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 Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward

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tiplume
Emménagement chez Charlie
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Féminin
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MessageSujet: Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward   Dim 28 Fév - 16:42

Voici une version qui me satisfait d'avantage...
J'ai complètement refondu mon passage car il ne me plaisait pas.
Il s'agit donc de la suite de Midnight Sun, j'ai tenté d'enrichir mon texte et j'aimerais avoir votre avis.
Ce passage est la fin du chapitre "Complications".Edward vient de quitter Bella.
Il a decidé de lui poser de multiples questions sur son passé, ses goûts... les deux jours qui arrivent. Le samedi suivant étant le jour de leur R-Vous et de la scène de la clairière...

Fin du chapitre Complication
Je posterai le suivant si cela intéresse quelqu'un Razz
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Avec des gestes automatiques et sûrs, je pris la direction de la maison sans vraiment songer à la route. Plus le temps s’écoulait, plus l’approche du week-end me rendait nerveux mais aussi bizarrement impatient. Etais-je prêt ? Qu’allaient être les réactions de Bella ?

Toutes ces questions n’étaient que le reflet de l’appréhension qui commençait à me submerger, je savais que ce samedi serait peut-être la dernière journée que je passerai seul avec elle et cette quasi-certitude me hantait. Depuis plusieurs jours des images de mon passé m’assaillaient tels des flashs désagréables, véritables cauchemars d’une période que je croyais avoir oubliée mais qui maintenant reprenait consistance pour accroitre ma peur. Belle revanche en vérité ; pour quelqu’un qui n’avait jamais connu ce sentiment, je le ressentais désormais de façon de plus en plus aigue dès que je m’éloignais d’Elle. Peur de la perdre, peur de la revoir, etonnant paradoxe qui était devenu mon quotidien.

Je revoyais défiler comme dans un mauvais film tous ces hommes que j’avais traqués, quelquefois même en y prenant un plaisir sadique, presque heureux de leur faire ressentir ce que leurs propres victimes avaient du éprouver. Certes ces individus que j’avais assassinés n’étaient que des monstres, des criminels, des assassins ou des violeurs mais je ne pouvais guère oublier leurs dernières pensées. A l’époque leur réaction, leur frayeur ne m’avaient ni ému ni troublé. Machine à tuer je n’étais guère enclin à la mansuétude à leur égard. Mais aujourd’hui tout était différent... Je n'aurais jamais cru pouvoir accorder de l'importance aux pensées de ceux que j'avais toujours considérés comme des êtres insignifiants.
Ces hommes qui m'avaient servi de proies autrefois, je savais qu'ils m’avaient perçu comme un monstre sorti tout droit de leur enfer personnel. Certains si terrorisés étaient morts persuadés que j'étais le démon venu pour les mener droit à Satan
Quelle ironie, l’Enfer…

Le souvenir de mes méfaits, près de 60 ans après, hantait désormais mes jours et mes nuits.
Monstrueux, voilà ce qui ressortait de façon claire dans la confusion des sentiments de ces êtres que j’avais froidement exécutés. Oserais-je montrer à Bella cette facette de ma personnalité ? Facette que je croyais avoir enfoui mais qui faisait partie de moi quoique je puisse dire ou faire. Aucun acte à venir, aucune tentative d’expiation ne pouvait réparer ce que j’avais fait et tous les camouflages qu’ils soient physiques ou culturels aussi efficaces qu’ils puissent paraitre n’étaient que des masques destinés à tromper nos proies naturelles: les humains. Tout n’était qu’apparence, leurres, pièges. Tout cela allait tomber et Bella verrait la vérité. Je devais la lui montrer, la lui confier.
Physiquement déjà, mon corps au soleil si repoussant… Un frisson de répulsion me parcourut.
Mon absence d’âme, de conscience. Un vampire n’avait ni l’un ni l’autre, notre espèce était calculatrice, aucun sentiment de compassion nous habitait, si Bella me voyait perdre le contrôle elle saisirait tout cela....

Que ferait-elle ? Accepterai-je son aversion, sa frayeur, sans devenir fou ? J’imaginais sa terreur et mon cœur mort se serra sous l’étau de l’angoisse et de la douleur conjuguées ; Mon devoir était d’être honnête, d’accepter son éventuel rejet. J’avais repoussé cette confrontation jusqu’à la dernière limite pour me préserver afin, gros égoïste, de la garder le plus longtemps possible auprès de moi cet être si pur, cet agneau que moi prédateur avait tenté de capturer, d'amadouer, d'aprivoiser. Le lion avait été fasciné, ému par sa proie naturelle. Quel étrange ironie du destin ! Le moment était venu de faire tomber ces accessoires trompeurs, culture éducation, raffinement.
Tout à coup une autre perspective plus horrible m’apparut alors que j’abordais la dernière ligne droite. Et si je perdais vraiment le contrôle et si seul avec elle au moment où je lui dévoilerais la vérité, je percevais l’intensité de son dégout et craquais. Un grognement et une grimace destinés au monstre qui se tapissait en moi m’échappèrent.
Je repris conscience de la route lorsque j’aperçus la silhouette d’Alice, immobile sous le porche de la maison. Elle avait entendu ma voiture, mais rien dans son attitude ne le laissait paraître. Je garai la Volvo à coté de la M3 de Rosalie, jetant un bref coup d’œil à mon Aston Martin. Intacte.

Ma sœur dut percevoir mon interrogation muette.
Emmet a réussi à empêcher Rose de la réduire en bouillie…Je pense que de toute façon cela lui aurait probablement fait de la peine, détruire une si belle voiture… Tu as de la chance.

- Humm, grognai-je.
Je me surpris à être tout de même heureux de ce choix inespéré.
Il faut qu’on parle Edward. Esmée nous a interdit d’aborder le sujet « Bella » avec toi, mais…
- Je ne lui ferai pas de mal, Alice, je te le jure. De toute façon, Jessica sait que Bella et moi passerons la journée ensemble. Même si je perdais un tant soit peu mon contrôle, cela me permettra de reprendre pieds.
J’avais pris un ton assuré en disant ces mots, tentant de ne pas laisser transparaitre les doutes qui m‘habitaient. Ma fausse assurance ne trompa guère ma sœur. Des images tournoyèrent dans sa tête : une clairière ensoleillée, une forme floue qui se déplaçait à une vitesse surhumaine (surement moi) et des yeux… remplis d’effroi mais aussi de résignation. Le visage de Bella, sur lequel je crus déceler une impression de…délivrance !
Non !
Mon cri silencieux éclata dans mon crâne. Je regardais les pupilles d’Alice et son air misérable.
- Ce n’est pas possible Alice, tu te trompes surement, soufflai-je.
Elle pencha la tête sur le côté ne tenant aucun compte de ma dénégation, sa vision se troubla. La clairière abritait maintenant deux corps allongés. Bella toujours en vie. Son regard hésitant mais… heureux. Quel était donc ce nouveau supplice que ma sœur m’infligeait ?
- Je ne comprends pas, bredouillai-je.
Sa réponse claqua dans ma tête.
Moi, non plus.
- Edward, il faut que je vienne avec toi… finit-elle par dire.
La stupéfaction dut se lire sur mon visage.
- Non, rit-elle en voyant mon expression. Pas comme ça. Je resterai à distance, non loin de vous et si jamais mes visions se précisent… je te préviendrai et tu partiras. Je la ramènerai si besoin était.
La colère s’empara de moi un bref instant. Comment pouvait-elle imaginer que je puisse accepter un tel marché ? Puis, ma raison prit le dessus... Ma sœur ne voulait que m’éviter de commettre le pire.
- Je ne vais pas lui faire de mal, répétai-je en un murmure presque inaudible comme pour me convaincre de mes propres affirmations.
Mais en étais-je si sur ?
- Mais si tu pense…si tu crois que… ajoutai-je.
- Edward, je partirai dès que je serai sure que tout va bien. Je ne dirai rien aux autres même si… Sa voix se cassa.
Je me retournai brutalement vers elle, le regard soudain dur.
- Alice, JAMAIS…
La phrase que j’étais prêt à lui cracher au visage me resta dans la gorge devant son expression contrite. Ses pensées étaient bienveillantes à mon égard. Je voyais bien qu’elle souffrirait aussi, si jamais… L’idée de l’erreur, l’erreur fatale tourbillonna dans mon esprit. Je chassais la pensée d’un geste de la main.
- Ok capitulai-je. Dès que je te le dirai, tu partiras.
Lassé autant que gêné par les inquiétudes d’Alice, j’aspirai maintenant à être seul dans le confort de ma chambre, je passais rapidement derrière elle afin d’écourter cette éprouvante conversation qui me jetait en pleine face le miroir de mes propres doutes. J’entrai dans la maison.
Merci, mon frère. Je t’aime.
Les mots d’Alice m’enveloppèrent comme un cocon et atténuèrent le ressentiment que j’éprouvais vis-à-vis de moi-même.
- Mumm, moi aussi grommelai-je.
Depuis le hall, j’aperçus du coin de l’œil Rosalie et Emmet, enlacés sur le canapé du salon. Ils ne m’accordèrent pas un seul regard bien que je fus sur et certain que mon échange avec Alice ne leur avait pas échappé.
- Merci Emmet, soufflai-je en montant l’escalier.
Pas de quoi. J’aime bien ta caisse. Puis détourner l’attention de Rosalie a été…instructif.
Cette dernière pivota vers moi, me transperçant de son regard noir.

Je n’aime pas cette histoire Edward. Si cela se finit mal…

suivirent des images brouillées destinées à me donner un aperçu de ce que Rose me réservait si jamais je mettais ma famille en danger par mon attitude irresponsable. Emmet réussit à interrompre cef lot incohérent de pensées en la serrant plus fort dans ses bras.
Elle grimaça mais abandonna rapidement la lutte, en se lovant contre lui. Effectivement Emmet avait développé un certain don pour occuper les attentions de ma sœur. Il me fit un clin d’œil de connivence, visiblement ravi. Au moins, quelqu’un trouvait du plaisir à cette situation qui pour moi s’apparentait à un enfer quotidien.
Distrait par mes inquiétudes autant que par celles de mes frères et sœurs, je venais à peine de remarquer la musique qui s’élevait à l’étage. Esmée adorait écouter des airs d’opéra tout en travaillant à sa peinture ou à sa couture. Elle pouvait également passer des heures immobiles, perdue dans ses rêves, uniquement bercée par les notes. C’est à elle que je devais mon amour pour le piano. J’éprouvais toujours de la joie et une certaine fierté lorsque jouant ou composant pour elle je percevais sa gratitude et son admiration de mère. Elle me lança un regard plein de compassion quand, passant devant son atelier, je jetai un œil, un sourire léger apparut sur ses lèvres.
J’ai toute confiance en toi, mon garçon.

Sa douce bienveillance me suivit jusque dans ma chambre, atténuant un peu ma tristesse.

J’aurais tant aimé que cette confiance soit bien placée. Mes parents avaient toujours cru en moi, la peur de les décevoir se fit plus forte et c’est en grimaçant que je filai prendre une douche. Je choisis de ne mettre que de l’eau chaude, de quoi ébouillanter un humain sans aucun doute. Et puis eau froide ou chaude, pour moi cela n’avait guère d’importance. Je pris mon temps, pour un vampire du moins, et je restai bien une minute sans bouger sous le filet d’eau certainement brulant. La vapeur forma un immense nuage dans la cabine avant que je me décide à m’extirper de ce brouillard étonnamment réconfortant. Une serviette autour de la taille, je me dirigeai vers le dressing qui occupait une pièce entière, juxtaposée à ma chambre. En ouvrant les portes, je ne pus m’empêcher de soupirer à la vue des ensembles, impeccablement suspendus sur une multitude de cintres, résultats de multiples virées d’Alice dans les magasins. Quand est-ce qu’elle finirait de nous transformer en mannequins ambulants ? Je saisis un « simple » tee-shirt sur une étagère et un jean neuf. Il était facile pour ma sœur de nous acheter de nouveaux vêtements, dans la mesure où ne nous grossissions ni ne maigrissions jamais. Cette possibilité aurait peut-être refréné ses achats compulsifs, mais j’en doutais. Elle avait un mètre de couturière dans l’œil et, je devais lui accorder cela, un gout sûr, du moins le croyais-je. Tout en posant les affaires sur le canapé, un coup d’œil au dehors me confirma ce que mes sens aguerris avaient déjà perçus. De lourds nuages s’amoncelaient, obscurcissant rapidement le ciel, un orage était sur le point d’éclater.
Mes perceptions accrues de l’électricité statique ambiante me firent envisager le fait que la perturbation atmosphérique pouvait être à l’origine de l’étrange phénomène qui nous avait reliés Bella et moi en cours de biologie. Après tout peut-être que les vampires et les humains étaient incompatibles pendant ces phases. Cela idée me fit grimacer, nous n’étions jamais compatibles, il fallait m’en souvenir avec application. Je me remémorais mes années passées et je ne parvins pas à me rappeler de pareilles sensations. Il est vrai que les hommes fuyaient le plus souvent la pluie et que nous, nous tentions de nous écarter d’eux en toutes circonstances. Je souris en songeant à ce que nous faisions en général ma famille et moi durant les événements climatiques jugés dangereux par les mortels, typhons, orages, tempêtes…
Quoiqu’il en soit il me fallait éviter de toucher Bella pendant l’orage qui s’annonçait. Un rire triste m’échappa. A peine quelques heures auparavant, je m’étais quasiment promis de ne plus la toucher DU TOUT ! Ou était passée ma belle résolution ?
En m’approchant de la fenêtre une pensée de Rosalie m’atteignit, j’avais baissé ma garde.
S’il elle lui sert de repas samedi, avant de faire mes valises je détruis…
Le marasme de ses réflexions m’écœura, je sautai dans le vide.
Quelques minutes à peine s’étaient écoulées quand mon ventre se mit à émettre des gargouillis désagréables. Un sentiment de lourdeur s’empara de moi m’obligeant à stopper. Un juron m’échappa et je me mis à la recherche d’un endroit isolé, tout en maugréant contre les humains et leur stupide alimentation. Quelques crampes stomacales, plusieurs sensations de suffocations et de multiples spasmes le long de ma trachée confirmèrent mes soupçons. Pendant de longues, très longues secondes un gout amer, des effluves horribles de nourriture humaine envahirent mon nez et ma gorge. Le supplice prit fin lorsque je réussis à recracher des morceaux de pizza ! Beuark ! En maudissant mon attitude infantile de ce midi à la cafétéria, je jetai un coup d’œil inquiet sur ma tenue mais aucune trace de cet épisode peu glorieux n’était détectable. Rassurée, je repris ma course plus rapidement cette fois mais quelques minutes me furent nécessaires pour atteindre le bois derrière la maison de Bella.
Je scannais machinalement les environs. Silence. En m’approchant furtivement, je perçus les ronflements de Charlie, endormi devant la télévision. Eteignant mentalement cette source bruyante, mon audition sélective se concentra sur les bruits en provenance des chambres. Une respiration régulière, des mouvements désordonnés m’apprirent que Bella dormait d’un sommeil agité. Avait-elle peur de samedi ? Inconsciemment son cerveau ne tentait-il pas de la prévenir du danger ? Je frémis. La décision de partir s’imposa d’elle-même, m’obligeant à tourner les talons. Enfin un choix plein de sagesse. J’étais presque fier de moi quand un faible cri me fit changer immédiatement d’avis et en moins d’une seconde, je fus suspendu à la fenêtre de Bella. Un coup d’œil à l’intérieur ne me rassura que partiellement et après un quart de seconde de réflexion, je sautai dans la pièce. Dès que mes pieds touchèrent le sol, Bella arrêta de respirer. Inquiet, je me figeai. Je l’avais réveillée ? Non c’était impossible, aucune oreille humaine n’aurait pu m’entendre. Sa cage thoracique reprit alors ses mouvements réguliers comme pour apaiser mes craintes. Je m’approchais d’elle, nerveux. Quand est-ce que toutes ces émotions humaines que je subissais par vagues en sa présence allaient redevenir rationnelles ? Un nouveau gémissement, me tira de mes réflexions. Je la contemplai, songeur, cherchant à deviner ce qui pouvait la perturber mais ses rêves m’étaient toujours interdits. La frustration ne s’atténuerait donc jamais. Son visage était en sueur, je sentais distinctement l’odeur de sa transpiration mêlée à celle de son produit douche. J’humai avec délice ce doux mélange et ma gorge s’enflamma aussitôt.
Une sensation de chaleur jusqu’alors inconnue m’envahit. Une étincelle à laquelle je n’avais pris garde au début avait maintenant donné naissance à un feu qui réchauffait mon être de façon étonnante. Je regardais mon corps, suspicieux. Après analyse, je le jugeai blanc, dur et froid donc parfaitement normal pour un vampire. Que m’arrivait-il ? Je m’approchais de Bella, sa température était plus élevée que les habituels 37.2°C des humains. Je fis un pas dans sa direction, un peu inquiet et décidai de m’asseoir au bord de son lit pour la surveiller et vérifier son état de santé. Certes le plus loin possible, mais je savais que j’enfreignais une fois encore les règles que je m’étais fixées. Je soupirai. Faible, je devenais faible, un comble pour un membre de mon espèce. Un éclat détourna mon attention et j’interrompis mon doux examen.

Un rayon de lune était parvenu à filtrer à travers la couverture nuageuse et avait éclairé un bref instant un objet métallique a demi caché sous un jean qui trainait à coté du lit. Les clés de sa camionnette. Accoudé sur le rebord du matelas, je m’agenouillai pour saisir le trousseau. Moins attentif au comportement de Bella, volontairement ou inconsciemment, je ne perçus pas immédiatement la trajectoire de sa main qui s’abattit sur mon bras. J’eus peur durant un instant que ses doigts ne se soient brisés sous l’impact.
Mais après un bref mouvement de recul, elle se mit à chercher maladroitement « l’objet » dur et froid qu’elle avait percuté. J’hésitai pendant une fraction de seconde. Mon corps avait-il refusé d’obéir à mon cerveau qui hurlait d’éviter à tout prix ce nouveau contact ? Je restai immobile. Dès que ses doigts me touchèrent, l’électricité se mit à bourdonner et j’en sentis la morsure sur ma peau. Mon regard affolé se tourna vers le ciel. L’orage qui débutait était-il la cause de cet étrange phénomène ? Bella allait-elle s’électrocuter ? Mais rien de tel ne se produisit et sa caresse se précisa. Elle murmura un mot que je ne compris pas. Puis, plus distinctement j’entendis « chaleur… électrique ». Ah ? Elle devait partager les mêmes sensations que moi. Je tentai timidement de reculer, de rompre ce lien que je savais imprudent, mais ses doigts se refermèrent instinctivement. Certes il aurait été très simple pour moi de me dégager de son étreinte mais je me l’avouai avec réticence, je n’en avais aucune envie. Egoïstement, je craignais même qu’elle ne se réveille en sentant la froideur de ma peau et ne m’oblige ainsi à fuir à nouveau. Sa respiration se fit plus saccadée. La mienne également. L’incendie commença à s’étendre au reste de mon corps. Tiraillée entre des émotions contradictoires, me protéger de cette nouvelle sensation et rester immobile pour ne pas interrompre sa caresse, je choisis évidemment la deuxième option.

La honte m’envahit alors que sa main, très peu raisonnable, m’agrippait encore plus fort voulant m’attirer auprès d’elle. Que faire ? Ma gorge et mes sens s’enflammèrent à nouveau. Quelle chose étrange, l’air sembla crépiter tant le courant s’intensifiait entre nous. Je m’aperçus, à mon grand désarroi, que j’avais suivi le mouvement imprégné par Bella. J’étais à demi allongé au dessus d’elle maintenant, sans toutefois la toucher. Son visage à moins de trente centimètres du mien, sa main imprimant sa morsure électrique sur mon biceps. Mes muscles étaient tendus, prêts à se rompre, comme lorsque je m’apprêtais à attaquer. Bella était ma proie ? Je regardais le mouvement de ses yeux qui s’affolaient sous ses paupières closes. Son souffle s’accéléra encore, sa bouche entrouverte laissait percevoir des effluves alléchants et un nuage parfumé m’engloba. Une décharge électrique parcourut ma colonne vertébrale, je fermai les yeux laissant sourdre un faible gémissement de douleur mêlé à du plaisir. Horrifié, persuadé cette fois de l’avoir réveillée, j’ouvris brutalement les yeux.
- Edward, murmura-t-elle dans un souffle.
Ce murmure me combla d’orgueil. Je la regardais abandonnée, si vulnérable. Mon visage se rapprocha dangereusement du sien survolant la moindre de ses courbes, effleurant sa bouche, ses cheveux. Un spasme me parcourut tout entier et dans un élan incontrôlable, je plongeai ma tête vers sa gorge si tentante. Mes lèvres se retroussèrent au dessus de mes dents aiguisées comme des lames de rasoir. Un flux énorme de venin emplit ma bouche tandis qu’un grondement sourd m’échappait. Je savais que mes yeux étaient sombres et inquiétants, je connaissais si bien cette pulsion sauvage qui me dominait maintenant. J’approchai ma tête de son cou si blanc et le monstre en moi hurla de plaisir. A moins d’un centimètre de sa jugulaire, je savourai l’instant qui allait suivre, mes lèvres se refermèrent doucement sur mes crocs et je l’embrassai. Le contact de sa peau fut le troisième choc, le plus terrible, le plus sismique. Ma bouche incandescente se fit pressante, sans permission. La deuxième main de Bella qui, jusque là était restée sagement posée sur le drap, s’abattit alors sur ma nuque comme pour obliger mes lèvres à maintenir leurs caresses mortelles. Ce geste mit au martyre mes sens en souffrance et pendant un instant, j’eus l’impression de défaillir de bonheur. La folie me gagnait. Même dans son sommeil, les reflexes de Bella étaient inversés et dangereux. Elle pressait le monstre que j’étais à la terrasser.
Non !
Mon cri mental se fit hurlement. Il me fallut une seconde pour parvenir à stopper le monstre égoïste que j’étais devenu. Je me propulsai, au prix d’un effort que j’aurai cru jusque là impossible, sur le mur qui faisait face à son lit. Le bruit sourd de mon corps percutant la paroi la tira de son sommeil. Je réussis à m’éclipser par la fenêtre avant que ses yeux ne s’ouvrent. Je ne sais pas si elle me vit mais la honte m’envahit comme une chape glacée.


Dernière édition par tiplume le Mer 3 Mar - 9:36, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward   Mar 2 Mar - 22:09

J’étais devenu complètement fou, j’avais failli la tuer. Mes crocs à moins d’un centimètre de sa veine, mon venin fatal, mon corps de pierre qui aurait pû l’écraser, la pression de mes mains l’anéantir. Sa présence, son parfum me faisaient dangereusement oublier sa condition d’humaine, sa fragilité était pourtant si palpable. Tandis que je sautai doucement au pied de l’arbre qui m’avait accueilli, j’entendis Bella se lever. Cela suffit à rendre ma gorge douloureuse, tout mon corps me hurlait de revenir dans la chambre.
Samedi ? Non, il fallait que j’annule cette sortie. Je n’y arriverai pas, j’étais incapable de rester sage. Pas après que mes lèvres aient gouté sa gorge si attrayante. La vision de ma tête enfouie dans son cou, sa main posée sur ma nuque m’arracha un gémissement. Plaisir et douleur se mirent à danser un ballet silencieux, ravageant mon cerveau. Un vampire pouvait-il devenir fou ? Cette idée vrilla mes neurones. Avait-elle senti, vue quelque chose ? Bella s’était recouchée mais sa respiration m’indiquait qu’elle ne dormait pas. J’entendis distinctement ses mains caresser sa peau. Ses bras ou son cou ? Me sentant tel un infâme voyeur matinée d’une brute épaisse, je me donnai une monumentale gifle mentale pour me remettre les idées en place et m’enfuis dans la nuit qui ne tarda pas à m’avaler, ombre parmi les ombres. Encore indécis face au lendemain, face au samedi suivant. L’envie de la voir, la peur de la tuer… Que faire ?

Je passai les prochaines heures à errer dans la forêt humide, non loin de chez elle. La partie de mon être la plus respectable se sentait honteuse et submergée par les remords mais la plus méprisable rugissait du bonheur d’avoir failli gouter au fruit défendu. Finalement, en soupirant je partis aussi vite que possible rejoindre les miens cherchant dans cette course frénétique un exutoire physique aux troubles qui me déchiraient, j’étais incapable de me résigner à éviter Bella. Au moins, il n’y aurait aucun danger le lendemain, parmi la foule des étudiants. Seul le trajet en voiture pourrait éventuellement être critique pour elle. Devais-je la laisser aller seule à l’école ? En arrivant près de la maison, je ralentis l’allure et mes doigts se posèrent machinalement sur la poche de mon jean. Les clés de Bella s’y trouvaient. Le sort s’acharnait décidemment sur elle. Je lui avais volé son trousseau sans m’en rendre compte, la privant de tout moyen de locomotion et par la même m’obligeant à devenir son humble conducteur.
Bizarrement, cela me rendit d’humeur plus joyeuse. Si l’ange du destin était pour quelque chose dans toute cette histoire, il devait vouloir que je me rapproche de Bella. Je ne pouvais que suivre le mouvement en me jurant d’être plus sage.
Je sautai vers la fenêtre de ma chambre pour ne voir personne. Après avoir récupéré ma veste, je m’élançai de nouveau au dehors pour ensuite m’engouffrer dans le garage. Je manœuvrais en silence pour sortir la Volvo et m’engageai sur la route en direction de Forks. Je dus faire appel à toute la patience dont j’étais capable pour m’obliger à rouler doucement, exercice délicat mais non dépourvu d’intérêt. J’étais un peu en avance, en dépit de ma vitesse réduite et je dus faire un tour dans la ville afin de permettre au chef Swan de partir avant mon arrivée. J’entendis sa voiture de patrouille s’éloigner alors que je m’engageais à mon tour dans sa rue, du coté opposé. En quelques secondes, je fus garé à la place de Charlie. Je m’étonnai qu’aucun des voisins ne l’ait encore prévenu de mes allées et venues mais cette inquiétude naissante fut anéantie lorsque j’entendis le rideau de l’étage se froisser légèrement.
Mon cœur fit un bond lorsque j’aperçus Bella jeter un œil dehors. Je ris en l’entendant dévaler l’escalier bien qu’inquiet quant à son aptitude à ne rater aucune marche. Mais non. Elle sortit en souriant. Je tentai de me calmer, une bouffée de chaleur venait de me submerger en la voyant. Je restais assis derrière le volant tentant de me reprendre. Je fis un effort monumental pour me composer un visage calme, des dizaines d’années de pratiques m’aidèrent, je l‘espère, dans cette tentative. Bella ouvrit la portière et s’assit. Un rayon de soleil venait de pénétrer dans l’habitacle amenant avec lui cette odeur de fleur qui était devenu indispensable à ma survie. Je souris, curieux. Avait-elle des souvenirs de cette nuit ? Sa température semblait être redevenue normale, aucune trace de brulure sur son visage ni sur son cou mais j’étais inquiet. Je tentais de rendre ma voix la plus normale possible.
- Bonjour ! Comment vas-tu aujourd’hui ?
- Bien, merci, me répondit-elle doucement.
- Tu parais fatiguée, pourtant insistai-je en remarquant son visage pale et ses grands yeux cernés.
- Je n’ai pas dormi, finit-elle par m’avouer en se cachant derrière sa chevelure marron.
Ainsi, elle ne se rappelait de rien. J’en éprouvais un bref soulagement. Mais elle était restée éveillée après mon départ précipité. J’aurais du rester pour la surveiller. Cette idée ma fit prendre conscience du coté obsessionnel de mon comportement ce qui commençait à m’inquiéter. Je ne pus toutefois m’empêcher de plaisanter en démarrant la voiture.
- Moi non plus, répliquai-je.
- J’ai quand même dormi un peu plus que toi, me taquina-t-elle.
Cela je le savais très bien.
- J’en suis persuadé.
- Alors, à quoi as-tu consacré ta nuit ? me demanda-t-elle sur un ton qui se voulait innocent.
Cela m’amusa encore plus.
- Bien tenté, répliquai-je rapidement mais c’est à mon tour de poser des questions, je te rappelle.
Et heureusement, ajoutai-je mentalement. Car je me voyais mal lui avouer ce que je faisais, depuis deux mois, de mes nuits.
- Oh, j’avais oublié, fit-elle l’air un peu anxieux. Que veux-tu savoir ?
Apprécies-tu ma présence autant que moi la tienne, as-tu senti mon souffle dans ton cou cette nuit ? furent les questions qui me vinrent immédiatement à l’esprit. Mais je ne pouvais pas les lui poser. Une question simple, vite.
- Quelle est ta couleur préférée ?
- Ca varie selon les jours, répondit-elle.
-
Débrouille-toi avec ça ! Cela n’allait pas être si aisé d’en apprendre plus sur ses gouts si elle commençait par éluder les questions les plus basiques.

- Quelle est ta couleur préférée, aujourd’hui ? précisai-je alors.
- Le marron, sans doute, finit-elle par dire.

Comme d’habitude, sa réponse m’étonna. Je m’étais attendu au bleu ou au jaune. Couleurs qui personnifiaient pour moi le beau temps, la mer, le ciel de l’Arizona, le soleil. La vision de son corsage qui m’avait tant ému à Port Angeles, s’imposa soudain à moi d’une façon un peu trop troublante. Pas d’erreur.
- Ah bon ? marmonnai-je
- Oui, se sentit-elle obligée de préciser, c’est une couleur chaude. Elle me manque.
Devant mon air surpris, elle s’efforça de clarifier sa réponse. Son discours détaillé et vibrant sur l’Arizona, sur des détails du paysage comme les notes de brun de la roche, la forme des falaises, les nuances de la terre me fascinèrent non pas tant par le contenu que par la passion que j’y décelais. Je me rappelais alors brutalement les commentaires désobligeants qu’elle avait laissé échapper une nuit sur Forks, le jugeant « trop vert » et trop humide. Cette sincérité dans ses simples paroles me fit anormalement mal. Je ne ferai définitivement jamais parti d’un monde si brillant et si ensoleillé, le fossé qui nous séparait sembla s’agrandir brutalement.

- Tu as raison, finis-je par dire pour arrêter ses explications.
Evidemment que j’étais d’accord comment pourrais-je penser que le chocolat fondu de ses yeux étaient froids. Mes yeux d’Onyx, oui l’étaient. Mon corps l’était mais Bella n’était que chaleur.
- Le brun est chaud, résumai-je.

Je me tournai vers elle pour me perdre dans la profondeur de ses prunelles. Machinalement, je remis une de ses mèches rebelles derrière ses épaules ce qui dévoila sa gorge blanche. Le souvenir de mon baiser interdit surgit comme un flash. Heureusement, nous étions arrivés au lycée. Le danger disparaissait. J’étais le danger, son plus grand danger, je ne devais pas l’oublier. Cela me mit de mauvaise humeur. Mais je me permis de la regarder à nouveau.

- Qu’as-tu comme musique en ce moment dans ton lecteur de CD ? demandai-je, la mâchoire légèrement crispée.
Elle sembla hésiter. Elle ne savait pas ce qu’elle écoutait ? Ou ne voulait-elle pas l’avouer ? Ses yeux se firent plus doux.
- Linkin Park-Hybrid Theory, fit-elle finalement
Son changement d’attitude subi me laissa perplexe. J’avais également ce disque dans la voiture. Je cherchai le disque en question et le lui montrai.
- Tu préfères ça à Debussy ? lui demandai-je curieux.

Elle regarda la pochette du disque, soudain ailleurs. Songeur, j’interrompis mes questions. Un soupçon s’empara de moi. Lui aurait-on offert ce CD ? Qui ? Un gout amer, celui de la jalousie, envahit ma bouche. Je n’allais pas lui montrer cette faiblesse, cela risquait de rendre mes questions suivantes suspectes. Je focalisai donc mon attention sur la suite de l’interrogatoire que j’avais prévu. Afin d’en apprendre le plus possible sur les moindres aspects de sa vie passée j’avais décidé de l’accompagner à chacun de ses cours aujourd’hui, belle excuse en vérité.
Je mis aussitôt mon plan à exécution et enchainai les questions. J’ j’avalais alors goulument ses réponses, la moindre parcelle de cette existence inconnue. A la fois furieux de ne pas avoir été là à chaque instant et ravi de connaître enfin le plus petit détail de ses désirs d’enfants, ses joies, ses peines, les livres qui l’avaient passionnés petite fille puis adolescente. Tout m’intriguait, me fascinait. J’étais jaloux de cette vie qu’elle avait eue sans moi. Je voulais rattraper tout ce temps. Chaque fois qu’elle mentionnait un lieu qu’elle avait aimé mon cœur se serrait. J’y étais déjà allé seul ? Je rêvai d’y retourner avec elle. Ce lieu m’était inconnu car peu adapté à mes besoins ou à ma nature ? Cela me rendait triste et je ne pouvais m’empêcher de m’imaginer y aller avec elle. Le pourrai-je un jour ? Ses réactions tantôt gênées, tantôt énervées me faisaient rire. Dès qu’elle paraissait me cacher quelque chose, j’insistai pour qu’elle me livre le fond de sa pensée. J’avais ainsi la sensation de mieux la connaître, de mieux la comprendre. Chacune de ses explications me donnaient envie de savoir encore autre chose sur elle. Aurions-nous assez de temps ces deux prochains jours pour que j’arrive à vraiment la saisir, j’en doutais. Elle était si inattendue si irrationnelle.
Alors que j’enregistrais soigneusement ce flot de données, une de ses réactions physiques m’interpella et une bouffée de suspicion m’envahit aussitôt. Une question innocente sur sa pierre préférée avait provoqué une accélération inappropriée de son rythme cardiaque. Jusque là ses réponses avaient été quasiment automatiques et au ton monocorde de sa voix, je comprenais que ce jeu la lassait, chose que j’avais décidé d’ignorer superbement. Mais cette fois, sa franche hésitation interrompit mon classement mental. Je me tournais alors vers elle, étonné par la modification de son métabolisme. La couleur adorable de ses joues, roses vifs à cet instant, déclencha chez moi une curiosité incommensurable. Je voulus savoir ce que sa réponse a priori innocente « topaze » signifiait réellement pour elle. Elle me cachait quelque chose d’important. Je le savais sans aucun doute possible. Quelqu’un lui avait il offert une topaze ? Une bouffée de haine envers cet hypothétique inconnu me submergea. Peut-être le même idiot qui lui avait donné ce CD de Linkin’park, j’en vins à me promettre de jeter le disque en question dans la première poubelle après l’avoir pulvérisé. Irrationnel, voilà ce que je devenais.
J’optai tout d’abord la persuasion, j’avoue avoir essayé par la suite de l’éblouir par ma voix, puis par mes sourires pour découvrir la vérité. Je devais m’y prendre très mal car elle ne parut guère sensible à mes efforts, ce qui ne manqua pas de m’agacer. Après ces minables tentatives de séduction, je choisis le ton de commandement qui marchait souvent sur les humains récalcitrants. La honte qui m’envahit à cet instant disparu immédiatement à l’énoncé de sa réponse. Concentrée sur ses mains qui jouaient avec une mèche de ses cheveux, elle m’avoua la vérité, à mon grand étonnement d’ailleurs. J’avais envisagé le grognement comme ultime méthode.
- C’est la couleur de tes yeux aujourd’hui.

Heureusement qu’elle ne put voir ma réaction pendant la fraction de seconde que mit mon cerveau pour enregistrer cette délicieuse information.
- Si tu me reposais la question dans deux semaines, j’imagine que j’opterai pour l’onyx, ajouta-t-elle

La sensation que j’éprouvai alors aurait pu s’apparenter à celle d’une douche froide pour un être humain. J’ingurgitais douloureusement la deuxième partie de sa phrase. Dans deux semaines, ce samedi fatidique serait passé. Si j’avais su comment m’y prendre j’aurais prié pour que dans quinze jours Bella soit encore auprès de moi pour m’annoncer que l’Onyx avait remplacé la topaze dans son cœur. Je me composai un masque impénétrable avant d’enchainer sur la première chose qui me passerait par la tête. L’odeur de son corps me fournit l’inspiration nécessaire.
- Quelles sont tes fleurs préférées ? réussi-je à lui demander.
Elle poussa un soupir. Résignation ?
Je continuai mon interrogatoire jusqu’à ce que nous rentrions en cours de sciences naturelles. Je savais que Mr Banner allait encore nous soumettre au supplice avec son insupportable film sur la génétique. Un peu inquiet en raison de mon comportement de la nuit dernière, je décidai de m’écarter de Bella. J’étais sûr que si je ne la faisais pas, je n’allais pas pouvoir résister à l’envie de la toucher. Comme un avertissement, le souvenir de sa peau sur mes lèvres me brula la gorge. Malgré cette prudente mesure de précaution, dès que la pièce fut plongée dans le noir, l’espace entre nous se chargea d’électricité. Alors que je me demandais si cette impression était partagée, j’aperçus les doigts crispés de Bella sur le rebord de la table. Oui, il semblait que ce fut le cas. Mieux valait que je m’abstienne d’agripper le matériel de l’état de la même façon, compte tenu de mon état de tension, il aurait subi des dommages irréparables. Je mis sagement mes poings serrés sous mes aisselles. J’oubliai totalement ce stupide film et je m’adonnai à mon passe temps favori : contempler Bella et tenter de deviner ses pensées.
L’inconfort du à l’ambiance tendue ne me rendait pas la tâche aisée, j’avais du mal à me concentrer et mon regard posé sur ce corps si délicat imposait une allure peu raisonnable à mon imagination. Bella semblait attentive, ses yeux rivés sur l’écran, mais son corps raide et son attitude contractée prouvaient le contraire. Lorsque la lumière revint, je n’aurais su dire combien de temps s’était écoulé et quel avait été le sujet de ces dernières minutes de cours, je n’avais strictement rien écouté. Bella, qui jusque là avait fait tout son possible pour m’ignorer, me lança un bref coup d’œil.
Je me mis aussitôt sur mes pieds et l’attendit en évitant de l’effleurer. Son cours de gym allait commencer et nous partîmes en silence vers le gymnase. Conscient des regards curieux rivés sur moi, je les ignorai sans effort. La plupart se demandaient pour quelle subite raison j’avais décidé de faire office de ce qui s’apparentait le plus à un garde du corps pour Bella, évidemment très peu de gestes trahissaient mon intérêt et les questions muettes ne manquaient pas dans l’esprit torturé et pervers de ces adolescents.
Mike Newton passa à coté de nous en nous ignorant superbement, en apparence du moins car ses pensées étaient haineuses à mon égard, aucune importance, mais ce qui m’énerva se fut ses questionnements sur la santé mentale de ma compagne. Forcément, je ne pouvais m’empêcher de comprendre cet imbécile, je m’étais posé les mêmes questions. Comment une jeune fille pouvait-elle être attirée et aimer la compagnie d’un monstre froid et sanguinaire ? Il y avait de quoi s’interroger. Mais évidemment, il était à des kilomètres de cette vérité et seule la jalousie alimentait son tumulte intérieur. Cette évidence me fit sourire. Une nanoseconde de compassion m’envahit, vite oubliée. En approchant du bâtiment, mes pensées revinrent sur mon eternel sujet de tourment. Pouvais-je la toucher ? Serait-ce une erreur ? Devant la porte, mes résolutions s’évaporèrent comme neige au soleil et cela d’une façon très alarmante. Nous étions entourés et j’étais calme. Je me mentis alors à moi-même en me persuadant que ce que j’allais faire se justifier par le fait que je devais m’assurer de la maitrise parfaite de mes sens. En vérité, totalement prisonnier de son regard, rien au monde à cet instant précis n’aurait pu m’empêcher de lui effleurer la joue. La chaleur de ce contact irradia dans tout mon bras, je sentais palpiter son sang sur le dos de ma main, douce danse qui m’envoutait. Au moment où l’envie de l’embrasser devint plus forte, je m’éloignai rapidement en direction de ma classe d’espagnol. Il était de plus en plus difficile de me séparer d’elle, cette constatation me poussa à accélérer le pas. Mon frère m’attendait, un sourire ironique aux lèvres.
Je te remercie encore pour avoir énervée autant Rosalie, ce fut un vrai challenge de tenter de la calmer. Les ours… de la rigolade à coté !
Les images qui suivirent dans son cerveau me firent sourire. Rosalie avait un tempérament…débordant. Au moins j’avais rendu Emmet heureux et j’en étais persuadé ma sœur également.
Et toi, ça va ?
- oui, répondis-je brièvement.
Tout va bien se passer Samedi, hein ?
- Oui, Emmet, c’est bon.
La concision de mes réponses eut pour effet de faire taire les questions mentales de mon frère. Il comprit mon besoin de m’isoler et respecta ce choix tout en me donnant de temps en temps des coups de coudes pendant le cours pour m’obliger à ne pas rester immobile de façon trop inquiétante pour les mortels qui nous entouraient. Je lui en fus reconnaissant. Je passai ainsi l’heure suivante à coté de lui physiquement mais perdu dans mes pensées. Je me remémorai les réponses de Bella, plus ému que je n’aurai du par l’aptitude qu’avait les mortels à s’attacher aux choses si futiles de leur existence. Tout à coup, la vision d’Alice représentant Bella en immortelle me revint en mémoire. Décidemment, mes joies étaient bien éphémères, la tristesse reprenait le dessus. Comment diable les choses pouvaient mal tourner au point d’en arriver à transformer ce joli corps si doux, si chaud, si beau, en pierre dure froide et sans couleur ? Je devais tout faire pour ne pas être l’instrument de cette tragédie. Je pris alors une résolution implacable. Pour éviter que mon égoïsme ne prenne le dessus, j’allais m’obliger à écouter, entendre, et surtout comprendre ce qui faisait que Bella appartenait définitivement au monde des mortels et non au mien. Sa vie au soleil, ses choses humaines qu’elles aimaient et que je ne pourrais jamais lui offrir. Oui, cela me paraissait adéquat. Ainsi, je n’aurais qu’à me souvenir de tout cela si jamais… si jamais je flanchais.
Les pensées d’Emmet me ramenèrent à la réalité.
Tu m’inquiètes Mec, tu as la tête d’un vampire qui vient de décider de se mettre au régime grenadine.

Cette pensée lui arracha un sourire.
- Je viens de prendre une décision, Emmet
Grenadine ?
- Ouais, pas loin confirmai-je en grimaçant.
- Putain t’es pas drôle, mec, fit-il, ce n’est pas bon la grenadine, c’est froid !
Il se leva en haussant les épaules quelques secondes avant que les humains ne perçoivent la sonnerie qui annonçait la fin de la journée.
- Je suppose qu’on te voit pas ce soir ?
- Si, je rentre.
- Waou, quel honneur, fit-il en souriant.

Et il fila, des d’images de Rosalie plein la tête. Je souris. Emmet était décidemment mon frère préféré et une bouffée de gratitude, si rare, envers ma sœur m’envahit.
Je partis en direction du gymnase, mon désir de revoir Bella ne supportait aucun délai. En arrivant sur les lieux, mes oreilles indiscrètes se firent attentives aux bruits en provenance du vestiaire des filles. Il n’y avait plus grand monde et rapidement je trouvai l’objet de mes pensées. Son rythme cardiaque, sa façon de bouger, sa respiration m’étaient devenus étonnamment familiers. Elle se battait avec ses vêtements, ce qui m’amusa plus que la normale. Ses efforts augmentèrent sa gaucherie, elle fit tomber plusieurs fois ses affaires et manqua de percuter un mur en perdant l’équilibre. Pressée de me retrouver ? Cet espoir me réchauffa le corps. Quand elle apparut enfin, elle trouva rapidement mon regard et son sourire illumina son visage. Je lui souris à mon tour, décidemment bien trop ému, et décidai de mettre immédiatement mon plan à exécution en la bombardant de questions sur tous les sujets qui allaient, sans nul doute finir par me broyer le cœur. Sa vie au soleil, Phoenix, les paysages arides de l’Arizona. Tout ce qui m’était interdit.
Pendant le voyage en voiture, sous une pluie torrentielle, je tentais de comprendre d’emmagasiner les détails de ce que je ne connaitrais sans doute jamais afin de remettre en route le film de sa vie indéfiniment si jamais je me retrouvais seul, abandonné de Bella. Ses mots étaient autant de poignards qui s’enfonçaient cruellement en moi. Elle ne s’en rendit pas compte.
Dès que son discours faiblissait, tel un masochiste je lui intimais l’ordre de me décrire encore plus précisément les senteurs, les couleurs qui lui manquaient. Elle obéissait sans rechigner, son esprit voyageant loin de Forks, loin de moi, loin de la nuit sans fin que je représentais.
Elle alla même jusqu’à mimer ses paysages tant son exaltation était grande. Le temps à l’extérieur était une juste représentation des sensations que j’éprouvais alors. Tempête et naufrage.

Après plusieurs heures de supplices, le crépuscule arriva. J’avais maintenant des milliers de raisons de la garder humaine. Sa dernière description, celle de sa chambre d’adolescente, me permit de saisir sa personnalité dans son intégralité. Les vampires étaient adroits, froids, calculateurs, méthodiques et ordonnés. Elle était maladroite, vibrante, impulsive, naturelle et très désordonnée. Ah Bella… Mon opposé, mon complément.
Je ne m’étais pas rendu compte que perdu dans l’ordonnancement de cette foultitude de données, j’avais omis de reposer une question.
- Tu as terminé ? lança-t-elle sur un ton qui trahissait son soulagement.
- Loin de là, mais ton père va bientôt rentrer, lui répondis-je.
Elle parut prendre alors conscience de ce qui nous entourait. Le froid, la pluie, le noir. Mon monde.
- C’est le crépuscule, murmurai-je, en m’imprégnant moi aussi de la réalité.

Les ombres, la forêt, l’éternelle obscurité qui nous était nécessaire. La fin du jour qui nous permettait aussi d’être nous-mêmes, libres de nous déplacer alors que les humains se regroupaient chez eux ou dans leurs villes à la recherche de leurs semblables comme pour se rassurer.

- C’est le moment de la journée le plus sûr pour nous, repris-je, voulant lui faire comprendre l’ampleur de nos différences.
- Le plus agréable, le plus triste aussi, en quelque sorte… complétai-je
C’était le moment où nous étions le plus éloigné de notre ancienne condition de mortels.
- La fin d’un autre jour, le retour de la nuit. L’obscurité est tellement prévisible, tu ne trouves pas ? ajoutai-je enfin.

Avait-elle saisi mon message ? Le monde sans couleur qui était le mien ?
Evidemment Bella dit une chose totalement inattendue, éloignant en quelques mots la mélancolie qui m’avait envahi.
- J’aime la nuit. Sans elle, nous ne verrions pas les étoiles. Bien qu’ici ce ne soit guère facile.

Sa dernière assertion était si comique comparée au marasme de mes pensées que je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Je lui enviais cette insouciance et cette fraicheur que ma nature m’interdisait.
- Charlie sera ici dans quelques minutes. Donc à moins que tu ne tiennes à lui révéler que tu passeras samedi avec moi.
Je ne me faisais aucune illusion quant à ce dernier point, je ne fus pas déçu.
- Non merci, répliqua-t-elle.
Elle récupéra maladroitement ses affaires, comme ankylosée par sa trop longue immobilité dans cet espace confiné. Elle se tourna vers moi.
- Demain, c’est mon tour hein ?
Prenant un air faussement scandalisé, je m’empressai de protester.
- Certainement pas ! Je n’en ai pas terminé avec toi.
De plus, je refusai de lui en apprendre encore plus sur ma monstruosité, je voulais encore profiter de sa présence confiante et enregistrer encore plus de détail sur sa vie avant d’en être certainement privé. Cette possibilité me déchira.
- Qu’y a-t-il de plus à savoir ? s’enquit-elle.
- Je te le dirai demain.
Elle avait déjà enfilé son coupe vent et je me décidai à regret à lui ouvrir la portière, son père allait être là d’une minute à l’autre. Au moment même où je me penchai au dessus de son corps, je sentis son cœur s’emballer mais la douce sensation que cette tachycardie aura pu me procurer me fut voler. Des pensées haineuses vinrent percuter mon cerveau.
Il faut mettre Charlie au courant, les Cullen ne sont pas fréquentables. Surtout pas pour Bella. D’abord vérifier qu’elle va bien. S’ils enfreignent le traité, on les chassera, on les tuera. On est plus nombreux. Bientôt on sera encore plus nombreux.
- Aïe ! marmonnai-je pour moi-même.
Les Quileutes ! Que je subisse les conséquences de mes choix était une chose. Que ma famille en pâtisse en était une autre.
Evidemment Bella perçut mon changement d’humeur.
- Que se passe-t-il ?
Je fis bref.
- Des complications.
Il fallait que je m’éloigne rapidement pour ne pas donner plus de sujets de réflexions à ces maudits indiens et je devais prévenir Carlisle. J’ouvris rapidement la pore de la Volvo, m’écartant de Bella autant que possible. Peut-être cet homme penserait-il que je l’avais juste raccompagnée en raison du mauvais temps, tentai-je de me rassurer. La voiture approcha, éclairant la route de ses phares.
Les pensées du conducteur, un enfant, étaient juste empreintes de curiosité. Il jaugeait la voiture et la jalousie se mêlait à l’admiration. Rosalie aurait été satisfaite de son jugement sur les modifications apportées à mon véhicule. Le passager avait arrêté de jurer, se faisant maintenant soupçonneux. Il pouvait apercevoir le visage de Bella interrogatif et le mien qui le fixait, lui. J’entendis malgré la pluie le moteur d’une voiture de patrouille approcher.
- Charlie est au carrefour, lançai-je
Bella dut saisir l’urgence dans ma voix et sortit vite sans rien dire.
Les réflexions du jeune garçon se précisèrent. Son admiration pour Bella était indéniable et il comprenait qu’un lien nous unissait elle et moi, ce qui lui fit un peu trop de peine à mon gout. Il me jugea séduisant ce qui m’aurait fait sourire si la situation avait été différente. Mon attention se fixa rapidement sur le vieil homme assis à coté de lui. Il éprouvait de l’affection pour Charlie et sa fille. Elle n’a pas l’air d’aller mal. Juste inquiète. Mais très vite, ces idées prirent une tournure déplaisante. Il n’a pas enfreint de règles, pas encore, je ne peux pas les enfreindre non plus. Mais Bella… S’il lui fait du mal. Je dois appeler les autres pour prendre une décision.

J’en avais assez entendu. Je démarrais en trombe prévenir Carlisle.
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MessageSujet: Re: Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward   Dim 7 Mar - 9:39

Chapitre 13 Equilibrisme

Billy Black ! Il ne manquait plus que lui dans cette situation déjà assez complexe. Je roulais vite, à une vitesse quelque peu indécente pour des humains, mes règles de prudence s’étaient envolées. A ma décharge, ces indiens avaient gâché mes derniers moments avec Bella et mes ressentiments exacerbés à leurs égards nécessitaient un exutoire rapide que la vitesse m’offrait maintenant en me calmant partiellement. La façon dont j’avais quitté Bella ne me plaisait guère et la prescience d’ennuis à venir accroissait mon inquiétude. Je devais retrouver un semblant de sérénité avant de m’entretenir avec Carlisle. Toujours de bons conseils, j’espérais que mon père saurait prendre la décision qu’il convenait quant à l’attitude à adopter.
Mon esprit méthodique et froid paraissait m’avoir quitté depuis quelques mois déjà, et il me faisait cruellement défaut à cet instant, je n’arrivais pas à saisir les implications de la présence du vieil indien auprès des Swans. Aucune des options qui auraient du dicter ma conduite à venir ne me convenait, je ne voulais ni quitter Bella ni faire quoique ce soit qui pu donner un prétexte à ce Bily black pour menacer la quiétude de ma famille, j’étais dans ce qui ressemblait à une impasse. Jamais les sentiments ne devaient intervenir dans nos prises de décisions je le savais, seuls les faits et les conséquences de nos actions devaient peser dans la balance. Ces préceptes qui avaient montré leur force ne dominaient plus ma vie depuis quelques temps. Seule Rosalie me le rappelait ouvertement mais les autres membres de ma filles s‘ils respectaient mes choix et paraissaient sincèrement heureux de me voir oublier ma vie solitaire ne pourraient qu’adopter le point de vue de ma sœur si les choses se gâtaient avec l’immixtion des Quileutes dans notre quotidien.
Mon attitude ne pouvait en aucun cas être à l’origine de la rupture d’un traité qui nous permettait de vivre au grand jour ici.
Le trajet avait paru si court que je fus moi-même étonné de voir la porte du garage s’ouvrir. Alice apparut. Ma sœur évidemment devait déjà tout savoir de mes tourments, des visions atroces avaient du l’assaillir. Je ne perçus pourtant rien, son esprit était volontairement concentré sur les paroles d’une très ancienne prière arabe censée accroitre la longévité de celui qui la récitait avec foi. Ma sœur avait un sens de l’humour douteux quelquefois. Que me cachait-elle ?
Je garai la voiture et ouvrit brutalement la portière, prêt à l’agresser verbalement. Elle prit les devants et arrêta mon élan rageur.
-tst tst tst fit-elle, en secouant la tête un grand sourire aux lèvres.
-Alice… ? grognai-je malgré moi.
Son visage prit une expression contrariée.
- N’en veux pas aux autres mais ils ont eu une conversation agitée tout à l’heure, à cause de…
- Rose !
Je venais de percevoir les pensées que ma sœur tentait de me cacher maladroitement. Certes, cela m’agaça un peu, comme quasiment tout ce que Rosalie faisait et qui me concernait, jalousie, ressentiments et incompréhensions étaient devenues depuis longtemps le moteur de nos relations. Mais, je fus soulagé de constater que rien d’autre n’alarmait Alice. Toujours inquiet je ne pus m’empêcher de m’enquérir d’une confirmation
- tu n’as rien à me dire, fis-je.
L’expression de ma sœur se fit suspicieuse, elle pencha la tête sur le coté, petit tic de voyante selon elle, comme pour sonder mon avenir, chose qui m’agaçait toujours.
- Non, je devrais ? fiit-elle par avouer un peu déçue
- Euh, je ne sais pas, avouai-je. Carlisle ?
- Dans le salon avec les autres, fit-elle en ouvrant la porte de la maison.
Je la suivis, ne sachant trop comment aborder le sujet qui me préoccupait devant la famille rassemblée
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MessageSujet: Re: Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward   Mer 10 Mar - 7:05

Ce sera sans doute mon dernier post sur ce forum. Je n'ai pas l'impression que cette histoire passionne. Je vais passer à une autre...
Razz

Cinq paires d’yeux se fixèrent sur moi alors que je m’approchais de la grande table du salon, eternel témoin de nos discussions. Personne ne semblait vouloir briser le silence qui s’était installé. Finalement Rose en proie à ces eternels tourments égoïstes rompit la trêve tacite.

- Tu dois quitter cette… humaine, sur le champ ! siffla-t-elle. Tu sais très bien que tu vas la tuer après demain si tu ne le fais pas. On est tous d’accord là-dessus, ajouta-t-elle comme pour désamorcer la réplique acerbe qu’elle sentait venir.
- Ah oui, vous êtes tous d’accord !, fis-je d’une voix suave. Je suis heureux d’être le sujet de vos conversations nocturnes, en dévisageant de façon peu amène chacun des membres attablés.
- Ce n’est pas tout à fait ce que nous avons dit Rose, fit Carlisle d’une voix dénuée de ressentiment.
- Pas tout à fait ? répétai-je moqueur, en plongeant mon regard dans celui de mon père.
- Rose a voulu discuter de ses inquiétudes avec tout le monde, jugeant que je devais intervenir auprès de toi pou t’evi…
- Je vois, fis-je en lui coupant la parole. Rose est toujours aussi… réfléchie, ironisai-je.
Sournoise ma paraissait plus adéquat comme qualificatif mais je décidai de m’abstenir d’être aussi incisif pour l’instant. Mes préoccupations premières ne tournant plus autour de ce Weekend que j’allais devoir annuler de toute façon, je préférai désamorcer la bombe avant de la jeter aux yeux de tous.
- Eh ? fis-je tout de même curieux de savoir ce que ma famille décidait dans mon dos.
- Eh rien, fit Esmée avec douceur. Nous avons tous convenu que ta situation était… particulière mais je ne permettrai à quiconque de te dicter ta conduite. Surtout que Rose a eu quelques écarts de conduite similaires…
- Similaire ? Crois-tu, mère, que le mot « similaire » soit adapté. Je n’ai jamais tué, assassiné devrais-je dire des humains de façon aussi méthodiques que…
- Ah oui, cracha Rose. Tu as la mémoire courte Edward. Veux-tu que je te remémore quelques uns de tes actes de sainteté ?
Les mots de ma sœur percutèrent mon cœur, mais je n’en laissai rien paraître.
- des criminels, Rose !
- Quelles différences avec ce que j’ai tués ?
- Cela suffit, coupa Carlisle. Edward ne va tuer personne !
- Je ne veux pas être défaitiste, intervint Emmet mais les visions d’Alice sont un peu… confuses et…
Ses yeux se fixèrent sur ma sœur qui se tenait en retrait.
Je me tournai vers elle, elle m’adressa une petite moue contrariée.
- Ainsi, vous pensez tous que Bella va mourir… fis-je un peu décontenancé. Je regardai à nouveau mon frère.
- Emmet ?
Il baissa les yeux, son attitude était un aveu assez clair et j’en fus blessé mais n’en montrant rien je me tournai vers Jasper, la même question muette dans mon regard. Il répondit sans sourciller, sa voix posée me fit frissonner.
- Je ne vois pas ce qui la différencie des autres humains à tes yeux en dehors de son odeur alléchante fit-il. Mais je vois mal comment loin de tout tu pourrais contenir tes instincts. Tu connais mon opinion sur le sujet.
Je savais les difficultés avec lesquelles Jasper se débattaient et sa réponse franche ne m’étonna guère, je ne lui en voulais pas même si ainsi exposées ses certitudes me glaçaient.
- Père ? Mère ?
Esmée répondit à la place de mon père. Elle lui prit la main et ses yeux tendres plongèrent dans les miens.
- Nous avons confiance en toi, Edward tu le sais mais Alice et ses visions nous inquiètent. Toutefois, nous avons décidé de ne pas intervenir et te laisser seul juge de tes aptitudes à te contrôler.
Ses pensées reflétaient ses inquiétudes et je savais qu’elle était tiraillée entre l’espoir de me voir enfin heureux et la peur de la tragédie qui pouvait survenir et qui noierait à jamais tous ses espoirs. Le ton métallique de Rosalie me fit frémir.
- Baliverne, j’en ai assez de déménager sans cesse. Faire des valises, défaire des valises sans arrêt. Vivre dans des endroits sordides.. ; J’en ai assez, je veux rester ici. Les humains ont une chance extraordinaire, ils peuvent vivre où ils veulent quand ils veulent et nous…
Sa voix se brisa.
Ma sœur était debout les traits tendus, les mains crispés sur le rebord de la table. Je sentais sa peur, sa déception et sa rancune envers moi. Je ne lui en voulais pas outre mesure, habitué à voir continuellement ce ty pe de tourments l’habiter. Ce qui m’ennuyait le plus était le quasi consensus que ma situation avait reussi à génerer. Le fait etait assez rare pour meriter reflexion. Emmet coupa le court de mes reflexions

- Je sais ce que tu penses, Edward. Je sais aussi que tu ne veux pas lui faire de mal. Mais moi-même j’ai connu la soif et la tentation qui t’animent et je sais aussi qu’en 10 s tout à basculer. Je n’ai pas pu y résister. Tu es plus fort que moi mais là… Seul avec elle…
Les pensées qui défilaient dans sa tête étaient assez explicites pas besoin d’en rajouter. Je me tournais vers Alice qui m’avait pris doucement la main.
Ses idées claires me firent un bien fou et balayèrent un bref instant mes doutes.
- Moi j’ai confiance, me souffla-t-elle.
- Merci Alice, fis-je en déposant un baiser sur sa joue.
Je décidai de changer le sujet de conversation pour a la fois me permettre d’y réfléchir sans être l’objet de la curiosité générale et aussi parce que la situation exigeait une réaction rapide.
Petite revanche mesquine destinée à troubler tout le monde, je fis un condensé :

- J’ai vu Billy Black chez Bella tout à l’heure.
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MessageSujet: Re: Midnight sun autrement dit Twilight selon le point de vue d'Edward   Aujourd'hui à 22:08

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