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 Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel

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Tititof
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MessageSujet: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 20 Avr - 11:17

Voici donc ma nouvelle fic comme je l’avais annoncé à la fin d'Evolution, et je la dédie personnellement à Vanille41 car c’est grâce à elle si cette histoire est née. Je m’explique…

Tout comme moi, Vanille aime le Jacob AVANT mutation, son insouciance, sa bonne humeur et même son physique (tout comme Bella l’apprécie beaucoup). Le Jacob de Tentation nous a fait rêver, nous avons plongé avec lui dans cet univers que nous aimons tant : celui des indiens Quileute. Et c’est en lisant le premier chapitre de la fic de Vanille que je me suis rappelée à quel point j’avais aimé ce Jacob là : le Jacob humain. Ce jour-là, j’ai vécu une expérience inoubliable, c’était assez bouleversant mais en lisant son histoire, je suis restée prostrée pendant près de 4 h et pendant tout ce temps, j’ai vu la fiction qui suit défiler dans ma tête. J’ai du mal à trouver les mots pour expliquer ce que j’ai vraiment ressenti ce matin là mais c’était fort, je dis d’ailleurs toujours qu’elle m’a fait beuguer lol car c’est vraiment le sentiment que j’ai eu. Rester bloquer sur cette sensation de revivre un moment avec Jacob en humain et voir une histoire où il resterait comme ça.

Voici donc une fiction sans magie mais qui reste dans l’univers particulier de Bella. Je m’excuse déjà auprès des fans d’Edward mais pour la tournure de l’histoire, j’ai du un peu écorcher son personnage. Enfin pas vraiment mais ça, vous le comprendrez en lisant jusqu’au bout siffle. D'ailleurs, comme pour mes autres fics, il est près de moi là et il vous demande de me faire confiance Wink lol

Je tiens à remercier aussi tout particulièrement une amie (qui se reconnaitra) qui me soutient toujours dans mes écris et avec qui je suis très fière d'avoir partagé cette histoire. Merci hug

Alors voici donc les premiers chapitres de cette nouvelle histoire.
Bonne lecture !

* * * *

La routine…les habitudes…le confort, tous ces mots qui inspirent sécurité et qui sont un véritable poison pour le couple et l’amour. Pourtant, qu’est-ce qu’on se sent bien quand on fait le point sur sa vie et que l’on constate que tout roule comme sur du papier à musique. Tout est dit, tout est clair, tout est planifié…un avenir tout tracé, des conversations qu’on n’a plus besoin d’avoir car tout est décidé, des points de vue qu’on échange plus parce qu’on connaît déjà tout de l’autre, cette étrange impression de n’avoir plus besoin de faire d’effort car l’autre nous aime telle que l’on est …on se sent sûr de soi, sûr de nos choix et pourtant…il n’y a rien de pire que la confiance endormie, rien de pire que de croire que tout est acquis, que ça soit à cinquante ou à vingt ans ! Sur la route de l’amour, il y a tellement de pièges, tellement d’attaques, parfois, on ne les voit pas arriver, parfois, on ne les voit même pas ! Elles passent inaperçues et les conséquences arrivent bien plus tard ! Et on se dit : « et si… »
Je croyais aussi que tout serait comme ça jusqu’à la fin de ma vie, je croyais aussi que ma vie était tracée, je me voyais déjà dans dix ou vingt ans, je voyais déjà ma voiture, ma maison, mon chien…et pourtant, je suis si jeune. Dix neuf ans ! Et je suis déjà presque mariée ! Mais là, je me regarde dans le miroir et je me dis : « et si… »


1 – Sentiment d’abandon

La sonnerie de fin de cours retentit et je claque mon livre de Technologies horticoles pour le ranger aussitôt dans mon sac. Je me lève et dégringole les escaliers de l’amphi précipitamment, impatiente de retrouver Edward qui doit déjà m’attendre dans le couloir. Je le vois déjà, adossé contre la balustrade qui donne sur la cour, un petit sourire aux lèvres lorsqu’il m’aperçoit. Je lui rends son sourire de loin et accélère le pas. Je sais qu’il m’attend pour son cours de tennis, rendez-vous habituel du vendredi soir.

- Eh Bella ! Fais un peu attention quand tu descends comme ça…un jour, tu vas te rompre le cou.
- Oui papa ! Répondis-je en riant, toujours amusée par ses recommandations à tout va.

Edward est comme ça, très protecteur avec moi. Une vraie mère poule ! Parfois, j’ai l’impression que s’il pouvait me mettre dans un fauteuil roulant pour être sûr que je ne me blesse pas et me pousser dans l’université, il le ferait ! Il passe son bras sur mes épaules et m’entraîne rapidement vers l’extérieur. Je me sens bien avec lui, tout est presque parfait ! Il n’y a jamais de mauvaise surprise, il planifie tout, prévoit tout, il est très mûr pour son âge, si mûr que parfois je me dis qu’il pourrait déjà monter sa propre entreprise maintenant et la diriger ! Il a d’ailleurs décidé de se lancer dans cette voie et suit des études de finance. Mais il y a aussi autre chose qui fait que tout va toujours comme il le veut : son argent. Edward est le fils du docteur Cullen de Forks, une des familles les plus riches de cette région. Et la richesse et la réputation sont deux ingrédients parfaits pour que, tout leur soit accepté, sans discuter ! Et moi dans tout ça, et bien j’en profite aussi un peu…

Je suis arrivée à Forks à l’âge de quinze et une semaine après, je sortais avec Edward, le mec le plus sexy du lycée qui me donna aussitôt le statut de fille la plus enviée et prisée de Forks. Pourtant, j’étais assez quelque conque comme fille et je me demande encore parfois aujourd’hui, ce qu’Edward avait bien pu me trouver ! Mais il m’avait donné confiance en moi, il me gâtait chaque jour, rien n’était trop beau pour mes yeux. Et moi, j’étais complètement folle et amoureuse.

J’avais quitté ma mère qui comptait faire le tour du monde avec son nouveau copain et rejoins mon père Charlie, chérif de cette ville polaire. Ici, il pleut quasi tout le temps et si ce n’est pas la pluie, c’est la neige ! Même maintenant, en juin, le ciel est toujours menaçant. Mais avec Edward, je n’ai pas le temps de m’attarder sur la météo car nos week-ends sont toujours très chargés !

D’un clic sur ses clefs, il ouvre les portes de sa Volvo dernier cri et m’ouvre la portière pour que je monte à bord. Cette voiture en a rendu plus d’un jaloux à l’université ! Et je suis toujours l’attraction du monde lorsqu’Edward me dépose devant le bâtiment pratiquement chaque matin.
Nous quittons l’université et Edward accélère aussitôt. Je suis collée au siège et savoure le décor qui défile sous mes yeux.
La maison des Cullen se situe à l’extérieur de Forks. C’est une villa typiquement moderne, construite sur pilotis au milieu des bois. Les grandes baies vitrées rendent la maison parfaitement éclairée, sans parler de tous les équipements sophistiqués qui la compose. Je tourne la tête vers Edward, surprise qu’il s’arrête d’abord ici avant d’aller à son cours.

- Je croyais que nous allions au club ?
- Je ne vais pas au tennis ce soir…, me répond-il, un peu crispé.
- Ah non ?
- Non…, soupira-t-il. Bella…Mon père vient de décider de partir une semaine en France.
- Ah…

Cette nouvelle me chamboule un peu car je n’avais pas prévu de partir maintenant en vacances ! Charlie allait sûrement me tuer de louper les cours en plein dernier semestre mais tant pis, je m’arrangerais avec. Je n’avais pas d’examens cette année.

- Ok, finis-je par répondre. On part déjà ce soir ?
- Nous…partons déjà ce soir, précise-t-il tendu.
- Oh…

Mes jambes flageolent un peu. Je ne comprends pas que je ne fais pas partie du voyage. Depuis mes quinze ans, je suis bien partie une dizaine de fois en vacances avec les Cullen, en fait, en y réfléchissant, je ne me suis jamais retrouvée seule sans Edward. Ce dernier m’observe, scrutant la moindre de mes réactions et craignant sûrement une crise de larmes.

- Ma grand-mère vient de décédée, m’avoue-t-il. Et nous partons là-bas pour aussi régler quelques affaires.
- Ah oui ? Oh, je suis désolée Edward.

Je me blottis contre lui et l’embrasse dans le cou pour lui prouver que je compatis à sa peine. Il sourit et ajoute :

- Je ne la connaissais pas…mais je dois être là-bas. Elle m’a légué beaucoup de choses apparemment.
- Ah d’accord, comprenant mieux la raison de ma mise à l’écart.

Après tout, Edward et moi n’étions pas encore mariés ! Il m’avait fait sa demande le jour de mes dix-huit ans et nous étions donc fiancés depuis. Les Cullen avaient fait une très grande et somptueuse fête pour ce jour, au grand damne de mon père qui détestait toutes ces mondanités. Mais j’étais majeure et j’aimais Edward depuis si longtemps qu’il ne s’était pas opposé à cette décision. Edward me serra contre lui et déposa un baiser sur mon front en murmurant :

- Tu vas me manquer.
- Toi aussi !
- Bon, allez, viens prendre des affaires que tu aurais besoin chez toi et je te ramène chez Charlie, me dit-il en descendant de la voiture.
- Ok, répondis-je, la gorge un peu serrée.

Je descends à mon tour du véhicule, un soudain sentiment d’abandon m’envahi mais je respire un grand coup pour afficher une bonne figure devant Edward afin qu’il ne s’inquiète pas. Nous montons ensemble les marches en bois polis de la maison et Edward me fait entrer par la grande porte vitrée qui donne directement sur un immense séjour éclairé par mille lumières. A notre arrivée, Alice, la petite sœur d’Edward de dix sept ans nous saute dessus en riant. Je suis toujours amusée par sa bonne humeur permanente, contraste violent avec la grande sœur d’Edward, Rosalie, qui elle affiche toujours un air sévère et fermé.

- Oh bonjour Bella ! Devine quoi ? Je viens de recevoir mes places V.I.P. pour le concert des Black eyed peas qui passent le mois prochain à Seattle !
- Ah oui, répondis-je en riant.
- Oui, Jasper va être trop content !

Je n’étais pas trop fan de ce groupe mais Alice et son copain en raffolaient. Encore une fois, un mois avant, elle avait réussi à obtenir des billets pour un concert que je savais guichet fermé puisque j’avais regardé pour lui acheter des places moi-même. Je vis Edward secouer la tête en souriant, aussi amusé que moi par le caractère enjoué de sa sœur.
Je le suivis à l’étage, afin d’aller chercher quelques affaires dont j’aurai besoin pendant leur absence. Je vivais toujours officiellement chez Charlie mais le fait est que je passais quand même pas mal de nuits ici, même en semaine. Par conséquent, j’accumulais un peu plus chaque jour des vêtements et des objets personnels dans la chambre d’Edward. Ce dernier me prit dans ses bras et murmura :

- Je serrai rentré pour les vacances.
- Oui, pas de souci ! Soufflais-je.

Il me berce doucement, essayant d’apaiser le sentiment d’abandon qui ne me lâche pas. Les larmes me montent aux yeux et je les ferme pour éviter qu’elles ne coulent sur la belle chemise blanche d’Edward. Puis, il se dégage et je continue l’air de rien à m’affairer pour ne rien oublier.
Il me laisse seule afin que je reste bien concentrée et une fois qu’il a le dos tourné, un spasme me secoue et je laisse cette fois mes larmes s’écouler doucement sur mes joues. Puis, dans un furieux revers de la main, je les essuie rapidement et continue mon paquetage.

Je le rejoins en bas, toute souriante et trouve Edward en pleine discussion avec son père qui me salue en passant. Je pose mon sac contre la porte pour l’attendre.
Carlisle Cullen a l’air très préoccupé et je vois, à ses brefs regards vers moi, qu’il préférerait que je n’écoute pas leur conversation. J’avance donc vers une des baies vitrées afin de mettre un peu de distance entre nous, observant avec émerveillement l’architecture exceptionnelle de cette maison quand soudain, j’entends un gros bruit et un juron de Rosalie derrière moi.

- C’est à qui ce sac pourri ?!

J’avais laissé mon sac contre la porte d’entrée et Rosalie a buté dedans en entrant.

- Ah moi, répondis-je en m’approchant, sachant parfaitement qu’elle sait à qui est ce sac.

Je m’avance pour le pousser mais elle donne un coup de pied dedans qui le fait valser contre une des plantes de l’entrée.

- Tu ne pouvais pas le mettre ailleurs ! J’ai failli m’étaler par ta faute !
- Excuse-moi, marmonnais-je, habituée à la manière très autoritaire de parler de Rosalie.

Ça aussi, c’était un fait : Rosalie ne m’aime pas. Elle ne m’avait jamais aimé et ça ne changerait jamais ! Pour elle, je n’avais rien à faire chez elle ! Elle avait même dit une fois devant moi et pendant un repas de famille qu’elle ne pouvait pas s’opposer à ce que son frère me voit mais pas ici ! Elle refusait l’idée que je profite quotidiennement de leur fortune et de leur confort. Je l’avais déjà entendu plusieurs fois râler après Edward parce qu’il m’emmenait au restaurant ou parce qu’il me payait une robe ou tout simplement parce que j’utilisais leur salle de bain luxueuse avant de rentrer chez moi.

- Elle ne peut pas prendre sa douche chez elle ? Piquait-elle parfois en claquant ensuite la porte de sa chambre.

Rosalie avait fini ses études dans quelques mois, elle allait être avocate et sortait depuis des années maintenant avec un fils de chirurgien : Emmett. Ce gars là était assez sympa et parfois, je le voyais me lancer un petit regard entendu quand Rosalie se déchaînait sur Edward à mon propos ou qu’elle me faisait un sale coup en douce comme casser mon sèche-cheveux que j’avais oublié à la salle de bain ou faire disparaître mes affaires, des vêtements que je ne retrouvais jamais. Je ne doutais pas qu’elle fouillait dans la chambre d’Edward pendant notre absence mais je n’avais rien à cacher !
Edward écourte sa conversation et vient vers moi, dans un petit sourire d’excuse.

- Désolé pour ma sœur…tu sais comment elle est…
- Pas de souci ! Répétais-je en regardant la chevelure blonde et parfaite de Rosalie se balancer sur son dos pendant qu’elle monte à l’étage.
- Allez viens, je te ramène chez toi.

J’aurai bien aimé profiter de lui une dernière nuit mais il ne semblait pas partager ce point de vue. Je monte donc dans la voiture, le cœur un peu serré tout en ne le quittant pas des yeux pendant qu’il fait sa manœuvre.
Ça aussi, c’était devenu un fait…sans même que je sache faire quoique ce soit pour le changer. Au début de notre relation, Edward me pressait un peu pour passer à l’acte. Il avait dix sept, j’en avais quinze, je me sentais si jeune …pourtant, avant mes seize ans, j’avais succombé. Je l’aimais trop pour continuer à lui refuser ça et j’avais envie de voir ce que c’était, même si j’avais prévu d’attendre un peu dans mon avenir que je m’étais planifié avant de le connaître. Edward était donc mon premier et serait mon dernier amour ! Lui seul aurait le privilège de me toucher et dans ma tête, je lui avais fait le plus beau cadeau qu’il soit donné d’offrir à un homme de la part d’une femme. Pour lui, je n’étais pas la première…mais je m’en fichais ! Au contraire, il m’avait fait partager son expérience et c’était quand même plus simple que lorsque deux adolescents font ça tous les deux pour la première fois. Plusieurs de mes amies avaient aussi fait « le pas » mais la moitié d’entres elles avaient été déçues voir dégoûtées ! Le garçon qu’elles croyaient toutes parfait avait soit oublié qu’ils étaient deux, soit s’y était pris très mal et l’acte avait été très douloureux. Moi, j’avais eu de la chance car Edward avait été très attentionné. Mais depuis quelques temps, une certaine routine s’était installée entre nous. Cela faisait même un an si je comptais bien et je ne voyais aucun élément déclencheur de ce changement qui s’était installé petit à petit.
Edward ne s’encombrait plus de préliminaires, parfois, il ne m’embrassait même pas ! Et son étreinte devenait parfois brutale. Pourtant, rien n’avait changé entre nous, il était toujours aussi amoureux et prévenant mais j’avais l’impression d’être parfois un objet de plus dans sa vie. Surtout durant ce moment là ! Il me fallait même parfois faire preuve de beaucoup d’imagination pour rester concentrée…il y eut même une fois où je n’avais ressenti aucun plaisir et que Edward ne s’était rendu compte de rien ! Depuis, je me posais beaucoup de questions, j’avais même remarqué que lorsque je me promenais en petite tenue ou nue devant lui, la lueur qui habitait ses yeux ne s’allumait plus ou alors, il fallait que j’insiste sérieusement. Parfois, il ne me voyait même pas, la tête plongée dans ses cours de finance. Mais son attitude dans la journée était identique à ceux du début de notre relation. J’espérais un jour avoir assez de courage pour aborder le sujet.

La voiture s’arrête devant ma maison et j’hésite à descendre tout de suite. Edward le comprend et m’attire contre lui pour embrasser mon front. Je lève la tête vers lui et dépose un baiser sur ses lèvres qu’il me rend. Je me relève pour en faire plus, l’embrasser pleinement comme avant mais son regard clair et assez froid m’arrête aussitôt et il déclare :

- Mon avion est dans deux heures, je t’appelle quand je suis arrivé.
- Oui…
- Prends bien soin de toi ! murmure-t-il. Je sais que tu vas te retrouver bien seule sans moi.
- Oui…ça va être une expérience.

Je prends alors mon sac et ouvre la portière en lui lançant en dernier regard. Il me sourit doucement et je lui chuchote avant de claquer la porte :

- Je t’aime mon amour.
- Moi aussi Bella.

Et il démarre doucement la Volvo.

Mon sac sur le dos, j’entre sans bruit dans la maison, lorsque Charlie, assit devant un match de baseball se retourne depuis son fauteuil en s’écriant :

- Bon sang Bella ! qu’est-ce que tu fous là ?
- Moi aussi je suis contente de te voir papa !
- Nous sommes quel jour ? Insiste-t-il en se levant et en prenant le calendrier.
- Arrête un peu ! Nous sommes vendredi et je reste ici pour le week-end…et la semaine !
- Tu plaisantes ? Déclara-t-il en affichant vers moi une tête vraiment surprise.

Je ne réponds pas et monte les escaliers jusqu’à ma chambre. Je sais que mon père a maintenant ses petites habitudes et qu’il fréquente une femme nommée Sue Clearwater depuis maintenant un mois. Cette femme là, je ne la connais pas vraiment car mon père la voit chez elle, à la réserve indienne et moi, je ne suis jamais là ! Je sais juste qu’elle a perdu son mari il y a trois ans et qu’elle a deux enfants : Leah, une fille de dix-sept ans et Seth, un garçon de quatorze ans que je n’ai jamais rencontrés ! Mais voilà, les Quileute ont leur réserve, leur territoire de sorties et leur lycée…il faut vraiment être ami avec l’un deux pour entrer dans le cercle très fermé de ces derniers indiens. Mon père est justement l’ami de l’un d’entre eux : Billy Black. Un homme très gentil qui a trois enfants et qui m’appelle souvent « ma fille » quand on se voit, ce qui remonte maintenant à trois ou quatre ans ! Charlie me reproche souvent de ne pas venir lorsqu’il est invité chez eux, je n’ai même pas pu (ou pas voulu) me rendre aux obsèques de madame Black, morte l’année dernière d’une leucémie. En fait, depuis que je suis avec Edward, ma vie file à cent à l’heure et nous avons toujours quelque chose de prévu pour les week-ends et les vacances.
Et depuis une minute que je rêvasse sur mon lit, je me demande justement ce que je vais bien pouvoir faire ce week-end ! Je suis tellement dépendante d’Edward qu’en fait, je n’ai plus vraiment d’amis…dans le sens, d’amis de sortie, car je n’ai pas besoin de me confier à qui que ce soit ! Je fréquente les amis d’Edward ou ceux de Alice. Les gens que je connais sont des personnalités ou des relations des Cullen. En fait, en y réfléchissant bien, je ne pense pas que j’aurai pu aller dans un endroit où nous avons l’habitude d’aller sans Edward. Je l’avais bien compris depuis le départ, j’étais acceptée parce que j’étais avec lui…mais si demain soir, il me prenait l’envie d’aller boire un verre dans un de ces bars rétros dans lesquels nous allions toujours, je ne serai pas surprise de me voir refuser la porte.

Après réflexion, je décide de rester à la maison ce soir, retrouver un peu l’ambiance familiale que je n’ai pas eue depuis une éternité ! Je ne sais pas si mon père a des projets mais au pire, je regarderais la télévision, chose que je n’ai pas faite depuis des lustres !
Je trouve mon père à la cuisine, planté devant le frigo, l’air soucieux.

- Ne t’occupe pas de moi ! On se commandera une pizza si ça ne va pas.
- Ah mais je ne m’occupe pas de toi ma puce ! Me répond-il en riant doucement. Et ta pizza, c’est clair que tu vas te la commander parce que ce soir, moi je sors…
- Ok…

Il claque le frigo et prend sa veste dans un demi-sourire puis ajoute :

- Je t’ai mis de l’argent sur la table. Je reviens demain soir. Bonne soirée !

Il lève les sourcils l’air de me dire « c’est comme ça la vie ma belle » et quitte la maison.
Je me retrouve donc toute seule dans le salon, la télévision criant derrière moi pour unique compagnie.

2 – Belle rencontre

Ce week-end a été bien long et morose. Mon père n’est finalement rentré que ce dimanche et j’ai passé mes heures devant la télévision ou sur Internet, tellement que j’ai les yeux qui me brûlent de fatigue. Edward est bien arrivé et pense rentrer en fin de semaine. Je soupire, finalement contente de retourner en cours le lendemain car je serais incapable de passer une journée de plus enfermée dans cette chambre.
A table, mon père m’observe et je finis par lever les yeux sur lui afin qu’il crache le morceau.

- Tu vois où ça t’amène de vivre par procuration ! Déclare-t-il, un peu amer.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Mais regarde-toi ! Tu as déjà une tête de déterrée ! Tout ça parce que sans lui, tu ne sais plus rien faire !
- Je ne suis pas dépressive papa, je suis fatiguée c’est tout.
- Fatiguée de quoi ! Rétorque-t-il. Tu as mangé quoi ce week-end ?
- Une pizza vendredi soir, le restant le lendemain.
- Et samedi soir ? Insiste-t-il.
- Je me suis fait des sandwichs.
- Autrement dit, tu n’as rien cuisiné !
- Pour qui veux-tu que je cuisine ! J’étais toute seule…

Je sais déjà ce qu’il va me répondre mais tant pis. Il m’agace avec ces remarques.

- Moi ça va faire quatre ans que je suis tout seul, non qu’est-ce que je dis ! Dix ans ! Et ça ne m’a pas empêché de manger correctement.
- Bon, tu as fini ?

Je me lève et laisse mon père à table finir seul son assiette. J’ai dix neuf ans et j’ai l’impression qu’il me parle comme si j’en avais douze !

Et la semaine passe, lente et assez perturbante. Comme je n’ai pas de voiture, je dois reprendre le bus pour rentrer chez Charlie, autrement dit, c’est l’affolement total le premier jour et surtout beaucoup de patience une fois que je réussis à monter dans le bon ! Au lieu de m’asseoir directement dans la Volvo et des cinq minutes habituelles que je mets de l’université à la villa avec Edward, je dois marcher dix bonnes minutes à pieds jusqu’à l’arrêt de bus en bas de la rue, puis attendre que le mien puisse se garer tellement il y en a et ensuite, trouver une place assise quand il y en a une ! Sans compter les interminables arrêts que nous faisons jusqu’à celui qui se trouve à cinq cents mètres de ma maison, cinq cents mètres que je dois bien sûr faire à pieds, qu’il pleuve ou non.

Justement, ce soir, je suis rentrée trempée pour la deuxième fois de la semaine, ce qui fait bien rire Charlie lorsqu’il me voit, les cheveux complètement délavés.
Nous mangeons en silence le repas que je lui ai préparé en rentrant. Evidemment, ce n’est pas exceptionnel, depuis le temps que je n’ai pas touché une poêle mais Charlie ne dit rien. Soudain, il fait une pause :

- Quand est-ce qu’il rentre ? Demande-t-il.
- Dimanche soir d’après le texto que j’ai reçu.
- Donc tu vas pouvoir venir à la fête organisée par Sue à la réserve ! Dit-il presque joyeux.
- Euh c’est pourquoi ?
- Les dix-huit ans de Leah.

Leah, la fille de Sue…je savais que mon père allait essayer de m’embobiner à nouveau pour que j’aille à la Réserve ! Mais dimanche…Edward rentre le soir, je serai trop excitée de le revoir pour aller passer ma journée avec les amis indiens de mon père. Je vois qu’il attend une réponse de ma part et répond, hésitante :

- Ah oui…écoute…
- Oui, ça va j’ai compris ! me coupe-t-il. Tu ne viendras pas te plaindre après que tu n’as pas d’ami !
- Je ne me suis jamais plainte …

Et encore une fois, je me retrouve seule devant mon assiette, constatant que quand ce n’est pas moi qu’il le fait, c’est lui qui me plante. Pourtant, je m’entends assez bien avec mon père mais dès qu’il s’agit de ma relation avec Edward ou de quelque chose qui s’en approche comme les sorties, les week-ends, les vacances, les repas de famille etc…Charlie se tend comme un arc, il est tout de suite agacé. Je pense que malgré cela, il a accepté nos fiançailles sans broncher mais je me demande parfois s’il n’a pas fait ça justement parce qu’il savait qu’en s’y opposant, j’aurai foncé tête baissée. Je pense qu’il s’imaginait que j’allais changer d’avis…mais il se trompait lourdement !

Et les cours continuent…j’essaie de discuter un peu plus avec mes camarades de classes. J’apprécie beaucoup Angela et Mike, des personnes avec qui j’étais déjà au lycée de Forks. Mais, nous ne faisons pas partis du même monde…et je le ressens fortement, surtout avec Angela qui fait partie d’une très grosse famille où les revenus sont plus que modestes. Mais parfois, nous échangeons des anecdotes sur les cours ou sur les profs, parfois même sur les élèves, ce qui me donne l’impression que nous formons une petite bande. Ça me fait du bien mais en même temps, je ne me sens pas à ma place, comme décalée par rapport à eux. En fait, mis à part les cours, je n’ai rien en commun avec eux et au bout d’un moment, la conversation s’essouffle d’elle-même.

Vendredi, et mon angoisse monte d’un cran car je dois prendre le bus jusqu’à Seattle. Je déteste le fait que le rendez-vous prit il y a plusieurs mois pour mon genou (blessé lors d’une chute de cheval avec Edward il y a deux ans) tombe pile pendant la semaine où il n’est pas là ! Je dois y aller après les cours de l’après-midi et le trajet va durer presque deux heures alors qu’en voiture, j’y serai en une ! Charlie n’est pas disponible et je n’ose demander à personne de m’emmener surtout la veille d’un week-end…
Mais ma poisse avec les bus continue et je me rends compte au bout de une demi-heure d’attente, que celui que je devais prendre est passé avant même que je sois à l’arrêt ! L’horaire sur lequel j’avais regardé date de l’année passée et je soupire, seule sous l’abri. Après une longue hésitation, je prends quand même le téléphone et appelle mon père.

- Papa, c’est moi…euh, j’ai loupé le bus pour Seattle.
- Et tu comptes faire quoi ? Rétorque-t-il en soupirant.
- Et bien, je ne sais pas … je vais peut-être rentrer à la maison ?…ou tu peux peut-être te libérer, ose-je ajouter d’une petite voix.

Je sais que ce rendez-vous est important et que mon père ne le laissera pas passer.

- A quelle heure est-il ce rendez-vous ? Demande-t-il en soupirant à nouveau.
- Dix-huit heures…

Autrement dit, juste assez de temps pour qu’il quitte le Q.G. et vienne me chercher en voiture.

- Très bien…où es-tu ?
- A l’arrêt de bus, à l’Université.
- Ok…je t’envoie Jacob, lâche-t-il en raccrochant.
- Quoi ! Jacob ?

Je regarde mon téléphone, hésite à le rappeler puis finis par le ranger dans ma poche de blouson. Jacob … Jacob Black ? Mais quel âge a-t-il maintenant ? Je réfléchis longuement et finis par conclure qu’il doit avoir seize ou dix-sept ans…enfin, il doit avoir le permis si mon père me l’envoie. J’essaie de me rappeler un peu le jeune garçon que j’ai rencontré en arrivant à Forks. A l’époque, il devait avoir douze ou treize ans. Il était assez sûr de lui et d’un caractère très enjoué. Je me souviens qu’il m’avait fait beaucoup rire une paire de fois et qu’il aimait beaucoup ma compagnie. Je m’assoie donc sur le banc de l’abri, en espérant que Jacob soit joignable et qu’il puisse me conduire jusque Seattle.

Au bout d’un quart d’heure, sortant du parc qui longe l’université, je vois un grand gaillard avancer à grands pas vers moi et il me faut bien quelques secondes avant de le reconnaître. Je n’en reviens pas comme il a grandit ! Et surtout je n’en reviens pas de cette carrure qu’il a acquise, ainsi que de sa musculature que je devine à travers son tee-shirt noir à manches longues qui lui serre au corps. En regardant ses longues jambes, je me demande même où est-ce qu’il a trouvé un jeans de cette taille là ! Il me lance un grand sourire éclatant qui éclaire son visage mat et je reconnais les traits de l’adolescent que je connaissais. Lorsqu’il est à ma hauteur, je constate que ma tête lui arrive à la poitrine et m’écris :

- Bon sang Jacob mais ….mais tu es immense !
- Ah ça ! C’est sûr que les Quileute n’ont pas la chance de naître santon, rigole-t-il.

Je suis estomaquée ! Je lève la tête vers lui en affichant une mine réellement impressionnée. Sa voix a évidemment changé, elle est plus grave, plus chaude et je constate qu’il est devenu un homme depuis … quatre ans que je ne l’ais pas vu !

- Allez viens petit écureuil, ma voiture est par là.
- Petit écureuil ?

La comparaison est vraiment amusante et venant de sa part, ça ne m’étonne pas.

- Bah oui ! Tu es les cheveux de la même couleur, affirme-t-il dans un clin d’œil.

J’éclate de rire devant sa bonne humeur et surtout heureuse de le voir si vite. Je le suis pendant plusieurs mètres, remarquant dans son dos ses longs cheveux noirs, deux mèches nouées à la nuque pour ne pas être gêné. Eux aussi avaient énormément poussés depuis que je l’avais vu, lui arrivant bien en dessous des épaules maintenant et je suis immédiatement jalouse de la brillance de leur texture. Nous traversons le petit parc jusqu’à un parking en contrebas de la rue. Je le vois ouvrir une vieille Golf et me dis intérieurement que si Edward me voyait monter là-dedans, il aurait une attaque. Mais ici, personne ne peut me voir et je monte donc vite à la place passagère. Jacob claque la portière en riant, captant ma gêne que j’avais pourtant essayé de dissimuler.
Il s’assoie au volant et démarre rapidement. Je remarque qu’à l’intérieur, beaucoup de choses ont été changées. Le volant semble plus récent, les sièges aussi et tout est nickel. Jacob semble prendre vraiment soin de cette voiture.

- C’est toi qui l’as refaite ? Ose-je lui demander, me rappelant ce que m’avait dit Charlie sur ses talents de bricoleur.
- Oui ! Ça, je sais que ce n’est pas le carrosse dans lequel tu as l’habitude de te faire conduire mais au moins, moi j’ai une voiture ! Me lance-t-il dans un grand sourire moqueur, me piquant au passage pour la petite honte que j’avais ressentie en montant dedans.

- Oh…euh, je voulais dire qu’elle était bien.

Un peu cassée par sa remarque, je me demande ce qu’il doit penser de moi et des Cullen. Son allusion en dit long malgré son ton léger. Je l’observe à la dérobée, une soudaine envie d’en savoir un peu plus sur lui.

- ça se passe bien au lycée ? Tu entres en dernière année en septembre, c’est ça ?

Je tape au hasard, espérant ainsi connaître son âge.

- Ouais ! Dernière année de calvaire ! Rigole-t-il.

J’avais vu juste, deux ans de moins que moi.

- Ah oui ? Tu ne comptes pas continuer ?
- Non ! Je compte trouver un boulot rapidement ! Mon père a déjà un filon pour moi, chez un de ses copains garagiste.

Il tourne la tête vers moi avec un léger sourire en coin.

- On ne se croise pas beaucoup hein ? Lui dis-je, consciente que je pose des questions à quelqu’un que je devrais bien connaître étant donné que nos pères sont amis.
- Ça non ! Nous ne sortons jamais dans les quartiers des visages pales…, répond-il dans un rire moqueur.
- Vous avez vos cercles ?
- Nous avons nos coins tenus par des Quileute. Mais, sortir dans ces endroits là est loin d’être mon activité préférée. Cela dit, nous sortons de temps en temps le week-end, précise-t-il.
Je note le « nous » et demande :
- Tu as une copine ?
- Evidemment ! Me répond-il dans un grand sourire, sans quitter la route des yeux.

Oui, évidemment, pense-je malgré moi.

- Ah…et je la connais ?
- Non ça je ne crois pas non ! Pour ça, faudrait que tu viennes plus souvent à la réserve…, ajoute-t-il dans un regard entendu.
- Oui …

Il comprend alors qu’il me met un peu mal à l’aise et ajoute, d’une voix plus posée :

- Je suis avec Leah Clearwater, ça va faire un peu plus de six mois maintenant.
- Ah oui…je connais.

Je suis abasourdie ! Jacob sort avec la fille de la copine de mon père et en plus du fait qu’il est le fils de Billy, nous ne nous sommes pas croisés depuis quatre ans ! Je constate que je vis vraiment dans une bulle depuis que je suis avec Edward. Je jette à nouveau un coup d’œil à Jacob. Il semble si bien dans sa peau. Il respire le bien être et la joie de vivre. Il sifflote tout en conduisant, sûr de lui, à l’aise avec tout ce qu’il l’entoure.

Une heure de route en sa compagnie est de loin le meilleur moment que j’ai passé depuis une semaine que je suis seule, sans Edward. Il parle de tout et de rien, une vraie pipelette ! Mais sa manière de voir les choses n’a pas changé depuis son enfance, lorsque nous parlions déjà de tout et de rien. Il trouve tout positif, il se moque beaucoup des jeunes du lycée de Forks mais il sait aussi se moquer de lui-même. Je ne me souvenais plus à quel point son caractère était aussi ouvert et joyeux. Et lorsqu’il s’est émerveillé devant l’envol d’un faucon juste devant le capot de la voiture, je me suis souvenue d’un moment passé avec lui à mon arrivée à Forks où il m’avait expliqué l’importance des rapaces dans la chaîne alimentaire des animaux de la forêt et surtout, de ce que représente l’aigle aux yeux des indiens. Je le voyais encore, tout excité à son âge, me raconter l’histoire de l’oiseau le plus grand du ciel qui est le messager entre notre monde et celui des esprits. Si je me souvenais bien, les anciens recevaient une plume d’aigle à chaque acte héroïque car elle représente le courage, la sagesse mais aussi le pouvoir. Je me souvenais maintenant que le jour où j’étais tombée de cheval, mon père m’avait donné une plume en me disant qu’elle venait de Jacob. Mais je me rappelais aussi avec honte que je l’avais rangée dans un de mes tiroirs sans même y prêter attention.

Arrivés à la clinique de Seattle, je constate avec joie que nous avons un bon quart d’heure d’avance et que je n’aurais pas besoin de courir (comme je me l’étais imaginé pendant toute la semaine) pour être à l’heure à mon rendez-vous. Jacob me suit et je lui dis :

- Tu peux rester ici si tu veux…je n’en ai pas pour très longtemps. Une demi-heure maxi !
- Tu veux déjà te débarrasser de moi ? Me taquine-t-il.
- Euh non…mais je ne veux pas t’imposer l’attente et l’examen qui n’est pas bien passionnant.
- J’ai rien d’autre à faire alors !
- Ok…comme tu veux.

Nous entrons dans la clinique et je manque de tomber en butant sur la marche de la grande porte d’entrée automatique. Jacob me rattrape par le bras et je me dégage, en m’excusant, un peu honteuse de n’être pas plus attentive aux endroits où je mets les pieds. Je déambule dans le bâtiment sans même regarder les panneaux d’indication.

- Tu viens là souvent ? Demande-t-il au bout de quelques étages.
- Tous les six mois maintenant.
- Ça a été douloureux ?
- Disons que mon genou s’est complètement retourné, mes ligaments se sont croisés et oui…ça a été douloureux ! Finis-je par dire en riant doucement face à ce mauvais souvenir. Mais le docteur Cullen m’a fait suivre par les meilleurs médecins de Seattle.
- Oui…je n’en doute pas, murmure-t-il un peu amer.

Je préfère ne pas relever, je n’ai pas envie de me prendre la tête avec lui comme je le fais avec mon père quand il s’agit de la fortune ou du « bras long des Cullen » comme il dit. En effet, quand je dis que je profite un peu de tout ça, sur cet accident, j’ai eu la chance de pouvoir en profiter. Mais comme d’habitude, Edward s’était senti complètement responsable de ce stupide accident et il n’avait pas eu besoin de beaucoup convaincre son père pour me faire recevoir dans l’urgence par un médecin spécialisé de Seattle.

A ma grande surprise, Jacob entre avec moi chez le médecin qui me suit, le docteur Brown, et s’assoit à mes côtés pendant que mon spécialiste observe ma dernière I.R.M. prise à l’hôpital de Forks par le père de Edward. Pas gêné par sa présence, le docteur Brown parle ouvertement devant Jacob de ma rééducation.

- Encore un rendez-vous pour moi et je vous laisserai tranquille jeune fille ! Vous continuez les exercices ?
- Oui !
- Alors transmettez mes amitiés à Carlisle et on se revoit dans six mois, conclue-t-il.
- Très bien.

Je me lève et Jacob me suit tout en me prenant le coude comme si j’avais besoin de lui pour marcher. Surprise, je me dégage doucement et bégaye comme une idiote en disant au revoir au docteur Brown.
Une fois dans le couloir, nous marchons en silence et je remarque que Jacob a l’air préoccupé.

- Tout va bien ?
- Oui…je réalise que ça a du vraiment être une blessure méchante pour que deux ans après tu viennes encore voir ce type, répond-il, perplexe. Ton père n’en a jamais trop fait cas devant moi…
- Oui, ça fait mal mais ça va maintenant ! Je marche normalement. Il m’a fallu un peu de temps mais ça va !

Ma tentative à minimiser l’accident n’a pas l’air de fonctionner car Jacob a toujours une barre soucieuse au milieu du front.

- Comment est-ce arrivé ? Insiste-t-il.

Je soupire tout en appuyant sur le bouton pour appeler l’ascenseur.

- Et bien…je n’étais jamais montée à cheval et j’ai voulu aller trop vite…le cheval s’est emballé, j’ai pris peur, j’ai sauté.
- Tu as quoi ? S’écrie-t-il les yeux ronds.
- Bah oui, j’ai sauté…

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent et nous montons dedans. Je vois Jacob secouer la tête sans me quitter des yeux.

- Mais tu es barge ! Finit-il par me balancer en riant doucement.
- Oui…je crois surtout que je suis maladroite et irréfléchie…
- Tu en as eu d’autres des accidents comme ça ? Continue-t-il en ricanant doucement.
- Euh…oui…quand j’étais petite, je me suis cassée la clavicule en sautant d’un toboggan au lieu de glisser…

Jacob éclate de rire et je continue, amusée de le voir autant se moquer de moi.

- Ensuite, à dix ans, j’ai foncé dans une voiture avec mon vélo au lieu de freiner…
- Quoi ? Rigole-t-il de plus belle.
- Oui, j’ai paniqué, la voiture était arrêtée devant moi et j’ai fermé les yeux pour rentrer dedans au lieu de freiner…ça m’a valu deux points de suture et une belle punition pour avoir cassé mon vélo qui datait d’une journée.
- Et le type de la voiture ? S’inquiète Jacob en riant.
- Il a juste demandé à ma mère de payer les dégâts…apparemment, ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait.
- Quoi, il existe d’autres cinglés comme toi sur terre ? se moque-t-il franchement.

Je hoche la tête, affirmant dans un regard entendu que non, je ne suis sûrement pas la seule !

- A douze ans, je suis montée à un arbre et quand j’ai vu que je n’avais plus d’endroit pour placer mes pieds ou mes mains, j’ai paniqué et j’ai sauté…
- Encore ?!

Là, c’est moi qui éclate de rire, trop contente de pouvoir partager ces souvenirs avec lui, des souvenirs pourtant douloureux mais qui paraissent si drôles quand je lui raconte.

- Bon rassure-moi, déclara-t-il. Tu le sais que tu as tendance à sauter quand tu ne sais plus quoi faire ?
- Euh oui…je sais, c’est un drôle de réflexe.
- Oui mais je veux dire, tu ne montes plus sur rien ou tu ne fais plus de trucs stupides comme ça maintenant ? Le cheval, c’était le dernier ? Insiste-t-il sur un air faussement sérieux.
- Et bien…je n’ai que dix neuf ans alors je ne sais pas…

Jacob hausse les épaules en secouant à nouveau la tête, dépité.
Le retour se fait dans la même ambiance qu’à l’allée, à parler de tout, de ses copains, de ses voitures, et de rien, du ciel, des nuages, des « guignols sur la route qui ne savent pas conduire » et je regrette presque d’être déjà arrivée à Forks lorsque Jacob se gare devant chez Charlie. Je descends de la voiture et me baisse pour lui dire au revoir mais il me dit avant, dans un petit sourire en coin :

- Bon à dans quatre ans alors !
- A dans quatre ans…
- Ok, rigole-t-il. Bonne soirée Bella !
- Merci ! Merci d’avoir pris tout ce temps pour moi. C’est sympa.
- Ouais…, répond-il, plus sérieux.

Il me fait un dernier clin d’œil et démarre pendant que je claque la portière de sa voiture. Je le regarde tourner en bas de la rue en souriant.


Dernière édition par Tititof le Jeu 14 Avr - 12:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 20 Avr - 15:40

Ah la nouvelle fic' de Tititof, enfin ! happy
Alors pour commencer, merci de ton p'ti mot Embarassed c'est trop !
Bon je vais essayer de faire court mais pas facile ... (Raté ! )

* J'adore ta petite intro !

*Alice en concert des Black eyed peas : je la vois trop là bas à sauter comme une petite folle !

* un spasme me secoue et je laisse cette fois mes larmes s’écouler doucement sur mes joues. Les imprévus de dernières minutes, ça chamboule bien plus vite qu’on croit.

* - C’est à qui ce sac pourri ?! On la reconnaît bien là notre Rosalie. ça et son super accueil Laughing

* mais j’avais l’impression d’être parfois un objet de plus dans sa vie.Oh l’image d’Edward déjà, c'est mal barré : Bella ne vie pas un super truc ...

*Donc Bella ne met jamais les pieds à la réserve, … mais ça va changer ! Edward est parti : faut qu’elle voit autre chose hein ?

* Et ta pizza, c’est clair que tu vas te la commander parce que ce soir, moi je sors… Trop fort Charlie qui vit sa vie tranquille !

* - Pour qui veux-tu que je cuisine ! J’étais toute seule… La phrase typique du solitaire fainéant Razz

* - Moi ça va faire quatre ans que je suis tout seul, non qu’est-ce que je dis ! Dix ans ! Et ça ne m’a pas empêché de manger correctement.
- Bon, tu as fini ?
Charlie sait plus compter Razz ah il m’amuse toujours lui !

* - Donc tu vas pouvoir venir à la fête organisée par Sue à la réserve ! Ahh ! Nous y voilà ! bravo En tout cas, Charlie peut pas voir Edward ça change pas.

* - Ok…je t’envoie Jacob, lâche-t-il en raccrochant.
- Quoi ! Jacob ?
Very Happy Ah je m’y attendais pas à celle-là ! genioul

* Il me lance un grand sourire éclatant qui éclaire son visage mat et je reconnais les traits de l’adolescent que je connaissais. Lorsqu’il est à ma hauteur, je constate que ma tête lui arrive à la poitrine
Super ! Very Happy

* - Allez viens petit écureuil, ma voiture est par là.
- Petit écureuil ?
Le voilà le p’ti nom ! Razz (je sais pas pourquoi mais les écureuils maintenant c’est foutu : ça m’évoque toujours des bestioles qui s’éclatent à crabouiller une voiture lol).

* mais au moins, moi j’ai une voiture ! Bien dit !

* J’avais vu juste, deux ans de moins que moi. Bella qui fait sa curieuse siffle

* - Je suis avec Leah Clearwater Voilà ! Leah n’a pas fait que de tourner autour de Jacob dans ta fic’ lol Wink

* - Tu veux déjà te débarrasser de moi ? Me taquine-t-il. Jacobien quand tu nous tiens !

* je manque de tomber en butant sur la marche de la grande porte d’entrée automatique. Jacob me rattrape par le bras et je me dégage, en m’excusant, un peu honteuse de n’être pas plus attentive aux endroits où je mets les pieds.J’adore !

* Je me lève et Jacob me suit tout en me prenant le coude comme si j’avais besoin de lui pour marcher. Surprise, je me dégage doucement et bégaye comme une idiote en disant au revoir au docteur Brown Smile

* - Tu as quoi ? S’écrie-t-il les yeux ronds.
- Bah oui, j’ai sauté…
MDR
[…] - Mais tu es barge ! Carrément ! Lol

[…] - Quoi, il existe d’autres cinglés comme toi sur terre ? se moque-t-il franchement. Oh non mais là Titi trop forte !

* des « guignols sur la route qui ne savent pas conduire » Ah oui je le vois trop râler !


J'ai viré des trucs mais j'ai pas pu faire plus court. Super franchement j'adore ! bravo Ah j'ai hâte de lire la suite et tu sais quoi ? J'ai rigolé que à partir du moment où Edward s'en va : bizzare non ? Shocked Laughing
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 20 Avr - 19:51

genial une nouvelle fiction de ta part
j'ai hate de lire la suite
super edwards est deja partie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 22 Avr - 12:21

Vanille41 a écrit:

*Alice en concert des Black eyed peas : je la vois trop là bas à sauter comme une petite folle !
Oui petit clin d'oeil à Taylor Wink

Vanille41 a écrit:

*Donc Bella ne met jamais les pieds à la réserve, … mais ça va changer ! Edward est parti : faut qu’elle voit autre chose hein ?
Mais oui Wink

Vanille41 a écrit:

* - Moi ça va faire quatre ans que je suis tout seul, non qu’est-ce que je dis ! Dix ans ! Et ça ne m’a pas empêché de manger correctement.
- Bon, tu as fini ?
Charlie sait plus compter Razz ah il m’amuse toujours lui !
Il comptait les années depuis que Bella est partie puis a inclu celles sans Renée lol

Vanille41 a écrit:
* - Donc tu vas pouvoir venir à la fête organisée par Sue à la réserve ! Ahh ! Nous y voilà ! bravo En tout cas, Charlie peut pas voir Edward ça change pas.
Oui non, y a des trucs qui resteront graver dans la pierre Wink


Vanille41 a écrit:

* - Allez viens petit écureuil, ma voiture est par là.
- Petit écureuil ?
Le voilà le p’ti nom ! Razz (je sais pas pourquoi mais les écureuils maintenant c’est foutu : ça m’évoque toujours des bestioles qui s’éclatent à crabouiller une voiture lol).
Et à ne pas boire les bières sur le siège arrière !!! loool

Vanille41 a écrit:
* mais au moins, moi j’ai une voiture ! Bien dit !
Oui...elle l'a ramène moins du coup lol


Vanille41 a écrit:
* - Je suis avec Leah Clearwater Voilà ! Leah n’a pas fait que de tourner autour de Jacob dans ta fic’ lol Wink
Ouais mais je ne voulais pas t'en dire plus, tu sais comment je suis Razz Wink


Vanille41 a écrit:

* - Tu as quoi ? S’écrie-t-il les yeux ronds.
- Bah oui, j’ai sauté…
MDR
[…] - Mais tu es barge ! Carrément ! Lol
Oui ça aussi ça ne changera jamais lol

Vanille41 a écrit:
[…] - Quoi, il existe d’autres cinglés comme toi sur terre ? se moque-t-il franchement. Oh non mais là Titi trop forte !
Oui c'est ce que je disais Wink lol


Vanille41 a écrit:
et tu sais quoi ? J'ai rigolé que à partir du moment où Edward s'en va : bizzare non ? Shocked Laughing
Ouais je comprends ...et Edward qui est près de moi comprend aussi lol

appaloosa, contente de te retrouver ici Wink Merci Very Happy

Allez, une petite suite parce que je n'aurai pas le temps demain :

* * *

3 – Une belle journée ensoleillée

Quoi de pire que de se faire réveiller par une mauvaise nouvelle ? Je n’ai toujours pas quitté des yeux mon plafond depuis cinq minutes que j’avais ce texto sur mon portable et je suis en train de me rendre compte que je n’ai pas encore repris correctement ma respiration. « Je reste une semaine de plus, je t’appelle ce soir, je t’aime ».

Voilà…j’étais bonne encore pour une semaine sans lui, une semaine à m’ennuyer profondément et à rester dans cette chambre…une semaine à prendre le bus et à galérer…bon, ça non, je ne devais pas penser à ce genre de trucs ! Est-ce que je profitais vraiment de la voiture d’Edward ? En fait, je le voyais autrement : Edward m’avait tellement assistée pour ça que je n’étais même plus capable de prendre le bus pour aller à l’école ! A partir de maintenant, ça allait changer ! J’essaierais de prendre ce tas de ferraille au moins une à deux fois par semaine … histoire de ne pas perdre la main au cas où…

Le samedi passe donc, morose, ennuyeux et sinistre…encore un week-end sans bouger. Je regarde dehors et constate que la pluie a cessé. Le genre de détails dont je ne me serais jamais rendue compte avant et qui me fait sourire.

Le dimanche matin, je constate qu’il fait carrément beau ! Et c’est avec un certain optimisme que je rejoins Charlie pour le petit-déjeuner. En descendant l’escalier, je manque une marche et arrive en reprenant mon équilibre sur la suivante. Le cœur battant, je maudis ma maladresse. A mon grand étonnement, je le trouve déjà habillé, rasé et prêt à partir alors qu’il n’est que dix heures.

- Bon, pour ce midi, tu as les restants d’hier dans le frigo.

Je me souviens alors de son histoire de fête chez les Quileute et mon cœur fait un petit bond dans ma poitrine. Je réfléchis deux secondes et réponds :

- Et bien finalement, je viens avec toi.

Etonné, Charlie relève la tête vers moi et rétorque :

- Ah oui ? Mais qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

Il me regarde, les yeux un peu plissés, réfléchissant à ce que je venais de dire. Je le sens méfiant ou réellement surpris.

- Rien, je n’ai pas envie de passer mon dimanche seule, marmonne-je.
- Mais bien sur ! S’écrie-t-il, occultant ma réponse. Je crois comprendre pourquoi tu veux venir ! Tu as vu Jacob cette semaine…
- Et alors ?

Je déglutis, un peu déstabilisée qu’il m’attaque aussi directement sur lui.

- Oui, oui…fais l’innocente Bella. Je ne suis pas né de la dernière pluie …
- Je ne vois pas de quoi tu parles…

Pourtant, mon cœur bat anormalement vite. Est-ce que j’avais vraiment autant envie de le revoir ? La vérité est que j’avais passé un très agréable moment avec lui et que j’avais envie de le connaître un peu plus.

- Tu auras remarqué que ce n’est plus un gamin…, insiste mon père.
- Papa, il a dix-sept ans ! je t’en prie…
- Et alors ? Rigole-t-il. Ta tante Marge est plus vieille que l’oncle Jo…de dix ans !
- Oui…on a vu ce que ça a donné….

Mon père hausse les épaules, se fichant éperdument de cette histoire de tromperie et du scandale de la famille…il me regarde avec un sourire moqueur et je lève les yeux au ciel en disant :

- Bon, je suis prête dans un quart d’heure.
- Ah mais je t’attends ma puce ! l’entends-je claironner depuis la cuisine.

Je ne me souvenais pas que la réserve Quileute fût aussi près de chez mon père. En fait, en dix minutes nous y étions et je me sens un peu excitée à l’idée de revoir Jacob. S’il était là, je savais déjà que j’allais passer une bonne journée. Mon père se gare près de la maison rouge des Black que je trouve encore plus petite que dans mon souvenir. Il y a du monde, je ne vois que des personnes à la peau mate et aux cheveux noirs dans la prairie qui entoure la bâtisse. Beaucoup ont de grands cheveux noirs comme Jacob (mais pas aussi beaux, pense-je malgré moi) et je reconnais de loin, Billy dans son fauteuil roulant. Celui-ci s’approche de nous dans un grand sourire.

- Bella Swan ! Je ne rêve pas ? Se moque gentiment l’indien.

Je lui tends la main qu’il serre affectueusement en jetant un coup d’œil à Charlie.

- Eh oui…comme quoi tout arrive, marmonne mon père sans sourire.

Mais je sens qu’ils s’amusent beaucoup. La petite embourgeoisée a osé fouler l’herbe de la réserve Quileute … quel événement ! Je me fiche de leurs pensées et jette un regard circulaire autour de moi.
Je souris spontanément lorsque, de loin, j’aperçois Jacob, assis dans l’herbe, le bras posé sur l’épaule d’une fille indienne face à lui. Leurs jambes emmêlées, ils semblent se parler et je sens un picotement dans le ventre lorsque je le vois remonter une mèche de la jeune fille et lui placer derrière l’oreille. Il semble si doux, si affectueux dans ce geste et ils semblent si bien ensemble. Je pense alors que ça fait longtemps que Edward et moi ne sommes pas allés dans notre clairière où nous allions souvent pique-niquer au début. Nous pouvions aussi rester des heures à nous contempler et discuter.

Devant leur intimité évidente, je me sens un peu perdue dans tout ce monde que je ne connais pas et fais le tour sur moi-même à la recherche de mon père, qui a disparu.

- Eh ! Tu n’es pas la fille de Charlie ?

Je me retourne vers la voix qui m’interpelle pour découvrir trois garçons qui s’approchent de moi. Celui qui me sourit et qui visiblement m’a parlé est un peu plus petit que les deux autres.

- Salut…oui, c’est moi…Bella Swan, dis-je dans un soupir ennuyé.
- Oui, je t’aurai reconnue entre mille ! Ajoute l’indien.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Tu as une peau si blanche qu’on dirait que tu es transparente, plaisante-t-il gentiment.

Je vois son copain aux cheveux mi-long glousser et l’autre, aux cheveux courts, qui me semble un peu plus âgé, me regarder d’un œil plus hautain.

- Euh…je ne me souviens pas de toi ? Dis-je en m’excusant.
- Je suis Quil et voici Paul et Embry, me précise-t-il en lançant son doigt vers celui aux cheveux mi-long.

Le dénommé Paul, aux cheveux presque ras, me fixe durement mais je perçois un petit sourire en coin. Je le toise et il finit par me dire sur un ton un peu amer:

- C’est pour toi que Jake a du nous lâcher en plein entraînement de capoeira ? Tu n’as plus ton taxi habituel ?

Je note le diminutif de Jacob mais aussi le fait que décidément, ma relation avec les Cullen n’est un secret pour personne. Je me demande vraiment ce qu’il se raconte parmi les indiens à ce propos !

- Oui, il a été bien sympa.
- Fout lui la paix Paul ! Entends-je derrière moi.

Je reconnais la voix chaude de Jacob et me retourne aussitôt en souriant. Mais, je suis bêtement surprise de le voir arriver avec sa copine que je devine être Leah Clearwater et leur couple me rend soudain nerveuse.
Cependant, je suis forcée d’admettre qu’ils sont magnifiques tous les deux ainsi enlacés. Jacob, toujours son bras autour de l’épaule de Leah avance doucement pendant que celle-ci, son bras dans son dos au niveau de la taille, affiche un air assez distant, les yeux dans le vague. Elle lui arrive à l’épaule et je me dis que j’ai l’air bien ridicule à côté. Ses longs cheveux noirs, aussi longs que ceux de Jacob et sa peau un peu plus foncée que lui, la rendent très jolie. Seulement, une seule chose abîme un peu la beauté de leur couple : son air sévère jure avec le visage rayonnant de Jacob. Ce n’est même pas du au fait qu’elle ne sourit pas. Son visage est anguleux, ses lèvres fines et son nez bien droit. Jacob lui, a des traits beaucoup plus adoucis et ses lèvres sont …pleines et plus sensuelles. Cette pensée me secoue un peu et je me ressaisis lorsqu’ils sont face à moi, Jacob avec un grand sourire éclatant.

- Eh petit écureuil ! Je t’avais dit dans quatre ans !

Je remarque que Leah passe son deuxième bras autour de sa taille dans un geste possessif, sans me quitter des yeux cette fois.

- Salut Jake, répliques-je dans un sourire, me décidant à utiliser son surnom pour paraître plus détendue.
- Tu t’es perdue ? Se moque-t-il.

Je passe ma main dans mes cheveux, consciente que, malgré mes efforts, j’ai l’air mal à l’aise. Le fait est que face à eux deux, je me sens toute petite et, en effet, transparente.

- Mon père m’a traînée de force…

Jacob glousse, amusé et peut-être pas dupe ? Je lui souris tout en jetant des petits regards autour de moi, cherchant toujours mon père pour m’échapper.

- Bella, je te présente Leah…je crois que vos parents se fréquentent, ajoute-t-il en se mordant les lèvres pour ne pas éclater de rire.

Il le voit que je suis mal ! Je le vois dans ses yeux ! Il sait que je débarque ici depuis des lustres parce que je suis seule et que ma vie avec Edward m’a clairement coupé du monde. Mais je ne lui en veux pas de se moquer et de me provoquer…c’est la vérité, je devrais connaître tout le monde et je ne connais personne !

- Salut Bella, finit par dire Leah en ne souriant toujours pas. Je suis étonnée de te rencontrer…ici. Mais mieux vaut tard que jamais !

Cette fille a l’air aussi grinçante que le dénommé Paul mais je ne me démonte pas.

- Oui…comme quoi tout arrive ! Riposte-je, reprenant l’expression de mon père.

Nous nous toisons quelques secondes et je vois du coin de l’œil, Jacob serrer les lèvres, attendant sûrement de voir comment j’allais m’en sortir.

- Je crois que nous fêtons ton anniversaire ? Alors bon anniversaire ! Finis-je par dire à Leah, sur un ton assez calme et sincère.
- Je te remercie…, me répond-elle froidement du bout des lèvres. Bon, Jake, je dois aller aider ma mère, je te laisse !

Et à mon grand soulagement, je la vois le lâcher, lui déposer un furtif baiser sur les lèvres et filer, toujours sans sourire. Elle semble avoir compris que Jacob comptait rester avec moi et cette idée lui déplait. Je lève les yeux vers lui et Jacob me regarde en riant doucement tout en levant un sourcil, l’air de dire « eh, tu espères quoi ? ». Je baisse les yeux, gênée.

- Alors ? Déclare-t-il. Sérieusement, qu’est-ce que tu fais là ?
- Je peux repartir si ma présence te déplait !

Mon ton le surprend un peu, je commence à regretter d’être venue mais je l’entends glousser à nouveau en disant.

- Allez arrête un peu de râler ! Viens ! Je vais te présenter un peu tout le monde !
- Quoi ?
- De loin, ajoute-t-il dans un clin d’œil.

Et, tout en posant sa main sur mon dos, il m’entraîne dans la clairière mais je pousse un petit cri lorsque mon pied se fourre dans un trou et me fait perdre l’équilibre. Encore une fois, Jacob m’a chopé le bras pour m’empêcher de tomber.

- Eh fais gaffe ! Rigole-t-il. Ne vas pas te casser la cheville maintenant !
- Oui…

Je reprends ma respiration et continue à avancer, me disant qu’un jour, j’arriverai à nouveau à me casser quelque chose. Jacob me cite un à un les prénoms des personnes qui nous entourent. Je sais que je ne vais pas tous les retenir mais il fait ça si discrètement que je le remercie intérieurement de ne pas m’imposer une présentation individuelle qui me ferait subir des « oh, on ne t’a pas vue depuis longtemps ! » ou des « Mais tu es qui toi ? » …tous ces gens qui connaissent mon père parfaitement, qui sont même son ami et moi…la fille parfaitement inconnue qui débarque dans leur monde et qui n’a rien à faire là.

Le repas est une véritable expérience ! Mon père à ma gauche, Jacob à ma droite, j’observe avec dégoût et admiration à la fois les jeunes indiens face à moi qui se goinfrent littéralement de tout ce qui est servi sur la table…Parmi ces jeunes, les fameux Quil et Embry qui m’ont accueilli à mon arrivée. Je fais la connaissance également de Sam Uley et de sa copine Emily, de Jared et Kim, un couple bien sympathique et de Rachel, la sœur aînée de Jacob dont je me souviens vaguement.

L’ambiance est chaleureuse, détendue et sans complexe…quand je dis sans complexe c’est vraiment sans…les garçons mangent parfois avec leurs doigts, se servent dans le plat avec leur fourchette et piquent dans l’assiette de leur voisin. Jacob semble plus posé mais peut-être est-ce parce que je suis à côté de lui ou pour bien se tenir devant Leah ?

Mon père rit beaucoup, il est très à l’aise parmi ces indiens Quileute et je regrette un peu de découvrir son univers par la force des choses.
Pendant toute la journée, je ne peux pas le nier, Jacob ne me lâche pas et je devine que c’est pour ne pas que je me sente perdue. Il m’explique un peu leurs traditions et leur façon de vivre. Enfin, il m’explique à nouveau ! Parce qu’il l’avait déjà fait à mon arrivée à Forks mais j’avais tout oublié. Je n’ai jamais accroché à tout ce qui est littérature et histoire, je trouvais ça assommant au lycée mais avec Jacob…il a une telle façon de raconter les choses, il utilise des mots simples, des métaphores pour que je comprenne mieux, il se met à mon niveau…souvent, il prend des exemples de mon univers pour m’expliquer le sien. Et puis, j’aime écouter sa voix, elle m’apaise. Ce gars là est la joie et le calme incarnés. Pourtant, parfois, je sens quelque chose en lui qui couve, un truc que je découvrirais peut-être si je le vois souvent mais parfois, lorsqu’il me parle des animaux de la forêt et de la façon dont les habitants de Forks polluent parfois les bois, il me parle toujours calmement mais je le sens crispé, je l’ai même vu serrer les mâchoires à deux reprises. Mais ensuite, il me sourit aussitôt. Est-ce qu’il se contient devant moi ? J’aimerai pourtant que non. J’aimerai le connaître tel qu’il est vraiment.

Lorsque mon père me fait signe en fin de journée que nous allons partir, je ressens une profonde déception. J’aurai aimé rester un peu plus longtemps mais visiblement la fête se termine et je devine que Jacob a prévu de passer la soirée avec Leah pour son anniversaire, vu la façon dont elle le regarde avec insistance…histoire de savoir quand est-ce qu’il va me lâcher.

- Alors, ça t’a plu ? me demande-t-il dans un petit sourire avant que je monte dans la voiture.
- Oui c’était très sympa !
- Tu reviendras à la réserve ?

J’entends dans cette question une petite lueur d’espoir et ça me fait chaud au cœur. Ainsi, ma présence semble lui plaire autant que moi la sienne. La vérité c’est que Jacob m’attire comme un papillon par la lumière. Je veux tout savoir de lui, de sa famille, de son peuple, de ses croyances et de ses idées. Il est un peu comme mon ambassadeur du peuple Quileute. Bien qu’en fait, c’est lui qui est entré dans ma vie, pas moi qui ait recherché sa compagnie. Mais maintenant que je le connais un peu plus, j’avais envie de tout savoir ! J’aimerai vraiment m’en faire un ami, pas un copain ou une connaissance, un vrai ami, celui sur lequel on peut compter ! Et je voudrais aussi essayer de lui apporter quelque chose, bien que je le sais, Jacob n’a pas besoin de moi dans sa vie pour être bien mais dès que je trouverais un truc à lui offrir en retour de tout ce qu’il m’apportait et qu’il m’apporterait encore, je le ferai !

- Oui, je pense…, finis-je par répondre.

On se sourit mutuellement et je passe à nouveau la main dans mes cheveux, stupidement nerveuse. Je me demande bien pourquoi j’ai toujours ce tic compulsif ? Ce n’est pas discret et ça porte toujours à confusion.

- Qu’est-ce que tu fais cette semaine après l’école ? m’entends-je demander sans réfléchir.
- Je comptais retaper une voiture, pourquoi ?
- Oh euh, comme ça…

Son grand sourire me déstabilise. J’ai l’impression qu’il lit en moi comme dans un livre.

- Ça te dit de venir ici mardi ? Demande-t-il. Il y a un concours de pêche à la mouche, d’ailleurs ton père vient …

Je tourne la tête spontanément vers Charlie qui est toujours en grande discussion avec Billy.

- Ah oui ? Mais tu ne vas pas en cours mardi ?
- C’est la fin de l’année Bella, détends-toi, rigole-t-il.
- Oui…Et bien…je vais réfléchir…

Il ne fallait quand même pas que je fasse n’importe quoi ! Sortir un peu pendant l’absence d’Edward était une chose mais louper les cours…même si c’était la fin de l’année et que je n’avais pas d’examens…

- Ok, à mardi alors ! Me dit-il en me laissant à mes réflexions.

Je le regarde partir et rejoindre Leah, un peu surprise qu’il soit aussi sûr de lui, sûr que je viendrai. Je monte dans la voiture en souriant.


4 – Ça va faire mal…

Elle n’a pas changé ! Pourtant, avec toutes ces années parmi eux je pensais vraiment qu’elle s’était plus embourgeoisée que ça ! Et y a rien à faire : cette fille me fait toujours autant craquer ! Et dire qu’il m’a fallu des années pour l’oublier, enfin du moins, pour essayer de me faire une raison. Et la revoilà dans ma vie…enfin, pour une semaine…tout au plus ! Parce qu’une fois qu’il sera rentré … elle repartira, je ne me fais aucune illusion.

Mais en attendant, et bien j’allais pouvoir en profiter un peu. Parce que ça, j’en suis sûr, elle sera là mardi et encore les autres jours…j’ai vraiment été étonné de la voir ici aujourd’hui et je vois bien qu’elle a un soudain besoin de rattraper le temps perdu…c’est pour ça que je vais m’y atteler comme jamais ! Leah n’a pas l’air d’apprécier sa présence, heureusement qu’elle ne sait pas tout sinon elle la tuerait. Je ne m’étais jamais confié à personne, enfin…Charlie avait peut-être vu clair lorsqu’elle était revenue le jour de mes treize ans. J’avais eu un électrochoc, je m’en rappelle encore comme si c’était hier…ses yeux m’avaient transpercés, comme une balle ! Un vrai coup de foudre…mais à treize ans…déjà qu’à dix sept je n’étais pas sûr qu’elle me prenne au sérieux…

Je me voyais encore, courir pieds nus sous la pluie jusque chez son père…je venais d’apprendre qu’elle avait été blessée et je voulais prendre de ses nouvelles. D’après ce que Billy m’avait dit, je croyais qu’elle était morte ! Mais une fois là-bas, du bas de la rue, je l’avais vu, Lui, sortir de sa voiture avec un bouquet de fleurs et entrer chez elle.

Moi, mes mains étaient vides et je n’avais que quinze ans…ce type là était un homme, il conduisait déjà et j’avais appris par la suite qu’il était très riche. Je n’avais aucune chance. J’avais réfléchi toute la nuit à ce que je pourrais bien lui offrir qui serait mieux que des fleurs et le lendemain matin, je m’étais levé aux aurores pour commencer ma quête de LA plume d’aigle qui serait la plus grande et la plus belle pour Bella. J’y avais passé ma journée, même mon père s’était inquiété car ma mère avait besoin de moi…mais je m’étais dit que pour une journée, il pouvait bien me remplacer…j’avais déconné ce jour-là car mon père, handicapé, n’avait pas pu beaucoup aider…J’étais allé directement chez Charlie le soir et tout fier, je lui avais donné ma plume, sur le pas de porte … je n’avais jamais eu de retour sur cette histoire. Et j’avais fini par l’oublier mais c’est marrant, c’est cette histoire qui m’est revenue en premier en tête lorsque Charlie m’a appelé pour que j’aille la conduire à Seattle.
Bella Swan…elle m’avait brisé le cœur et je me sentais bien parti pour replonger. Surtout que là, elle semble plus apprécier ma compagnie, je dirai même qu’elle la recherche. Je ne sais pas trop ce qu’elle a en tête mais je ne vais pas m’en plaindre ! Je sais qu’on est fait pour s’entendre et pour moi, je sais qu’on est fait l’un pour l’autre mais bon…il n’y a que moi qui pense là ! Et puis, il y a aussi un gros souci, un souci majeur : elle n’est pas libre… et je ne le suis pas non plus. Mais il faut que j’arrête de m’emballer ! Si déjà je la vois de temps en temps, ça sera déjà suffisant. Il faut que je pense à me protéger le cœur.

- Jacob ?
- Oui !

Je tourne brusquement la tête vers Leah, ses grands yeux noirs semblent scruter mon âme mais je m’efforce de lui sourire le plus sincèrement possible.

- On y va ? Me demande-t-elle, rassurée.
- Oui ! Je vais chercher la voiture.

C’est la première fois que je vais au restaurant. Bon, ce n’est qu’une brasserie tenue par un pote de la réserve sur le port de Port Angelès mais je vais me faire servir…pour le plaisir de Leah. Je file donc au garage chercher la Golf et vient la chercher. Elle monte vite, impatiente. Je lui souris à nouveau car je sais qu’elle veut que cette soirée soit parfaite. D’ailleurs…peut-être qu’elle va se décider pour ce soir. Nous n’en avons jamais parlé mais je sens qu’elle s’est fixée un objectif pour faire le pas. Je ne sais pas encore si c’est le mariage, ses dix-huit ans ou le jour de sa première cuite mais je m’y attends un soir ou l’autre. En espérant que je ne déconne pas à ce moment là…

Parce que pour moi, Leah est presque la première en tout. Avant…et bien, avant, je n’ai pas eu trop l’occasion de sortir et franchement, les rares occasions où j’ai pu et bien j’étais tellement crevé et un peu déprimé que ce n’était pas la peine. Et avant ça, j’étais trop jeune ! Bon, j’ai bien embrassé une fille au collège mais alors c’était tellement… Bon, je ne préfère pas repenser à ce souvenir, ça risque de me gâcher la soirée.

- Cette Bella Swan…, commence Leah, me sortant immédiatement de mes pensées avec un coup dans le ventre.
- Oui ?
- Ma mère m’en parle parfois. Tu sais qu’elle est avec le fils du docteur Cullen ? Oui…

Ce n’est un scoop pour personne…pourquoi fait-elle comme si je n’étais pas au courant ?

- Ça fait un bail maintenant ! Parait qu’ils sont fiancés…

Je ne sais pas trop si elle me dit ça pour me mettre les points sur les i ou si elle est innocente dans sa pensée mais l’effet est réussi, j’ai les jambes coupées.

Fiancée…

- Ils sont pleins aux as il parait…, continue-t-elle. Bella ne revient jamais les week-end chez elle, Charlie la voit une fois tous les x…c’est vraiment une pure honte de délaisser autant sa famille ! Tout ça parce que c’est mieux chez les autres …

Je lui jette un coup d’œil à la dérobée, elle fixe la route et je vois son petit pli hargneux sur le coin de ses lèvres, bien connu lorsqu’elle n’aime pas quelqu’un.

- C’est vrai que tu l’as emmenée à Seattle vendredi ? Me demande-t-elle subitement en tournant la tête vers moi.
- Oui !
- Elle n’est quand même pas gênée de te demander ça ! Elle n’avait qu’à appeler un taxi et faire payer son mec !

Je soupire légèrement, m’arrête au feu et répond sans le quitter des yeux :

- C’est Charlie qui m’a demandé d’aller la chercher et de l’emmener à l’hôpital.
- Ah…et bien, encore un idiot de plus ! Elle se fout de lui et dès qu’elle pleure, il se plie en quatre pour la servir quand le chevalier n’est pas là…
- Bon Leah…tu comptes vraiment parler de Bella Swan toute la soirée ? Finis-je par la couper, un peu agacé par sa litanie.

Comme à chaque fois où je la remets à sa place, Leah reste un peu scotchée pendant une minute. Je suis toujours doux et prévenant avec elle, un peu à ses pieds parfois même…mais ça, c’est l’habitude de m’être occupé de ma mère pendant deux ans. Parfois, je m’engueule tout seul car je vois bien qu’elle profite un peu de ma gentillesse, ce n’est pas méchant, c’est qu’elle se dit que j’encaisse bien et quand il m’arrive de la casser (et ça, ce n’est pas l’envie qui me manque parfois !), et bien je la déstabilise. N’empêche que après, je suis tranquille…

Je me gare devant la brasserie et Leah n’a toujours pas parlé. Je comprends alors qu’elle en a tellement après Bella qu’elle préfère se taire car son esprit ne pense qu’à elle. Je soupire et fais le tour de la Golf pour qu’elle sorte de ma voiture. Je remarque son air pincé et me dit que finalement, non…ça ne sera pas pour ce soir.
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 22 Avr - 14:00

Ah cool une suite aujourd'hui Very Happy

* « Je reste une semaine de plus, je t’appelle ce soir, je t’aime ».
Oh bah alors ça c’est vraiment dommage … siffle[ happy ]

* - Oui, oui…fais l’innocente Bella. Je ne suis pas né de la dernière pluie …
- Je ne vois pas de quoi tu parles…
Razz

* - C’est pour toi que Jake a du nous lâcher en plein entraînement de capoeira ? Tu n’as plus ton taxi habituel ? Pas mal Wink ! Et puis visiblement tous le monde sait que Bella vit aisément par les Cullens : Jacob a dût leur raconter ça en se moquant d’Edward non ? - je l’imagine comme ça -

* - Fout lui la paix Paul ! Entends-je derrière moi. Ah mais tiens tiens : qui c’est ?

* ses lèvres sont …pleines et plus sensuelles. Cette pensée me secoue un peu et je me ressaisis. Ca me rappelle la phrase d’Alice envers Jacob. En tout cas, Bella a un faible pour lui ! Il la perturbe.

* - Tu t’es perdue ? Se moque-t-il. Ouai je le vois trop sortir ça !

* Je suis étonnée de te rencontrer…ici. Mais mieux vaut tard que jamais ! Rhoo là ! Comment ça doit y aller dans leur dos !

* La maladresse de Bella est tellement : légendaire !

* Super ! Dans la tête de Jacob ! Je ne m’y attendais pas parce que je ne savais pas si tu allais le faire dans cette fic.

* LA plume d’aigle qui serait la plus grande et la plus belle pour Bella. Oh ! La fameuse plume que Bella n’a pas prêté attention la 1er fois … C’est trop mignon et j’aime bien ce que dit Jacob de cette journée.

* - Bon Leah…tu comptes vraiment parler de Bella Swan toute la soirée ? Finis-je par la couper, un peu agacé par sa litanie.
Comme à chaque fois où je la remets à sa place, Leah reste un peu scotchée pendant une minute.
Pas mal ce p’ti passage. Elle l'agace trop comme dans le book Wink
[…] N’empêche que après, je suis tranquille… Lol

Bon et bien j'aime toujours ! bravo
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 22 Avr - 15:08

Moi aussi j'aime beaucoup , continue vite ^^
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 22 Avr - 19:28

et bien que de rebondissement hate de lire la suite
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 25 Avr - 5:11

Vanille41 a écrit:

* « Je reste une semaine de plus, je t’appelle ce soir, je t’aime ».
Oh bah alors ça c’est vraiment dommage … siffle[ happy ]
mdrrr tu m'as vraiment fait rire là Very Happy

Vanille41 a écrit:

* - C’est pour toi que Jake a du nous lâcher en plein entraînement de capoeira ? Tu n’as plus ton taxi habituel ? Pas mal Wink ! Et puis visiblement tous le monde sait que Bella vit aisément par les Cullens : Jacob a dût leur raconter ça en se moquant d’Edward non ? - je l’imagine comme ça -
Disons que comme Bella est la fille de Charlie et qu'il est l'ami des Quileute, tout le monde connait l'histoire de Bella, surtout que les Cullen sont une des familles les plus riches de Forks. Sa vie avec eux n'est un secret pour personne Wink


Vanille41 a écrit:

Ca me rappelle la phrase d’Alice envers Jacob. En tout cas, Bella a un faible pour lui ! Il la perturbe.
Oui ça change un peu que ça soit l'inverse Razz

Vanille41 a écrit:

* Super ! Dans la tête de Jacob ! Je ne m’y attendais pas parce que je ne savais pas si tu allais le faire dans cette fic.
Je préfère 1000 fois écrire au masculin qu'au féminin donc si, je comptais le faire. Je pensais même ne faire l'histoire que dans la tête de Jacob mais c'était impossible vis à vis de ce que va vivre Bella.


MomoKiko a écrit:

Moi aussi j'aime beaucoup , continue vite
Nouvelle lectrice Very Happy Merci MomoKiko

appaloosa toujours fidèle au poste Razz

Voici la suite ! A lire dans le calme et la sérénité Wink Au soleil aussi si c'est possible lol

Bon dimanche bye

* * * * *

5 – Face à la beauté

Je sors de la maison avec mon sac dans lequel j’ai fourré deux livres pour au cas où je m’ennuie, ce que je doute mais bon…j’ai ma casquette et un short au cas où car le soleil semble être de la partie encore aujourd’hui. La veille, pendant que Charlie regardait son match, j’avais préparé des sandwichs supplémentaires pour moi donc, je suis parée sur ce point ! Charlie est en train de mettre son matériel dans son coffre et je pose mon sac à l’avant. Puis, je retourne à l’intérieur chercher le panier de provisions quand mon père relève la tête et me sort avec des yeux ronds :

- Mais où est-ce que tu vas ?!
- A la pêche ! Enfin…je ne vais pas pêcher mais…je viens avec toi !
- Quoi ?!

Il soupire en levant les yeux au ciel et je lui réponds :

- Eh détends-toi Papa ! C’est la fin de l’année !
- Mais Bella …ce n’est pas ça, soupire-t-il.
- Alors quoi ? Demande-je, un peu gênée et surprise par son attitude.

Il soupire à nouveau et les mains sur les hanches, il semble réfléchir à la façon dont il doit me dire ce qu’il a sur le cœur. Je croise les bras et attends patiemment en le toisant du regard.

- Rien, oublies ! Finit-il par dire en chassant ses idées d’une main.
- Non ! Dis-moi ! Je ne comprends pas ! Tu voulais que je passe plus de temps avec toi, plus de temps avec tes amis et là, tu as l’air de ne pas apprécier que je vienne ! C’est quoi ? Un truc de mecs ? Parce que c’est Jacob qui m’a invitée !
- Oui, et bien justement ! S’écrie-t-il en claquant la porte du coffre.
- Quoi ?
- Bella…j’aime beaucoup ce gamin, me dit-il plus calmement, après une courte hésitation.
- Et ?
- Et je ne veux pas qu’il souffre.

Je secoue la tête devant ses yeux qui me supplient presque de changer d’avis.

- Papa, arrête de délirer !
- Bella, sérieusement ! Quand Edward va revenir, tu reviendras ici les week-ends ? Tu retourneras à la Réserve ? Me demande-t-il, septique.
- Bien sûr !
- Allez arrête …, soupire-t-il. Dimanche, j’étais content que tu viennes au barbecue parce que c’était une fête en communauté mais là…si tu commences à faire des trucs avec Jacob…, ajoute-t-il en secouant doucement la tête.
- Je ne vois pas la différence !
- Et bien, moi je la vois ! Ce n’est pas le même monde Bella ! Et si tu fais ça, tu sais ce qu’il va se passer ? Tu as deux alternatives ! Me balance-t-il.

Comme je le fixe sans comprendre, il continue :

- Soit l’électrochoc va être tel que tu vas commencer à regretter ton choix, soit tu vas t’amuser et finir par tous nous briser !
- Comment ça nous ? Murmure-je.
- Parce que moi j’aime aussi t’avoir près de moi, Bella…, m’avoue-t-il d’une voix rauque, et ces moments passés avec toi vont beaucoup me manquer après.

Je déglutis, ne sachant pas trop quoi répondre et surtout, comprenant à quel point mon père souffre de mes absences longues et répétées pour qu’une bête histoire de partie de pêche le fasse autant sortir de ses gons.

- Je vais essayer de faire un effort Papa, promis-je. Je viendrais te voir plus souvent.
- Ouais…on verra ça, soupire-t-il. Allez, va fermer la porte.

Je reste quelques secondes sans bouger, à le regarder faire le tour de la voiture et ouvrir sa portière. Puis son regard me rappelle qu’il m’attend et je file vers la maison pour la fermer.

En arrivant devant chez les Black, je remarque toute une série de 4 x 4 et surtout, beaucoup d’hommes indiens qui semblent « sur le pied de guerre ». Je me dis que je vais sûrement être la seule fille, à moins que Leah accompagne Jacob et soudain, l’image d’elle et moi sur la berge à discuter toute la journée me semble une idée moins reluisante. Mais maintenant que je suis là !

Je reste dans la voiture, regardant mon père discuter avec ses amis quand je vois Jacob sortir de la maison, short en jeans et tee-shirt, avec tout son matériel. Instantanément, j’ouvre la portière pour descendre mais je vais trop vite et manque le marchepied. Je me retiens à la portière mais grimace de la douleur que je ressens dans mon dos qui a râpé contre la ferraille. Malgré tout, je claque la portière et vais à sa rencontre. Il me voit et me lance un immense sourire qui éclaire son visage comme un soleil.

- Eh salut Bella ! Me dit-il en rangeant ses affaires dans le coffre de la camionnette de son père.
- Salut Jake !
- Alors, tu as pris ta canne ? Rigole-t-il en donnant une petite tape sur la visière de la casquette.
- Euh…
- Non, je plaisante ! Mais j’espère que tu comptes apprendre ! Dit-il plus sérieusement.
- Euh…oui, pourquoi pas ?

Il éclate de rire devant la tête que je dois afficher et je lui souris, plus détendue. Je jette un regard circulaire pendant qu’il va saluer ceux qui sont là et constate que Leah n’est pas là. Paul, Embry et Sam arrivent en voiture et se garent près de celle de Billy Black. Je vois le regard noir de Paul à travers la vitre et comprends que ma présence lui tape sur les nerfs. J’essaie d’occulter cette idée et me concentre sur le rire de Jacob qui retentit pendant qu’il discute avec mon père.
Après, semble-t-il, une mise au point de tout le monde sur qui va où et comment va se dérouler la journée, chacun regagne sa voiture et j’en fais autant après que Jacob m’ait lancé dans un sourire.

- A tout à l’heure !

En arrivant à la rivière, je vois que le parking terreux sur lequel on se gare est plein et je comprends que ce concours de pêche à la mouche semble être très populaire.
Billy et Jacob se garent près de nous. Je vois Jake sortir le fauteuil du coffre et aider son père à se mettre dedans. Son attitude me rappelle celle d’Edward lorsque j’étais blessée et je me dis que pour lui, certains jours n’ont pas du être faciles. Je me rappelle alors sa mère malade, maintenant décédée, et pendant qu’il prend ses affaires dans le coffre, je l’observe, constatant que moi, j’avais quand même de la chance d’avoir mes deux parents (même séparés) et en bonne santé !
Il sent mon regard et nos yeux se croisent. Aussitôt il sourit en s’approchant de moi.

- Ton père va pêcher ? Demande-je, étonnée.
- Non, rigole-t-il, il vient pour l’ambiance.
- Ok…

Je le suis, constatant que Jacob laisse son père avec le mien et nous rejoignons le groupe de ses copains qui semblent excités comme des puces.

- On se mêle à nouveau aux indigènes ? Me lance Paul, sur un ton légèrement hargneux et moqueur à la fois.
- Fous lui la paix ! Réplique aussitôt Jacob, avant même que j’ouvre la bouche.
- T’as déjà vu un poisson ? Ou alors il arrive tout nickel dans ton assiette quand tu te fais servir ? insiste-t-il, cette fois, plus agressivement, ne tenant pas compte de la remarque de Jake.

Je le fixe durement, bien décidée à ne pas me laisser faire.

- Et toi ? T’en as déjà pêcher un ou c’est tes copains qui remplissent ta bourriche par pitié ? Lui riposte-je sur un ton moqueur.

Je le vois serrer les mâchoires et ses yeux virent au noir. Puis, je vois la main brune de Jacob se poser sur son torse et sa voix répéter près de mon oreille.

- Paul, fous lui la paix ! C’est moi qui l’ais invitée et elle reste avec moi.

Paul lui lance un drôle de regard et part avec les autres qui commencent à s’installer le long de la rivière.
Je jette un œil à Jacob, un peu perturbée par l’agressivité de son copain.

- C’est quoi son problème avec moi ?
- Oh laisse-le…, soupire-t-il.
- Non, j’aimerai vraiment savoir à quoi m’en tenir !
- C’est un peu personnel mais…

Il hésite, son regard se portant sur Paul qui déballe son attirail de pêche en riant avec Embry.

- Sa mère travaillait chez une famille assez bourgeoise de Forks, déclare-t-il.
- Oh…, fis-je, sachant où il voulait en venir.
- Un jour, elle est tombée en nettoyant les grandes baies vitrées de la maison, elle s’est blessée au dos et ils n’ont jamais reconnu ça comme accident de travail. Elle n’a rien touché et n’a jamais pu retravaillé. Ils ont galéré financièrement pendant des années…, m’explique-t-il.

Je comprends alors que pour Paul, je fais partie de ce monde, de ceux qui ont exploité sa mère et l’ont jetée sans scrupule, qu’il me met dans le même panier, ainsi que la famille Cullen.

- Allez, viens, on va par là !

Je le suis, non sans lancer un dernier regard à Paul qui a l’air d’avoir oublié notre petite altercation. Je vois que Jake se dirige dans un endroit un peu abrité, là où la rivière semble prendre un virage et je ne suis pas étonnée d’y retrouver Billy et mon père.

- C’est votre coin fétiche ? Demande-je.
- Ça oui jeune fille ! Répond Billy dans un grand sourire, les yeux brillants de malice.
- Ici, la rivière fait un coude et il y a du courant. L’eau est plus agitée donc les poissons nous voient moins, m’explique Jacob d’une voix très basse. Et puis, ici, mon père peut y accéder par le chemin.

La lumière du soleil, qui commence à être assez haut dans le ciel, se réfléchit sur l’eau et elle semble briller de mille feux. Je respire un grand coup, l’air est pur et frais, les pins bruissent légèrement et tout est calme, car les pêcheurs, même s’ils sont nombreux, s’installent à distances respectives et ne parlent pas ou en chuchotant. Je vois mon père poser toutes ses petites affaires au bord de l’eau avec beaucoup de soin. Billy a été placé derrière lui, à une certaine distance. Puis, Charlie enfile de très grandes bottes jusqu’à mi-cuisses que je n’avais jamais vues. Jacob capte mon regard et rigole doucement :

- Il est beau comme ça hein ?
- Il va entrer dans l’eau ? M’étonnes-je.
- Bah oui…c’est ça la pêche à la mouche, rit Jacob de plus belle tout en sortant sa canne.

Voyant que beaucoup de matériel délicat commence à être posé un peu partout, je décide de m’asseoir dans l’herbe, les jambes repliées sur ma poitrine. J’observe Jacob s’affairer avec beaucoup d’attention et de calme. Il semble très concentré. Je le vois sortir une deuxième canne puis tout plein de petits trucs colorés et poilus. Il en prend un et chope le fil d’une main. Puis, toujours très concentré, il attache le petit objet au bout du fil. Il fait ça très vite, soupire en rejetant une mèche de cheveux qui lui tombe devant le visage et se relève en sortant un élastique de sa poche de jeans qu’il passe rapidement dans une queue basse. Puis il lance un regard à Charlie en souriant.

- Noyée ou sèche ?
- Noyée …, répond mon père en souriant.
- Ah tu insistes hein, rigole Jacob.

Je ne comprends rien à leur échange mais je vois que Charlie semble prêt. Un bref coup de sifflet retenti soudain, annonçant sûrement le début de la course et en lançant un clin d’œil à Jake, il entre doucement dans l’eau, sa canne à la main. Jacob lui donne un petit coup de tête mais ne semble pas pressé. Je m’étonne et lui demande :

- Tu ne pêches pas dans l’eau ?
- Si, si …j’y vais.

Et là, je le vois retirer son tee-shirt, me mettant face à son torse nu, découvrant une musculature parfaite. Je tourne la tête aussitôt, le sang aux joues, espérant qu’il n’ait pas remarqué mon trouble. Je l’entends à côté de moi prendre encore quelque chose et s’éloigner. Je reste comme ça à fixer une brindille pendant environ une minute, ne comprenant pas ma réaction un peu excessive et pourtant, le fait est que je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse ça et surtout, je ne m’attendais pas à voir qu’il n’était vraiment plus un gamin comme me l’avait gentiment fait remarquer mon père. Je respire un coup et ose tourner la tête vers lui, le regardant entrer doucement dans l’eau, sans bottes, juste en short. J’admire à nouveau les muscles de son dos, bouger gracieusement pendant qu’il prend soin de ne pas faire trop de vague dans l’eau. Je jette un coup d’œil à Billy pour vérifier qu’il ne me capte pas en train de mater son fils avec sûrement beaucoup d’insistance, puis, voyant qu’il n’a d’yeux que pour Charlie, je reporte à nouveau mon attention sur Jacob. Il avance encore un peu et lorsque l’eau lui arrive en haut des cuisses, je le vois qui commence à donner des petits coups de poignet dans sa canne puis, avec une technique qui est difficilement déchiffrable, je le vois balancer le fil devant lui puis tournoyer un peu, puis à nouveau balancer et là, en voyant le petit objet poilu frôler l’eau à la manière d’un insecte, je comprends le nom donner de « pêche à la mouche ». En total admiration devant la beauté du mouvement, je reste immobile, retenant presque ma respiration lorsque la petite « mouche », sûrement fabriquée par Jacob, « vole » sur l’eau.

Soudain, du coin de l’œil, je vois mon père lever d’un coup sa canne et un saumon gesticule au bout du fil. Je retiens un petit cri de joie, contente qu’il soit le premier à en avoir prit un. Jacob ricane doucement en haussant les épaules pendant que Charlie lui lance un regard moqueur.

- Bella, approche l’épuisette de ton père, me dit Billy depuis son fauteuil.

Je me lève et cours presque jusqu'à l’objet en filet que me montre Billy puis avance près de la berge où mon père me rejoint.

- Papa, c’est génial, lui dis-je en chuchotant.
- Oui ! et de un ! Dit-il plus à l’intention de Jacob que de moi.

Je regarde Jake qui glousse dans son coin. Je vois dans ses yeux une détermination qui me fait rire. C’est clair ! Il compte bien gagner contre lui aujourd’hui !
Et en se mordant les lèvres, je le vois qui recommence son mouvement, comme si il fouettait l’air et la petite « mouche » danse sur la rivière.
L’eau miroitante fait des petites lumières sur sa peau mate et cuivrée, il semble en parfaite harmonie avec tout ce qui l’entoure et je ne peux m’empêcher de penser qu’il est vraiment très beau.

6 – Cours magique

Sans piper mot, je reste pendant un long moment à contempler Jacob et sa technique de pêche. Pour l’instant, il a prit de l’avance sur Charlie qui n’a pas repêché de poisson alors que Jake en est à son troisième. Il le balance dans sa bourriche, pose sa canne à terre avec beaucoup de délicatesse puis me jette un regard. Je ne suis pas surprise de le voir s’approcher de moi et s’asseoir à mes côtés.

- C’est vraiment magnifique, lui dis-je. Je n’avais jamais vu ce genre de pêche.
- C’est un sport tu sais ! Me répond-il. On doit leurrer le poisson avec beaucoup de patience et les mouvements demandent beaucoup de retenue.
- Oui…

J’attends qu’il continue son explication et il me sourit doucement, se disant sûrement que j’étais bien ignorante dans mon petit monde de paillettes. Mais il ne se moque pas et ajoute :

- Ce que j’ai mis au bout du fil est une mouche sèche qui imite les insectes.

Il se lève d’un coup, va dans sa boite chercher un de ces objets et revient près de moi pour mieux me montrer.

- Tu vois, j’ai fait ça à base de plumes de faisan et de poils de loup.
- De poil de loup ? Répète-je en riant tout en contemplant le petit leurre.
- Mais oui…, répond-il sans m’en dire plus sur comment il a obtenu des poils de loup. J’ai enroulé tout ça autour d’un hameçon pour imiter une petite mouche de couleur verte, grâce aux plumes de faisan, que le saumon peut gober au vol, à la surface. On peut imiter des mouches mais aussi des petits poissons brillants qui va énerver le saumon et qu’il attaquera. En fait, avec de l’imagination, on peut imiter tout ce qu’on veut mais il y a des techniques bien spécifiques pour enrouler ça autour de l’hameçon.
- Mais ça doit prendre des heures !
- Oui, c’est assez long, me confirme Jake en riant. Il faut être très patient…ou amoureux de ce sport. La canne est aussi appelée fouet, m’explique-t-il, et la mienne est en bambou, celle de ton père, en carbone.

Je le vois lancer un regard mi-moqueur, mi-défiant à mon père. J’imagine déjà les petites prises de becs entre celui qui pêche avec du matériel naturel et l’autre en synthétique.

- De quoi parlais-tu tout à l’heure avec Charlie ?
- Oh, rigole-t-il à nouveau. Ton père utilise une autre sorte de leurre qu’on appelle une noyée et qui va dans l’eau. Moi je préfère faire voler. Et moi, j’en chope plus que lui avec ça…c’est certain !
- Oui, c’est magnifique, répète-je, réellement impressionnée.

Jacob me jette un petit coup d’œil en souriant, content que je sache apprécier le moment comme il l’avait souhaité. Sa quasi nudité ne me gêne plus, ayant eu tout le loisir de m’y habituer quand il était dans l’eau et je me sens donc très à l’aise près de lui. Et c’est avec un petit sentiment d’abandon que je le vois se relever et retourner prendre sa canne. Je pose ma tête sur mes genoux, ne le quittant pas des yeux.

- Viens ! Me lance-t-il depuis la berge.
- Quoi ?
- Tu veux venir essayer ? Demande-t-il sérieusement.
- Dans l’eau ?
- Bah ça serait mieux ouais.

J’hésite puis me dis que j’ai mon short. L’idée de faire autre chose et surtout de partager complètement cette journée avec Jacob me séduit beaucoup. Je me lève donc d’un bond et prend mon sac en disant :

- Je reviens !
- Ok, rigole-t-il, comprenant mon intention d’aller me changer à l’abri des regards.

A mon retour, j’entends mon père rire et je comprends qu’il a pris un nouveau saumon pendant mon absence. Je retire mes chaussures, Jacob revient progressivement sur la berge pour m’aider à entrer dans l’eau. Il me tend la main et j’hésite encore. Alors il me dit :

- Elle est bonne tu sais…
- Ce n’est pas ça…je n’ai ni botte, ni chaussure. J’ai peur de me blesser.
- Mais non ! Ce ne sont que des galets, me rassure-t-il. Ils sont doux, tu verras.

Son expression de visage me donne confiance. Je mets un pied dans l’eau et la fraîcheur me saisit aussitôt mais je constate qu’il a raison, après quelques secondes, je sens que l’eau est à température supportable. Jacob me tend toujours la main et je lui prends. Ce contact me surprend par la chaleur qu’il dégage. C’est la chaleur des gens qui ont l’habitude de vivre dehors et dont le corps se régule plus facilement que ceux qui restent toujours enfermés. Je sens aussi que ses doigts sont un peu rêches, l’habitude de travailler avec ses mains…je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison avec les mains douces et bien soignées de Edward et du coup, je me dis qu’il n’apprécierait peut-être pas ce que j’étais en train de faire.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande Jacob, inquiet.

Je devais avoir changé de visage.

- Rien, lui réponds-je. Ça surprend !
- Après tu vas t’habituer.

J’avance dans l’eau, toujours ma main dans celle de Jacob et j’entends Charlie dire :

- Tu veux vraiment perdre ?

Jacob rit doucement mais ne répond pas, continuant à avancer jusqu’à la place où il était. Je sens le courant passer entre mes mollets puis mes jambes, Jake me tient fermement et j’entends Charlie dire à nouveau :

- Fais gaffe ! Si elle tombe, on va la retrouver dans l’Atlantique !

Jacob rigole mais continue. Une fois que nous y sommes, il me lâche et l’eau m’arrive à la taille. Je mets quelques secondes à me détendre, laissant la fraîcheur m’envahir.

- Mon père a raison, dis-je tout bas à Jake pendant qu’il remet correctement son hameçon. Je vais te faire perdre du temps et tu ne pourras plus avoir de poisson.
- Je m’en fiche, dit-il en haussant les épaules. Des concours, y en aura d’autres…

Son regard me donne la suite de sa phrase : moi par contre, je ne serais peut-être pas là la prochaine fois.
Je lui souris, ne sachant pas quoi dire ou faire d’autre.
Je sens le courant passer fortement entre mes jambes et sous mes pieds nus, la sensation est très drôle et je caresse les galets en bougeant doucement mes jambes. Jacob vient se placer derrière moi et me dit tout bas dans l’oreille en plaçant le « fouet » dans ma main droite.

- Bon, j’espère que tu es droitière sinon ça va être plus compliqué.
- Oui, oui, lui confirme-je en riant.

Il pose sa main sur la mienne, tenant ainsi la canne à travers mes doigts. Je le laisse faire, amusée par son geste de professeur. Il me fait donner un petit coup de poignet et me dit d’une voix caressante :

- Détends-le…laisse-toi faire.

J’essaie de ramollir mon bras mais il se met plus contre moi et instinctivement, je me raidis. Pourtant, il ne semble pas se rendre compte de mon changement d’attitude car il passe en plus sa main sur mon ventre pour me remettre plus droite, m’enveloppant complètement dans ses bras et par conséquent, être plus collée contre lui. Je me demande s’il le fait exprès et lui jette un regard à la dérobée, il a l’air vraiment concentré.

- Bon, lâche du mou, me dit-il.
- Euh ok…

Je glousse doucement, nerveuse de sa proximité mais j’essaie de me détendre. Il donne encore des petits coups de sa main, faisant automatiquement bouger la mienne et je vois alors le fil commencer à voler comme par magie.

- Tu vois, il faut donner de l’effet, m’explique-t-il. Tout est dans le poignet.
- Oui…

Je le laisse faire, fascinée par sa concentration et la façon dont il fait bouger ses doigts contre les miens. Je remarque alors le violent contraste entre les couleurs de nos peaux. J’ai vraiment l’air translucide, ainsi contre lui. Puis, doucement, il fait bouger mon bras, je le suis, comme une marionnette, me retenant de rire pour ne pas gâcher ce moment car la petite mouche prend de la hauteur. Je retiens presque ma respiration, sentant le souffle chaud de Jacob sur mon épaule. Je suis la mouche des yeux comme hypnotisée pendant que mon bras, calqué sur celui de Jake, effectue des petits mouvements secs puis rotatifs. Je sens l’autre main de Jacob caresser mon ventre et je me rends compte que, s’en même y penser, j’avais posé ma main gauche sur la sienne, le tenant fermement contre moi. Mon cœur s’accélère et je me tends à nouveau. Jake le sent tout de suite et chuchote :

- Détends-toi…

La chaleur de sa voix me rend alors toute molle et je pose ma tête contre son torse, m’abandonnant complètement à ses mouvements.
Je ne sais pas combien de fois Jacob a fait passer la mouche devant nous mais au bout d’un moment, je sens une forte résistance dans mes doigts et il me dit :

- Allez ! il l’a chopé !
- Quoi ?

Je sens alors que la canne est tirée vers le fond et là, Jacob se dégage de moi et fait tourner rapidement le moulinet en souriant. Je vois alors un saumon sortir de l’eau avec agitation et j’éclate de rire quand Jacob lève la canne pour le faire revenir à lui.

- Oh bon sang ! M’écrie-je, réellement surprise que même comme ça, nous ayons réussi à en attraper un.
- Ce n’est pas vrai ! Rigole Charlie, dégoûté.

Jacob éclate de rire en retirant l’hameçon de la lèvre du saumon et je me crispe pour la pauvre bête, espérant qu’il ne souffre pas trop.

- Et de quatre, claironne-t-il vers mon père.
- Celui-là, il ne compte pas ! Tu as été aidé !

Je ris devant leur chamaillerie, heureuse de n’avoir pas empêcher Jacob de prendre encore de l’avance malgré son cours particulier. Je le suis jusqu’à la berge où il met le saumon dans la bourriche et sors de l’eau en riant encore.

- Eh, tu ne continues pas ? Demande-t-il, un peu déçu.
- Non, vas-y ! Je te ralentis.
- Ok…

La vérité est que mon père avait raison, cette journée est un peu un électrochoc. Je sens que j’ai besoin de prendre un peu de distance et d’être seule avec mes pensées, histoire de me recadrer un peu. Trempée, je m’assois dans l’herbe pour sécher pendant que Jacob retourne lentement vers le centre de la rivière. Je prends alors mon sac et mon portable. Je réfléchis et écris un message à Edward, me disant qu’il le verrait le matin vu le décalage horaire : "Tu me manques, donne-moi de tes nouvelles. B"
Je soupire, sachant parfaitement que ce message, j’avais juste besoin de le voir « visuellement » pour me remettre les idées en place. Quelques secondes après, mon portable vibre et j’ouvre sa réponse : "Je suis là dimanche matin. Je t’embrasse".

Je regarde l’heure et me dis qu’il doit veiller tard. Je replis mes jambes contre ma poitrine, le portable toujours dans la main, essayant de m’imaginer ce que Edward était en train de faire. J’espérais seulement qu’il ne vivait pas un cauchemar avec cette histoire de legs.
Le rire de Jacob me tire aussitôt de mes pensées et Charlie jure pendant que Billy se moque de lui. Jacob tourne alors la tête vers moi et je lui fais signe que c’est bien. Je suis vraiment heureuse de le voir avec son cinquième poisson et surtout d’être là aujourd’hui, à vivre ce moment magique avec lui.

La journée s’écoule en douceur, le soleil commence un peu à décliner et je vois Jacob sortir de l’eau et commencer à rassembler ses affaires. Charlie en fait autant dix minutes plus tard et je me lève pour les aider. Au loin, j’entends des cris de joie et Jacob m’explique devant mon regard interrogateur.

- ça c’est Embry qui a battu les autres. L’inspecteur est en train de faire le décompte.
- Ah oui…

J’en avais presque oublié que c’était un concours et que nous étions beaucoup. Le fait est que j’étais un peu sur un petit nuage depuis ce matin, un petit nuage éclairé par un soleil et que tout avait tourné autour de lui durant la journée.
Lentement, je vois alors un indien s’approcher de nous par la rive avec un carnet à la main et nous saluer avec beaucoup d’enthousiasme. Après une brève discussion avec Jacob et mon père, il prend les bourriches de chacun, compte les saumons et à ma grande stupeur, les prend dans sa main, semble vérifier qu’ils vont bien et les remet dans l’eau.

- Mais ? Fis-je en regardant Jacob qui lui, n’a pas l’air contrarié.

Pourtant, il a capté mon expression et vient près de moi pour m’expliquer :

- C’était un concours no-kill ou comme moi je l’appelle « journée de grâce ».
- Ah oui ?
- C’est un jeu Bella, on joue avec le poisson, à celui qui est le plus malin…s’il se fait prendre, tant pis pour lui, c’est un point pour nous.
- Mais vous ne les mangez pas ? Jamais ?
- Si, je pêche aussi pour les manger, rigole-t-il. Mais là, c’était vraiment pour s’amuser.
- Ah oui…

Je suis sidérée ! Je prends alors conscience que c’est vraiment un sport pour eux et qu’ils avaient du prendre énormément de plaisir. Je devais faire une drôle de tête car Jacob éclate de rire en remettant son tee-shirt.
De retour à la voiture, je me rends compte que je suis vraiment épuisée par cette journée en plein air. Je regarde Jacob poser son matériel dans le coffre de leur camionnette. Le soleil se couche en rougissant le ciel à travers les pins et le vent commence à se lever. Je frissonne et mon père me pose sa veste sur mes épaules en passant. Jacob s’approche de moi, un petit sourire aux lèvres.

- Alors, ça t’a plu ? Me demande-t-il pour la deuxième fois cette semaine.
- Oui, réponds-je dans un souffle.
- Tu as l’air cassée, rigole-t-il doucement.
- Je le suis …

Je sens qu’il hésite puis me dit :

- C’est aujourd’hui qu’on se dit au revoir ou tu comptes revenir ?
- Je reviendrais peut-être cette semaine…si Charlie vient voir ton père.

Je vois qu’il note le « si Charlie vient voir ton père », que j’avais volontairement dit à la place de « si tu veux que je vienne te voir ». Il me sourit et nous nous dévisageons pendant quelques secondes où j’ai l’impression que le temps s’arrête.

- Allez Bella, on y va, me dit Charlie en montant dans la voiture.

Je m’excuse du regard et Jacob me dit :

- Alors à bientôt !
- Oui…ou à dans quatre ans !

Nous nous sourions mutuellement et je me force à détacher mon regard du sien pour faire le tour de la voiture de Charlie et monter dedans. Mon père me scrute pendant quelques secondes avant d’enclencher la vitesse et je tourne la tête vers la forêt en souriant.
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appaloosa
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 25 Avr - 9:06

magnifique partie de peche
j'adore l'innocence et insouciance de jacob
je l'aime comme ca
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 25 Avr - 13:40

bravo J'étais partie dans le décor là !

* - Mais où est-ce que tu vas ?!
- A la pêche !
J'imagine bien la tête de Charlie à cet instant ! Razz

* - Bella…j’aime beaucoup ce gamin J'aurai un peu honte à la place de Bella ... Charlie lui jette aux yeux ce qu'elle est depuis qu'elle est avec Edward.

* - On se mêle à nouveau aux indigènes ? Me lance Paul Alors là Paul m'a trop fait rire ! Je ne cite pas toutes les phrases mais elles sont marrantes. Comment il est mauvais lol

* - Il est beau comme ça hein ?
- Il va entrer dans l’eau ?
La réplique ! Je vois trop Charlie super sérieux s'engouffrer dans l'eau sous l'oeil de Jacob et Bella.

* Et là, je le vois retirer son tee-shirt, me mettant face à son torse nu, découvrant une musculature parfaite. Je tourne la tête aussitôt, le sang aux joues, espérant qu’il n’ait pas remarqué mon trouble. Ah Bella craque là : et ouai en plus d'être super gentil et super cool : il est beau !

* Bella qui glisse dans l'eau avec l'aide de Jake : génial !

* - Elle est bonne tu sais…

Spoiler:
 


* - Fais gaffe ! Si elle tombe, on va la retrouver dans l’Atlantique ! Razz

* Je glousse doucement, nerveuse de sa proximité mais j’essaie de me détendre. C'est excellent en tout cas, Bella a l'air de vraiment apprécier cette journée.

* - C’était un concours no-kill ou comme moi je l’appelle « journée de grâce ». No-kill ah pas mal le mot !

* - Alors à bientôt !
- Oui…ou à dans quatre ans !
Razz Jacob n'est pas dupe il sait ce qu'il risque quand Edward va revenir : ne plus revoir Bella. Là j'ai envie de saisir Bella par les épaules et lui dire : bon alors faut te réveiller : une porte s'est ouverte faut pas la laisser se refermer lol ! (je sais elle est déjà avec Edward mais quand on est pas heureux ...).
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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 26 Avr - 23:06

j'attend la suite de ta merveilleuse nouvelle fic avec impatiente Very Happy et encore bravo on est complètement transporté dans l'histoire bravo
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sinsé
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 27 Avr - 7:22

Quelle joie de te lire! =]
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 27 Avr - 8:21

Bon, comme tu le sais, en ce moment je suis très occupée, donc je n'ai pas toujours le temps de commenter précisément. Mais je viens de finir de lire tes chapitres, et j'adore vraiment!!

J'aime la façon dont tu intègres chaque personnage, dont tu les présentes... Tu restes fidèle à chacun d'entre eux!! Et puis j'adore aussi la façon dont évolue la relation Bella-Jake!! Very Happy

Comme pour ton autre fic, je suis fan!! Bravo!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 29 Avr - 11:38

appaloosa a écrit:

magnifique partie de peche
j'adore l'innocence et insouciance de jacob
je l'aime comme ca
Moi aussi ! et c’est la raison pour laquelle j’ai écris cette histoire

Vanille41 a écrit:
bravo J'étais partie dans le décor là !
Ça je m’en doutais lol

Vanille41 a écrit:

* - Bella…j’aime beaucoup ce gamin J'aurai un peu honte à la place de Bella ... Charlie lui jette aux yeux ce qu'elle est depuis qu'elle est avec Edward.
Ouais c’est clair qu’il n’est pas très fier d’elle confu

Vanille41 a écrit:

* - On se mêle à nouveau aux indigènes ? Me lance Paul Alors là Paul m'a trop fait rire ! Je ne cite pas toutes les phrases mais elles sont marrantes. Comment il est mauvais lol

Bad boy !!!! Twisted Evil

Vanille41 a écrit:

Ah Bella craque là : et ouai en plus d'être super gentil et super cool : il est beau !
Moi aussi je craque Razz Il est magnifique lol

Vanille41 a écrit:

Spoiler:
 
Spoiler:
 

Vanille41 a écrit:

* - C’était un concours no-kill ou comme moi je l’appelle « journée de grâce ». No-kill ah pas mal le mot !
Je ne l’ai pas inventé, c’est comme ça que ça se passe dans la plupart des concours Wink mon chef part d’ailleurs en week-end « pêche » de trois jours No-Kill siffle Il se demandait comment je savais ce que c’était LOL Mais je vis dans une famille de pêcheurs Razz

Vanille41 a écrit:

* - Alors à bientôt !
- Oui…ou à dans quatre ans !
Razz Jacob n'est pas dupe il sait ce qu'il risque quand Edward va revenir : ne plus revoir Bella. Là j'ai envie de saisir Bella par les épaules et lui dire : bon alors faut te réveiller : une porte s'est ouverte faut pas la laisser se refermer lol ! (je sais elle est déjà avec Edward mais quand on est pas heureux ...).
Eh ouais…elle est avec Edward….


sinsé a écrit:

Quelle joie de te lire! =]
C’est court mais ça fait ENORMEMENT plaisir Very Happy Merci !


Alice a écrit:

Bon, comme tu le sais, en ce moment je suis très occupée, donc je n'ai pas toujours le temps de commenter précisément. Mais je viens de finir de lire tes chapitres, et j'adore vraiment!!

J'aime la façon dont tu intègres chaque personnage, dont tu les présentes... Tu restes fidèle à chacun d'entre eux!! Et puis j'adore aussi la façon dont évolue la relation Bella-Jake!!

Comme pour ton autre fic, je suis fan!! Bravo!!
Oui je sais que tu n’as pas de temps en ce moment donc merci à toi d’être passée quand même. Penses à venir de temps en temps Wink

Surie a écrit:

j'attend la suite de ta merveilleuse nouvelle fic avec impatiente et encore bravo on est complètement transporté dans l'histoire
Eh bien la voilà Very Happy merci Surie

* * * *

7 – Je crois que c’est trop tard…

J’ai la tête complètement à l’envers et je le sais, je suis foutu. A nouveau, partout où je pose mes yeux, je ne vois rien d’autre que son sourire, ses yeux…j’entends son rire, sa voix…ah nom d’un chien ! Elle va me faire mal…Mon père me regarde sourire comme un abruti depuis tout à l’heure, il sait bien que je suis « dedans ». Pourtant, avant, il n’a jamais rien su…ou alors, il ne me l’a jamais montré. Faut dire aussi qu’on avait autre chose à penser mais là, je sais qu’il m’a capté. Je gare la voiture devant chez nous et il attend que je sorte de ma rêvasserie avant de m’interrompre au bout de je ne sais pas combien de temps.

- Bon mon garçon ! Tu comptes m’aider à descendre ?
- Oui, oui…

Je soupire et sors de la voiture pour aller chercher le fauteuil dans le coffre de la camionnette. Il me regarde depuis sa place déplier l’appareil puis se laisse descendre en douceur pour que je l’intercepte et le place dans le fauteuil. Je claque la portière et je vois son regard noir corbeau me fixer d’un air amusé.

- Quoi ?
- Tu ne devrais pas voir Leah ce soir, elle va voir que tu n’es pas dans ton état normal, me dit-il.
- Oh c’est bon !

Mais, je vois soudain son amusement s’envoler et il m’affiche un air plus sérieux.

- Jacob…cette fille n’est pas pour toi, m’annonce-t-il sans détour.
- Je le sais bien…
- Et tu as Leah, insiste-t-il, comme si je n’avais pas compris.

Je ne réponds pas et soupire en levant les yeux vers la forêt. Mon cœur se contracte devant la réalité. Je sais qu’il a raison mais c’est dur à entendre.

- Bon…, bougonne-t-il. J’espère que tu vas reprendre tes esprits !

Et il me plante là pour rentrer seul à la maison. Je baisse la tête vers le sol et essaie de me secouer mentalement. Pour ça, je me force à repenser à la fois où je l’ai vu chez elle…je le revois lui, plus mature, plus posé, plus de son monde à elle …un monde qu’elle côtoie et qu’elle apprécie visiblement. Un monde avec lui, qu’elle va épouser.

Le repas terminé, je me sens déjà un peu plus les pieds sur terre. Leah m’attend chez elle pour aller passer la soirée avec Sam et Emily. Une soirée entre couple, normale…une soirée qui va me faire du bien. J’arrive chez elle, pile à l’heure et elle me reçoit avec un bref baiser en soupirant.

- Quoi ? Lui demande-je, étonné.
- J’espérais que tu serais là plus tôt !
- Mais comment ? Le concours s’est terminé à six heures !
- Ah oui…le concours, soupire-t-elle à nouveau. Vous êtes vraiment soûlant avec ça ! Une journée complète en plus !
- Bah oui…c’est comme ça.

Je le sens déjà, elle me tape sur les nerfs. Mal parti pour une soirée où je dois remettre les choses à leur place.
Elle monte dans la voiture et je conduis de manière assez brutale jusque chez Sam où Emily nous accueille avec un sourire qui me réchauffe le cœur et me calme aussitôt.

La soirée se déroule tranquillement et je commence même à reprendre mes esprits, ne pensant plus trop à Bella. Mais je sens l’ambiance virer aussitôt lorsque j’entends Sam raconter sur notre journée d’aujourd’hui :

- Paul a encore failli nous faire un coup de sang tout à l’heure…il ne digérera jamais cette histoire ! Si seulement sa mère pouvait retravailler, ça le calmerait.
- Oui, renchérit Emily pendant que je finis mon verre d’un trait. Elle ne peut plus faire grand-chose mais elle peut sûrement aider un peu…
- Qu’est-ce qu’il a fait encore celui-là ? Demande Leah, hargneuse.

Je ferme les yeux, sachant que cette fois, elle n’en aura pas après Paul pendant très longtemps.

- Il s’en est pris vite fait à la fille Swan…, explique Sam. C’est bon qu’il y avait le concours, sinon il aurait insisté sur son point de vue sur les riches !

Je vois Leah qui tourne lentement son visage vers moi mais je ne la regarde pas, pendant que Sam continue :

- Elle n’y est pour rien ! Il devrait vraiment se calmer !
- Qu’est-ce que Bella faisait là ? Demande-t-elle plus à moi qu’à Sam.

Je me sens obligé de répondre.

- Elle est venue avec son père.
- Ah oui…

Sam me jette un coup d’œil, il sait parfaitement que c’est moi qu’il l’ait invitée mais, à mon grand soulagement, n’en rajoute pas.
Un ange passe pendant quelques secondes et Emily nous sauve la mise en se levant pour annoncer qu’elle a fait un merveilleux gâteau. Le reste de la soirée se déroule normalement, bien que je sache parfaitement qu’une fois que nous serons seuls, je vais en prendre pour mon grade.

Pourtant, c’est une Leah silencieuse que je ramène chez elle et j’ai même droit à un baiser plus que provoquant que me laisse perplexe. Elle me regarde, amusée par mon air étonné.

- Tu veux rentrer cinq minutes ? Me propose-t-elle sur un ton très caressant dont je n’ai absolument pas l’habitude.
- J’aimerai bien mais je me lève aux aurores demain…tu sais bien…
- Ah oui…c’est vrai, soupire-t-elle, déçue. Bon, alors on se voit demain soir ?
- Bien sûr !
- Ok…

Elle ouvre la portière et descend. Elle se penche vers moi avant de la fermer en me lançant un baiser imaginaire. Je fais comme si je le chopais, ce qui l’a fait rire. Elle est vraiment très belle quand elle se laisse aller comme ça et que son sourire éclaire son visage. Je passe la vitesse et quitte sa propriété en soupirant. Je la regarde rentrer chez elle dans mon rétro viseur, sachant pertinemment que je venais de passer à côté car là, elle était prête mais tant pis…je n’avais pas la tête à ça, encore moins après cette journée là ! En soupirant à nouveau, j’accélère pour rentrer chez moi.


8 – Moment de liberté

L’université me parait bien froide et morose après la journée que j’avais passé à la Réserve…j’avais eu du soleil plein la tête pendant toute la soirée et encore pendant toute la journée du mercredi malgré la pluie qui faisait à nouveau son apparition. Aujourd’hui, j’avais un peu plus les pieds sur terre et la réalité était assez difficile à supporter. Mais, je me sens le cœur léger et je ne sais même pas trop pourquoi. Est-ce parce que le week-end approche et que je vais revoir Edward ? Est-ce parce que je me sens moins seule ? Est-ce que parce que le souvenir de ce moment magique ne me quitte pas vraiment ? En tous cas, prendre le bus me semble moins insupportable, ma chambre beaucoup moins maussade et les repas avec Charlie plus chaleureux.

Samedi matin, je me lève un peu plus rapidement que voulu, comme propulsée, et descends les escaliers en me demandant si mon père a prévu quelque chose pour la journée ou pas ? En fait, je suis en train de me rendre compte, en attendant qu’il raccroche son téléphone pour lui poser la question, que j’espère trouver une excuse pour retourner voir Jacob si Charlie n’a pas l’intention d’y aller aujourd’hui ! Je trépigne un peu en me rongeant les ongles (ce qui ne me ressemble pas du tout !) et je vois mon père qui lève un œil surpris vers moi pendant qu’il essaie de se concentrer sur son interlocuteur que je devine être un collègue. Puis, à mon grand soulagement, il repose le combiné et les bras sur les hanches, attend patiemment que je crache le morceau.

- Salut papa ! Je voulais savoir si tu avais des projets pour aujourd’hui ?
- Euh…non. Pourquoi cette question ?

Je me sens un peu coincée et me passe la main dans les cheveux, aussi nerveuse qu’une gamine qui ne sait pas comment demander la permission de minuit. Charlie attend toujours et je me racle la gorge mais je le vois sourire doucement et soupirer en disant :

- Billy nous a invité à manger ce midi, nous devons parler d’un problème concernant un type de la réserve.
- Ah oui ? M’écries-je plus que je ne le voudrais.

Il doit vraiment avoir pitié de moi pour ne pas me laisser mariner encore comme ça longtemps.

- Alors je viens avec toi, lui dis-je, de peur qu’il me laisse là comme les autres week-ends.
- Je n’en doute pas…, soupire-t-il à nouveau.

Revoir la petite maison rouge, revoir Jacob. Je descends trop vite de la camionnette de mon père et loupe à nouveau le marchepied. Mais je suis bien accrochée à la portière et rattrape le coup aussitôt, non sans me tordre le bras. Mais, j’oublie vite et suis mon père presque en courant jusqu’à la porte d’entrée. Charlie frappe et la porte s’ouvre aussitôt sur Jacob, un grand sourire aux lèvres dès qu’il me voit derrière mon père. Mon cœur bondit joyeusement, sachant que je vais passer à nouveau un moment inoubliable, complètement hors du temps. Et je soupire de bonheur pendant tout le repas, écoutant avec beaucoup d’intérêt tout ce que raconte Billy et surtout, tout ce que raconte Jacob !

Nous nous retrouvons seuls et de ma chaise, je regarde Jacob s’affairer dans la petite cuisine à l’équipement très sommaire qui se compose d’une gazinière, d’un frigo, d’un meuble bas (sûrement fabriqué main) et de la table. Tout en faisant couler l’eau dans l’évier, Jacob me jette un petit regard en coin et je lui souris. Puis, je le vois franchement rire et s’arrêter en me disant :

- Eh ma belle, t’es pas à l’hôtel ici !
- Oh…

Je me lève d’un bond et le rejoins en deux enjambées, rouge de confusion. Jacob rit doucement de ma réaction et ajoute :

- Eh oui… mais tout le monde n’a pas la chance d’être servie madame Swan !
- Je n’ai pas l’habitude d’être servie …, dis-je en marmonnant, encore gênée d’être resté assise à le regarder travailler.
- Sérieusement ? Se moque-t-il, pas dupe.

Je lui lance un regard en biais et son sourire suffisant me dicte d’arrêter de me moquer de lui.

- Bon d’accord, les Cullen ont des domestiques…

Il hoche la tête, satisfait par ma franchise. Puis, il plonge ses mains dans l’eau et commence à laver les assiettes. Je prends un torchon accroché sur un clou, près du meuble bas et me met près de lui, en attendant qu’il la pose. J’essuie comme ça pendant une ou deux minutes puis je lui avoue :

- Ça fait une éternité que je n’ai pas fait la vaisselle…ça fait une éternité que je n’ai pas fait grand-chose en fait…

Je le vois faire un petit sourire en coin puis il me répond, tout en continuant :

- Hum…ce n’est pas une fin en soit…
- Peut-être bien, mais là tu vois, je me sens utile.
- Ouais enfin…si un jour tu as trop de sous et que tu ne sais plus quoi en faire, pense à moi : je ne suis pas contre le lave-vaisselle ! Rigole-t-il.
- Idiot !

Je lui donne un petit coup de poing dans l’épaule et il éclate de rire. Pourtant, cet échange bien que anodin, nous amène tout droit les Cullen entre nous. Jacob garde le silence et je cherche vite un autre sujet dans ma tête. Et le seul qui me vient en tête n’est peut-être pas le meilleur mais ça fait depuis que je l’ai revu que j’ai envie de lui dire. Je le détaille plus attentivement, la douceur de ses traits, la couleur particulière de sa peau, sa taille, sa vigueur. J’hésite une seconde puis lui dis :

- Tu es devenu vraiment…enfin je veux dire…
- Oui ? Demande-t-il sur un ton léger.
- Tu es devenu très beau.

Il se mord les lèvres tout en continuant à travailler et je ne le quitte pas des yeux, épiant ses réactions. Je le sens hésiter puis il me répond sur un ton très sûr:

- Je te remercie !
- C’est vrai, tu as ton genre, tu es très beau, ajoute-je un peu trop précipitamment.
- Ça fait deux fois Bella. Merci ! Rigole-t-il.

Je baisse la tête sur le verre que j’essuie. Il n’a pas l’air gêné et je dois être encore rouge. Pourtant, je ne regrette pas ce que je viens de lui dire. Je veux qu’il le sache ! Car je ne suis pas sûre que quelqu’un lui ait déjà dit. Ce qui me fait penser à sa mère.

- Ta mère…elle a beaucoup souffert ?
- Oui, répond-il d’une voix un peu essoufflée.
- Tu veux en parler ?

Il hausse les épaules tout en prenant un plat encore posé sur la table et revient près de moi pour plonger à nouveau ses mains dans l’eau. Il garde le silence et je regrette mes paroles mais il tourne la tête vers moi et me sourit avec beaucoup de douceur.

- Cancer…leucémie en fait.
- Ah …
- Je me suis senti très vide quand elle est partie, continue-t-il. L’habitude de m’occuper d’elle tu sais …
- Oui…

Il vide l’eau de l’évier, s’essuie les mains sans me quitter des yeux et je vois une petite lueur dans son regard. Il s’approche et bêtement, mon cœur s’accélère. Nous sommes seuls et je vois à son petit sourire qu’il a quelque chose en tête. Instinctivement, je me colle contre le meuble bas, crispée. Je me demande comment je vais réagir s’il me touche ? Est-ce que je serai capable de résister ? Est-ce que notre début d’amitié allait déraper ? Là…maintenant ? Mais, je le vois passer à côté de moi toujours en souriant et je me traite d’idiote aussitôt. Je me tourne et je le vois prendre des clefs puis lancer :

- Viens avec moi !

Je pose mon torchon et le suis alors qu’il est déjà dehors. Il se dirige vers une petite cabane dans sa clairière et ouvre en grand les portes en fer, toujours avec un petit sourire. Je me demande ce qu’il a en tête ! A l’intérieur, je découvre toute sorte d’outils et de machines dont je ne connais pas du tout l’utilité. Plusieurs objets volumineux que je devine être des voitures ou des motos sont recouverts de draps ou de couvertures. Justement, je vois Jacob prendre un drap et le soulever d’une camionnette rouge qui doit avoir vingt ans vu sa couleur passée et l’évidence que ce n’est pas un modèle récent. Il repli le drap tout en me fixant puis ouvre la portière côté conducteur et me dit :

- Allez monte là-dedans !

Je lui jette un regard étonné et monte m’asseoir devant le volant.

- Tu as ton permis ? Demande-t-il mi-moqueur, mi-sérieux.
- Oui ! Je l’ai passé à mes seize ans mais depuis…je n’ai pas touché une voiture.
- Ok…, rigole-t-il.

Il claque la portière et fait le tour pour monter côté passager. Il se rapproche et je commence à sérieusement paniquer, devinant à la façon dont il se mord les lèvres pour ne pas rire que je vais passer un drôle de quart d’heure.

- Bon, tu te souviens encore comment on démarre ?
- Euh oui…
- Alors vas-y.

Mon cœur bat très vite, j’essaie de me concentrer sur ce que je fais, occultant pendant une seconde la présence de Jacob. Je tourne la clef et la voiture fait un petit bond violent. Il éclate de rire et je remarque qu’il s’était déjà accroché à la portière, sachant parfaitement ce qu’il allait se passer. Je soupire et retire la vitesse. Puis recommence l’opération. Cette fois, le moteur démarre et ronronne assez bruyamment mais sans crachoter.

- Bon ! Tu vas me la sortir de là maintenant ! Me dit-il toujours les yeux brillants de malice.
- Quoi ?

Là, je panique en regardant devant moi les portes en fer qui ne sont pas bien larges.

- Non, finis-je par répondre.
- Quoi ? Allez petit écureuil ! Tu peux le faire…tu n’es pas le genre de fille à baisser les bras facilement.

Je tourne la tête vers lui et je vois qu’il a l’air un peu plus sérieux. Je réfléchis alors à nouveau, comprenant qu’il attend vraiment cet exploit de ma part et comme je me refuse de le décevoir, je passe la première vitesse et remonte doucement mon pied de l’embrayage. Mon cœur bondit de joie quand je sens la voiture bouger mais une petite résistance se fait ressentir et je me soulève un peu pour voir si rien ne bloque. J’entends Jacob rire à nouveau et je vois sa main abaisser le frein à main. Alors, la voiture avance toute seule, droit devant elle et j’appuie sur l’accélérateur en douceur, les mains crispées sur le volant de peur qu’elle n’aille buter dans quelque chose et essayant de me rappeler mes cours de conduite qui datent maintenant de trois ans. Et par miracle, j’arrive à sortir du garage sans trop de difficultés. J’éclate de rire, heureuse, vraiment heureuse et Jacob se joint à moi.

- Oh bon sang ! J’y suis arrivée !
- Bella … tu as fait trois mètres !
- Oui mais je l’ai fait ! Je ne me suis pas démontée !

Je m’arrête et je reste quelques secondes à fixer le volant. Je sens que Jacob m’observe, attentif à mes émotions puis il me dit de sa voix chaude que j’aime tant :

- Bon, tu comptes nous laisser planter là ?
- Quoi ? Dis-je en tournant brusquement la tête vers lui.
- Allez, redémarre et mets-toi sur la nationale.
- Non Jake…je…je ne vais pas y arriver !
- Mais bien sûr que si, rigole-t-il en se calant dans le siège. Allez !

Je regarde à nouveau mes mains sur le volant puis la route devant moi. Je vois qu’il n’y a pas beaucoup de circulation et finis par tourner à nouveau le contact. Le moteur vrombit à nouveau et j’avance en douceur. Je me dirige vers la route, le cœur battant à se rompre mais je respire un grand coup, sachant que Jacob est là pour m’aider si je n’y arrive pas. Et là…je me lance ! Je passe la deuxième vitesse, puis j’ose la troisième…la route est droite, il n’y a que l’asphalte et les pins autour de nous. Je sens Jacob détendu et en lui jetant un regard, je vois même qu’il semble très fier. Est-ce de moi ou de lui ? En tous cas, encore une fois, je suis en train de vivre un moment inoubliable avec lui et j’ai envie de le remercier de tout mon cœur.

Je roule comme ça pendant quelques kilomètres puis je fais demi-tour sans trop de difficulté. La camionnette se conduit bien et je me sens déjà plus à l’aise pour passer la dernière vitesse. Pendant tout ce temps, Jacob a gardé le silence, me laissant savourer ce moment intense. Quand je gare la voiture devant les portes de son garage, j’arrête le moteur en soupirant et je me sens vraiment bien. Jacob retire les clefs et descend de la camionnette. Il fait le tour et vient m’ouvrir. Je me laisse glisser et claque la portière en soupirant à nouveau, remerciant cette vieille voiture du regard pour ne pas m’avoir fait de faux bond pendant cette expérience. Je sens le regard de Jacob posé sur moi et je me tourne vers lui en lui disant :

- Merci ! Merci, vraiment …ça m’a fait du bien !

Et là, il lève le bras et je vois les clefs se balancer au bout de ses doigts devant mon visage. Je les prends sans comprendre et il met ses mains dans ses poches en se balançant un peu, les lèvres serrées.
Je regarde les clefs et dis :

- Je ne comprends pas ?
- Elle est à toi ! me lance-t-il.
- Quoi ? Non…non, Jacob, tu es fou !
- J’insiste, me dit-il très sérieusement.
- Jacob, je ne peux pas la payer…et Charlie…
- Bella, je ne te demande absolument rien ! Cette voiture était à ma mère. Quand elle était malade, elle m’a demandé de m’en débarrasser ou de la donner à quelqu’un qui en aurait vraiment besoin.
- Mais…
- Laisse-moi finir ! Me coupe-t-il en levant ses deux mains vers moi. A la réserve, on a tous notre voiture, j’en ai déjà retapé des dizaines, on les récupère à la casse, ça nous coûte quasi rien. Toi par contre, ça va te permettre d’avoir un peu ton indépendance !

Je baisse la tête, sachant parfaitement à quoi et à qui il fait allusion.

- J’aimerai vraiment que tu me fasses plaisir en l’acceptant Bella, continue-t-il d’une voix plus douce. Cache-la si tu veux, laisse-la chez Charlie mais au moins, quand tu voudras aller quelque part, à Seattle ou …à la Réserve, ajoute-t-il presque du bout des lèvres, tu auras ta voiture, et tu n’auras plus besoin de supplier pour qu’on vienne te chercher. Et puis…cette bagnole prend trop de place dans mon garage, je serai bien content de m’en débarrasser, finit-il dans un petit sourire.
- Jacob… je ne la mérite pas, je me fichais de ta mère, je ne suis même pas venue à son enterrement !

Mes larmes me montent aux yeux, je sens que ma tête me serre. C’est trop fort, tout est trop fort, je sens que je pars en vrille. Pourtant, je suis habituée aux cadeaux somptueux d’Edward mais là, je sens que ça vient du cœur, de son immense gentillesse que je ne suis pas sûre de devoir accepter. J’éclate en sanglots, Jacob me regarde mais ne bouge pas, me laissant me vider, vider mon sac.

- Je ne suis jamais venue la voir ! Je me fichais de ta mère et de ta souffrance, je ne suis jamais venue aux nouvelles ! Je ne mérite pas ton amitié et ce cadeau !

Il se rapproche tout prêt de moi, si prêt que je sens son parfum qui me provoque des fourmillements dans le bas du ventre. Il pose ses mains chaudes sur mes épaules et me répond :

- Ça ma belle, c'est moi seul qui peux en juger.

Je fixe les clefs dans mes mains et réfléchis à tout ce qu’il vient de me dire. Je sens bien que si je refuse, il le prendra mal et je sais aussi qu’il n’a pas tort : j’ai besoin d’avoir mon indépendance. Pourtant, je ne mérite vraiment pas ce cadeau, mais cette voiture me permettrait d’être libre et de venir voir Jacob quand j’en aurai envie. En fait, il m’offrait juste le moyen de nous voir plus souvent. Cette idée m’aide et je lève alors la tête vers lui pour répondre, mon regard mouillé planté dans le sien :

- Quand je travaillerai, je te la paierai.
- Ok, répond-il dans un large sourire satisfait. Avec les intérêts bien sûr !
- Avec les intérêts…
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Vanille41
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 29 Avr - 12:40

* J’ai la tête complètement à l’envers et je le sais, je suis foutu. Ah j’aime les réflexions que se fait Jacob à lui-même et la scène avec Billy aussi !

* - Ah oui…le concours, soupire-t-elle à nouveau. Vous êtes vraiment soûlant avec ça ! Une journée complète en plus !Oh que Leah à l’air chiante à soupirer, elle laisse pas Jacob avoir ces petits moments à lui …

* Je vois Leah qui tourne lentement son visage vers moi mais je ne la regarde pas, pendant que Sam continue :J’ai bien aimé ce détail.

* sachant pertinemment que je venais de passer à côté Comme dirait Chris Weitz : « encore perdu une occasion là Jacob ! Elle t’invite là ! Viens boire le thé lol »

* - Billy nous a invité à manger ce midiOuf un instant je me suis dit : mince, mince … (là je suis dans la peau de Bella c’est pas possible ! Rolling Eyes ).

* écoutant avec beaucoup d’intérêt tout ce que raconte Billy et surtout, tout ce que raconte Jacob !Bella a besoin d’une désintox là ! Si elle reste dans cet état, je vois déjà la tête d’Edward …

* - Eh ma belle, t’es pas à l’hôtel ici ! Razz Je vois bien son p’ti coup d’œil.

* - Ouais enfin…si un jour tu as trop de sous et que tu ne sais plus quoi en faire, pense à moi : je ne suis pas contre le lave-vaisselle ! Rigole-t-il.
- Idiot !
Je lui donne un petit coup de poing dans l’épaule et il éclate de rire.

Ah j’adore !

* - Tu es devenu très beau. Ah là pour le coup on peut pas lui reprocher d’avoir dit ça à cause d’un mauvais coup sur la tête Laughing

* - Ça fait deux fois Bella. Merci ! Rigole-t-il. Rhoooo, là Bella elle lui donne des raisons de perdre la tête !

* Mais, je le vois passer à côté de moi toujours en souriant et je me traite d’idiote aussitôt. Ah les boules !

* - Quoi ? Allez petit écureuil ! Tu peux le faire…tu n’es pas le genre de fille à baisser les bras facilement. Petit écureuil Very Happy

* - Oh bon sang ! J’y suis arrivée !
- Bella … tu as fait trois mètres !
- Oui mais je l’ai fait !
Rigolo ce passage.

* - Elle est à toi ! me lance-t-il. Ah ça je le savais qu’il allait lui dire ! J’attendais qu’il lui tende les clés au visage.

Ah merci pour ce moment Tititof ! Tu écris l'histoire "sans magie" mais moi je vois de la magie partout en te lisant
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appaloosa
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Jeu 29 Avr - 19:44

j adore
tres malin notre jacob
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sinsé
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Ven 30 Avr - 5:18

Encore une suite que j'ai attendu avec impatience! J'aime toujours autant ta façon d'écrire! Et comme par habitude, je vais attendre, bien sagement, la suite de cette histoire qui me plaît déjà énormément. Very Happy
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 2 Mai - 12:19

Vanille41 a écrit:

Ah merci pour ce moment Tititof ! Tu écris l'histoire "sans magie" mais moi je vois de la magie partout en te lisant
Merci Vanille Very Happy j'avais failli le dire en postant cette histoire, que même s'il n'y avait pas la magie des loups-garous, il y avait la magie de Jacob

appaloosa et sinsé, merci pour vos commentaires.

Voici la suite et bon dimanche !


* * * * *


9 – Douche froide

Charlie ne m’a rien dit quand il a vu que je montais dans la vieille voiture. Il a juste lancé un regard de travers à Jacob et est monté dans la sienne, sans m’attendre. Je savais ce qu’il pensait : que Jacob exagérait, que j’étais trop gâtée, que je n’aurai jamais du accepter ! Mais aussi peut-être qu’il aurait aimé m’en offrir une lui-même ? Mais, sans qu’il ne m’en parle, je savais que même si l’idée lui avait effleurée l’esprit, qu’il n’en voyait sûrement pas l’utilité puisque j’avais toujours Edward pour me conduire où je voulais…mais maintenant, ça allait changer. Oh…je ne pourrais pas aller partout avec : déjà pas chez les Cullen ! Ni aux soirées avec Edward…mais dès que j’en aurai besoin pour aller en dehors de Forks ou venir voir Jacob, je la prendrais !

Alors, après une ultime vérification sur ce que je savais et où tout se trouvait en cas de problème, j’avais quitté la Réserve et pris le chemin de la maison, excitée comme jamais de me sentir aussi libre.
Maintenant que je suis seule dans cette voiture, je me rends compte que je n’ai pas vraiment oublié mes cours et que je suis un peu plus à l’aise que pendant l’après-midi avec les pédales et les vitesses. Je me mets même à fredonner toute seule dans l’habitacle tout en me disant que Jacob est vraiment quelqu’un d’exceptionnel et que j’ai beaucoup de chance de l’avoir dans ma vie, même si ça ne fait que deux semaines ! Oui…ça ne fait que deux semaines et j’ai l’impression que nous sommes liés depuis plus longtemps que ça. Pas que je le connaisse mieux non, sur ce point, je pense que j’ai encore énormément à apprendre sur lui car c’est quelqu’un de tellement « riche » qu’on en fait pas le « tour » en quelques jours. Mais malgré tout, je sens un lien assez fort qui nous unis, quelque chose d’indéchiffrable mais de solide. C’est très étrange comme sentiment. Je ne me souvenais pas avoir ressenti ça la première fois où je l’avais vu. C’est vrai qu’il était très jeune et qu’il avait déjà une forte personnalité mais ce sentiment de l’avoir dans ma vie depuis toujours n’était pas aussi puissant. Pourtant, il m’avait déjà « marqué » quand même mais là, maintenant qu’il est plus mûr, notre relation est beaucoup plus intéressante. Tout en entrant dans Forks, je continue à penser que je ferais tout pour garder son amitié et en savoir encore plus sur lui.

Mais en tournant dans la rue de mon père, mon cœur sort presque de ma poitrine quand je vois une Volvo garée devant la maison. Sans même encore savoir pourquoi je fais ça, je m’arrête là, près d’un trottoir et reste pendant quelques secondes à fixer cette voiture noire qui sort d’un autre monde. Puis, je me secoue un peu et laisse ma voiture pour continuer le chemin à pieds jusqu’à chez moi. En tournant la poignée de la porte d’entrée, j’enfouie les clefs dans ma poche de jeans tout en entendant encore la voix de Jake me dire « cache-là si tu veux ».

A le voir enfin là, dans la cuisine en train de m’attendre, ma joie m’envahit et en quelques secondes, j’oublie ces deux semaines d’absence, cette semaine à la Réserve, ce moment intense de liberté que je viens de vivre et je lui saute pratiquement dessus, en poussant un petit cri:

- Edward !!!!

Je l’entends rire dans mes cheveux et en me dégageant, je vois Charlie lever les yeux au ciel.

- Mais tu ne devais rentrer que demain ?
- Oui, répond-il de son petit sourire que me fait tellement craquer, mais je n’en pouvais plus de rester là-bas. Je suis rentré avant ma famille.
- Je suis tellement contente de te voir !

Je le serres à nouveau contre moi et respire son parfum. Je me rends compte alors à quel point il m’a manqué malgré l’impression que j’ai eue de vivre sans lui. Edward se dégage un peu de moi et je le vois jeter un regard gêné vers mon père qui, sans broncher et coller contre l’évier, assiste à nos retrouvailles en buvant son verre d’eau d’un air absent. Son expression me met soudain mal à l’aise. Je me souviens sa tristesse lorsqu’il m’a avoué que mes absences lui pesaient. Mais voilà…ma vie n’est plus ici depuis maintenant quatre ans. Je ne peux pas tout chambouler comme ça. Je me racle la gorge, consciente que je vais devoir aller chercher mes affaires car Edward ne reste jamais plus de cinq minutes chez moi. J’entends déjà les reproches muets de mon père mais je ne peux pas dire à Edward que je ne viendrais que demain alors qu’il est venu directement ici depuis l’aéroport et qu’il semble si impatient de me revoir. Je respire un bon coup et j’annonce en bégayant légèrement :

- Je monte, attends moi ici.

Une fois dans ma chambre, ma tête me tourne un peu. Je me colle contre la porte que je viens de fermer derrière moi, mettant ainsi une distance imaginaire avec lui, pour reprendre mes esprits. Puis, comme si on venait de me pousser, je reprends mon sac « pourri » et j’y colle toutes mes affaires avec fébrilité. Je me sens un peu décalée, comme pas encore préparée… préparée à quoi en fait ? A le revoir si vite débarquer dans ma drôle de vie depuis quelques jours, pas préparée à son brusque retour … mais je sais que ça va passer une fois que j’aurai repris mes repères à la villa.
Je me vois déjà remettre mes vêtements à leur place dans l’armoire que Edward m’a laissée, reprendre une douche dans la salle de bain de marbre, regarder un film auprès d’Edward sur la télévision grand écran de sa chambre, retourner avec lui aux cours de tennis, revoir ses amis…L’image de Jacob et des moments que j’ai passés avec lui me traversent rapidement l’esprit, faisant un contraste assez violent, presque irréel avec le monde auquel je pense et que je vais retrouver dans quelques minutes.
Je me rends compte alors que je ne lui ai pas dit au revoir car je comptais revenir le voir le lendemain matin pour passer encore quelques heures en sa compagnie et profiter un peu de ma nouvelle voiture. Mais voilà…la fête est finie comme on dit, car c’est un peu l’impression que je me donne depuis ces derniers jours…je laisserais un message à mon père pour qu’il le transmette à Jacob de ma part.

Soudain, je pense à la plume d’aigle qu’il m’avait offerte et ouvre presque violemment les tiroirs de mon bureau puis de ma commode, à la recherche de son cadeau. Comme je m’en doutais, je ne la trouve pas et mes mains commencent à trembler car je sais que Edward m’attend et que je ne vais pas avoir beaucoup de temps pour continuer à chercher. Je fais rapidement mes étagères, ma table de nuit, tout en me maudissant encore pour n’avoir pas prêté plus attention à cette plume…j’ai beau réfléchir, je ne vois pas du tout où est-ce que je l’ai mise ! Je cherche encore au-dessus de mon armoire, sur une autre étagère, rien…tant pis ! Je chercherais une autre fois.

Je vérifie rapidement que je n’ai rien oublié avant de fermer la porte de ma chambre où je ne remettrais pas les pieds avant longtemps. Puis, je descends les escaliers et trouve la cuisine vide ainsi que le couloir. Je fonce alors dans le salon et y trouve seulement mon père en train d’allumer le feu de la cheminée pour la soirée qu’il passera seul.

- Il t’attend dehors, me lance-t-il sans se retourner.
- Oui…tu…tu ne vas pas chez Sue ?
- Non, pas ce soir, répond-il d’une voix tendue.

Je me sens soudain très mal, comme si je venais de trahir mon monde…je pose mon sac sur le fauteuil et me dirige lentement vers Charlie, redoutant une explosion de sa part. Il sent sûrement ma présence à ses côtés mais il m’ignore, en continuant de mettre des bûches dans l’âtre d’un air concentré.

- Papa…
- Hum ?
- Je…je te laisse le clef de ma voiture sur la table…elle est en bas de la rue.

Je vois ses épaules se soulever légèrement puis sa tête se secoue un peu. Je sens que je le déçois et qu’il n’approuve pas ma cachotterie mais je préfère prendre le temps d’expliquer à Edward ce que j’ai fait pendant ces deux semaines et ensuite, je lui dirais que j’ai une voiture et que je compte m’en servir même si je sais déjà ce qu’il va en penser.
Charlie se relève et prend la télécommande de la télévision. Je le regarde faire, dégoûtée qu’il soit aussi froid avec moi alors qu’il devait bien se douter que cette situation n’était que provisoire.

- Papa ?
- Oui Bella, soupire-t-il.
- Pourras-tu dire au revoir à Jacob de ma part ? Je…je retournerais le voir mais pas tout de suite.

Il hoche la tête. Je reprends ma respiration car je pensais vraiment qu’il allait plutôt me répondre « tu n’auras qu’à lui dire toi-même ! ». Mais Charlie sait bien que je ne pourrais pas, pas maintenant, pas en face en tous cas, car ma vie d’avant va recommencer et je vais vivre à nouveau à cent à l’heure. Je lui jette un dernier regard puis murmure :

- A bientôt papa…

Je fonce à la cuisine, les larmes aux yeux et sors les clefs de ma poche pour les déposer doucement sur la table. En les regardant, je vois encore le doux visage de Jacob, si heureux de me l’offrir et mon cœur se serre. Je me promets de ne pas laisser plus de deux semaines avant de venir lui rendre visite et quitte la maison en fermant doucement la porte.

Edward est contre sa voiture et me regarde le rejoindre en souriant. Je lui rends son sourire, espérant qu’il ne voit pas mes yeux rougis et la tempête qui m’habite car je me sens toujours autant perturbée. Les jambes un peu tremblantes, je monte dans sa voiture où le parfum du neuf envahit toujours l’intérieur. Il m’observe en biais et je me force à lui sourire :

- Tout va bien ? Demande-t-il.
- Oui ! Je suis contente de te revoir !

Il me sourit et je me dis qu’il est vraiment beau. Sa peau au grain presque laiteux, son visage anguleux mais aux traits parfaits, ses lèvres magnifiquement dessinées, ses longs cils brun clair et ses yeux marron presque miel…il passe une vitesse et regarde dans son rétroviseur s’il peut démarrer. Son assurance m’a toujours impressionnée. Mon regard se porte alors sur ses longues mains blanches et parfaitement soignées…alors un flash surgit dans mon esprit : une main brune, tendue vers moi puis un regard noir, franc et souriant qui semble me dire « fais moi confiance»… j’entends ensuite sa voix chaude me chuchoter : « Détends-toi…». Ma gorge se serre et je me fais violence pour reprendre mes esprits. Edward fait demi-tour et descend lentement la rue. J’ose juste jeter un coup d’œil à ma camionnette rouge, toujours garée contre le trottoir et bêtement, j’ai l’impression qu’elle me dit : « Tu m’abandonnes ! ». Je tourne alors la tête vers l’autre côté et Edward accélère.

10 – Je ne comprendrais peut-être jamais les femmes.

Comme je l’avais dit, à partir du moment où il était rentré, je ne l’avais plus revue…enfin, au moins, j’en avais un peu profité, j’avais eu le temps de lui faire un beau cadeau, mieux que la plume ! Et elle penserait un peu à moi à chaque fois qu’elle s’en servirait. Ça faisait maintenant un mois qu’elle était repartie avec la Chevrolet. Une semaine après, j’avais revu Charlie en ville et il m’avait annoncé, très gêné, que le fils Cullen était rentré. De toutes façons, il n’avait pas eu besoin de me le dire, je m’en étais douté vu que je n’avais plus de nouvelle. Je comprenais aussi pourquoi il n’avait pas remis les pieds chez nous depuis une semaine. Il avait honte de son comportement, mais moi, je savais déjà comment ça se finirait avant même que ça commence. Enfin voilà…j’avais repris mes petites habitudes et c’est en tombant sur un vieux porte-clef de la camionnette que j’étais en train de penser à tout ça. J’entends soudain des pas dans la cour et je sais déjà qu’il est temps que je range tout mon bazar car ma petite séance mécanique va se terminer.

- Je savais que tu serais encore là.

Je me relève en souriant et ouvre les bras dans lesquels se blottit Leah en soupirant.

- Il fait beau, viens, on va à la plage.
- Oui, oui…j’arrive.

Elle se dégage, lève la tête vers moi et je dépose un baiser léger sur ses lèvres souriantes.

- Je t’attends chez ton père.
- Ok…

Elle m’embrasse à nouveau, je la trouve plus câline depuis quelques temps et je ne sais pas trop ce qu’elle a derrière la tête car elle ne me dit rien, ne me propose rien donc pour ne pas la vexer ou la brusquer, j’attends. Il parait qu’avec les femmes, il faut toujours marcher sur des œufs et Leah a un caractère bien trempé. Elle peut passer de la douceur à la violence en une seconde, et ça, depuis qu’elle est petite. Sa mère la traitait de harpie quand elle était gamine. Je me souviens qu’elle m’avait même déjà frappé car j’avais gagné au jeu de l’oie à sa place mais moi, ce genre de comportement me fait toujours rire et c’est ce qui lui plait depuis toujours chez moi. C’est pour ça aussi que lorsque je la remets à sa place, elle se tait tout de suite car elle sait qu’elle a dépassé les bornes, étant donné qu’en temps normal, je supporte très facilement ses crises.

Dans un petit sourire, elle me lâche et quitte le garage. Je reste pendant quelques secondes à fixer mon chiffon me demandant si elle attend quelque chose de moi ou pas. Est-ce que je dois l’inciter à aller plus loin ? Est-ce qu’au contraire je dois la laisser prendre la décision ? On se connaît depuis l’enfance, on a quasi été élevé ensemble. Nos parents nous ont même lié à ma naissance (Leah étant plus vieille de un an), comme promis l’un à l’autre. Une sorte de fiançailles pas vraiment officielles mais dans notre culture, ça se fait. Mais en grandissant, nous avons changé et je me rends compte que si on ne se connaissait pas, ça serait peut-être plus facile ? Ça serait même peut-être déjà fait …

Pendant longtemps, je l’ai presque considérée comme ma sœur, d’ailleurs, la première fois que nous nous sommes embrassés je l’ai vraiment ressenti comme ça…c’était très bizarre et d’autant plus que c’était très soudain. Leah craquait sur Sam depuis la nuit des temps mais Sam est plus vieux de cinq ans et un jour, et bien il est sorti avec Emily. Les autres filles qu’il avait eu jusque là, Leah s’en fichait, se sentant supérieure à elles mais celle-là…elle avait tout de suite senti que c’était plus sérieux et ça lui avait brisé le cœur. Et puis un jour, elle avait débarqué chez moi et m’avait embrassé, me ressortant cette histoire de fiançailles, comme si ça justifiait qu’on sorte ensemble ! Mais comme je me sentais assez seul et que j’avais envie de m’amuser un peu, et bien j’avais dit oui.

Et depuis, comme je me sentais bien avec elle et qu’on rigolait souvent ensemble, j’avais laissé couler les choses. Mais quand j’ai revu Bella, j’ai tout de suite compris que ce que je ressens pour Leah n’a strictement rien à voir avec ce qu’on est censé ressentir lorsqu’on est en couple. Bella…elle me fait frissonner, elle me donne le palpitant, quand elle est près de moi, j’ai les mains moites, je la trouve si… et voilà…rien que d’y penser encore maintenant, je me sens complètement retourné.

Leah a du le ressentir, en tous cas, c’est depuis que Bella est revenue dans ma vie que Leah a changé d’attitude. Depuis ce fameux soir où elle a compris que j’avais passé la journée avec elle. C’est comme si elle suivait un plan d’attaque pour défendre son territoire. C’était assez amusant et ça faisait donc un mois qu’elle tenait bon dans sa stratégie. Sauf que je ne sais toujours pas comment elle voit les choses, ni même comment MOI, je vois les choses ?

Ça fait plusieurs soirs que j’y pense et je ne veux pas avoir l’air d’un idiot en posant la question à Sam ou à Paul qui sont beaucoup plus vieux que moi. En fait, ma question n’est pas comment faire, ça je pense que ça ira …mais comment savoir si c’est le bon moment !!! Ça me stresse car je n’ai pas envie de me faire envoyer balader et je sais en plus qu’avec Leah, ça serait très sec voir même violent si elle n’est pas d’humeur. Pourtant, là, je sens que notre relation a changé. Il y a comme une tension…Leah est vraiment plus collée à moi, elle m’embrasse plus souvent et me fixe souvent avec insistance, surtout en soirée mais quand je la ramène chez elle, je la sens hésiter ou réfléchir mais elle finit toujours par descendre de la voiture sans me proposer de rentrer chez elle, donc je ne sais pas… peut-être qu’aujourd’hui, je devrais essayer ? Non ! En fait, aujourd’hui, je vais prendre mon courage à deux mains et parler à Sam. Mais quand ? Il traîne toujours avec Emily… je devrais peut-être parler à Emily ? C’est une femme après tout …bon, pas du même genre que Leah car elle, c’est plus un garçon manqué qu’autre chose quand on y pense, rien à voir avec Emily ou même Kim, la copine de Jared. Leah, en fait, c’est Paul au féminin. Je devrais peut-être alors parler à Paul ? Je ris tout seul dans mon garage, me disant que finalement, on verra bien comment les choses se présentent et si j’ai une occasion avec l’un ou l’autre, je la saisirai.

Je rejoins donc Leah chez moi et nous partons, main dans la main, vers la plage où doivent déjà être les autres. A notre arrivée, Paul me fait un petit signe et je laisse Leah avec Kim et Jared pour aller le voir.

- Salut mon vieux !
- Salut Jake ! Je voulais te voir justement ! Il y a une représentation de capoeira dans six mois et je voulais savoir si ça t’intéresse ?
- Evidemment ! Dis-je, soudain très excité.

Paul avait remarqué depuis longtemps que j’avais le sens du rythme en dansant et que j’étais assez souple et, pour me sortir un peu de l’enfer quotidien que je vivais pendant la maladie de ma mère, il avait commencé à m’apprendre cet art martial qu’il pratiquait depuis des années. Avant ça, j’avais déjà appris pas mal de techniques de combat et d’autodéfense avec Sam lors de ma rentrée au collège. Mais la capoeira, c’est vraiment autre chose ! Mon esprit s’évade toujours complètement quand je m’entraîne avec Paul, je ressors toujours vidé de nos séances et en plus, on rigole beaucoup. Quil et Jared ont aussi commencé depuis peu et on peut faire des rodas, ce qui est beaucoup plus drôle que d’être seulement Paul et moi ! On forme une sorte de cercle et chacun pratique la capoeira au centre, seul ou en « combat » de deux. Il y a juste une chose qu’on a changé entre nous par rapport à l’art initial qui se joue sur de la musique brésilienne, c’est qu’on danse sur notre propre musique Quileute, qu’on rend tout aussi rythmée que celle sur laquelle on devrait jouer. Je me sens soudain super content de pouvoir assister à une vraie représentation avec des mecs sûrement super doués qui vont nous apprendre des tas de positions ou d’acrobaties.

- Mais c’est à Rio, ajoute Paul dans un sourire crispé.
- A Rio ? M’écries-je, tu n’avais pas plus loin ?

Alors, l’idée me parait soudain beaucoup moins faisable.
A cet instant, je sens une présence derrière moi et Paul me lance :

- Ouais bon, on en reparlera plus tard !
- Ok…

Il s’éloigne et je le regarde rejoindre Sam, Emily et ma sœur Rachel, avec laquelle, je suis sûr, il a envie de sortir. Leah me prend par la taille et en riant, me dirige vers l’océan.

Nous passons un après-midi à l’eau ou à jouer sur la plage. Cet endroit de la Push est assez désert car tous les habitants de Forks savent que nous y venons souvent et ils pensent que nous en sommes un peu les propriétaires, ce qui va finir par nous le faire croire à force qu’on s’y retrouve toujours tous et seuls. En fin de journée, Sam et Emily nous proposent d’aller chercher ce qu’il faut pour manger sur place et Paul commence à allumer un feu pour déjà donner l’ambiance de la soirée. Sam et Emily reviennent avec Quil et Embry, chargés de nourriture et de boisson. J’ouvre en grand les yeux lorsque je vois le coffre de leur voiture rempli et Emily rit en me disant :

- On va fêter dignement les vacances et les dix huit ans de Leah !
- Oui, je vois ça !

C’est vrai que nous n’avions pas encore fait LA fête que nous faisons toujours entre nous, c'est-à-dire sans les anciens, lorsque l’un des Quileute atteint sa majorité. Nous buvons tous rarement voir jamais d’alcool en général mais, dans ces fêtes là, c’est toujours l’exception. Bon, on ne boit jamais des trucs forts sinon les soirées se termineraient une heure après avoir commencées mais le père de Paul fabrique une spécialité à base de plantes du coin qui nous rend euphoriques en un rien de temps. D’ailleurs, Paul me fait un clin d’œil en sortant trois bouteilles du coffre de Sam et j’éclate de rire devant son air gourmand.

Et la soirée se déroule tranquillement, tous autour du feu, nous mangeons et buvons dans une ambiance comme je les aime : détendues et chaleureuses. Je vois Paul draguer ouvertement ma sœur à plusieurs reprises mais elle est tellement froide que si j’étais à sa place, je l’aurais déjà soit secouée, soit envoyée balader. Mais il semble s’accrocher. Pourtant, je vois bien qu’elle n’est pas indifférente mais Paul a plutôt mauvaise réputation au niveau caractère et je pense qu’elle n’a pas envie de se retrouver avec un type aussi explosif qu’une cocotte minute. Leah, comme Kim avec Jared ou Emily avec Sam, est entre mes jambes, collée contre mon torse. Pendant toute la soirée, je la sens ailleurs, si bien qu’à un moment j’ai pensé qu’elle était soûle mais ses yeux sont clairs et je finis par comprendre qu’elle est encore en train de jouer son plan d’attaque de la fille pleine de mystère et possessive.

Au bout d’un moment, je me sens engourdi et me lève pour aller marcher un peu au bord de l’eau pieds nus. J’adore faire ça, surtout quand il fait nuit comme ça et que tout est silencieux. J’écoute les vagues, le vent et chaque vague qui passe entre mes orteils me fait un bien fou. Je m’arrête pour regarder le reflet de la lune sur l’océan et soudain, je me demande ce que peut bien faire Bella ? Je l’imagine, dans une tenue très classe, bien coiffée, bien maquillée, manger dans un restaurant très chic, se faire servir par des serveurs en costume noir et blanc, rire en trinquant un verre de champagne avec lui et peut-être se dire en même temps que je lui manque, qu’elle viendrait bien me voir…un jour…histoire de voir ce que je deviens. Mon cœur se serre, ça fait mal…un peu, comme si j’avais du mal à respirer. Je soupire et gratte le sable avec mes pieds quand des bras m’entourent la taille. Je pose mes mains sur les siennes et nous restons comme ça un moment. Puis, elle me retourne, me prend contre elle et m’embrasse à nouveau. Je plante mon regard dans le sien, cherchant dans ses grands yeux noirs ce qu’elle attend de moi et elle me sourit doucement. Ça me tue ! Je n’ai pas l’habitude de la voir comme ça. Leah et moi, d’habitude c’est tranquille, enfin avec moi, elle est tranquille. Elle dit toujours que je calme ses instincts de « tueuse ». Mais là, je sens une grosse tension, un truc que j’ai l’impression que je devrais savoir, dire ou faire que je ne capte pas. Je soupire et elle me demande d’une voix toute douce :

- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien …

Je me rends compte que j’ai répondu assez sèchement et j’aurai aimé parler avec Sam ou Paul avant, mais là, j’ai qu’une envie, c’est crever l’abcès. L’effet de l’alcool de Paul sûrement. Je la dévisage, elle n’est pas naturelle et ça me tape sur les nerfs donc je lâche sans réfléchir :

- Qu’est-ce que tu veux Leah ?
- Quoi ? Mais rien …
- Si ! Dis-moi parce que là, je vais péter un câble !
- Jake…, murmure-t-elle.

Elle me serre plus contre elle, nos visages se touchent presque, elle dépose alors un baiser sur mon nez puis sur ma joue et descend dans le cou en riant. Je finis par me détendre et je l’entends murmurer :

- Tu dois encore te lever tôt demain ?
- Oui…tu le sais bien…
- Il n’y a personne chez moi ce soir…Sue est chez Charlie. Seth est avec des potes et ne rentrera pas …

Ça y est…nous y sommes. Mon cœur s’accélère, je me sens un peu comme coincé contre un mur mais en même temps, je me dis qu’il faudrait quand même bien que j’y passe, même si j’aurai préféré que ça soit avec Bella. Bêtement, je me dis que au moins, si un jour j’ai la chance que ça arrive (vraiment dans mes rêves), je saurai comment faire. Leah me fixe, elle attend une réponse. Je me racle la gorge, ça y est, je commence à faire l’imbécile.

- Ok…on y va maintenant si tu veux ?

Autant arrêter de stresser tout de suite car je serai encore capable de me défiler.

- J’aime quand tu es aussi sur de toi comme ça Jake…

Tu parles ! Je me sens super mal mais en même temps, j’ai envie de voir ce que ça fait et avec Leah…ça sera peut être plus facile finalement puisqu’on se connaît par cœur.

- Ok, on y va !

Elle me prend la main et je la suis. J’ai l’impression que je n’ai plus de jambes pourtant, j’ai l’air sûr de moi. Leah prend son sac en passant. Paul me jette un coup d’œil avec un sourire en coin l’air du mec « qui sait ». J’ai envie de lui dire « eh c’est elle qui veut ! » mais j’aurai vraiment l’air d’un crétin là. Les gars nous souhaitent tous bonne nuit et je déteste soudain l’idée qu’ils savent tous ce que nous allons faire. J’accélère le pas et Leah me rejoins presque en courant sur le chemin qui mène chez moi.
Je lui ouvre la portière et elle monte en riant dans la voiture. Je dois lui donner l’impression que je suis pressé, ce qui n’est pas plus mal.

Je conduis, la tête un peu dans le brouillard, j’essaie de ne surtout pas penser. Mais quand je me gare devant chez elle et que j’éteints le moteur, l’angoisse me prend comme jamais. Mais pourquoi est-ce que je me sens aussi mal ? ! Bon sang ! ça va aller …c’est juste que j’ai l’impression de le faire pour le faire mais bon … un mec, ce n’est pas censé réfléchir à tout ça, sauf que moi, j’avais toujours imaginé ça autrement…en tous cas, pas avec Leah ! Et pas aussi planifié !

Elle me guide jusqu’à sa chambre, je commence à rire doucement, c’est nerveux. C’est le silence total dans la maison…pas de doute, nous sommes bien seuls et rien ne pourra me sauver. Elle me tire vers son lit et soudain, l’ambiance intime commence à me gagner. Elle se colle contre moi, m’attire par la nuque et m’embrasse à nouveau, presque furieusement. Je me dégage un peu en riant :

- Eh calme…on n’est pas aux pièces !

Elle ne m’écoute pas, m’attire plus fort vers le lit. Ok…alors on y va ! Je retire mon tee-shirt et elle ne me laisse pas le temps de retirer le sien. Je me retrouve face à son soutien-gorge en dentelle noire et je me dis que c’est plutôt sympa. Elle m’encercle la taille de ses bras et m’attire sur elle pendant qu’elle tombe sur son lit. Je l’embrasse toujours, me disant qu’on ne s’est jamais embrassé comme ça. J’ai même l’impression que c’est sur joué mais ça doit venir de moi car elle semble « à fond dans son trip ». Je me rends soudain compte alors que depuis tout à l’heure, elle me caresse le dos et que moi, je ne la touche pas. Je me redresse un peu et passe mes mains dans ses cheveux. Elle me prend alors brutalement une de mes mains et la place sur sa poitrine. Nom d’un chien ! Elle ne va quand même pas mener la danse ! J’essaie de me secouer mentalement quand soudain, l’angoisse s’intensifie ! Je ne sais pas si elle a ce qu’il faut ! En tous cas, moi j’ai rien ! Je ralentis un peu mon étreinte, me demandant comment je vais aborder l’affaire quand soudain, elle se dégage en pestant :

- Oh bordel Jake ! Stop !
- Quoi ???
- J’ai…non, je n’y arriverais jamais !

Elle soupire bruyamment en se passant la main dans les cheveux. Je vois une lueur d’espoir au loin…toute petite. Je décide de jouer le mec pas pressé et compréhensif :

- Ah…c’est pas grave…ça va, c’est cool tu sais…
- Non mais ce n’est pas toi ! S’écrie-t-elle. J’ai…j’ai vraiment l’impression de coucher avec mon frère !

A ces mots, elle plante ses yeux noirs dans les miens et je déglutis.

- Tu n’as pas l’impression toi ? Continue-t-elle.

La question piège typiquement féminine. On m’a toujours dit dans ce genre de questions de la part d’une femme, il faut faire gaffe ! Si tu es d’accord, elle te tue, si tu n’es pas d’accord, elle te tue quand même…

- Euh …
- Tu me trouves jolie ? Demande-t-elle sans détour.

Je me relève sur un coude, je vois qu’elle est très sérieuse.

- Oui très ! Je te trouve même très belle…quand tu souris, ajoutes-je en la taquinant.
- Et sexy aussi ? Insiste-t-elle.

Est-ce que je la trouve sexy ? Je réfléchis à ses manières, à ce qu’elle dégage…

- Euh…oui, tu es …sexy. Tu as ton style.
- Hum…tu ressens quoi pour moi ?

Là, je ne réfléchis même pas.

- Je t’adore.
- Mais ? Demande-t-elle d’une voix rauque.
- Il n’y a pas de mais !
- Mais est-ce que lorsque tu me touches tu ressens quelque chose ? Jacob !

Elle a haussé le ton, je la sens désespérée et je ne comprends pas pourquoi.

- Leah, tu me fais quoi là ?

Elle se met assise dans le lit et moi, je me mets sur le dos tout en caressant des yeux ses longs cheveux noirs, ses bretelles et sa peau mate.

- Je l’aime toujours Jake…je suis désolée.

Alors, si je m’y attendais à celle là ! Je me relève et passe mon bras autour de ses épaules. Elle est tendue, pense sûrement que je suis fâché alors que je me sens super soulagé. Je lui caresse le bras et lui chuchote :

- Parle-moi Leah…je suis là, tout va bien.

Elle commence à sangloter et je la serre plus contre moi.

- Je suis bien avec toi Jake…tu es vraiment un mec bien, on s’est toujours entendus toi et moi.
- Oui…
- Seulement je l’aimerai toujours, j’en suis sure ! Jamais je ne serai vraiment heureuse…même avec toi, pleure-t-elle.

Elle tourne la tête vers moi, ses yeux sont si tristes que mon cœur se contracte. Je l’embrasse doucement pour la réconforter, lui montrer que rien ne change.

- Non mais sérieux Jake ! S’écrit-elle, soudain moins triste. Tu n’as pas l’impression d’embrasser ta sœur ?
- Et bien…je me dis que ça va passer.

Elle secoue la tête, dépitée et se met à pleurer de plus belle. Puis, se lève et se met à jurer tout ce qu’elle peut avant de me planter là. Je lève les yeux au ciel, me disant que je n’aurai jamais dû répondre à sa question !
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appaloosa
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 2 Mai - 17:11

magnifique suit
c'est dure comme realite de savoir que la presonne avec qui tu sort c'est comme ta soeur
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bella55
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 2 Mai - 17:13

vivement la suite
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Vanille41
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Dim 2 Mai - 20:09

* mettant ainsi une distance imaginaire avec lui, pour reprendre mes esprits […] Je me sens un peu décalée, comme pas encore préparée…Bella a quand même un gros clache ! Dur de reprendre son ancienne vie … Tu m’étonnes, Jacob a dût lui faire l’effet d’un grand bol d’air !

* Mais voilà…la fête est finie comme on dit Ah ouai quand même ! Razz

* alors un flash surgit dans mon esprit : une main brune, tendue vers moi puis un regard noirPauvre Bella ! Envoutée par Jacob ! (et on la comprend).

* Ça faisait maintenant un mois qu’elle était repartie
Quoi ???? Shocked Non mais là Bella elle est pas cool ! Grrrrrrrrr je maudis Edward !

* et voilà…rien que d’y penser encore maintenant, je me sens complètement retourné. Jacob est touchant il sait que c’est Bella qui lui plaît le plus

* Leah, en fait, c’est Paul au féminin. Yes ! Razz (J'en dirais pas plus).

* c’est qu’on danse sur notre propre musique Quileute, qu’on rend tout aussi rythmée que celle sur laquelle on devrait jouer
J’aimerais bien voir ça ! Smile

* Paul me jette un coup d’œil avec un sourire en coin l’air du mec « qui sait ». J’ai envie de lui dire « eh c’est elle qui veut ! » mais j’aurai vraiment l’air d’un crétin là. Fallait que ce soit Paul qui fasse ça lol


* J’ai…j’ai vraiment l’impression de coucher avec mon frère !Ah oui je m’attendais pas à ça. Là ça change tout !

* Si tu es d’accord, elle te tue, si tu n’es pas d’accord, elle te tue quand même…J’adore celle-là !
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angechance
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Lun 3 Mai - 20:08

j'adore c'est triste pour jacob
j'avais aussi lu ton autre fiction j&b mon imprégnation désolé je n'avais pas laissé de message mais je voulais te dire que ce que tu écris est super
vivvvvvvvement le prochain chapitre
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surie
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mar 4 Mai - 19:42

Coucou! J'AIME J'AIME J'AIME A quand la suite?!!!! Plus j'avance plus je la trouve extraordinaire!!! Tu sait quand lisait je me suis souvenu d'une chanson de zouk de princess lover le titre c'est "tu es mon soleil" je trouve quelle est vraiment faite pour ce couple qu'on aime jacob et bella! Fin de barvardage hi hi! J'ai vraiment hate de lire la suite et surtout le point de vue de Bella!!!
bravo bravo bravo
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Tititof
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 5 Mai - 12:58

appaloosa a écrit:

c'est dure comme realite de savoir que la presonne avec qui tu sort c'est comme ta sœur
lol oui rien de bien agréable je pense silent


Vanille41 a écrit:

Envoutée par Jacob ! (et on la comprend).
Nous le sommes toutes

Vanille41 a écrit:

* Ça faisait maintenant un mois qu’elle était repartie
Quoi ???? Non mais là Bella elle est pas cool ! Grrrrrrrrr je maudis Edward !
LOL eh oui, complètement engluée dans sa vie avec lui ...


Vanille41 a écrit:

Leah, en fait, c’est Paul au féminin. Yes ! (J'en dirais pas plus).
Oui ces deux-là auraient pû faire des étincelles et un sacré carnage lol

Vanille41 a écrit:

* c’est qu’on danse sur notre propre musique Quileute, qu’on rend tout aussi rythmée que celle sur laquelle on devrait jouer
J’aimerais bien voir ça !
Ça va être dur lol C’est dans ma tête Wink va falloir imaginer mais je pense que tu n’as pas de problème pour ça Wink

Vanille41 a écrit:

* Paul me jette un coup d’œil avec un sourire en coin l’air du mec « qui sait ». J’ai envie de lui dire « eh c’est elle qui veut ! » mais j’aurai vraiment l’air d’un crétin là. Fallait que ce soit Paul qui fasse ça lol
Bah ouais Very Happy


Vanille41 a écrit:

* Si tu es d’accord, elle te tue, si tu n’es pas d’accord, elle te tue quand même…J’adore celle-là !

Tellement vraie ! lol


angechance a écrit:

j'adore c'est triste pour jacob
j'avais aussi lu ton autre fiction j&b mon imprégnation désolé je n'avais pas laissé de message mais je voulais te dire que ce que tu écris est super
vivvvvvvvement le prochain chapitre
Super Very Happy tu as lu Evolution aussi j’espère ? Car c’est la suite de J&B Son imprégnation
Merci pour ton message Smile


surie a écrit:

Coucou! J'AIME J'AIME J'AIME A quand la suite?!!!! Plus j'avance plus je la trouve extraordinaire!!! Tu sait quand lisait je me suis souvenu d'une chanson de zouk de princess lover le titre c'est "tu es mon soleil" je trouve quelle est vraiment faite pour ce couple qu'on aime jacob et bella! Fin de barvardage hi hi! J'ai vraiment hate de lire la suite et surtout le point de vue de Bella!!!
Ah je ne connais pas lol mais elle doit être de circonstance oui car Jacob est un soleil sunny
Pour le point de vue de Bella, tu vas être servie car la suite se compose de deux chapitres uniquement dans sa tête Wink

bella55 a écrit:

vivement la suite

La voilà Smile


* * * * * *



11 – L’habitude d’amour

La balle rebondit avec fracas contre la balustrade et Edward serre le poing, satisfait du point qu’il vient de mettre à son adversaire. Les jambes croisées, dans les gradins, je prie pour qu’il gagne ce match auquel il tient beaucoup car il clôturerait son tournoi en beauté. Je sens soudain un parfum entêtant bien connu à mes côtés et je n’ai pas besoin de tourner la tête pour savoir que Rosalie vient de s’asseoir près de moi. Je sais qu’elle jouait aussi dans la salle du bas avec Emmett, que je vois d’ailleurs de l’autre côté de la pièce en grande conversation avec Carlisle. Edward marque encore un point et je me lève en criant :

- Allez Edward !!!

En me remettant assise, Rosalie bougonne à côté de moi :

- Tiens toi un peu donc ! On n’est pas à la foire là !
- Je l’encourage, il aime ça.
- Tu lui fous la honte oui ! Réplique-t-elle, hargneuse.

Ses remarques, même si je sais qu’elles sont dictées par le mépris qu’elle ressent à mon égard, me font toujours un peu mal ou me mettent mal à l’aise. Pourtant, Edward me le répète tout le temps : « Ignore-la ! ». Je vois Emmett abandonner Carlisle qui regarde à nouveau le match d’un air très concentré et se diriger vers nous. Une fois qu’il s’installe près de Rosalie, il me fait un petit clin d’œil en disant :

- Salut Bella !
- Salut Emmett…

Il voit à ma tête que Rosalie m’a encore cassé et lui lance un petit regard en coin. Elle, se concentre sur son frère comme une véritable professionnelle. J’essaie alors d’en faire autant et je vois Edward me jeter un coup d’œil inquiet, comme toujours à chaque fois que Rosalie me colle de trop. Puis, il me sourit car il sent la victoire proche et son air satisfait me dit qu’il est vraiment heureux. Encore un dernier lancé et je le vois lever brusquement le poing vers le ciel, vainqueur. Je me lève à nouveau en applaudissant. Le peu de personnes qui assistaient au match en font autant et je prends vite mes affaires pour le rejoindre en bas, impatiente de quitter Rosalie que je supporte de moins en moins. Edward m’accueille dans un grand sourire et je le prends par le cou pour le serrer contre moi. Il rit et se dégage en disant :

- Bella, je suis trempé…
- Pas grave !

Il range sa raquette directement dans son étui et me dit :

- Je l’ai enfin battu ! C’était le dernier sur ma liste celui-là !

Je jette un œil au garçon qui range aussi ses affaires, il ne semble pas trop affecté, sachant sûrement que Edward allait le battre depuis le départ. Carlisle nous rejoint, un air très satisfait sur le visage.

- Bravo fiston ! Encore une année glorieuse !
- Ça oui ! répond Edward dans un soupir heureux.

J’attends à côté d’eux qu’il finisse de tout ranger puis je les suis vers les vestiaires. Une fois que Edward passe la porte, je me dirige vers le hall de l’entrée pour l’attendre. Pour mon plus grand désespoir, Rosalie me rejoint et s’assoit encore à côté de moi, sur le banc près de l’accueil. Je tourne la tête vers l’extérieur pour regarder les voitures sur le parking d’un air très concentré.

- ça ne t’embête pas de toujours regarder et de ne pas jouer ? Me demande Rosalie, brisant ainsi le silence pesant de la pièce.
- Je ne peux pas jouer…
- Ah oui ! Ton genou…, ricane-t-elle. Il nous en a coûté celui là !

Je comprends alors que sa question de départ était pour me balancer sa remarque grinçante, encore une de celles qu’elle aimait faire, surtout lorsque nous étions seules, pour me rappeler que je profitais encore et toujours d’eux. La colère me monte et je finis quand même par lui répondre, oubliant le conseil d’Edward.

- Je ne vous ai rien demandé et c’est l’assurance de mon père qui a payé !
- Oui…mais tu es bien contente d’être suivie par le meilleur médecin de Seattle ! Crache-t-elle.

Curieusement, sa réflexion m’éloigne soudain complètement d’elle, me faisant même oublier ma colère. Mon médecin de Seattle…la dernière fois que je l’avais vu, j’étais avec Jacob. Au souvenir de mon ami, ma gorge se serre mais en même temps, penser à lui me permet de m’échapper un peu de mon univers tout étincelant et parfois pesant, surtout dans les moments comme celui-ci où Rosalie me « cherche » ou lorsque je me sens un peu décalée dans la famille Cullen, comme pendant les dernières réceptions que nous avions eues les week-ends précédents. Car depuis leur retour de France, les Cullen organisaient soirée sur soirée, et Edward et moi avions juste pu nous retrouver seuls un samedi soir mais même à ce moment là, il était tellement épuisé par les examens (que lui avait en cette fin d’année) que nous n’en avions même pas profité.
Je réalise alors que j’ai laissé filer les deux semaines que je m’étais fixée pour revoir Jacob et que je n’ai même pas pris le temps de lui écrire ou de l’appeler. Je constate aussi que lui non plus ne prend pas de mes nouvelles et me dis que finalement, il m’a peut-être déjà oubliée. Emmett arrive avec Edward derrière et interrompt aussitôt mes pensées. Je me lève pour prendre la main qu’il me tend, son sac sur l’épaule et un petit sourire en coin.
Puis, il m’enlace et je pose mon bras autour de sa taille. Je tourne ma tête vers lui pour demander :

- Alors, tu as fini pour cette année ?
- Oui ! La reprise est dans deux mois, répond-il. Ce soir, on va au resto tous les deux pour fêter ça dignement !
- Ok !

Nous rions en nous dirigeant vers la voiture, je me rends compte alors que nos moments d’intimité lui manquent aussi et je me sens heureuse.
Edward se place au volant mais juste avant de démarrer, j’entends un petit bip qui annonce l’arrivée d’un message. Il se soulève un peu pour prendre son portable dans sa poche, l’ouvre et lit le texto. Je ne prête pas trop attention à ça sauf lorsque je le vois soudain froncé les sourcils, ennuyé.

- Tout va bien ?

Il semble ailleurs et fixe la route, les mâchoires serrées. Je m’inquiète et répète :

- Edward ? Tout va bien ?

Il tourne alors brusquement la tête vers moi dans un grand sourire en disant :

- Oui ! Un petit souci avec mon rapport mais ce n’est rien ! Je rappellerais Victor demain…

Victor est le type pour qui Edward bosse en alternance avec ses cours de finance. Il dirige une entreprise à l’extérieur de Forks et est un ami intime des Cullen. Edward passe la vitesse et affiche à nouveau un visage serein. Je réfléchis alors à ce que je porte ce soir pour notre sortie en amoureux.

Le voiturier du restaurant m’ouvre la portière et en sortant de la Volvo climatisée, je me rends compte que l’air est doux et chaud pour cette soirée. J’abaisse alors mon voile des épaules jusque sur mes avant-bras et Edward me tend le bras pour que je m’accroche à lui avant de rentrer dans la salle. Le maître d’hôtel nous accueille dans un grand sourire commercial :

- Monsieur Cullen, mademoiselle…suivez-moi !

Edward hoche la tête et nous le suivons à travers les tables aux grandes nappes brodées et faiblement éclairées par de longues bougies nacrées. Le maître d’hôtel nous montre notre table et un serveur nous dégage les chaises pour qu’on puisse s’asseoir. Je le remercie de la tête et m’installe confortablement sans quitter Edward des yeux qui affiche un petit sourire satisfait. Nous venons souvent dans ce restaurant mais là, ça faisait bien deux mois que nous n’avions pas trouver le temps d’y revenir et je sens que, comme moi, il apprécie la douceur du moment. Je n’ai jamais pu détailler une carte de ce lieu, Edward s’est arrangé depuis des lustres avec le serveur pour commander les meilleurs plats du moment. Je ne sais donc pas du tout combien ces soirées lui coûtent et je me souviens d’une discussion que nous avions eue au début de notre relation car je ne voulais pas me faire « entretenir ». Mais j’avais fini par céder…Edward ne me laissait pas le temps de voir les prix, pas le temps de commander et pas le temps de payer. Cependant, vu la classe de l’établissement, je sais que les repas doivent coûter une fortune. Edward me dévisage, le regard brillant et j’en oublie mes sombres pensées. Je me penche vers lui, heureuse de pouvoir enfin profiter de lui.

- Alors mon amour…tu ne m’as toujours pas raconté ton séjour en France ?
- Oui, je sais, soupire-t-il. Tout va vite depuis …et ce fut très ennuyeux je dois dire…rien de bien passionnant à te raconter.
- Mais …tu as donc hérité de ta grand-mère ? Mis à part l’argent, tu as hérité d’autre chose ?

Il me lance un bref regard puis fixe la bougie devant lui.

- Oui, finit-il par dire, j’ai hérité de deux, trois choses…sans grande importance.
- Ah …
- Mais tout ça fut très assommant, crois-moi ! Ajoute-il en se redressant, tout en lançant un regard circulaire à la salle pour chercher le serveur qui capte aussitôt son geste.

Le garçon s’approche et demande :

- Oui, monsieur Cullen ?
- Apportez-nous deux verres de vin blanc s’il vous plait.
- Tout de suite monsieur !

Je regarde le serveur s’éloigner à grandes enjambées, me disant que je n’avais pas trop envie de ce verre. Edward me prend la main et me la serre avec douceur.

- Alors, dis-moi…toi non plus tu ne m’as pas raconté ce que tu avais fait pendant mon absence.

Ses yeux me caressent et je sens mon cœur s’accélérer pour deux raisons. La première est que je le trouve vraiment beau ce soir, il est détendu et souriant, j’ai l’impression de revoir l’Edward de nos débuts et qui me manque…la deuxième est que le visage de Jacob vient de s’imposer à moi et que je ressens un sentiment indéfinissable en pensant à lui. En fait, je ne sais pas trop comment expliquer à Edward que j’ai passé des moments merveilleux avec Jacob…j’ai peur qu’en lui disant, ces moments disparaissent ou que je n’en vive plus jamais. Or, je compte bien le revoir ! Mon esprit galope très vite et je finis par dire :

- Oh…tu sais…enfin, tu connais Charlie…il m’a traîné un peu partout, chez ses copains, à la Réserve Quileute…
- Ah oui ? Rigole Edward. Et ça a été ?

Je comprends par là qu’il sous-entend « pas trop de boue après les chaussures ? », « pas de cuisse d’ours à manger ? », « pas finie attachée après un poteau avec une horde qui danse autour de moi »…je souris et hoche la tête en répondant :

- Oui, oui…très bien. Des gens sympathiques…et justement…

Je vois Edward me couper d’un doigt et ouvrir son téléphone portable, l’air soudain très ennuyé.

- Oui ?...non…oui, tout va bien.

Je l’observe, inquiète, et il me jette un regard à la dérobée puis s’excuse dans un sourire tout en continuant :

- Très bien ! Je passe demain. Oui, ce projet sera très coûteux mais si c’est pour que je sois le premier, je suis prêt à payer ! …Parfait ! Bonne soirée Victor !

Je lui souris car il semble soudain à nouveau détendu et content de la nouvelle qu’il vient de recevoir.

- Tout va bien ? Demande-je.
- Oui ! Je ne vais pas t’expliquer car tu ne comprendrais rien mais Victor vient de me trouver une solution à un problème concernant mon projet de fin d’étude et ça va me permettre de me distinguer considérablement des autres concurrents de ma classe.
- Oh…mais tu peux m’expliquer quand même tu sais…on n’a pas souvent l’occasion de parler toi et moi.
- Non ! Laisse tomber, Bella, répond-il en fronçant les sourcils tout en en rangeant son téléphone dans sa poche de veste. Bon, tu me disais ?

Je me sens soudain comme dans ces moments où je ne suis pas à l’aise à la villa, parmi tous les Cullen…un peu prise de haut, un peu trop simple et bête pour comprendre, faisant partie de la classe moyenne … et curieusement, je pense à Paul et à sa haine suite à cette histoire d’accident de travail et d’assurance…moi aussi on me reproche souvent mon accident depuis…je me demande ce qu’il penserait de ça ? Le serveur nous apporte nos verres de vin et aussitôt, Edward prend le sien et me le tend en murmurant :

- A ta santé…
- A ta santé mon amour.

Nos verres en cristal émettent un doux tintement et je bois une gorgée de mon vin qui me fait finalement beaucoup de bien. Je réfléchis encore si je vais continuer mon histoire sur mon séjour et donc parler de Jacob mais je vois l’air absent d’Edward et me dit que je vais sûrement l’ennuyer avec tout ça. Je finis donc par dire :

- Et donc voilà, je n’ai pas trop vu le temps passer mais je pense que je devrais passer plus de temps avec mon père…j’ai l’air de lui manquer.
- Oui, tu as raison, murmure Edward, toujours absent.

Mais finalement, une fois nos plats sur la table, Edward est « revenu avec moi » et, comme d’habitude, la soirée s’est déroulée parfaitement bien, dans une ambiance détendue et lisse. Je me brosse les cheveux en me fixant dans le miroir puis je prends ma pilule et j’ajuste les bretelles de mon bustier de dentelles avant de fermer la lumière de la salle de bain et de rejoindre la chambre de Edward à travers le couloir feutré et faiblement éclairé. Pieds nus sur la moquette, je me dépêche de passer la porte de Rosalie, de peur qu’elle sorte à ce moment là et qu’elle me prenne encore la tête avant de dormir. J’atteins notre chambre rapidement et je glisse légèrement sur le plancher de la pièce tellement je me suis dépêchée. Je ris doucement en entrant, cette fois amusée par mon éternelle maladresse mais Edward ne m’a pas vue. Il est face à la grande baie vitrée en train de parler au téléphone. Ce n’est pas le fait qu’il téléphone aussi tard qui me met soudain mal à l’aise, c’est surtout parce qu’il murmure plus qu’il ne parle. Je sens soudain une grosse boule dans mon estomac qui se contracte et je reste comme pétrifiée à ma place. Edward voit mon reflet dans la vitre et claque son portable, mettant fin à sa conversation.

- Mon amour ! Tu as fait vite…
- Oui…

Ma gorge me serre, je ne sais pas pourquoi je me sens aussi mal. Après tout, Edward a énormément de contacts, il passe beaucoup de temps au téléphone pour déjà régler des affaires alors qu’il n’a que vingt et un ans. Mais, mon instinct me souffle que cette fois, il me cache quelque chose…Il vient à moi dans un sourire coquin et je lui souris faiblement, le rejoignant à petits pas incertains. Puis il me prend dans ses bras et à ma grande surprise, m’embrasse avec fougue, comme avant. Je me laisse envahir, savourant l’enivrement que je ressens et qui me manque atrocement depuis quelques temps. Mais son baiser cesse et Edward me prend dans ses bras pour m’emmener sur le lit sur lequel il me dépose face à lui. Puis, s’installe sur moi, enfuit son visage dans mon cou et l’embrasse, tout en retirant d’une main mon short en satin qu’il m’a offert en revenant de son séjour. Mes bras autour de son cou, je l’attire contre moi et il poursuit son étreinte, son visage toujours contre ma nuque. Encore une fois, je le sens ailleurs, distant et cette fois encore, presque brutal. Je fixe le plafond puis ferme les yeux, me répétant encore une fois qu’il faudrait que cette façon de nous aimer change. Je colle mon visage contre ses cheveux, essayant de lui faire comprendre par de légers coups de tête que j’aimerai qu’il me regarde, qu’il m’embrasse mais il reste dans sa position. Alors, je le serre plus fort pour lui communiquer mon amour. Je l’aime tellement mais j’ai parfois l’impression que je le perds, qu’il s’éloigne un peu plus de moi chaque jour, qu’il est en train de devenir quelqu’un d’autre. Après quelques minutes, je l’entends pousser un dernier râle et je soupire, un peu contente que ça est été aussi vite. Je ne comprends pas son changement d’attitude, me rappelant nos débuts passionnés et amoureux. Je cherche encore ce que j’ai bien pu faire ou ne pas faire pour qu’on en arrive là ? Qu’il ne se préoccupe même plus de ce que je ressens ? Edward relève la tête et me sourit tendrement. Je lui rends et dépose un baiser léger sur ses lèvres en murmurant :

- Je t’aime.
- Moi aussi mon amour.

Puis, il se dégage de moi et je reste un peu inerte pendant quelques minutes. Enfin, je tourne la tête vers lui et remarque qu’il s’est déjà endormi. Des fourmillements de tristesse envahissent tout mon ventre et je me sens tout à coup très seule. Je me tourne alors vers la fenêtre et adopte ma position foetale qui me rassure quand je me sens mal. La pluie lave les vitres et je m’imagine soudain me lever et aller dehors pour recevoir cette eau froide sur ma tête qui me serre, mon visage qui me brûle. Les larmes montent et je pleure en silence, me jurant que dès le lendemain, je lui parlerais.


12 – Écartée

Les jours passent et je n’ai toujours pas trouvé le courage de parler à Edward. Je le trouve de plus en plus contrarié, même si avec moi, il est souriant, attentionné et qu’il semble être comme d’habitude, souvent je capte des regards lointains, des sourcils froncés, des airs absents. Je me dis alors qu’il doit avoir des problèmes dont il ne peut me parler, peut-être suite à cette histoire de legs ? Ou peut-être à cause de son rapport de stage à la société de son ami ? Je n’ose pas lui poser de questions, je sais de toutes façons qu’il ne me dira pas la vérité sinon il m’aurait déjà parlé.

Parfois, j’ai vraiment l’impression qu’il me traite comme une enfant précieuse. Il me demande toujours de faire attention où je marche, il décide toujours pour moi et maintenant, il ne se confie pas à moi. Je sens de plus en plus une distance, une mise à l’écart et je me demande si ça sera pire une fois qu’il commencera à travailler pour de bon ? Comme si il mettait un véritable mur entre sa vie professionnelle (et financière, affaire de famille comprise) et sa vie sentimentale. Et dire qu’il est encore aux études…l’idée qu’il devienne un de ces requins de la finance sans scrupule me fait froid dans le dos.

Ce sont les vacances depuis une semaine et je ne suis toujours pas retournée voir mon père depuis ma dernière visite…et encore moins Jacob. Je regrette de ne pas avoir pris son numéro de téléphone et je trouve ça très lâche de contacter mon père pour l’avoir. Je pense alors à chercher son numéro sur Internet mais en fait, il doit avoir juste un portable car je ne trouve rien. Et je ne connais pas les noms de famille de ses amis. Je ferme l’ordinateur en soupirant, un peu maussade.
Le temps s’écoule très vite, entre les sorties shopping avec Alice, celles avec Edward, les sorties cinés et restos, puis les entraînements d’Edward à la salle de sport…je suis ballottée d’un point à l’autre, comme une marionnette, parfois le soir, je me dis que je n’ai absolument pas vu la journée passer ! Et je me couche, parfois dans les bras d’Edward, parfois seule car il lui arrive de rentrer tard lorsqu’il part à la société ou que son père le convoque dans son bureau pour parler de son avenir.

Une fois, je regarde un film à la télévision où une femme dit que pour prendre une pause, il faut allumer une bougie sur sa fenêtre et la regarder se consumer entièrement, que si on se dit qu’on n’aura jamais le temps de faire ça ou qu’on n’aurait pas le courage d’attendre, c’est que notre vie est une vie de dingue ! J’essaie de réfléchir à l’idée : est-ce qu’un jour j’aurai le temps d’allumer une bougie ? Alors, j’ai l’impression d’étouffer, de ne pas pouvoir reprendre mon souffle et surtout de voir les jours défiler si vite qu’à ce rythme, je serai mariée sans avoir même pris le temps de m’y préparer. Pour ça, on n’en a plus jamais rediscuté depuis nos fiançailles…on s’est fixé le moment après les études de Edward qui seront donc dans trois ans. Les miennes se termineront l’année prochaine et je pourrais travailler chez un fleuriste, dans une pépinière ou dans un parc à entretenir. J’avais le choix entre travail en laboratoire ou travail en plein air. Celui en plein air prenait moins d’années et coûtait moins cher à mes parents.

Un matin, je me réveille seule. Inquiète, je me lève et enfile un peignoir pour descendre voir si Edward est là ou déjà parti je ne sais où. Je le trouve en pleine discussion avec sa mère, Esmée, à la table de la salle à manger. A mon arrivée, ils me sourient tous les deux avec beaucoup d’affection, je dépose un baiser sur les lèvres d’Edward et salue ma belle-mère de la tête (enfin future belle-mère…). Bonnie, la femme de chambre et cuisinière, m’apporte aussitôt mon thé et mes tartines grillées. Je la remercie du regard et je remarque que, Esmée et Edward n’ont pas repris leur conversation. Gênée, je rougis et me brûle en buvant une gorgée trop chaude de mon thé. Esmée se lève de table et s’excuse en nous souhaitant une bonne journée. Je lève les yeux vers Edward qui me sourit avec douceur.

- Tu as bien dormi ?
- Oui… tu t’es levé tôt…
- Oui.

Il semble soudain un peu crispé mais me sourit toujours. Je me sens bête car je déteste quand il me traite comme ça, comme une fille qu’on ne doit pas brusquer, pas choquer, avec qui on doit prendre des gants. Je tends le dos, sachant déjà qu’il va m’annoncer quelque chose.

- Je reprends l’avion ce matin.

Ma gorge se contracte et mon cœur s’accélère. Au fond de moi, je le savais qu’il se préparait quelque chose. Depuis ce fameux message puis coup de téléphone secret…
Comme je ne réponds pas, Edward pose sa main sur la mienne et continue :

- Je ne serais pas absent longtemps, cinq jours maximum. Le temps du voyage aller et retour et de régler deux ou trois trucs chez ma grand-mère.
- Ok…

Il me caresse la main, puis la joue, j’ai l’impression qu’il me voit vraiment comme une enfant ! J’ai même presque envie de me mettre nue là, en plein dans la salle à manger et de m’asseoir sur lui dans une attitude provocante.

- Je suis désolé Bella…je sais que tu vas t’ennuyer mais Alice m’a promis de s’occuper de toi…vous sortirez beaucoup ! je te laisserai un peu d’argent…
- Alice…

Ma voix s’éteint dans un souffle. Edward me donne un chaperon car il pense que je ne vais pas pouvoir vivre seule, pas savoir me débrouiller, pas savoir m’occuper…la colère me monte et je sens mon visage se contracter. Edward le voit et retire sa main de la mienne puis me dit :

- Tu devrais en profiter pour retourner voir Charlie. Appelle autant de taxis que tu voudras, je paierais mais promets-moi de ne pas rester enfermée ici.

Je ne lui ai bien sûr pas parlé de ma voiture, craignant trop qu’il m’interdise de l’utiliser ou pire, qu’il se sente obligé de m’en acheter une mieux ! Je hoche la tête, toujours silencieuse. Edward doit penser que je suis fâchée mais en fait, je sens une très grande détermination m’envahir…ça non…je ne resterais pas enfermée ici ! Jamais ! Car, quand j’y pense…mis à part Alice, Edward est le seul qui m’aime dans cette maison. Carlisle et Esmée me tolèrent mais ne me font pas confiance, Rosalie me déteste et Alice…et bien, Alice a dix sept ans, l’âge où on a envie de s’éclater ! Moi, mes dix sept ans, je les ai passés entre le plâtre, le fauteuil roulant et les cours de rééducation.

Sa dernière phrase résonne encore dans ma tête quand soudain, une lumière se fait. Edward préférerait que je retourne chez Charlie ! Mais il ne sait pas comme me dire que si lui n’est pas là, je n’ai rien à faire à la villa. Je comprends alors que Esmée et lui devaient parler de ça avant mon arrivée. Oui…quoi faire de Bella Swan quand Edward n’est pas là ? Je me racle la gorge et répond, assez froidement :

- Ne t’inquiète pas pour moi ! Je saurai me débrouiller.
- Ok, sourit-il.
- Mais tout va bien ? Demande-je quand même, inquiète qu’il doive repartir en France pour cette histoire de legs.
- Oui…il manque des signatures sur des papiers, c’est compliqué, je ne préfère pas t’expliquer mais je dois malheureusement être sur place.
- Très bien…tu pars quand ? Enfin, je veux dire, à quelle heure ?
- Je dois partir dans une heure…

Alors, prise soudain d’une furieuse envie de lui rappeler que je ne suis pas une gamine, je me lève et le pousse pour m’asseoir sur lui, à califourchon. Je vois que mon attitude le surprend, car je n’ai jamais osé faire ce genre de débordement dans la villa, aux yeux de tous, mais il me laisse faire. Je lui passe mes mains dans les cheveux et l’embrasse doucement. Je sens qu’il se laisse un peu aller et répond à mon baiser. Alors, j’y mets un peu plus de passion, me collant plus contre lui. Je sens ses mains caresser mon dos, le bas de mon dos…et il m’embrasse toujours …je suis contente de moi. Ainsi, je le coince…il ne peut rien faire d’autre que m’embrasser ! Des baisers comme celui-là, nous en avions pleins au début et je compte bien lui rappeler ! Au moins, il partira cinq jours en y pensant. J’y mets encore plus de fougue mais soudain, je sens qu’il me repousse doucement. Je continue encore, bien décidée à ne pas le laisser se défiler mais il se dégage de ma bouche assez brusquement. Je le regarde sans comprendre, je sens les larmes monter…

- Edward…
- Je vais être en retard Bella, me répond-il dans un doux sourire qui jure complètement avec son attitude quelques secondes auparavant. Excuse-moi…

Alors, je descends de lui, un profond déchirement me brûle la poitrine. Je me sens bafouée et honteuse à la fois.
Il me prend contre lui et chuchote :

- On se rattrapera à mon retour…
- Oui…

J’ai couiné plus que parlé. Je me sens laide et repoussante, je me sens minable…oui, je vais aller voir Charlie, même si je vais me prendre des sarcasmes en arrivant, au moins, dans son regard, j’y verrai de l’amour et j’aurai du réconfort…et je prendrais aussi ma voiture…et j’irai voir Jacob !

Edward se dégage après un baiser appuyé sur mes cheveux. Puis, me laisse à la salle à manger pour gravir les escaliers quatre à quatre. Je reste bête, je ne sais pas pendant combien de temps quand tout à coup, j’entends un petit cri à côté de moi.

- Oh Bella ! On va s’éclater tu vas voir ! Tu ne vas pas sentir ces cinq jours passer !

Je tourne la tête vers Alice, elle me sourit franchement, de son petit air mutin mais ma décision est prise et de toutes façons, je déteste le shopping !

- Non Alice, je ne reste pas, dis-je d’une voix blanche. Désolée…
- Ah ? Mais …

Mais je ne lui laisse pas le temps de finir, je file par les escaliers jusqu’à la chambre pour aller préparer mon sac pourri…
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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   Mer 5 Mai - 13:56

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MessageSujet: Re: Mon Ami, mon Soleil - Jacob/Bella - Paul/Rachel   

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