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 Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel

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surie
Emménagement chez Charlie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 8 Juil - 9:49

Tjr pas de suite?... scratch
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fande taylor
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 8 Juil - 11:45

non et ça m'énerve!!
je veux une suite s'il te plait Tititof!!!
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 8 Juil - 13:35

Eh eh on ne s'énerve pas !!! lol Ah milles excuses pour mon retard !!!
La suite est prête depuis longtemps car de mon côté, j'ai plusieurs chapitres d'avance mais je n'étais pas là ce week-end... j'étais en charmante compagnie et j'ai toujours la tête à l'envers

Mais, je vous remercie toutes pour votre enthousiasme, ça me touche énormément Smile

Je vous poste donc la suite sans chichi, bonne lecture !

Et encore désolée pour le retard, c'est de la faute d'Alex Wink

* * * *


45 – Sous les nuages

Le ciel est noir et la pluie commence à tomber lorsqu’Edward nous dépose devant chez Charlie. Alice sort comme une furie et fonce dans le coffre de la Volvo pour sortir tous ses sacs. Avant de claquer la portière, je lance à Edward un regard chargé d’interrogation, d’excuse et de tendresse qu’il capte sans broncher. Avant de démarrer, il hoche tout de même la tête et je vois en cela qu’il n’est pas en colère. Depuis combien sait-il que j’ai la Chevrolet ? Sait-il qu’elle vient de Jacob ? …Sait-il pour Jacob ? L’angoisse m’habite entièrement, je ne sais pas quoi faire mais Alice ne me laisse pas le temps de trop réfléchir car elle toque déjà à la porte de Charlie qui nous ouvre, surpris de nous voir toutes les deux devant la maison.

- Ah…Bonjour, lance-t-il un peu sèchement.
- Bonjour Monsieur le chef de Police Swan !

Sa remarque mêlée à la vitalité d’Alice fait quand même sourire mon père. Il ouvre la porte en grand et nous entrons. En passant, je lui lance un regard entendu face à son attitude bougonne devant Alice afin qu’il comprenne que je ne suis pas dupe. Je le connais, il ne rend pas les enfants responsables de l’attitude des parents et sa froideur n’est qu’une façade. Une fois dans la cuisine, Alice s’écrie :

- Oh c’est toujours aussi sympa chez vous !
- Mouais…, réponds Charlie, septique.

Je ris doucement et déclare :

- Allez viens Alice, je vais te montrer comment fonctionne ma voiture.
- Tu ne viens pas avec nous ? Demande-t-elle aussitôt, un peu déçue.
- Non…

A mes paroles, je vois mon père me jeter un regard surpris mais il garde le silence, reprenant son rangement où il en était.
Je prends mes clefs et tout en faisant le tour de la maison sous une pluie battante, Alice me suit, toute excitée.

- Depuis combien de temps tu as cette voiture ?

Je ne réponds pas et continue d’avancer rapidement car les gouttes d’eau me martèlent la tête avec force.

- Oh ! S’écrie-t-elle soudain.

Elle découvre alors ma vieille Chevrolet garée à l’arrière du terrain, sous un pin.

- Wouah !!! Mais elle est trop géniale !!!

Elle sautille comme un lutin jusqu’à ma voiture, voyant déjà toutes les possibilités qu’elle aura pour mettre toutes ses affaires restées sous le auvent : tente, sac de couchage, réchaud…
Je lui ouvre la portière et elle déclare ;

- Tu es vraiment trop gentille de nous la prêter pour aller au festival ! J’en reviens pas que je vais quand même y aller ! Ce matin, c’était l’apocalypse !

Je souris face à sa fraicheur, sa spontanéité et son côté survolté. Finalement, Jacob et elle ont le même âge mais Jacob est beaucoup plus mature. Je pense aussi que moi je n’ai jamais été comme ça et pour cause … mes dix sept ans me semblent si loin.
Alice grimpe dans la Chevrolet, attrape aussitôt le volant de ses deux mains et déclare :

- Elle est trop top ! J’adore ! Elle monte jusque combien ?
- Cent…
- Ok ! Rigole-t-elle. C’est parfait ! Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? ça ne t’ennuie pas de me la laisser ? Tu vas faire quoi ?

Je souris en soupirant devant le flot de questions qu’elle vient de me débiter sans reprendre son souffle.

- Je vais rester ici, profiter un peu de mon père et non, ça ne me dérange pas de te la laisser si toi, elle te convient…
- Tu rigoles ?!!! Je l’adore !!!

Elle rit et j’en fais autant, ce qui ne m’est pas arrivé depuis un petit temps…Je commence à être sérieusement tremper alors je grimpe par le côté passager et lui explique brièvement les petits « caprices » de ma voiture. Elle m’écoute attentivement puis soudain, j’ose lui demander :

- C’est toi qui a planté la Z4 d’Esmée ?
- Quoi ? Demande-t-elle brusquement, en tournant la tête vers moi avec des yeux ronds.

Je regrette aussitôt ma question mais j’avais vraiment envie d’éclaircir ce point afin d’écarter définitivement Alice de ma liste. Pourtant, je la vois réfléchir et elle semble même mesurer ses paroles mentalement avant de me dire, très sérieusement :

- Je pense comme toi, que le type que maman a rencontré, a vraiment sorti la voiture du fossé…
- Ah oui ?
- Oui…, affirme-t-elle ennuyée, en se pinçant les lèvres. Ce week-end là, je voulais la prendre, profiter de l’absence de maman pour m’amuser un peu…je l’ai dit à Edward…
- Ah oui ? M’étonne-je.
- Mais il m’a engueulé ! Il m’a dit de ne pas la toucher, que j’avais ma propre voiture mais bon…elle est moins puissante quoi…, marmonne-t-elle comme une enfant gâtée.

Je pense alors que c’est la raison pour laquelle Edward m’a parlé d’Alice et de son envie de prendre la BMW…

- Et le lundi soir, j’y suis retournée quand même dans le garage, je voulais juste écouter de la musique dans la Mercedez de papa et c’est là que j’ai remarqué…, continue-t-elle.
- Tu as remarqué quoi ?
- Que la voiture de maman n’était plus là…

C’était le jour où j’avais trouvé la voiture chez Jacob…

- Et tu ne l’as dit à personne ?

Je sens que ma voix se perd mais je ne me reprends pas, espérant qu’Alice m’en dise plus.

- Non…, murmure-t-elle. Sur le coup j’ai pensé que finalement maman était peut-être partie avec mais j’ai vu Edward revenir dedans le lendemain. J’en ai conclu qu’il s’en était servi et qu’il ne voulait pas que je la prenne parce qu’il en avait besoin.

Oui, il en avait eu besoin et il l’avait accidentée… mais pourquoi tant de mystère ? Je ne pense pas qu’Esmée lui en aurait voulu s’il lui avait dit ? Alors, est-ce que Jacob avait raison ? Est-ce que ce n’était pas lui qui conduisait ? Je commence à sérieusement douter et je me rends surtout compte qu’entre lui et moi, il n’y a plus beaucoup de vérités et pas mal de cachotteries et ce, malgré le fait qu’on ne soit ni l’un ni l’autre en colère.

- Edward parfois …, commence-t-elle.

Je déglutis, ne m’attendant pas à ce qu’elle continue sur cette voie là et demande :

- Oui ?
- Je ne sais pas, soupire-t-elle. Il est si secret !

Elle me lance un regard gêné, regrettant sa réflexion. Je lui souris pour l’inciter à continuer.

- Je ne sais pas si je dois te dire ça, murmure-t-elle.

Je dois être devenue blanche mais je la fixe tellement qu’Alice comprend qu’elle n’a plus le choix, qu’elle doit continuer à parler.

- Je l’ai déjà trouvé deux fois dans ma chambre, surtout le soir…il téléphonait.
- Ah oui ?
- Oui…et son expression de visage était très …enfin tu vois !
- Non, murmure-je, le cœur battant à se rompre. Explique-moi.
- Ah non…je ne devrais pas te dire ça !
- Alice, dis-je en lui posant ma main sur la sienne. Nous nous sommes toujours soutenues toi et moi, je te considère comme ma sœur…
- Oui moi aussi ! Confirme-t-elle aussitôt dans un large sourire heureux.
- Alors, tu peux tout me dire…je te promets que je ne dirais pas que ça vient de toi…
- Oui…

Elle baisse la tête, soupire puis continue :

- Il avait l’air…heureux.

Nos regards se croisent, elle semble si ennuyée mais je ne bronche pas alors elle ajoute :

- La première fois j’ai pensé qu’il parlait avec toi, donc je suis entrée et j’ai filé dans ma salle de bain pendant qu’il mettait fin à sa conversation. Il est venu me rejoindre après, pendant que je me démaquillais et je l’ai senti mal à l’aise mais ça ne m’a pas plus interpellé, m’explique-t-elle. Puis, une autre fois, je l’ai à nouveau trouvé assis sur mon lit, au téléphone et…toujours avec ce même air. Seulement cette fois, je venais de te laisser dans le couloir…tu rentrais de chez ton père, continue-t-elle d’une toute petite voix désolée.

Je lui souris à nouveau, en espérant afficher une mine assez détendue (malgré le tumulte violent qui me dévaste) pour qu’elle continue dans sa confidence. Comme elle ne continue pas, je demande :

- Tu as entendu ce qu’il disait ?
- Non ! Il parlait tout bas mais il souriait beaucoup en parlant, j’ai tout de suite compris que ce n’était pas son débile de Victor et j’ai vraiment cru que c’était toi mais maintenant je sais que non ! Et pas seulement parce que la deuxième fois, tu étais avec moi…, finit-elle, encore plus gênée qu’avant.

Surprise, je donne un petit coup de tête vers elle pour qu’elle continue. Ma gorge est si serrée que j’ai du mal à parler. Alors elle soupire encore plus fort et je vois ses yeux briller. Elle les lève vers moi et murmure :

- Parce qu’il ne te regarde plus comme ça…avec cet air et cette lumière dans les yeux…tu sais…quand on aime quelqu’un…

Sa voix se brise et je comprends que notre situation la touche beaucoup, qu’elle n’aimerait pas vivre un pareil moment avec Jasper, qu’elle voit sous son toit ce que c’est quand deux personnes ne s’aiment plus. Je lui serre la main, essayant de refouler mes propres émotions et elle ajoute :

- Et toi non plus tu ne le regardes plus comme ça … qu’est-ce qu’il se passe entre vous Bella ? Couine-t-elle.
- Alice…je ne sais pas moi-même, réponds-je en fixant nos deux mains enlacées. Tu sais parfois les couples ont des mauvaises passes…
- Mais vous allez toujours vous marier ?

Je lève les yeux sur elle et son air rempli d’espoir me serre le cœur.

- Puisque tu as été franche avec moi, je vais l’être aussi, annonce-je. Nous devons en reparler lui et moi…en effet, nous ne sommes plus sûrs…
- Oh non…, gémit-t-elle à nouveau, au bord du désespoir.
- Alice, nous ne parlons pas encore de séparation ! Mais je veux que tu me fasses une promesse !

Elle acquiesce en se mordant les lèvres, les joues pleines de larmes.

- Ne parle pas de ce que tu as vu, ni pour la voiture, ni pour les appels…à personne !
- Non…
- Ça ne regarde qu’Edward et moi…s’il y a un problème, je ne veux pas que toute ta famille s’en mêle !
- Oui, je comprends, affirme-t-elle. Je te le promets…de toute façon, c’est la première fois que j’en parle !
- Oui, c’est bien…, confirme-je. Même pas à Jasper !

Elle secoue la tête et je lui souris, confiante. N’empêche que je me sens complètement anéantie car je sens que tout m’échappe, que je ne contrôle vraiment plus rien ! J’ai soudain besoin d’être seule pour faire le point.
Alice garde la tête baissée et semble perdue dans ses pensées. Je lui donne un léger coup et déclare :

- Eh ma jolie ! Tu vas être en retard…
- Oh oui !!!! Allez, récapitulons ! Ici il faut appuyer au lieu de tirer sinon elle cale. Là, c’est pour les phares même si je ne vois plus le bouton…
J’éclate de rire mais il résonne complètement faux à mes oreilles. Malgré tout, je parviens à lui confirmer une à une chacune des particularités de ma voiture.


Je regarde Alice partir en lui faisant signe puis les jambes tremblantes, je rentre à la maison pour y retrouver un Charlie au regard inquisiteur qui attend patiemment que je lui explique les choses.

- Ma voiture n’est plus un secret si c’est ça ta question …
- Je n’ai rien dit …
- Non mais je vois bien que la situation t’amuse ! Riposte-je. J’ai prêté ma voiture à Alice et Edward le sait…
- Tu peux la ramener à la villa alors ! Me pique-t-il, moqueur.
- Bien sûr que non ! Réponds-je, agacée.
- Oui…une Chevrolet rouillée parmi les bolides feraient très mauvais genre. Ils seraient capables d’appeler la fourrière dans leur propre garage…
- Ne raconte pas de bêtise ! Rétorque-je, en souriant malgré moi.

Charlie reste les bras croisés contre l’évier, m’observant en train de me servir un verre de lait et de le boire. Il se racle la gorge et demande sur un ton léger :

- Je suppose que maintenant je dois t’emmener chez Jacob ?
- Non…je vais l’appeler, merci.
- Et ça aussi Edward le sait ?

Je soupire en fixant mon père qui lève un sourcil, l’air innocent. C’est vrai que je ne sais plus trop comment me comporter. Je pense alors à une proposition que Jacob m’a faite et demande :

- ça t’embête qu’il vienne ici ?
- Non…seulement ne me rends pas complice de tes secrets !
- Je ne t’ai rien demandé, réponds-je, un peu sur la défensive.
- Il mangera ici ? demande-t-il sans détour.
- Sauf si tu ne veux pas …

Mon père hausse les épaules et me laisse seule dans la cuisine avec mes pensées qui se bousculent de plus en plus.


Une fois seule dans ma chambre, je me sens bouleversée, complètement sourde et ma tête me tourne. Le regard d’Edward lorsqu’il m’a parlé de ma voiture ne me quitte pas. Je revois ses beaux yeux miel et son léger sourire, son air sûr de lui et cette impression qu’il me met au pied du mur mais sans méchanceté. Juste comme si il avait voulu me dire : « bon allez, ça suffit maintenant, je vais te dire ce que je sais ! » et en rire… Pourtant, la situation n’a rien de drôle et je ne comprends plus du tout son attitude. Déjà avec le bracelet, puis ses craintes face à la voiture de sa mère, maintenant ce qu’il sait de mon secret et je me demande ce qu’il sait vraiment ? Et surtout ce qu’il me cache encore !

Les révélations d’Alice me laissent un goût amer et pourtant je ne pleure pas…a-t-il quelqu’un d’autre dans sa vie ? Me trompe-t-il vraiment ? Je veux dire, pas comme moi avec Jacob ! A-t-il vraiment une double vie ? Me ment-il à chaque fois qu’il prétexte un rendez-vous avec Victor, tout comme moi je lui dis que je vais chez Charlie ? Cette idée me donne la nausée car j’ai l’impression que je suis trahie depuis plus longtemps que je le pense…peut-être plus sérieusement que moi ? Ce qui expliquerait son indifférence lorsque nous sommes dans l’intimité… Je sais que j’ai des mauvaises pensées, que si Edward savait ce qu’il se passe dans mon cœur, il serait aussi dégoûté que je le suis maintenant mais la vérité est que je suis complètement perdue ! Je ne sais pas lequel de nous deux est le mauvais dans l’histoire ! Mes sentiments pour Jacob sont une trahison pour Edward mais je n’ai jamais été plus loin que ce baiser. Mais Edward ?
Notre couple se déchire encore un peu, je n’arrive même plus à revoir les moments où nous étions heureux. Je ne vois plus que le visage d’Alice en larmes, qui m’apprend qu’elle soupçonne Edward, je ne ressens plus que ce dégoût qui rempli ma bouche…je n’ai pourtant aucune preuve, juste des suppositions ! Une part de moi me dit que je dois d’abord être sûre avant de me sentir autant trahie…une autre part de moi me souffle que je l’ai peut-être mérité…que je pense secrètement à un autre et que je mériterais d’être mise à la porte de la vie d’Edward…une autre part de moi me confirme que j’ai raison ! Que Jacob est celui qui me rend heureuse, qu’Edward me délaisse depuis plus d’un an…que cette vie là n’est pas pour moi !

Une boule d’angoisse habite mon estomac depuis ce matin, je sens une tempête qui approche et je ne sais pas comment Jacob et moi allons nous abriter ni même si nous allons y survivre. J’ai besoin de sa force, de sa chaleur alors je prends mon téléphone et compose son numéro, soudain très impatiente de le revoir.


46 – J’ai aussi du mal à comprendre certains mecs


Les jours passent et ma détermination grandit. Je ne le quitte pas des yeux, je ne le lâche pas d’une semelle. Cet idiot ne s’en rend même pas compte tellement il est défoncé du matin au soir…lui et sa bande de camés de première année qui jettent leurs mégots dans la cour sans vergogne avant de rentrer dans leur salle de cours. Un geste répété et répété des dizaines de fois par jour, à chaque pause, à chaque trajet. Je sais où il vit, je connais ses habitudes de vaurien, je sais où il traine, avec qui et justement, c’est ça le problème : il n’est jamais tout seul. Ils sont toujours à cinq ou six et dans la bande, il y a deux costauds. Je ne suis pas sûr de pouvoir tous les maitriser, mais ce dont je suis sûr c’est que ma patience n’a aucune limite et qu’un jour ou l’autre, j’exécuterais ma promesse ! Mais pour ça, j’aimerai vraiment le choper et le trainer jusqu’à la Flèche d’argent…que nous soyons seuls, sans témoin…lui, moi …et l’âme d’Anoki. A chaque fois que je m’imagine avec lui, à chaque fois que je le croise dans les couloirs, mes muscles se tendent d’un coup et j’ai une furieuse envie de me défouler.

Bella m’appelle tous les jours et comme depuis quelques temps, je fais semblant d’être calme, posé, souriant. Elle ne se doute de rien mais, parfois je capte des questions anodines qui trahissent son inquiétude pour moi mais je la rassure aussitôt et elle semble y croire. Je pense qu’elle s’inquiète surtout de mon état mental, elle pense que je vais craquer mais c’est loin d’être le cas ! Je ne me sens ni déprimé, ni même en colère…je me sens plutôt impatient.

Et je n’ai jamais eu les idées aussi claires ! Ça fait des années que je lutte contre ça, aujourd’hui, je ne suis plus un enfant et j’ai les armes pour me battre ! Ça m’a pris des années pour atteindre ce niveau et je sais que, mis à part Paul ou Sam, personne ne peut me descendre, surtout pas un minus comme lui !

Je suis retourné voir le travail des pompiers et passer dire bonjour à Paul qui bosse sans relâche depuis l’incendie. Je suis dégouté de voir les dégâts que le feu a causé. Je ne reconnais plus rien. Je suis encore descendu jusque dans la grotte mais ils ne sont pas revenus. Le contraire m’aurait étonné. J’ai un peu fouiné aux alentours mais je ne me fais aucune illusion, ils sont partis loin. Pourtant, je ne lâche pas, je les appelle, je traverse la forêt autour de chez moi chaque jour mais je ne trouve rien, même pas la carcasse d’une bête qu’ils auraient tué.

Je n’ai jamais été dupe, je savais depuis longtemps que leur vie ici était précaire, qu’il pouvait leur arriver n’importe quoi, à tout moment mais depuis toutes ces années, j’avais fini par croire à leur prospérité.
Et pourtant, en une seconde, leur vie a basculé…tout ça à cause d’un sale gamin stupide et sans respect ! En plus de son mégot, je lui ferai bouffer les cendres de cette forêt qui a beaucoup perdu à cause de lui !

Aujourd’hui, je vais encore le suivre jusque chez lui. Le mec avec qui il traine est malade et c’est peut-être la seule occasion que j’aurai. Mais avant ça, je dois passer au garage prendre ce qu’il faut !
Je jette un bref coup d’œil à mes outils et me décide sur une clef qui tient bien en main. Je la cale dans ma poche de jeans arrière et m’apprête à sortir ma moto quand j’entends :

- N’y compte même pas !
- Paul, lâche-moi tu veux ! Soupire-je, agacé qu’il vienne contrecarrer mes plans.
- Ah oui ? Et tu as vu jouer ça où ? Riposte-t-il, le visage tendu à quelques centimètres du mien. Tu n’as donc rien retenu de ce que je t’ai appris ?
- Fous-moi la paix !
- Je ne te laisserai pas faire ! Ils vont te détruire !
- Quoi ?

Je réalise qu’il est en train de me parler de quelque chose de complètement différent de mes pensées et le regarde, intrigué. Alors il ajoute :

- Je ne te laisserai pas aller chez les Cullen ! Tu vas te retrouver en taule avant même d’avoir passé leur portail !
- Mais de quoi est-ce que tu parles !?
- Le feu…le fusil, ce sont eux ! J’en suis sûr ! Ils savent pour toi et Bella ! C’est un avertissement ! Après ils s’en prendront à toi directement !
- Paul mais tu délires complètement ! Soupire-je.
- Non, il ne délire pas, déclare la voix grave de Sam derrière nous.

Surpris, nous nous retournons tous les deux vers celui qui vient d’entrer et qui nous affiche un visage sombre et tendu. Sam avance vers nous en soupirant fortement et continue :

- Enfin, je ne crois pas que les Cullen sont responsables de cet incendie…par contre, ils savent pour Bella et toi.

Mon cœur s’accélère violemment quand ses paroles atteignent mon cerveau et que je réalise la portée de cette déclaration.

- Leah a contacté Edward Cullen, annonce-t-il.
- Quand ? Demande-je aussitôt, très inquiet.
- Il y a plus de quinze jours…elle est venue me l’avouer.
- Tu vois ! Siffle aussitôt Paul. Je t’avais prévenu que cette fille t’attirerait des ennuis !

Je n’arrive pas à y croire…plus de quinze jours…et pourtant, Bella ne semble pas le savoir. Mais comment était-ce possible ? Est-ce que Paul avait raison ? Edward m’avait-il atteint sournoisement pour me donner un avertissement ? Sam ne me quitte pas des yeux, attendant sûrement que je digère la nouvelle pour me donner d’autres explications. J’ai l’impression que tout mon sang a quitté mes veines et je finis par m’asseoir sur mon tas de pneus. Alors Sam nous explique :

- Leah est venue me trouver chez moi pendant qu’Emily était chez sa mère. Elle m’a dit avoir fait tout ça sous le coup de la colère et qu’elle regrettait mais ne savait plus comment réparer ses fautes.
- La colère ? Murmure-je en pensant à notre altercation.
- Oui…elle t’en voulait Jacob et elle a agit comme une imbécile.

Paul secoue la tête et réplique :

- Son impulsivité lui jouera des tours un jour ! Je sais de quoi je parle !
- Et bien, je dirais que ce jour est venu Paul car la situation est quand même grave pour Bella et je dirais pour toi aussi Jacob … si les suppositions de Paul sont justes ce dont je doute…
- Je n’y crois pas, marmonne-je, les idées se bousculant dans ma tête.

Plus de deux semaines…et Edward n’avait rien fait contre ça … Je relève brusquement les yeux sur Sam et l’accuse :

- Et tu ne pouvais pas nous prévenir avant ? Tu as mis Bella en danger ! Qu’est-ce qu’il t’a pris bon sang !?

Je vois mon ami baisser la tête, hésiter puis nous regarder un à un Paul et moi. Il prend une profonde inspiration et déclare :

- J’avais un autre problème, plus grave à mes yeux…excuse-moi.

Je reste abasourdi devant une telle révélation : plus grave ? Plus grave que le fait qu’Edward sache que Bella avait une relation plus ou moins ambiguë avec moi ? Car je ne doutais pas que Leah avait du exagérer la situation pour bien le faire flipper.

Sam hésite encore et continue, crispé :

- J’ai couché avec Leah.

Ma respiration se coupe deux secondes sous le choc pendant que Paul éclate d’un rire sonore en disant :

- Alors ça ! Vous faites bien la paire tous les deux ! Finalement, entre l’un qui veut piquer une gonzesse prête à se marier, déclare-t-il en pointant son doigt sur moi, et l’autre qui trompe sa femme qu’il vient de demander en mariage, je suis encore le plus sérieux de nous trois et de loin !!!

Je baisse la tête, honteux face aux accusations plus que fondées de Paul, forcé d’admettre qu’il a raison et qu’en effet, pour un sale type immoral (même si je le soupçonne d’avoir une liaison secrète avec ma sœur), c’était lui qui se tenait le plus droit pour l’instant…
Sam lui lance un regard noir en le piquant :

- Comme si tu n’avais jamais trompé une nana !
- Quoi ?! S’écrie-t-il, outré. Moi, je n’ai jamais trompé personne ! Pour la simple et bonne raison c’est que moi, les filles, je ne les garde pas assez longtemps pour les tromper ! Déclare-t-il en s’approchant vivement de Sam, le défiant du regard.
- Allez c’est bon avec ta morale ! Riposte Sam.
- Ouais, tu m’étonnes ! Répond Paul dans un demi-sourire.

Ils se jaugent, Sam a un regard noir quand j’entends Paul déclarer :

- Et bien finalement elle a eu raison de se servir de moi ! Elle a eu ce qu’elle voulait !
- Je t’interdis de parler de Leah de cette façon, répond Sam les dents serrées.
- Pourtant, c’est la vérité non ? Elle t’a touchée ! Tu es tombé dans le panneau !
- Paul ! Interviens-je aussitôt, sentant que la situation dérape.

Je les regarde se toiser avec défi, mais je suis un peu déstabilisé par autant de révélations d’un coup et je ne pense plus qu’à Bella, me demandant ce que je dois faire, si je dois la prévenir ? Si je dois lui parler à lui ? Est-ce qu’il a bien compris ?

- Qu’a dit Leah exactement ? Demande-je à Sam, le coupant dans sa prise de bec avec Paul.
- Exactement…et bien, d’après ce que j’ai compris, elle a annoncé à Edward que Bella venait souvent ici pour te voir…elle a donné ton nom et a dit que vous étiez très proches. Que Bella mentait quand elle disait aller chez son père, qu’elle passait le plus clair de son temps ici…seule avec toi.

Je réfléchis et pense au jour où Bella et moi nous sommes embrassés. Elle revenait de Dallas et avait eu une franche explication avec Edward. Elle disait se sentir soulagée et je me souviens maintenant qu’il lui avait demandé de venir plus souvent voir Charlie…Je ne comprends rien…s’il le savait, pourquoi la pousse-t-elle à venir ici ? Je ne connais pas ce type mais le peu de fois où j’ai traité avec lui, il m’avait l’air quand même de quelqu’un ayant la tête sur les épaules et de parfaitement équilibré. Quel mec pousserait sa femme a aller dans les bras d’un autre sans broncher ?

- En tous cas, tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenu ! Insiste Paul.
- Je ne comprends pas ce type, murmure-je, ignorant sa remarque.
- Tu as du nouveau pour l’incendie ? Me demande soudain Sam les sourcils froncés.

J’hésite à répondre et capte le regard soupçonneux de Paul qui me connaît bien. J’imagine qu’il a du aussi m’observer depuis quelques jours pour comprendre aussitôt ce que je m’apprêtais à faire. Seulement, ma réaction de tout à l’heure lui a confirmé que je ne pensais pas au Cullen et il va sûrement doubler sa vigilance ! Alors, pour m’éviter cette pénible surveillance, je décide de dire la vérité :

- Je sais qui a mis le feu et tué Anoki. Je vous demande de ne pas vous en mêler !
- Quoi ?! S’écrie Paul aussitôt. Tu rêves mon gars ! Dis-moi qui c’est et je m’en charge !
- Hors de question !

Il se rapproche de moi et ajoute, le regard sombre et triste à la fois :

- Ne fais pas les mêmes conneries que moi Jacob ! Ne deviens pas un mec qui fait justice soi-même ! ça ne mène nulle part sauf à l’exclusion !
Sa déclaration me surprend car je ne pensais pas qu’il regrettait certains de ses actes et encore moins de ses pensées. Nous nous dévisageons quelques secondes quand Sam nous interrompt.
- Jacob, pense à Bella…elle ne voudrait pas qu’il t’arrive quoique ce soit.
- Il ne m’arrivera rien…c’est un gamin et une bande de voyous. Je veux juste leur faire peur.
- Un gamin ? Répète Paul, surpris.
- Alors laisse-moi parler avec ses parents ! Propose Sam.

Je refuse cette solution ! Je veux vraiment qu’il comprenne et je doute que sa famille soit en mesure de lui faire la morale vu le délinquant que c’est ! Un délinquant qui se promène dans les bois avec un fusil de chasse qui plus est ! Sam comprend à mon regard que je suis réfractaire et soupire.

- Très bien…je vois que tu as déjà ton plan en tête, ça ne sert à rien de discuter.
- Quoi ?! Riposte Paul. Tu le laisses comme ça ? Moi, je ne te quitte pas d’un cheveu mon gars ! Il faudra que tu m’étales si tu veux continuer seul et crois-moi, tu as encore du travail !

Je soupire, agacé par leur présence paternelle. En fait, je me sens soudain moins obsédé par ce type car les révélations de Sam sont en train de remplir ma tête et l’angoisse se réveille doucement. J’ai peur pour Bella, peur pour nous…je ne sais pas trop de quoi sont capables les Cullen s’ils apprennent mon existence et pire, si elle se décide un jour à le quitter pour moi ?

Sam me jette un regard entendu, préférant respecter ma décision plutôt que de m’affronter. Je me doute aussi qu’il se sent très mal par rapport à Leah et je lui fais comprendre par un bref signe que nous en reparlerons plus tard. Il nous laisse pendant que Paul reste pensif en jouant du pied avec des cailloux sur le sol terreux du garage.
Un silence s’installe et je me demande ce qu’il attend. Je range ma clef et il finit par lever la tête en affichant une mine satisfaite.

Ce n’est que partie remise, pense-je.

Il soupire et finalement, prend le chemin de la sortie lorsque je l’arrête brusquement :

- Eh ! Tu fais quoi avec ma sœur ?

Il se retourne, le visage tendu et je vois qu’il hésite à me répondre mais il finit par me dire :

- Pourquoi ? ça te dérange si je la fréquente ? Je ne suis pas assez bien pour elle ?
- Je n’ai jamais dit ça ! Rétorque-je aussitôt, agacé et surpris par son agressivité.

Il hoche la tête et je continue, plus calmement :

- Je voudrais juste le savoir c’est tout …
- Pourquoi ? Demande-t-il froidement.
- Eh bien…parce que…parce que c’est ma sœur et que je sais que tu l’aimes bien ! Et que c’est réciproque. Je voudrais qu’elle soit heureuse…et toi aussi.
- Hum…

Je comprends alors que mon attitude depuis quelques temps l’a vexé et j’inspire profondément avant de déclarer :

- Paul, je sais que je t’ai rejeté l’autre jour et que tu as l’impression là que je ne veux ni de ton aide, ni de tes conseils mais crois-moi, je n’ai pas l’air comme ça mais je t’écoute.
- Non, tu ne m’écoutes pas, affirme-t-il durement. Tu n’es qu’un sale gamin bouché et stupide. Et tu vas droit aux ennuis si tu continues sur cette pente ! Et je ne parle pas que de ce gamin a qui tu veux faire la peau !
- Mais …
- Tu sais, tu es loin d’atteindre la perfection en matière de combat, continue-t-il en serrant les mâchoires, tu es souvent indiscipliné, tête en l’air et pas concentré sur l’environnement de ton adversaire !
- Mais…, le coupe-je, vexé.
- Alors si tu veux vraiment m’écouter, fais-moi le plaisir de t’entrainer avec moi correctement avant …et seulement après, tu pourras aller faire ta petite affaire avec cette bande de pyromanes qui ont tué ton loup !
- Paul, ce n’est qu’un gamin !
- Tout comme toi ! Répète-t-il d’une voix plus forte. Sauf que lui, il se trimbale avec un fusil ! Et à la limite, lui je m’en tape, se reprend-il, fais lui sa fête, tu y arriveras bien tout seul mais pour le « reste », je te conseille de ne jamais sous-estimer ton adversaire !

Nous nous dévisageons quelques secondes et je vois dans ses yeux que seule la peur qu’il m’arrive quelque chose guide ses paroles. Je soupire, résigné, tout en me disant que j’allais peut-être plus me concentrer sur Bella que sur ma vengeance personnelle. Qu’il faudrait aussi que je retrouve les bébés loups…que finalement, il a peut-être raison, dent pour dent, ça ne mène nulle part…et que oui, je devrais peut-être prendre ce silence d’Edward plus au sérieux ?
Il se retourne et file à nouveau vers la porte mais je l’arrête à nouveau en disant :

- Paul ! Pour Rachel…

Il s’arrête et se tourne à demi vers moi, sans me regarder mais je continue, sans trop savoir comment formuler ça :

- Tu sais…ne fais pas comme d’habitude…enfin je veux dire, vas y mollo !

Je le vois sourire et ça me fait plaisir de l’avoir un peu déridé. Au moins, cette fois je l’ai prévenu, pas comme pour Leah ! Il secoue la tête et finit par dire en me regardant droit dans les yeux, l’air soudain plus heureux :

- Tu devrais me faire plus confiance Jacob…

Et sur ces mots, il quitte le garage, toujours avec un léger sourire qui me laisse perplexe. Mais mon téléphone portable sonne et lorsque je vois son nom, mon cœur revit avec une force incroyable.


47 – Si avec ça, elle ne comprend pas !

En attendant sur le perron, je me rends compte que je ne suis jamais revenu ici depuis le jour où j’ai voulu offrir ma plume d’aigle à Bella. En fait, ce jour-là a tellement marqué mon esprit que j’ai toujours évité cette rue depuis. Mon père est venu souvent chez Charlie pour regarder des parties de baseball à la télévision mais moi, plus jamais après. Ça me fait donc bizarre d’attendre que Charlie vienne m’ouvrir et de m’imaginer que je vais passer la journée avec Bella ici. Et c’est elle qui m’ouvre la porte, pour mon plus grand bonheur !

- Oh te voilà ! Déclare-t-elle, rouge de plaisir.

Je lui souris, aussi heureux qu’elle et j’oublie pendant une minute ce que je viens d’apprendre de la bouche de Sam. Je ne sais pas encore si je vais lui annoncer ou pas mais pour l’instant, je respire avec délice le parfum de ses cheveux pendant qu’elle se colle contre moi, en enlaçant ma taille.

- Tu m’as manqué, souffle-t-elle.
- Toi aussi…

Elle lève la tête, scrute mon âme pour voir où j’en suis. Je dois avoir l’air normal car elle me sourit et je ne peux m’empêcher de penser que si elle m’avait vu ce matin, elle aurait tout de suite capté les nuages noirs qui habitaient mon esprit. Elle se dégage et prend ma main pour me faire entrer complètement chez son père. Je remarque l’absence de Charlie tout en la suivant dans le petit salon. Elle s’assoit sur le canapé et j’en fais autant. Nous nous dévisageons pendant une minute, nous nourrissant chacun des traits de l’autre…je m’aperçois que revoir son doux visage me fait un bien fou après la semaine que je viens de passer à ruminer des pensées très sombres. Elle me tient toujours la main puis soupire et me dit :

- Je t’ai fait venir aujourd’hui parce que je voulais changer un peu et puis ici, nous serons tranquille...pour discuter.

Je pense que ce n’est peut-être pas une bonne idée, si jamais l’autre débarque mais comme il le sait de toute façon… je me demande encore comment je vais lui apprendre ça ? Elle a l’air si heureux…si tranquille. En sachant ça, elle aura peut-être peur de retourner près de lui ? En même temps, ça serait cool pour moi si elle ne voulait plus y retourner !
Elle me caresse les doigts, un léger sourire dessiné sur ses lèvres et je lui demande :

- Tu veux me parler de quelque chose ?
- Non ! déclare-t-elle aussitôt, un peu sur la défensive, ce qui me surprend immédiatement. Je veux juste savoir si toi, tu vas bien ?

Son visage se crispe et une petite boule se forme dans ma gorge, en souvenir de notre dernier jour ensemble.

- Oui, je vais bien…, la rassure-je.
- Tu les as retrouvés ?

En fait, je les avais à peine cherchés ! Trop obnubilé par mon idée de vengeance…alors, en guise de réponse, je hausse les épaules et elle soupire.

- On sait ce qui a provoqué le feu ? Demande-t-elle tristement.
- Moi je le sais oui…, avoue-je du bout des lèvres. Mais ton père va s’en occuper…

Je vois qu’elle ouvre de grands yeux, comme si je venais de lui apprendre quelque chose alors je demande :

- Ça ne va pas ?
- Si…en fait, je me rends compte que je ne lui ai rien demandé ! J’étais si inquiète pour toi…pour les loups aussi que j’avais occulté le fait qu’il y avait une enquête.
- En fait, moi je le sais mais je n’ai rien dit à ton père, explique-je.
- Pourquoi ?
- Parce que je n’ai aucune preuve…je le sais c’est tout.

Elle me regarde alors avec inquiétude et demande d’une voix faible :

- Tu comptes faire quoi ?

Elle me connaît bien finalement…mais en venant ici, j’ai pris une décision à laquelle je vais me tenir et je lui avoue, en serrant sa main plus fortement :

- J’avais l’intention de me venger Bella…

Ses yeux s’agrandissent et je lui pose mon autre main sur celle que je tiens déjà en ajoutant :

- Mais j’ai renoncé…je vais donner le nom du type à Charlie et je vais laisser la Police faire son travail…
- Oh merci…, souffle-t-elle, soulagée. Je refuse que tu prennes des risques Jacob et je refuse que tu sois habité par la haine et la vengeance !
- Je sais…, soupire-je en constatant que tout le monde est d’accord sur ce point.
- Tu n’es pas comme ça, tu n’es pas violent ! Je ne veux pas que tu te battes ou que tu fasses du mal à des gens…même si ces personnes t’ont fait souffrir.
- Je sais Bella…ne t’inquiète pas, déclare-je, un peu honteux car j’avais pourtant bien eu l’intention de faire tout ça !
- Quand je t’ai vu partir samedi dernier, continue-t-elle faiblement, j’ai senti que tu m’échappais…

Ses beaux yeux chocolat sont soudain inondés de larmes et je me rends compte que la semaine a dû être aussi difficile pour elle. Je lui caresse la main et murmure :

- Je suis là Bella…

Elle vient alors se blottir contre moi et je la serre dans mes bras.

Nous restons un moment comme ça et je finis par me caler complètement contre le divan pendant qu’elle se blottit un peu plus contre moi. Je lui caresse alors les cheveux, pensif, cherchant au fond de moi si je dois la prévenir pour Edward ou pas ? Si je dois aller le voir sans qu’elle le sache ou pas ? Si je dois faire quelque chose en fait ? … Pourquoi nous laisse-t-il nous voir en secret ? Est-ce un plan pour mieux nous choper ? Est-ce de l’indifférence ? Attend-il seulement qu’elle lui parle ? Je suis un peu déstabilisé par son attitude. J’entends soudain la porte claquer et Bella relève brusquement la tête, me lâchant par la même occasion en se redressant. Charlie entre dans le salon et nous jette un regard de travers en me disant :

- Salut fiston !
- Salut Charlie…
- Bon, j’ai assez à manger pour un troupeau d’éléphants, déclare-t-il en levant son bras pour nous montrer un gros paquet de viande. Je vais me mettre aux fourneaux. Sue va venir avec Seth.

Aussitôt, je sens Bella se crisper à mes côtés et je m’étonne mais je comprends lorsqu’elle demande :

- Leah vient aussi ?
- Non, je ne crois pas…

Et il nous plante là pour rejoindre sa cuisine. Bella a quand même du mal à se détendre devant l’incertitude de la réponse mais moi je sais bien qu’elle ne viendra pas, vu qu’elle doit sûrement avoir un rendez-vous secret avec Sam ou attendre que la voie soit libre pour le rejoindre…je me demande franchement ce qu’il compte faire ! Il faudra que j’aille lui parler dès que possible. Je remarque alors le regard inquiet de Bella posé sur moi et je la rassure :

- Leah ne sera pas de la partie…elle a autre chose de prévu.

Et je sais aussi qu’elle doit éviter Bella comme la peste après ce qu’elle a fait ! Pour ça, je n’ai même pas envie de parler avec elle. De toute façon, le mal est fait ! Je suis juste déçu car en agissant ainsi, je sais qu’elle a voulu me blesser en pensant qu’Edward interdirait à Bella de venir mais surtout, elle a aussi voulu faire du mal à Bella et ça, je ne suis pas sûr de pouvoir pardonner un jour. Pourtant, j’aurai dû m’en douter…Leah est si impulsive et garce que j’aurai dû sentir le coup venir… mais je ne lui dirais rien car son plan a échoué et que je préfère laisser sa conscience faire le boulot à ma place !

Et puis, cette histoire avec Sam…enfin, je suis mal placé pour la juger, étant donné que je suis en train de faire pareil ! Essayer de piquer Bella à Edward comme me l’a gentiment rappelé Paul…non, je ne pouvais décemment pas juger Leah ! Surtout qu’en tant qu’ami, je devrais même me réjouir pour elle car elle avait enfin touché l’amour de sa vie …même si elle ne l’avait pas encore vraiment pour elle…je connaissais Leah depuis plus longtemps qu’Emily, je devrais être du côté de Leah et si j’étais à sa place, je serais le plus heureux des hommes.

Alors pourquoi je trouve ça mal ?

Il faudrait quand même que je réfléchisse un peu plus à « mon cas »…est-ce que j’ai le droit d’essayer de voler Bella à Edward ? Comment est-ce que je réagirais si j’étais à sa place à lui ? Jusque là, je m’en fichais éperdument mais depuis que je sais pour Sam, Emily et Leah, je me rends compte qu’il faut peut-être voir la situation sous un autre angle… Ne devrais-je pas la laisser tranquille ? Quitter sa vie ? Je la regarde me sourire avec douceur et, tout en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, je me demande si je ne suis pas en train de la mettre en danger ? Si, sans moi, elle ne serait pas plus heureuse ? Moins partagée, moins déchirée…moins indécise ? Et en plongeant mes yeux dans les siens, je me demande s’il n’est déjà pas trop tard ? Car depuis quelques temps, j’y lis quelque chose qui me bouleverse, quelque chose qui me fait penser « J’ai gagné » et maintenant que je sais pour Edward, j’ai envie de l’arracher à lui pour la protéger car son silence ne m’inspire rien de bon…alors j’hésite un peu puis je lui dis, tout doucement :

- Bella…quand vas-tu avoir le courage de le quitter ?
- Quoi ? Marmonne-t-elle, soudain très troublée.
- Tu as très bien compris…Quand ? Répète-je.
- Jacob…
- Tu ne l’aimes plus Bella, c’est évident ! Tu n’as plus rien à faire avec lui…
- Jacob ! S’indigne-t-elle en se levant brusquement, me laissant seul sur le canapé, bien déterminé à aller jusqu’au bout.

Curieusement, je me sens extrêmement calme alors que je devrais être complètement chamboulé parce que je fais, parce que je vais faire et surtout, parce que je vais dire. Mais une nouvelle détermination vient de m’envahir et je gère parfaitement la situation. Alors je me lève et je vais la rejoindre près de la fenêtre où elle vient de se planter. Je remarque ses mains tremblantes mais aussi mon bracelet pendant qu’elle se ronge un ongle. Dans son dos, je l’enlace et pose ma tête sur son épaule puis chuchote à son oreille, à travers ses cheveux :

- Je t’aime Bella…et je sais que c’est réciproque…tu ne peux plus te le cacher…

Comme elle ne répond pas, je me motive en repensant à son attitude depuis quelques temps…lorsqu’elle m’enlace, lorsqu’elle m’a embrassé, lorsqu’elle me regarde avec tout plein d’amour dans les yeux, les mots qu’elle m’a déjà dits au téléphone…et je continue :

- Bella, je t’en prie…reste avec moi. Quitte-le…et viens près de moi.

Elle baisse la tête et pose ses mains sur mes avant-bras. J’hésite un peu puis retire un de mes bras qu’elle emprisonne et de ma main dégage ses cheveux pour l’embrasser dans le cou avec douceur. Elle ferme les yeux, je la sens frémir et je sais que j’ai raison concernant ses sentiments. Je continue, laissant glisser mes lèvres sur sa nuque, jusque dans le creux…puis je remonte jusqu’à son oreille et capture son lobe, ce qui la fait gémir et trembler si fort qu’elle se dégage presque brutalement.
Elle ne me regarde pas, se passe la main dans les cheveux mais je ne regrette pas ce que je viens de faire et je compte bien recommencer autant de fois qu’il faudra pour qu’elle comprenne ! Je ne vaux pas mieux que Leah mais tant pis…qui veut la fin, prend les moyens ! Et ça, Leah l’avait bien compris…s’il fallait ça pour atteindre le bonheur…alors j’irai contre mes principes et je me battrais pour l’obtenir.

En sentant encore son parfum sur mes lèvres, ma décision est prise : je vais lui faire ouvrir les yeux ! Ça ne peut plus durer comme ça ! Se voir en cachette, se mentir à nous-mêmes…se retenir comme nous le faisons.
Charlie entre à nouveau dans le salon et brise cette tension qui envahi la pièce. Bella regarde toujours par une autre fenêtre, se tenant à distance respective de moi. Mais je ne me démonterais pas ! Cependant, j’ai un autre point à régler et me retourne donc vers Charlie en disant :

- Il faut que je te parle…
- C’est urgent ? Demande-t-il.
- C’est important.

A mon regard, il comprend que ça me concerne personnellement et fait une mimique qui m’indique que je l’ennuie de vouloir faire ça maintenant mais qu’il ne peut pas me refuser ça. Il me fait donc signe de le suivre dehors et dit à Bella :

- Surveille le plat dans le four s’il te plait ma puce.

Toujours prostrée et tournée vers la fenêtre, Bella hoche la tête et je sais que je viens de la troubler plus profondément que je ne le voulais.


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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 8 Juil - 20:26

Oh lala! Enfin une suite! Tres intense! J'attend la suite avec impatienteeeeeeeeeeee! Bientot j'espere!!!!!!!!!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 8 Juil - 23:32

* - Il avait l’air…heureux.
Mais qu'est-ce qu'il magouille celui-là ? scratch et avec qui ?

* - Oui…une Chevrolet rouillée parmi les bolides feraient très mauvais genre. Ils seraient capables d’appeler la fourrière dans leur propre garage…Pas mal celle-là !

* Je jette un bref coup d’œil à mes outils et me décide sur une clef qui tient bien en main.Oh Shocked Jacob va pas faire ce que je crois j'espère ?

* J'aime bien le passage où Paul arrive pour raisonner Jacob et que Sam arrive aussi.

* - Leah a contacté Edward Cullen, annonce-t-il.
Ouai, elle avait bien cafardé notre Leah

* - J’ai couché avec Leah. Leah en fait des boulettes siffle

* - Alors ça ! Vous faites bien la paire tous les deux !
Razz Ouai, vas-y Paul ! Tu peux te vanter pour une fois lol

* elle a annoncé à Edward que Bella venait souvent ici pour te voir…elle a donné ton nom et a dit que vous étiez très proches. Que Bella mentait quand elle disait aller chez son père, qu’elle passait le plus clair de son temps ici…seule avec toi. Les boules pour Jacob ...

* Cool ! Jacob lâche les mots à Bella bravo Et on retrouve le Jacob qui se bât pour avoir Bella auprès de lui Il faut que Bella prenne sa décision !
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fande taylor
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Ven 9 Juil - 12:20

et mais elle pense a quoi Leah c'est vraiment une *****!!! Enfin Jacob a parler a Bella!!
et Edward il pense a quoi là qu'est qu'il fait? a quoi il joue avec Bella??
enfin on a retrouver le Jacob poser sauf quand il a pris la clé dans son établi il m'a inquiéter on ne le voit jamais violent il est toujours poser en paix avec son environnement!!
vivement la suite!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Ven 9 Juil - 14:22

vivement la suite
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appaloosa
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 10 Juil - 18:26

GENIALE TON CHAPITRE
JACOB ATTAQUE POUR AVOIR BELLA
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fande taylor
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Sam 10 Juil - 20:00

je croyais que c'était la suite mince !!!
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 11 Juil - 9:39

fande taylor a écrit:

enfin on a retrouver le Jacob poser sauf quand il a pris la clé dans son établi il m'a inquiéter on ne le voit jamais violent il est toujours poser en paix avec son environnement!!
vivement la suite!!
C'est vrai que Jacob est très calme dans mon histoire mais il ne faut pas oublier que c'est quand même Jacob et qu'il a une part d'impulsivité et de détermination en lui Wink

@ appaloosa Merci Smile Oui Jacob attaque lol

@Vanille
Citation :
* Cool ! Jacob lâche les mots à Bella bravo Et on retrouve le Jacob qui se bât pour avoir Bella auprès de lui Il faut que Bella prenne sa décision !
Ouais on retrouve un peu le Jacob muté Wink Bella est Bella...éternelle indécise (enfin dans les livres !)

@ bella55 La voilà Smile !!!

On commence avec un bonus Paul Wink un de mes préférés, suivi d'un chapitre très intense que j'ai écris d'une seule traite tellement j'étais prise dans le moment Wink
Bon dimanche et bonne lecture !

* * * *

Plume par plume

J’avais eu peur qu’après ma déclaration, Rachel ne me rappelle plus, soit par gêne soit par colère…car j’avais choisi le dessin qui ne devait pas lui rappeler les meilleurs souvenirs vu que j’avais fini ma soirée avec Leah lors de ce fameux feu de camp… Ce soir-là, je n’avais même pas hésité à filer avec elle devant Rachel. Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi j’ai fait ça ? Car si je n’ai jamais regretté une aventure d’un soir jusque maintenant, celle-ci me laisse un goût si amer dans la bouche que j’en ai encore parfois la nausée. Surtout maintenant que je sais exactement pourquoi elle m’a allumé, pourquoi elle m’a laissé faire et ce qu’elle a osé faire à Jacob suite à tout ça !

Et maintenant Sam qui trompe Emily…

Enfin, c’est bien la dernière fois que je me fais avoir comme ça ! Pense-je en redescendant ma manche de polo d’un geste sec.
Heureusement pour moi, ma vie commence à prendre un tournant plus agréable. Depuis notre soirée, Rachel m’appelle tous les soirs et je suis même passé deux fois la voir en coup de vent, juste pour l’embrasser et m’imprégner de ses lèvres, de son parfum et de sa chaleur. Bien sûr, pas un mot sur le dessin ni sur le message laissé, mais aucun rejet de sa part non plus.
Elle a déjà commencé l’école et a des soirées très chargées. J’évite donc de l’ennuyer trop longtemps mais après mes journées de boulot, c’est un vrai plaisir de parler une heure avec elle au téléphone, puis encore un peu avant qu’elle se couche. Une fois, elle m’a même téléphoné en pleine nuit, juste pour s’assurer que j’étais bien rentré. Je souris en pensant que c’est vraiment agréable de sentir que quelqu’un s’inquiète pour toi, que quelqu’un t’attend et pense à toi. Une sensation toute nouvelle pour moi à laquelle je suis en train de m’habituer dangereusement. Je me sens vraiment bien en ce moment, je commence même à être en paix avec moi-même et j’en suis presque à croire que je la rends heureuse.

J’enfile ma veste, relève mon col et prends tous mes papiers en suivant la femme jusqu’au comptoir. Mon bras me tire un peu et instinctivement, je pose ma main dessus, sentant la petite boule de coton encore accrochée avec du scotch.

- Deux jours, m’informe la secrétaire en me rendant ma carte.
- Parfait !

Je la salue et quitte la salle comble qui empeste l’alcool à brûler.

En sortant, l’air pur me fait un bien fou. En regardant ma montre, je constate que je viens quand même de passer deux heures à attendre dans cette fournaise pour cinq minutes qui vont me soulager ou me détruire pour tout le restant de ma vie. On me bouscule, je relève la tête de ma montre pour tomber, surpris, sur le doux visage de Rachel qui ouvre de grands yeux en me voyant.

- Paul …, murmure-t-elle, réellement étonnée.

Je me souviens alors que son école est à deux pas et que j’ai vraiment mal choisi l’endroit. C’est vraiment un comble que je tombe sur elle ! Je n’arrive pas à y croire ! Et le pire c’est que je suis venu à Forks pour ne pas tomber sur les autres ! Elle regarde l’enseigne derrière moi et je vois l’inquiétude aussitôt sur son visage. Je soupire, me disant que ça ne sert à rien d’essayer de lui cacher et que le destin a décidé de ne pas me lâcher :

- On marche un peu ? lui propose-je.
- Oui …tu ne m’as pas dit hier au téléphone que tu avais congé aujourd’hui ?

Sa voix est faible et inquiète. Je sais qu’elle se demande vraiment ce que je fais là mais je lui réponds :

- Je n’ai pas congé, je commence plus tard …

Elle hoche la tête, attendant la suite qui ne vient pas alors elle s’arrête et se tourne vers moi mais sans me regarder. Son expression m’inquiète, elle semble confuse, voir même sur le point de pleurer. Aussitôt, je lui prends la main et elle me demande, la voix brisée :

- Paul, je …je voudrais savoir si tu me repousses parce que je t’ai rejeté depuis tout ce temps ?
- Quoi ?! Mais pourquoi tu dis ça ? Murmure-je, bouleversé par sa question.

Elle hésite, ne me regarde toujours pas et je lui prends le menton entre mes doigts pour la forcer à me faire face.

- Rachel...Comment peux-tu croire ça ?

Elle ose enfin me regarder et les larmes coulent sur ses joues. Je la sens toute perdue, je ne comprends pas pourquoi mais j’ai encore sûrement dû faire ou dire un truc qu’il ne fallait pas. Je soupire en baissant la tête, cherchant sur quoi je dois m’excuser pour lui redonner le sourire quand elle sanglote :

- Si tu savais comme j’ai honte de moi, de ce que je t’ai fait subir… toutes les fois où je t'ai ignoré, rejeté, humilié...toutes les fois où j'ai dit du mal de toi...Jacob avait raison et le pire c’est que je le savais…j’ai du te faire si mal !
- Non non, tu ne m’as pas blessé, marmonne-je, dépité.

Pourtant, je lui mens car je me suis senti bien des fois très minable et avec le recul, je me demande si son attitude vis à vis de moi depuis toutes ces années n’est pas justement le déclencheur de tout ça ? De tout ce que j’ai fait …comme par colère, par défi, pour la toucher, la faire réagir ? Car, sans oser me l’avouer, j’avais plus d’une fois penser à elle avec d’autres filles, l’imaginer elle à la place d’une autre…c’est peut-être pour ça que je ne me souviens pas des trois quarts ?

- Tu avais raison de penser ça ! Continue-je malgré moi. Je n'ai pas toujours été quelqu'un de bien, je ne sais même pas si aujourd’hui on peut dire que je suis quelqu'un de bien ! Je fais ce que je peux, tous les jours …ce n’est pas toujours facile de contrer sa nature ou de retrouver celui qu’on aurait dû être…

J’ai l’impression que ma réponse ne lui suffit pas. Elle semble se martyriser de l’intérieur, elle semble vraiment penser ce qu’elle dit et ça me chamboule complètement. Alors je lui murmure, histoire de changer de sujet et surtout, pour l’éclairer sur ma présence ici :

- J’ai fait une prise de sang ce matin…
- Tu es malade ? Demande-t-elle aussitôt, les yeux agrandis par l’angoisse.
- Non, rigole-je pour la détendre, enfin je n’espère pas !

Son regard capture le mien et je vois qu’elle essaie de lire en moi jusqu’au plus loin qu’elle peut. Une lueur apparaît dans ses yeux et je suis soulagé de voir qu’elle a compris.

- Alors c’est pour ça ? Murmure-t-elle. C’est pour ça que tu ne veux pas rester chez moi quand tu viens me voir…
- En grosse partie oui. Ça fait parti de mes résolutions…

Elle me dévisage toujours, comme clouée sur place et je finis par baisser la tête, troublé par son regard perçant. J’inspire, me laisse un peu de temps et finis par lui avouer :

- Rachel…j’ai un lourd passé...féminin. Et je me sens si sale vis à vis de toi…je ne voudrais pas qu’il t’arrive quoique ce soit…

J’ose lever les yeux sur elle et cette fois, son expression n’est plus angoissée ni bouleversée…j’ai d’ailleurs du mal à la définir lorsqu’elle me répond d’une voix tremblante :

- Oh…Paul, ça me touche beaucoup…

Elle secoue la tête, dépitée et je lui demande, inquiet :

- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je me rends compte à quel point j’ai perdu du temps…

Mon cœur fait un bond, je la sens si proche de moi à cet instant…je réfléchis à sa remarque et lui réponds :

- Nous n’avons pas perdu de temps, nous n’étions pas prêts. Je n’étais pas prêt, tu n’étais pas prête…
- Non...je ne voulais pas être prête ! déclare-t-elle durement. J’ai toujours agi comme ça, couper les ponts avec la réalité, pour éviter de regarder la vérité en face ! Surtout quant elle est difficile comme la mort de ma mère…

Je la laisse ruminer un peu ses pensées lorsqu’elle ajoute :

- Avec toi, c’est pareil…je ne voulais pas admettre que tu étais quelqu’un qui me plaisait…et surtout…j’ai tellement peur qu’il t’arrive quelque chose…j’ai tellement peur que tu quittes ma vie…

A ces mots, je n’hésite plus et la prends dans mes bras plus brusquement que je ne le voulais mais j’ai une furieuse envie de la posséder là maintenant, en pleine rue ! J’agrippe sa nuque et ses cheveux et passe mes lèvres tremblantes sur sa bouche, son menton, sa gorge, ses joues mouillées par les larmes. Je la sens frémir et son souffle chaud sur mon visage me grise complètement. Son appart doit être à cinq minutes d’ici, je suis en train de devenir dingue et je m’apprête à flancher quand ma propre voix me rappelle ce que je me suis promis. Ça crie tellement fort dans ma tête que je m’arrête tout de suite et capte en même temps le regard d’un passant qui nous sourit d’un air entendu. Ce sourire inconnu me refroidit complètement car je ne veux pas qu’on pense quoique ce soit de Rachel, surtout qu’elle est en train de s’afficher avec moi en public et que ça peut lui porter préjudice pour l’école. Je me dégage un peu d’elle mais sans la lâcher. Je vois ses yeux troubles et je baisse les miens aussitôt, pour éviter de me laisser emporter à nouveau dans ce tourbillon qui me chavire complètement lorsque je la tiens dans mes bras.
Je tente de me calmer et en même temps, je capte sa respiration rapide qui m’indique qu’elle est dans le même état que moi. Alors je l’embrasse à nouveau, plus doucement, plus calmement pour apaiser nos cœurs. Elle se blottit contre moi et murmure contre mes lèvres :

- Tu m’accompagnes jusqu’à l’école ?

Je stoppe notre étreinte et plante mon regard dans le sien, cherchant si elle y tient vraiment. J’y vois de l’espoir alors j’acquiesce, heureux et fier. Je lui prends la main et elle me sourit pendant que nous reprenons notre marche en silence. Au bout de quelques mètres, elle me lâche et passe son bras sous ma veste, autour de ma taille. Je pose donc le mien sur ces épaules et nous avançons, complètement enlacés l’un contre l’autre.



* * *

C’est la première fois que j’ose l’attendre devant son école. Je suis là depuis plus d’une demi-heure et je me rends compte que ça ne me dérange même pas. Elle a un peu de retard car j’ai déjà vu tous les gamins sortirent et leurs parents venir les chercher. Elle ne sait pas que je suis là donc je me doute qu’elle prend son temps. Je l’imagine dans sa salle de classe, à ranger les petites chaises, à préparer ses applications pour le lendemain… je lève la tête vers les fenêtres du bâtiment, espérant la voir mais je ne vois que les lampes encore allumées à un étage. Soudain, une petite femme blonde passe et ses boucles indisciplinées me font sourire car elle ressemble à une poupée. Elle traverse la cour et je soupire, me disant que j’aimerais bien que Rachel sorte. Mais, à ma grande surprise, je vois la petite blonde s’arrêter et se retourner brusquement vers moi puis rependre sa marche inverse et je comprends qu’elle vient me parler. Aussitôt je flippe, me disant que c’est peut-être la directrice qui veut que je dégage car je me doute que mon allure peut paraître suspecte devant une école de gamins. Je regrette d’avoir mis ma veste en cuir noire quand elle me lance :

- Vous êtes Quileute ?
- Euh…oui.
- Vous êtes donc un ami de Rachel ? Ou de sa famille ? Insiste-t-elle.

Je suis soulagé, comprenant que ce n’est pas la directrice qui veut me virer car son ton est amical.

- Un ami oui…

Ça me fait un drôle d’effet de dire ça…oui, maintenant Rachel et moi sommes amis, ce qui est vraiment un grand changement !

- Vous l’attendez ? Elle sait que vous venez ?

Un vrai interrogatoire ! Cette fille doit être flic…je souris et réponds :

- Non, elle ne sait pas que je viens. Mais j’attendrais, pas de problème…
- Mais non ! Entrez ! Vous n’allez pas rester ici une heure ! Car elle m’attend, m’explique-t-elle dans un grand sourire. Nous devons travailler sur notre projet, vous savez ?
- Ah oui…le livre.

Je comprends alors que cette blonde est Kate, l’amie de Rachel que je n’avais jamais rencontrée. Elle me détaille avec insistance puis déclare dans un clin d’œil :

- Suivez-moi.

J’hésite à rentrer chez moi pour l’appeler ensuite mais Kate semble espérer que je vienne avec elle alors je hoche la tête et elle glousse en ajoutant :

- J’en connais une qui va reporter notre rendez-vous !

Je la suis, en souriant légèrement de sa remarque.

J’adore l’ambiance de cette école, les dessins partout aux murs, tous colorés, les petits porte-manteaux, les lavabos miniatures et les petits bancs. C’est vraiment chaleureux et je pense aussitôt à mes souvenirs personnels qui n’ont rien à voir avec ça. L’école de la Réserve était loin d’être aussi lumineuse et accueillante quand j’étais petit. Ou peut-être que mon esprit était déjà si sombre que je ne le voyais pas comme ça ? Disons que, par manque d’argent, l’école n’avait pas des beaux murs peints en jaune comme ceux là ou tout le matériel qu’il fallait pour la décorer aussi bien…je monte les petits escaliers avec Kate, la suis dans un couloir et mon cœur commence à battre lorsque je vois une porte ouverte par laquelle filtre la lumière où je sais que Rachel attend.

Kate me sourit mais je ne la vois déjà plus, je ne vois plus qu’elle. Elle est comme je l’imaginais, assise à son bureau face à toute une rangée de petits bureaux vides, dans une pièce remplies de dessins et de livres. Elle est vraiment dans son élément et je suis heureux qu’elle ait obtenu ce poste, même si ce n’est pas à la Réserve. Kate claironne en entrant :

- Surprise ma belle !

Rachel lève la tête et je vois à ses yeux qu’elle était plongée dans son petit monde. Mais ils s’agrandissent aussitôt lorsqu’elle me voit et pour mon grand plaisir, je la vois rougir.
Kate rit doucement en lui reprochant :

- Ce n’est pas bien de me cacher des surprises comme celle là !
- Paul…, murmure-t-elle, troublée.

Elle se lève et je la rejoins dans un grand sourire. Elle hésite et je comprends qu’elle n’ose pas m’embrasser devant son amie à qui elle a complètement caché mon existence apparemment. Je me penche alors et dépose un bref baisé sur sa joue en lui chuchotant :

- Salut…

Je la sens vraiment crispée et je regrette soudain d’avoir suivi Kate car je ne voulais pas la mettre mal à l’aise.
Kate dépose ses affaires sur le bureau de Rachel et propose :

- On reporte si tu veux ?
- Non, non…, dit-elle aussitôt.

Cette fois, je regrette vraiment et lui dis :

- Je voulais juste te voir mais je reviendrais plus tard…j’appellerais cette fois.

Elle me regarde, encore un peu perturbée (ou ennuyée ?) de me voir ici puis répond :

- Non…tu peux rester…
- Je vous dérange…
- Non, murmure-t-elle, c’est seulement que…

Kate sort de la pièce en disant d’une voix assez forte :

- Je reviens ! Je vais me chercher une bouteille d’eau…

Rachel sourit légèrement puis me regarde à nouveau. Je me sens prêt à la quitter quand elle me déclare :

- Je suis tellement contente de te voir…j’ai pensé à toi toute la journée.
- Ah oui ? Murmure-je, la gorge soudain serrée. Mais je vois bien que je te dérange, je vais te laisser…
- Oh non, reste…s’il te plait. Tu ne me déranges pas, au contraire, c’est seulement que…je gère mal mes émotions et là, j’ai du mal à me remettre de te voir, m’avoue-t-elle dans un faible sourire.

Elle tend son visage vers moi et je capture aussitôt ses lèvres. Comme à chaque fois elle soupire et cette fois, je comprends que c’est vraiment de plaisir ce qui me rend complètement dingue. Mais j’entends les pas de Kate qui remonte l’escalier et me dégage pendant que Rachel pose brusquement sa main sur le bureau, chancelante. Je lui tiens le bras et elle me sourit, les joues rouges sur sa peau mate qui lui donne un air d’enfant. Cette fois, j’en suis sûr, je la rends heureuse !
Kate entre et pose sa bouteille sur la table sans nous regarder. Elle semble gênée et pour les mettre plus à l’aise je déclare :

- Je vais aller faire un tour, j’ai des courses à faire.

Rachel me regarde, soudain attristée mais j’ajoute :

- Je reviens dans une heure. Travaillez-bien !

Elle acquiesce, admettant qu’elle y arrivera mieux si je ne suis pas là. Je dépose un nouveau baisé sur sa joue et quitte cette pièce dans laquelle je me l’imaginerais tous les jours maintenant.

Lorsqu’elle me rejoint devant les grilles, Kate l’accompagne et en passant devant moi, elle me lance :

- Elle n’a rien fait ! Vous auriez mieux fait de rester …
- Kate ! Râle Rachel, gênée.
- Mais c’est vrai ! Tu as rêvassé et c’est moi qui aie tout fait !

Je rigole devant l’embarras de Rachel et Kate nous salue en rejoignant sa voiture. Amusé par ses boucles qui gigotent comme des ressorts, je la regarde s’éloignée en souriant. Je remarque alors que Rachel m’observe. Je caresse sa joue et déclare :

- Désolé de t’avoir perturbée …
- Ce n’est rien, c’était très agréable.
- Ah oui ? Tu commences à apprécier les émotions fortes ? La taquine-je.

Son front se plisse soudain et elle demande :

- Tu as eu tes résultats ?
- Oui...tout va bien, confirme-je dans un grand sourire.

Je les ai reçus ce matin et c’est la raison pour laquelle je voulais absolument la voir aujourd’hui. Pour lui annoncer…
Je suis content qu’elle m’ait posé elle-même la question, preuve qu’elle s’inquiète pour moi et que notre relation prend de l’importance pour elle.

- Je n'en doutais pas, affirme-t-elle en hochant la tête.
- Je ne voulais prendre aucun risque, je ne me le serais jamais pardonné.

Elle me fixe, encore troublée, elle hésite puis me demande d’une petite voix :

- Alors maintenant, tu seras moins ...distant ?

Je reste perplexe puis me souviens sa remarque deux jours plus tôt quand elle m’a reproché de la repousser. Et moi qui pensais qu’il fallait que je sois sérieux ! Encore une fois, je me suis planté ! Je lui caresse la joue et elle ferme les yeux. Je me rapproche d’elle et murmure, mon visage presque contre le sien :

- Je ne savais pas que tu étais si impatiente...

Elle déglutit, rouge et gênée puis elle m’avoue, la voix un peu rauque :

- Disons qu'à chaque fois qu’on se voit, je me prépare psychologiquement et à chaque fois que tu repars, je me sens...frustrée.

Mon cœur cogne si fort que je suis étonné qu’elle ne l’entende pas ? Je la contemple pendant qu'elle fixe le sol. Elle hésite puis elle lève les yeux sur moi. Je vois alors qu'elle n'arrive pas à me dire ce qu'elle veut et je lui demande en chuchotant :

- Dis-moi…
- J’aimerai que la prochaine fois, tu ne repartes pas …

Mon palpitant s’accélère à fond, je suis dans un état second et si je n’étais pas contre elle, mes jambes m’auraient lâchées, à coup sûr. Seulement, je me reprends, pose mon front contre le sien pour y puiser toute sa chaleur et tout en lui caressant les cheveux, je demande :

- Tu n’as plus peur ?
- Non...plus maintenant...je me sens très proche de toi. Maintenant je suis prête…j’ai même hâte, m’avoue-t-elle dans un souffle.
- Ok…, réponds-je la gorge si serrée que j’ai du mal à déglutir.

Je me rends compte que pour la première fois de ma vie, moi j’ai peur. Une très grosse peur de la décevoir !



48 – Mordue

J’aimerai revenir au moment où Jacob était encore juste mon ami. Même si au fond de moi, je voulais déjà plus et que je n’ai rien fait pour empêcher ce qui se passe dans mon cœur…c’était quand même plus simple…disons que j’étais plus heureuse, moins déchirée, moins bouleversée. J’ai l’impression de flotter dans l’espace noir, sans aucune lumière pour me guider…c’est le néant, je ne sais pas où je dois aller, quelle direction prendre, je suis seule, j’angoisse, parfois même je panique, j’ai envie de crier à l’aide, que quelqu’un vienne me sortir de là mais je me dis que je me suis mise dans cette situation toute seule et que c’est à moi d’en sortir...La déclaration de Jacob résonne dans ma tête depuis hier, je n’entends plus que ses mots, je n’entends plus que sa voix, je suis sourde à tout, je ne vois plus rien d’autre que lui et mon cœur tambourine ma poitrine avec force, non stop depuis des heures, m’empêchant de respirer correctement et de réfléchir correctement…Pourtant, il va bien falloir que je me secoue, que je prenne une décision et je sais aussi qu’une fois ma décision prise, je ne devrais plus faire marche-arrière. De toute façon, si je choisis de rester avec Edward, je n’aurai plus d’autre alternative que le mariage. Et si je décide de le quitter, ça sera définitif car sa famille ne permettra pas de scandale. Ce qui m’amène à penser que je dois faire un choix rapidement car les Cullen continuent de préparer notre cérémonie qui doit se dérouler l’année prochaine. Il me reste du temps mais on dirait qu’ils ont choisi ce moment de doute pour accélérer les choses. Peut-être espèrent-ils me faire prendre conscience de l’importance de ma relation avec Edward et me faire réfléchir une dernière fois ? Si c’est le cas, c’est réussi car même Edward semble soudain au bord de la panique. En tous cas, il est dans la même incertitude que moi, ce qui me soulage quelque part. Mais le plus gros doute qui me hante est surtout celui-ci : est-ce que j’aime encore Edward ? La réponse hurle dans mon esprit si fort que je ferme les yeux. Pourtant aussitôt, une petite voix me demande de bien réfléchir et parfois, j’aimerai vraiment qu’elle se taise ! J’aimerai devenir insouciante, spontanée, laisser cette folie m’envahir et m’emporter avec elle…Je frissonne en sentant encore le souffle chaud de Jacob dans mon cou. Je ne peux plus le nier, il me fait ressentir des sensations que je n’ai plus ressenties depuis très longtemps. Je sais qu’il m’apportera ce que j’attends et qu’Edward ne me donne plus. Je sais qu’avec lui, ça serait différent…

Je quitte la baie vitrée pour aller m’asseoir sur le canapé des Cullen. La villa est si silencieuse…en fait, qu’ils soient là ou pas, cette maison est silencieuse, comme un tombeau. Seule la jeune Alice apporte un peu de vie et maintenant qu’elle est partie pour quelques jours, on sent vraiment la différence. C’est quelque chose dont je n’avais jamais vraiment pris conscience et qui me choque à cet instant. Je pense alors qu’elle serait vraiment triste si je quittais Edward mais je me fais la promesse de continuer à la voir si les choses en arrivent là.

Des talons approchent derrière moi et je me tends aussitôt. J’attrape un magasine pour me donner une contenance et prends automatiquement l’air absorbé pour mettre une barrière invisible entre nous. Mais, au lieu de passer son chemin comme d’habitude, Rosalie vient s’asseoir juste en face de moi en croisant les jambes et attend. Au bout d’une minute, je lève les yeux sur elle et mon cœur fait un bond face à la dureté de son regard mais surtout face à la détermination et au mépris que j’y lis. Je la toise, un pli amer sur mes lèvres et je vois les siennes sourirent légèrement, comme amusée par mon attitude trop sûre de moi. Elle mesure ses paroles puis déclare, froidement :

- Quand est-ce que tu vas te décider à débarrasser le plancher ?

Comme je ne réponds pas, elle ajoute :

- Depuis le début, tu profites de nous, de notre argent et de notre hospitalité que tu ne mérites absolument pas ! Si Edward est trop gentil ou trop stupide pour ne pas te foutre dehors, moi je compte bien ouvrir les yeux à toute la famille !

Je déglutis, me sentant soudain comme une traitresse suprême…je la fixe toujours, tentant de ne pas me démonter et elle me dévisage avec arrogance.

- Et pour ça, j’avais un plan, continue-t-elle. Mais, j’ai l’impression que mon cher petit frère va m’empêcher de l’exécuter car, pour une raison qui m’échappe, ton infidélité n’a pas l’air de le déranger.
- Je ne trompe pas Edward ! Riposte-je malgré moi.

Elle ricane doucement, lève les yeux au ciel et répond :

- Pas encore ! Mais ce n’est qu’une question de temps …et entre nous Bella, tu peux me dire ce que tu veux, j’ai beaucoup de mal à te croire…

Je me lève d’un bond, furieuse face à son attaque et elle rit de plus belle. J’ai bien conscience que je viens de perdre mon sang froid, indice très révélateur de mes sentiments et qu’elle jubile devant ça. Je suis en colère mais pourtant, je viens de stopper mon envie de partir, histoire de ne pas fuir face à cette vipère. Alors elle se lève et vient se placer juste à côté de moi. Je sens son souffle près de mon visage mais je fixe toujours la petite table face à moi, trouvant un intérêt soudain au pot de fleur qui l’orne. Elle retire une mèche de mes cheveux et approche plus près en chuchotant à mon oreille :

- Alors j’ai un autre plan…je vais t’ouvrir les yeux à toi Bella…

Ma respiration s’accélère et je tourne légèrement la tête vers elle, l’incitant à continuer car je sens qu’elle va me révéler ce que j’attends :

- Edward te trompe…depuis des années…il te trompe avec une française, qu’il voit en cachette en croyant que personne ici ne le sait…mais moi, je sais tout, je vois tout et je compte bien me servir de ça pour te faire décamper !

Mon cœur frappe si violemment ma poitrine qu’elle se soulève rapidement pendant que je tente de retrouver mon souffle. Ses mots « depuis des années » me font tourner la tête.

- Elle est ici …elle est venue le rejoindre parce que cet imbécile l’a fait mariner et qu’elle doit se demander pourquoi il ne t’a pas encore plaquée ! Mais moi tu vois, cette fille, elle me plait ! Car elle est de notre rang ! Siffle-t-elle presqu’avec rage. Elle, elle n’a pas de la boue sur ses chaussures ! Et son compte en banque te donnerait la nausée…sans parler de son héritage…

Je ferme les yeux, je n’ai pas encore ouvert la bouche, j’en suis incapable et la nausée, je la ressens déjà, me serrant la gorge, me donnant le vertige…

- Alors écoute-moi bien ma chérie, murmure-t-elle, je vais t’en donner la preuve…Car je suis bien déterminée à aller jusqu’au bout…

Sa main effleure mon visage et je mets quelques secondes à comprendre qu’elle tient un bout de papier entre ses doigts. Spontanément, je lui prends d’une main tremblante et elle rit doucement en m’expliquant :

- Ses mots de passe…ainsi que ses codes d’accès pour la messagerie vocale de son portable. Bon amusement ! Lâche-t-elle d’un ton léger en me laissant pendant que je fixe cette feuille pliée.

Alors, les jambes tremblantes, je retourne près du fauteuil et m’y laisse presque tomber. Au bout d’une minute où je n’ai toujours pas lâché la feuille du regard, je me décide à l’ouvrir et j’y découvre deux mots plus deux codes à six chiffres. Même si sa révélation ajoutée à celle d’Alice devrait presque me suffire, l’envie de voir de mes propres yeux la preuve qu’elles avancent me démange. Oui…je trouverais le moyen d’entrer sur son ordinateur ou d’écouter sa messagerie… je le ferais ! Car cette preuve, j’en ai besoin…pour moi, pour ma conscience, pour ne rien regretter, pour me laver de toute cette honte qui m’habite depuis que j’ai embrassé Jacob…pour ne plus être la seule à avoir trompé !

La nuit tombe et je sursaute lorsque la porte qui mène au garage s’ouvre sur Carlisle qui entre avec sa sacoche, me souriant légèrement au passage tout en me saluant. Comme tous les jours, il file dans son bureau et je me rends compte que je suis restée prostrée sur ce fauteuil pendant des heures. Je reprends un peu mes esprits, repliant la feuille chiffonnée par l’humidité de mes doigts qui la tenaient fermement et en me levant, je l’enfonce dans ma poche arrière, les lèvres pincées. En montant doucement les escaliers qui mènent à « sa » chambre (car bizarrement, je ne la vois plus comme « notre » chambre), j’essaie d’élaborer un plan en fonction de ses habitudes, cherchant comment je pourrais ouvrir son ordinateur portable sans qu’il ne s’en rende compte, tout en me laissant assez de temps pour consulter sa messagerie…puis je réfléchis à la façon dont je pourrais écouter ceux de son téléphone…

Au bout d’une heure, je vois sa voiture entrer dans la propriété et mon cœur s’accélère aussitôt. Edward rentre-t-il de sa journée avec Victor ? Ou peut-être avec cette fameuse française ? Mais surtout, il rentre avec son ordinateur et son téléphone portable ! Je me lève d’un bond, bien déterminée à trouver une faille ce soir car je veux savoir et rapidement ! Il est hors de question que cette journée se termine sans que je ne sache la vérité ! J’entends la porte d’entrée claquer, des voix, sûrement Edward qui parle avec sa sœur ou son père…puis des pas dans l’escalier. Mon cœur bat plus vite car je sais que mes « preuves » se rapprochent, que j’aurai tout à portée de main dans quelques secondes et que démarre maintenant une véritable stratégie pour moi : celle de les obtenir sans qu’il ne le sache ! Ou du moins…que je puisse les avoir avant qu’il ne m’en empêche…
La porte de la chambre s’ouvre et je me retourne vers lui, souriante. Je me sens soudain étrangement calme malgré la situation. Ma détermination est devenue comme celle de Rosalie et pendant quelques secondes, j’imagine ce qu’elle doit ressentir lorsqu’elle met un plan à exécution et qu’elle calcule pour qu’il réussisse !

Edward me rend un sourire et pose sa mallette sur le lit. Aussitôt, mon regard se pose dessus et j’ai envie de foncer pour le prendre mais je me retiens et demande d’une voix légère :

- Tu as passé une bonne journée ?
- Oui…et toi ? Tu n’es pas partie avec Alice finalement ? Me crie-t-il depuis la salle de bain où je sais qu’il est en train de se changer.

Je déglutis, soudain anxieuse à l’idée qu’il retourne la situation. Qu’il me mette au pied du mur avec cette histoire de voiture et que je n’ai pas le temps de mettre mon plan en œuvre.

- Non…je suis restée chez Charlie.

Pas de réponse. J’espère que la conversation ne va pas dévier. Mais soudain, j’entends l’eau couler dans la douche et aussitôt mon regard se pose à nouveau sur la sacoche d’Edward. Mon pouls s’accélère…c’est maintenant ou jamais ! J’ai l’impression d’être dans un mauvais film, où le suspense atteint son comble lorsqu’un agent secret doit obtenir des informations sans se faire tuer. Mes mains tremblent mais je viens d’ouvrir la valisette et mes doigts effleurent déjà le plastique dur de l’ordinateur. Je le sors, le pose sur le lit, hésite encore en écoutant l’eau couler puis l’ouvre et prie pour qu’il soit en veille. Aussitôt, l’écran s’allume et le petit carré blanc apparaît. Je prends la feuille de ma poche arrière et fébrilement, je la déplie pour vérifier le mot indiqué par Rosalie. Une fois tapé, la fenêtre disparaît et je me trouve dans l’espace privé d’Edward sur lequel je découvre des tas de dossiers concernant son travail. J’ouvre l’icône qui me donne accès à Internet et sa messagerie s’ouvre. Mon cœur s’arrête et mes oreilles bourdonnent à cause de l’angoisse. Tremblante, je tape l’autre mot de passe et la fenêtre sur sa messagerie s’ouvre comme par magie. Époustouflée devant l’exactitude des informations fournies par Rosalie, je reste quelques secondes inerte, à réaliser ce que je suis en train de faire. L’eau de la douche s’arrête et un coup chaud dans le ventre me coupe la respiration. Rapidement, je parcoure les noms d’expéditeur de ses mails mais ma vue se brouille alors je tente de me calmer pour mieux regarder. J’entends un bruit mat dans la salle de bain, mes jambes flageolent mais mon regard capte soudain une adresse française. Je parviens à cliquer dessus, je ne comprends rien mais le contenu semble purement professionnel. Alors je retourne sur la liste des messages et je vois tout à coup une autre adresse française. J’ouvre le message mais j’ai juste le temps de constater que celui semble plus privé lorsque les bruits en provenance dans la salle de bain m’indiquent qu’Edward va bientôt sortir. Je ne prends pas plus de risques. Je ferme tous les fenêtres et claque la face du portable pour le glisser rapidement dans sa sacoche. La porte s’ouvre lorsque je suis déjà assise sur le lit, tout en prenant l’air le plus détaché possible. Edward sort, une serviette autour de la taille, ne me regarde même pas et va jusqu’à son armoire pour sortir des vêtements décontractés pour la soirée. Je déglutis, espérant n’avoir rien laissé qui indiquerait que j’ai touché à son ordinateur. Edward s’habille puis revient vers moi. Mon pouls s’accélère violemment lorsque je vois ses yeux se poser sur sa sacoche mais il la prend et va la poser sur son bureau. J’appréhende soudain qu’il décide de me parler de ma voiture mais notre téléphone de chambre sonne et au bout de deux sonneries où je remarque qu’Edward continue à ranger ses affaires, je me décide à décrocher.

- Oui ?
- Bella, c’est Esmée. Peux-tu demander à Edward de descendre s’il te plait ? J’ai des documents concernant le mariage à lui montrer.

Je déglutis. Encore ce mariage ! A croire que les Cullen n’avaient plus que ça en tête !
Je raccroche et déclare :

- Ta mère veut te voir…

Edward hoche la tête tout en fermant la porte de l’armoire puis s’approche de moi et je sens qu’il hésite. Intriguée, je l’invite du regard à me dire le fond de sa pensée. Il affiche une mimique que je connais bien. Celle lorsqu’il est ennuyé. Puis, à ma grande surprise, il me dit d’une voix très calme :

- J’aimerai qu’on parle toi et moi après…
- Oui, réponds-je, la gorge serrée en captant la tristesse dans ses yeux.

Alors j’ajoute sans même réfléchir :

- Edward, si c’est pour la voiture…
- Non, Me coupe-t-il sans colère. Ce n’est pas pour la voiture…ça concerne mon projet…celui pour la France.

Je hoche la tête, lèvres pincées et son regard se fait plus triste. Alors je comprends que nous y sommes : qu’il va me parler de Jacob et que je vais lui parler de sa française. Il quitte la chambre, me laissant seule avec l’ordinateur, son téléphone portable et là, je reste prostrée sur le lit, ne sachant plus quoi faire. Est-ce que j’attends qu’il m’explique, sans être sûre qu’il me dira la vérité ou est-ce que je vais chercher la vérité moi-même ? Histoire d’avoir toutes les cartes en main…les minutes passent et je prends soudain conscience que je suis en train de laisser filer ma seule chance. Je me lève d’un bond et ouvre la porte de l’armoire, fouille la poche de sa veste et capture son téléphone. J’ouvre le clapet, il est encore allumé, je n’aurai donc qu’un code à taper. Je cherche le numéro de sa messagerie quand soudain la porte s’ouvre et mon cœur fait un bond si fort que j’en lâche presque l’appareil. Sur le seuil, Rosalie me toise en souriant, satisfaite de me trouver à faire ce qu’elle attendait de moi. Elle referme la porte, nous nous dévisageons quelques secondes, ses boucles blondes parfaites encadrent son visage angélique mais ses yeux sont noirs et froids. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais une vile alliance nous unit soudain. Sans la quitter du regard, je tape le code à six chiffres que je n’ai eu aucun mal à retenir et une voix me guide pour que j’atteigne les anciens messages. J’exécute les directives, toujours mes yeux plongés dans ceux de Rosalie, collée contre la porte à guetter le retour d’Edward. Je n’ai pas besoin d’attendre longtemps pour entendre une voix qui prononcent des mots que je ne comprends pas mais la fin du message ne me laisse plus aucun doute lorsque la fille prononce un « Je t’aime, tu me manques » dans notre langue mais avec un accent qui me semble familier. Mon corps semble tellement inerte, j’ai l’impression que mon cœur s’est arrêté de battre et pourtant, je suis toujours dans cette pièce face à Rosalie qui me sourit, glaciale. Je referme le téléphone et le pose sur la table. Je me dis que, à lire ou à écouter, de toute façon, je ne comprendrais pas l’exact teneur de ses messages et que ça ne sert même à rien que j’ouvre l’ordinateur, que les faits sont là. Je dois être très blanche car Rosalie ricane puis elle m’annonce :

- Des années Bella…bien avant toi ! Et ça dure encore aujourd’hui…votre couple ne devait pas être plus qu’une aventure de quelques semaines mais voilà, il a fallu que tu tombes de ce cheval et que mon frère se trouve obligé de jouer les bons samaritains…Il se sentait tellement coupable ! Tu lui as bousillé sa vie ! Crache-t-elle soudain d’une voix forte.
- Quoi ? Murmure-je.

Elle se rapproche et continue :

- Il n’y a toujours eu qu’elle pour Edward mais les parents refusaient cette alliance pour une histoire de gros sous que tu ne comprendrais même pas ! Alors il a essayé de passer à autre chose et il t’a rencontré…mais son cœur ne t’a jamais appartenu Bella !

La pièce semble tourner violemment autour de moi, tous les sons semblent étouffés sauf la voix de Rosalie qui siffle dans mes oreilles comme un serpent.

- Je t’ai toujours détestée ! Tu n’étais pas sa destinée ! Il devait attendre sa majorité et filer pour la France finir ses études près d’elle, et ceci malgré l’interdiction des parents ! On avait tout prévu ! M’explique-t-elle, hargneuse. Avant, il se confiait à moi…

Sa voix vient de se perdre et je mesure alors tout ce qui a pu se tramer derrière mon dos entre elle et les Cullen…entre Edward et ses parents…entre Rosalie et son frère…J’imagine Edward, déçu de la décision de ses parents concernant cette fille, jeter son dévolu sur moi pour essayer de l’oublier…ses parents contre cette fille mais aussi contre moi, sûrement mécontents qu’il décide de m’épouser par pitié ! Car ils connaissaient ses sentiments vis-à-vis de cette française…j’entendais encore les paroles d’Edward : « mes parents m’en ont voulu…pour plusieurs raisons…mais principalement pour le fait qu’ils estiment que je ne suis pas honnête avec toi ». Ses mots prenaient tout leur sens… m’avait-il aimé ? Vraiment ? N’étais-je qu’une aventure au départ ? Avait-il continué à la voir ? La voyait-il encore ?...oui, c’est évident…puisqu’elle était revenue de France pour lui…elle qui attendait depuis la majorité d’Edward qu’il vienne la rejoindre et qui avait fini par venir ici pour le convaincre de la suivre. Et lui qui depuis un an, depuis le moment où j’avais senti un changement dans notre relation, regrettait sûrement chaque jour qu’il passait à mes côtés alors qu’il aurait dû partir loin d’ici.
Soudain, un violent spasme me secoue et les larmes brulantes coulent sur mes joues sans que je ne cherche à les arrêter devant Rosalie. Alors, je pleure, je pleure toutes les larmes de mon corps, je ne pleure même pas parce qu’il me trompe non…je pleure parce que depuis tout ce temps, j’avais lutté contre ce que je ressens pour Jacob, je l’avais même repoussé ! Je m’étais retenue une bonne centaine de fois de l’embrasser et tout ça pour quoi ! Pour me rendre compte que j’ai perdu mon temps !

Rosalie a gagné ! Je quitte cette villa !

En prenant mon sac et ma veste en jeans qui est la seule à laquelle je tiens, je la bouscule au passage et quitte la pièce. Je l’entends encore ricaner derrière moi pendant que je dévale les escaliers. Une fois en bas, j’entends Edward parler avec sa mère dans la salle à manger. J’hésite puis la rage me submerge à nouveau lorsque je comprends le mot « mariage ». Alors j’attrape la poignée de la porte et l’ouvre brutalement. L’air frais du soir me surprend mais je descends les marches du perron, bien décidée à partir droit devant moi sans m’arrêter. Cependant, j’entends la voix d’Edward crier de la maison :

- Bella !!!

Je continue d’avancer, déterminée, mais il me choppe le bras et me force à lui faire face. Je mets quelques secondes à le regarder pendant qu’il me demande, inquiet :

- Bella, mais où vas-tu ?

Alors, je plante mes yeux dans les siens agrandis par l’incompréhension et je lui annonce, sans hésiter cette fois :

- Je te quitte Edward !
- Quoi …
- Je te quitte, répète-je. Je te laisse faire ta vie avec ta française ! Pars en France Edward ! Pars et fais ta vie !
- Bella, mais …
- Laisse-là partir Edward ! Crie Rosalie depuis la porte d’entrée. Elle n’est pas seule, ne t’en fais pas pour elle !

Edward se retourne brièvement vers sa sœur puis me regarde à nouveau, perdu. Pendant quelques secondes, il me fait de la peine mais je me ressaisis et ajoute :

- Tu n’aurais jamais du te laisser manipuler par tes parents Edward. Tu aurais du écouter ton cœur…
- Bella, je t’assure…Il n’y a que toi, répond-il avec force, espérant me convaincre ou pour se convaincre lui-même.

Je souris, respire un grand coup en me passant la main dans les cheveux, puis je lui dis :

- Ta sœur a raison tu sais, je ne suis pas perdue…au contraire, je vais enfin vivre !

Cette fois, Edward ne me coupe pas. Je le vois se mordre les lèvres et réfléchir puis il hoche la tête. Des phares nous éclairent et je reconnais le moteur de ma Chevrolet qui entre dans la cour. Alice se gare près de nous et je ne peux m’empêcher de penser qu’elle tombe vraiment à pic. Elle descend de la voiture et vient se placer près de nous, encore toute excitée par son week-end.

- Eh !!! C’était vraiment génial ! Encore merci Bella !

Nous nous dévisageons Edward et moi et au bout de quelques secondes, elle comprend qu’elle vient de nous interrompre et demande, inquiète :

- Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Rien, murmure-je en détachant mon regard de celui d’Edward.

Je prends les clefs de ses mains et lui dis :

- Tu peux prendre tes affaires s’il te plait, j’ai besoin de ma voiture ce soir.
- Ah …, répond-elle, ennuyée par la tension plus que palpable qui nous entoure.

Les yeux dans le vide, Edward n’a toujours pas prononcé une parole. Alice hésite encore puis file vers le coffre et sort ses sacs qu’elle pose dans la cour. Une fois qu’elle a fini, je jette un regard à Edward et il se décide enfin à me voir. Alors je leur dis :

- Merci pour tout ! Je n’oublierais pas ce que vous avez fait pour moi.
- Tu t’en vas ?! S’écrie Alice au bord de la panique.

Je remarque ses yeux brillants et m’en veux soudain de lui faire autant de peine mais je ne peux plus. Mon cœur n’est plus ici. Je m’approche d’elle et la prends dans mes bras. Elle sanglote et je vois la main d’Edward se poser sur ses épaules et lui murmurer :

- Laisse-là partir Alice, tu la reverras …mais chez elle …
- Oh non…
- Alice, tout va bien, déclare-je. Tu avais raison c’est tout.
- Oh non, sanglote-t-elle de plus belle. C’est pas vrai.

Mon cœur se brise mais je tiens bon en la lâchant. Je lui serre les doigts affectueusement puis les quitte. En montant dans ma voiture, j’expire un grand coup et démarre le moteur, heureuse d’avoir ma voiture pour pouvoir quitter cet endroit le plus vite possible et surtout, pouvoir rejoindre Jacob dans quelques minutes.



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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 11 Juil - 11:07

Magnifique suite! Et surtout tres intense! Paul qui a vient chercher Rachel... et qui s'assure de son bien,etre en faisant ces tests... Rachel plus déterminé que jamais du coup notre Paul qui a peur de la decevoir hi hi! Et Bella et Edward! Quel tension!!!!! En tout cas : merci Rosalie de lui avoir ouvert les yeux et le coeur surtout! Pauvre Alice, j'ai vraiment hate de lire le prochain chapitre et surtout les retrouvailles de nos 2 tourteaux! A tres tres bientot!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 11 Juil - 17:16

je suis trop contente pour Paul et Rachel !!! C'est géniale ils vont pouvooir enfin être heureux!!!
Par contre Edward est un vrai c*****d comment il a pu faire sa a Bella!!! mais bon elle va retrouver Jacob c'est le principale!!! Pour une fois que rosalie fait quelque chose de bien!!! Et Alice elle m'a fait beaucoup de peine quand elle a su que Bella partait je l'aimais bien moi Alice j'espère qu'elle vont garder contact toutes les deux!!

- Ta sœur a raison tu sais, je ne suis pas perdue…au contraire, je vais enfin vivre !


et oui elle va pouvoir enfin être elle même, elle va pouvoir respirer l'air pure retrouver son soleil!!!
mais bon c'est vrai que la séparation Bella/Alice m'a fait presque pleurer j'ai eue beaucoup de peine pour elle!!

A quand la suite???
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 11 Juil - 20:25

Super! Vivement la suite!
Je suis quand même un peu dégoutée pour le coup de la française... Mais bon, ça fait partir Bella alors c'est tant mieux!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 11 Juil - 21:09

tout a fait d'accord avec toi céline mais bon sa lui a oermis de quitter Edward et de retrouver Jacob alors c'est parfait moi je dis!!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 12 Juil - 19:19

geniale ton chapitre
decu de l'attitude d'edwards
un grand merci a rosalie pour avoir aide bella a reagir et quitte edwards
mais pauvre alice elle perd une amie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 12 Juil - 20:01

tout a fait d'accord avec toi Alice moi je l'aimais bien elle était la seule a avoir la joie de vivre dans cette famille!!!!
oui et un grand merci a Rosalie!!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 12 Juil - 23:34

* Aussitôt je flippe, me disant que c’est peut-être la directrice qui veut que je dégage car je me doute que mon allure peut paraître suspecte devant une école de gamins. Paul se sent toujours dans le mauvais rôle Rolling Eyes

* J'aime bien le passage où Paul décris l'école et entre face à Rachel.

* je gère mal mes émotions et là, j’ai du mal à me remettre de te voir,Je comprends tout à fait ce qu'elle veut dire.

* - Mais c’est vrai ! Tu as rêvassé et c’est moi qui aie tout fait !Lol ça ne m'étonne pas c'est la réflexion que je me suis faite lorsque Paul dit qu'il part : mais comment va-t-elle faire ? Elle va buguer jusqu'à son retour !

* - J’aimerai que la prochaine fois, tu ne repartes pas … Very Happy

* - Quand est-ce que tu vas te décider à débarrasser le plancher ? Elle est vraiment mauvaise.

* - Edward te trompe…depuis des années…il te trompe avec une française,Nous y voilà !

* Alice se gare près de nous et je ne peux m’empêcher de penser qu’elle tombe vraiment à pic. Tu m'étonnes !
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 9:44

j'en était sur pour édward il tromper bien bella et des années même . enfin au moin elle peut rester avec jacob et vive la suite
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 11:57

vivement la sute en effet je suis presser de voir comment va réagir Jacob
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 13:58

wahouuuu !!!
Vivement la suite j'ADORE !!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 17:06

ah oui la reaction de jacob
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 20:48

oui la réaction de Jacob trop presser de le lire en plus Tititof elle a le truc pour faire passer les émotions fortes c'est trop géniale!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 22:05

c 'est sur elle va nous transmettre toute les emotion de jacob
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 22:06

oui le pire c'est que j'ai lu ses deux fics et elle a réussir a éveiller des émotions en moi qu'aucun livre n'avais réussi a me faire réagit ainsi!!
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 13 Juil - 22:14

oui tu as raison
j'ai meme lu d autres fiction sur une serie est j'ai adore
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Aujourd'hui à 8:27

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