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 Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel

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appaloosa
Au cinéma avec Mike et Jacob
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 5 Juin - 12:42

jacob furieux et bella qui culpabilise de son attitude
bella qui comprend certains de ses sentiments
leath malheureuse mais je la comprend c'est dure de oublier son premier boy friends
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surie
Emménagement chez Charlie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 5 Juin - 14:03

La suite la suite!!! supercontent
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celine879
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 5 Juin - 14:36

Super chapitre!!! Vivement la prochaine rencontre Bella/Jacob!!! J'ai vraiment mal au coeur pour Léath, ba met la avec Edward comme ca tout le monde est content! Lol! Vivement la suite!
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sinsé
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 5 Juin - 16:20

Ouuuaaiiss! Il était temps! Bella se rend compte qu'elle éprouve certains sentiments envers Jacob. Vivement qu'elle largue Edward. Il est trop louche et il ne fait pas attention à elle.
De plus, Jacob compte bien prouver à Bella qu'il existe bel et bien un truc entre eux.
Je suis impatiente de lire la suite. supercontent
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Vanille41
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 6 Juin - 13:33

* - Non, je ne manque plus de soleil…, déclare-je. Il m’éclaire à chaque fois que je suis avec toi, quand je pense à toi… c'est un bel aveu.

* - Je ne peux plus me passer de toi alors tu auras toujours de mes nouvelles. Et d'un 2ième Very Happy Bella devrait boire un peu plus souvent Razz (non pas bien de dire ça mais bon ... ).

* Dès qu’elle sera à nouveau en face de moi, je lui montrerais mes sentiments.Le Jacob qu'on connaît !

* - Sam se marie ! C’est pour le printemps prochain…On a bien fêté ça hier soir ! Shocked Comment être plus direct ? Laughing

* - Oh Jacob, je ne vais pas y arriver…, sanglote-telle.
Leah me fait mal au coeur là Sad

* - Mais enfin Leah ! C’était juste pour ça ? Pour le faire ? Rhooo là Jake il s'énerve lol Il a raison de faire la leçon à Leah ... faut que quelqu'un lui fasse.

* je ne peux m’empêcher de frapper violemment sur son capot, libérant ainsi le restant de colère qui m’habitait
Ah ça c'est un fond de loup tapit en lui lol

* J’en remarque un qui semble plus fort que les autres, un petit gris et je souris, Very Happy Un petit Paul ?

* - Je te préviens, si je trouve une de ces saletés dans les bois, je fonce chez toi et je te le fais bouffer devant ta mère !
Et bien, il plaisante pas Jacob avec la nature Smile Il est sur les nerfs, tout l'agace quoi, je le trouve subitement impulsif, voir violent en parole.
- Attention, ne pas rester sur le chemin d'un Jacob en colère - Razz

* Pauvre Jacob, il se fait bouffer par son amour pour Bella confused Il est malheureux et ça le ronge à petit feu. Va falloir que ça sorte tout ça si non, Jacob va dépérir.
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 16:03

Merci à toutes pour vos messages Smile Je sais que Leah fait mal au coeur, elle m'a fait de la peine aussi lorsque j'ai écris cette scène et concernant la colère de Jacob, Vanille, même si dans cette histoire il est humain et plus cool, il reste quand même notre Jacob impulsif et parfois un peu colérique Wink Il a surtout été très déçu et c'est vrai que la situation avec Bella commence à le peser ...

Voici donc la suite, bonne lecture à toutes Smile

* * * *


33 – Lui

Une légère brise vient fouetter mon visage lorsque je sors de ma Chevrolet et claque la portière avec douceur. J’aime ces matins d’été, où le ciel est sans nuage, le soleil encore pas trop haut et qu’on entend tous les oiseaux s’affairer à nourrir leurs petits. En entrant dans le garage de Jacob, je mets quelques secondes à m’habituer à l’obscurité mais je le vois tout de suite, la tête dans un moteur et très concentré. En se relevant, nos regards se croisent et je vois la stupeur sur son visage. Oui…, pense-je, ça fait longtemps. Je ne suis pas venue ici depuis quinze jours et je pense que, depuis cette fameuse soirée où j’avais senti Jacob très en colère et que je lui avais plus ou moins avoué ce que je ressens pour lui par téléphone, nous avons eu le temps tout les deux de bien regarder la situation en face.

Pour ma part, je sais à peu près où j’en suis mais maintenant, je ne vois pas de solution…ou du moins, je n’ai pas encore le courage de la prendre.
Jacob tient toujours une clef dans une main qui tapote la paume de son autre main et ne me quitte pas des yeux. Je m’avance lentement et ose lui sourire en disant :

- Salut …

Il se pince les lèvres, inspire un grand coup et murmure :

- Salut Bella.

Une fois à sa hauteur, je contemple son visage qui m’a tant manqué mais dont la tristesse me brise le cœur. Je sais qu’il n’aime pas lorsque je disparais comme ça pendant des jours mais cette fois, c’était nécessaire. Je lui avais quand même envoyé deux textos pour lui dire que j’allais bien mais je n’avais reçu aucune réponse. Je le savais, c’était sa façon à lui de me faire comprendre qu’il ne supportait pas ce genre de communication, qu’il aurait préféré un appel ou une visite mais voilà…j’avais eu besoin de faire le point. Je m’approche plus près de lui, toujours silencieux, pendant qu’il se remet au travail sur son moteur.

- C’est la voiture de qui ? Demande-je, d’une petite voix neutre, histoire de le détendre.
- Emily…

Je hoche la tête pendant qu’il resserre un boulot en serrant les dents. J’admire les muscles de ses bras se contracter et se relâcher puis mon regard caresse son dos, sa taille…sans même réfléchir, je pose ma main sur son épaule et me penche un peu vers le moteur en déclarant :

- Ils ont tous de la chance de t’avoir pour leur voiture…
- Hum…
- Tu es vraiment très doué…, ajoute-je, bien décidée à le dérider en parlant de trucs le concernant. Tu tiens ça de qui ?
- Mon père…c’est lui qui m’a tout appris.

Je laisse toujours ma main sur son épaule et imperceptiblement, je le caresse en bougeant mes doigts. Jacob continue à remettre des vis, sans broncher pourtant, je sais qu’il sent ma main car moi, elle me brûle. Je regarde sans regarder ce qu’il fait puis à mon grand regret, il se dégage pour aller chercher un autre outil. Je me recule donc du véhicule et m’assoit sur un tas de pneus pour continuer à le regarder. Au bout de quelques minutes, il claque le capot et prend un torchon pour s’essuyer les mains puis le lance un peu brutalement à mon goût avant de se rapprocher de moi sans me regarder. Ses yeux se portent vers la porte et je lui demande, pleine d’espoir :

- On va faire une ballade ?

Il hoche la tête et je descends de mon tas de pneus pour le suivre dehors. Une bouffée de chaleur douce nous enveloppe et je respire un grand coup, savourant cet instant. Sans même en parler, nous nous dirigeons vers la plage, par le petit sentier sablonneux qui relie la maison rouge à l’océan, et je remarque avec une certaine mélancolie, que Jacob a fourré ses mains dans les poches arrière de son jeans. Je marche donc les bras ballant quand un cri d’oiseau nous fait simultanément lever la tête et au moment où j’aperçois l’aigle dans le ciel, je me prends les pieds dans une racine et je trébuche dangereusement mais aussitôt, je sens une main chaude me rattraper par le bras. Le cœur battant, je le remercie du regard. Le sien est tendu et je sens ses doigts glisser le long de mon bras puis capturer ma main. Je lui souris, heureuse qu’il me tienne enfin et je vois ses yeux me sourirent en retour. Nous reprenons notre marche en silence, mon cœur me cognant la tête sourdement. Une fois sur la plage, nous continuons d’avancer jusqu’aux vagues. A cette heure-ci, la plage est encore quasi déserte et j’apprécie ce moment de solitude partagé avec Jacob. Pour rompre notre silence, je demande :

- Comment vont les bébés loups ?
- Ils jouent, rigole-t-il enfin, le visage transformé dès que je parle d’eux.
- Ah oui ? Tu y vas encore tous les matins ?
- Une fois sur deux, oui, me confirme-t-il.

Je lève la tête vers lui, souriante. Il regarde au loin mais me sourit aussitôt, détendu. Nous avançons toujours main dans la main, croisant de temps en temps des joggers ou des femmes avec leur chien. Soudain, Jacob me lâche mais pose son bras autour de mes épaules, m’attirant doucement contre lui. Alors j’ose l’enlacer par la taille, mon cœur s’accélérant de plus belle en sentant la chaleur de son corps contre moi. Ma gorge se serre et j’inspire un grand coup en contemplant le sable à nos pieds. Au bout de quelques mètres, je l’entends me dire :

- Je vais chasser cet après-midi, tu veux venir avec moi ?

Je ferme les yeux en ralentissant le pas, me rappelant que je ne suis pas ici pour longtemps et déglutis avant de répondre :

- Non…je ne reste pas aujourd’hui Jacob.
- Ok…

Mon bras sent son corps se crisper et je me maudis pour la millième fois.

J’aurai du venir un autre jour, pense-je. Un jour où j’aurai pu profiter de lui mais voilà…j’ai attendu et maintenant, je n’ai plus le choix.

Jacob me guide vers le haut de la plage et je remarque alors un arbre couché que je n’avais jamais vu avant. Une fois que nous y sommes, il me lâche et s’assoit dessus en me fixant, le visage grave. Je reste debout, face à lui, je sais qu’il attend des explications alors je déclare :

- J’avais besoin de prendre du recul…suite à cette histoire de BM et Edward…
- Et tu as découvert quelque chose ? Demande-t-il sans sourciller.

Je secoue la tête en regardant le sable. Jacob me fixe toujours. Alors j’annonce d’une petite voix :

- Nous sommes invités dans un ranch, à Dallas…je pars pour une dizaine de jours. Je ne pourrais pas trop te contacter…et ensuite, c’est la rentrée.

Je le sens très tendu, voir même au bord de l'explosion. Il se retient de me dire ce qu'il pense quand il finit par lâcher, froidement :

- Il n'a pas encore compris que tu n'étais pas faite pour les chevaux !

Je hausse les épaules, me disant que de toute façon, Edward ne pourrait pas me forcer à remonter à cheval. Pourtant, tous en avait apparemment l’intention car Alice m’avait même dit qu’on irait faire pleins de ballades et qu’elle était contente de pouvoir profiter de Jasper qui nous accompagnait. J’ose lever les yeux vers lui et avec une force surprenante, il me soulève et je me retrouve assise sur lui. Je ne cherche même pas à résister. J’enroule mes bras autour de sa taille, enfouie mon visage dans ses cheveux, mes lèvres contre son cou et respire son parfum… J’aime tellement l’odeur de sa peau, un mélange de pin et de sel de l’océan. Je ferme les yeux, me disant que je suis peut-être en train de vivre un rêve ? Un rêve vraiment magnifique où un être aussi beau et exceptionnel que lui tomberait amoureux d’une fille aussi transparente et quelconque que moi. Pourtant, son attitude vis-à-vis de moi me prouve parfois qu’il s’intéresse réellement à moi, que je lui plais (alors que je suis clairement très fade à côté d’une fille comme Leah !) et qu’il avait du tomber un peu amoureux de moi petit pour avoir donné mon nom à la louve. Je ne me souvenais plus exactement de ses paroles ce jour-là, tellement le choc de sa révélation m’avait bouleversée mais son message était clair. J’avais eu une importance dans sa vie, et j’en avais encore. Alors, je regrette pour la centième fois de n’avoir pas fait plus attention à lui avant, de m’être autant isolée du monde et de ne l’avoir pas vu grandir…et surtout, de n’avoir pas été là quand il en avait le plus besoin ! Je me demande, tout en respirant à nouveau son parfum, depuis quand je regrette tout ça ? Et son image lorsqu’il est venu m’accueillir le jour de l’anniversaire de Leah puis celle de lui dans l’eau le jour de la pêche s’imposent à moi avec force…mais il y en a aussi une autre : celle lorsqu’il est venu me chercher à l’arrêt de bus, la toute première fois…je l’avais trouvé si beau. Est-ce que j’avais eu un coup de foudre ? Une révélation de mon idéal masculin ? Mais Jacob…ce n’est pas uniquement son physique qui me plait, c’est surtout sa personnalité si magique…ses convictions, ses rêves, sa façon de voir la vie, son savoir, sa maturité, sa bonne humeur, son audace et son impulsivité comme maintenant, lorsqu’il me prend contre lui, qu’il me tient, sans se douter une seule seconde de ce que ça provoque en moi… Soudain, il me coupe dans mes pensées en me murmurant d’une voix rauque :

- Promets-moi...promets-moi que tu seras prudente !
- Je te le promets.
- Ne saute pas de cette bête ! Si elle s'emballe, accroche-toi à son cou et essaie de la calmer ! Bella…, insiste-t-il. Promets-moi de ne pas sauter du cheval !
- Je te le promets.
- Bella, je suis sérieux ! Dit-il en se dégageant pour planter son regard dans le mien.

Nous nous dévisageons avec intensité et je murmure :

- Je sais, je te le promets Jacob.

Il soupire et porte ses yeux sur l’océan. Puis, à ma grande stupéfaction, il passe sa main sous mon chemisier et caresse la peau de mon dos. Ce contact me brûle. Je ne peux m’empêcher de penser que nous ne devrions pas faire ça, nous toucher autant. Pourtant, je me sens si bien, contre lui, je respire tellement bien. J’enfouie à nouveau ma tête dans son cou et je me sens dans l'incapacité totale de bouger, savourant sa chaleur et sa main sur ma peau. Je crois que je suis en train de donner la signification exacte du mot câlin…en tous cas, c’est le plus beau que je connaisse. Je sens ses doigts parcourir ma colonne vertébrale, puis mes hanches et j'ai une envie folle de passer moi aussi mes mains sous son tee-shirt. J'ai en fait, une envie folle d'aller beaucoup plus loin. Son parfum me grise et le toucher me fait tourner la tête. Je ressens dans mon estomac ce désir violent qui me tiraille à chaque fois que je pense à lui. Je me serre plus fort contre lui, expirant de bonheur. Nous restons un moment comme ça quand avec regret, je sens qu’il retire sa main et se contente de la poser sur mon chemisier. Je dépose un baiser sur son cou et me dégage donc avec difficulté mais réussis à descendre de lui pendant qu’il me tient toujours. Sans rien dire, nous reprenons le chemin de la maison, main dans la main.


Une fois que nous sommes à ma voiture, je me sens incapable de le lâcher et encore pire, de le quitter. Je me mets face à lui en me mordant les lèvres pendant qu’il m’observe, le regard indéchiffrable. Alors, je repense à ce que je lui ai dis par téléphone en rentrant de la fête et je comprends qu’il ne me voit plus comme avant, que mes paroles ont du le faire réfléchir et qu’il doit me soupçonner (à juste titre) de ne pas être très franche dans mon comportement. Mais il est encore trop tôt pour que je me laisse aller, je dois encore réfléchir sérieusement à ma relation avec Edward, voir lui parler avant de décider de quoique ce soit avec Jacob, même si à cet instant, j’ai une envie furieuse de me mettre contre lui et de l’embrasser. Ces quelques jours loin de tout et seule avec Edward vont me permettre de comprendre la véritable nature de mes sentiments vis–à-vis de Jacob. Est-ce une simple attirance de personnalité ? Une attirance physique ? Une attirance du danger, de l’interdit ? Ou est-ce plus que ça ? Au point de remettre ma relation et mon avenir en question ?
Nous sommes toujours face à face, main dans chaque main, en train de bêtement contempler le sol. Je lève les yeux vers lui et propose, histoire d’allonger un peu mon temps avec lui :

- On irait bien voir les loups ?
- Oui, déclare-t-il dans un large sourire. Bonne idée ! Allons-y !

Ils sont toujours aussi beaux ! Et ils ont encore grandit. J’aimerai tellement pouvoir venir avec lui tous les matins les observer. Quand je le regarde, il est vraiment différent quand il est avec eux. Ou alors c’est moi qui le vois différent ? Parce que ce lieu est magique, parce qu’ils sont tous magnifiques et que Jacob est si beau quand il les caresse du regard. Les deux mâles veillent le terrier et nous laissent contempler leurs merveilles sans broncher. La louve est couchée parmi les bébés qui jouent autour d’elle et de temps en temps, nos regards se croisent. Je lui souris, sachant maintenant son prénom et ce qui nous lie. Avec un peu de fierté, je me dis qu’elle et moi avons la même importance aux yeux de Jacob. Il s’approche de moi en souriant et je lui rends, heureuse de partager encore ce moment avec lui. Il passe son bras autour de mes épaules et m’attire à nouveau contre lui. Cette fois, je l’enlace avec mes deux bras, à la manière de Leah, pense-je avec ravissement. Je me souviens avoir ressenti de la jalousie ce jour-là, de vouloir être à sa place ! Je me sens si possessive avec lui et ceci depuis le début ! Je me souviens avoir eu envie de tout connaître sur lui, qu’il soit naturel, qu’il m’apprenne des tas de choses et sans oser me l’avouer, qu’il soit à moi corps et âme. Et là, j’y suis, je le sens…nous sommes si proches, si complices et parfois, j’ai même l’impression qu’il fait parti de moi, que je regarde avec ses yeux, que je souris avec son sourire, qu’il touche ce que je touche…même quand il n’est pas près de moi. Un des bébés fait un bond et nous éclatons de rire tous les deux. Je le sers alors plus fort et il me caresse le bras sans quitter des yeux les louveteaux.

- Bon, je suppose que tu dois rentrer ? Murmure-t-il soudain.
- Oui…, réponds-je, à contrecœur.

Alors, il hoche la tête et je lance un regard aux loups en guise d’au revoir. Il ne me lâche pas et m’invite à faire demi-tour pour reprendre le chemin qui mène à la voiture. Enlacés, nous marchons lentement, respirant ensemble le doux parfum des pins quand soudain il s’arrête, pensif et je lui lance un regard inquiet, surprise par la marque qui barre son front. Il se dégage et se met face à moi, tout près. Il fixe le sol, hésitant puis plonge son regard trouble dans le mien. Ses lèvres tremblent un peu et je m’inquiète sérieusement, craignant qu’il m’annonce une mauvaise nouvelle. Il sourit et je lui demande :

- Jacob, ça ne va pas ?
- Si…, soupire-t-il. Je…je voulais juste te dire merci pour…
- Pour ?
- Pour les belles choses que tu m’as dites l’autre nuit, murmure-t-il d’une voix rauque.
- Oh…

Je déglutis, les jambes soudain un peu molles. Je me passe la main dans les cheveux et je le vois sourire avec tendresse face à mon geste. Avec douceur, il me remet une mèche de cheveux derrière l’oreille et je sens mon cœur qui s’accélère à fond. Nous nous dévisageons et je me retiens furieusement de ne pas me hisser pour goûter à ses lèvres qui m’attirent comme un aimant. Son regard caresse mon visage lentement jusqu’à ma bouche qu’il fixe intensément. Je comprends alors qu’il se retient et j’ai envie de lui dire de ne pas le faire. Mais une voix au fond de moi me crie que c’est mal ! Qu’il faut que je parte d’ici…pourtant, je reste plantée là, hypnotisée. Soudain un cri d’oiseau me fait sursauter et je vois que Jacob reprend pied car il se recule imperceptiblement. Je pense alors que c’est finit, qu’il a renoncé et je constate que je suis extrêmement déçue. Il se racle la gorge et ajoute, presqu’en chuchotant :

- Je ne t’appellerais pas mais je te promets de répondre à tes messages cette fois.
- Merci, souffle-je, encore sous l’émotion.
- Est-ce que je peux t’en envoyer de moi-même ? Demande-t-il d’une petite voix. Des messages ? Précise-t-il.
- Oui…
- Ok, dit-il dans un large sourire.

Et je me surprends à espérer qu’il m’en envoie un rapidement. Il hoche la tête et reprend sa marche. Je le suis et une fois que je suis à côté de lui, je lui attrape la main et il me lance un petit regard amusé mais heureux. Je le vois rougir et ma joie me donne la sensation d’être légère, que tout est possible, qu’il suffit de le vouloir ! Je me sens si bien près de lui…il me manque déjà.


34 – Nous sommes si différents

En longeant les ruelles du centre de Forks, je me demande encore pourquoi ma sœur est venue s’enterrer ici plutôt que de vivre à la Réserve. D’accord, elle a tout sur place et elle n’est pas loin de l’école si jamais elle est prise mais quand même…les rues sont grises, sales par endroit et celle de ma sœur est étouffante car les bâtiments sont construits face à face de manière assez étroite. A grandes enjambées, j’atteins rapidement sa porte. Ici, elle n’a même pas de place pour garer sa voiture et doit la mettre dans l’avenue principale, sans surveillance. C’est pourquoi elle roule avec une vieille Toyota, encore plus délabrée que la Chevrolet que j’ai donnée à Bella et qu’elle ne s’y attache pas trop. Je sonne, espérant qu’elle soit là car je ne l’ai pas prévenue de ma visite. Elle m’a demandé la semaine passée de venir voir ses derniers croquis de « petite étoile » et de « petit manchot », deux personnages de ses histoires pour enfants. Apparemment, cette fois, Kate compte leur faire faire le tour du monde et ils doivent porter différents costumes selon le pays où ils vont atterrir. Je sonne à nouveau quand elle passe sa tête par la fenêtre et me crie :

- Monte ! C’est ouvert !

Je lui fais signe et entre dans le couloir principal. Je grimpe au premier, là où ma sœur vit car elle partage l’immeuble avec une vieille dame au rez-de-chaussée qui est souvent en voyage. Je frappe à la porte et elle m’ouvre aussitôt dans un grand sourire qui me fait penser aussitôt à notre mère.

- Eh, p’tit frère ! Je ne pensais pas te voir aujourd’hui !
- Désolé, j’aurai du prévenir, m’excuse-je.
- Non, pas de souci…tu es toujours le bienvenu. Tu le sais !
- Je suis venu voir les amours de ta vie, déclare-je dans un sourire contenu.

Elle rit de bon cœur et répond :

- Oui, j’attendais ton avis !

Elle se dirige vers la cuisine pour finir ce qu’elle était en train de faire et je jette un regard circulaire à cet appartement où je ne viens pas souvent. Je constate que c’est un peu le désordre, surtout sur sa table à dessin et me dis en souriant intérieurement qu’elle doit râler que je n’ai pas prévenu, car d’habitude, tout est toujours ranger, nickel, presque aseptisé. J’avance dans son salon, remarquant au passage des restants de sandwichs, une bouteille d’eau, un livre ouvert…puis en m’approchant de sa table à dessin, éclairée par une lampe vive, je vois ses crayons un peu éparpillés, beaucoup de croquis et encore des livres. Elle me crie de la cuisine :

- Une bière ? Un coca ?
- Oui un coca, ça ira !

Je regarde un à un ses feuilles colorées ou en noir et blanc quand soudain, un dessin au fusain attire mon attention et avec un doigt, je fais glisser la feuille calée sous les croquis du «petit lampion». Avec stupéfaction, je découvre une esquisse...les contours sont parfaits, le regard identique, je retiens ma respiration devant la preuve d'une telle adoration sans limite. Je me sens soudain coupable, comme si je venais d’entrer dans le monde interdit de ma sœur. Mon cœur s’accélère quand j’entends sa respiration derrière moi car je sais qu’elle ne va pas apprécier de me prendre sur le fait. J’inspire un grand coup avant de lui dire à voix basse, redoutant son explosion :

- Tu devrais l’accepter tel qu’il est Rachel.
- Je n’aime que son physique, son regard, me répond-elle en caressant du doigt un autre dessin que je n’avais pas vu. Moralement…il est immoral.
- C’est faux et tu le sais. C’est quelqu’un de bien. Seulement tu refuses l’idée qu’il ne corresponde pas mentalement à l’idée que tu te faisais de l’homme de ta vie.

Comme elle ne répond pas et contemple son croquis avec une expression que je ne lui ai jamais vue, je continue :

- Alors tu devrais t’accepter telle que tu es…

Surprise, elle relève la tête et j’ajoute :

- Une femme qui aime un homme qui lui plait, même s’il n’est pas parfait.
- Je ne l’aime pas.

En guise de réponse, je pousse avec ma main le dessin vers elle et je vois qu’elle se crispe, face à la réalité.

- Rachel…
- Laisse-moi Jacob.
- Non…on va parler toi et moi. Même si ça doit prendre toute la journée et toute la nuit. Je refuse de te laisser encore seule avec tout ça dans la tête.

Je vois les larmes briller dans ses yeux. Elle pose mon coca et se passe une main tremblante sur le visage, sans quitter des yeux les dessins qu’elle doit se maudire d’avoir oublié de cacher. Je suis son regard et suis forcé d’admettre que ma sœur a une sacrée mémoire photographique en découvrant encore un autre dessin de lui, représenté tel qu’elle l’avait vu la dernière fois, assis sur la fenêtre de Sam. Je place mes mains sur ses épaules et l’oblige à me faire face. Avec beaucoup de mal, elle détache son regard de la planche et s’autorise à me regarder.

- Il m’obsède, murmure-t-elle, la voix brisée.
- Oui…et tu sais pourquoi ?

Elle secoue la tête, comme une enfant.

- Parce que tu rejettes la réalité ! Alors ton cœur martèle ton esprit pour que tu comprennes.

Les larmes coulent lorsqu’elle ferme les yeux, elle se mord les lèvres et je ne comprends pas cette souffrance. Alors je la force à me regarder à nouveau et lui demande :

- Rachel, pourquoi te fais-tu autant de mal ? Laisse-toi aller …il t’aime beaucoup tu sais …
- J’ai peur de souffrir, m’avoue-t-elle.
- Je comprends …mais tu devrais quand même essayer. Même si ça ne marche pas, tu auras vécu un petit bout de vie avec lui et tu auras peut-être des souvenirs merveilleux.
- Mais tu ne comprends pas Jacob ! S’écrie-t-elle en se dégageant. Je ne veux pas un petit bout de vie ! Si je l’accepte comme tu dis dans MA vie, je le voudrais pour TOUTE la vie et je sais que c’est impossible.
- Mais pourquoi ?

Elle hésite et murmure :

- Parce qu’il est instable, infidèle, violent, impoli…

Je soupire, essayant de comprendre clairement la situation. Moi aussi j’ai peur de souffrir mais je ne trouve rien qui m’empêche d’essayer et tant pis si ça fait mal ! Je gérerais la douleur à ce moment-là. Seulement, ma sœur a toujours eu peur de ressentir ses sentiments trop violents. Comme la maladie de notre mère puis sa mort…maintenant cette passion qu’elle rejette…je reprends mentalement ses objections et déclare :

- Instable, je suis d’accord mais infidèle ! Comment peux-tu savoir puisqu’il n’a jamais eu une relation qui a duré plus de …une semaine ? Une soirée ? Qui te dit que dans une relation sérieuse il ne sera pas fidèle ?

Même pour moi, ça sonne faux mais j’espère quand même la convaincre. Néanmoins, je vois à ses yeux que ça ne sert à rien, que son rejet est trop fort, qu’il dure depuis trop longtemps. Elle se mord les lèvres et ajoute, le regard dans le vide :

- Et parce qu’il prend souvent des risques …, ajoute-t-elle, j’aurai tout le temps peur pour lui, je me connais.

Là, je sens que c’est la véritable raison, que le reste n’est que des excuses.

- Mais c’est déjà le cas non ? Tu trembles déjà tout le temps pour lui ?
- Oui, souffle-t-elle. J’ai peur chaque jour.

Je comprends qu’elle pense au boulot que Paul fait, le plus barge que je connaisse. Après avoir arrêté l’école à dix-huit ans, il est devenu élagueur dans une entreprise de Forks et il se fiche complètement du fait que le métier de bûcheron est considéré comme l’un des plus dangereux. Il ne risque pas que des entailles ou l’écrasement, il risque surtout la chute car même s’il est harnaché comme un alpiniste pour élaguer les pins, ils sont quand même très hauts et il doit compter aveuglement sur la force de son collègue qui le tient depuis en bas. Le danger est que personne n’est à l’abri d’une faiblesse, que si ce dernier lâche pour une raison quelconque, Paul tombe de plusieurs mètres et avec une tronçonneuse, une hache ou une scie à la main ! L’année dernière, j’avais assisté à un accident de ce genre : le porteur s’est fait piquer par une guêpe et a lâché la bribe, surpris. Du coup, son collègue avait dégringolé de plusieurs mètres en chute libre. Mais heureusement, il ne s’était cassé que le bras et l’autre avait eu les mains brulées pour avoir essayé de retenir la corde qui glissait trop vite.
Mais, il n’y a pas que les accidents, il risque aussi sa santé en étant exposé à la fumée des huiles de moteurs ou à celle des feux, à la poussière de bois ou au pollen, qu’il travaille souvent dans des conditions climatiques difficiles mais tout ce risque est bien payé et ça lui convient. Je sais qu’il est prudent mais ce que je ne savais pas, c’est que ma sœur flippait depuis toutes ces années.
Je la prends contre moi et murmure dans ses cheveux :

- Rachel, fait moi plaisir, détend-toi… Essaie au moins ! Je suis sûr que tu ne regretteras pas.

D’un doigt, je soulève son menton, la dévisage et vois à nouveau ce rejet masquer ses traits.

- Tu préfères rester comme ça ? Demande-je. Souffrir en silence toute ta vie ?
- Je ne sais pas, murmure-t-elle, brisée. Jacob, nous sommes si différents lui et moi…je ne suis pas sûre que ça marcherait.
- Laisse tomber vos différences, déclare-je en pensant aussi à Bella et moi. Ce qui compte, c’est l’alchimie et entre vous, je crois qu’il y en a…

Elle relève la tête et je vois un éclair dans ses yeux. Puis, elle me dit d’une voix blanche :

- Et Leah dans tout ça ?
- Il n’y a rien entre eux Rachel, la rassure-je.

Elle soupire et s’assoie. Je me mets près d’elle et je vois qu’elle pèse ses mots. Ses lèvres tremblent pendant qu’elle se passe la langue dessus, retenant à nouveau des larmes qui perlent à ses cils. Je lui prends la main et elle murmure, la voix étranglée :

- Je gère très mal les émotions…
- Je sais…
- Quand c’est trop fort, continue-t-elle sans me regarder, comme pour…maman ou …Paul, je me sens si mal que j’ai l’impression d’étouffer et je ne supporte pas.

Je lui caresse les mains, très fort, puis réponds avec douceur :

- Mais Rachel, tu es vivante, c’est normal de ressentir tout ça…
- C’est vrai que c’est plus facile avec mes personnages, m’avoue-t-elle. Je ne sais pas trop comment t’expliquer ça, c’est comme le vertige, ou la peur d’un animal, c’est une sensation désagréable…Pour moi, ces palpitations, cette peur, toutes ces angoisses, c’est quelque chose que je ne peux pas maîtriser et je déteste ça. J’ai l’impression de ne plus être maître de mon corps.
- Oui je comprends, affirme-je, mais la souffrance que tu ressens, c’est quand même plus désagréable que de sentir ton cœur qui bat par amour ou par joie ?
- Je ne souffre pas Jacob.
- Tu te fous de moi ! M’écrie-je malgré moi.
- Je t’assure…je préfère être seule et ne rien ressentir.
- Je ne peux pas croire ça !
- J’aime ma vie telle qu’elle est ! M’assure-t-elle en me regardant droit dans les yeux cette fois.

Je me relève, énervé.

- Et moi je n’aime pas ta vie ! Je n’aime pas te voir seule, à l’écart, transparente ! Tu ne sors jamais, on étouffe ici ! Dis-je en levant ma main vers sa fenêtre qui donne sur le bâtiment gris d’en face.
- Je me sens bien, je me sens en sécurité, déclare-t-elle.

Je l’observe et constate qu’elle semble vraiment y croire, que pour elle, cette vie est ce qui lui convient alors que moi je rêve de vivre tellement de choses palpitantes avec Bella. Mon regard se porte sans le vouloir sur ses personnages et je lui dis, plus calme :

- Je sais que tu aimes ton monde Rachel mais il n’existe pas ! Paul lui, il est vivant, il est réel, il pourrait t’apporter beaucoup plus que tes personnages.
- Non, mes personnages eux me rendent très heureuse…et ils ne risquent pas de disparaître du jour au lendemain tant que je les dessinerais, murmure-t-elle en fixant le sol.
- C’est pour ça que tu le dessines tout le temps ? Tu as le sentiment de le contrôler, qu’il ne disparaîtra pas ?

Elle ne me répond pas mais je sens que je me rapproche un peu de ce qu’elle ressent.
Je l’observe puis demande, presqu’en la suppliant :

- Promet-moi de faire un effort… ouvre-lui ta porte la prochaine fois.

Elle sourit mais hausse les épaules et murmure tristement :

- Et s’il n’y a pas de prochaine fois ? Et si j’ai laissé passer ma chance ?
- Paul est impulsif, colérique et provocateur mais il est aussi très têtu et peut être très patient dans certaines situations, crois-moi ! Je sais de quoi je parle !

Rachel relève la tête, surprise et je lui explique :

- Pour la capoeira, il est très exigeant avec moi et il a une patience d’ange qu’il n’a pas dans la vie de tous les jours. Donc, c’est qu’il en est capable.

Elle acquiesce, pas vraiment convaincue. Puis elle relève brusquement la tête et déclare :

- Je te préviens, ne te mêle pas de ça !
- Ça, c’est trop tard ma chère, il fallait penser à ranger tes dessins, la taquines-je.

Je vois un semblant de sourire se dessiner sur ses lèvres et ses joues devenir écarlates.
Elle se met debout et va se planter près de la fenêtre. Je ne comprends même pas qu’elle puisse trouver l’inspiration dans cette caverne ! Puis elle se retourne et je m’approche d’elle.

- J’ai si peur Jacob…, m’avoue-t-elle en plantant ses yeux noirs corbeaux identiques à mon père dans les miens.

Je la scrute car je sens qu’elle me passe un message et que je dois le comprendre tel quel…elle rougit à nouveau en baissant la tête et je comprends alors. Je soupire et lui passe ma main dans ses cheveux puis l’attire contre moi. Elle m’enlace en m’embrassant le torse puis en posant sa tête contre mon cœur. Je la berce comme ça un moment puis lui dis :

- Je t’aime Rachel et j’en ai assez de te savoir seule tout le temps.
- Ne t’en fais pas pour moi, chuchote-t-elle. Je ne suis pas si seule…
- Ouais tu parles…tes bonhommes, ils sont seulement dans ta tête.

Je la serre plus fortement contre moi quand nous sommes interrompus par la sonnette de sa porte. Elle se dégage et dit :

- ça doit être Kate…Tu veux bien aller lui ouvrir ? J’ai du rangement à faire, ajoute-t-elle timidement.

Son regard se pose sur la planche à dessin et je lève les yeux au ciel, comprenant que même Kate ne connaît pas l’obsession cachée de ma sœur. Je me félicite d’être venu à l’improviste pour la prendre sur le fait et qu’elle puisse enfin se libérer un peu. J’ouvre la porte et me retrouve face à l’amie de ma sœur qui me toise avec son nouveau regard appréciateur depuis quelques temps. Cette fille me fait trop rire car elle m’arrive à peine à la poitrine, encore plus petite que Bella ! A côté, Rachel a l’air d’une géante.
En passant sous mon bras que je tends en tenant la porte, elle me jette un petit regard à travers ses boucles blondes et me lance :

- Salut bel indien ! Toujours aussi sexy ! Ah, ça ne devrait pas être permis d’être aussi craquant déjà à cet âge là !

Je lève les yeux au ciel, rougissant un peu malgré moi et répond d’une voix nonchalante :

- Salut Kate ! Content de te revoir aussi…

Rachel l’accueille en disant d’une voix bien assurée malgré ses yeux rougis :
- Tu tombes bien ! Jacob allait nous donner son avis sur nos nouveaux croquis.
- Ah oui !!!! Déclare Kate soudain toute excitée. Je sens que ça va être très intéressant.

A cet instant, mon portable vibre dans ma poche arrière et je le sors aussitôt pour ouvrir le message reçu. Aussitôt, mon cœur bat la chamade en voyant le nom de Bella. Je lis et souris aussitôt en découvrant le texto : « Tout va bien. Tu me manques. B » .Je réfléchis un moment, occultant complètement ma sœur et son amie à mes côtés puis tape sur mon clavier : « Reviens vite. Je t’adore. J ». Je relis mon message et trouve que c’est un peu trop pour un premier alors j’efface le « Je t’adore » et réponds à la place : « Reviens vite près de moi. J ». Cette fois, ça va alors j’appuie sur envoie et range le portable dans mon jeans, le palpitant à fond. Je remarque alors que Kate et ma sœur m’observent, intriguées et je demande, un peu sur la défensive :

- Quoi ?
- Tu as l’air tellement amoureux ! S’écrie Kate.
- Quoi ? !
- Ton frère est amoureux Rachel, répète Kate à l’intention de ma sœur.

Je jette un regard au miroir à côté de moi et me vois, les joues rouges et les yeux fiévreux. Je comprends alors que tout ça ajouté au fait que je devais avoir l’air clairement heureux en recevant ce message.

- Je sais…, répond Rachel dans un petit sourire, le regard chargé de tendresse. Mon frère vit des moments pleins d’émotions.
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 16:48

Waou! Chapitre riche en emotions!!!!
La rencontre Bella/Jacob était trés bien. J'espere qu'elle va vite se décider à balancer Edward!!!
J'aime beaucoups la relation Rachel/Jacob, j'espére qu'elle va sauter le pas avec Paul! Ce serait dommage....
Vite vite la suite!!!!!!
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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 17:58

Oh la la! Que de beau chapitres que tu nous a postés la! Je sens Bella de plus en plus amoureuse de Jacob! Depuis qu'elle la revu elle ressent de forts sentiments qui ne font que s'accroitre! Ils sont tellement bien ensemble et tellement amoureux... Il est temps qu'elle largue Monsieur Edward Cullen... supercontent Et cette vie deja toute tracée...Et c'est temps mieux hi hi hi! happy
Et Rachel... Quelle belle description de ses sentiments envers Paul, elle est amoureuse et je la trouve très touchante, je vais suivre également l'evolution de leur relation!!!
Toujours hâte de lire la suite et merci de nous faire partager tes talents d'écriture!
A très bientot!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 18:15

rapprochement rapprochement et petit moment intimes
et j'adore jacob qui valorise paul et essaye de convaincre rachel de donner une chance a paul
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 19:05

Merci pour votre enthousiasme Smile Je suis contente que ces deux chapitres vous ait plû.
Juste un petit mot en passant :
J'ai écris des "bonus" dans lesquels Paul parle de sa vie et donc de Rachel. Je comptais les mettre entre balises car ces moments là sont en parallèle de l'histoire originale, disons que si vous lisez ces bonus, vous saurez des trucs que Jacob lui ne saura pas mais ça ne changera rien à l'histoire. Je voulais les mettre entre balises pour ceux qui ne seraient pas intéressés par sa vie mais si vous voulez, je les mets à la suite comme des chapitres normaux ?
C'est comme vous voulez, le premier "bonus" est dans 4 chapitres, donc vous avez le temps de me dire ce que vous en pensez Wink

Bonne soirée et encore merci ! bye
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 20:07

oui oui les bonus comme vrai chapitre
tu parle en paralléle de rachel et paul et des autres couple alors pour moi ce n'est pas genant
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 8 Juin - 20:16

OUI!!!!!! On veut des bonus!!!! Lol! Moi peu importe en balise ou en chapitre je les lirais de toute facon mais si tu les met "entre balise" faudra m'expliquer ce que c'est... Lol (je débute en matiere de forum).
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 9 Juin - 7:52

vivement la suite et contente que bella se rapproche de plus en plus de jacob et je suis d'accord pour les bonus


Dernière édition par bella55 le Mer 9 Juin - 12:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 9 Juin - 10:31

Coucou! Je suis aussi d'accord pour les"bonus" Paul/Rachel, j'ai envie de savoir comment c'est passée leur première rencontre, leur première disscussion etc... en plus cela nous permettra de patienter en attendant les chapitres de l'histoire principal! Que du bonus pour nous! Merci a toi
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 9 Juin - 11:18

bravo ah mais les bonus on y tiens grave !!! lol Very Happy


* Je m’approche plus près de lui, toujours silencieux, pendant qu’il se remet au travail sur son moteur. […] avant de se rapprocher de moi sans me regarder.Ouai, vexé le Jacob … confused

* Jacob continue à remettre des vis, sans broncher pourtant, je sais qu’il sent ma main car moi, elle me brûle. J’imagine bien qu’en ignorant sa main, il a le cœur qui palpite là, notre Jacob. Mais il tient bon !

* je remarque avec une certaine mélancolie, que Jacob a fourré ses mains dans les poches arrière de son jeans. Je marche donc les bras ballant quand un cri d’oiseau nous fait simultanément lever la tête et au moment où j’aperçois l’aigle dans le ciel, je me prends les pieds dans une racine et je trébuche dangereusement mais aussitôt, je sens une main chaude me rattraper par le bras.J’aime j’aime j’aime !

* je remarque alors un arbre couché que je n’avais jamais vu avant. Une fois que nous y sommes, il me lâche et s’assoit dessus
Leur arbre ? Smile

* il me soulève et je me retrouve assise sur lui.
Wow ! Très beau moment pour la suite.

* Ne saute pas de cette bête !
Ouai, on saute pas quand on flippe. Razz Ca me rappelle dans la voiture à Paul lol

* J'ai en fait, une envie folle d'aller beaucoup plus loin.
J’adore leur calin. […] Je dépose un baiser sur son cou et me dégage donc avec difficulté mais réussis à descendre de lui pendant qu’il me tient toujours.

* Nous sommes toujours face à face, main dans chaque main, en train de bêtement contempler le sol.
Là, ils ratent une occasion …

* ses derniers croquis de « petite étoile » et de « petit manchot », C’est mignon les livres pour enfants.

* Oui un coca, ça ira ! J’veux bien me taper un coca avec eux aussi !

* Avec stupéfaction, je découvre une esquisse...les contours sont parfaits, le regard identique, je retiens ma respiration devant la preuve d'une telle adoration sans limite.Ahhhh ! Elle a dessiné Paul ???? Trop bien ! Oh mais elle a en a fait pleins ! J’aimerais bien les voir moi ces dessins ! Very Happy

* Je comprends qu’elle pense au boulot que Paul fait, le plus barge que je connaisse. J’aime bien comme il dit ça.

* Ouais tu parles…tes bonhommes, ils sont seulement dans ta tête. Razz Je rigole mais c'est vachement triste quand même Neutral

* - Quoi ?
- Tu as l’air tellement amoureux ! S’écrie Kate.
C'est l'effet Bella ça

Bon et bien quel chapitre ! Magnifiques décriptions des moments tendres entre Bella et Jacob. Et j'aime toujours la vie de Rachel. Elle est touchante et Jacob prend soin d'elle. Bon alors ? Les bonus et que ça saute ! happy
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 9 Juin - 19:05

vivement la suite !!
j'adore !!
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 13 Juin - 5:34

celine879 a écrit:


Waou! Chapitre riche en emotions!!!!
La rencontre Bella/Jacob était trés bien. J'espere qu'elle va vite se décider à balancer Edward!!!
J'aime beaucoups la relation Rachel/Jacob, j'espére qu'elle va sauter le pas avec Paul! Ce serait dommage....
Balancer Edward loool le pauvre ….ouais non je sais, il vous parait louche Wink
Contente que ma relation Paul/Rachel te plaise, je l’avais un peu malmenée la pauvre dans Evolution lol


surie a écrit:


Oh la la! Que de beau chapitres que tu nous a postés la! Je sens Bella de plus en plus amoureuse de Jacob! Depuis qu'elle la revu elle ressent de forts sentiments qui ne font que s'accroitre! […]
Et Rachel... Quelle belle description de ses sentiments envers Paul, elle est amoureuse et je la trouve très touchante, je vais suivre également l'evolution de leur relation!!!
Toujours hâte de lire la suite et merci de nous faire partager tes talents d'écriture!
Merci Surie, oui Bella est de plus en plus accro Wink ça change un peu de l’histoire originale et ça m’a fait plaisir de la faire évoluer dans ce sens.
Je suis aussi contente que ma relation Paul/Rachel te plaise, j’ai beaucoup aimé écrire les bonus qui vont relater leur histoire, j’ai hâte que vous les lisiez du coup lol


appaloosa a écrit:


rapprochement rapprochement et petit moment intimes
et j'adore jacob qui valorise paul et essaye de convaincre rachel de donner une chance a paul

Oui ça rapprochement, sur ce coup-là, ils étaient très proches Wink Jacob joue bien son rôle de frère là



Bella 55 a écrit:


vivement la suite et contente que bella se rapproche de plus en plus de jacob et je suis d'accord pour les bonus


Ok Bella55, merci pour ton comm.


Vanille a écrit:



* Jacob continue à remettre des vis, sans broncher pourtant, je sais qu’il sent ma main car moi, elle me brûle. J’imagine bien qu’en ignorant sa main, il a le cœur qui palpite là, notre Jacob. Mais il tient bon !
Bah oui il a sa fierté lol

Vanille a écrit:


* je remarque alors un arbre couché que je n’avais jamais vu avant. Une fois que nous y sommes, il me lâche et s’assoit dessus
Leur arbre ? Smile
Oui Smile c’est pour ça que dans ta fic, je t’ai mis « leur arbre » lol

Vanille a écrit:


* Ne saute pas de cette bête !
Ouai, on saute pas quand on flippe. Razz Ca me rappelle dans la voiture à Paul lol
Lol oui un moment d’anthologie

Vanille a écrit:


* Oui un coca, ça ira ! J’veux bien me taper un coca avec eux aussi !
Bah quand tu veux Wink

Vanille a écrit:

Ahhhh ! Elle a dessiné Paul ???? Trop bien ! Oh mais elle a en a fait pleins ! J’aimerais bien les voir moi ces dessins ! Very Happy
Tu peux les faire si tu veux Wink tu es très douée en dessin 

Merci Florine39 et voici la suite.

Désolée pour le temps que j’ai laissé passer mais j’étais de mariage ce week-end et puis occupée à un autre truc qui m’a bien embêté mais bon …bref ! Je vous en mets un peu plus du coup Wink et en regardant ce que je vais vous mettre, je pense que ça va vous plaire Wink

Bon dimanche !!!

* * * * *
35 – Lourd secret

Seule dans cette grande salle à manger décorée de tête de bisons et de selles de chevaux, je relis pour la dixième fois son message, le cœur cognant encore sourdement ma poitrine et mes tempes. Il fait très frais dans cette pièce et j’apprécie d’y être surtout les après-midis où l’atmosphère est étouffante à l’extérieur, comme aujourd’hui. Les températures ici sont plus élevées qu’à Forks et j’ai du mal à m’adapter au climat. En fait, j’ai du mal à m’adapter tout court à ce ranch où je me sens seule, loin de tout et surtout, loin de Jacob ! Le seul point positif est que je ne vais pas voir Rosalie pendant quelques jours car cette dernière est restée à Forks.
Je me sens observée et découvre la copine de Victor, Elisa, qui me sourit depuis la porte qui mène aux cuisines. Je lui rends son sourire mais tourne aussitôt la tête, n’ayant aucune envie de faire l’effort de discuter avec elle. Elle ne parle que le Français, et ne baragouine que quelques mots comme « merci », « bonjour » et « au revoir »…je ne sais absolument pas quoi lui dire pourtant je sens qu’elle cherche le contact depuis que nous nous sommes rencontrées au restaurant de Forks. Je tombe souvent sur son regard posé sur moi, elle m’observe avec beaucoup d’intérêt et parfois je trouve ça gênant. Mais je me dis que c’est peut-être comme ça les Français ? Elle s’avance et je fais semblant d’être absorbée par une revue que j’avais pris pour cacher mon portable au cas où. Elle s’assoit en face de moi avec un sourire poli et je lui rends puis replonge la tête dans mon magasine. Alors elle demande :

- Toi aime pas chevaux ?
- Non…
- Moi non plus. Aime chat.
- Ah…, réponds-je en pinçant mes lèvres.

Je la regarde, me demandant comment je vais bien pouvoir m’échapper. Elle me sourit toujours, le regard plein d’espoir. Je pose ma revue sur la table basse pendant qu’elle jette un regard circulaire à la pièce, cherchant sûrement dans son vocabulaire limité quelque chose qu’elle pourrait me dire qui m’intéresserait. Je me sens d’humeur malpolie, sûrement parce qu’elle m’a dérangé dans mes douces pensées et je me lève plutôt brusquement pour aller me planter près de la fenêtre afin de contempler le paysage qui reste magnifique. Malheureusement, elle se rapproche de moi et déclare avec cet accent bien à elle :

- Belle maison !
- Oui…très…, murmure-je.
- Moi contente d’être là !

Je tourne la tête vers elle, en souriant brièvement. A la lumière, je remarque la beauté de ses yeux bleus. Un bleu foncé, très profond qui sont remarquablement mis en valeur par ses cheveux châtain et son teint pâle. Je constate que cette fille est quand même jolie, voir belle quand elle sourit et me demande ce qu’elle fait avec un type comme Victor qui est loin d’être un homme charmant.

- Quel âge as-tu ? Demande-je, soudain intéressée.
- Euh…

Je la vois mettre ses mains devant elle, bouger ses doigts très fins (parfait pour jouer du piano, pense-je) et me planter ses deux mains devant les yeux puis une main et trois doigts.

- Dix huit ans !
- Oui ! Confirme-t-elle dans un large sourire.

Je la regarde en souriant et elle voit que cette révélation me rend perplexe étant donné que Victor a vingt-cinq ans environs. Mais après tout, ils avaient l’air de bien s’entendre. Enfin, aussi bien qu’Edward et moi …c'est-à-dire que leur relation se limite à ce que Victor veut bien lui dire…
Elle ajoute alors :

- Victor très gentil !
- Oui…très…

Soudain, elle se retourne brusquement et je suis son mouvement pour voir Edward et Victor entrer dans le salon. Ils rient ensemble et discutent des chevaux qu’ils viennent de monter. Edward me regarde et me sourit avec douceur. Je le vois jeter imperceptiblement un regard surpris à Elisa. Il doit sûrement se demander comment nous pouvons communiquer. Victor s’approche d’elle et lui parle dans cette langue que je ne comprends pas. Je vais près d’Edward pour les laisser seuls et, tout en semblant très concentré, il me dit :

- Tu as passé une bonne après-midi ?
- Oui…et toi ?
- Parfaite ! Nous sommes allés assez loin cette fois, me raconte-t-il, heureux. Dommage que tu ne vois pas tous ces paysages…
- N’insiste pas Edward.
- Je n’insiste pas, déclare-t-il, une fois fut suffisante…
- Oui…

Je comprends alors que lui n’a jamais eu l’intention de me faire remonter en selle, contrairement à Alice qui me demande tous les matins si je vais venir avec elle. C’est vrai que l’année suivant ma chute fut très difficile pour moi mais aussi pour Edward, qui se sentait déjà responsable de cet accident et qui s’est occupé de moi sans relâche jusqu’à ce que je puisse marcher sans canne. Tout ça en pleine année de bac pour lui et donc de stress. Plusieurs fois, je l’avais senti fatigué de tout ça, des heures chez les médecins, dans les centres de rééducation, de ce que mon état lui imposait : me faire porter, ne plus sortir où nous voulions, ne plus faire tout ce que nous voulions…je comprends alors qu’il ne veut sûrement pas revivre tout ça.
Il pose son bras sur mes épaules et m’attire à l’extérieur en disant :

- Tu ne t’ennuies pas trop, tu es sûre ?
- Non, je ne m’ennuie pas…tout va bien.
- Bon…demain, Victor a prévu une autre sortie mais en 4 X 4 cette fois, m’annonce-t-il. Vous pourrez venir Eli et toi.

Je remarque le diminutif, que j’ai jamais entendu jusque là et demande, intriguée :

- Elisa vient de France…comment Victor l’a-t-il rencontrée ?

Ma remarque semble le surprendre et je le sens soudain un peu embrouiller. Ce sentiment se confirme lorsqu’il me répond, d’une voix un peu chevrotante au début :

- Et bien…Elisa vient de France oui…elle est la fille d’un entrepreneur…
- Oui…

Ma réponse reste en suspens, attendant une suite.

- Victor l’a rencontrée un jour où nous sommes allés lui et moi là bas, chez son père à Belfort.
- Je ne savais pas qu’il t’avait accompagné pour les affaires avec ta grand-mère, déclare-je, très surprise.
- La deuxième fois…si.

Je le sens soudain tendu, comme s’il me cachait quelque chose ou qu’il voulait m’avouer quelque chose…

- Edward ?
- Viens avec moi, me dit-il en me prenant la main avec douceur. Il faut qu’on parle.

Mon cœur s’accélère et je sens le sang quitter mes jambes. Dehors, la chaleur est encore étouffante mais le soleil décline déjà. Edward m’entraine vers les enclos à chevaux, silencieux. Je remarque ses joues qui se contractent, son regard sombre et je pense soudain à Jacob…me disant que j’aimerai tellement être près de lui à cet instant, lui avec qui je me sens si bien. Edward s’arrête et pose ses bras sur la barrière en bois. Je me mets près de lui et attends patiemment qu’il parle quand il se décide enfin à me dire :

- Bella…je dois t’avouer quelque chose, quelque chose qui ne va pas te plaire. Enfin, je ne pense pas…
- Je t’écoute…

Il hésite encore et mes craintes s’intensifient. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre lorsqu’il déclare :

- Ma grand-mère m’a légué une entreprise…une entreprise qui fonctionne très bien et dont je suis maintenant le gestionnaire principal.
- Ah oui…
- Cette société se trouve à Belfort, en France, ajoute-t-il en fixant les plaines face à lui. Et je vais devoir faire beaucoup d’aller-retour là-bas maintenant…

Je ne sais pas trop ce que je ressens…je suis en train de me demander si je ne suis pas contente d’imaginer qu’il serait absent souvent ? Cette pensée m’interpelle sérieusement quand il déclare :

- Je ferais les allers-retours jusqu’à la fin de mes études. Ensuite, nous irons nous installer là-bas.

A ces mots, au « nous », mes jambes ne me portent plus et je dois me tenir à la barrière rapidement.

- Quoi ? Arrive-je à murmurer. Aller vivre en France ?
- Je suis désolé, j’aurai dû avoir le courage de te le dire plus tôt…mes parents me le reprochent chaque jour depuis que nous sommes ensemble.

Malgré le tumulte qui m’envahit, je remarque son air triste, ennuyé, pleins de regrets…ses paroles atteignent mon cerveau alors un doute me survient et je demande :

- Tu le sais depuis quand ? …Depuis quand sais-tu que tu dois aller vivre en France ?

Il se tourne vers moi et ose planter ses yeux miel sur moi. Ils semblent s’excuser à sa place et je connais déjà la réponse avant qu’il ne m’avoue :

- Depuis que je suis petit…c’est prévu depuis très longtemps Bella.
- Mais…mais tu comptais ne jamais me le dire ? Marmonne-je, la voix brisée, comprenant que j’ai été mise soigneusement à l’écart de quelque chose de capital.
- Si…j’ai essayé…plusieurs fois…mais je manquais de courage, m’avoue-t-il. Tu as ton père ici, ta mère vit peut-être loin mais elle n’est qu’à deux heures d’avion…là-bas, c’est presque le bout du monde et tu ne parles pas un mot de français. Tu seras perdue, je le sais…je sais aussi que tu n’aimerais sûrement pas la région car c’est très industrialisé. Tu ne pourras pas exercer ton métier, en tous cas pas avec la flore que tu étudies ici.

Il soupire et ajoute après une courte réflexion :

- Lorsque je me suis engagé avec toi, mes parents m’en ont voulu…pour plusieurs raisons…mais principalement pour le fait qu’ils estiment que je ne suis pas honnête avec toi et qu’ils sont persuadés que tu ne me suivras pas …

Il m’observe attentivement, attendant que je réfute cette théorie mais j’en suis incapable.
Non, non je ne le suivrais pas…jamais…jamais je ne pourrais quitter Forks…en tous cas, pas tant que Jacob y sera ! Cette constatation est si forte que je comprends alors l’exacte nature de mes sentiments pour lui et par conséquent, ceux pour Edward. Je baisse la tête et je sens qu’Edward perd un peu pied. Il ne s’attendait sûrement pas à ce que je ne réagisse pas et que je me taise. Nous restons un moment comme ça lorsqu’il me dit :

- Ecoute…il nous reste un an pour faire le point…pour en parler…

Je hoche la tête, toujours les yeux baissés sur le sol poussiéreux. Il pose sa main sur mon épaule et demande d’une petite voix :

- Dis-moi au moins quelque chose Bella…
- Je dois réfléchir, déclare-je, car c’est effectivement ce dont j’ai besoin.
- Prends ton temps surtout…je ne voudrais pas que tu regrettes ton choix. Bien que même une fois là-bas, tu pourras toujours revenir ici…si tu ne te plais pas.

Je lève subitement la tête vers lui et lui rappelle :

- Mais nous serons mariés Edward !
- Oui...normalement, murmure-t-il.

Je ne me sens pas prête à aborder ce sujet maintenant alors je lui dis :

- Nous en reparlerons à Forks !
- Très bien…

Un peu déboussolée, je le laisse seul près de cette barrière. Je crois bien que c’est la première fois que nous avons une conversation aussi grave et sérieuse…je me rends compte en avançant vers le ranch qui nous n’avons ni l’un ni l’autre eu un geste tendre, un baiser ou des mots d’amour durant cet échange…pas de « je t’aime et je veux être près de toi, où que tu sois », pas de « je regrette mon amour, je changerais de vie si tu le souhaites », pas de « Tu vas me manquer quand je serais loin de toi »…tous ces mots que nous avions oublié…je remarque aussi qu’Edward ne m’appelle plus « mon amour » ou « ma chérie » mais toujours Bella…sans chaleur, sans tendresse…comme nos ébats.
Une fois que je suis dans notre chambre, je reprends mon portable et tape rapidement un message à Jacob, le cœur battant. Je me relis et me demande si ces mots ne sont pas trop forts : « J’ai hâte d’être près de toi, dans tes bras. B ». Alors j’efface le « dans tes bras » et envoies le texto aussitôt.


36 – Mise au point

Edward pose son sac sur notre lit et je mets le mien à ses côtés. Nous venons d’effectuer le retour de l’aéroport en silence et il sait tout comme moi qu’il est temps que nous ayons une discussion maintenant que nous sommes seuls et que nous n’avons plus besoin de faire bonne figure devant sa famille. Je sais aussi qu’il espère que je lui confirme mon désir de le suivre mais j’ai bien réfléchi et il est hors de question que je quitte Forks !

Maintenant, le moment que nous nous apprêtons à vivre risque d’être difficile mais je me sens décidée à ne pas me laisser manipuler car de toute façon, je le regretterais. Nous levons les yeux en même temps l’un sur l’autre. Nerveusement, je lui souris mais je sais que mon visage est froid, tendu et qu’il n’est pas nécessaire que je parle pour qu’il sache dans quel état d’esprit je suis. Je remarque alors avec un pincement au cœur qu’il a l’air triste et je m’en veux de lui faire subir ça. Il doit se sentir perdu et abandonné. Je me sens soudain coupable…

- Bella, commence-t-il quand quelqu’un frappe à la porte, l’interrompant.

Edward soupire mais dit :

- Oui ?

La tête de Bonnie passe derrière la porte et elle nous annonce :

- Edward, quelqu’un pour vous au téléphone. La personne dit que c’est urgent et important.

Il soupire tout en me regardant, un peu embarrassé mais répond :

- Bien, je vais prendre l’appel dans le bureau de mon père. Je suis désolé, ajoute-t-il à mon intention.
- Pas de souci…

Il me laisse là, pendant que je range et tris mes affaires. Une fois terminé, je m’assois sur le lit tout en repensant à ce séjour où je me suis ennuyée à mourir. Je revois aussi Edward depuis le jour où il m’a avoué son secret et constate qu’il est très nerveux, ennuyé et un peu déboussolé. Je pense vraiment qu’il ne s’attendait pas à ce que ses parents aient raison ou alors, il le savait mais doit se dire comme moi que tout vient de basculer d’un coup. Enfin, c’est le sentiment que j’ai. Peut-être parce que je viens aussi de me rendre compte que j’ai changé ? Je réfléchis et me promets que si Edward ne change pas d’avis, ça sera terminé. Mais que s’il renonce pour rester près de moi, alors …alors, je verrais à ce moment là car je ne suis plus très sûre de ressentir des sentiments assez forts pour lui, peut-être pas assez pour continuer d’envisager le mariage. Cependant, je suis avec lui depuis longtemps, je me suis engagée, je ne peux pas tout détruire comme ça et surtout, je veux savoir où LUI en est ? S’il a encore des sentiments et ce qu’il compte faire ? Sa tristesse de tout à l’heure me revient et j’ai honte de moi, j’ai l’impression d’agir sur un coup de tête…de tout foutre en l’air pour une amourette. Mais est-ce que Jacob est une amourette ? Vu de l’extérieur, on pourrait le croire, moi-même je doute à cet instant mais je ne l’ai pas revu depuis longtemps et encore une fois, je ne sais plus où j’en suis…Pourtant, je n’ai vraiment plus envie de me laisser marcher sur les pieds.

Au bout de quelques minutes, la porte s’ouvre à nouveau sur Edward et je le vois entrer avec un drôle d’air sur le visage…il semble surpris ou satisfait ? C’est très étrange mais je vois ses yeux briller d’une lueur inhabituelle et lorsqu’il les pose sur moi, un léger sourire se peint sur ses lèvres. Il semble soudain moins ennuyer, moins anéanti.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Demande-je, intriguée.
- Rien…
- Mais, pas de mauvaise nouvelle au moins ? Insiste-je, me disant qu’il allait peut-être m’en dire plus maintenant que je suis au courant de cette histoire d’entreprise en France.
- Non…tout va bien.

Comme il ne continue pas, je demande :

- Nous avons le temps de parler maintenant ?
- Oui, me confirme-t-il en souriant.

Je le sens vraiment dans un état second, il semble réfléchir et je me doute que l’appel qu’il vient de recevoir n’y est pas étranger. Alors j’attends qu’il revienne avec moi dans cette chambre et au bout d’une minute où il constate que je ne parle pas, il déclare :

- Bella, je voudrais vraiment m’excuser de t’avoir caché cette histoire…je ne voulais pas te faire du mal, je savais que ça ne te plairait pas.
- Ça ne me plait pas, en effet, confirme-je aussitôt afin de dire tout de suite ce que j’en pense.
- Alors, je comprendrais que tu restes là…, continue-t-il à demi-voix.
- Ça veut dire quoi ? Demande-je brusquement, surprise qu’il conclue aussi vite cette discussion.
- Ça veut dire ce que ça veut dire…que si tu ne me suis pas, il n’y aura pas de mariage et que tout sera finit entre nous.

Je déglutis, un peu déstabilisée par la froideur et la dureté du ton qu’il vient d’employer. Je me rends compte qu’il est en train de balayer quatre années de notre vie, comme ça, en une phrase ! Qu’il n’envisage absolument pas de changer quoique ce soit à ses projets, des projets dans lequel je n’ai aucune importance finalement. Stupidement, un flash me revient : celui de notre première rencontre. Lorsque j’ai complètement craqué sur lui, que je le trouvais beau et sexy, que toutes les filles étaient à ses pieds et que c’est moi qu’il regardait. A l’époque, je m’étais sentie si chanceuse et tellement heureuse ! Je reprends mes esprits et murmure :

- Je croyais qu’on devait discuter, pas que tu prenais une décision sans appel.
- Bella…, soupire-t-il soudain plus doux. Comprends-moi, je suis engagé, je ne peux pas renoncer à ce poste ! Je suis déjà en train de diriger cette entreprise !
- Mais…avec moi aussi tu t’es engagé ! lui rappelle-je, un peu dégoûtée d’être si vite mise au placard.
- Oui et je le suis toujours. Seulement…
- Seulement je passe au second plan !
- Non…non, ne crois pas ça, murmure-t-il.

Il semble blessé par sa propre décision et là, la colère me prend :

- Edward ! Quand est-ce que tu vas être franc avec moi ?!

Il me prend la main et je vois ses lèvres trembler. Je ne comprends plus, j’aimerai tellement savoir ce qui se passe en lui ! Je le contemple et sa beauté me touche encore. Je regrette vraiment qu’il ait changé, qu’il soit devenu si adulte, si secret…ça fait si longtemps que je ne l’ai pas vu rire, détendu, amoureux. Je me rapproche de lui et le force à me regarder. Puis, sans même réfléchir à ce que je dis, comme si une autre Bella enfouit au fond de moi reprenait le dessus, une petite étincelle qui veut y croire encore et se battre, je m’entends lui dire :

- Je t’aime toujours Edward, j’aime être avec toi, nous pouvons encore sauver notre couple !

Il lève les yeux sur moi, surpris et je continue :

- Ne pars pas en France ! Quittons cette maison ! Parle-moi Edward…dis-moi ce que tu penses vraiment. Je suis de ton côté, je suis avec toi…
- Bella…je…je ne sais pas, marmonne-t-il. Je ne peux pas …
- Ce sont tes parents ? Ce sont eux qui veulent ? Ou c’est vraiment toi ?
- J’ai accepté Bella…
- Mais il n’est pas trop tard ! M’écrie-je.

Il me fixe, semble peser ses mots puis m’explique calmement :

- Les choses ne sont pas aussi faciles que tu le crois Bella. Dans mon monde, quand tu t’engages dans ce genre d’affaire, tu ne peux pas arrêter en claquant des doigts. Mon père compte sur moi, ma grand-mère comptait sur moi et tous les gens qui travaillent là-bas comptent sur moi !
- Donc, ce n’est pas toi qui a décidé, en conclue-je. C’est ta famille…
- Oui…peut-être, m’avoue-t-il dans un demi-sourire. Mais ça me plait. J’ai hâte d’y être !
- Vraiment ? Murmure-je, la gorge serrée.
- Oui…

Je suis en train de me dire que je suis vraiment une égoïste, que pour lui, ce projet semble vraiment important et lui tenir à cœur, qu’il doit être extrêmement déçu et blessé que sa future femme ne le soutienne pas. A côté de lui, je ne suis qu’une gamine et finalement, je me dis que je ne mérite pas toute l’attention qu’il me porte depuis toutes ces années, que c’est en pensant à un autre homme que je le remercie… même s’il me met souvent (même toujours) à l’écart de sa vie professionnelle, il a toujours été très présent, trop sûrement, mais qu’il m’a tellement offert, qu’il a beaucoup donné, que c’est grâce à lui et sa famille si aujourd’hui je marche à nouveau. Je me sens soudain à nouveau coupable et déclare :

- Laisse-moi du temps pour réfléchir…je vais réfléchir Edward.
- Bella…je sais que tu ne te plairas pas là-bas…je le sais, c’est pour ça que je ne voulais pas t’en parler, je n’ai jamais trouvé le courage, m’avoue-t-il. Tout est de ma faute…
- Non…c’est vrai, ça ne me plait pas mais nous avons encore le temps non ? Demande-je d’une petite voix.
- Oui…, admet-il un peu forcé.

Je ne suis pas sûre que lui redonner espoir soit une bonne chose car pour l’instant, je me sens prête à finalement revoir ma position mais qu’en sera-t-il lorsque j’aurai revu Jacob ? J’ai l’impression que ma faiblesse vis-à-vis de lui peut disparaître mais pourtant, là, quand je pense à lui, mon ventre se chamboule à nouveau. Mais, je dois reprendre mes esprits, réfléchir correctement à la situation !

Je remarque alors qu’Edward me dévisage et lorsque nos regards se croisent, il déclare :

- Jusqu’à aujourd’hui, je pensais que tu serais perdue si je t’annonçais que je pars...je voulais t’emmener avec moi, même si je savais que ça ne te plairait pas…mais maintenant…

Il hésite, réfléchit et continue :

- Je crois que tu t’en sortiras ! Que peut-être tu me rejoindras mais quand tu seras prête ? …ou peut-être jamais ?
- Edward …
- Bella…il est peut-être encore tôt pour que nous fassions le point correctement, me coupe-t-il, mais sache que quelque soit ta décision, je la respecterais.
- Edward…j’ai l’impression que notre monde vient de s’écrouler, murmure-je en posant mon front sur le sien.

Il sourit, amusé par ma remarque qu’il doit partager puis il déclare :

- Je m’excuse de t’avoir demandé en mariage si tôt…surtout que je savais déjà quel serait mon avenir…je te mets au pied du mur et …
- Non ! S’il te plait…ne regrette pas, demande-je les larmes aux yeux.

Je passe mes mains sur ses bras, ma tête toujours contre la sienne. Nous fermons les yeux ensemble en soupirant. J’ai l’impression que la pièce entière tourne autour de nous. Edward se dégage un peu et murmure :

- Tu sais, tu devrais passer plus de temps avec ton père…

Surprise, je relève la tête et plante mon regard dans le sien. Il me sourit, me caresse les mains et me dit :

- Je me rends compte que je t’ai un peu baladée comme une enfant, que tu n’as jamais eu tes propres loisirs…tes propres amis…tu es un peu trop dépendante de moi Bella et ces derniers temps, tu sembles avoir trouvé du plaisir à aller voir ton père, non ?
- Si…, murmure-je.
- Tu devrais donc y aller plus souvent…si jamais…enfin, je ne voudrais pas que tu sois seule…
- Oui…

Je le dévisage, cherchant la véritable raison de cette requête. Dit-il ça pour m’éloigner de la villa ou me rejeter progressivement de sa vie ? Ou, pense-t-il encore à mon bien-être alors que nous allons peut-être nous séparer ? Dans tous les cas, il me laisse plus de liberté et comprend enfin que j’ai besoin de m’évader de cette maison où j’étouffe. Le visage de Jacob m’apparaît et je me sens soudain joyeuse. Je vais pouvoir aller le voir sans trop me cacher, sans trop mentir à Edward. Alors, je lui réponds :

- Oui, j’irai voir Charlie demain !
- Parfait ! Déclare-t-il dans un large sourire.

Bêtement reconnaissante, je dépose un baiser sur ses lèvres qui restent froides mais il me sourit, satisfait de me rendre heureuse, comme toujours.



37 – Sans même le vouloir…

Un coup de jambe et je me retrouve étalé sur le sable. Paul me lance un regard vainqueur et je me maudis de n’avoir pas vu le coup venir. Il me tend quand même la main et je lui choppe pour me relever d’un bond.

- Pas concentré Jake ! Encore une fois !

Je grogne et il sourit d’un air entendu. Je recommence à me placer. Aujourd’hui, c’est cours de karaté et Paul est moins conciliant que Sam dans ses entrainements. Nous recommençons quelques prises et je me prends un nouveau coup dans l’estomac. Cette fois, ça fait mal et je vois Paul se détendre d’un coup en disant :

- Bon, allez, c’est tout pour aujourd’hui, je vais finir par te blesser, se moque-t-il.
- Non, c’est bon ! Vas-y…
- Elle revient quand ? Demande-t-il.
- Je ne sais pas trop…aujourd’hui ou demain.
- Ok ! Alors, on continuera quand tu l’auras revue hein !

Je me détends alors, comprenant en le voyant fixer l’horizon qu’il n’a plus l’intention de combattre aujourd’hui. Je l’observe quelques secondes, réfléchis puis me lance :

- Tu sais que c'est bientôt l'anniversaire de ma sœur…
- Oui Jake..., murmure-t-il soudain tendu en chopant une serviette sur le sable pour s’essuyer le visage.
- Tu pourrais lui souhaiter, lui offrir un truc ?
- Je ne lui souhaite jamais, pourquoi je devrais cette année ? Demande-t-il sèchement en me lançant un regard noir.
- Tu pourrais aller chez elle ? Propose-je, espérant vraiment le faire changer d’avis.
- Nan mais t'es malade ?! S’écrie-t-il. Je ne tiens pas à me prendre un seau d'huile bouillante sur la tête !
- Paul...s'il te plait, fais un truc ! Insiste-je.
- Non !!! Lâche-moi avec ta sœur !

Il balance la serviette brusquement au sol et avance jusqu’à l’océan pour se rafraichir. Je baisse la tête, me demandant comment je pourrais changer leurs façons de se voir l’un et l’autre. Ma sœur me fatigue vraiment avec son attitude et Paul, encore pire ! Je soupire quand il revient près de moi avec le visage fermé.

- On se fait un peu de capoeira ? Propose-je pour le détendre.
- Ouais…, accepte-t-il presqu’à contrecœur.

Je commence les mouvements et le « cherche » mais je vois bien que cette fois, c’est lui qui n’est pas concentré. Malgré tout, je m’amuse un peu, fait une roue, puis une deuxième quand j’entends Paul me dire sèchement :

- Bon cette fois c’est bon, je me casse !

Je me redresse et demande, hébété :

- Quoi ?

Mais je suis son regard et vois Bella s’avancer vers nous depuis le petit chemin. Mon cœur s’emballe aussitôt en voyant son sourire et ses yeux qui ne me quittent pas. Paul passe près d’elle et elle lui lance un regard noir qui me fait rire. Ils ne se saluent même pas…
Je la laisse approcher, la détaillant avec insistance, le cœur battant. Une fois qu’elle est près de moi, je la soulève aussitôt et elle éclate de rire en se blottissant dans mes bras.

- Oh ma Bella ! Je suis tellement content de te revoir !
- Tu m’as manqué, souffle-t-elle à mon oreille.

Je la repose au sol et remets une mèche de ses cheveux qui vole derrière son oreille. Elle me dévisage, souriante et le regard brillant.

- Tu es entière ! Constate-je.
- Eh oui ! Pas de cheval !
- Super…

Elle se mord les lèvres et je vois qu’elle est vraiment heureuse de me revoir. Puis elle demande :

- Vous faisiez quoi ? Je vous ai encore interrompu non ?
- Non…Paul allait partir ! Et puis, il n’était pas d’humeur.
- Oui, comme d’habitude ! Raille-t-elle.

Je ne relève pas car pour une fois, je suis d’accord avec elle. Je la sens toute joyeuse quand elle demande :

- On fait une ballade ?
- Oui !

Je passe aussitôt mon bras autour de ses épaules et elle m’enlace par la taille, sans aucune gêne. Nous avançons lentement, en remontant jusqu’à la lisière du bois, le long de la plage. Je la conduis vers une petite butte qui domine l’océan et une fois au-dessus, nous nous arrêtons pour contempler les vagues déchainées. Le vent est particulièrement fort aujourd’hui et le sable vole par endroit. Bella se dégage et recule un peu en disant :

- Apprends-moi !
- Quoi ? Rigole-je.
- Apprends-moi à faire de la capoeira !

J’éclate de rire et elle insiste :

- J’aimerai bien faire la roue comme tu faisais quand je suis arrivée ! Sans les mains !
- Est-ce que tu sais déjà faire une roue normale seulement ? Demande-je en riant.
- Allez Jake !

Elle fait semblant de se mettre en position d’attaque, j’éclate de rire, me disant qu’elle est vraiment très détendue aujourd’hui et surtout très heureuse. J’espère que c’est le fait de me revoir qui la rend comme ça.

- Bon, on ne fait pas ça comme ça déjà, commence-je. On doit d’abord apprendre les grands principes de la capoeira avant d’apprendre les mouvements.
- Ah oui ? Et il y en a beaucoup ? Demande-elle sur un ton léger mais intéressé.
- Quarante et un …
- Quarante et un ?! S’écrie-telle.
- Hum, hum…, affirme-je ne me mordant les lèvres pour ne pas éclater de rire devant sa tête ahurie.
- Et c’est quoi le premier ? Demande-t-elle avant d’essayer de faire une roue.

Je soupire, sachant qu’elle va me les faire tous réciter car elle a envie de jouer et de me provoquer.

- Ok ! Bon…le premier : Respectez et faites respecter les coutumes, les rites et les traditions de la capoeira angola, déclare-je solennellement.

Comme elle attend toujours, en essayant de faire sa roue, je continue :

- Respectez tous les maîtres de capoeira.

Elle se redresse et demande, intriguée :

- Paul est un maitre de capoeira ?
- Euh…non quand même pas, rigole-je, mais il maitrise bien ouais. Et je le considère comme mon maitre en effet.

Elle hoche la tête et s’élance à nouveau en réussissant sa roue cette fois, pensant à se réceptionner sur son « bon » genou.

- Ouais ! L’acclame-je. Tu es douée pour une fille qui ne fait jamais de sport !
- Avant oui…, répond-elle un peu crispée. J’ai toujours détesté le sport mais j’étais quand même douée en gymnastique. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait ça, déclare-t-elle un peu essoufflée. Alors et la suite ?
- N’appliquez pas de coups offensifs avec les membres supérieurs, de coups liés tel que pisadas ni de coups de pieds en dessus de la ceinture du camarada pendant le jeu !

J’éclate de rire car elle me regarde comme si je lui parlais chinois. Alors, je lui fais un signe pour qu’elle recommence sa roue et pendant qu’elle en fait quelques unes, je lui récite un à un tous les principes que Paul m’a appris et qu’il m’a fait réciter pendant des heures jusqu’à ce que ça rentre dans mon crâne. Je me rappelle à l’époque je les citais tout le temps, à table, sous la douche, à l’école, ce qui avait le don d’énerver pas mal de monde, surtout ma sœur.
Je la vois se mettre sur ses mains et stopper son mouvement, ses jambes tanguent dangereusement. Elle essaie de se stabiliser et fait le poirier. Il y a du vent, ses cheveux s’enroulent autour de sa gorge et de son visage, elle ne voit rien et rit aux éclats en retombant lourdement sur le sable. Elle recommence et sans réfléchir, je lui tiens les jambes pour qu’elle reste droite tout en continuant mon énumération. Il y a beaucoup de vent mais je remarque surtout son tee-shirt qui vient de s’abaisser et relève aussitôt la tête, gêné. Elle se redresse et demande, voyant que je me suis arrêté :

- Tu ne peux pas en faire comme tu veux ? Provoquer quelqu’un si on t’attaque ?
- C’est comme le karaté Bella, comme tous les sports de combat en fait. A n’utiliser qu’en cas d’extrême urgence ! Explique-je.

Je continue mon récit et elle éclate de rire en répétant :

- Ne tournez jamais le dos à la porte d’entrée, sauf si vous vous trouvez face à un miroir ? Et marchez au milieu de la route si elle est sombre, jamais sur le trottoir ! Bon sang ! Tu dois te rappeler de tout ça ? S’étonne-t-elle.
- Ouais, mais ce sont des principes tu sais, quand tu les appliques sérieusement, à force tu n’y penses plus…Paul respecte toujours ça lui, moi je n’y pense jamais…ça lui met les nerfs en pelote quand il me chope sur le fait, explique-je en riant.
- Ah …Comment tu fais sans les mains ? Demande-t-elle, revenant au sujet principal.
- Ah ça ! Il faut beaucoup d’abdos ma belle !

Elle me défie du regard et je lui dis :

- Sérieux Bella, tu n’y arriveras pas comme ça !
- Ah oui ? Me taquine-t-elle.
- Eh mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé au Texas ? Tu as mangé du lion ? Demande-je, réellement surpris par sa bonne humeur.
- Non…, affirme-t-elle, essoufflée mais plus sérieuse. Mais j’ai eu une longue conversation avec Edward.
- Ah oui ?

Je suis inquiet et heureux à la fois car je me dis qu’elle a peut-être osé mettre les choses à plat avec lui, lui avouer qu’elle m’aime, qu’elle va le quitter ! Je me rends compte que je fabule complètement et me concentre à nouveau sur elle.

- Oui…, murmure-t-elle, soudain à des kilomètres de moi, il m’a dit lui-même que je devrais aller voir mon père plus souvent…

Elle me regarde et je sens soudain une profonde inquiétude dans ses yeux.

- Qu’est-ce qu’il y a Bella ?
- Je le sens si…bizarre et tellement distant parfois. Et puis certains jours, il redevient l’Edward que je connaissais, complice, calme et amoureux. J’avais toujours eu l’impression qu’il me cachait quelque chose, m’explique-t-elle, et j’avais raison.
- Ah oui ?

Jamais elle ne m’a parlé de lui en fait, pas autant. Jamais elle n’a admis que quelque chose n’allait pas entre eux et je suis vraiment content de ses confessions même si je sais que je ne saurais pas tout.

- Oui…je ne veux pas en parler aujourd’hui car je ne sais pas trop où j’en suis, me confirme-t-elle, mais ce séjour à Dallas était bénéfique.
- Tu as appris quelque chose à propos de la voiture ?
- Non…, m’avoue-t-elle en baissant la tête. Mais ça n’a pas trop d’importance en fait.
- Tu en es sûre ? Demande-je surpris.
- Edward m’a appris quelque chose de beaucoup plus …grave et ça risque de remettre en question beaucoup de choses.
- Comme quoi ? Demande-je soudain inquiet et plein d’espoir à la fois.
- Comme mon mariage.

Nous nous dévisageons, je n’ose pas y croire mais elle me fixe si intensément que je sens qu’elle me transmet un message. Celui que j’attends, que tout n’est pas perdu.

- Tu ne veux pas me dire ce qu’il t’a appris ?
- Je ne veux pas t’inquiéter inutilement, déclare-t-elle en regardant le sol, l’air soucieux. Mais lui et moi n’avons jamais autant parlé que depuis quelques jours et je compte bien continuer comme ça.

J’aimerai en savoir plus mais visiblement, elle ne veut pas. Je me demande quand même ce qu’il a bien pu lui dire pour qu’elle parle d’annulation de mariage, de remise en question et qu’il décide de lui donner plus de liberté! Elle n’a pas l’air en colère…elle se fiche même maintenant de savoir ce qu’il s’est passé avec la BM. Elle me donne un coup de poing léger sur le ventre et déclare :

- Allez ! Apprends-moi la roue libre !

J’éclate de rire malgré moi et je lui en fais une pour son plus grand plaisir. Elle refait le poirier et tombe encore lourdement. Ça fait un bien fou de rire comme ça. Nous sommes tous les deux d’humeur joueuse et je sens Bella tellement détendue que j’aimerai que cet après-midi dure toute la vie.

- Allez ! Je vais y arriver ! Déclare-t-elle, déterminée.
- Oh bon sang Bella ! Il faut avoir des abdos pour tenir !

Elle rit tout en essayant de se mettre à la verticale, elle me fait trop rire. Mais soudain, elle stoppe ses acrobaties et s’approche de moi. Elle me fixe avec intensité, les cheveux en batailles, les lèvres entrouvertes…je sais déjà que je vais faire une connerie mais je n’arrive plus à détacher mon regard de sa bouche qui m’attire comme un aimant. Sans m’en rendre compte, je me suis rapproché et je vois qu’elle se hisse sur la pointe des pieds, impatiente. Alors d’un bras, je la soutiens par la taille et je passe mon autre main sous ses cheveux pour emprisonner sa nuque et l’attirer contre mes lèvres. Elle se laisse complètement aller, je la sens toute molle et lorsque nos lèvres se frôlent, un frisson puis une bouffée de chaleur parcourent mon corps. J’ai le cœur qui s’accélère à fond, si fort que je sens que je perds pied. Mes jambes ne me soutiennent plus alors je l’attire vers le sable. Accroupis et face à face, notre baiser se fait plus intense, plus passionné…nos langues se caressent et ses lèvres sont si douces… Je la pousse doucement sur le sol et me couche près d’elle, sans m’arrêter de l’embrasser. L’un contre l’autre, je n'entends que le bruit des vagues, le sifflement du vent, le cri des oiseaux et la respiration saccadée de Bella quand elle fait une pause pour m’embrasser de plus belle. Je caresse tout son corps, elle en fait autant et même à travers nos vêtements, je sens nos corps brûler de désir. Jamais je n’ai ressenti ça pour quelqu’un, c’est si fort que j’ai la tête qui tourne. Je suis en train de vivre le plus beau moment de ma vie.

Je ne sais pas pendant combien de temps nous sommes restés ainsi mais quand je reprends mes esprits, il fait presque nuit et je la vois ouvrir les yeux, un peu perdue. Nous étions partis dans un monde si loin de tout que je sais qu’elle ressent la même chose que moi : l’impression de sortir d’un rêve. Tout semble irréel et hors du temps. Elle se redresse et regarde l’océan face à nous. Le vent s’est calmé et je m’assois près d’elle, en posant mon bras sur ses épaules. Je n’ose pas parler, craignant qu’elle regrette ce qu’il vient de se passer bien que, vu le nombre d’heures où nous sommes restés comme ça, si elle avait regretté, elle aurait tout arrêté depuis le début. Elle fixe l’océan, toujours en silence et je commence à m’inquiéter. Je lui caresse l’épaule puis les cheveux. Je la vois fermer les yeux lorsque je pose ma tête sur son autre épaule.

- Bella ?
- Oui…, murmure-t-elle faiblement.

Comme je ne continue pas, elle tourne enfin la tête vers moi et me regarde, les yeux brillants comme si elle avait de la fièvre. Je remarque ses joues rouges et son air hébété. Alors je lui caresse le visage puis je passe mon pouce sur ses lèvres. Elle me laisse faire, ne me quitte pas des yeux et je suis surpris lorsqu’elle vient se blottir contre mon cou en soupirant. Je lui caresse les cheveux, je la serre fort contre moi quand je l’entends murmurer :

- Je dois rentrer…
- Je sais…

Elle se dégage, se passe la main dans les cheveux, soupire et fixe à nouveau l’océan. Un masque est en train de recouvrir son visage et j’ai peur.

- Je te reverrais ? demande-je soudain persuadé qu’elle va regretter et se sauver.

Comme elle ne répond pas, je sens mon cœur s’accélérer d’anxiété et continue :

- Bella...j’ai vraiment envie…j’ai besoin de te revoir, me reprends-je pour bien qu’elle comprenne à quel point je tiens à elle.

Elle hoche la tête en se mordant les lèvres. Je vois ses yeux briller et je me demande vraiment tout ce qui se passe dans sa tête en cet instant. Mais, elle ne me répond toujours pas et là, je sais que c’est fichu. Que la réalité vient de la rattraper, qu’elle regrette et que je ne suis pas prêt de la revoir. Alors, pour profiter de ce dernier instant, je l’attire contre moi et embrasse son front, ses cheveux…je tente de l’embrasser à nouveau mais je sens qu’elle résiste donc je dépose un baiser sur sa joue. Ma gorge se serre et je finis par me relever, dépité. Elle lève la tête et je lui tends la main pour la hisser. Nous marchons côte à côte et je n’ose plus la toucher. Une fois que nous sommes à sa voiture, je la laisse s’installer au volant, sans la quitter des yeux. Son visage est complètement fermé, je vois ses mains trembler et j’essaie de graver mentalement ses traits dans mon esprit. Ma poitrine me fait très mal, je me sens vraiment sur le point de craquer là, devant elle. Elle démarre et pousse un profond soupire avant de lever enfin les yeux sur moi. Une larme coule sur sa joue et elle murmure d’une voix rauque :

- J’ai besoin d’un peu de temps…je t’appellerais.
- Oui…

Je sais que nous devons reprendre l’école dans quelques jours, qu’elle va retourner à la fac et qu’elle ne sera disponible que les week-ends. Cette fois, je n’ai pas envie de la regarder partir. Je lui fais un signe de la tête et la laisse là. Elle fait sa manœuvre et je suis déjà dans mon garage quand elle quitte la propriété.


38 – Détresse

Je n’arrive pas à croire ce que j’ai fait ! Je n’arrive pas à croire que j’ai provoqué ce baiser, que je n’ai pas pu résister, que mon envie a été plus forte que ma raison ! Jusque là, j’ai toujours réussi à me contrôler…je ne devais pas déraper, je n’aurai jamais du y aller aujourd’hui ! J’étais dans un moment de doute, de déception et je devais encore réfléchir mais là…
Son parfum sur mes mains, mes lèvres qui me brûlent encore…depuis que je suis rentrée dans ma chambre, je ne parviens plus à bouger, revivant encore et encore ce moment de folie qui envahit complètement ma tête. Je revois ses lèvres s’approcher, elles sont telles que je me les imaginais : chaudes, douces, sucrées, délicieuses. Il est si tendre, si attentionné dans ses caresses et son corps est si chaud, si fort. Je n’arriverais jamais à rentrer à la villa, jamais…jamais je ne pourrais cacher ce qu’il vient de se passer à Edward…j’ai l’impression que son parfum envahit la pièce, que ses baisers sont marqués au fer rouge sur chaque partie de ma peau qu’il a touché, ses mains ont laissé des traces sur tout mon corps, même à travers mon jeans, je les sens encore. Soudain, ma porte s’ouvre et j’entends Charlie m’annoncer platement, brisant cette sensation de trouble intense et me ramenant aussitôt à la réalité:

- Je vais voir Sue.
- Ok…

Ma gorge me sert et je fixe ma couverture. J’entends Charlie s’approcher de moi puis il s’assoit sur mon lit. Je sens son regard et je lève brièvement les yeux vers lui. Il soupire et me dit :

- Allons bon ! Qu’est-ce qu’il se passe encore ?

Je n’hésite même pas, trop bouleversée et ayant un trop gros besoin de confier mon crime :

- J'ai embrassé Jacob…

J'entends le gros soupir de mon père puis il déclare de sa voix désabusée :

- Ce n'est qu'un baiser Bella…
- ...tout l'après midi, précise-je, sans oser le regarder.
- Tout.., commence-t-il à répéter pour s’arrêter aussitôt et murmurer : oui...ok.
- Dis à Edward que je suis très malade, demande-je, complètement déboussolée et sans même réfléchir. Je ne veux pas qu'il me touche…
- Allez, n'exagère pas ! Y a pas mort d'homme, soupire mon père.
- Je l'ai trompé…
- Tu n'es pas encore mariée non ? S’écrie Charlie en levant les yeux au ciel.

Charlie angoisse vraiment depuis que je passe beaucoup de temps avec Jacob. J’avais du mal à saisir pourquoi mais maintenant, je comprends la situation dans laquelle je nous ai mise et je ne peux pas lui donner tort. J’essaie de me mettre à sa place. C’est le fils de son meilleur ami, il le connaît depuis qu’il est petit, il le connaît même sûrement mieux que moi, il a peur de le voir souffrir. Moi, je suis sa fille mais j’ai filé chez les Cullen pratiquement aussitôt après mon arrivée. J’imagine qu’il me voit comme quelqu’un de superficiel, embourgeoisée, qui s’amuse de choses « pas de son monde » pour le fanfaronner après autour d’une table remplie de caviar et champagne « Oui, oui, je connais personnellement les indiens Quileute ! ».

Je vois mon père réfléchir sérieusement, il me fixe puis déclare avec une petite moue qui ressemble à un sourire :

- Bah ça prouve que tu devrais un peu réfléchir sur votre relation !

S’il savait ! Je ne fais que ça ! Mais je ne voulais pas qu’il se passe quoique ce soit avant que j’aie pris une décision, si j’en prenais une ! Je ne veux pas quitter Edward POUR Jacob ! Je veux quitter Edward si je suis sûre de ne plus avoir de sentiments et que rien ne va plus. Mais là …je me sens si mal.

- Tu as des sentiments pour lui ? Demande soudain Charlie.

Comme je ne réponds pas, il insiste :

- Bella ?
- Je ne sais pas, finis-je par avouer.
- Ok …, soupire-t-il à nouveau.

J’ose le regarder, craignant d’être juger mais au lieu de ça, je vois son regard plein d’amour et légèrement amusé qu’il me lance. Alors je déclare :

- Je ne voulais pas mais j’ai flanché… Je ne veux pas le perdre…
- Pourquoi le perdrais-tu ? Demande mon père avec douceur.
- Je ne sais pas encore ce que je veux, avoue-je. J’ai peur qu’il perde patience.
- Jacob est quelqu’un de patient.
- Oui…très…

Et il est encore si jeune…mais pourtant si mature. C’est peut-être ça aussi qui dérange Charlie, que Jacob soit encore mineur ? Que j’ai une mauvaise influence sur lui…que je lui fasse croire en des choses qui n’existe pas ? Ou plutôt, qui ne peuvent pas exister…Dix sept ans…il ne les fait pas et parfois, quand je le regarde, j’ai même du mal à y croire, je me dis même que c’est moi qui suis plus jeune tellement je suis petite et inculte à côté de lui…

- Bella…je t’avais prévenue, me dit-il soudain. Je t’avais dit que si tu passais du temps avec lui, ça te ferait un électrochoc et que ça bouleverserait ta petite vie…
- Oui et tu m’avais aussi demandé de ne pas le faire souffrir, murmure-je la gorge serrée.
- Oui bon …s’il est amoureux maintenant c’est son problème ! Déclare-t-il.

Je soupire et réfléchis à ce que vient de dire Charlie. Jacob, amoureux ? Oui…il l’est, confirme-je en moi-même, le cœur s’accélérant aussitôt avec violence.
Et amoureux, il l’est depuis longtemps. Je pense à nouveau à cette plume qu’il m’a offerte petit et je pense qu’il est temps que j’admette que je l’ai jetée. Ça me tord les tripes quand j’y pense et j’attrape immédiatement les larmes aux yeux mais voilà, je n’étais qu’une sale égoïste méprisante à l’époque. Aucun respect de rien ! Obnubilée par Edward et voilà où j’en suis quatre ans plus tard ! Mes larmes coulent abondamment sur mes joues quand mon père, inquiet demande :

- Tu ne comptes quand même pas me faire une dépression ? Dors ici cette nuit s’il le faut mais ressaisis-toi ! Ce n’était qu’un baiser Bella !
- Oui, sanglote-je. Mais je ne pleure pas pour ça…
- Alors quoi ?
- Je me déteste !
- Oh Bella …je t’en prie ! Soupire-t-il, agacé par ma crise de larmes.
- Non, tu ne …comprends pas, hoquète-je. Sa plume, j’ai jeté sa plume…j’ai vraiment honte de moi, je ne respecte rien ! … Je suis partie tout de suite de la maison…je sais que tu en souffres…je ne te respecte pas non plus…

Mon père se lève brusquement et je le regarde quitter ma chambre. Je ferme les yeux, consciente que mes paroles débitées sans queue ni tête doivent lui rappeler des mauvais souvenirs. Je suis vraiment méprisable…je fais du mal partout autour de moi ! Je prends un coussin et enfouie ma tête dedans pour pleurer de plus belle. Tout s’écroule, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus où j’en suis. Tout ce que je sais, c’est que j’ai vraiment aimé ce baiser et que j’ai une furieuse envie de recommencer ! Mais alors, que dois-je faire ? Quitter Edward sur le champ ? Je revois son visage hier pendant notre discussion, sa tristesse…et je me déteste encore plus. A mon grand étonnement, j’entends les pas de Charlie à nouveau dans ma chambre et son poids sur mon lit quand il se rassoit près de moi. Soudain, je sens quelque chose d’extrêmement doux me caresser le bras et je relève la tête, surprise, pour découvrir une grande plume blanche et noire sur ma peau, tenue par la main de mon père. Stupéfaite, je lève subitement les yeux sur lui et me trouve face à son sourire en coin.

- Tu l’avais gardée ? Murmure-je, envahit par une joie immense.
- Oui…, dit-il tout en faisant tourner la plume entre ses doigts. Après ton accident, lorsque tu as filé chez eux, je l’ai retrouvée sous ton lit…elle avait glissé. Et comme je savais l’importance de ce symbole aux yeux des Quileute et surtout leur rareté, j’ai préféré la ranger jusqu’à ce que tu l’as demande.

Je baisse la tête, rouge de honte. Mon attitude égoïste et irrespectueuse se confirme et je vois aux yeux de Charlie que sur ce coup là, il pense la même chose, ce qui amplifie mon malaise. Mais malgré tout, il me la tend et j’ose la prendre mais d’une main tremblante, comme si je ne la méritais pas. Je la contemple alors, comme si c’était la première fois mais finalement, je me souviens bien d’elle. J’avais du la détailler à l’époque même si je ne m’en souvenais pas. Le visage de Jacob plus petit m’apparaît alors. Je revois ses yeux me détailler avec un léger sourire, je me souviens avoir joué de ça, que ça me plaisait de plaire à un garçon comme lui, même s’il était jeune et puis je l’avais oublié mais lui non et j’ai alors le sentiment de l’avoir abandonné, et de l’abandonner encore ! Mon père pousse un gros soupir et je le regarde.

- Mais Bella, tu devrais te regarder dans une glace !
- Quoi ? Demande-je, sortant vaguement de ma rêverie.
- Tu as l’air si…enfin ma puce ! Pourquoi me dis-tu que tu ne sais pas ? Tu aimes Jacob ! ça se voit ! Tu as l’air complètement …enfin, tu regardes cette plume comme si c’était lui ! Se moque-t-il gentiment.
- Oui, je l’aime, murmure-je, laissant les mots me pénétrer avec lenteur. C’est l’être le plus beau et exceptionnel que je connaisse. Comment ne pas l’aimer ?
- Mouais…, marmonne Charlie. Et maintenant, tu comptes faire quoi ? Pas te marier j’espère !
- Non…je vais faire une pause, remettre mes idées en place et parler à Edward.
- Excellente idée ! S’exclame mon père en se relevant, visiblement très satisfait.

Je sais qu’il n’a jamais aimé cette relation et je sais qu’il m’aidera à passer le cap. Mais avant qu’il ne me laisse, je lui demande :

- Papa, tu as une bougie ?
- Euh…oui, sûrement.
- J’aimerai que tu m’en apportes une s’il te plait…

Etonné par ma requête, mon père lève un sourcil puis, se retenant de me dire quoique ce soit, il descend pour remonter quelques secondes plus tard avec un bougeoir, des allumettes et une bougie. Je me lève du lit en le remerciant et il me demande :

- Tu veux que j’appelle Edward ?
- Non, je vais lui envoyer un message…et je reste là cette nuit.
- Très bien, soupire-t-il. Je dois quand même aller chez Sue, me rappelle-t-il. Ça ira ?
- Oui…ne t’en fais pas.

Puis, je le vois quitter ma chambre en fermant doucement la porte derrière lui. Alors, je m’approche de ma fenêtre et pose la bougie que j’allume avec les allumettes que mon père m’a laissées. Je contemple la flamme pendant quelques secondes puis m’installe dans mon siège à bascule, recroquevillée et face à la bougie. Je me balance alors, satisfaite de ma décision pour aujourd’hui : rester seule et prendre le temps de reposer mon esprit.

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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 13 Juin - 7:23

Super j'adore cette suite !!
Vivement la suite !!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 13 Juin - 14:22

Enfin des bisous!!!!!!!!!!! Trop bien ce chapitre!!! Bella qui ouvre les yeux... ça sens mauvais pour Edward mais c'est tellement bon signe pour nous!!!! Mouaaaaa!!!
Allé vite la suite!!!!!!!
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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 13 Juin - 20:19

Waouh!!! Chapitres chambouleants!!!!!!! bravo
Je suis tellement contente!!!! Leur relation a encore évoluée c'est suuuuuuuuuuuuuper! Mais je suis également triste de voir Jacob si dépité après le départ de Bella... Crying or Very sad Et pauvre Bella si amoureuse... il lui manque juste ce petit élan de courage pour vivre pleinement cette lovestory et j'espere qu'elle le trouvera très très très bientot!!! happy
J'espere vraiment que leur bohneur sera bientot complet...
Trèssssssssssssssssss Impatienttttttttte de lire la suiteeeeeeee!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 14 Juin - 1:15

* - Bella…je dois t’avouer quelque chose, quelque chose qui ne va pas te plaire. Enfin, je ne pense pas…On s'y attendait à celle-là ... Rolling Eyes

* - Quoi ? Arrive-je à murmurer. Aller vivre en France ?Euh ouai, je dis la même chose là : "Quoi ? Shocked "

* je remarque aussi qu’Edward ne m’appelle plus « mon amour » ou « ma chérie » mais toujours Bella…sans chaleur, sans tendresse…comme nos ébats. confused la pauvre ...

* - Ça veut dire ce que ça veut dire…que si tu ne me suis pas, il n’y aura pas de mariage et que tout sera finit entre nous.Et bien ... il mâche pas ces mots No

* tu sembles avoir trouvé du plaisir à aller voir ton père, non ? Euh ouai, moi je dirais que sous le mot père il y a aussi un très joli prénom qui s'y cache aussi siffle

* - Ok ! Alors, on continuera quand tu l’auras revue hein ! Razz ouai quand il aura sa dose de Bella lol je ne suis pas sûr qu'il soit plus concentré ...

* - Je ne lui souhaite jamais, pourquoi je devrais cette année ? Qu'il est c** celui-là Razz Parce que c'est l'occasion de lui parler gros bêta ! lol

* - Nan mais t'es malade ?! S’écrie-t-il. Je ne tiens pas à me prendre un seau d'huile bouillante sur la tête !
- Paul...s'il te plait, fais un truc ! Insiste-je.
- Non !!! Lâche-moi avec ta sœur !
MDR Razz

* - Bon cette fois c’est bon, je me casse ! Ah j'adore lol -désolé mais Paul il m'amuse j'y peux rien-

* j’éclate de rire, me disant qu’elle est vraiment très détendue aujourd’hui et surtout très heureuse. Et ouai, après les discussions stressantes, revoir le soleil ça fait toujours cet effet

* - Hum, hum…, affirme-je ne me mordant les lèvres pour ne pas éclater de rire devant sa tête ahurie.J'ai de suite vu son visage là ! Very Happy

* - Paul est un maitre de capoeira ? bravo ah ouai elle est bonne celle-là !

* Je me rappelle à l’époque je les citais tout le temps, à table, sous la douche, à l’école, ce qui avait le don d’énerver pas mal de monde, surtout ma sœur. Je le vois là ! Il se balade dans la maison et il récite.

* - Ne tournez jamais le dos à la porte d’entrée, sauf si vous vous trouvez face à un miroir ? Petite parenthèse : tu l'as dit à Alex l'autre jour, non ? Moi j'avais rien compris lol

* je sais déjà que je vais faire une connerieOh oh ! Ah mais qu'est-ce qu'il est beau ce moment

* Une larme coule sur sa joue Edward n'est pas là mais sur ce coup là, c'est lui qui fout tout parterre ...

* - Allons bon ! Qu’est-ce qu’il se passe encore ? Ah papa Charlie il voit que ça va pas. Et j'aime qu'il prenne le temps de discuter avec Bella.

* Cool pour la plume ! Et le moment de la bougie est très beau !
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 14 Juin - 3:24

Vanille41 a écrit:


* - Ne tournez jamais le dos à la porte d’entrée, sauf si vous vous trouvez face à un miroir ? Petite parenthèse : tu l'as dit à Alex l'autre jour, non ? Moi j'avais rien compris lol

bah oui lol quand il parlait de son tournage en prison, qu'il ne devait pas faire tomber le savon Wink je te l'ai dit en plus lool
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 14 Juin - 9:54

enfin edward lui a avouer son secret et j'espére que bella va prendre une désicion rapidement
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 14 Juin - 20:08

magnifique chapitre
enfin edward avoue un de ces secret
jacob et bella avance dans laur relation
et ce qui permet a plus de complicite avec son pere
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 17 Juin - 12:57

Merci pour vos comms les filles Very Happy

Voici donc la suite et on commence par le bonus Paul / Rachel que je ne mets donc pas entre balises mais qui, je le rappelle, se déroule en parallèle de l'histoire principale Wink

Bonne lecture !

* * * *

Mon bel oiseau en cage


Quelle journée ! Elle a déjà bien débuté avec un réveil en retard et une griffe faite sur ma voiture par un vélo pendant la nuit. En arrivant sur le chantier, mon matériel n’était pas là, j’avais du attendre une plombe que Lee me l’apporte car il n’était pas venu avec la même camionnette que la veille ! Il avait plu pas mal aujourd’hui et je déteste ça, surtout quand je dois m’essuyer la visière vingt fois par heure car je ne vois pas ce que je fais. Ajouté à ça, ce bouchon dans lequel je suis coincé depuis une demi-heure et qui va me faire rater mon rituel annuel pour de bon ! Je jette un regard à l’arrière pour vérifier que j’ai bien pris le paquet.
Vu l’heure, je me demande quand même si c’est prudent d’y aller ? Si cette satanée bagnole voulait bien se bouger, je pourrais peut-être réfléchir correctement !!! Je regarde à nouveau l’heure…là, ça sera cuit. La vieille aura fermé boutique. Tant pis ! Je passe une vitesse et fais grimper le 4 x 4 sur le trottoir. Je jette quand même un coup d’œil pour vérifier qu’il n’y a pas de vélo et longe la voie rapidement jusqu’au prochain carrefour. Le feu est au rouge, tant pis ! Au point où j’en suis. Je vois en vitesse la raison de ce bouchon et grogne furieusement. Tout ça pour une plaque d’égout mal fermée ! J’accélère fortement, en faisant ronfler le moteur jusqu’à l’avenue où je ralentis pour trouver une place où me garer. Je prends le paquet sur le siège arrière et descends de la voiture en claquant la portière. Je m’engouffre dans la ruelle complètement plongée dans le noir jusqu’à l’endroit où une lueur apparaît aux fenêtres. J’hésite puis toque aux volets, comme à chaque fois. Une grande lumière s’allume et je vois une ombre passée derrière les interstices. Je vais donc me placer devant la porte et attends. Elle met un peu de temps mais finit par ouvrir puis je l’entends déverrouiller la porte d’entrée principale et son visage ridée apparaît dans l’entrebâillement qu’elle se laisse.

- Bonsoir madame…
- Oh, c’est vous ! Je me disais…vous êtes en retard cette année !
- Oui…, soupire-je. Merci de m’ouvrir.

Elle ne me répond pas mais me laisse le passage. Je demande :

- Vous pouvez laisser la lampe, j’en ai pour deux secondes…
- Oui, oui je sais…mais ne faites pas de bruit parce que …
- Oui je sais ! Il est tard…, confirme-je.

Je grimpe les marches de l’escalier deux par deux sur la pointe des pieds. Une marche craque et je me tends aussitôt mais continue mon ascension rapidement. A deux marches du perron, je me penche et dépose le paquet habituel sur le tapis de sa porte. J’hésite une seconde mais ma dernière venue ici m’a laissé un souvenir cuisant. Je fais donc demi-tour et descends trois marches quand j’entends la poignée s’abaisser et la porte s’ouvrir derrière moi. Je stoppe mon mouvement et me retourne, le cœur cognant violemment ma poitrine. Je me sens vraiment mal et idiot, surtout quand je vois son regard noir me fixer depuis le perron, sans rien dire. Je me colle contre le mur et souris doucement en disant :

- Salut…je file t’inquiète.

Comme elle me fixe toujours sans parler, je me sens quand même obligé de justifier ma présence, tout en me demandant comment elle a su que j’étais là et surtout, en sachant que je me grille complètement pour toutes les années passées et celles à venir.

- Je suis venu déposer ton …

Je ne dis plus rien quand je vois qu’elle le tient déjà dans ses mains. Alors j’inspire et lui dis :

- Bon anniversaire Rachel.
- Merci…, finit-elle par répondre.

Le fait qu’elle me parle me donne un peu de courage et je remonte lentement deux marches pour mieux voir son visage. Elle avance jusqu’à la barricade et crie :

- C’est bon madame Flower, vous pouvez éteindre la lumière !
- Ah…, répond, hésitante, la voix chevrotante de sa voisine. Bon…très bien.

Et je me retrouve dans l’obscurité, le couloir seulement éclairé par la lueur de son appartement. Rachel entre chez elle, me laissant seul dans les escaliers. J’ai du mal à respirer, je ne sais pas trop ce que je dois faire…avec elle, j’ai toujours l’impression de m’y prendre comme un manche. J’hésite encore puis me décide à bouger, me disant qu’elle n’a pas laissé cette porte ouverte pour rien. La lumière du petit couloir me fait mal. Avec cette journée épuisante et mes tempes qui me serrent comme jamais, je plisse les yeux quand soudain, la lumière éblouissante s’éteint pour laisser seulement les plus petites qui éclairent son salon et son espace cuisine. Je la vois près de sa planche à dessin en bois, en train d’ouvrir mon paquet. Je la vois alors telle que je l’imaginais, à ouvrir cette boite de crayons de couleur et à les ranger avec les autres qui sont déjà bien entamés. Je reste près du couloir, à l’entrée du salon et pendant qu’elle continue de ranger, je jette à regard circulaire à son petit domaine, là où je ne suis venu qu’une fois avec Jacob et c’était il y a très longtemps ! Soudain, elle se retourne vers moi et me demande d’une voix si faible que je ne suis pas sûr d’avoir compris (ou alors mon cœur me rend sourd) :

- Tu veux boire quelque chose ?
- Non merci…

Elle semble déçue alors je me rattrape :

- Un thé alors.
- Ok, dit-elle dans un léger sourire.

Elle passe devant moi et file dans sa cuisine. J’ose avancer dans la pièce et regarde ses photos accrochées au mur, une à une. Je souris lorsque je vois Jake sur certaines, quand il était petit, voir très petit et d’autres prises récemment. Je l’entends s’affairer dans la pièce à côté. Je me sens vraiment dans un état second, comme dans un rêve. D’ailleurs, je vais peut-être me réveiller car son attitude est plus qu’anormale ? Je regarde alors tous ses dessins et constate qu’elle est vraiment aussi douée que je le pensais. J’avais déjà vu quelques unes de ses œuvres mais ces petits bonhommes-là sont vraiment terribles.
Je m’imagine alors tous les enfants qui les auront sur leur table de chevet quand elle aura publié son livre et me dis que j’aurai aimé en avoir des comme ça quand j’étais petit. J’entends ses pas derrière moi et me retourne. Elle ne me regarde pas en posant ma tasse sur sa table basse et s’assoit. Je ne sais pas trop si c’est une invitation…mais je m’approche quand même, le cœur cognant ma poitrine, prête à se rompre. J’avais pensé à elle toute la journée, enfin plus que d’habitude et là, je suis face à elle, irréelle, si belle et pourtant encore si inaccessible malgré le fait que nous sommes seuls pour la première fois de notre vie. Je la contemple, hypnotisé pendant qu’elle garde les yeux baissés sur le sol. Quand soudain, elle les relève et me dévisage, tendue. Je sens qu’elle réfléchit puis elle me dit :

- Merci pour les crayons de couleur...ils sont de bonne qualité. Je n’utilise qu’eux depuis des années.
- Tant mieux…, arrive-je à murmurer.
- La première fois, continue-t-elle d’une voix assez assurée, ils sont arrivés à pic…je comptais en racheter et quand j’en ai trouvé sur mon oreiller, chez papa, j’étais vraiment heureuse …l’année suivante, je n’ai pas osé en racheter car mon anniversaire approchait et j’espérais en recevoir d’autres…, déclare-t-elle en plantant son regard dans le mien. Et je les ai trouvés sur le pas de ma porte... Depuis, tous les ans, je fais attention de ne pas trop les user pour qu’ils tiennent jusqu’à l’année suivante…

Je ne parviens pas à répondre quoique ce soit. Je ne fais que la fixer, toujours hypnotisé par sa voix, ses lèvres, ses longs cils noirs, la douceur de son visage. Je me revois, chaque année, effectuer la même visite mais aux heures où je savais qu’elle ne serait pas là. La vieille d’en bas m’ouvrait tous les ans, me laissait poser le paquet et repartir sans rien dire. Cette fois, depuis ce matin en fait, je savais que ça serait différent mais je pensais que je ne pourrais pas les déposer à temps, vu l’heure. J’étais loin de m’imaginer que je serais assis là, devant elle…à l’écouter me parler quasi pour la première fois. Car nos rapports étaient toujours tendus d’habitude. Je me demande ce qui a pu changer ? Qu’elle ait accepté de faire entrer un vaurien chez elle…

- Tu ne bois pas ton thé ?

Je mets cinq secondes à comprendre sa question et réponds :

- Si...si !

J’attrape la tasse et elle m’observe, plongée à nouveau dans le silence. Cette fois, je n’ose plus la regarder car ses yeux brillent si étrangement que je me sens encore plus mal. J’ai à la fois envie de fuir et de rester…c’est très curieux comme sentiment mais avec elle, ça a toujours été comme ça. Elle m’attire et quand je suis près d’elle, c’est comme si j’avais peur. Pourtant, je me sens quand même bien mais en fait, je pense que j’ai peur de devenir prisonnier, complètement à ses pieds…c’est peut-être pour ça que parfois je me dis : « Profites-en, après tu ne pourras plus ».
Je finis ma tasse et me dis que je suis quand même un crétin car je ne vais plus pouvoir rester longtemps maintenant. De toute façon, elle va finir par écourter cette invitation donc autant que je la devance, histoire de ne pas avoir l’air encore d’un rejeté.

- Excuse-moi pour l’autre jour, déclare-t-elle, à ma grande stupéfaction. Je me suis mal comportée.

Je me souviens la honte, la colère puis la tristesse, cette douleur qui te taillade la poitrine comme mille couteaux, mais réponds calmement :

- Oh…tu n’as pas à t’excuser si tu penses ce que tu as dit. Je sais quelle image les gens ont de moi tu sais, ajoute-je.
- Je ne le pensais pas, murmure-t-elle.

Encore une fois, je ne sais pas quoi répondre mais me demande sérieusement quelle mouche l’a piquée ! J’entends du bruit en bas et demande, perplexe :

- Comment as-tu su que j’étais là ?
- J’avais demandé à madame Flower de me prévenir cette fois, explique-t-elle dans un demi-sourire. Elle a appelé dès que tu as toqué à ses volets.

Je comprends alors le léger contretemps que j’avais remarqué en attendant qu’elle m’ouvre mais je ne comprends toujours pas ce qu’il se passe ? Ça doit se lire sur mon visage car Rachel soupire et continue :

- Je voulais te remercier…depuis tout ce temps…
- Ah oui…

Soudain, j’ai l’impression d’étouffer…une furieuse envie de la prendre contre moi, de passer mes mains dans ses cheveux, sous son chemisier, sur ses jambes. Si je reste là, je vais faire une connerie alors brusquement, je me lève sous le regard surpris de Rachel.

- Merci pour le thé mais…je dois filer !

Elle se relève et nous nous trouvons face à face. Je vois bien qu’elle ne comprend pas mais je ne veux pas me faire jeter à nouveau alors je préfère me sauver avant de ne plus pouvoir me retenir. Elle me donne une chance, autant la garder ! Je la contourne et atteins la porte en deux enjambées.

- Paul !

Je me retourne pour la voir s’approcher de moi, les yeux brillants. La main sur la poignée, je reste silencieux, attendant qu’elle continue mais au lieu de ça, je la vois s’approcher plus près jusqu’à ce que nos jambes se touchent. Ses yeux dans les miens, à peine à quelques centimètres l’un de l’autre, elle me fixe et s’approche encore. Je déglutis, comprenant ce qu’elle veut et l’invite du regard à continuer, sachant que pour elle, cette expérience est inédite. Elle hésite, ne sachant peut-être pas comment s’y prendre ? Alors je lâche la poignée et passe ma main sous sa longue épaisseur de cheveux pour agripper sa nuque. Ses lèvres tremblent et elle ferme les yeux alors je n’hésite plus et capture sa bouche avec force. Mais je me calme tout de suite, craignant de l’effaroucher et dépose des baisers plus doux sur ses lèvres qu’elle m’offre sans retenu. Je n’arrive pas à croire que je suis enfin en train d’y goûter, depuis le temps que j’attends ce moment ! Quelques flashs de notre jeunesse me reviennent mais s’effacent aussitôt pour ne laisser que l’image que je vois à cet instant : le visage de Rachel contre le mien, la douceur de sa peau, la tendresse de ses lèvres. Mon baiser se fait plus insistant et elle se laisse aller. Je sens un frisson parcourir son corps et je la presse plus contre moi avec mon autre main. Elle m’enlace et m’embrasse avec plus de fougue. Sans même m’en rendre compte, je suis en train de la pousser contre son mur mais elle ne me retient pas et une fois que nous y sommes, je suis tellement pressé contre elle que mon désir m’envahit avec violence. Aussitôt, je me recule, ne voulant pas la choquer dès ce soir. Elle me regarde, un peu hébétée, ne comprenant sûrement pas pourquoi je viens de stopper notre étreinte. Seulement voilà, je sais que je suis le premier homme dans sa vie, que je suis le premier à la toucher car je n’ai jamais vu Rachel avec un copain et donc que ce soir, je suis presque sûr qu’elle vient de vivre son premier baiser et je ne peux pas profiter de sa faiblesse pour l’emmener jusqu’au bout comme ça.

- Paul, embrasse-moi encore, me souffle-t-elle.

Le cœur au bord de l’explosion, je pose mon front contre le sien, sans cesser de caresser son cou, ses hanches…puis, une fois que je me sens plus calme, je pose à nouveau mes lèvres sur les siennes et elle se laisse à nouveau aller en soupirant.
Au bout de plusieurs minutes, je finis quand même par la laisser reprendre son souffle. Nos visages presque collés, nous nous fixons avec intensité. Je me glisse alors dans son cou pour l’embrasser avec douceur, respirer son parfum…elle gémit en me prenant contre elle, enfouissant aussi son visage dans mon cou. Elle m’embrasse par petits baisers répétés jusqu’à ma mâchoire puis elle redescend et continue son exploration dans le creux dans mon épaule. Je frissonne de partout quand je sens ses mains passer sous mon tee-shirt et me caresser le dos jusqu’entre mes épaules. Il faut vraiment que je me calme si je ne veux pas déraper maintenant ! Alors je me dégage avec lenteur mais bien déterminé à arrêter là. Cette fois, elle semble être de mon avis car elle baisse la tête, rouge de plaisir. Je lui prends la main et l’embrasse. Elle ose alors lever les yeux sur moi et me sourit.

- J’aimerai qu’on se revoie, murmure-t-elle.
- Oui…Quand ?
- Samedi ? Me propose-t-elle.
- Ok.

Nous nous dévisageons, tous les deux avec un léger sourire. Je trouve quand même la force de réfléchir et lui demande :

- Tu veux faire quelque chose de particulier ?
- Passé la soirée avec toi…diner ensemble ? Offre-t-elle.
- Dans un resto ?

Elle hausse les épaules et je soupire déjà intérieurement de devoir passer la soirée dans ce genre d’endroit mais elle semble y tenir alors je hoche la tête et elle sourit de plus belle. Je finis par détacher mes yeux des siens et lâcher sa main. J’ouvre sa porte et elle m’attrape par le cou avant que je ne passe le seuil.

- Paul…
- Oui ?

Elle se retient de continuer, se mord les lèvres et finit par renoncer à ce qu’elle voulait me dire. Je lui donne un dernier baiser et me dégage en chuchotant :

- Bonne nuit…
- Bonne nuit, répond-elle dans un grand sourire.

Je constate qu’elle ne fait plus que ça depuis notre baiser, me sourire et je me sens très heureux. Je descends les marches à reculons, sans la quitter des yeux. Elle rit quand je me trouve caler dans le tournant. Un dernier regard et je me décide à dégringoler le reste des marches. En bas, la porte de la vieille madame Flower s’ouvre et elle me lance un regard coquin en déclarant à voix basse :

- Alors ? Ce n’est pas mieux comme ça ? Plutôt que de toujours venir comme un voleur ?
- Mais je suis un voleur, madame ! riposte-je avec une folle envie de rire. Je suis venu voler son cœur.
- Oh ! Rigole-t-elle. Et poète avec ça ! Elle en a bien de la chance !

Dans un clin d’œil, je la salue, un peu septique sur sa dernière remarque. En marchant au milieu de la ruelle, je me demande si je suis vraiment « une chance » pour Rachel ? J’entends soudain mon prénom et me retourne. Je la vois alors sur son balcon qui me fait signe. Je retourne sur mes pas et une fois sous ses pieds, je lève la tête. Alors elle se penche et me lance un morceau de papier plié. Je l’attrape au vol et l’ouvre pour y découvrir son numéro de portable. Souriant, je lève à nouveau la tête vers elle et elle me lance :

- Appelle-moi tous les soirs s’il te plait ! Juste pour me dire que tout va bien.

Surpris par sa requête, je hoche quand même la tête et empoche le bout de papier. Nous nous fixons encore quelques instants et je me décide à la quitter en lui lançant un baiser avec ma main. Elle rougit et je sais qu’elle me regarde partir jusqu’à ce que je disparaisse dans l’avenue.



* * * *


39 – Complicité

A la veille de la rentrée, je me décide quand même à retourner à la villa. Je me sens prête à affronter le regard d’Edward sans qu’aucune émotion ne transparaisse. Ce dernier m’accueille devant ses parents avec un large sourire, comme si tout était normal, pour le plus grand regret de Rosalie qui me fusille du regard, pensant sûrement que j’avais quitté Edward après ces trois jours d’absence. Mais une fois que nous sommes seuls dans la chambre, le visage d’Edward reprend ce masque de tristesse et de désolation. Mon cœur se serre et je m’assois près de lui, sur le lit, en lui passant ma main dans les cheveux qui descendent un peu sur sa nuque.

- Merci de m’avoir laissée souffler…j’avais vraiment besoin de prendre du recul.
- Je pensais que tu ne reviendrais plus, m’avoue-t-il en plantant son regard miel dans le mien.

Je ne réponds pas mais continue de lui caresser les cheveux. Puis, je remarque qu’il semble réfléchir et je lui demande :

- C’est ce que tu aurais voulu ? Que je ne revienne pas ?

Il lève la tête, surpris puis je le sens hésiter et il déclare :

- Je ne sais pas trop ce que je veux en fait…

Cette révélation me fait un drôle d’effet et la question suivante me vient tout naturellement.

- Est-ce que tu m’aimes encore Edward ?
- Bien sûr ! S’exclame-t-il aussitôt. Mais j’ai beaucoup repensé à nous pendant ton absence…et je me suis rappelé des beaux souvenirs, déclare-t-il le regard soudain joyeux et brillant. Avant, nous étions très heureux…

Je constate qu’il s’est enfin rendu compte qu’il y avait un malaise dans notre couple, ce qui me rend encore plus honteuse d’avoir eu ma faiblesse avec Jacob pendant que lui semblait se remettre en question. En le regardant, je sais que je suis encore incapable de le quitter, pas tant que je ne serais pas sûre que c’est ce qu’il fallait faire. J’essaie de mettre mes sentiments pour Jacob de côtés, surtout l’effet qu’il produit sur moi…
Car, comme souvent depuis que je l’ai laissé, mon esprit m’envoie des flashs de notre étreinte ou des images, des sons, des paroles, histoire de ne pas me faire oublier que j’ai trahi Edward. Depuis ce matin, je vois en boucle le moment où je l’ai vu sur la plage avec Paul puis lorsqu’il m’a prise dans ses bras en me murmurant à l’oreille : "Oh ma Bella, je suis tellement content de te revoir ! "

Encore une fois, je ressens la même sensation : une nouvelle vague de chaleur, encore plus forte que les précédentes parce que j’y pense en présence d’Edward.
J’aime tellement lorsqu’il prononce mon prénom avec tant de douceur et cette fois, son intonation était si tendre, le « ma Bella » résonne encore joyeusement dans ma tête depuis qu’il m’a reposé sur le sable.

Je sursaute lorsqu’Edward me prend la main. Il remarque qu’il m’a sorti de ma rêverie mais ne me demande rien. Nous nous dévisageons quelques instants puis il soupire et je sais que comme moi, il est perdu mais pas pour les mêmes raisons. Je pose mon front sur son épaule et nous restons comme ça un moment avant qu’il me dise :

- Comme tu l’as dit, nous avons le temps…j’aimerai…j’aimerai qu’on passe un peu plus de temps ensemble Bella, juste toi et moi.

Je me mords les lèvres car au fond de moi, je redoutais cette proposition. Pourtant, je sais qu’il a raison car je pense la même chose. Tout essayer avant d’être sûr que nous séparer est la bonne solution. Je refuse de le quitter pour un autre, même si je sais que mes sentiments pour Jacob sont très forts, plus forts que ceux que je ressens pour Edward. Nous étions quand même sur le point de nous marier et Edward semble vouloir essayer. Alors je hoche la tête et je l’entends soupirer.

Le repas dominical est comme d’habitude, guindé et sophistiqué. Depuis quelques temps, je souris toujours intérieurement pendant ces moments, m’imaginant Paul parmi nous. Il aurait retourné la table, à coup sûr ! Je me retiens de rire quand soudain, Carlisle m’interrompt dans ma rêverie en déclarant :

- Vous aurez la grande salle de la maison forte de New Castle pour la réception ! Je viens de recevoir la confirmation par fax.

Edward et moi relevons la tête, soudain très mal à l’aise mais personne ne remarque quoique ce soit. Seul Carlisle fixe son fils, satisfait et je vois Edward hocher la tête en souriant légèrement.

- Oh ça va être super ! S’écrie Alice. Maman, je pourrais vous aider pour la décoration ?
- Bien sûr ma chérie, répond cette dernière en posant sa fourchette.
- Ah non, je ne te veux pas dans nos pieds ! Riposte Rosalie. Maman, c’est hors de question qu’elle soit là !
- Rosalie, ta sœur a beaucoup de goût en matière de décoration, je lui fais confiance.
- Oui ! Je suis LA spécialiste de cette maison ! Déclare Alice, avec une pointe de fierté. Je vais vous faire des croquis, nous annonce-t-elle. Vous verrez ! Avec cette salle, ça va être magnifique !

Edward et moi hochons la tête en même temps mais toujours silencieux. Je remarque qu’il a perdu beaucoup d’assurance et qu’il doit vraiment se sentir aussi perdu que moi.
Soudain, Esmée déclare pendant que nous reprenons notre repas :

- J’ai fait une étonnante rencontre aujourd’hui.
- Ah oui ? S’étonne Carlisle, toujours intéressé par tout ce que dit sa femme.
- Oui, j’étais chez le fleuriste et en sortant, un homme est venu me voir pour me dire qu’il était content que ma voiture roule encore !

Aussitôt, Edward et moi relevons la tête ensemble. Cette fois, si j’avais un doute, je ne peux pas ignorer son air ennuyé et stressé. Surtout que l’attitude intéressée d’Alice me confirme qu’elle n’y est pour rien dans cette histoire et qu’Edward me cache bien quelque chose ! Carlisle repose son verre de vin et lance un regard surpris à Esmée qui continue :

- Oui, je lui ai répondu qu’il devait faire erreur mais il a insisté en disant que c’était lui-même qui l’avait sorti du fossé !

Carlisle pouffe de rire et répond :

- Il sortait du café du coin ?
- Je ne sais pas, déclare Esmée plus sérieuse, il avait l’air d’être sûr de lui mais il était très surpris de voir qu’elle n’était pas abîmée.

Je déglutis, pensant aussitôt à Jacob, quand soudain je capte le regard noir de Rosalie sur moi. Me soupçonnerait-elle d’avoir eu cet accident ? Aussitôt, je tourne la tête vers Edward qui est blanc et se concentre sur le verre qu’il boit avec lenteur.

- Je lui ai donc demandé quand l’avait-il sorti du fossé ?
- Ne me dit pas que tu as cru ce type ! La coupe Carlisle, amusé.
- Ecoute…il m’a précisé l’endroit et le moment…et c’était quand j’étais à Seattle.

Un silence traverse la table et j’ai l’impression qu’un souffle d’angoisse s’abat sur moi et sur Edward, qui semble avoir du mal à avaler son verre. Moi, je me sens mal car j’ai peur que toute cette histoire remonte jusque Jacob. Soudain, je repense à la photo que je détiens sur mon portable et me dis que je dois absolument l’effacer dès que je remonte dans ma chambre. Rosalie me lance un nouveau regard, sourcil levé et j’ai l’impression qu’elle me dit : « toi, tu es grillée ! ». Esmée rit doucement et continue :

- Enfin, ça doit être une erreur ! Je lui assuré qu’il se trompait et il a fini par admettre que ce n’était pas cette voiture finalement, car elle était très abîmée apparemment mais j’ai eu un doute…pendant un moment, confirme-t-elle en lançant un sourire gêné à toute la table.

Un sourire qui ne correspond pas du tout avec le regard glacé de Carlisle posé sur son fils à cet instant. Ce dernier le sent d’ailleurs et tourne la tête vers son père, le visage soudain figé. Je me crispe, comme si tout à coup, Edward est en danger, comme si lui et moi étions du même côté. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas ce qu’il s’est passé avec cette voiture mais je ressens une envie profonde de le défendre et de le protéger contre son père et contre sa famille. C’est peut-être ça l’union conjugale ? Bizarrement, à cet instant, je me sens très proche de lui. Peu importe ce qu’il a fait, je refuse qu’on lui fasse du mal ! Je ne crois pas à la théorie de Jacob, que c’était quelqu’un d’autre qui conduisait. Si Edward a caché tout ça à sa famille en plus de moi, c’est qu’il avait ses raisons. Je pose alors ma main sur la sienne et aussitôt il emprisonne mes doigts pour les serrer très fort. Il sait que moi j’ai remarqué l’absence de la voiture de sa mère et apparemment, je suis la seule. Je prends l’étreinte d’Edward pour un remerciement et soudain, je nous sens plus unis que jamais.

Le repas terminé, malheureusement Carlisle demande à Edward de venir dans son bureau mais, même si j’aimerai savoir ce qu’ils vont se dire à cet instant, je monte aussitôt dans notre chambre pour effacer la photo de mon portable. Une fois que c’est fait, je respire un peu mieux puis me rends compte que je suis seule et que je n’ai pas donné de nouvelles à Jacob depuis longtemps. Je lui envoie un message pour lui demander si je peux l’appeler. Il me répond quelques secondes plus tard que oui. Je compose donc son numéro, les doigts tremblants et une fois que la sonnerie retentie, je ferme les yeux.

- Salut, dit-il en décrochant.
- Salut…Tu vas bien ? demande-je, la gorge complètement nouée par l’émotion de l’entendre à nouveau.
- Ça pourrait aller mieux, soupire-t-il.

Je me mords les lèvres lorsqu’une bouffée de chaleur m’envahie. Il me manque tellement, j’essaie pourtant d’occulter son image quand je suis ici mais je me rends compte que c’est peine perdue. Je sais aussi qu’après cet appel, j’aurai une folle envie de le rejoindre sur le champ. Son soupire en dit long sur ce qu’il ressent. Je m’en veux tellement de l’avoir laissé mais si j’y retourne, je ne suis pas sûre d’être capable de me retenir.

- Tu fais ta rentrée quand ? Demande-t-il alors.
- Dans deux jours.
- Moi aussi, confirme-t-il. On ne se verra plus alors ?
- Si…si je viendrais te voir mais pas tout de suite.
- Quand ? Demande-t-il avec une pointe d’impatience que je capte aussitôt.

Notre baiser me revient avec force. Pourquoi jouer la comédie et essayer d’avoir une conversation normale alors que lui comme moi sommes bouleversés ?

- Jacob…je ne suis pas libre…, murmure-je.
- Je sais, bougonne-t-il.
- Je ne peux pas…je dois d’abord faire le point sur ce que je veux vraiment.
- Je sais, répète-t-il.

Je me sens soulagée d’aborder ce sujet. Je ne peux pas le laisser sans réponse, sans espoir. Je veux qu’il sache qu’il ne m’est pas indifférent alors je continue :

- Je tiens beaucoup à toi Jacob, je ne veux pas te perdre.
- Tu ne me perdras pas, soupire-t-il. Mais j’aimerai qu’on se revoie…en amis si tu ne veux pas plus.

S’il savait vraiment ce que je veux ! J’hésite…par téléphone, c’est tellement plus facile. Je ferme les yeux et réponds, le cœur frappant ma tête avec une force incroyable :

- Tu n’es pas mon ami Jacob…
- Ah oui ? Je suis quoi alors ? Répond-il un peu sur la défensive.
- Tu es plus que ça …, murmure-je. Tu es celui qui m’a fait revivre, l’air que je respire…

Comme il ne répond pas et que je devine que mes paroles, cette fois dites dans un état normal, doivent le bouleverser autant que moi, j’ajoute :

- Tu me manques à chaque instant.
- Toi aussi, souffle-t-il, me rendant immédiatement joyeuse.
- Je ne veux pas te faire de mal.
- C’est trop tard, répond-il faiblement. Tu as transpercé mon cœur.

Le mien se met à battre à toute vitesse devant une telle déclaration. Mes jambes ne me portent plus et je dois m’asseoir sur le lit. Je l’entends respirer, aussitôt je nous revois coucher l’un contre l’autre sur le sable. J’aimerai tellement pouvoir le toucher à nouveau, fermer les yeux et me retrouver contre lui.

- Bella, j’aimerai vraiment te revoir, déclare-t-il soudain, coupant ma douce rêverie. Ne me laisse pas comme ça.

Sa voix, presque suppliante me chamboule …si seulement je m’étais contrôlée !!! Je me déteste de le faire souffrir autant !

- Je te promets de revenir te voir…bientôt.

Je sais parfaitement comment ça va se passer mais tant pis. Le mal était fait maintenant…

- Alors bonne rentrée, déclare-t-il tristement.
- Toi aussi…

Il raccroche et je me sens soudain si seule…je regarde cette chambre et j’aimerai tellement être dans une autre qui doit être plus petite, plus simple, plus chaleureuse. Une image de nous enlacés sur son lit frappe mon esprit et je rougis aussitôt. C’est la première fois que je nous imagine ainsi et je sais, qu’à la façon dont mon corps vient de réagir, que ça ne sera pas la dernière. Il ne faut surtout pas que je me laisse aller à ce genre de rêveries ! Mais c’est trop tard, une autre image de mes mains sur son corps afflue et je ferme les yeux, des milliers de papillons envahissant le mien.
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