parler des études de ce docteur dans l’Etat de Washington, n’est-ce pas ? commença-t-elle.

_ Ce fou furieux qui voudrait qu’on soit tous « végétariens » ? C’est n’importe quoi ! devisa Yvan.

_ Ça fait des siècles que sa famille et lui vivent comme ça, et ils sont en super forme ; contra-t-elle.

_ Hey !-coupa William.- On ne va pas passer l’éternité à disserter dessus, ok ? Je crève de faim !

_ C’est parti les mecs ! s’enhardit Anthony.

_ Allez tous par équipe de deux ! lança Sharon.

_ Te fais pas d’illusion ma belle, Will et moi on aura les meilleurs crus ! brailla un membre de la bande, dont Sharon ignorait le nom.

_ C’est ça. Rêve !fit-elle, en donnant de la vitesse au skate.

_ Hey, t’es enragée toi ; gloussa Anthony.

_ Je sais que t’aime ça ;-commenta-t-elle.- Allez plus de bavardages, on n’y va ! »


C’était toujours plus enivrant de chasser l’humain plutôt que l’animal. C’était beaucoup plus intéressant. Il fallait savoir distinguer les différentes traces, entre l’odeur des leurs qui venaient juste de se nourrir, et dont les veines se réchauffaient de sang, entre les proies qui leur étaient autorisées et celles qui se retrouvaient malencontreusement sur leur chemin. C’était tout un art, un art que Sharon maîtrisait parfaitement. Au bout d’une demi-heure de chasse, Anthony était bouche bée. Sharon était fascinante. Soudain, comme ils revenaient vers la bande, qui se dirigeait déjà vers la sortie de Towers Field, Anthony s’empara de Sharon par la taille, et d’un tour de bras l’emporta dans le sens opposé, du côté de la zone interdite. Une bouffée d’adrénaline fit bouillir les veines de Sharon d’excitation, elle allait enfin voir à quoi ressemblait les ‘bas quartiers’ comme son père les appelaient. Tandis qu’ils se rapprochaient à vive allure de l’endroit, Sharon vérifia l’heure, il était dix-neuf heures quarante, elle avait la permission de vingt-et-une heures, ça suffirait largement pour aller faire du tourisme et revenir à temps.

Ce quartier de Towers Field sortait formidablement de l’ordinaire. Le paysage urbain était formé de dizaines d’immeubles communautaires s’élevant extraordinairement haut dans le ciel, abritant des centaines et des centaines des foyers. L’endroit était loin d’être sale et délabré, même si il y avait cette espèce d’aura malsaine qui se dégageait de certains bâtiments en particulier. Partout c’était du béton, de l’acier, du métal, l’endroit était dénué de verdures, et pour Anthony c’était l’endroit le plus triste au monde, l’enfer pour lui qui était habitué au foisonnement de vert. Sharon était fascinée, déçue car elle s’attendait à voir un endroit en état de ruines, totalement inhabitable, elle s’attendait à ce que le tableau qu’on lui en dressait depuis toute petite se matérialise brutalement devant elle, mais elle ne voyait rien qui l’effrayât outre mesure. D’un autre côté elle était assez dépaysée, car dans son quartier à elle, Murky Hills, il y avait comme une folie furieuse qui touchait tous les habitants, poussant chacun à mettre le maximum de couleurs chez lui et autour de lui, tout en maintenant une certaine harmonie. Alors, de voir cet endroit si froid, si vide, si…dur, habité par des humains c’était une première, certes ils étaient de la pire espèce, mais c’était des humains quand même, quelque chose plus souvent synonyme de chaleur, de battements de cœur enivrants, de bruissements alléchants de sang chaud dans des centaines de vaisseaux. Brusquement, au détour d’une ruelle, alors que tous les deux étaient plongés dans leurs réflexions, un bâtiment plus trapu que les autres surgit devant eux. Tout en lui cadrait parfaitement avec l’idée que les deux adolescents avaient des ‘bas quartiers’. Il n’était fait que du rez-de chaussée et d’un étage. C’était un ancien entrepôt que l’on avait tenté de reconvertir en habitation, avec apparemment peu de succès. Il y avait une entrée immense et obscure qui s’ouvrait comme une gueule béante au bas, et en haut il semblait y avoir un appartement faiblement éclairé, avec un balcon branlant. Toutefois, ce ne fut pas le contraste de cet endroit avec le reste du quartier qui les stoppa net dans leur élan, plutôt le vacarme d’un cœur battant à la chamade, et le bruit de souffles rauques et précipités qui dégammaient horriblement dans l’harmonie de cette nuit.

Puis un cri déchira l’air, on entendit des meubles se briser, et suivit un concert de jappements monstrueux de chiens plus noirs que la nuit. Comme un seul Homme, Sharon et Anthony s’élancèrent vers l’appartement d’où provenaient ces bruits. Ils atteignirent silencieusement le balcon, Anthony s’accroupissant sur la rambarde, Sharon s’y adossant. Face à eux, il y avait une porte-fenêtre qui donnait directement dans l’appart, mais elle était fermée. Ils n’y firent pas attention, soudain figés dans leur attitude, tous les deux observaient cette scène horrible par une fenêtre grande ouverte. Un homme battait sa femme. Lui était deux fois plus grand qu’elle, faisait trois fois sa largeur, et la martelait de coups. Il était si imbibé de Vodka qu’on pouvait le sentir à des kilomètres de distance. Elle était effondrée sur une moquette miteuse d’un jaune pisseux, couchée au milieu de débris de bois et de verre brisés. Quel âge avait-elle ? Peut être la trentaine. Lui, aussi affreux qu’il était cruel, ne semblait pas avoir d’âge. La femme était couverte de bleus, son visage ruisselait de sang, et ses bras étaient couverts d’entailles plus ou moins récentes. L’odeur de ce sang avait quelque chose de différent, c’était désagréable et en même temps très tentant. Anthony s’humecta les lèvres ne la quittant pas des yeux. Il ne doutait pas de pouvoir se débarrasser de l’homme en un tour de bras, bien sûr, une fois que sa compagne aurait assisté à sa mise à mort, on devrait forcément s’occuper d’elle. Il ne fallait jamais laisser de témoins lors d’une chasse, jamais, au risque de se faire arrêter par une police spéciale. Anthony imaginait déjà l’effet inouï que ce sang produirait sur lui car il se savait exactement ce qui le rendait si différent des autres, si…alléchant. En effet, la femme battue devait être une junkie, parce qu’elle avait dans son corps une dose mortelle d’ecstasy, tout ceci coupé d’une quantité stupéfiante de vodka. C’était un miracle qu’elle soit en vie, même si ça durerait juste le temps que son amant finisse de la battre. Le jeune vampire devint impatient, agité par l’envie frénétique de gouter à l’interdit, il risquait de passer un seul quart d’heure si son père l’apprenait, et pire encore s’ils se faisaient prendre par la police, vu qu’il était interdit aux vampires de cet âge de consommé un sang si dégradé. Et c’est ça, qui l’excitait.

A son côté, Sharon était silencieuse. La scène la plongeait dans une rage telle qu’elle en restait figée. Transie d’horreur et de haine, elle ne quittait pas l’homme des yeux. Soudain, elle n’y tint plus. Elle explosa la porte-fenêtre, s’interposa en un éclair entre l’homme et sa proie, elle le prit à la gorge. En une simple pression, elle fit exploser ses carotides et ses jugulaires, elle serra plus fort jusqu’à lui broyer totalement le cou, puis elle le jeta loin de sa vue. Quand elle se retourna vers la femme, celle-ci gisait pitoyablement par terre, assommée. Elle se précipita vers elle, étonnée elle-même par cet élan de compassion qu’elle avait envers cette humaine, mais déjà Anthony pressait ses lèvres ravissantes sur la gorge de la malheureuse.


« _ Anthony qu’est-ce que ? s’écria-t-elle ».


Mais déjà les crocs s’enfonçaient presque tendrement dans la chair molle, creusant gracieusement deux petits trous rouges dans le cou de la proie. Anthony semblait si élégant, si propre quand il se nourrissait, Sharon ne doutait pas que sa mère avait dû s’évertuer de longues années à lui apprendre les bonnes manières. Tout doucement les battements de cœur se mirent à faiblir. Sharon ne pouvait rien y faire, de toute façon cette femme serait morte, qu’elle soit intervenue ou pas, arrêter Anthony ne servait strictement à rien. Alors, elle s’assit en tailleur sur la dégoutante moquette, et attendit sagement qu’il ait finit. Elle ne pouvait s’arracher à la contemplation d’être aussi parfait. Ses yeux, dont le vert s’était épaissit, ses lèvres avides, la blancheur aveuglante de ses crocs, la mèche rebelle qui lui glissait sur le front, ses mains, sa forte carrure, enfin tout chez lui hypnotisait Sharon. Elle ne revint à la réalité qu’après quelques secondes, quand les battements se turent complètement. Anthony avait délicatement reposé l’humaine, il la fixait intensément avec quelque chose d’étrange dans l’œil. Il avait les pupilles dilatées, ses lèvres s’étiraient en un sourire charmeur, il ne cessait de passer et de repasser la langue sur ses lèvres, encore ivre de la liqueur malsaine. En un clin d’œil, il fut face à elle brisant le PDC, le pacte de distance corporelle. Ce pacte était plus psychologique qu’autre chose, malgré le Traité, il était ancré dans toutes les mentalités, certains s’y tenaient scrupuleusement, d’autres pas. Pupilles vertes et mordorées éprouvaient une gêne énorme à entrer en contact de façons intimes. Pas de bises, pas de chatouilles, rien. Sharon et Anthony s’y étaient toujours, jamais ils ne dépassaient l’anodine pression de mains pour se saluer. Stupéfaite, Sharon n’arrivait pas à comprendre pourquoi soudain il brisait aussi cette règle. Comme s’il lisait en elle, il lui sourit de plus belle et prit son visage entre ses mains.

« _ Sharrron…hum… » murmura-t-il, en roulant sensuellement le r.

Quand il prononça son nom, le souffle de Sharon se précipita, et elle inhala vivement son haleine, là elle comprit. Anthony n’était pas vraiment lui-même, le sang lui avait tourné la tête. Là, il l’embrassa furieusement. Sans réfléchir, elle répondit à son baiser, et les quelques gouttes de sang qu’il restait sur les lèvres d’Anthony, enflammèrent ses sens ? Une envie destructrice de douceur et de sensualité s’empara d’eux, leurs corps entrèrent en irruption, leurs pensées prirent feu, et tout à coup il fit une chaleur insoutenable dans l’appartement. Ensuite, il se produisit quelque chose d’inattendu, de totalement fou, imprévu. Ils tombèrent brusquement dans un profond…sommeil.
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 9 Jan - 13:03

j'aime j'aime j'aime !!!
je veu une suite !!!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 9 Jan - 21:34

J'adore!
Vivement la suite!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 15 Jan - 22:41

Mdr! Je me disais aussi que l'histoire de vampires qui tombent dans les pommes ça vous dirait! XD! Voila, dégustez bien la suite. (PS: désolée d'être irrégulière, c'est malgré moi. lol! )





Bon, peut être est-il nécessaire d’éclaircir certains points. Il est des milliers de légendes humaines qui parlent de vampires. Dans certaines, les vampires seraient insomniaques, dans d’autres ils se refugieraient dans des tombes pendant la journée, histoire de reprendre des forces avant d’aller chasser la nuit venue. En fait, elles sont toutes vraies. Il y a des races de vampires qui ont besoin de sommeil, qui ne peuvent pas dormir et qui n’en ont nullement besoin. Enfin, il en existe qui, même s’ils n’en ont pas besoin, se résolvent à se plonger dans un état de latence, avec les yeux fermés, le corps et l’esprit apparemment inactifs, histoire de se créer un rythme de vie différent. Cela dans le but de se fondre plus facilement parmi les humains. Ils vivent dans la journée, chassent dans la journée ou le soir, et ‘dorment’ le soir. C’est à cette dernière race que Sharon et Anthony appartiennent. Aussi, quand ils s’effondrèrent de sommeil ce fut une première à laquelle malheureusement personne n’assistât, car ils ‘s’endormirent’ malgré leur propre volonté. C’était peut être les effets de l’élixir interdit, quoi qu’il en soit, ils se réveillèrent une demi-heure plus tard, dans une situation plus inédite encore.

Quand Sharon ouvrit les yeux, elle fut tellement surprise de se retrouver suspendue au-dessus du vide, qu’elle faillit en éclater de rire. Chacun de ses bras et chacune de ses jambes étaient enserrés par des menottes en métal rattachées à des chaînes, de sorte à ce qu’elle soit démembrée si on exerçait une pression suffisante sur chaque chaîne. Consciente et amusée par la situation, elle commença à rassembler ses pensées, la scène de l’appartement lui revint en mémoire, puis elle comprit qu’ils s’étaient tous deux évanouis, ses yeux s’écarquillèrent de colère et de déception. A coup sûr c’était les effets secondaires de la drogue et de l’alcool sur leurs corps. Ce n’est que lorsqu’elle posa un œil plus attentif sur tout ce qui l’entourait qu’elle eut vraiment…peur. L’effroi la saisit si violemment, et de manière si inattendue, qu’elle crut que son cœur aller brusquement se remettre à battre, poussé par sa terreur. Elle n’y avait pas pensé quand elle répondait au baiser d’Anthony, elle n’avait pas pensé aux risques, à la menace, à l’instant elle se maudissait d’avoir oublié l’existence de la police spéciale. Elle tourna délicatement sa tête vers Anthony, s’attendant à tout moment à sentir ses membres se détacher de son corps. Il avait l’air aussi affolé qu’elle, même si son regard restait soupçonneux. Il était si concentré sur ses pensées, qu’il semblait à Sharon qu’il lui suffirait de tendre l’oreille pour entendre son remue-méninge. Au bout d’un long silence, à peine quelques secondes, Anthony finit par sourire, de ce sourire amer et hautain qui n’augurait rien de bon. Au même instant, suivant son regard, Sharon vit, enfin, l’homme à la chevelure hirsute, aux bras énormes et à la mauvaise haleine qui se tenait à une espèce de mezzanine, de manière à être à leur hauteur. L’homme avait un regard mauvais, son front était barré d’une horrible cicatrice bouffie, et il donnait l’impression de s’être échappé d’un asile. Sharon laissa échapper un rire sec. Il ne s’agissait en aucun cas d’un agent de la police spéciale, c’était encore pire.

« _ Alors les morveux, c’était comment la sieste ? » brailla l’homme, avant de cracher par-dessus la mezzanine.


Sharon suivit le crachat du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse, dévoré par les flammes d’un gigantesque brasier. Elle déglutit. Toutes les conditions étaient réunies pour pouvoir en finir avec eux, le démembrement et puis le feu qui réduirait les morceaux de leurs corps en une fumée grisâtre et nauséabonde. Sharon aurait tout imaginé, elle aurait préféré que ce fut sa mère qui l’eut surpris dans les ‘bas quartiers’, elle aurait été heureuse d’être prise par la police spéciale, tout, pourvu que ce ne fut pas dans les bras de chasseurs de vampires qu’elle s’éveille. Malheureusement, on n’a pas toujours ce qu’on veut, donc, Anthony et elle s’étaient fait prendre par un de ces multiples groupes radicaux d’humains qui œuvraient pour débarrasser la Terre des vampires qui la pourrissaient. Elle eut un autre rire sec et mesquin, quand elle pensa au boulot que ces terroristes devraient abattre pendant des siècles pour venir à bout d’une race d’êtres dont le nombre croissait inlassablement. Au journal télévisé humain, on s’alarmait du fait que la population mondiale s’élevait à huit milliards de personnes. Au journal télévisé vampire, le ministère concerné annonçait le durcissement des règles régissant la chasse, vu que pour le second millénaire consécutif, la population humaine s’était considérablement réduite, on en comptait six milliards, et on établissait le nombre de vampires à trois milliards, dont le tiers vivaient en reclus, en marge de la société, et n’étaient donc pas connus des services humains. Sharon pensait qu’on n’accordait finalement pas assez d’importance aux milliers d’humains aux intentions radicales, qui s’évertuaient à poursuivre et à tuer parfois des vampires, c’était une question de sécurité nationale pourtant ! Et plus que jamais, elle le comprenait.

« _ Mais c’est qu’ils auraient perdu la parole ces avortons ! beugla une autre voix, celle d’une femme.

_ T’inquiète ma belle, on va leur délier la langue ; s’enhardit l’homme à la cicatrice.

_ Hey, calme ta joie ! Tu ne veux pas que la petite pique une autre crise parce qu’on aura commencé la fête sans
elle ; intervint la femme.

_ Argh !! Cette M…

_ Ne prononce pas son nom ! T’es fou ! s’écria la femme.

_ Quelle importance ? De toute façon dans dix minutes environ ils seront morts ; se défendit l’homme.

_ Pas d’imprudence quand même. Appelle la petite, et si tout se passe bien, à vint-et-une heures ces deux-là ne seront plus de ce monde ; fit-elle.

_ T’as pas tort. Bon, toi restes là, je vais en salle de conférence ; ricana-t-il.

_ Vas mon grand. »


Quand l’homme à l’haleine immonde s’éloigna, la femme, restée pendant tout ce temps dans l’ombre, se dévoila à eux. Elle vint se placer bien face aux jeunes vampires, les yeux brûlant d’une lueur meurtrière. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’Anthony et Sharon la reconnaissent.

« _ Vous ?! s’écrièrent-ils en cœur.

_ Mais…mais vous êtes morte ! bafouilla Sharon.

_ Si je suis là, c’est certainement que ce n’en est pas le cas ; rie la femme.

_ Ce n’est pas la même que celle dans l’appartement. Réfléchis un peu Sharon ! fit sèchement Anthony.

_ C’est…c’est vrai, elle n’a pas les même yeux. Ceux de la junkie battue par son amant, étaient bleus. Elle, elle a
les yeux…verts ! Mais…mais vous n’êtes pas des nôtres ! protesta Sharon.

_ Mon Dieu, ma petite ! Tu manques cruellement d’imagination ; s’étonna la femme.

_ Et dire que la gamine ne cesse de se vanter de t’avoir choisie toi, plutôt qu’une autre ; se moqua l’homme mal-élevé. »


Il était apparu derrière une vitre en verre renforcé, dans une espèce de salle de commandes, comprenant une table aux millions de petits boutons et interrupteurs colorés, et d’autres machines inconnues aux vampires.

« _ Les verres de contact Sharon, tu connais ? se moqua la femme.

_ Ah...fit faiblement Sharon.

_ Et dire que sa propre mère la croit surdouée !-fit l’homme, hilare.-Cette pauvre Caroline en aurait le cœur brisé de voir que sa fille n’est qu’une pauvre idiote !

_ Voyons, ne soit pas cruel ;-fit la femme avec condescendance.- Tu sais ce que j’adorerais voir ? La tête de cette chère Caroline devant ce magnifique couple. C’est vrai qu’elle a l’air tolérante, et emplie de bonne volonté, mais si tu savais comme elle hait ces ‘prunelles vertes’, tu en serais sidéré !

_ La ferme ! Vous ne savez rien de ma mère ; s’indigna Sharon.

_ Elle mordrait presque la gamine ! répliqua l’homme, entre de hoquets de rire.

_ Je suis…morte de peur ; ironisa sa complice.

_ Par contre, c’est ce vieux chnoque de Conrad senior qui serait fier de son fiston !

_ Tu parles ! Tel père, tel fils ! Ce Conrad, toujours à avilir la nature, c’est lui qui devrait être là, à la place de son fils, histoire qu’on règle nos comptes. Où est-ce qu’il n’irait pas sous le prétexte de la science ?

_ Il a fait les vampires se reproduire, il sera sûrement le prochain à en faire naître une nouvelle race; argua l’homme.

_ S’il osait…

_ S’il osait ? Tu rigoles ?! D’après toi ma belle, pourquoi il n’a pas encore séparé ces deux-là ? Il serait capable d’utiliser son propre fils comme cobaye, histoire que Junior et la belle Sharon nous fasse un joli petit monstre, un…métis.

_ Mais c’est quoi ce délire ?! intervint froidement une voix désincarnée, sortant de haut-parleurs.

_ Euh…M..Ma… ; bégaya le hardi.

_ Ne prononce pas mon nom, sombre idiot ! tonna la voix.

_ Je...je m’excuse ; balbutia-t-il.

_ Je l’espère ; fit-elle sèchement.

_ Alors, tu te décides ?-lança la femme, d’une voix ennuyée.- On les tue ou pas ?

_ Il faut que je réfléchisse ; hésita la voix.

_ Quoi ? C’est une blague ? s’enflamma la femme.

_ Tu n’as rien à dire ; explosa la voix.

_ Je…je n’ai rien à dire ? Tu peux répéter sale…

_ Ça suffit !-coupa durement la voix.- Mettez-vous à l’ abri, et relâchez-les.

_ C’est hors de question morveuse !vociféra la femme à l’endroit des haut-parleurs.

_ C’est un ordre ! Un ordre Sofia ! Un p**ain d’ordre, t’entends ? Sullivan, relâche-les, maintenant ! répliqua la voix, menaçante.

_ Tu me le payeras, sale gamine capricieuse ! brailla la femme, avant se s’en aller.

_ J’espère que tu sais ce que tu fais ; murmura Sullivan, la main sur un drôle d’interrupteur.

_ Ne discute pas mes ordres, obéis !

_ Bien ; céda-t-il ».


Dans un claquement sec, toutes les menottes s’ouvrirent, libérant au passage les deux vampires. Anthony et Sharon étaient en proie à une fureur telle, qu’ils ne laissèrent pas Sullivan et Sofia respirer une minute de plus. Sharon empoigna Sofia par les cheveux avant que celle-ci n’ait pu se mettre à l’abri. Anthony fit voler en éclat la vitre blindée qui le séparait de Sullivan. Quelques secondes plus tard, Sharon et Anthony s’élançaient vers leur ville en une course folle. Ils arrivaient à la sortie de Towers Field quand ils ralentirent. Anthony était blessé. Même s’il avait explosé la vitre sans problème, elle était faite en une matière spécifique aux vampires. C’était dans la même matière qu’étaient fabriquées les fenêtres du Lycée, aussi, en la démolissant, Anthony s’était salement amoché.

« _ Anthony, il faut qu’on te soigne ; souffla Sharon.

_ Argh…je ne connais qu’une seule personne capable de me soigner...et franchement, je préfère crever que d’aller le voir.

_ Mais...c’est ton père ! protesta-t-elle.

_ Tu m’en apprends des choses ; se moqua-t-il.

_ Comment tu vas faire ?

_ T’inquiète, je vais me débrouiller. Rentre chez toi ; coupa-t-il, en se détournant d’elle.

_ Non. Viens avec moi ; fit-elle en l’empoignant.

_ Hum… ;-soupira-t-il.- Où est-ce qu’on va ?

_ Chez Maya. »
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 15 Jan - 23:23

J'adore!
Et c'est pas grave que tu sois irrégulière!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 22 Jan - 23:20

Mélan a écrit:
J'adore!
Et c'est pas grave que tu sois irrégulière!

lol! Tu dis ça parce que tu n'es pas encore vraiment accro hein.lol. En tout cas..voila la suite^^
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 22 Jan - 23:28


Partie III


« _ Salut ‘man. Oui ça va, je suis chez Maya, s’il te plaît est-ce que je peux dormir chez elle cette nuit ?

_ Pourquoi, qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

_ Rien de spéciale, je t’assure. Disons juste que j’ai juste un peu forcé sur la dose…

_ Sharon ! Tu sais bien que…

_ Oui ‘man, je m’excuse, on s’est lancé emballer.

_ Et c’est seulement maintenant que tu me préviens. Et dire que tu n’as même pas ton pyjama…

_ Maman !

_ D’accord, d’accord. Je ne dirai plus rien. On en reparlera demain jeune fille, tu vas m’entendre !

_ Bonne nuit ‘man. Je t’aime.

_ …corruptrice…. Je t’aime mon ange. Ton père t’embrasse. »

Sharon alla s’affaler dans un canapé. Anthony se balançait nonchalamment dans le hamac que Maya avait installé dans un coin du salon, il fixa Sharon un moment, puis se détourna. Maya se posa délicatement aux côtés de son ami, une tasse à la main. Le chocolat de ses prunelles brûlait de curiosité, quoiqu’elle semblât encore réticente aux rapports inhabituels que son amie entretenait avec Anthony. Elle reconnaissait volontiers qu’il avait un certain charme, mais Sharon était fascinée, hypnotisée, et qui sait elle était peut être même…amoureuse. Et cette possibilité effrayait Maya jusqu’à la panique. Ce soir-là, en voyant Sharon débarquer avec Anthony, quand elle l’écoutait raconter leur escapade dans les coins les plus louches de Towers Field, le baiser, les chasseurs de vampires, elle avait peu à peu compris l’ampleur des dégâts. L’un comme l’autre exerçait sur leur prochain une attirance et un pouvoir qui dépassait l’entendement. Sharon était prête, inconsciemment prête, à violer n’importe quelle loi pour le vert des yeux de son prince. Maya se doutait que dès le moment que le désir de briser toutes les règles deviendrait conscient chez Sharon, elle irait loin, trop loin. Cette dernière serait capable de braver la plus absolue des interdictions…

« _ Maya, tu penses à quoi ? fit Sharon, étonnée du silence soudain de son amie.

_ Euh…rien, bafouilla celle-ci en s’extirpant du canapé.

_ Même pas vrai ; lança Anthony depuis son hamac.

_ De quoi je me mêle ?! répliqua Maya.

_ Ne la fous pas en rage Anthony, quand elle est en rogne, elle devient vraiment…dangereuse ; prévint Sharon.

_ Ouh là ! Je tremble d’effroi ; ricana Anthony.

_ Ouais, t’as raison de trembler. Continue comme ça et je fous ton médoc’ au feu, on verra bien qui des deux est le plus malin ; menaça Maya.

_ T’oserais pas ; argua-t-il.

_ Tu crois ça ? fit Maya, sur un ton de défi.

_ Wow, on se calme les tourtereaux ;-intervint Sharon.- T’as la haine ce soir Maya, qu’est-ce t’as ?

_ Argh…rien ! Juste un sombre idiot qui m’a énervé avant que vous n’arriviez ; expliqua-t-elle.

_ Quel langage mademoiselle ; se moqua Anthony.

_ Toi, la ferme ! firent les filles en chœur.

_ C’est curieux, c’est la deuxième fois en deux heures que j’entends cette insulte : " sombre idiot" ; reprit Sharon en fronçant les sourcils.

_ Pure coïncidence ; fit Maya en haussant les épaules.

_ Sûrement. Mais tu ne m’as toujours pas dit ce que ton espèce de mixture contient. Comment ça se fait que ça ait été si efficace sur le mioche-là ? J’envie tellement ton don pour la chimie ! s’extasia Sharon.

_ Pff ! Moi, ça me rappelle mon père. Heureusement, je n’ai pas reçu ce don de lui, ça aurait été pénible ; grogna Anthony.

_ On t’a sonné ? le coupa Sharon.

_ Oh, toi la peste…

_ Chut !-coupa Sharon.- Laisse les grandes personnes parler.

_ C’est ça. Maya, ils sont où tes parents ?demanda-t-il.

_ Ailleurs ; fit simplement l’interpellée.

_ Ça je le vois qu’ils sont ailleurs, mais où ? Tu vis seule ? Pourquoi ?

_ T’aurais pas un truc plus fort pour assommer ce casse-pied ? s’écria Sharon.

_ Je n’attends que ton feu vert. Il suffit que tu me le dises et je le plonge dans un sommeil dans il ne se réveillera…jamais ; murmura Maya.

_ Wow, wow. Du calme ma belle, t’es flippante quand tu veux, c’est compris, je me tais ; tempéra Anthony.

_ Voila qui est mieux ; ricana Maya.

_ Maya, tu n’aurais pas un truc à lire ? Je n’ai aucune envie d’entrer dans un état végétatif cette nuit. Tiens, et cette curieuse histoire que tu écrivais, ça avance ?

_ Une histoire ? demanda-t-elle, haussant les sourcils.

_ Oui Maya, argh, attends que je me rappelle. Hum… « le regard maudit » c’est bien comme ça tu l’appelais n’est-ce pas ?

_ Ah…celle-là. Je m’en souviens. Je l’ai suspendue pour le moment ; répondit-elle, machinalement.

_ Pourquoi ? Elle est vraiment gé-niale. Tu avais même dit que ça allait devenir sanglant et tout. Du genre la fille allait se venger de son père qui l’avait reniée, qu’elle ferait la peau à sa deuxième famille, et récupérerait son empire économique, n’est-ce pas ?

_ Je ne sais plus, je l’ai abandonné pour l’instant, je ne me rappelle pas de tous ces détails ; s’excusa Maya.

_ Ah bon ? T’avais l’air tellement motivée en l’écrivant, on aurait dit que tu la vivais à fond, comme si tout ça t’arrivait à toi. Un truc de malade ; s’enhardit Sharon. T’avais même déjà écrit la fin, où la meilleure amie du personnage principal découvrait la vérité, et tu hésitais entre tuer l’une ou l’autre, mais ne surtout pas laisser la héroïne se faire arrêter.

_ Eh ben ! Tout un programme cette fiction. Du grand art ; taquina Anthony.

_ La ferme ! tonna brusquement Maya.

_ Okay, okay, c’est bon. On en parle plus, du calme ; fit Sharon d’une voix apaisante.

_ Okay alors…je crois que je vais y aller. L’atmosphère est un peu trop…électrique à mon goût ; décida Anthony, en se levant.

_ Non Anthony, attends ; protesta Sharon.

_ Merci Maya pour le médoc’, je te le revaudrai. A demain les filles ; conclut-il, en s’éclipsant. »


« _ Laisse-le partir ;- murmura Maya.-On est très bien comme ça.

_ Ce que t’es lourde ce soir Maya. Ce mec a vraiment dû te mettre en rage pour que tu soit si désagréable, c’en est écœurant.

_ N’exagère pas Sharon. Tu sais très bien qu’il m’insupporte ; se plaignit-elle.

_ Pff ! Quand même. Bon, on va pas se bouffer le nez pour Conrad junior ; éluda Sharon, en reprenant sa bonne humeur.

_ Conrad junior ? Sérieux ? ricana Maya.

_ Je te jure ! Il s’appelle Anthony Conrad jr, etc.

_ Le pauvre. Je comprends sa frustration. Ça explique des tas de choses ! gloussa Maya.

_ Quelle peste alors ! fit Sharon en l’empoignant.

_ Hey du calme Hercule, moi je compte végéter cette nuit.

_ T’es pénible ; couina Sharon.

_ Moi ? Non mais tu t’es vue ? Tes cernes sont effarants, on dirait que t’as pas dormi depuis des siècles ! Tu pourrais mieux prendre soin de ce corps de rêve.

_ Tu m’ennuies Maya. Tais-toi - supplia Sharon.- Je dormirai, je ferai tout ce que tu veux, mais tais-toi !

_ Dors alors !

_ Bien ! Je reste dans le hamac ; fit Sharon en sautillant.

_ Tu sais j’ai un lit deux places dans ma chambre, tu pourrais venir le partager.

_ Ouh là, ça devient sérieux là. Chaud, chaud ce soir ; plaisanta Sharon.

_ Eh t’as encore rien vu, je sors les menottes, sauf si… tu préfères les chaînes ; susurra Maya.

_ Hum…je crois que je vais vraiment m’en tenir au hamac ;-fit l’autre, en éclatant de rire.- Allez, bonne nuit.

_ Bonne nuit. Fais de…chauds rêves.

_ Compte dessus ».


Sharon entra en végétation dès qu’elle ferma les yeux, et suivit pieusement le conseil de son amie. Ce fut la première nuit que les fantasmes de Sharon semblèrent si réels. Elle percevait le contact incendiaire des lèvres d’Anthony dès qu’elle y pensait, elles se pressaient sans cesse contre les siennes, toujours plus empressées, toujours plus gourmandes, demandant toujours plus. Sharon avait les yeux fermés, le souffle rauque et précipité, elle ne sentait la présence de personne d’autre dans la pièce, pourtant ces lèvres qui remontaient le long de son cou lentement et délicatement ne pouvaient être fictives. Ces douces mains qui avaient dénoué d’un geste vif et précis l’élastique qui retenait ses cheveux, qui se pressaient contre sa peau et remontaient posément ses cuisses ne semblaient pas imaginaires. Mais elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Peut être qu’Anthony était là, il était probablement revenu au milieu de la nuit, rien que pour elle, si elle les ouvrait et que son regard se posait sur le vide, cela lui arracherait le cœur. Ils restèrent clos. Plus tard, à l’aube, il lui sembla entendre des murmures, une dispute silencieuse, puis les chuchotements se turent. Sharon ne repensa à la scène qu’une fois au Lycée.

« _ Avec qui tu te disputais ce matin ? demanda Sharon.
_ Aucune importance.
_ Maya ?insista-t-elle, haussant sévèrement les sourcils.
_ Avec ma mère ; grogna Maya.
_ Oh ;-souffla Sharon.- Et qu’est-ce qu’elle voulait ?
_ Je me le demande ! Elle a dû avoir l’illusion de croire que j’en avais quelque chose à faire de sa personne !-s’irrita Maya.- Et, te fatigues pas à me dire : ‘mais c’est ta mère, Maya.’ Pour moi, père comme mère, ils sont tous deux morts à mes yeux.
_ Elle est toujours avec l’autre c’est ça ? L’homme marié ; hésita Sharon.
_ T’as tout compris !-fit Maya, avec ironie.- Ma mère et son dégoutant ménage à trois…
_ Maya arrête !-coupa rudement Sharon.- Je suis sûre que ta mère, et ton père où qu’il soit, t’aiment tous les deux, peu importe leurs erreurs ; argua-t-elle.
_ Si ça peut les faire moins culpabiliser de penser ça ; fit Maya, haussant les épaules.
_ De quoi t’a-t-elle parlé ?
_ De la pluie et du beau temps ;-se moqua Maya.- Bon, d’accord, je me calme. Elle est venue me dire pour la énième fois que bientôt il allait quitter sa femme pour elle. Qu’il ne savait pas encore, que j’existais, mais qu’il serait content de me voir. Que parfois c’est difficile pour elle de vivre dans la maison, même si l’autre femme les soupçonne, elle ne dit rien, mais son fils n’est pas aussi tolérant qu’elle.
_ Ah. Je suis désolée ; compatit Sharon.
_ Tiens, vraiment ? Pas moi ;-cracha Maya.- Depuis tout ce temps qu’elle vit aux crochets de cet homme, dans sa propre maison, avec femme et enfant. Tu ne vois pas comme c’est…malsain ? Ça m’écœure !
_ Tu sais comme l’amour nous rend parfois si…insensés ; souffla Sharon.
_ Tiens à ce propos, tu n’as pas cessé d’appeler Anthony de ton pseudo sommeil.
_ Ah…bon ? fit Sharon, en détournant le regard.
_ Mouais. En fait tu ne faisais pas que l’appeler ; - ironisa Maya.- C’était des ‘hum...Anthony’, des ‘Aaah oui !’, des…
_ Ça va, ça va ! J’ai compris ! Arrête, on nous regarde !-intervint Sharon, en palissant.- Et puis d’abord, comment tu sais ça ?!
_ Hum…la meilleure défense c’est l’attaque, n’est-ce pas ? fit Maya, avec une fausse affliction.
_ T’as pas répondu ;-répliqua Sharon.- Tu étais là, près de moi ? Est-ce que c’était toi qui…
_ Tu le fais exprès d’être idiote, ou quoi ?-l’interrompit Maya.- Tu sais, j’ai une ouïe aussi développée que la tienne. Je n’ai pas besoin d’être près de toi pour t’entendre…gémir ;-gloussa-t-elle.- ‘Hum Anthony’, ‘Aaah’ ; reprit Maya, imitant parfaitement Sharon.
_ La ferme Maya ! Tais-toi ! s’étrangla Sharon.
_ Tu vois que j’ai raison ; fanfaronna Maya.
_ N’importe quoi ! –s’insurgea Sharon.-Si tu dormais vraiment cette nuit, tu n’aurais pas pu m’entendre, tes sens sont supposés être au repos, en inertie presque totale. Alors si tu m’as entendue c’est que…
_ Ahh c’est bon, Einstein !-coupa Maya.- Peu importe après tout.
_ Bien. Au fait, et ce mec qui t’avait énervée hier avant qu’on arrive chez toi, il t’a rappelée ?
_ Non. Il ne risque pas de le faire de si tôt ; marmonna Maya.
_ Pourquoi ?-s’étonna l’autre.- J’espère que tu ne lui as pas fait la peau entre-temps ; taquina-t-elle.
_ Tiens voila Conrad junior !-chantonna-t-elle, tandis qu’Anthony venait vers elles.- Et pour te répondre, ce mec, quelqu’un s’est chargé de lui faire la peau avant moi ; reprit Maya.
_ T’es flippante Maya ! On dirait presque que t’es sérieuse ; bafouilla Sharon.
_ Qui te dis qu’elle ne l’est pas ?-lança Anthony, une fois à leur niveau.- Je ne veux pas savoir de quoi vous parlez, mais je suis sûre que Maya ne blague pas ; assura-t-il, un sourire en coin.
_ Tu ne sais pas ce que tu dis. Ça va ton bras ? demanda Sharon, avec sollicitude.
_ En pleine forme ;-fit-il en souriant.-Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi, Maya.
_ Oh tu sais. Tu te serais vider de tout le sang que tu venais d’absorber, sans que tes blessures ne puissent se refermer à cause du taux de pollution de ce sang, tes organes auraient rapidement dégénérés. Bref, tu serais…mort ; fit Maya, sarcastique.
_ Toujours d’aussi bonne humeur ; se moqua-t-il, tandis qu’il déposait un baiser sur la joue de Sharon.
_ T’inquiète, elle fait ça parce qu’elle ne te supporte pas ; avoua Sharon, lui faisant la bise à son tour.
_ Vraiment ? Serait-elle jalouse ? demanda-t-il, charmeur.
_ Peut être, qui sait ? fit Sharon, entrant dans son jeu. »
Sharon ne quittait pas Anthony des yeux, encore étonnée par son geste. Elle avait cru qu’après l’épisode de la veille, le baiser, les chasseurs, il se serait tenu à l’écart. Elle croyait qu’il n’assumerait pas ce baiser, surtout qu’il l’avait fait sous l’emprise du sang souillé. Là, elle commençait à en douter, peut être qu’il n’était pas tout à fait sous l’emprise de la drogue. Et s’il l’avait vraiment embrassée ? Et si pendant la nuit, il était vraiment revenu chez Maya ? Sharon l’espérait en secret. Et pendant qu’elle rêvassait, Maya reniflait de rage. Cette dernière regardait le couple d’un œil mauvais. Elle n’aimait pas les voir si proches l’un de l’autre, autant physiquement, que sentimentalement. Anthony s’était accoudé à la rambarde, juste à quelques millimètres de Sharon, de sorte à la frôler innocemment à chaque geste. Et, quand il lui parlait, il se penchait légèrement sur elle, et lui murmurait à l’oreille. Maya était dégoutée. Puis, Sharon qui se laissait faire, qui entrait de son jeu, Maya n’arrivait pas à le croire. Soudain, c’était comme si le monde s’effondrait autour d’elle. Sharon ne comprenait-elle pas ? Pourquoi son amie ne voyait pas Anthony comme il l’était vraiment ? Maya sentait se creuser un gouffre entre sa meilleure amie et elle, mais elle ne savait pas quoi faire. Elle n’avait jamais su quoi faire sans Sharon à ses côtés. Ça avait toujours été Sharon et Maya. Seule Sharon, avec ces magnifiques cheveux cuivrés au vent, et son regard doux et doré. Sharon avec sa moue délicieuse, ses lèvres parfaites, et ce corps magnifique. Maya avait l’impression qu’Anthony lui arrachait une partie d’elle, car elle aimait Sharon comme une sœur, et peut être même encore plus. Doucement, une fureur terrible montait en elle. Impassible à l’extérieur, Maya tremblait de rage à l’intérieur, et le pire, c’est que Sharon ne le voyait même plus. Il n’y avait qu’Anthony qui comptait, lui, et lui seul ! Soudain, les images de la veille lui revinrent en mémoire, et la blessèrent profondément. Elle se souvenait avoir attendu un moment, le temps que Sharon s’endorme, puis elle était revenue. D’abord, elle avait commencé juste pour rire, curieuse de voir la réaction de son amie. Ensuite, ses caresses étaient devenues véritables, ses baisers, sincères. Comme elle se laissait emporter, osant des gestes plus audacieux, Sharon avait prononcé le nom d’Anthony. « Le salaud ! » fulmina Maya. C’était de sa seule faute, cet enfant de…., faisait tout pour éloigner Sharon d’elle. Et cette pauvre Sharon qui ne voyait rien !
« _ Tiens, Maya ne dit rien ? s’étonna Anthony, après quelques secondes.
_ Ah, c’est curieux ; s’étonna Sharon, en fixant son amie.
_ Tu sais Anthony, ce que tu pourrais faire pour me remercier ? Pour que j’arrête de t’embêter ; fit Maya, le souffle rauque.
_ Dis-moi Maya. Tes désirs sont des ordres ; babilla-t-il.
_ Hum. Fais attention Anthony, elle pourrait te prendre au mot ; prévint Sharon.
_ On verra bien ;-plaisanta-t-il.- Alors Maya, qu’est-ce qui te plairait ?
_ Ce qui me plairait ? Ça me plairait que tu ôtes tes sales pattes de Sharon, et que tu foutes le camp de sa vie !-s’enflamma-t-elle.- Pour qui tu te prends, à aller contre la nature ? Tu n’es pas fait pour elle, tu le sais, mais tu t’acharnes ! Je vois clair dans ton jeu, moi ! Je ne te laisserai pas faire ! cracha-t-elle.
_ Maya, ça suffit !-explosa Sharon.- mais qu’est-ce t’as ? Qu’est-ce qui te prends ? Il ne t’a rien fait, alors arrête.
_ Mais Sharon tu… ; protesta Maya, accablée.
_ Tout de suite !-coupa Sharon.- Je ne veux plus rien entendre ! Et maintenant, tu t’excuses ; souffla-t-elle, glaciale.
_ Plutôt mourir ; lâcha Maya, avant de s’enfuir. »

Sharon regarda son amie s’éloigner, désemparée. Elle ne comprenait pas. Elle ne savait pas comment ça avait pu arriver, et pourquoi c’était arrivé. Maya n’avait jamais manifesté autant d’animosité envers les garçons qui la draguaient, quels qu’ils soient. Rapidement, l’évidence lui sauta aux yeux. Anthony n’était pas comme tous ceux qui lui avaient fait la cour jusque là. Son seul blâme, c’était qu’il avait les yeux verts. Sharon frémit à l’idée que sa meilleure amie, celle qu’elle considérait comme sa deuxième sœur après la vraie, puisse être…raciste. Apparemment, Anthony était aussi parvenu à la même conclusion. Il dévisageait Sharon, étonné, stupéfait, surtout indécis. C’était comme s’il réalisait quelque chose qui lui avait échappé jusque là. Il détourna son regard d’elle, et observa les réactions de ceux qui se tenaient autour d’eux. Marvin fixait obstinément un point invisible, loin devant lui. Les filles de la classe le toisèrent, puis se mirent à maronner rapidement, fixant Sharon avec dédain. Il savait ce qu’elles pensaient. Ces filles-là n’avaient jamais apprécié Maya, et tout d’un coup elles la plaignaient.

« Sale meute d’hypocrites ! »pensa Anthony.

Il ramena son regard vers Sharon. Elle n’avait cessé de le fixer. Quelque chose s’était brisée en elle, et si elle avait pu pleurer, elle aurait fondue en larmes. Pourtant, au lieu de la réconforter, de la prendre dans ses bras, et de la soutenir, Anthony leva encore les yeux vers Marvin. Sharon ne sut pas ce qui se passa en cet instant, mais quand son regard rencontra celui d’Anthony de nouveau, il la fixait comme s’il ne la reconnaissait pas. Il la dévisageait l’air perdu, indécis, puis tout à coup, il s’éclipsa, sans un mot. La main que Sharon tendait vers lui se referma sur le vide. Alors elle comprit que lui non plus n’était pas près. Elle sut que jamais, ils ne surmonteraient les préjugés, que ni lui ni elle n’arriveraient à les combattre, et que jamais ils ne finiraient ensemble.
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 22 Jan - 23:36

J'adore!
J'attends la suite avec impatience!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Sam 22 Jan - 23:55

Mélan a écrit:
J'adore!
J'attends la suite avec impatience!

( cette fois c'est sûr! Je l'ai aaccrochée. supercontent XD!)

je te mets une suite là de suite si tu veux^^ J'ai pris un peu d'avance sur l'écriture donc..je me lache^^
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 23 Jan - 0:11


Ce jour-là, Sharon le passa seule dans son coin. De temps en temps, un de ses multiples copines vint la voir, mais jamais aucune ne la réconforta. A la fin des cours, elle monta machinalement dans la voiture, et se laissa porter jusque chez elle. Elle n’avait envie de rien, elle ne voulait pas en parler, la pire des choses qui pouvait arriver était que sa mère se rende compte de son état. Alors, Sharon fit comme un automate pendant tout le reste de la soirée, croyant duper sa mère. Comme elle allait se coucher, sa mère vint lui souhaiter une bonne nuit, cette dernière ne prononça qu’une seule phrase : « _ Appelle-la ma chérie, appelle ta sœur. » Puis elle s’en alla.

Sharon avait bien une sœur, une grande sœur, qui devait avoir plus d’un siècle de plus qu’elle. Elle s’appelait Cheryl, elle vivait et travaillait comme avocate dans un cabinet privé à New York. Avant, Cheryl avait toujours été sa confidente, sa meilleure amie, et puis le travail les avaient éloignées l’une de l’autre, et Maya était apparue. Sharon ne comprenait toujours pas pourquoi sa sœur était partie si loin de la maison. Elle aurait très bien pu travailler de sa ville natale, tout en ayant plus d’influence et de respect qu’elle en avait là-bas. Mais Cheryl n’en faisait qu’à sa tête, elle voulait œuvrer au maximum pour l’intégration, elle travaillait à défendre des humains contre d’autres humains avec des lois humaines. Elle vivait dans leur communauté, et se fondait parmi eux. Bien sûr, elle travaillait avec d’autres vampires, il lui arrivait de se faire un shopping ou une partie d’échecs avec ses amis vampires, mais son travail comptait plus que tout. Sharon se décida à l’appeler en fin de compte, s’il y avait une personne sur qui elle pouvait compter, en qui elle pouvait avoir confiance, qui ne la jugerait pas et ne la traiterait pas comme une criminelle, c’était bien Cheryl.
« _ Alors ma chérie qu’est-ce qui cloche ? lança la voix enjouée de Cheryl, après une seule sonnerie.
_ Tu attendais que j’appelle ? s’étonna Sharon.
_ Je savais que t’allais le faire. En fait, j’ai même décidé de l’heure ; rie Cheryl.
_ Maman et toi, vous êtes terribles !
_ Merci. Comment ça va mon ange ?
_ ….pas trop mal ; fit Sharon, avec indifférence.
_ Je le savais ! –s’égailla Cheryl.- C’est lequel ? Marvin ou Conrad jr ?
_ Comment tu… Oh, et puis laisse tomber ; céda Sharon.
_ Je miserais sur Junior. Je ne sais pourquoi. Peut être ce côté sombre en lui, ou ce regard faussement mature ; réfléchit Sharon.
_ Son regard ? Tu le connais ? s’étonna Sharon.
_ L’internet ma belle ! C’est un outil très utile de nos jours ; ironisa-t-elle.
_ Ah.
_ Avec les millions de jeunes connectés…
_ Et les millions de codes utilisés, se moqua Sharon.
_ Tu me sous-estimes ma petite ! Même si les vampires ont mis au point cette histoire de code, c’est un jeu d’enfant pour décoder les pages des jeunes. Ha ! Enfin, Conrad junior n’est pas si difficile à trouver.
_ Alors ?
_ Alors, j’avoue qu’il est…pas mal pour son âge. Reste à savoir s’il est toujours aussi…actif.
_ Qu’est-ce que tu insinues Cheryl ? s’étonna Sharon.
_ Le fils de Conrad senior ne passe pas inaperçu, je ne crois pas qu’il soit bien pour toi Sharon ; fit sérieusement Cheryl.
_ Qu’est-ce qu’il a fait ? s’inquiéta-t-elle.
_ Hum. Tu te rappelles l’attaque de la réserve d’humains il y a deux ans ?
_ C’était lui ? s’étrangla Sharon.
_ Et sa bande. Ça lui a valu un séjour dans un ‘camp de vacances’ spécialisé, et un déménagement. Alors je ne veux pas qu’il t’influence.
_ C’est des choses qui arrivent ; -murmura Sharon.- Je veux dire… c’est enfantin, mais…
_ Tu le défends ?!-s’écria Cheryl.- Sharon qu’est-ce que ce sera quand vous serez ensemble ?
_ T’inquiète pas ça ne risque pas d’arriver. Je crois qu’il ne va plus me parler.
_ Mon chou, il faut que tu sortes, que tu te fasses des amis. Et Maya ? Il faut que tu oublies cet Anthony, c’est mieux pour toi ; assura Cheryl.
_ Cheryl ! Alors c’est vrai ? Toi aussi tu as un problème avec ces yeux ? Je n’arrive pas à y croire. Je...je…
_ Calme-toi Sharon ; -coupa Cheryl.- Je n’ai aucun problème avec ses yeux, tu devrais le savoir. C’est son casier qui m’inquiète, je ne veux pas qu’il t’entraîne dans des coups foireux. Ça ferait trop désordre si comme lui, tu te mettais à violer la loi ; prévint Cheryl.
_ « La loi avant tout » dit machinalement Sharon.
_ Oui. Ce n’est pas pour rien que c’est notre devise. Avec tous ces efforts qu’il faut pour te convaincre, j’espère que ce n’est pas trop tard…
_ T’inquiète pas Cheryl, si c’est ce à quoi tu penses, on ne l’a pas fait. Et je sais combien ça pourrait me coûter si je violais celle-là de loi ; assura Sharon.
_ Méfie-toi de lui. Il a tant de ressemblance avec son père…
_ Comment tu le sais ça ? Depuis quand tu crois aux on dits ? Cheryl, je croyais que ton travail exigeait que tu te bases ‘toujours’ sur des faits ! s’indigna Sharon.
_ Je ne suis pas la police, je suis avocat ;-corrigea Cheryl.- J’ai des faits. En fait, j’ai été plusieurs fois amenée à travailler contre Conrad Senior. Les cas il s’agit sont très…épineux.
_ A ce point là ?
_ Tu n’imagines même pas ! Toute la communauté est reconnaissante à Conrad d’avoir permis à notre race de se reproduire, crois moi. Toutefois, ce n’est pas une raison pour tolérer tous ses ‘égarements’, ses expériences dépassent tout ce qu’on peut imaginer. Jusqu’ici, on a pu les contrôler, mais le jour où l’on ne pourra pas ?
_ Je…je comprends.
_ Non Sharon, tu ne comprends pas ! Tu tombes amoureuse du fils, de celui d’entre nous qui aide les chasseurs de vampires. On ne sait toujours pas avec exactitude la portée de ces armes, on ne sait même pas à quoi elles ressemblent ! Ce sont de véritables objets de tortures pour nous autres, Sharon. Il est prêt à tout, ne joue surtout pas avec.
_ C’est bon, j’ai compris. Je t’assure Cheryl ! Je te promets de rester le plus loin possible d’Anthony ; souffla Sharon, à contrecœur.
_ Ce n’est pas ce que je te demande ; soupira Cheryl.
_ …
_ Ecoute, si on te l’interdit, c’est le meilleur moyen de te pousser dans ses bras ; rie Cheryl.
_ Non, non. Je te promets que…
_ Crois-moi mon ange ; -coupa doucement Cheryl.- Je sais de quoi je parle. Je veux juste…que tu ne fasses pas les mêmes erreurs que moi ;-dit-elle, amère.- Même avec le Traité, que tous deux vous soyez amenés à coucher ensemble, et que de votre ‘amour’ naisse un autre être est un crime punissable de…mort.
_ Cheryl…j’ai compris !-sanglota Sharon.- Je suis désolée.
_ Ce n’est pas ta faute ma chérie ;- la réconforta Cheryl.- On ne s’excuse pas d’aimer ; se moqua-t-elle.
_ Je sais, mais…
_ Allez. N’y pense plus Sharon. J’ai confiance en toi, alors n’y pense plus. Plus que trois petits mois et ce sera fini. Ton diplôme en poche, tu viendras me rejoindre à New York. Ça va être génial ! s’enthousiasma Cheryl.
_ J’ai hâte ! dit-elle, sincère.
_ Moi aussi. Oh, et Maya ? Tu ne m’as pas répondu tout à l’heure, tout va bien ?
_ Non. Elle n’est pas très ouverte d’esprit ;-accusa Sharon.- Elle ne supporte pas Anthony. Elle a piqué une de ses crises ce matin à cause de ça. Parce qu’il n’est pas comme nous. T’imagines ?! Je suis tellement déçue, je crois que cette fois c’est moi qui ne vais plus lui parler, jusqu’à ce qu’elle s’excuse du moins.
_ Eh ben ; fit simplement Cheryl.
_ C’est tout ce que tu trouves à dire ? s’étonna Sharon.
_ Excuses-moi, mais je ne te crois pas ; asséna Cheryl.
_ Quoi ?!
_ Sharon, ma chérie, tu connais si mal Maya que je doute que vous soyez amies.
_ Mais… Elle ne peut pas être jalouse de lui ! Maya ne m’a jamais boudée parce qu’un garçon me draguait.
_ Anthony n’est pas n’importe quel garçon ; rappela Cheryl.
_ C’est vrai, il a les yeux verts ! argua furieusement Sharon.
_ Touché ;-plaisanta sa sœur.- Maya a peur que tu ne t’éloignes d’elle, peut être que lui, plus que les autres, est susceptible de t’ « arracher » à elle. Tu comprends ?
_ Mais, Maya et moi on ne sort pas ensemble ! couina Sharon.
_ Des fois avec les meilleurs amis, c’est confus. Laisse-lui du temps, elle reviendra vers toi. Il faut juste qu’elle digère.
_ ça ne servira à rien, Anthony et moi ça ne tient plus ! dit-elle fermement.
_ A ta place, je n’en serais pas si sûre. Bon, il faut que j’y aille. Bonne nuit ; souffla tendrement Cheryl.
_ Bonne soirée. »
Sharon raccrocha, encore étourdie par les révélations de sa sœur. Elle était choquée. Jamais Sharon n’aurait pensé défendre l’acte irréfléchi et sanguinaire d’Anthony. Elle qui était un membre actif de la protection des humains ! Elle avait même réunion le lendemain après-midi. Elle remerciait le ciel qu’il n’y ait personne dans l’association qui puisse lire les pensées, si s’en était le cas, ils l’auraient sûrement très vite remerciée. Sharon s’étendit sur son lit, fixant longuement le ciel. Son plafond avait été remplacé par une immense vitre qui lui offrait une vue merveilleuse sur un champ d’étoiles. Soudain elle eut le sentiment d’être stupide. Devant cette immensité, elle sentit que ses inquiétudes et ses problèmes étaient dérisoires. Un nombre d’êtres, aussi important que la nuée d’étoiles, avait des difficultés à survivre, à trouver leur place, à lutter contre un quelconque danger, tandis qu’elle souffrait d’amour. Rien que ça. Elle soupira, puis détourna son regard du ciel, honteuse. Ses yeux croisèrent la surface de l’album photo numérique posé sur sa table de chevet. Une photo de Cheryl et elle venait de s’afficher. Elles l’avaient prise au cours des précédentes vacances scolaires, Cheryl et elle s’étaient rendues sur l’île de la Martinique. Sharon, avec Cheryl, avait passé des moments parfaits, tout simplement. Elles avaient retrouvé la complicité d’autre fois, se confiant l’une à l’autre, se racontant des anecdotes sur leur quotidien, sur leurs affaires de cœur. Elle se souvint d’une histoire en particulier, celle du premier amour de Cheryl. Sa sœur avait eu la voix amer pendant tout son récit, pourtant elle avait tenu à ce que Sharon sache tout, les moindres détails, des plus gênants aux plus traumatisants, pour que ne pas que sa petite sœur fasse les mêmes bêtises. Cheryl devait avoir le même âge que Sharon à ce moment-ci, elle aussi était dans sa dernière année de lycée. Et, c’était par rapport à son comportement exemplaire et à ses aspirations professionnelles qu’on lui avait permis de partir quelques mois dans une université humaine à Londres, le but étant l’immersion totale. Une grave erreur que leurs parents ne s’étaient toujours pas pardonnés. Au bout d’à peine une semaine, Cheryl était tombée folle amoureuse d’un étudiant en photographie, Viktor. Ça n’avait rien avoir avec son odeur, Cheryl avait une parfaite maîtrise de sa soif. Il était devenu sa hantise, car il avait quelque chose de différent, ses photos avaient quelque chose d’irréel et de fascinant. Avec lui, Cheryl se sentait comprise, aimée, hypocrite car elle ne lui avait pas dit ce qu’elle était, et il ne fallait surtout pas qu’il le sache. Mais dans le pays froid et ténébreux dont venait Viktor, on croyait dur comme fer à ces créatures buveuses de sang qui hantaient les mythes et légendes, on savait les reconnaître, aussi n’avait-il jamais douté que Cheryl fut un vampire. Pendant deux moi, ils avaient filé un amour parfait, jusqu’à ce que la police spéciale ne débarque. On savait que le secret avait été révélé, Cheryl ne pouvait impunément violer la loi, alors avant l’erreur fatale, on a les avaient éloignés l’un de l’autre. Cheryl avait été renvoyée chez ses parents, et Viktor semblait avoir disparu de la surface de la terre. Cependant, elle était décidée à ne vivre qu’avec lui, à n’aimer que lui, humain ou pas, elle aurait tout risqué, l’exil, sa vie, juste pour le retrouver. Alors, en sortant du Lycée, elle avait pris une année sabbatique, pour mener l’enquête et le retrouver. Elle réussit, durant de longs mois ils vécurent ensemble, rien ne pouvait les atteindre. Puis il y eut cet accident, Viktor allait mourir, il la suppliait de lui accorder une autre vie, une seconde chance de vivre éternellement ensemble, elle le lui accorda. Heureusement les parents de Cheryl et Sharon ont toujours eu une grande influence dans la communauté. La punition de Cheryl dura cinquante ans. On ne sut jamais ce qu’il était advenu de Viktor. Sharon savait que si à son tour elle enfreignait la loi, la communauté n’aurait plus autant d’indulgence, car les temps avaient changés, et chaque crime était sévèrement puni. Sharon était terrifiée par la perspective d’être éloignée des siens ou d’être exécutée pour faire l’exemple, au fond d’elle, elle était persuadée que si la folie de l’amour la prenait, elle serait prête à tout risquer pour être avec celui qu’elle aimait. Paniquée, frustrée, elle était prise au piège, il n’y avait pas vraiment d’issues, elle finit par se réfugier dans le sommeil pour ne plus y penser.
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   Dim 23 Jan - 16:09

wahouuuu ! deux suite !!!
super j'ai adoré !!!!!!!!!!!!
t'écris vraiment super bien !!!!
impatiente de lire la suite !!!
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MessageSujet: Re: D'amour et de Sang frais (fiction originale)   

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