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 J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella

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Tititof
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MessageSujet: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Ven 27 Nov - 17:57

Bonjour à toutes et à tous s’il y a des mecs lecteurs

Je profite un peu de la vague New Moon pour vous poster une fanfiction que j’ai écrite cet été suite à la demande de mon amie qui comme moi, n’était pas satisfaite du choix de Bella et du volume 4 de cette saga. Elle m’a demandé : « Ecris-moi une fic où Bella changerait d’avis et choisirait Jacob » Evidemment, pas facile mais le défi m’a plu et j’ai essayé de le relever.
J’ai décidé de faire commencer ce nouveau volume 4 à partir du chapitre 26 de Hésitation. Enfin, je ne peux pas trop vérifier le numéro du chapitre puisque ma mère m’a embarqué mes bouquins mais disons que l’histoire recommence après la bataille entre les loups-garous et les vampires et Bella n’est pas encore allée voir Jacob qui est blessé. Vous retrouverez quelques points avec Révélation car j’ai du garder des éléments clefs de l’histoire originale pour placer la mienne.
Je ne voulais pas poster cette fic parce que Jacob n’est pas le personnage le plus apprécié mais j’ai remarqué que, même si la team est en minorité, il y a quand même des membres ici qui l’aiment et je trouvais dommage de ne pas partager mon amour de ce personnage avec eux ou elles plutôt Wink
L'histoire est racontée du point de vue de Jacob mais aussi de Bella, rien qu'au titre du chapitre, vous devriez savoir qui parle. Cette fic fait 144 pages mais je ne vous poste que quelques chapitres, déjà pour voir si vous accrochez Wink
Voilà, bonne lecture !


* * * * * * * *

1. Y a rien de pire que d’être dépendant d’un vampire…ah si, lui sauver la vie !

Cette jambe me faisait un mal de chien ! J’essayais de la plier mais je sentais encore une résistance. Je pensais pourtant que je pouvais guérir plus vite que ça… mais apparemment, les cassures mettaient plus de temps … celle de la clavicule m’avait empêché de dormir mais ce matin, ça allait mieux. Le docteur Cullen avait eu raison…je serai vite rétabli… le docteur Cullen, c’est marrant mais celui-là, je n’arrivais pas à le voir de la même façon que les autres. Il semblait tellement calme, tellement sûr de lui que pendant ses visites, j’en arrivais même à oublier ce qu’il était…même son odeur était plus supportable que les autres…c’était sûrement dû au fait qu’il fréquentait beaucoup d’humains à l’hôpital ? Ou peut être à cause de la super dose de morphine qu’il m’avait injecté ? …mais c’était aussi ses yeux…bien que ça me répugnait de l’avouer, je voyais que celui là était « bon ». Pour lui, je pouvais comprendre que Bella l’aime bien mais les autres… j’aimais cette chaleur dans le ventre à chaque fois que je pensais à elle, la douleur était plus supportable quand je revoyais son visage…je sentais encore son parfum sur mes mains et je n’arrivais toujours pas à croire qu’elle s’était laissée faire… « Embrasse-moi Jacob », ces mots chantaient dans ma tête et je sentais mon cœur battre si fort que j’avais l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine ! Elle m’aimait, j’en étais sûr maintenant ! Elle ne pourrait plus me sortir ses trucs du genre « tu n’es que mon ami » ou « je ne ressens rien pour toi », elle m’avait donné la chance de lui prouver le contraire et même si j’avais un peu exagéré en la menaçant de me tuer, ça valait le coup ! C’est vrai, je n’aurai pas dû lui débiter des trucs pareils… pas trop honnête de ma part… mais elle me pardonnerait, j’en étais sûr. Elle m’avait rendu mon baiser, elle s’était laissé aller et je m’accrocherai à ça de toutes mes forces ! Le combat n’était pas fini, il me restait une chance et elle était plus grande qu’avant maintenant que nous nous étions embrassés !
Non, il ne valait mieux pas que j’essaie de changer de position ni de me lever… j’aurai pourtant bien aimé être près de la fenêtre plutôt que dans ce satané lit. Je voulais la voir arriver…elle n’allait pas tarder… en fermant les yeux, le temps passait plus vite…

- Bonjour Jacob…

Bon sang, je ne l’avais pas entendu celui-là ! Ce docteur Croc avait le don d’apparaître à mon chevet sans faire le moindre bruit.

- Désolé, je t’ai fait peur. Comment te sens-tu ?
- Ça peut aller …, marmonnais-je.
- La morphine se dissipe, sinon tu ne serais pas éveillé…
- Ça va …
- La douleur va revenir et je ne sais pas trop comment tu vas la ressentir … vu que ton organisme est différent.
- Je supporterai, croyez-moi !

Il me fit un léger sourire tout en déballant ses gants.

- Je n’en doute pas, tu as l’air résistant.

Il se pencha sur moi et je compris pourquoi ses gants étaient si épais car malgré eux, je sentais le froid de ses mains passer le long de ma jambe. Ça ne devait pas être simple à l’hôpital mais les gens devaient être habitués à sa peau glacée. Curieusement, le fait de s’occuper de moi ne lui posait pas de problème…celui-là était vraiment différent. Bella avait peut être raison ? Les choses pouvaient peut-être changer entre nos deux peuples…une pression de ses doigts m’arracha une grimace…

- Excuse-moi Jacob…

Ah…pourquoi fallait-il qu’il soit aussi correct ! Ses mains expertes examinaient chaque centimètre de ma jambe puis il se dirigea vers mon épaule. Son odeur chatouillait mes narines mais ce n’était pas aussi insupportable qu’avec les autres. Je tournais la tête, il me sourit, comprenant ma retenue.

- ça ira vite…je vais te donner encore un peu de morphine…tu vas en avoir besoin.
- Non merci… car je voudrai…enfin, je ne veux pas être dans les vapes quand Bella viendra me voir.

Je ne voyais aucune réaction sur son visage. J’avais pourtant eu une soudaine envie de le provoquer comme si c’était Edward mais il n’avait pas bronché. Il continuait son examen, toujours aussi calme. Ce n’était pas Edward…mais je me disais qu’il devait sûrement savoir quand Bella allait venir, peut-être qu’il attendait que je sois mieux pour l’autoriser à me rendre visite ?

- Quand va-t-elle venir ?

Il retira ses gants et les rangea soigneusement dans sa mallette, posée sur ma chaise de bureau. Puis, il tourna son visage pacifiste vers moi et je vis qu’il cherchait à formuler sa réponse.

- Jacob, tu ne dois pas te transformer avant d’être complètement rétabli…

Je m’en fichais de ça ! Il ne répondait pas à ma question !

- Quand Bella va-t-elle venir me voir…docteur ?
- Carlisle…
- Q…Quoi ?
- Je m’appelle Carlisle.

Il soupira mais me sourit. S’il n’avait pas été aussi froid, j’aurai presque pensé « chaleureusement ». Son regard me faisait penser à un père qui ne veut pas blesser son enfant et cette idée m’affola quelques secondes. Qu’allait-il me dire ?

- Jacob…je ne surveille pas Bella. Je vais lui dire que tu vas mieux et elle décidera elle-même du moment de sa visite.

Et moi qui pensais qu’on allait avoir une grande conversation du genre « Elle va nous quitter pour toi » ou « Je sais que vous vous aimez maintenant », sa réponse me disait clairement qu’il ne se mêlait pas des histoires de cœur de sa famille et qu’il ne me donnerait aucun espoir. Je soupirais et reposait ma tête sur l’oreiller. Il prit sa mallette et me fixa quelques secondes avant de continuer :

- Jacob…pas de transformation avant au moins deux jours. Tes muscles et ta peau se sont bien remis, tes os se sont presque consolidés mais comme je ne connais pas ton organisme, je ne peux pas te garantir qu’il ne se passera rien si tu te métamorphoses… Peut-être que j’ai tort ? Peut-être qu’une transformation t’aiderait à guérir plus vite ? Mais, je ne le sais pas donc dans ce cas, je te conseille la prudence.

Je ne répondais pas. Mon esprit souffrait tout à coup violemment de l’absence de Bella. Pourquoi n’était-elle pas encore là, près de moi ? A la place de ce …cet …enfin…
Il me posa deux comprimés sur ma table de chevet.

- Jacob, je reviendrai demain matin. Tu devrais te reposer.
- Oui …oui, soufflais-je.

Qu’il aille au diable ! Si Bella n’était pas venue d’ici demain, j’irai la voir chez elle ou chez les sangsues, peu importe !
Je ne l’entendis pas quitter la pièce. Je me retrouvais seul avec mes angoisses. Pourtant, j’étais si confiant il y a quelques minutes ! Qu’est-ce qui avait changé ? C’était lui ! Sa façon de me regarder comme si il ne voulait pas aborder le sujet « Bella » m’avait affolé. Et si elle ne venait pas me voir ? Et si elle avait fait son choix malgré ce que nous avions vécu ensemble avant la bataille ? Non, elle ne pouvait pas le nier. Nous devions au moins en parler ! Je ne la laisserai pas partir comme ça, pas après ça. Si demain elle n’était pas encore venue, tant pis pour les conseils du docteur Croc, j’irai à Forks !

La nuit allait tomber. J’entendais le fauteuil de Billy rouler doucement sur le plancher de la cuisine. Je me sentais comme dans du coton, j’entendais vaguement les piaillements des oiseaux, de temps en temps, le cri d’un faucon...

- La journée ne passe pas ...

Il fallait que je bouge. La nuit approchait …

- Billy !

Ah bon sang ! Cette jambe était trop raide…il fallait que je l’appelle. Je réussi à crier malgré mon état cotonneux.

- Papa, passe-moi le téléphone s’il te plait !
- Tu ne devrais pas bouger clébard…

Je sursautais. Encore un que je n’avais pas entendu arriver ! Et encore une fois, ce n’était pas Bella…
Ça y est, il était là…le moment de la confrontation était venu et je n’étais même pas en état de me défendre ! Pas de transformation avait dit docteur Croc … tu parles ! Tant pis pour la jambe si je pouvais réduire ce parasite en miette !

- Qu’est-ce que tu viens foutre ici ? Tu n’es pas censé venir sur mon territoire…

Edward me fit un bref sourire moqueur et vint s’installer sans bruit sur la chaise que son père ou son « je ne sais quoi » avait occupé quelques heures plus tôt. Il me fixait, je le sentais mais je ne parvenais pas à tourner la tête vers lui…lui à la place de Bella, nom d’un chien ! Est-ce que toute la famille allait défiler comme ça jusqu’à ce que je devienne fou ?

- Mon père m’a dit que tu étais réveillé…
- Ouais…et alors ?
- et … Sam m’a donné l’autorisation spéciale de venir à la Push, déclara-t-il calmement.

Sam ? Ah si seulement je savais ce qui se tramait dehors ! Pas de transformation, pas de connexion ! Imaginer Sam en train de parler avec ce buveur de sang me faisait bouillir.

- Je suis venu pour te remercier Jacob…

Malgré moi, je tournais la tête vers celui que je devais le plus haïr au monde. Il me fixait toujours mais je fus surpris de trouver un sourire sur ses lèvres. Et moi qui pensais qu’on en viendrait aux dents !

- Non je ne suis pas venu te foutre une raclée…

Cette fois, il sourit tellement que je cru même qu’il riait. Alors que voulait-il ?

- Me remercier de quoi ?
- De votre alliance durant cette bataille, de ce que tu as dû subir et …
- Je ne l’ai pas fait pour toi ! ni pour qui que ce soit de Ta famille ! j’ai sauvé Bella et… Leah, point barre !
- Oui … et justement, tu as fait tout ça pour Bella. Je ne te remercierai jamais assez de tout ce que tu fais pour elle…

Quoi ??? Mais il débloquait ? Ou alors … non, son air suffisant m’alarmait. Ou était-ce un restant de morphine qui me provoquait des angoisses inutiles ? Où était Bella ?

- Elle viendra Jacob…mais plus tard, m’assura-t-il.
- Plus tard ? Comment ça plus tard ?
- Ecoute…

Je ne faisais que ça ! L’écouter… mais il ne me donnait pas les réponses que j’attendais !

- Bella viendra ou peut-être pas …
- Quoi !
- Laisse-moi finir…

Il allait me rendre dingue, mon envie de le mordre m’envahit furieusement et je sentis mes membres s’agiter. La douleur était forte…il fallait que je me calme. Edward s’était tus, sachant que sa présence était la raison de mon mal. Je parvenais à me contrôler. Après un moment, il continua mais plus doucement, comme si le ton de sa voix pouvait apaiser ma souffrance !

- Jacob…Bella est avec Charlie, elle devait le voir…avant toi …
mais si je suis venu aujourd’hui, c’est pour te dire de vive voix que, malgré notre aversion naturelle, nous ne serons jamais vos ennemis…surtout après ce qu’il s’est passé cette nuit entre nos deux familles.

Ah…quand il me parlait comme ça, je n’arrivais plus à me dire que je haïssais ce type.

- Tu parles comme un sage …, lui rétorquais-je.
Ma remarque le fit sourire.
- Mais je suis un sage ! Rappelle-toi que j’ai cent ans de plus que toi !

Si on continuait comme ça, on allait devenir potes et moi, je n’étais pas un sage ! Mon envie de le provoquer me revenait furieusement. Je ne le lâcherai pas. Il allait en avoir pour son compte ! Je repensais donc à notre baiser et cette pensée le fit se lever d’un bond ! Son sourire avait disparu. Que croyait-il ? Que nous étions amis parce que nous avions combattu ensemble ? Il serrait les dents mais se retenait. Pourquoi ?
Il se dirigeait vers la porte mais en posant la main sur la poignée il se retourna vers moi et me toisa quelques secondes. Je pensais « vas-y, lâche-toi ! ». Mais voilà qu’il souriait maintenant !

- A l’avenir, évite de raconter des histoires aux filles que tu as envie d’avoir dans ton lit…c’est minable.

Son attaque n’était pas trop celle que j’attendais.

- Va te faire voir Cullen !
- Comme c’est dans sa nature, elle te pardonnera.

Je ne préférais pas lui répondre. Si ça l’amusait de jouer le donneur de leçon… et puis, il n’avait pas tort, je le savais…

- Au moins, tu le reconnais …

Il fallait toujours qu’il lise dans mes pensées !

- Au revoir Jacob.
- C’est ça !

Il était parti si vite que je ne vis même pas la porte se refermer.

La nuit fut atroce. La douleur avait diminué mais celle dans ma poitrine était insoutenable. Je ne voyais que son visage. Lorsque j’étais éveillé, je revoyais ses yeux, sa bouche si douce, et puis son sourire, je sentais même ses mains sur ma nuque mais dès que je m’assoupissais, je la voyais avec lui, ou je le voyais lui, tout seul, me souriant de son air supérieur. Je devais beaucoup m’agiter car le lit était dans un sale état. Billy venait me voir de temps en temps, peut-être parce que mes cauchemars le réveillaient ? Ou peut-être qu’il ne dormait pas ?

Lorsque l’aube pointa, j’avais réussi à me lever, debout, contre la fenêtre. La cour était vide…aucune camionnette rouge n’était venue hier et j’étais sûr maintenant qu’elle ne viendrait pas non plus aujourd’hui. Mon envie d’aller la retrouver chez elle ou chez les sangsues était en train de faire place à une sourde colère…
Un souffle glacé me fit hérisser les poils de la nuque mais l’odeur m’était familière.

- Bonjour Carlisle…
- Bonjour Jacob, je vois que tu vas mieux ce matin…c’est époustouflant !

Instinctivement, je passais ma main le long de ma jambe encore un peu raide mais sans quitter les yeux de la cour. Il se plaça derrière moi mais à bonne distance…je n’étais plus invalide, je pouvais attaquer maintenant. Lorsque je compris ces craintes, je me tournais vers lui et j’eu même la force de lui sourire. Lui, je ne voulais pas lui faire de mal, ni même qu’il le croit…

- Pourtant, dans le bizarre, vous vous y connaissez non ?

Il sourit et se détendit.

- C’est différent, ton corps est comme de la magie pour moi. Je ne saurais jamais comment vous mutez…
- Pourquoi ?
- Pour cela, il faudrait que j’examine l’un des vôtres pendant très longtemps, faire des analyses, des prélèvements …
- Bref, nous disséquer quoi !

Ma remarque le fit rire doucement. Il posa sa mallette au même endroit qu’hier et l’ouvrit. Je me trainais donc vers le lit pour son ultime examen. Comme la veille, il avait pris soin d’enfiler des gants très épais pour palper mon corps.

- Vous mettez toujours ces trucs quand vous examinez vos patients ? Ils doivent se poser pas mal de questions…

A nouveau, il sourit de son air si sage.

- Non, ceux-là je te les réserve. Ta peau est beaucoup plus chaude que celle des personnes que j’ai l’habitude de voir…le contact de ma peau sur la tienne te serait très désagréable vu la différence de température.

J’eu envie de lui répondre qu’il n’y avait pas que leur peau qui était désagréable, leur odeur aussi ! Mais, pour une raison que je ne parvenais pas à m’expliquer, celui-là, j’avais envie de le respecter. Alors je m’entendis lui répondre :

- Vous prenez trop bien soin de moi docteur Croc …

Cette fois, il rit pour de bon et je souriais moi-même du surnom que je lui avais donné.
Mon optimisme allait revenir. Aujourd’hui, Bella viendrait ! Mon esprit perdu dans mes pensées, je n’avais même pas remarqué que l’examen était fini et qu’il avait rangé ses affaires. Je le surpris en train de m’observer. Je me relevais, attendant le verdict.

- Attend encore une journée Jacob et je pense que ça devrait aller.
- Ok …c’est vous le doc.

Il hocha la tête en souriant.

- Au revoir Jacob et encore merci !

Il faisait encore allusion à notre alliance…cette histoire allait sûrement être raconté pendant des générations au coin du feu, d’un côté comme de l’autre.
Il quitta ma chambre. Ainsi, il ne me donnerait pas des nouvelles de Bella …
Je me levais et allait me placer à nouveau à la fenêtre. Que devais-je faire ? Prendre la voiture et foncer chez elle ? Attendre ?
Ce silence … quelque chose clochait … les oiseaux de la forêt s’étaient tus. Mon instinct me souffla qu’il se passait un truc pas cool dehors. En boitant légèrement, je sortis de ma chambre. Dans son fauteuil, Billy était dans l’encadrement de la porte d’entrée et regardait dehors. Je me déplaçais jusqu’à lui pour assister à la scène qu’il observait sans broncher. La première chose que je reconnus fut la blondeur des cheveux du docteur Cullen, encore sur les marches du perron. Face à lui, trois loups en position d’attaque. Je poussais mon père et me plaçait derrière le docteur. Je ne les reconnaissais pas.

- A quoi vous jouer là ?

Evidemment, ils ne me répondaient pas, se contentant de grogner. Mais lorsqu’ils m’avaient vu, ils avaient reculé d’un pas. Carlisle se tourna légèrement vers moi.

- Jacob, ça va aller mais je crois que tes amis ont oublié leur permission.

Ce n’était pas des membres de ma meute mais ça, le doc ne pouvait pas faire la différence.
Un des jeunes loups montrait les dents, prêt à attaquer. Qui étaient-ils ? Ils avaient l’air très jeune. Je passais devant Carlisle et m’approchait d’eux. Ils reculèrent encore d’un pas mais l’un deux semblait très fougueux. J’entendis alors Billy me dire depuis la maison :

- Ce sont les petits-enfants du vieux Willy, Jake…ils ont muté très récemment et ne savent pas trop se contrôler.

Comment ça ? Sam devait le savoir ! Pourquoi n’était-il pas là à les aider, comme avec moi ? Billy semblait avoir deviné mes pensées.

- Les autres sont avec Sam, chez lui et je ne crois pas qu’il soit au courant. Ça doit dater de ce matin…
- Alors appelle-le ! Qu’est-ce que tu attends ? , lui rétorquais-je, agacé.

Je ne savais pas comment mon père avait pu les reconnaître vu leur apparence mais ça n’avait pas trop d’importance. Je connaissais ces gamins. Et le plus vieux était assez instable, le genre de gosse qui posait toujours problème. Avec le nombre important de vampires qui avaient trainé dans les parages cette nuit, celle-ci avait dû être mauvaise pour peut-être beaucoup d’autres jeunes. Le docteur Cullen était tendu comme un arc. Il fallait que je les calme.
Je vis mon père faire pivoter son siège et rentrer à la maison. J’étais dos aux autres et soudain je sentis que le plus vieux des jeunes loups s’était avancé. Ses crocs bien en vue, il fixait le docteur d’un air très menaçant. Il avança encore d’un pas et grogna fortement. Je ne réfléchis même pas. J’entendis juste le docteur Cullen crier :

- Non Jacob !

La douleur était pire que ce que j’avais pu imaginer mais maintenant, j’étais en état de les affronter ! Je me plaçais entre le doc et eux.

- Vous n’avez rien à faire ici ! Laissez-le partir !
- Ce type pue à cent mètres et on veut lui faire la peau !


Ils étaient très jeunes et ne savaient même pas ce qu’était exactement Carlisle mais leur instinct leur donnait cette envie de le tuer, car ils étaient nés pour ça …

- Il va partir…vous allez le laisser quitter notre territoire. Il ne vous touchera pas.
- Dégage ! ça va aller vite à trois ou à quatre si tu nous aides !


Il fallait que je sois plus agressif. Mais je n’eu pas le temps. Celui qui grognait le plus bondit sur sa proie et je dus le contrer par un gros coup de tête dans la poitrine. Le jeune loup fut propulsé à plusieurs mètres en hurlant de douleur. Je sentis que Sam et Quil avaient muté.

- Vous ne le toucherez pas ! déclarais-je, le plus durement possible.

Tout à coup, les deux autres loups se couchèrent, obéissants. Mais celui que je venais de frapper se remit rapidement sur ses pattes et s’élança vers moi. Je n’avais pas entendu l’ordre de Sam mais les jeunes loups avaient obéi immédiatement.

- On est là Jake…

Sam et Quil se placèrent devant moi près à affronter les jeunes loups. Soulagé, je les laissais s’occuper d’eux et me tournais vers le docteur qui n’avait pas bougé. Pourtant, il aurait pu filer pendant que j’affrontais les autres. Je repris ma forme humaine mais lorsque je voulus faire un pas vers lui, je m’écroulais à terre. Je sentis ensuite des mains glacées se poser sur ma jambe et je poussais un cri de douleur.

- Tu n’aurais pas du Jacob…
- Vous êtes suicidaire ? Parce que si c’est ça, fallait le dire !

Je l’entendis rire doucement mais son visage semblait soucieux.

- Quoi ? elle est à nouveau cassée ? m’inquiétais-je.
- Non, je ne crois pas mais tu as besoin de repos…

Sam et les autres avaient filé vers la forêt. Leur initiation allait commencer, Sam avait du boulot vu le tempérament de l’un deux. Ces jeunes devaient avoir quoi ? Quatorze ou quinze ans ? En plein dans l’âge rebelle. Je me forçais à me relever et il vint me soutenir. Sa peau froide me faisait vraiment frissonner mais je réussi à me trainer jusqu’à ma chambre. Lorsqu’il me lâcha pour que je m’installe sur le lit, je me sentais déjà mieux.

- Je dois partir Jacob. Tu dois vraiment laisser ta jambe au repos aujourd’hui et peut-être un peu plus maintenant. Mais je pense que ça ira.
- Ça m’a fait un mal de chien lorsque j’ai muté !
- Je me doute mais je pense que malgré tout, tu seras vite remis.
- Bien …
- Merci pour ce que tu as fait…nous avons fait beaucoup de chemin depuis hier.
- Oui …

Même si cette idée ne me plaisait pas, il avait raison. Si on m’avait dit que je m’interposerais entre mes frères et une sangsue pour sauver la sangsue, j’en aurai ri à me décrocher la mâchoire !
Je ne le vis pas partir. Il semblait pressé. Je me retrouvais donc encore une fois seul avec mes pensées…
Bella devait avoir eu un problème ! Charlie avait peut être eu une crise cardiaque et elle était avec lui à l’hôpital ? Non idiot, Billy le saurait… Une panne ? Elle aurait téléphoné …
La sangsue la retenait prisonnière ! Ça c’était une possibilité ! Il avait sûrement piqué une crise après qu’elle lui ait annoncé qu’elle le quittait ! Pourtant, il n’avait pas l’air malheureux lors de sa visite …

2. Il n’aurait jamais dû me dire ça !

La journée passa très lentement. Billy venait me voir de temps en temps, croyant que je souffrais de mes blessures mais celle qui était la plus douloureuse n’était pas visible. Il finit par le comprendre et resta planté à côté de moi.

- Qu’est-ce que tu veux ?
- Jacob, mon fils…l’état dans lequel tu te mets n’est pas normal …
Je soupirais…
- Je sais …
- Elle a choisi, Jacob, tu dois l’accepter !

Non ! Non, je ne l’accepterai pas, pas aussi facilement ! Pas après ce que nous avions partagé ! Je ne comprenais pas pourquoi elle n’était pas encore venue mais je ne lâcherais pas ! Comme je ne répondais pas, Billy me laissa en secouant doucement la tête.

Soudain, j’entendis des voix dans la cuisine, discutant à voix basse avec Billy, et me levais d’un bond ! Bella était là, j’en étais sûr ! En ouvrant la porte à toute volée, je fis sursauter Leah …et Seth avait l’air préoccupé. Je le vis baisser la tête…je cru au départ qu’il voulait me dire quelque chose mais mon regard suivit le sien et je remarquais alors une enveloppe dans ses mains. Mon cœur s’accéléra. C’était une lettre de Bella ! Mais vu son air de petit garçon prit à la faute, ce n’était pas une bonne nouvelle. En boitant, je fonçais vers lui et lui arracha l’enveloppe des mains. Il me regarda…penaud. Aïe…la douleur commençait déjà à frémir dans mon ventre pendant que mon cœur tambourinait ma poitrine, prêt à la rompre. Lentement, j’ouvris cette enveloppe qui me paraissait trop luxueuse pour venir d’elle… elle contenait une lettre pliée. A travers le papier, je vis que l’encre des mots coulait par endroit. De la pluie ? Des larmes ? Je déglutis. En la dépliant, une carte glissa dans mes mains. Ma gorge se serra. Je décidais de lire la carte en premier…


Jacob,

J’ai trouvé la lettre ci-jointe dans la poubelle de sa chambre…elle ne sait pas que je te l’ai envoyée mais vu son état, je sais qu’elle n’aura pas le courage de te la donner…
Elle ne te le dit pas dans sa lettre, car nous venons de prendre la décision, mais nous partons pendant quelques temps.


Quoi ? Ma tête se mettait à bourdonner sourdement, mes mains tremblaient. Calme –toi Jacob…tu dois lire jusqu’au bout.

Crois-moi ou non mais je vais profiter de ce temps pour essayer de la faire changer d’avis. J’ai déjà réussi à la convaincre de reporter le mariage et sa transformation

Oui ! Elle a changé d’avis ! Soufflais-je, soudain heureux.

…mais elle souhaite que nous vivions comme un couple normal et je sais que ce choix comporte un grave danger pour sa vie. Nous préférons donc quitter la région pour ne pas rompre le traité.


Comme un couple normal ?... Qu’est-ce qu’il entendait par là ? Un grave danger …Il ne comptait quand même pas … ? Non ! Mes membres tremblaient maintenant si fort que je n’arrivais pas à lire les mots qui suivaient. Une image écœurante envahit soudain mon esprit : encore une fois, je divaguais …je la voyais, presque réelle, si belle, la peau si douce et si blanche… comme à chaque fois, j’avais l’impression que je pouvais tendre la main et caresser sa peau, mais là, pour la première fois, je le voyais lui, son corps plaqué contre le sien, lui faisant l’amour, mordant son cou si fragile qu’elle lui offrait en souriant. La nausée me submergea immédiatement, puis la colère. Mes mains lâchèrent la carte et mon cri de douleur retentit dans toute la clairière.


Je n’arriverai jamais à m’arrêter, il fallait que je courre, que je fuis au plus vite cet endroit maudit, que je la fuis elle …elle qui venait d’anéantir la dernière parcelle de mon âme qui espérait encore.

Pendant plusieurs kilomètres, j’avais senti Seth courir derrière moi mais il n’aurait jamais pu me rattraper. Il l’avait sûrement vite compris car sans même me dire quoique ce soit (je ne l’aurai pas écouté de toute façon !) il m’avait abandonné à ma course folle.
Les branches fouettaient violemment mon museau, il fallait que j’accélère encore pour que ça me fasse plus mal…même si mes plaies se refermaient quasi instantanément, la brûlure que je ressentais à chaque lacération me faisait du bien. L’envie de tuer m’avait complètement envahi et je la ressentais encore au fond de mon estomac et dans ma gorge…cette haine…Lui…ce désir violent de le déchiqueter…j’étais en train de devenir fou…

Comment pouvait-il prétendre l’aimer alors qu’il allait lui faire si mal ? Autant la tuer tout de suite !

Elle était folle et je sentais que cette fois, je n’arriverai plus à encaisser. Allais-je finir par la haïr aussi ?
Mais comment en étais-je arrivé là alors que je ne m’étais même pas imprégné d’elle ?! Est-ce qu’un jour je parviendrai à me libérer ? Il le fallait….

J’avais ralenti ma course. Mon cœur battait encore violemment dans ma poitrine et je compris qu’il ne se calmerait pas de si tôt…
Face à moi, une rivière. J’avais atteint la lisière de cette forêt mais je ne savais même pas où j’étais…je n’avais pas envie d’y réfléchir.
Tout à coup, le souvenir que je m’étais transformé en fuyant me rappela que j’avais tout lâché, même la lettre de Bella…quelle importance ? Cette fois, c’était bon, j’avais mon compte ! Je le sentais au fond de moi, j’étais brisé et j’aurai beaucoup de mal à me relever. Mais est-ce que j’en avais envie ? Lentement, je m’allongeais sur le sol. Le vent balayait ma fourrure et je baissais la tête entre mes pattes.

Le soleil se couchait. Quel silence… aucune voix dans ma tête…les autres ne devaient pas avoir muté, peut être par respect pour moi, afin que je noie mon chagrin et ma colère seul, ou peut être parce qu’ils ne voulaient pas revivre pour la millième fois mes pensées morbides. Et Seth avait dû reprendre forme humaine ou peut-être m’écoutait-il en silence ?

Il commençait à pleuvoir et dans ce calme absolu, le bruit des gouttes d’eau s’écrasant sur les feuilles autour de moi accentua ma solitude. Cette douleur dans ma poitrine ne me quitterait pas … presqu’inconsciemment, je venais de reprendre ma forme humaine. Alors, je repliais mes jambes contre mon torse et baissais la tête sur mes bras, croisés sur mes genoux. L’eau froide que je n’avais pas senti jusque là me faisait du bien. Elle coulait le long de mon corps et apaisait doucement ma fièvre. Cette haine avait fait beaucoup de dégât vu la violence avec laquelle elle m’avait envahie…

Que ressentait-elle vraiment pour moi ? Comment pouvait-elle vouloir mourir de cette façon ? Pour lui ? Je savais qu’elle ne m’aimait pas autant que lui mais l’espoir ne m’avait pourtant jamais quitté …jusqu’à aujourd’hui. Nom d’un chien ! J’étais bien atteint ! Ces satanées larmes envahissaient encore mon visage…ça faisait déjà combien de fois que je pleurais pour elle ? C’était trop ! Il fallait que je me ressaisisse ! Tu l’as perdue idiot, voilà … maintenant, il fallait que j’accomplisse mon devoir, celui pour lequel j’étais né…si ces sangsues revenaient un jour, elles devaient être anéanties par mon peuple et Bella allait faire partie de la fête ! C’était son choix et elle allait devoir l’assumer. De toute façon, dans quelques temps, elle serait morte, peut être même que je ne la reconnaitrais pas alors ça serait plus facile… il fallait que je parle à Sam …
Je me relevais d’un bond et me transformais en une fraction de seconde. La connexion se fit aussitôt car je pensais à lui.

- Rejoins-moi à la maison … quand tu voudras…nous pourrons parler.


* * *


3. Coupable

- Bella ? …Bella chérie, regarde-moi…

Je fixais le reflet de mon visage dans le hublot…mais était-ce vraiment mon visage ? Cette fille qui me regardait…oui, je la reconnaissais…

- Bella … s’il te plait, regarde-moi…

Cette fille triste c’était bien moi, Bella, mais pas celle qui était dans l’avion…c’était l’autre …

- Bella, mon amour, regarde-moi, je t’en prie…

Je sentais le souffle glacé d’Edward à côté de moi et pourtant, je ne parvenais pas à détacher mon regard des yeux de celle qui semblait m’en vouloir…mon autre partie… celle de Jacob…

…encore une fois, je le voyais. L’image de Jacob, avant sa mutation, insouciant, éclatant de rire sur la plage…mon ami… puis celui qui m’avait soutenu, qui m’avait embrassé, celui qui m’aimait. Soudain, je vis son visage ravagé par la douleur, imaginant mon père lui annoncer que j’étais partie…pour un petit bout de temps. Cette image me frappa aussitôt comme un poignard... Pourra-t-il un jour me pardonner pour tout le mal que je lui avais fait ?

- Bella ! Regarde-moi !

Cette fois, le ton d’Edward me fit brusquement tourner la tête vers lui et ce que je lus dans ses yeux me faisait de la peine…voilà que je le faisais souffrir également …

- Bella, si tu savais comme j’aimerai savoir ce que tu penses … là, maintenant …

Bon sang ! Je n’en avais pas le droit. Il fallait que je me ressaisisse ! Que je rassure Edward mais les mots ne voulaient pas sortir de ma bouche… j’avais l’impression qu’ils étaient bloqués dans ma gorge, ou plus profond peut être … Comme je ne répondais pas, Edward baissa la tête et je vis une douleur furtive traverser son visage. Ça me fit l’effet d’une décharge électrique.

- Edward…je …tout va bien…

J’avais réussi à parler ! Ma voix était rauque mais j’avais réussi.

- Bella…depuis notre départ, tu n’as pas prononcé un mot.

Non, car ça m’était impossible…mon esprit était si confus, ma tête bourdonnait si fort …
Et puis, ma propre voix m’empêchait d’avoir une conversation normale…elle n’arrêtait pas de crier : tu l’as abandonné !


L’avion entama sa descente. On nous invita à remettre notre ceinture mais la voix de l’hôtesse m’était parvenue à travers un brouillard. Je sentis alors ses mains froides passer la sangle sur mon ventre et le clic me fit sursauter. Je lui souris. Il fallait que je m’y tienne. J’avais pris ma décision ! J’avais choisi Edward.
Mais pourquoi je ne me sentais plus aussi bien qu’avant ? Pourquoi sa présence ne me suffisait-elle plus ? Pourquoi avais-je l’impression d’être passée à côté de quelque chose ? Est-ce qu’un jour, je me sentirai pleinement heureuse ? Maintenant qu’Edward et moi étions réunis, j’aurai dû nager dans le bonheur et pourtant …
Les roues de l’appareil touchèrent le sol, provoquant une forte secousse. J’avais toujours détesté les atterrissages. L’avion s’immobilisa enfin, dans un bruit de turbine qui ralentissait doucement. Le commandant de bord nous souhaita un bon séjour à Londres, nous annonçant qu’il faisait quinze degrés et que le ciel était couvert. Parfait pour Edward !
Ainsi, nous étions arrivés. Mon tête à tête avec le hublot prenait fin. J’allais devoir me composer un sourire, une voix joyeuse…redevenir la Bella d’Edward.
Pourtant, lorsque je lui jetais un regard pendant qu’il se levait pour prendre mon sac, son visage était complètement fermé et tendu. Avait-il enfin réussi à lire mes pensées ? Avait-il comprit que je l’aimais aussi, à quel point il me manquait déjà ?
Je me levais à mon tour et un frisson parcourut mon dos. J’étais extrêmement tendue. Peut-être avions-nous fait tout ce chemin pour rien ? Nous allions peut-être en discuter là, à l’aéroport et je reprendrais le prochain avion ?
Non ! Non ! Non ! J’aimais Edward…plus que tout ! Nous allions profiter de ce séjour ensemble ! Ce malaise allait passer une fois que je serais dans ses bras, je n’en doutais pas un instant.
Nous descendîmes de l’avion, toujours silencieux…une fois en bas de l’escalier, Edward me prit la main et je frissonnais à nouveau. Il fut surpris de ma réaction et me lâcha aussitôt, le visage grave. Mais qu’est-ce qui m‘arrivait ? J’étais tellement en pensée avec Jacob que mon corps, réclamant muettement sa main si chaude, avait été désagréablement surpris de se faire refroidir…ma gorge se serra. Jamais je n’aurai pensé ressentir ce malaise avec Edward. Ça allait passer … il marchait devant moi et les larmes me montèrent aux yeux. Il était si beau et si bon, je n’avais pas le droit de le faire autant souffrir. Je respirais un grand coup et l’air frais et humide me fit du bien. A l’instant où Edward entra dans le hall, je lui chopais la main et la serrait bien fort. Il tourna légèrement la tête et me sourit faiblement…mais il avait souri. Tout allait bien se passer.

Nous traversâmes l’aéroport après avoir récupéré nos bagages. Tout à coup, Edward pivota sur moi, stoppant net ma marche. Son regard était plus déterminé que jamais et cela me fit peur.

- Regarde-les Bella, m’ordonna-t-il, les mâchoires serrées.

Je ne saisissais pas le sens de ses paroles, j’étais hypnotisée par la dureté de ses yeux. Il me serra le bras gauche et me força à pivoter vers ma droite, où se tenait une famille.

- Regarde-les !

Hébétée, je m’efforçais de comprendre ce qu’Edward voulait que je regarde. Je vis alors une femme d’une trentaine d’année, brune, d’une beauté remarquable, tenant sur ses genoux un enfant qui riait des secousses qu’elle provoquait en faisant trembler ses jambes. A ses côtés, un petit garçon et son père, lisant un livre. Le tableau classique de la famille modèle ! Comprenant où Edward voulait en venir, la colère me monta.

- Lâche mon bras immédiatement !

Mon ton brusque le surprit car il me lâcha aussitôt.

- Bella, continua-t-il, en se radoucissant, cette femme, elle est belle ! Et pourtant elle n’est pas aussi jeune que toi mais …elle a une richesse inestimable ! Bien plus que la beauté, bien plus que la jeunesse, bien plus que l’immortalité ! Elle a des enfants !

Voilà qu’il parlait comme Rosalie !

- Arrête-ça tout de suite Edward, sifflais-je, agacée par le sujet.
- Non ! Tu es jeune Bella et tu es hélas trop jeune pour ressentir cet instinct maternel qui habite toutes les femmes de la terre …et si un jour tu te transformes en …en vampire (il avait soufflé ces mots comme si ça lui coutait plus qu’avant de les prononcer), jamais tu ne connaitras ce bonheur ! Tu ne laisseras rien derrière toi Bella ! Rien de toi ne continuera à vivre ici bas !

Bon sang ! Pourquoi fallait-il qu’il me reparle de ça !

- Edward, nous en avons déjà discuté ! Et tu devrais déjà être content que je reporte ma mort et le reste ! Je ne veux pas d’enfant ! Je veux être avec toi !

Mes derniers mots résonnaient dans ma tête…

- Arrête, tu ne sais pas ce que tu dis ! J’aimerai…tellement que tu mesures la taille du sacrifice que tu t’apprêtes à faire…

Il fallait qu’il arrête ! Maintenant ! Lorsqu’avant de prendre notre décision de partir, je lui avais annoncé que je voulais finalement attendre un peu, par peur de faire du mal à ceux que j’aime une fois transformée, j’avais surtout pris bien soin de cacher ma véritable motivation à ce changement de décision !
Ce baiser avec Jake, ses conséquences sur mon âme…j’avais soudain pris conscience que j’allais la perdre. Edward espérait que je renonce à ma mort pour avoir des enfants mais il ne se doutait pas que ce renoncement avait déjà fait son chemin pour une toute autre raison…une raison qui m’affolait.
Je le toisais le plus durement possible afin qu’il comprenne qu’il devait stopper cette discussion. Il soupira puis répéta:

- Je donnerais tout pour savoir ce que tu penses Bella…, murmura-t-il.
- Pourquoi répètes-tu ça depuis tout à l’heure ? m’emportais-je.
Je crois que je suis suffisamment clair ! Je ne veux plus parler de ça avec toi ! Ma décision est prise.

Pourtant, mon esprit cafouillait mais je me refusais d’aborder ça avec Edward. Hors de question de le faire souffrir ! Il fallait que je laisse le temps panser ma nouvelle plaie, ce trou dans mon âme qui grandissait à chaque seconde…et qui était si brulant. Et si Jake avait été là lorsque je souffrais de l’absence d’Edward, cette fois, je devrai affronter la douleur…seule.
Je lui passais devant, lui lançant un regard noir. Je ne l’entendais pas mais je savais qu’il me suivait. Je filais vers la sortie, tirant furieusement ma valise derrière moi. J’étais soudain déterminée ! J’allais oublier Jacob ! Je hélais un taxi qui s’arrêta net devant moi. Edward me devança et ouvrit la portière. Je tournais la tête vers lui et à ma grande surprise, il me souriait. La petite crise était passée…je lui rendis son sourire et me composais intérieurement. J’étais redevenue la Bella d’Edward.


Dernière édition par Tititof le Dim 8 Aoû - 7:37, édité 2 fois
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lulu62
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Ven 27 Nov - 19:30

holala je v te lire en entier car moi aussi j aurais bien voulu que bella choisie jacob !!!
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Chikita
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Ven 27 Nov - 19:33

144 pages word ? lool
Waaah ben dis donc tu t'es bien défoulé alors lol je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça va me plaire... lol Very Happy rien que le titre du premier chapitre lol Razz

Depuis le temps que je cherche une une fics sur eux... ça me fait plaisir...

Là ça fait combien de page le premier chapitre ? lol (que je vois si je l'imprime direct ou si j'attends le chapitre 2 Very Happy lol
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kittycatt
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Ven 27 Nov - 21:09

Je connais déjà cette fiction et autant vous dire qu'elle est magnifique Smile
J'adore l'univers des loups-garous, et Titi rend vraiment justice à Jacob !! Very Happy

Je ne spoile pas Wink
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Tititof
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 5:00

Chikita a écrit:
144 pages word ? lool
Waaah ben dis donc tu t'es bien défoulé alors lol je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça va me plaire... lol Very Happy rien que le titre du premier chapitre lol Razz

Depuis le temps que je cherche une une fics sur eux... ça me fait plaisir...

Là ça fait combien de page le premier chapitre ? lol (que je vois si je l'imprime direct ou si j'attends le chapitre 2 Very Happy lol

Oui je suis très inspirée Very Happy j'en ai posté 14 là donc c'est toi qui vois Wink
Mais je vais vous laisser lire ces 3 premiers chapitres avant de mettre les suivants.
Contente que tu attendais ça depuis longtemps, avec moi tu vas être servie car je n'écris que sur eux.

lulu62, j'espère vraiment que tu me liras jusqu'au bout Smile

kittycatt, cette fic, je l'ai écrite pour toi et je suis contente que tu l'ais aimée. merci de venir me soutenir hug
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EverAfter
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 7:23

Enfin une fanfic ou Bella choisie Jacob. Merci. Et je vais tenter de lire jusqu'au bout. Vraiment. Une chance que tu la écris parce que moi j'étais sur le bord de l'écrire moi même.
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 13:51

Euhhh j'adooore mais c'est je veux BELLA avec JACOB !!! lol
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 14:10

ça y est j'ai lu ! Bien rédigé on retrouve bien les caractères des personnages et c'est important de pouvoir retranscrire leur identité.
Le "embrasse moi Jacob" la 1er fois que j'ai lu ce passage du livre j'ai adoré ! Je ne m'y attendais pas (d'ailleurs sur le coup, même Jacob ne s'y attendait pas LoL Shocked ). cheers
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 14:24

Merci à vous les filles, ça me fait plaisir Smile EverAfter, j'espère que tu arriveras à me lire jusqu'au bout. Cette histoire est assez longue, je préviens déjà que Bella et Jacob vont être séparés pendant quelques chapitres, j'espère que vous tiendrez le coup lol

* * * * * *

4. Et dire que je n’ai rien vu venir…il ne manquait plus que ça !


Ce n’est qu’une fois arrivé sur le perron de la maison de Sam que je me décidais à reprendre forme humaine. Mon esprit était trop embrouillé pour me préoccupé de mon état. J’étais trempé et j’étais nu…Sam aurait sûrement un truc à me filer …ou pas ? Peu m’importe ! Tel un automate, je frappais un coup à la porte en bois, mes yeux fixant la poignée sans la voir. La porte s’ouvrit et je revins brusquement à la réalité. Je vis les lèvres d’Emily étouffer un « oh mon dieu » puis porter la main à sa bouche, les larmes aux yeux. Je devais vraiment faire peur à voir car elle se jeta à mon cou, ignorant ma nudité:

- Jacob…mon petit …

Emily n’était pas beaucoup plus vieille que moi, enfin pas assez pour être ma mère, mais curieusement, depuis ma mutation, je la voyais un peu comme ça et là, elle remplissait instinctivement son rôle. Elle posa ses deux mains sur mes joues, me forçant à la regarder …elle voulait juger les dégâts…ça ne devait pas être terrible parce que je vis l’inquiétude tracer une barre sur son visage, déjà ravagé par les cicatrices. Elle déposa un baiser sur mon front et m’attira à nouveau contre elle, en m’enlaçant par la nuque. Je me laissais aller…je l’emprisonnais par la taille et enfouit mon visage dans ses cheveux, respirant à pleine bouffée son odeur de mère protectrice. La souffrance m’envahie à nouveau, effaçant temporairement ma colère. Pris de vertige, je dus la lâcher d’une main pour m’agripper au meuble que je trouvais à ma portée. Je n’allais pas encore chialer ! Pas devant Emily…pourtant, l’abandon que je ressentais dans ses bras était propice à laisser sortir le poison de mon âme.

- Jake…viens t’asseoir, interrompit Sam.

Je relevais la tête des cheveux d’Emily pour voir que Sam m’attendait à leur table près de la cheminée. Je lâchais ma « mère d’une minute » et me dirigeais vers celui que je considérais comme mon mentor.
Je m’assis face à lui, nous n’étions éclairés que par les flammes et soudain, je sentis la chaleur d’une couverture se poser sur mes épaules. Je n’avais pas froid. Je fis donc glisser la couverture sur mes jambes pour me couvrir jusqu’à l’abdomen. Sam me fixait, attendant sûrement le bon moment pour commencer à parler. Emily revint avec un plateau contenant de la charcuterie et je pris soudain conscience que je mourrai de faim !
Sam me laissa avaler goulûment la moitié du plateau. Une fois qu’il jugea que j’étais rassasié, il attaqua :

- Jake…tout comme nos frères, j’ai ressenti ta colère et ta haine…et nous pouvons comprendre…
- Non ! Vous ne pouvez pas !
- Laisse-moi finir ! S’il te plait…, m’arrêta-t-il calmement. Jake…tu es si jeune et ce n’est pas dans ta nature d’être aussi révolté…je sais ce que tu as en tête et je te préviens tout de suite : c’est non …
- Tu ne m’en empêcheras pas ! Je le détruirai ! Et elle aussi si elle s’interpose entre nous !

Je savais que je ne pensais pas une seconde ce que je venais de lui balancer mais j’avais besoin de cracher ma colère. Je savais aussi que Sam pouvait, bien sûr, m’en empêcher mais je voulais lui faire comprendre qu’il devait oublier son ordre d’Alpha pour me laisser atteindre mon but

- Je sais …, murmura-t-il.

Quoi ?! Que disait-il ? Et pourquoi affichait-il cet air résigné ? Il continua :

- Jake … chez toi cet après-midi, avec les gamins de Willy…
- Oui ?

Je ne voyais pas le rapport avec notre discussion…

- C’est toi qui les as arrêtés.

Oui, ça je le savais ! Mon coup de tête avait été efficace.
Mais, je ne devais pas saisir ce qu’il essayait de me dire car il avança le buste sur la table, vers moi, afin que je me concentre sur ses paroles.

- Jake … TU leur as donné l’ordre de ne pas bouger et ils l’ont fait.
- Non, tu étais là …

Mais je me souvenais de ne pas avoir entendu l’ordre de Sam.

- Oui Jake, j’étais là, mais je n’ai rien ordonné à ces jeunes…
- Mais …
- En clair, m’interrompait-il, tu es né pour être un Alpha…tu as refusé ton héritage mais tu l’as en toi Jake…donc si tu décides un jour de ne pas m’écouter, tu ne le feras pas…je ne pourrais rien contre ça.

Je comprenais maintenant pourquoi il avait voulu qu’on parle seuls, en « humain », plutôt qu’avec la meute…il ne voulait pas qu’ils assistent à cette conversation « entre chef » …pourtant, ils allaient en être informé dès notre mutation…comment allaient-ils réagir ? Non, je ne voulais pas devenir un Alpha. Je ne sais pas pourquoi mais cette idée ne me séduisait pas. Comme si je voulais « vivre ma jeunesse » avant d’avoir des responsabilités. Et puis, Sam remplissait parfaitement ce rôle ! Je me voyais mal lui donner des ordres alors que j’étais plus jeune que lui ! Lui, il s’était « fait » tout seul, il méritait cette place ! Nous, nous n’avions fait que recevoir son savoir.
Emily vint se placer derrière Sam et l’enlaça de ses bras protecteur tout en me souriant. Il ne fallait pas qu’elle s’inquiète ! Je ne prendrais pas sa place !

- Sam, je suis venu pour te parler…je…j’ai besoin d’aide Sam. Je suis trop anéanti pour réfléchir correctement…je t’écouterai, quoi que tu décides.

Sam semblait perdu dans ses réflexions. Après un long moment de silence, il déclara :

- Je suis en train de mesurer l’ampleur de ta colère Jake…et surtout, j’essaie de comprendre depuis des mois pourquoi les choses en sont arrivées là…
- Comment ça ?

Sa réflexion m’intriguait. Je croyais que nous étions tous connectés et néanmoins, Sam semblait avoir un problème dont je n’avais jamais entendu parler ! Pourtant, ça me concernait.

- Bella …son choix…il reste mystérieux. Je n’arrive pas à comprendre…
- Il n’y a rien à comprendre Sam !, m’écriais-je. Elle l’aime plus que moi, point barre !
- Non, ce n’est pas ça que je ne comprends pas …enfin si, mais ce qui me perturbe le plus, c’est ton imprégnation…pour Bella.

Mais de quoi parlait-il ? Ou voulait-il en venir ?

- Je ne suis pas imprégné Sam ! Je le saurai si c’était le cas ! Et Bella…Bella serait comme Emily ou comme Kim ! Or, elle m’a jeté Sam !
- Non Jake…je crois justement que tu ES imprégné de Bella mais pour une raison qui m’échappe, Bella ne l’est pas…elle résiste.

Quoi ??? Sam débloquait ! Ceci dit, ça expliquerait beaucoup de choses …

- Jake, nous recevons tes moindres pensées, toutes tes espérances, tout l’amour que tu as pour elle ainsi que …la violence de ton désir. Elle occupe tout ton corps, ton âme et ton cœur. Les images que je reçois sont les même que celles de Jared, de Paul ou de Quil mais en plus violentes et, depuis quelques temps, engluées dans la colère et la haine. Et ça, c’est une première ! Comprends-moi, l’imprégnation est quelque chose de magique, de beau, de puissant, d’irrésistible…enfin, normalement. (Il marqua une pause, il semblait vraiment soucieux) Je crois que dans ton cas, c’est différent parce que Bella fréquente des créatures qui ont aussi un pouvoir, ils ont le don de la séduire et ça forme une sorte de bouclier à ton aura …

Ainsi, si Sam avait raison, et je commençais à le croire vu la force de l’amour que je ressentais pour Bella, je serai le seul loup-garou a être imprégné d’une femme qui ne voulait pas de moi ! Autrement dit, j’étais un maillon faible…comme si j’avais une tare…

- Jake, comprends-moi, je suis inquiet …
- Pourquoi ?
- Parce que si c’est bien ça, si Bella rejette ton imprégnation…alors tu vas souffrir, et ce pour le restant de ta vie. Et plus tu vas vieillir, plus la douleur va être insoutenable … car personne ne la remplacera. Jamais.

Je n’avais pas vu les choses sous cet angle …et je compris soudain où Sam voulait en venir. Je finirai par me tuer, tôt ou tard…génial…je me voyais déjà courir et sauter d’une falaise pour me rompre l’échine.

- Tu sais ce qu’il y a de pire là-dedans ? Ricana Sam.

Je l’interrogeais du regard.

- Le pire, c’est que toute la meute va souffrir…tu vas tous nous pourrir la vie Jake.

Son rire qui suivit me fit décrocher un sourire. Ouais …j’étais vraiment le maillon faible de la bande, celui dont personne ne voulait, j’allais soûler ma meute jusqu’à ma mort. Fallait peut-être que j’en finisse au plus vite…
Emily me couvait des yeux tout en serrant plus fort les épaules de Sam. Comme je croisais son regard, elle murmura :

- Bats-toi Jacob…ne la laisse pas filer. Il n’est pas encore trop tard.
- Emily …
- Si Sam a raison, elle finira par laisser son cœur être envahit par ton amour.

Je souris mais répondit, plus sèchement que je ne le voulais :

- Des belles paroles ! Crois-moi, j’ai déjà essayé pas mal de trucs et elle n’a jamais cédé !

C’était faux…elle m’avait rendu mon baiser avant la bataille mais pour ce que ça avait servi ! Soit je m’accrochais à ce souvenir et j’allais me jeter du haut d’une falaise, soit je l’occultais de ma mémoire. Et comme je n’étais pas du genre dépressif, je ferai tout pour l’oublier…en commençant par convaincre Sam de faire déguerpir les dernières sangsues qui polluaient Forks. Ainsi, Bella ne reviendrait jamais ici, vampire ou pas !
Sam soupira puis se racla la gorge, soudain mal à l’aise.

- Jake, il y a aussi autre chose …
- Quoi donc ?
- Les jeunes loups de cet après-midi, les petits-fils de Willy…ils sont assez, comment dire…indisciplinés.

Je ris, imaginant Sam se laissant déborder par une bande d’adolescents rebelles.

- Allez Sam, tu en as vu d’autres, rien qu’avec Paul ou moi…
- Non, là c’est différent. Les jumeaux, Paco et Lien, ça ira…enfin je pense …mais celui qui t’a attaqué, le plus vieux, Fenq…lui, il va poser problème.

Je revis le regard révolté et menaçant du jeune loup…

- Mouais…quel genre de problème ? demandais-je, pas vraiment convaincu que ces jeunes là pouvaient être dangereux.
- Et bien, c’est comme un chien qui aurait été habitué au mordant…il est habité par une envie de détruire, une très forte envie…
- Et bien tant mieux ! Il m’aidera donc à chasser les sangsues ! Je le prends avec moi ! lançais-je, soudain très motivé.
- Jake, je t’ai dit non…j’irai parler à leur chef. Je leur dirai que cette histoire de voyage avec Bella qui risque de revenir en vampire va rompre le traité. Qu’ils doivent la contacter pour qu’elle revienne avant qu’il ne soit trop tard…
- Hors de question ! m’écriais-je en me levant.

Malgré ma soudaine fureur, j’avais quand même été assez rapide pour retenir la couverture.

- Jake …
- Non ! Laisse-là où elle est ! Je refuse qu’elle revienne ici pour encore les sauver ! Ils quitteront Forks, tous ! Ou je les déchiquèterai un par un !
- Tu ne penses pas ce que tu dis…

Je frappais un coup de poing sur la table, qui trembla dangereusement.

- Je le pense Sam ! Je veux qu’ils quittent Forks ! Regarde ce qui se passe depuis qu’ils sont revenus ! Des jeunes de quatorze ans mutent déjà ! Et ils vont devoir subir ça toute leur vie ! Leur vie est bousillée !
- Tout le monde ne le voit pas comme ça Jake …
Mon sang ne fit qu’un tour…
- Bon sang Sam ! Tu comptes vraiment prendre leur parti ??? Depuis quand notre rôle a changé de cap ? Nous sommes les PROTECTEURS Sam ! Ceux des humains pas des parasites ! Nous devons protéger les gens de cette ville des dents de ces monstres !
- Jake, tu sais parfaitement qu’ils ne sont pas dangereux …
- Foutaise !

Mes membres tremblaient si fort que je décidais de me rassoir, regrettant de m’emporter autant sur Sam. Je voulais le convaincre, pas lui donner des ordres. Il fallait que je me calme.
Sam attendit quelques minutes puis déclara :

- Qu’est-ce que tu veux Jake …vraiment ?

Voilà qui allait être plus facile. Je réfléchis un instant. Ma gorge se serra en pensant à ce que je m’apprêtais à lui dire, comme si j’allais graver ces mots dans la pierre et qu’ils ne s’effaceraient jamais. Je pris une profonde inspiration et déclara :

- Je ne veux plus voir Bella…ni Edward. Peu importe si je suis imprégné ou pas…je veux aller voir le docteur et lui dire qu’il informe son espèce de fils de ne plus revenir ici… ou le traité sera rompu.
- Jake…tu penses à Charlie ?

Je m’esclaffais…Charlie, Bella n’en avait rien à faire de Charlie sinon elle ne projetterait pas de se tuer de cette manière !

- Bella n’aura que se débrouiller avec lui ! Elle trouvera bien, je ne me fais aucun souci là-dessus !, répondis-je amèrement. Si elle veut revenir à Forks, il faudra qu’elle revienne seule !
- Je vais y réfléchir, m’assura Sam. En attendant, j’aimerai que tu surveilles un peu les jeunes et tu me diras ce que tu en penses.
- Bien …

Curieusement, j’étais calmé. Sam allait réfléchir. J’avais renoncé à les tuer, il pouvait bien m’accorder ma requête ! Même si ça me coûtait, je savais que je venais de prendre la bonne décision. L’oublier ! Si j’étais imprégné, la tâche s’annonçait ardue mais j’avais beaucoup de volonté, je finirai par y arriver. Et tant pis pour mon cœur !


* * *


5. Révolte physique

Le groom nous ouvrit la porte sur une chambre très lumineuse. J’entrais la première pendant qu’Edward le remerciait pour son aide et lui filait un billet. Cette chambre était magnifique ! Le lit blanc tranchait sur la tapisserie pourpre et je ressentis une soudaine appréhension en le regardant. Mais elle se dissipa très vite lorsque les bras d’Edward vinrent m’enlacer par derrière et qu’il déposa un baiser sur ma nuque. Je soupirais de plaisir. Nous allions être seuls ! Pendant deux mois ! Seuls dans cette chambre « jusqu’à ce que je me lasse » avait dit Edward. Après, on changerait d’hôtel ou de ville ou on retournerait à Forks…de toutes façons, sur ce dernier point, c’était sûr. Pour Charlie, Edward me payait des vacances bien méritées au soleil…avant la reprise de l’école…la fac que j’avais finalement choisie à Seattle, pour rester encore un peu près de mon père. Je lui dirai que le soleil n’avait pas été de la partie finalement ou que je m’étais protégée, tellement il faisait chaud…car vu la couleur du ciel de l’Angleterre, je n’allais sûrement pas bronzée !

Je me détachais d’Edward et vint me planter devant l’immense baie vitrée pour admirer la vue. Elle était à couper le souffle ! Cet hôtel était perché tout en haut d’une colline et nous pouvions voir à des kilomètres ! Londres, au loin…et tout près, la forêt, élément indispensable pour Edward, tout autour de nous. J’entendis Edward décrocher le téléphone et nous commander du champagne. Je me retournais en souriant :

- Tu es fou !
- Sûrement pas, il faut que nous fêtions ça !
- Mais Edward ! Tu n’en boiras pas !

Il s’approcha de moi en affichant son sourire irrésistible et je lui tendis les bras. Nous nous enlaçâmes et je levais la tête pour atteindre ses lèvres.

- Tu m’as dit avant de partir que tu voulais que nous vivions comme un couple normal…et bien, les couples normaux boivent du champagne lorsqu’ils arrivent dans un hôtel aussi confortable pour profiter l’un de l’autre, me murmura-t-il tout en faisant glisser ses lèvres glacées sur mon cou.

Je penchais ma tête en arrière, fermant les yeux, soudain prise de vertige. Oui…j’avais décidé de reporter le mariage et par conséquent, ma transformation. Après ce qu’il s’était passé, Edward avait convenu comme moi que c’était mieux pour l’instant. Je ne doutais pas que ma décision l’avait soulagé, même s’il était un peu attristé de reporter le mariage. Mais j’avais aussi réussi à le convaincre que nous pouvions vivre comme un couple « normal » … étant donné mon état lamentable lors de notre discussion (qui avait mené à la décision de partir), il n’avait pas osé continuer à me refuser ça. Il craignait pour ma vie, mais il craignait aussi pour mon état mental et ce jour-là, il y avait urgence. Je savais qu’il allait réussir à se maitriser. Ses baisers étaient si doux qu’il ne pouvait en être autrement. Pourtant, lorsque je m’imaginais le moment, mon esprit était envahi par la panique.

- Qu’est-ce que tu as ?

Alertée par le ton de sa voix, j’ouvris les yeux et découvrit le visage hébété d’Edward. Sans m’en rendre compte, je venais de le repousser ! Et vu la distance, assez violemment ! Je ris doucement et annonçais, d’une voix très assurée par rapport au tumulte de mon cœur :

- Je suis répugnante ! Je vais prendre une douche. Je serai de retour pour le champagne, ajoutais-je dans un sourire coquin.

Il me sourit, rassuré en apparence par mon attitude, car ses yeux semblaient tourmentés.

Je fermais la porte et m’adossait contre elle pendant quelques secondes, encore secouée par ce que je venais de faire. Il fallait que ça cesse ! Mon corps semblait prendre le dessus sur mon esprit. Déjà à l’aéroport, ma main m’avait trahie ! Il fallait que ça cesse ! Je respirai un bon coup et me dirigea vers la douche.


Lorsque je ressortis de la salle de bain, Edward vint m’accueillir avec un verre, remplit du liquide doré bien frais que le service d’étage avait apporté pendant que je prenais ma douche. Je lui souris et bu une gorgée…seule. Ça ne dérangeait pas Edward, il trinqua avec moi par mes lèvres.

- A ta santé mon amour, murmura-t-il.

Ses mots avaient une consonance particulière. Je savais ce que ça voulait dire pour lui. J’avais décidé de vivre plus longtemps que prévu…

- Quel est le programme aujourd’hui ? demandais-je d’une voix légère.
- C’est toi qui décide … nous sommes là pour que tu te détendes.

Une pluie battante lavait les vitres de la chambre…

- Il y a une piscine couverte dans cet hôtel ?
- Bien sûr !

Il reprit mon verre et emprisonna mes mains dans les siennes. Son regard avait une lueur inhabituelle. Il me sourit et chuchota :

- Tu ne préfères pas te blottir dans ce merveilleux lit ?

Avait-il décidé d’essayer ? Ici ? Mon pouls s’accéléra …je n’étais pas prête ! Pourtant, c’est ce que je voulais, ce que je lui avais demandé ! C’était même la condition pour reporter ma transformation !

- Ici ? Dans cet hôtel ? Balbutiais-je.

Il rit doucement.

- Je voulais dire…qu’on pouvait rester l’un contre l’autre, à écouter la pluie.
- Oh…

Il se pencha vers moi et m’embrassa doucement puis, plus intensément. Je le serrais contre moi, savourant la fraicheur de sa peau. Il se retira et déclara :

- Bon…Allons à la piscine !

Au début, les jours passaient très lentement mais petit à petit, je commençais à apprécier le rythme des vacances. Les premières nuits, Edward partait chasser une fois sur deux, satisfait du gibier qui peuplait la forêt nous encerclant. Le temps était épouvantable. Ah nous avions bien choisi notre destination de vacances !
Edward semblait profiter de moi au maximum. Il ne me lâchait pas d’un mètre, sauf pour chasser. Une fois, je lui fis même la remarque mais il se contenta de me sourire. Parfois, je voyais une ombre de tristesse traverser furtivement son visage et je me demandais quelle en était la cause car nous semblions très heureux…en apparence pour moi car, pas une journée ne passait sans que je ne pense à Jacob et mes nuits étaient peuplées de cauchemars récurrents.

Je ne faisais pas toujours le même mais j’étais toujours terrorisée en me réveillant, le cœur battant à se rompre, haletante. Il me fallait souvent plusieurs minutes pour reprendre ma respiration.
Celui qui revenait le plus souvent était toujours lié à la forêt, comme à l’époque où je revivais le moment où Edward m’avait abandonné. Mais cette fois, je courrais, terrifiée par quelque chose qui me suivait, parfois je criais « nooonn ! », parfois je n’entendais que ma respiration saccadée…cette chose me voulait du mal, probablement me tuer et j’entendais le bruit de sa course derrière moi. Ce qui m’angoissait le plus c’est que je sentais, je savais, que c’était un animal. Et à force de revivre ce rêve, j’avais fini par comprendre que c’était un loup et que je ne pouvais pas lui échapper.

L’autre cauchemar qui m’angoissait aussi, et peut-être même le plus, était celui où des yeux verts me fixaient méchamment tout en grognant sur moi. La première fois, j’avais cru que je rêvais à nouveau de Victoria mais j’avais vite compris que c’était aussi les yeux d’un loup, sûrement le même qui me pourchassait dans mon autre rêve. J’avais d’abord pensé que c’était Jake, que ce rêve traduisait toute la colère qu’il devait ressentir pour moi, qu’il m’en voulait de mon abandon, je me disais même que je méritais de faire autant de cauchemars, je culpabilisais…mais ce loup n’était pas roux…il était noir corbeau.

Le troisième cauchemar n’était pas lié à Jake mais à mon père. Je le voyais, dans son jardin, devant la télévision ou dans sa voiture, je lui criais « je reviens Charlie, ne t’en fais pas ! Je reviens près de toi ! » Mais il ne m’entendait pas. Alors je me passais la main sur la gorge pour sentir mes cordes vocales vibrer, essayant de comprendre pour quoi mon père ne m’entendait pas et mes doigts étaient surpris par un liquide chaud, coulant doucement sur ma poitrine. Je regardais alors mes mains, couvertes de sang et hurlait de terreur.

Au début, j’étais seule lorsque ça m’arrivait, Edward étant à la chasse. Je finis même par croire que c’était dû à son absence. Mais ensuite, plusieurs fois, ça arrivait quand il était à côté de moi et il venait me calmer. Mes cauchemars devaient être à l’origine de son inquiétude mais il ne me posait aucune question. Il se contentait de m’apaiser, de m’embrasser et de me murmurer des « je t’aime » et « je suis près de toi ».
Je le soupçonnais de ne plus aller chasser aussi souvent qu’avant, de me faire croire qu’il partait mais qu’il restait dans la chambre, à attendre que le cauchemar me réveille.
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 18:55

Pas mal l'idée du bouclier envers l'imprégnation de Jacob !
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Sam 28 Nov - 21:16

Veut la suite. Mad *boude*


Bon sérieusement il y a quelqu'un qui a dit l'avoir déja lu alors je voudrais savoir la tu déja poster quelque part. Genre sur fanfiction.net ou quelque chose dans le genre parce que moi je préfère tout lire d'un coup. Ces pour ca que je lache les fanfic d'habitude parce que j'ai pas le temps d'aller voir chaque semaine. Mais si tu me donne le lien je risque de tout lire en 2 ou trois jours. En tout cas bravo pour ta suite.
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Dim 29 Nov - 5:24

EverAfter a écrit:
Veut la suite. Mad *boude*


Bon sérieusement il y a quelqu'un qui a dit l'avoir déja lu alors je voudrais savoir la tu déja poster quelque part. Genre sur fanfiction.net ou quelque chose dans le genre parce que moi je préfère tout lire d'un coup. Ces pour ca que je lache les fanfic d'habitude parce que j'ai pas le temps d'aller voir chaque semaine. Mais si tu me donne le lien je risque de tout lire en 2 ou trois jours. En tout cas bravo pour ta suite.

Non c'est la première fois que je la poste. C'est mon amie qui a dit qu'elle l'avait déjà lue parce que je l'avais écrite pour elle cette histoire.
Je vais poster des morceaux plus longs et je compte le faire régulièrement, étant donné que nous sommes en comité restraint lol
Reviens dans une semaine Wink tu auras une bonne partie à lire Smile

@ Vanille41 Merci, j'avais aimé cette histoire de bouclier alors je l'ai repris Smile
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Dim 29 Nov - 5:45

6. Expériences et confrontations

A chaque fois que je faisais le rêve où mon père ne me répondait pas, je me levais le matin et l’appelais. Le son de sa voix chassait mes angoisses de la nuit. Je me gardais bien de lui poser des questions sur Jake et d’instinct, il ne m’en parlait pas…pourtant, il avait dû le revoir et lui annoncer mes vacances précipitées.
Mais, mis à part mes nuits agitées, nos journées s’écoulaient en douceur et dans le bonheur des bras d’Edward.

Nous étions servis comme des rois. Je savais, même sans preuve, qu’Edward faisait le maximum pour mon bien-être. Les repas étaient exquis, le service impeccable, parfois la piscine était seulement pour nous deux, personne n’avait soit disant eu envie de se baigner ce jour-là, mais je n’étais pas dupe, je me doutais qu’Edward avait dû faire le nécessaire pour ce moment de tranquillité…j’eu même droit une fois à un massage dans notre chambre, soit disant offert par la direction …il savait que je refuserai donc il s’arrangeait pour que ça est l’air de venir de quelqu’un d’autre que lui. Je jouais le jeu…

Je fis la connaissance d’une jeune femme, Sarah. Lorsque je l’avais aperçue parmi les pensionnaires de l’hôtel, je l’avais un peu évité car Sarah était enceinte…mais c’était sans compter sur la détermination d’Edward ! Il s’amusait à être littéralement au petit soin pour elle, sachant qu’il provoquait un sentiment d’énervement chez moi. Il l’aidait à s’asseoir, allait lui chercher ce qu’elle souhaitait avant même qu’elle en fasse la demande, ce qui intriguait et amusait la jeune femme. Si bien, qu’au bout de trois jours, elle venait partager notre repas. Je finis donc par également me prendre d’amitié pour cette jeune maman. Elle était venue seule pour profiter pleinement de sa grossesse, loin du tumulte de Londres et de la pollution. Lorsqu’Edward m’avait vu discuter la première fois avec elle, j’avais tout de suite capté son sourire satisfait. Pour lui, me rapprocher d’une femme enceinte était parfait pour développer chez moi mon instinct maternel. Il ne renoncerait pas ! Je préférais ne pas prêter attention à ça et le laisser espérer.

Sarah était de bonne compagnie. Elle avait un rire frais et semblait toujours heureuse. Elle venait souvent avec nous à la piscine ou boire le thé l’après-midi. Elle nous accompagnait même parfois lorsque nous partions en balade, profitant d’Edward qui nous servait de guide. La première fois qu’elle s’était retrouvée tout près de lui, j’avais senti une certaine crispation de sa part mais Edward savait être un séducteur et son appréhension naturelle avait vite fait place à de la sympathie pour mon compagnon.

Comme je l’avais demandé à Edward, nous vivions comme un couple normal, partageant même une vie sociale, sans complexe. Mais nous n’avions pas encore tenté l’expérience que je souhaitais tant, encore quelques semaines auparavant…je n’avais même plus abordé le sujet et Edward se gardait bien de me le rappeler, pas vraiment désireux de me blesser. Mon esprit s’était mis en tête que si je faisais le pas avec Edward, ça serait définitif. Je ne pensais pas en terme de mort…je pensais en terme d’appartenance et Jacob occupait encore trop mes pensées. Je n’étais pas prête…je n’étais plus prête.

Et l’expérience que j’allais vivre ce jour-là me le confirma. Comme tous les jours, nous étions à la piscine couverte de l’hôtel. Sarah nous avait rejoints mais elle s’était contentée de rester sur un des transats, nous laissant seuls en amoureux. Edward et moi nous détendions, enlacés dans l’eau légèrement chauffée, vu la météo. C’était très agréable, malgré le contact de sa peau glacée.
Mais, comme d’habitude, Edward était à l’écoute des moindres désirs de Sarah, me montrant à quel point la vie était importante mais je ne relevais pas. Ce jour-là, il m’abandonna quelques minutes dans la piscine pour aller chercher une boisson chaude à la future maman.

La pluie semblait avoir cessé de tomber, laissant un peu de répit à ce pays. Quelqu’un avait ouvert la grande porte vitrée qui menait sur la terrasse, sûrement bondée lorsqu’il faisait chaud, mais aujourd’hui, elle était déserte. Je sortis du bassin et me dirigeais vers cette ouverture, mes pieds claquant sur le carrelage mouillé. Lorsque je mis mes orteils sur le béton, il était humide mais chaud et ça me fit un bien fou. Je levais mon visage vers le ciel. Il était menaçant, une nouvelle averse se préparait mais l’air était chaud…je respirais un grand coup, fermant les yeux.
Soudain, une chaleur envahit mon visage. Le soleil venait de percer l’épaisse couche de nuages. Une légère brise se leva, une odeur familière vint caresser mes narines…le parfum des pins qui entouraient l’hôtel…mais un souvenir plus cuisant venait de fouetter mon esprit…
Il faisait sombre et froid mais j’avais chaud et c’était délicieux, comme lorsqu’on a traversé une tempête de neige et qu’on boit un bon chocolat chaud…je sentais sa peau sous mes doigts, si brûlante…je respirais, je sentais son parfum, cette odeur de pin, enivrante, comme lorsque je découvrais l’arbre de Noël dans le salon…je me laissais aller, j’étais si bien… étais-je revenue à Forks ? Je voulais voir ses yeux, je voulais voir s’il m’avait pardonné de l’avoir laissé, sans même lui dire au revoir…je vis d’abord ses lèvres, même dans l’obscurité je voyais son sourire, éclatant, joyeux…je m’attardais un instant, mes lèvres me brûlaient … je me serrai un peu plus contre son corps ardant… étais-je à nouveau dans cette tente, contre lui ? Tout paraissait si vrai…mais cette fois, nous étions seuls…j’enfouis mon visage dans son torse, respirant encore à plein poumon son parfum…ça avait été nouveau pour moi, je connaissais la chaleur de sa paume, de ses bras mais son parfum, je ne m’étais jamais laisser aller ainsi pour le savourer. Ma tête tournait…

- Bella ?

J’ouvris brusquement les yeux, mon cœur cognait mes tempes violemment. Sarah se tenait devant moi, un peu gênée.

- Euh …oui ?
- Edward me charge de te dire qu’il remonte dans votre chambre.

Je me tournais vers l’intérieur, l’esprit encore un peu confus. Edward avait déjà disparu…les rayons du soleil avait envahi la véranda. Je souris à Sarah.

- Merci de me prévenir…
- Tu vas bien ? demanda-t-elle.
- Oui pourquoi ?
- Je ne sais pas, on aurait dit que tu …

Mon dieu, qu’est-ce que j’avais dit ou fait pendant mon hallucination ? !

- Enfin…vous ne vous êtes pas disputés avec Edward ?
- Non, non …je voulais juste prendre l’air.
- Ah, tant mieux. J’ai cru pendant un instant que tu avais envie de te calmer…de t’apaiser.
- C’est peut-être ça oui, répondis-je en riant, soulagée. Mais, je ne venais pas me calmer d’Edward. Rassure-toi !
- C’est bien, car pour moi, vous êtes un couple parfait ! Et je serai triste si vous vous disputiez.
- Oui …
- Tu sais, continua-t-elle, le mien, il n’est pas très impliqué dans cette grossesse. Quand je vois Edward se plier en quatre devant mes moindres désirs, ça me fait du bien mais en même temps, le contraste avec mon mari est tellement violent que la tristesse fait souvent de l’ombre au bien-être que je ressens avec vous.

Elle baissa la tête, gênée à son tour devant une telle confession. Puis, sans me prévenir, elle prit mes mains et les plaça sur son ventre rond. Ce que je sentis me secoua. Il venait de me toucher ! Là, sous sa peau ! Il y avait une petite vie…Sarah n’était pas seulement une jeune femme, seule face à moi, non… ils étaient deux ! Il y avait deux personnes près de moi ! Et la plus petite qui venait de toquer la paume de ma main était bien vivante ! Sarah riait, inconsciente de ce qu’elle venait de déclencher en moi.

- Tu la sens ? me demanda-t-elle de sa voix joyeuse.
- La ?, murmurais-je.

Elle leva les yeux voir moi, remplis de bonheur.

- Oui ! C’est une fille !
- Oh …je …je ne savais pas…
- Tu ne me l’as jamais demandé …

Ce n’était pas un reproche mais une constatation. Oui, c’était vrai…j’avais un peu occulté le côté « enceinte » de Sarah. Mais je venais de prendre conscience que malgré le fait que son mari n’était pas là, près d’elle et malgré le fait que nous étions deux et qu’elle essayait souvent de se tenir à l’écart pour préserver notre intimité, elle, elle n’était jamais seule ! Et elle était si heureuse… A cet instant, son visage rayonnait de bonheur, et il semblait si intense qu’il me bouleversa.

Je la laissais, je m’enfuyais plutôt, et décidais d’aller rejoindre Edward. La chambre était plongée dans l’obscurité, Edward avait tiré les rideaux, suite à l’intervention temporaire du soleil. Comme il était à nouveau caché par les nuages, je les ouvrais et restais là, à contempler la forêt. Edward, qui m’attendait sur le lit, se leva sans bruit et vint m’enlacer. Je soupirais et laissais ma tête tomber sur son torse froid. Son contact venait de calmer les derniers tumultes de mon corps, vivement brulé par les émotions.

- ça ne t’arrivera jamais, tu en es consciente ? murmura-t-il à mon oreille.

Je tournais mon visage vers lui, l’interrogeant du regard. Mais je savais qu’il avait raison, ça ne m’arriverait jamais …
Il continua :

- Je sais que Sarah t’a permis de sentir sa petite fille et elle a remarqué que ça t’avait beaucoup touché.
- Edward, quand cesseras-tu de me harceler avec ça ? répondis-je, sur un ton plus sec que je ne le souhaitais.

Il me lâcha et recula, le visage grave. Je l’avais froissé. Pourtant, c’était vrai, malgré ce que je venais de ressentir en touchant le ventre de Sarah, ça ne changeait rien. Edward semblait soudain agité, comme en colère. Il éclata :

- Saches qu’Alice vient juste de m’appeler ! Elle est inquiète…
Il me faisait une scène ! J’y croyais pas !
- Pourquoi ? demandais-je, hargneusement.
- Ça fait quelques temps que je lui pose toujours deux questions et elle vient de me donner une réponse pour la première. Pour l’autre, elle en est incapable et ça me rend dingue !
- C’est toi qui me rends dingue Edward !

Il ignora ma remarque, il fulminait. Il m’agrippa par les bras, son visage a quelques centimètres du mien.

- Alice ne te voit plus devenir …vampire.
- Normal !, m’écriais-je. On a pris la décision de reporter ma transformation ! Et je croyais que c’est aussi ce que tu voulais !
- Non, tu ne comprends pas, elle ne te voit plus très net. Elle voit ton avenir mais … nébuleux!

Alice avait-elle capté le moment troublant que je venais de vivre en pensant à Jake ? Mais qu’est-ce que mes fantasmes engendraient pour mon avenir ? Edward se planta devant la vitre, soudain silencieux. Je me rapprochais de lui et passait ma main sur sa joue. Il tourna brièvement les yeux vers moi puis les rabaissa.

- Qu’est-ce que tu as mon amour ? murmurais-je.
- Es-tu sûre de ce que tu veux Bella ? chuchota-t-il.
- Q..quoi ?

Voilà que mon cœur s’accélérait à nouveau. Edward tourna brusquement la tête vers moi. L’avait-il senti ? Il me fixa pendant quelques secondes, le regard indéchiffrable puis répéta à voix plus haute:

- Es-tu VRAIMENT sûre de ce que tu veux Bella ?

Je déglutis mais prononçais clairement:

- Oui je suis sûre !
- Tu as peur, je le sais…

Sa voix était sourde, tendue par l’émotion.

- Qu’est-ce que tu racontes ?

Une vague brûlante envahie soudain mes entrailles…oui, j’étais morte de trouille ! Je ne savais plus où j’en étais ! Si je faisais le bon choix !

- Dis-moi la vérité Bella !
- Edward …
- Je ne supporterai pas que tu restes avec moi parce que nous nous le sommes jurés…avant. Tu peux encore choisir une autre option Bella…

Ainsi il remettait ça sur le tapis ! Et cette fois, il voulait aborder le sujet…il voulait parler de Lui !

- Edward, je veux être avec toi.
- Mais tu l’aimes ! s’écria-t-il.

Je fus surprise par sa réaction et ces paroles me firent l’effet d’une gifle. Je devais avoir l’air très affolée car il se rapprocha de moi, soudain, radoucit.

- Bella…tu ne peux quand même pas me mentir, tu sais que j’accepte ce que tu éprouves pour Jacob. Il te manque, je le vois, je le sens et …je l’entends… Toutes les nuits …, souffla-t-il.
Quoi ? De quoi parlait-il ?
- Bella, toutes les nuits, depuis que nous sommes ici, tu cries son nom avant de te réveiller, complètement désorientée.

J’avais du mal à respirer… Il fallait que ça s’arrête ! Que j’étouffe au plus profond de mon cœur ce nouveau sentiment que me consumait. Je remarquais que je n’avais pas encore prononcé une parole pour me défendre. Mais il fallait que je sois honnête avec lui…

- Oui, je l’aime Edward, mais je t’aime plus que lui et c’est toi que j’ai choisi.

Je ne savais plus quoi lui répondre. C’est vrai qu’avant …ma « révélation »…j’avais toujours soutenu qu’il n’y avait pas de choix possible, que Jake était un ami, une partie de moi mais les choses avaient changé…depuis.
Les larmes me montèrent aux yeux. On était censé être là pour être loin de tout et surtout de Jake dans mon cas, et nous étions là, dans cette chambre, à nous déchirer pour celui que j’essayais de fuir et qui, décidemment, ne me lâchait pas.
Il fallait que je sauve mon couple ! Que Jacob arrête de venir envahir mon amour pour Edward ! Je passais mon bras autour de son cou et l’attirait vers moi mais, à mon plus grand désarroi, il résista et se dirigea vers la porte !

- Edward …, couinais-je, soudain consciente de la gravité de la situation.
- J’ai besoin d’être un peu seul, murmura-t-il.

Et il quitta la chambre…
C’était trop dur ! Qu’avais-je fait ? Je me donnais envie de vomir ! J’éclatais en sanglots sur le lit et laissait les larmes couler à flots pendant de longues minutes.


7. Bannie

La nuit tombait. J’étais toujours prostrée sur le lit que j’avais bien mouillé. Edward n’était toujours pas revenu. Où était-il ? M’avait-il quitté ? Je le méritais ! Je méritais d’être seule ! Je faisais du mal à tous ceux que j’aimais, je me haïssais !
Malgré tout, je décidais de me lever et me traînais jusqu’à la salle de bain. Lorsque la lampe du miroir s’alluma, je gémis. Les cheveux collés sur mon visage, les yeux rouges et bouffis…je ne pouvais pas descendre dans l’hôtel comme ça !
Pourtant, je devais le retrouver, lui expliquer la situation dans laquelle j’étais…que mes sentiments pour Jacob étaient plus fort qu’avant mais qu’il restait celui que j’aimais par-dessus tout ! Que j’allais lutter contre ça, j’y arriverai, j’en étais sûre !

Je m’imaginais déjà l’hôtesse m’annoncer que je devais quitter la chambre au plus vite, je me voyais déjà annoncer à Sarah que mon couple n’était pas si parfait que ça …La pauvre, si elle savait …je brossais mes cheveux et me passais un coup d’eau sur le visage. Tant pis pour les apparences !
Heureusement pour moi, le hall était presque vide, les gens devaient être à table. Et à ma grande surprise, je n’eu pas besoin de le chercher longtemps. Il était là, devant moi, près de l’entrée, avec son téléphone portable. Qui avait-il appelé ??? Son regard était sombre et ses mâchoires se serraient pendant qu’il hochait la tête doucement. Puis je le vis fermer les yeux et claquer le couvercle de l’appareil, mettant fin à la discussion. Il avança vers moi, le visage recomposé et …souriant ? Je l’interrogeais des yeux. Il s’arrêta à ma hauteur puis me déclara, comme si rien ne s’était passé :

- C’était Carlisle…
- Ah ?

Mon pouls s’accéléra, des nouvelles de Forks.

- Il voulait juste savoir si tout allait bien…

Il me mentait ou me cachait quelque chose…pourquoi sa colère était-elle retombée aussi vite ? Je ne le méritais pas ! Je méritais qu’il me laisse, là, maintenant ! Soudain, je repensais aux Volturi. Carlisle venait peut-être de l’informer qu’ils venaient vérifier si j’étais toujours humaine…et ma sécurité était plus importante pour Edward que cette histoire avec Jake…donc il me ménageait…

- Edward…
- Pas ici…

Il me prit le bras et m’entraîna vers la sortie. L’air frais me fit le plus grand bien. Nous nous assîmes sur un banc, dans le parc de l’hôtel, la lumière de la lune rendant la peau blanche d’Edward encore plus parfaite.
Je sentais que l’orage était passé…Je me risquais à lui prendre la main. Il me sourit. Je respirais.

- Bella…je voulais encore jouer les grands seigneurs mais en y réfléchissant, je sais que tu aurais encore risqué ta vie pour moi et que ça aurait été pire…
- De quoi tu parles ? demandais-je, intriguée.

Edward réfléchissait, choisissant ses mots…qu’était-il arrivé ? Les Volturi étaient à Forks !

- Bella, les Quileute menacent de rompre le traité …

Les Quileute ? Rompre le traité ? Après leur alliance avec les Cullen, ils n’avaient toujours pas compris ?

- Quoi ? Mais … mais je croyais que cette bataille …enfin, vous avez combattu côte à côte …tout devrait être fini ! Il ne devrait même plus exister ce traité !
- Bien sûr que si …, soupira Edward.

Je ne saisissais pas. Ça me paraissait dingue !

- Bella, ils pensent, et à juste titre, que nous sommes partis pour que je te transforme… il n’y a pas de frontière à ce traité et …
- Quoi ? Mais … il faut que Carlisle leur explique la situation, qu’il leur dise que je me laisse du temps … que j’ai renoncé à cette transformation pour l’instant ! Edward, j’aurai dû tout expliquer à Jacob avant de partir ! Lui, il aurait compris ! Ah bon sang ! Je lui avais écris une lettre mais …

Ma voix se brisa. Je la voyais encore cette lettre mais je l’avais jetée. Incapable de lui donner ou de lui envoyer. Edward m’avait laissé débiter ma tirade patiemment puis il passa son bras autour de mes épaules.

- Je lui ai envoyé ta lettre mon amour, murmura-t-il.
Je relevais la tête brusquement.
- Quoi ?
- Je lui ai envoyé avec un mot lui expliquant que nous partions quelques temps …
- Oh…

Cette nouvelle me troubla profondément. Edward n’avait sûrement pas fait que récupérer cette lettre et l’envoyer à Jacob…il avait dû la lire. Mes joues s’empourprèrent.

- Pourquoi as-tu fait ça ? Demandais-je d’une toute petite voix, envahie par la honte.

Il respira un grand coup. Le sang qui affluait sur mon visage avait dû lui assécher la gorge. Pourtant, il continua :

- Parce que j’ai jugé qu’il devait savoir ce que tu ressentais pour lui…je te l’ai déjà dit, ça fait parti de toi Bella, tout ce que tu lui as écrit sort de ton cœur et ça ne pouvait pas finir dans une poubelle…
- Mais…mais je ne comprends pas ! Tu le détestes tant …vous seriez prêt à vous tuer, vous êtes comme chien et chat !

Ma remarque fit rire doucement Edward.

- Oui…sauf que … pour moi, un rat serait peut-être plus juste.

Je fronçais le nez, pas amusée par sa remarque douteuse. Il continua :

- Tu ne vas peut-être pas me croire mais …j’apprécie Jacob, plus que je le souhaite d’ailleurs …
Il leva les yeux vers moi, croisant mon regard surprit.
- J’aimerai le détester tu sais mais il n’y a rien à faire…plus j’apprends à le connaître, plus il me fait rire. Il me fait penser à un petit chien fou que j’avais lorsque j’étais enfant, il cassait tout et voulait tout le temps jouer…c’est un souvenir que j’avais perdu et qui m’est revenu lorsque je l’ai rencontré, ajouta-t-il en riant.

Ce souvenir humain d’Edward me fit rire aussi. Je me souvenais alors de cette fameuse nuit dans la tente, où je les avais entendu discuter calmement…évidement, ils parlaient de moi mais cette conversation m’avait semblé sereine, amicale voir …respectueuse. Je les avais même entendus rire quelques fois… je n’avais pas toujours compris pourquoi mais, cette trêve avait existé ! Bon, évidement, dès le lendemain matin, les grognements avaient encore fusé des deux côtés mais Edward et Jacob avaient échangé des mots, sans se battre … l’espoir d’une amitié entre les deux familles que j’aimais le plus au monde était possible. Je repensais alors à ce traité et aux Quileute.

- Qu’est-ce qu’ils ont dit exactement à Carlisle ?

Edward marqua un temps, prenant encore le soin de choisir ses mots. Il semblait chercher la signification de tout ça ou peut-être essayait-il de gagner du temps ? Qu’est-ce que les Quileute avaient demandé pour qu’il semble soudain si tendu ?

- Et bien…le messager a informé Carlisle que…ton choix menaçait de rompre le traité et que … Toi et moi, nous ne devons plus jamais revenir à Forks …sauf qu’il y a une alternative pour toi : si tu me quittes, tu pourras rentrer seule.

Quoi ? Les larmes me montèrent immédiatement aux yeux. Toi et moi ? Les Quileute me chassaient ? Ils nous chassaient ? Ainsi, peu importe que je revienne vivante ou non, ils ne nous voulaient plus à Forks ? Mais qu’avions-nous…qu’avais-je fait pour mériter leur colère ? Etait-ce parce que j’avais abandonné Jake ? Pourtant Edward m’avait dit que Sam était contre le fait que Jake me fréquente ! Pour lui, j’appartenais au Cullen …
Je pensais soudain à mon père. Je revoyais son visage joyeux lorsque je lui avais annoncé que j’avais choisi une université tout près de Forks…j’avais fait le choix de repousser ma transformation pour rester près de ceux que j’aimais, près de Charlie, près de Jacob … Edward avait accepté.

Je connaissais les indiens. Sam ne prenait jamais ce genre décision sans une bonne raison. Il devait y avoir un problème, quelque chose de grave pour que Jacob laisse Sam exécuter une telle sentence ! Rentrer à Forks sans Edward, c’était hors de question ! Je comprenais pourquoi il avait voulu qu’on sorte…je fulminais !

- Nous sommes ensemble Edward ! Je ne te quitterais pas. C’est n’importe quoi ! m’emportais-je.
- Bella… Le message a été très clair et nous ne pouvons pas l’ignorer.

Je faisais les cents pas devant lui, consciente que mon sang qui bouillait de rage dans mes veines devait l’affoler. Pourtant, il ne bronchait pas. Je continuais :

- Ils sont devenus fous ? Ils attendront notre retour et j’irai parler à Sam ou Jacob ! Ils verront bien que tu m’as ramenée vivante !

Une idée séduisante me frappa. Et cette fois, j’avais une excuse !

- Je vais appeler Jake ! S’il a lu ma lettre, il expliquera à Sam que tout va bien et stoppera cet ultimatum.
- Justement Bella …

Quoi ? Pourquoi me fixait-il ainsi ? Il était arrivé quelque chose à Jake ! C’est pour ça que la meute avait débloqué !

- Celui qui est venu annoncer cet ultimatum à Carlisle…c’est Jacob Black.


Je mis un certain temps à assimiler la nouvelle. Jacob ? Mon Jacob ? L’image de mon ami, le regard noir, le visage déformé par la souffrance de mon départ précipité, s’imposa à moi. Mais qu’est-ce que j’espérais au juste ? Je l’avais abandonné, sans même me retourner et ceci, malgré ce que nous avions partagé. Je revis mon reflet dans le hublot, le jour où j’avais quitté Forks…je n’étais pas fière de moi, j’avais été lâche car je savais que je n’aurai jamais été capable de lui dire « non » ou « au revoir » …et aujourd’hui, ma lâcheté avait des conséquences…mais je n’aurai jamais pensé que ça irait jusque là. Jacob était un garçon joyeux, il ne pouvait pas rester fâché plus d’une heure, maximum une journée…et pourtant, je l’avais blessé plus que son compte, puis je l’avais fuit, lui, avec qui parler était tellement facile…j’aurai dû aller lui parler, j’aurai dû lui expliquer … la lettre ! Pourquoi tant de colère s’il avait lu ma lettre ?
Le doux rire d’Edward vint briser mes pensées.

- Qu’est-ce qui te fait tant rire ? rétorquais-je, un peu agacée par sa soudaine bonne humeur.
- Il fut un temps où j’aurai pris le premier avion pour aller le massacrer, rien que parce que je sais que tes nuits vont encore être pires maintenant …car tu vas souffrir mon amour…mais j’ai appris à cerner le personnage et je sais que c’est encore une de ses tentatives désespérées pour te récupérer près de lui, m’expliqua Edward sur un ton léger.
- En me chassant de Forks ??
- Bella, Jacob est fougueux, impulsif…et amoureux. Deux points sur trois que nous avons en commun mais je sais aussi qu’il regrette toujours ses actes irréfléchis et cette fois-ci, comme toutes les autres fois, il va regretter ses paroles, crois-moi…

Il me souriait, pensant qu’il me rassurait.

- Cette fois, il est peut être sérieux, déclarais-je.

Il avait toutes les raisons d’être en colère après moi…

- Il l’est ! Et Carlisle a pris très au sérieux ses conditions ! Mais ses bonnes lignes de défenses fonderont comme neige au soleil une fois que tu seras devant lui. Tiens, restons encore ici un mois, faisons lui croire que tu ne rentres pas et bien avant cela, il aura ameuté tous les loups de la Terre pour que tu reviennes !
- Tu ne devrais pas te moquer Edward…, grondais-je.
- Je ne me moque pas, riposta-t-il plus sérieusement. Il est comme ça et tu l’aimes ainsi. Il vient te voler en moto, il te force à l’embrasser, il menace de se suicider maintenant il me chasse de Forks. Il utilise tous les moyens possibles et inimaginables pour t’attirer près de lui et …
- Cette fois, ça ne marchera pas ! coupais-je, véhémente.
- …Et comme à chaque fois, tu lui pardonneras Bella.

Cette fois, Edward me couvait du regard. Comme un père aimant qui sait déjà que son enfant va faire une bêtise.

- C’est une de tes qualités mon amour, tu pardonnes toujours ! Tu m’as aussi pardonné mes erreurs, mes coups bas…ta voiture, ta séquestration…ma façon d’annoncer à Jacob notre mariage …. J’ai aussi agit comme lui, comme un gosse, tout ça par amour …tu vas nous rendre dingues Bella Swan…

Cette dernière remarque m’arracha une grimace. Nous
Oui je pardonnerai à Jacob, comme toutes les fois mais je ne céderai pas au chantage ! Edward rentrerait avec moi !


* * *


8. Tout faire pour l’oublier…même le pire

J’avais presque fini d’empiler le tas de bois contre le mur arrière lorsque j’entendis les roues du fauteuil de Billy frôler l’herbe qui entourait la maison. La pause se profilait. J’admirais le travail que j’avais accompli seul. Grâce à ma force qui ne cessait d’augmenter, j’avais coupé, transporter et ranger la réserve de bois pour l’hiver en un temps record. Le grincement du fauteuil qui s’arrête se fit entendre à mes côtés, je tournais la tête vers celui qui me souriait, satisfait du résultat.

- Tu as bien travaillé mon garçon !
- Ouais…je suis assez fier de moi là ! déclarais-je d’une voix que je voulais la plus gaie et détendue possible.

Billy hocha la tête puis m’observa un moment en silence. Cette inspection détaillée ne me gênait plus, je savais qu’il en avait besoin pour s’assurer que j’allais bien. Depuis que Sam lui avait expliqué mon « problème » et ma « décision », Billy semblait guetter le moment où j’allais péter les plombs. Alors, comme à chaque fois, je me forçais à lui sourire, tentant d’imiter le Jacob qu’il connaissait. J’avais dû être convainquant car il hocha à nouveau la tête et poussa son fauteuil pour faire demi-tour vers la maison. Mais au lieu de rentrer, il alla s’installer sur la petite terrasse, pouvant ainsi m’observer à sa guise. Tant pis ! J’allais devoir me composer une attitude de mec super cool pendant quelques heures.

Ça faisait maintenant plus d’un mois que j’avais informé les Cullen…je n’arriverai jamais à me débarrasser du souvenir de ce tête à tête avec …Carlisle. J’avais fini par penser à lui avec son prénom…surtout depuis notre dernière rencontre. La tristesse de son regard m’avait marqué au fer rouge. Il avait espéré une trêve, voir une réconciliation définitive entre nos deux peuples ! Il avait sûrement compté sur moi pour ça et je l’avais déçu. Pire, je lui avais demandé que son fils ne mette plus jamais les pieds ici ! Le message était sûrement passé et je n’avais plus de nouvelles. Etaient-ils partis ? Est-ce que Bella avait reçu aussi le message ? J’avais évité Charlie depuis son départ, le croisant juste une fois à la maison mais nous n’avions pas parlé de Bella. Pour lui, elle était en vacances ! « Avec l’autre » comme il avait expliqué à mon père. Je l’entendais encore « Ah ces jeunes …sont encore à l’école et se croient assez fatigués pour mériter des vacances ! » Il tomberait de haut lorsqu’il apprendrait qu’elle ne reviendrait plus jamais ! Il mettrait ça sur le compte de la sangsue…tant mieux ! Même si parfois, cette idée me rendait un peu honteux vis-à-vis de Charlie.

Ma colère était passée, je le sentais, je n’avais plus cette boule qui m’écrasait l’estomac et qui me donnait la nausée. Par contre, la douleur de son absence était de plus en plus tenace, voir carrément insupportable par moment…sûrement dû à cette satanée imprégnation. Sam m’avait prévenu mais il était loin du compte quand il parlait que j’allais souffrir plus « physiquement » de la séparation que « mentalement »…ça me prenait toujours au dépourvu, comme si on me transperçait ou qu’on m’ouvrait de bas en haut avec un sabre. Parfois, j’étais secoué de tremblement de la nuque au bas du dos, parfois ça me brûlait tout le ventre. A chaque « crise », mon cœur explosait, prêt à rompre la cage thoracique, j’avais du mal à respirer…tout ça amenait à une autre crise, celle de l’esprit…qui commençait à divaguer…ça finissait par une course folle dans les bois ou par des larmes…le pire pour moi !
Mais, j’essayais de vivre au jour le jour, évitant au maximum de penser à elle quand j’étais en loup, par respect pour la meute. Fait d’ailleurs qui se faisait de plus en plus rare car la vie avait retrouvé son calme…nous n’avions plus eu affaire aux Cullen depuis notre entrevue et tout le monde s’en accommodait très bien.

Les petits-enfants du vieux Willy Whitebird, dernier mutés, s’étaient plus ou moins fait à l’idée qu’ils devaient nous écouter mais Sam devait quasi toujours user de sa voix d’ « Alpha » pour qu’ils obéissent. Et malgré ça, tout comme je l’avais fait avec Bella, ils trouvaient le moyen de contourner l’ordre. Fenq faisait parfois des sombres coups en douce et entraînaient ses frères dans ses actes malveillants. Le dernier en date s’était produit la semaine passée. Sans raison apparente, ils avaient quadrillé la ville et avait terrorisé une bande de jeunes qui sortaient d’une soirée. Ils avaient crevé leur pneus de certains et manqué de provoquer un accident en se postant sur la route que d’autres avaient emprunté pour rentrer chez eux.

Sam et moi avions eu une longue conversation avec Willy, essayant de comprendre d’où leur venait leur hargne à tout saccager ou à répandre la terreur. Il nous expliqua que Fenq avait montré des signes d’agressivité dès son plus jeune âge, s’amusant même à se défouler sur des animaux, qu’il disséquait avec plaisir. Les jumeaux étaient un peu plus calmes selon lui mais vouaient une adoration sans borne à leur grand frère…on comprenait donc que le fait d’acquérir une telle force et surtout des dents acérées étaient la porte ouverte à leurs envies malsaines.

Avec tout ça, Charlie était en alerte maximale ! Pour lui, une bande de loups enragés et à abattre traînaient à Forks ! Et il comptait bien se charger de leur élimination ! A chaque fois, je devais me transformer et aller leur botter les jarrets. Sam tentait de calmer Charlie, lui assurant qu’il avait posé des pièges et qu’il faisait son maximum pour les chasser. Ces trois jeunes étaient des vrais délinquants et nous, leurs mères poules ! Je regrettais amèrement le temps des bastons contre les vampires ! Au moins, là, il y avait eu du sport !

Il y avait aussi du nouveau dans ma vie ! Afin de calmer les esprits de tout le monde, j’avais invité plusieurs fois des filles à sortir…grosse corvée mais il fallait que je sauve les apparences. Elles étaient toutes aussi jolies les unes que les autres, blondes aux yeux bleus (ça c’était le critère numéro un !) mais sans aucune saveur et parfois, niaises au possible. Pourtant, elles avaient toutes une qualité indiscutable : elles ne posaient aucune question ! Elles se contentaient de passer la soirée avec moi, me laissant les entraîner dans les endroits qui me chantaient sur le moment, parfois je parlais, parfois pas, mais elles avaient toutes compris dès le départ que j’étais inaccessible ! D’ailleurs, sans même que je prononce une parole, elles savaient qu’il était interdit de m’embrasser. J’essayais de bien les choisir. Je prenais toujours celles qui accumulaient les mecs à la pelle, comme ça, je passais inaperçu dans leur collection de « copain de soirée » et elles ne se souvenaient plus de moi le lendemain, pensant déjà à leur prochain rencard. En apparence, j’avais une vie sociale normale pour un mec de mon âge, c’était ce que je voulais. Billy me foutait la paix, Sam me foutait la paix bien qu’il n’était pas dupe et mon cœur me foutait la paix aussi, provisoirement. Comme j’y allais toujours avec les pieds de plomb, mon esprit était toujours occupé à chercher comment se débarrasser de la fille sans la vexer. Parfois, ça prenait du temps et ça m’occupait bien. D’ailleurs, là, ça faisait deux jours que j’essayais justement d’en virer une qui n’avait pas encore tout compris au sens de la marche ! Sandy…rien que son prénom m’énervait ! Celle-là, j’aurai mieux fait de me couper une patte le jour où je lui avais proposé d’aller boire un verre.
Elle avait même poussé le culot de venir jusqu’à la Push ! Elle s’y croyait à fond ! Dommage pour elle, j’allais devoir être méchant bien que j’avais horreur de ça. Toutes ses filles n’étaient pas responsables, elle pas plus qu’une autre mais même en me forçant, il n’y avait pas moyen !

Soudain, un hurlement interrompit mes pensées. Je vis mon père sursauter du coin de l’œil. Je reconnus la voix immédiatement : Paco ! L’un des jumeaux… Sans même réfléchir, je courus vers la forêt, aussi vite que mes jambes me le permettaient, mutant pendant ma course, au grand damne de mes vêtements qui se déchirèrent dans un éclat. La connexion se fit aussitôt.
Première image en provenance de Paco : Fenq et Lien, à ses côtés, courant à pleine vitesse. Ils coursaient une proie…trop excités pour que ça soit du gibier ordinaire…nom d’un chien ! Qu’est-ce qu’ils foutent encore ! Soudain, la réponse fut très claire. L’image que je reçue de Fenq défila dans mon esprit…non, ce n’était pas du gibier ordinaire … je reconnus immédiatement ses cheveux noirs, sa silhouette de petit elfe…l’extralucide, l’amie de Bella…Alice ! La colère me monta et l’ordre fusa, aussi sec :

Arrêtez ça immédiatement !
On la tient !
Fenq, c’est un ordre ! Stoppez ça ! Maintenant !


Soit mon intonation n’avait pas été assez menaçante, soit ses gamins là étaient doués pour résister aux ordres alpha, bêta et tout le reste ! Je laissais tomber…je devais être trop affolé par la situation !

Plus vite Jake ! Plus vite ! M’ordonnais-je

Il fallait que je les atteigne avant qu’ils commettent l’irréparable…

Qu’est-ce qui vous prend, bon sang ?!
On va l’avoir !


Le visage terrifié de la fille Cullen m’apparut, elle courrait vite mais elle vit en se retournant que les trois loups allaient la rattraper… qu’est-ce qu’elle fichait là ? Où était-elle ? Où étaient-ils ? Avaient-ils traversé la frontière ? Je commençais à le croire car les visions que je recevais ne m’étaient pas familières…ils allaient se prendre une raclée !

Ce n’est pas ce que tu voulais ? On l’a vu dans tes pensées ! Tu veux leur mort, on va t’aider … elle va finir en pièces détachées.

Je reçu aussitôt son sentiment de plaisir lorsqu’il s’imagina la scène. Fenq ! Ce gamin était décidemment un provocateur ! Je m’en voulais d’avoir souhaité les détruire tous et d’avoir imposé mes fantasmes à la meute. Les autres savaient faire la part des choses, ces jeunes-là se fichaient comme une guigne des règles ! Je tentais de le raisonner, tout en accélérant encore ma vitesse.

C’est du passé Fenq ! Oublie ça ! Tu n’as pas le droit de rompre le traité ! Tu vas déshonorer la meute !

Nouvelle image d’Alice, plus terrifiée que jamais, tentant de bifurquer mais sans succès. Pourquoi n’était-elle pas plus rapide ? La trouille devait la paralyser…

Elle nous a provoqué !

Mensonge … je venais de recevoir le souvenir de leur rencontre, quelques minutes plus tôt. Les loups étaient bien sur le territoire des Cullen ! J’accélérais encore et encore…il fallait que j’arrive à temps…je le devais…plus vite !

Ça y est ! J’avais atteint la partie de la forêt …

Vire à gauche Lien ! On va l’avoir ! Chope-là par le flanc !

Alice venait d’échapper à l’attaque de Lien…

super, vas-y ! Ils sont jeunes, tu vas leur échapper !
Noon !


L’horreur de ce que je venais de voir stoppa net ma course. Fenq venait de refermer ses crocs sur sa jambe pendant qu’elle bondissait sur un arbre, à quelques mètres de lui. Elle ne l’avait pas vu arriver ! Un cri sur ma droite…j’y suis ! Je repris ma course folle…là ! Je les apercevais. Ils la tenaient ! Concentrant toute la puissance dont j’étais capable, je bondis sur le dos de Fenq, refermant mes crocs sur sa nuque…j’allais le briser ! Le coup nous propulsa contre un arbre…un bruit mat de quelque chose que se rompt résonna dans mes oreilles…avais-je réussi à lui rompre l’échine ? Fenq se redressa…bon sang ! Il était coriace !

Tu ne nous auras pas Jake !
Je vais vous tuer…
Sam ne te laissera pas faire !


La fureur me gagna. Je fis claquer ma mâchoire sur tous les endroits de son corps que je pouvais atteindre ! Il grondait, se défendant comme un enragé. Les jumeaux s’étaient à nouveau jeter sur Alice. Il fallait que ça s’arrête ! Et cette fois, la voix gronda en moi :

Lâchez-là ! Tout de suite !

Les jumeaux s’immobilisèrent, abandonnant leur attaque. Fenq couina lorsque, dans un dernier avertissement, je lui mordis la gorge. Ils filèrent…Sam, Paul, Quil et Jared venaient de muter.

On va les choper Jake … Occupe-toi d’elle.
Sam…Sam, nom d’un chien...qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ?
Est-elle morte ?, s’enquit Sam.

Je me rapprochais d’elle, doucement…le cœur battant à toute rompre…elle était à terre, le visage enfouit dans les feuilles, je ne voyais que ses cheveux…elle bougea !

Non, elle…elle est vivante !
Bien … je te laisse…tu la connais mieux que nous …


Tu parles ! L’odeur, encore plus infecte que dans mes souvenirs, me donna la nausée. Allez Jake...
Je courbais la tête vers elle, touchant son dos avec mon museau. Elle tourna vivement la tête vers moi…terrorisée. Pour qu’elle comprenne mes intentions, je me couchais devant elle, les oreilles rabaissées. Son visage se modifia…elle releva le buste, un peu trop péniblement à mon goût et tendit doucement sa main vers moi. Elle la posa sur mon front et murmura dans un souffle glacial:
« Jacob Black … »
J’émis un léger couinement et rapprochait encore ma tête afin qu’elle me touche plus, qu’elle se rassure. Elle sourit furtivement, les yeux brillant. Elle ne pouvait sûrement pas pleurer mais la souffrance se lisait sur son visage. Je lui donnais un petit coup de museau dans le bras, l’invitant à se relever. Elle grimaça…ça allait être plus compliqué que je ne pensais. Pourtant, elle devait être résistante ! Sa race ne se laissait pas facilement blesser… A ma grande surprise, elle s’agrippa aux poils de mon cou et tenta de se hisser sur mon dos. Je m’abaissais le plus possible, décidé à la laisser faire. Son parfum me prit à la gorge mais je chassais le malaise qui m’envahissait. C’est alors que mon sang se glaça…une partie d’elle était resté à terre. Pendant qu’elle tentait de se caler sur moi et emprisonnait mon cou pour ne pas tomber, je fixais ce morceau qui me frappait d’horreur. Le bruit mat que j’avais entendu en attaquant Fenq, ce bruit n’était en fait que celui d’un membre qui se rompt…oui j’avais déjà entendu ce bruit…lorsque nous avions démembré l’autre sangsue : Laurent … J’allais vomir ! Cette fois, je me viderais complètement.
Un violent frisson me traversa…qu’est-ce qu’elle était froide ! Je fixais toujours avec terreur les lacets de la chaussure…je me forçais à ignorer ce qui était resté accroché après … Elle me tira les poils et murmura à mon oreille :

- Jacob…ramène moi chez Carlisle…et prend…prend-la…s’il te plait…

Mon estomac se révulsa, la bile envahit ma gueule…j’allais mourir…mais j’étais plus fort que ça…j’avais déjà supporté qu’elle me monte dessus, je pouvais encore faire ça…par respect pour elle…pour Carlisle. Je me relevais, elle s’accrocha de toutes ses forces à ma fourrure, j’inspirais et ouvrir la gueule pour m’emparer du membre froid et répugnant.
Alice me tapota le flanc, sûrement très fière de moi.
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Vanille41
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Dim 29 Nov - 12:34

bravo Bella qui cri le nom de Jacob dans ces rêves j'adore! Le fait que ce soit Edward qui lui dit j'imagine l'embarras pour Bella les joues toutes rosies Embarassed .
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Chikita
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Dim 29 Nov - 17:23

Bon alors Very Happy j'ai lu les trois premier chapitre !!
Et ce soir je lis toute la suite lool !!
Sincèrement j'ai trop aimé comment t'as commencé je suis maintenant dans l'obligation de continuer lol... Razz

C'est très bien écrit je trouve ça ressemble pas mal au livre et à la manière d'écrire de Stephenie Meyer...

Merci pour cette fics !! Very Happy
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EverAfter
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Dim 29 Nov - 18:05

Toujours bien. J'adore.
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Lun 30 Nov - 3:42

j'ai commencée aussi ta fic et comme les autres, j'adore!! ^^


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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Lun 30 Nov - 14:44

Ouais ça y est j'ai tout lu lol !! j'ai imprimé lol mais en tout petit pour économiser du papier lool ... du coup ça me fait 20 page en time 9 lool ça fait un peu mal aux yeux quand je lis ça à minuit mdr !!!

Mais j'adore trop lol !! Trop pressée de lire la suite !! alalala !!!
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Lun 30 Nov - 17:37

Merci les filles, je suis vraiment contente que ça vous plaise

Vanille41, après les cris qu'elle a poussé par la faute d'Edward, il méritait bien d'entendre ça non ? Razz

Chikita, T'es barge LOL Tu vas te tuer la vue et tu as bien du t'amuser avec les morceaux sans dialogues >< Merci pour ton compliment concernant mon style d'écriture mais je pense que S Meyer a un genre plus fluide que le mien, elle utilise des métaphores que je serais incapable d'inventer Wink

EverAfter et Celeste, merci pour vos posts, comme ça je sais que vous êtes là Smile

Voici la suite, bonne lecture

* * * * *

9. Ravaler sa nausée et sa fierté…c’était le moindre que je puisse faire

J’avais couru aussi vite que possible. Je savais que rien n’était perdu pour elle, que Carlisle la sauverait, sauverait son mollet, sa cheville, que son membre se recollerait parce qu’il n’était pas détruit …
Mais mon peuple lui, était condamné. Une telle attaque brisait instantanément le traité, la guerre allait commencer, la bataille serait sanglante et fatale. Le fait de mourir ne m’angoissait pas…non, là maintenant, le seul truc auquel je pensais c’est que j’allais mourir sans revoir Bella…et même si elle revenait, avec ce qu’il venait de se passer pour son amie, elle ne me le pardonnerait jamais. Et si elle était devenue l’une des leurs, elle se chargerait elle-même de mon exécution ! Toutes ces pensées m’accompagnaient vers la mort. Je ne me faisais aucune illusion, ils profiteraient de ma présence sur leur territoire pour me détruire…j’étais seul contre six ou sept…peu importe, je me laisserai faire…ce qu’ils avaient fait était inexcusable, nous allions payer ! Peut être même qu’Alice allait attendre d’être devant chez elle pour planter ses crocs dans ma nuque et me transmettre le poison, fatal pour mon espèce.

Courage Jake … et ne t’en fait pas pour la meute, nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle …

Sam, si tu as le temps, dis à Billy et à mes sœurs que je les aime…

Pas de réponse mais je sentais sa profonde tristesse…

Merci pour tout ce que tu m’as transmis Sam …

C’est toi le meilleur Jake ! Essaie d’en buter un ou deux avant d’y passer !

Non Paul …pas cette fois, désolé…

Je tuerai celui qui te fera la peau Jake !


Seth…si tu veux vraiment me faire plaisir, essaie de protéger la tienne ! Ta mère a besoin de toi ! Tu es jeune, ils t’épargneront !

Laisse tomber vieux ! Pour moi, tu es comme un frère, un vrai frère …et ça me fera plaisir de te rendre justice !


C’est peut être moi ton vrai frère, railla Embry…

Oui, ça j’aurai bien aimé le savoir tiens !

Jake…j’aimerai tellement être à ta place…ça sera rapide et définitif …

Leah ! Ah bon sang ! Fallait encore que ça lui donne des idées ! Sam allait devoir la supporter de plus belle après ça….enfin si ma meute arrivait à survivre…
Mais, Leah me transmettait des images que je n’arrivais pas à comprendre…les morceaux d’une page noircie par l’encre, délavée et déchirée en mille morceaux … et ses mains qui tentaient de les remettre dans le bon ordre.

Qu’est-ce que c’est Leah ?

Tu pensais à l’instant que tu ne pourrais pas LA revoir avant de mourir…tu l’as détruite pendant ta mutation… le jour où tu l’as reçue …je ne voulais pas que tu l’as lise, sûrement que j’étais heureuse que tu souffres autant que moi…

Quoi ?


Oui, je revoyais cette lettre tâchée par les larmes que la sangsue avait envoyée… ce jour-là, ma colère m’avait rendue fou et sans m’en rendre compte, j’avais déchiré la lettre de Bella. Depuis tout ce temps, Leah l’avait ! Et elle s’était bien gardée de ne pas y penser !

S’il te plait Leah …

Tant pis pour moi, lâcha-t-elle.

Et je vis les mots, écrits de la main de Bella...mon cœur venait de faire un bond si puissant que ça me coupa le souffle pendant quelques secondes…je n’arrivais pas à me concentrer sur le sens exact de la lettre mais je laissais les mots essentiels me sauter à l’esprit, ceux que je parvenais à lire à travers toutes ses ratures et les tâches de ses larmes : « tu avais raison… », « Notre baiser… », «…à quel point c’était fort », « …si les choses avaient été autrement …», « j’ai besoin de temps pour réfléchir …», « je l’aime aussi, tu le sais », « Edward est … », « Edward sait que … » Bon, fallait que je saute ce passage… « Excuse-moi mais je ne peux pas le quitter, je n’ai pas la force de tout remettre en question», « … suis trop bouleversée », « Je t’aime Jacob ».

Ses mots me faisaient mal, je me dis même que la mort ne pouvait pas faire autant souffrir…ces mots, je les avais attendus depuis si longtemps…j’aurai tellement aimé qu’elle ait le courage de me les dire, en face…je suis sûr que j’aurai pu la convaincre de rester près de moi mais plus rien n’avaient d’importance à présent…je l’avais chassée, elle n’était plus là, elle aurait pu revenir mais elle avait choisi…

T’es vraiment une sale chienne Leah !

Malgré les circonstances, la remarque de Quil me fit rire.

Je sentis qu’Alice levait la tête. La grande maison blanche était en vue.

J’y suis ! Salut les gars et battez-vous, jusqu’au bout! Merci quand même Leah !

Je ralentis ma course. La puanteur envahie mon museau et Alice murmura dans un souffle:

- Ils t’ont senti…ils arrivent. Merci Jacob…

Trois silhouettes apparurent face à moi. Je reconnus immédiatement la blondeur des cheveux de Carlisle à leur tête. Alice se laissa glisser et l’un d’eux, celui qui avait toujours une tête d’ahuri, la récupéra aussitôt, la transportant jusqu’à la maison si vite que je ne les vis pas partir. En une fraction de seconde, l’autre, le plus fort de tous, se retrouva sur mon flanc, m’emprisonnant le collier, près à frapper, tel un cobra.

- Qu’est-ce que tu lui as fait sale cabot ! cracha-t-il.

Je baissais la tête et déposais doucement les restes d’Alice sur les feuilles, aux pieds de Carlisle. J’attendais la brûlure de la morsure quand je l’entendis ordonner de sa voix si calme :

- Emmett, rentre-la immédiatement, j’arrive.

Ainsi, il s’occuperait de moi lui-même …ce n’était que justice, après le temps qu’il avait passé à me soigner. A ma grande surprise, la brute grogna mais me lâcha, récupéra le morceau et fila vers la maison. Je gardais la tête baissée, en position de soumission. Carlisle vint se placer près de moi. Je me risquais à lever les yeux, nous étions face à face. Aucune colère ne trahissait son visage, ce mec était la sérénité incarnée ! Je mis un temps à comprendre ce qu’il attendait. Il avait une couverture dans les bras…il voulait qu’on discute, « d’homme à homme ». Ainsi, il me laissait du répit. Je reculais de plusieurs pas et me transformais instantanément. Mes frères n’assisteraient pas à ma mise à mort. Il me sourit de son sourire si posé et me tendit la couverture. Je me couvris et attendis, comme un gosse qui savait qu’il allait recevoir la plus grosse punition de sa vie.

- Jacob, que s’est-il passé ?

Trop calme, il était trop calme ! J’avais tellement honte… je devrais déjà être mort ! Déchiqueté…

- Je …je ne sais pas ce qu’il leur a prit, arrivais-je à articuler.

Oh si je le savais ! Ils n’avaient fait qu’accomplir ce que je leur avais balancé dans la tête depuis des semaines ! Détruire les parasites ! Tous !

- ça devait arriver Jacob …ce n’était qu’une question de temps …

Non ! Non, nous serions arrivés à nous maîtriser ! Nous y étions parvenu jusque maintenant ! Nous avions trop de respect pour nos ancêtres, pour leurs paroles ! J’avais tellement souhaité qu’ils fassent un faux pas afin d’avoir une bonne excuse pour les massacrer mais les Cullen avaient respecté le marché, en tous cas, pour l’instant ! Nous n’avions rien à leur reprocher…j’étais le seul à me plaindre d’eux, le seul à les haïr vraiment …à vouloir leur mort…mes frères jouaient leur rôle à la perfection : ils veillaient ! Moi, j’avais espéré le conflit ! Tout ça par égoïsme, parce que moi, je souffrais, parce que je ne m’en remettrais jamais ! Ils l’avaient reprise …IL me l’avait reprise …

- Jacob, je vais réfléchir à ce qu’il vient de se produire, Alice m’expliquera …
- Il n’y a rien à réfléchir! Explosais-je. Des loups-garous sont entrés sur votre territoire et ont attaqué l’une des vôtres ! Le traité est rompu ! Nous assumerons les conséquences …
- Qui sont-ils ? Je les connais ? , continua-t-il calmement.

J’essayais de rassembler mes idées, d’être cohérent. Le docteur n’avait pas l’air de saisir la gravité de la situation ! Tout était de ma faute … si je ne leur avais pas mis ça en tête …une solution me revint à l’esprit, une idée qui avait son p‘tit bonhomme de chemin depuis quelques semaines….

- Carlisle…je vous propose une alternative à la guerre …
- Jacob …, me coupa-t-il patiemment.
- Non, laissez-moi m’expliquer…je ne veux pas que mes frères paient pour mes erreurs …ils sont si jeunes…tout ça, c’est parce que …parce que…c’est Bella, vous savez…j’ai perdu les pédales quand elle est partie…j’ai souhaité la mort de votre famille ! Et ne me regardez pas comme ça ! Vous savez ce que je pense !

C’était la seule solution…ça, les crocs ou la falaise…

- Prenez-moi comme cobaye ! Je vous donne ma vie. Faites toutes les expériences que vous voulez sur moi ! Nous serons tous les deux gagnants ! ma meute sera épargnée et vous, vous pourrez mieux nous connaître…ce n’est pas ce que vous vouliez ?

Il ne pouvait pas laisser passer cette occasion, il le savait ! Il soupira et me fixa de ses yeux dorés pendant plusieurs minutes, semblant peser le pour et le contre de ce que je venais de lui proposer.

- Je dois réfléchir Jacob Black…
- Bien …

Il ne rejetait pas mon idée, c’était déjà ça.

- Tu auras ma réponse demain matin. Pour l’instant, je dois m’occuper de ma fille.
- Parfait !

Il hocha la tête et partit rejoindre son clan. J’avais obtenu assez de répit pour que mes frères élaborent un plan de défense. En espérant que les autres sangsues n’attaqueraient pas avant demain …


10. Il était temps de mettre certaines choses au point !

J’avais le cœur plus léger. Etait-ce dû à la lettre de Bella ou plutôt au fait que j’avais pris une sage décision pour une fois ? Peu importe mais j’étais optimiste quand à l’issue de ce conflit.
Sam était debout dans la cuisine lorsque j’ouvris la porte brusquement. Billy me souriait pendant que Sam se retournait vers moi, ahuri. Sam lui avait déjà annoncé la nouvelle de ma mort, Billy ne l’avait pas cru visiblement.

- Jake …
- Où sont-ils ? tu les as livré au boucher de Forks j’espère !
- Non…justement…ils ont muté et ont filé. Je reviens de chez le vieux Willy…il n’a aucune idée de l’endroit où ils peuvent se cacher.

Il était contrarié à cette idée. Pour ma part, j’avais appris à les cerner…ces jeunes là aimaient la violence.

- Ça n’a aucune importance…ils finiront bien par muter un jour, ils ne tiendront pas longtemps sans faire du mal autour d’eux…et là, on pourra les entendre et je m’occuperais personnellement de leur cas !

Sam ne semblait pas vraiment convaincu. Pourtant, ces gamins n’allaient quand même pas nous filer entre les pattes ! Je lui passais devant, rejoignit ma chambre en quelques enjambées, enfilait un short et revint vers lui. Il n’avait toujours pas bougé, attendant l’essentiel.

- Nous pensions que …Comment ça s’est passé avec les Cullen ? s’enquit Sam, soudain beaucoup plus inquiet.
- Bien …
- Comment ça « bien » ?, s’étonna-t-il. Où est-ce que ça se passera ?
- Nulle part …
- Je ne comprends pas…

Avec tout ça, je mourrais de faim ! J’ouvris le frigo. Tout en retournant son contenu, je lui répondis :

- J’ai passé un marché avec le doc. Il me donne sa réponse demain. S’il accepte, il n’y aura pas de baston.
- Qu’est-ce que tu as encore fait Jake ? murmura mon père.

J’avais trouvé mon bonheur et claquait la porte. Je pris le temps de m’enfiler les quatre tranches de jambon, devant les regards dépités de Sam et de mon père. Sam perdit patience :

- Jake ! Tu n’as quand même pas négocié de te battre seul ? Tu n’auras aucune chance ! Même si tu n’as qu’un seul adversaire !

Je levais les yeux au ciel, pas stupide ….

- Si demain le doc est d’accord, je t’expliquerai. Ça ne sert à rien pour l’instant…on devrait plutôt se rassembler pour décider d’une stratégie en cas de bataille.
- Très bien, on se retrouve à la clairière…
- Non ! ici…
- Tu refuses de te transformer pour que je ne puisse pas lire tes projets !
- T’as tout compris ! m’esclaffais-je.

Sam fulminait et me lança un regard mauvais.

- Fais-moi confiance Sam…
- Tu n’es pas responsable de ce qui s’est passé Jacob…, déclara-t-il, soudain radoucit.

Oh que si ! Pensais-je, amèrement.

- Sam, tu m’avais demandé de laisser tomber Bella, je ne t’ai jamais écouté ! Pire, je lui ai tout dit sur notre secret alors que je n’en avais pas le droit. Je nous ai déjà trahis à ce moment là ! Si je ne m’étais pas autant accroché, je ne les aurai pas autant haïs, j’aurai fait comme vous, simplement veiller à sa sécurité, à ce que le traité soit respecté ! J’ai empoisonné l’esprit de ces jeunes avec mes rêves morbides !
- Jake…tu ne pouvais pas te passer de Bella…si j’avais compris ça plutôt…, murmura Sam.
- Et tu aurais fait quoi ? Il n’y avait pas de solution…il n’y en a pas.
- Le problème vient d’elle …elle ne devrait pas être en mesure de résister.
- Laisse tomber tu veux …on a déjà eu cette conversation…j’essaie de passer à autre chose, déclarais-je, irrité.
- Mais Jake ! Tu ne pourras pas ! insista Sam.
- Pour l’instant, nous avons un autre problème à affronter… et d’ici demain, cette histoire n’aura peut-être plus aucune importance…
- Dis-moi ce que tu as décidé ! m’ordonna-t-il.

Mais, cette fois, il ne pourrait pas me forcer. J’étais bien décidé à aller jusqu’au bout !

- Demain … il faut se préparer à une attaque pour cette nuit …on ne sait jamais.

Nous veillions jusque tard dans la nuit, élaborant un plan, bien que nous fussions tous conscient de n’avoir quasi aucune chance si les Cullen attaquaient sans prévenir. Alors chacun rejoignit sa famille. A l’aube, je ne dormais toujours pas. L’esprit pas vraiment tranquille, je veillais sur mon territoire. Cette nuit m’avait permis de réfléchir à beaucoup de choses, de faire le point sur ce que je voulais vraiment et c’est lorsque Billy vint se planter près de moi sur la terrasse, une tasse de café à la main, que je me dis que j’avais failli y passer sans avoir pris le temps d’aborder certains sujets avec lui …j’en avais marre que toute la meute se pose des questions silencieuses, surtout Embry …

- Qu’as-tu en tête mon garçon ?
- Je me disais justement que toi et moi, nous devions avoir une petite conversation !

Mon ton le surprit…il devait sûrement s’attendre à ce que je me plaigne encore. Raté ! Là, il se douta que le sujet allait être épineux car il avala une grosse gorgée de son liquide brûlant. Je lui laissais le temps d’avaler… fallait pas qu’il s’étouffe maintenant ! J’avais toujours voulu savoir et là, j’étais bien décidé à crever l’abcès.

- Est-ce que maman l’a su Billy ?
- De quoi parles-tu ?

Sa voix rocailleuse s’était voilée.

- Est-ce que maman a su que nous avions un frère ?

Autant être direct, pas la peine qu’il se colle la migraine à chercher !
Il soupira et courba les épaules. Le poids avait du être lourd à porter durant toutes ses années…mais que croyait-il ? Que personne ne finirait par comprendre ? Pour lui, ça avait été facile de le cacher, il avait eu la chance de ne pas muter mais, les ragots avaient alimenté beaucoup de soirées et cette histoire là trottait dans toutes les têtes.
Nouveau soupir, plus important encore que le premier … allait-il me répondre ?

- Jacob … non, ta mère ne l’a jamais su, bien qu’elle se soit toujours doutée de quelque chose je pense …
- Tu m’étonnes ! C’est un secret de polichinelle…, ironisais-je.
- Mais, vois-tu, elle venait de t’avoir…tu étais son fils ! Celui qu’elle attendait depuis des années…plus rien n’avait d’importance…tu étais si beau…elle se fichait de moi comme une guigne et …
- Et c’était mérité non ? claquais-je.
Il n’allait pas se plaindre maintenant !
- Oui…on peut dire ça …mais elle m’a sûrement pardonné mon écart, sans rien me demander…elle est restée jusqu’à son dernier souffle dans mes bras …
- Hum …
- Ton frère…et bien, il te ressemble tant…

Mouais, en regardant vite alors, pensais-je. Si on tient compte de la couleur de la peau et des cheveux alors oui, pourquoi pas ?

- Il a la même fougue que toi, aussi rayonnant et joyeux que toi …
Embry ? Rayonnant ? Joyeux ? Là par contre…
- Je l’aimais tant Jacob … mais j’aimais aussi Sue …
- Sue ?

Mon père perdait les pédales…qu’est-ce que Sue Clearwater venait faire dans l’histoire ? Ou alors avec combien de femmes avait-il trompé ma mère ? Mon père leva des yeux brillants vers moi…je devais avoir une tête d’ahuri parce qu’il se mit à rire doucement.

- De qui crois-tu que nous parlons Jacob ?
- Euh … d’Embry Call ?

Cette fois, mon père éclata de rire.

- Je croyais que tu avais compris pourtant ! Ce gamin traîne toujours derrière toi, il te vénère et tu ne peux quand même pas le nier, Jacob ? C’est toi tout craché !

La lumière vint alors éclaircir mes idées embrouillées … Seth Clearwater? Seth était mon frère ? Enfin, mon demi-frère ! Bon sang ! Mais voilà pourquoi mon père se sentait aussi concerné par la mutation de Seth et Leah…il passait quasi toutes ses soirées chez Sue depuis la mort d’Harry…Harry …encore un qui avait du souffrir.

- Harry le savait ?
- Non…
- Mais papa ! C’était ton meilleur ami ! m’écriais-je, vaguement scandalisé.
- Oui fiston…mais parfois, dans la vie, l’amour est plus fort que l’amitié et ça ne se contrôle pas …ce n’est pas moi qui vais t’apprendre ça.

Hors de question de remettre ça sur le tapis ! Je ne répondis pas, laissant mon esprit vagabonder vers de lointains souvenirs d’enfance.

- Seth est mon frère…, murmurais-je à moi-même.

Mon père me laissa quelques minutes digérer l’information puis continua :
- Et en ce qui concerne Embry Call…il est bien le frère de l’un de vous mais je crois que tout le monde l’a compris …
- Sam …

Il s’en était toujours douté…

- Vous vous êtes bien amusés dis-moi ! raillais-je
- Nous sommes tous de la même famille maintenant Jacob …
- C’est ça !

Billy soupira, comprenant que je ne partageais pas sa façon de voir les choses … la génération de mon père n’avait pas connu d’imprégnation puisque aucun ne pouvait se transformer.

- Que comptes-tu faire Jake ?
- Comment ça ?
- Avec les Cullen …

Bien joué ! Mais sa petite révélation familiale n’allait pas me détourner de l’objectif que je m’étais fixé. Seth saurait se débrouiller…je prendrais juste un peu plus de temps pour lui dire correctement au revoir. Comme je ne répondais pas, Billy murmura:

- Tu comptes me dire au revoir avant d’aller te faire tuer chez eux au moins ?

Sa voix brisée par l’émotion me fit tourner la tête vers lui. Que pouvais-je lui dire ? Nous nous fixâmes pendant quelques secondes lorsque Seth apparut sur le pas de la porte.

- Salut ! Il est là ! Le doc des sangsues ! Il demande l’autorisation pour passer la frontière et venir jusqu’à toi Jake …

Billy poussa brusquement son fauteuil à l’intérieur. Je le regardais faire puis répondit à Seth :

- Dis-lui que je viens à sa rencontre… Qu’il reste à la frontière.

Hors de question de discuter ici…
J’allais mettre plus de temps en voiture que si j’y étais allé en galopant mais je ne voulais pas que mes frères écoutent cette conversation.

Il était là, adosser à sa Mercedes, toujours aussi calme et sûr de lui. Et il était seul … Je garais la voiture et vint à sa rencontre, assez tendu malgré moi. Son odeur restait toujours plus supportable que celle des autres.

- Bonjour Jacob.

Il me tendit la main, j’hésitais un instant et lui rendit son geste…tout un symbole ! Pensais-je. Mes ancêtres n’y auraient pas cru …pas que mes ancêtres d’ailleurs !

- Docteur Cullen…
- J’ai bien réfléchi à ta proposition et …c’est d’accord. C’est une manière propre et civilisée de régler le conflit. Cependant…je voudrais autre chose en plus, tu n’es pas obligé d’accepter mais …
- Allez-y !

Tout ce qu’il voulait mais pas la guerre…

- Je veux que tu autorises le retour de mon fils.

Ah celle-là…je ne l’avais pas vue venir ! J’aurai du m’en douter. Il vit ma crispation et continua, comme s’il marchait sur des œufs…

- Je parle au descendant d’Ephraïm Black, à celui qui doit respecter la parole de ses ancêtres. Mon fils n’a rien fait qui corrompt le traité. Il ne mérite pas une telle sentence. C’est le choix de Bella. Et sa décision ne devrait pas entacher le traité puisque c’est elle qui le demande.

Avait-il vraiment besoin de me faire tout ce baratin ? J’étais prêt à tout lui accepter mais ça, il ne fallait pas qu’il le comprenne …j’étais censé être sûr de ma décision.

- Si je refuse ?
- Nous nous en tiendrons à ce que nous avons convenu.
Toujours aussi classe …je soupirais.
- Très bien …faites savoir à Edward qu’il peut revenir à Forks. De toute façon, une fois que nous aurons conclu notre affaire, ça n’aura plus aucune importance pour moi.
- Je te remercie Jacob Black, tu as l’âme d’un chef…
- Non, vous vous trompez…

Il me sourit et ajouta d’un air léger :

- Tu as eu tort de refuser ton héritage…
- Ça me va très bien comme ça ! Merci doc…
- Dommage. J’aime traiter avec toi.

Je crus voir ses yeux dorés briller mais ce fut très rapide. Ça aurait peut-être pu marcher entre nous si je ne m’étais pas imprégné de Bella … oui, dommage. Mais je savais que mon calme serait de courte durée si je revoyais Edward. Surtout si Bella revenait en buveuse de sang ! Il interrompit mes réflexions :

- Alors tu peux venir demain, à l’hôpital, après mes consultations, vers dix huit heures.
- A l’hôpital ? m’étonnais-je.
- Je n’ai pas un laboratoire complet à la maison, répliqua-t-il en riant. Et puis, nous serons plus tranquilles.
- Bien …je serai là.


11. Manipulations

Edward avait préparé nos valises avec une rapidité déconcertante. Pas que je m’étonnais de sa vitesse, ça j’y étais plus ou moins habituée, mais je trouvais étrange qu’il est l’air aussi content de rentrer à Forks… il ne s’était même pas moquer du changement de décision de Jacob ! Pour ma part, j’avais réussi à dédramatiser la situation après qu’Edward m’avait convaincu que Jacob baisserait sa garde rapidement. J’avais continué à profiter de l’hôtel et de tous ses avantages, j’avais passé beaucoup de temps avec Sarah, qui était restée finalement plus longtemps que prévu, m’amusant à l’aider à trouver un prénom pour la petite, à feuilleter les catalogues pour bébé…Edward me fixait toujours avec une étrange intensité lorsqu’il me trouvait dans ce genre d’occupations. Parfois, je me disais même qu’il manigançait quelque chose mais je me disais que de toute façon, il ne pourrait pas me faire regretter mon choix aussi facilement, surtout avec ces histoires d’enfant !

Mes rêves étaient toujours aussi bouleversants. Je n’osais pas demander à Edward si je continuais à crier le nom de Jake mais je me doutais que si…je savais que tant que je ne l’aurais pas revu, tant que je n’aurais pas pu lui expliquer, ces rêves hanteraient mes nuits. Edward l’avait sûrement compris également, il ne me faisait aucun reproche.

Je fis un rapide adieu à notre chambre et rejoignis Edward dans le hall où le chauffeur de taxi nous attendait.

- Tout va bien mon amour ?
- Oui, je crois, répondis-je dans un demi-sourire.

Le chauffeur prit ma dernière valise qui contenait mes affaires de toilettes et la rangea dans son coffre. Edward et moi attendions silencieusement…nous n’avions pas besoin de discuter de ce qui allait suivre. Une minute après, Sarah apparut dans l’allée qui menait à sa chambre, souriante mais le regard triste. Je regardais son ventre aussi gros que deux, non trois ballons de football réunis…un pincement au cœur…je sus alors à cet instant que je regrettais de ne pas connaître cette petite dont j’avais tant parlé pendant plus d’un mois. Les larmes me montèrent aux yeux. Edward passa son bras autour de mes épaules et me serra contre lui. Le froid émanant de sous sa chemise me fit du bien et je sus me composer un beau sourire lorsque Sarah se trouva à notre hauteur.

- Bella, Edward ...

Elle me serra dans ses bras et je ris d’être obligée de me pencher pour ne pas écraser son ventre.

- Sarah, prends bien soi de toi, prends bien soin d’Amélie.
- Toi aussi Bella, prends bien soin de toi…

Elle insista tant sur cette phrase que je me redressais pour la regarder.

- La vie est si précieuse, il faut profiter de chaque instant de bonheur que tu vivras mais crois-moi, le plus beau cadeau que tu puisses recevoir dans ta vie c’est un petit bout de toi avec celui que tu aimes…donner la vie, voilà notre but ultime ! Continua-t-elle dans un large sourire.
- Oui …

Je jetais un regard soupçonneux à Edward qui nous souriait toujours,

- J’aurai tellement aimé que tu restes assez longtemps pour la prendre dans tes bras …
- Oui, moi aussi, répondis-je dans un souffle.

Elle me lâcha et planta un baiser sur la joue d’Edward. Elle parut surprise pendant une seconde mais se ressaisit. Edward affichait toujours une attitude décontractée.
Lorsque je me retournais avant de monter dans le taxi pour lui faire un dernier signe, je la surpris à échanger un regard entendu avec Edward et la lumière se fit alors dans mon esprit. Sarah était restée plus longtemps que prévu…un petit cadeau de mon amoureux qui se souciait tant de me faire reconnaître que la vie méritait d’être vécue. Même ses paroles avant de me quitter allaient dans ce sens. Lui avait-il demandé de me rappeler que si je voulais, je pouvais changer de vie et devenir mère à mon tour ? Je fus prise d’un léger malaise…et si notre rencontre elle-même n’était pas due au hasard ? Je détestais être manipulée…

Je laissais le taxi démarrer, Edward avait toujours son bras sur mes épaules, guettant la crise de larmes qui ne venait pas. Au bout de quelques kilomètres, je demandais froidement :

- Combien l’as-tu payé pour qu’elle vienne passer ses vacances dans cet hôtel ?
- Bella …mais de quoi tu parles ? répliqua-t-il, soudain très tendu.
- Ne te fiche pas de moi Edward ! Tu crois que je ne sais pas que tu en es capable ?
- Bella … je ne l’ai pas payée pour qu’elle vienne dans le même hôtel que nous !
- Hum…

Je tournais la tête vers la vitre, les lèvres serrées pour ne pas en dire plus, laissant les lumières de la ville défiler sans les voir, jusqu’à ce que ça ne fasse plus qu’une ligne jaune continue.

- Je n’ai fait sa rencontre qu’une fois à l’hôtel…ce n’était pas prémédité, avoua-t-il.
- Mais tu l’as payée !
- Oui.

J’étais écœurée. Il me croyait assez stupide pour que je ne m’en rende pas compte ? Je bouillais ! Je revoyais le regard de Sarah, si elle avait été plus prudente, le plan aurait pu être parfait … ils s’étaient bien moqués de moi tous les deux !
Je jetais un regard au profil d’Edward qui, à ma grande surprise, affichait la sérénité.
Il n’avait aucun regret ! Il savait que j’étais en train de fulminer et ça ne l’affectait même pas ! Soudain, je compris.

- Tu veux que je te déteste hein ? C’est ça Edward ? Tu te dis que si tu me mens, me trompe ou abuse de moi, je finirai par t’en vouloir tellement que je te quitterai !

Il tourna son visage si parfait vers le mien et me sourit.

- Edward, qu’est-ce que tu veux à la fin ?
- Je veux que tu réfléchisses Bella, déclara-t-il sérieusement.
- Nous avons déjà discuté de ça …mais si tu veux me laisser, à ta guise ! crachais-je.
- Je ne plaisante pas Bella…je ne compte pas te quitter à nouveau pour que tu comprennes si c’est ce que tu crois ! Je veux…je souhaite que tu pèses bien tout dans la balance ! Quand je dis tout, c’est TOUT…même ce que tu ne juges pas important pour l’instant…
- Comme les enfants par exemple ! claquais-je.
- Oui…, murmura-t-il. Tu as une autre option mon amour…

Je décidais d’ignorer sa dernière remarque, je ne voulais plus aborder le sujet « Jacob » avec Edward pour l’instant. Je repensais à la scène qu’il m’avait faite à l’aéroport…il avait ça en tête depuis le début !

- Pourquoi est-ce soudain si important pour toi Edward ?

Explique-moi parce que là, je ne comprends plus !

- Parce que je veux que tu restes en vie Bella…
- Tu étais pourtant d’accord pour m’épouser et me transformer il n’y a pas si longtemps de ça ! Qu’est-ce qui a changé Edward ?

Nous nous fixâmes pendant plusieurs secondes, qui me parurent une éternité…mais avant même qu’il parle, je savais déjà ce qu’il allait me dire.

- Toi Bella …toi et ta détermination à devenir un monstre, toi et ton amour inconditionnel pour moi …tu as changé d’avis Bella et j’en connais la raison profonde, même si tu préfèrerais te prendre un mur ou te couper une jambe plutôt que de me l’avouer. Tu ne m’as pas demandé un délai…tu as changé d’avis, débita-t-il calmement.
- Tu racontes n’importe quoi…, réussissais-je à articuler.
- Arrête de te mentir ! Tu ne veux plus mourir Bella ! Et je ne t’en veux pas ! Au contraire ! C’est mon souhait le plus cher…te voir vivre ! Répliqua-t-il avec force. Bella…je veux te voir porter la vie, être encore plus belle que Sarah, je veux voir ton teint rosir lorsque le bébé te donnera des coups dans le ventre, lui donner le sein quand il sera dans tes bras, rire de ses caresses et veiller à sa vie comme si c’était la tienne…

J’étais troublée…depuis quand Edward avait ce genre d’idées en tête ? Il continua :

- Je ne veux pas qu’il ne reste rien de toi sur cette terre Bella…tu es si …exceptionnelle.

Une vague de souffrance traversa son visage.

- Edward, répondis-je la gorge serrée, tu es conscient que ça n’arrivera jamais si nous restons ensemble ?
- Oui…je ne pourrais jamais t’offrir un tel cadeau. Mais, tu sais que tu as une autre option…tu as besoin d’y réfléchir …ce n’est pas ce que tu lui as dit ? Dans ta lettre …, murmura-t-il.

Je ne répondais pas. Mon cœur venait de faire un bond au souvenir de ce que j’avais dit à Jacob, du fond de mon désespoir.

- Contrairement à ce que tu crois, tu as la force de tout remettre en question.
- Je m’y refuse Edward ! Tu m’entends ! Je ne te quitterai pas ! me révoltais-je.
- Bella … Alice ne te voit plus devenir vampire…, m’annonça-t-il doucement. C'est définitif, tu ne seras jamais l'une des notres.

Cette révélation me fit un choc ! Depuis quand avait-elle vu ça ? Depuis quand Edward le savait ?

- Les visions d'Alice ne sont pas toujours fiables, répondis-je.
- Ses visions se brouillent sans arrêt, continua-t-il. Elle te voit floue, comme si tu étais déjà ailleurs mais que tu te forçais à rester là…tu ne trompes personne, sauf peut-être toi-même.

Je tournais à nouveau la tête vers la vitre pour échapper au regard perçant d’Edward mais je sursautais en me trouvant face à un reflet qui me fixait, moins accusateur que la dernière fois, une étincelle dans les yeux.
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Lun 30 Nov - 20:17

La suite ? study
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Lun 30 Nov - 20:21

LOL tu m'as bien fait rire avec ton bonhomme qui lit
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Mar 1 Déc - 12:19

vraiment sympa ce début!! On sent vraiment que Bella est dans l'hésitation!! Vivement sa révélation ^^


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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Mar 1 Déc - 16:46

Voici la suite. Le chapitre 14 est un de mes préférés, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire car on y retrouve mes deux personnages préférés de cette saga (désolée, ce n'est pas Bella Wink )
Bonne lecture!

* * * * *

12. Je suis peut- être allé un peu fort …

A mon retour, une surprise de taille m’attendait. Leah discutait avec mon père sous l’auvent et leur conversation semblait assez animée. Apparemment, mon père voulait se griller auprès de beaucoup de personnes de son entourage…si ça pouvait le soulager…pour moi, ça ne changeait rien ! J’espérais seulement que Leah n’allait pas me prendre la tête avec cette histoire de frère. Dès qu’elle me vit, son visage afficha une étrange expression... mais je ne m’y attardais pas. J’aurai peut-être dû sentir le coup venir …
Billy rentra, un sourire satisfait aux lèvres. Je la saluais :

- Bonjour Leah ! Du nouveau ?
- Salut Jacob. Non, rien pour le moment. Mais je ne suis pas venue pour ça.
- Ah …

Comme elle ne continuait pas, je l’invitais du regard à m’en dire plus. Elle soupira puis demanda :

- ça te dit d’aller faire un tour ?
- Euh…oui, pourquoi pas ?

Mon instinct ne m’annonçait rien de bon.

- Jake…je ne vais y aller par quatre chemin…tu me connais, ajouta-t-elle en souriant, mal à l’aise.

Ça faisait bizarre de la voir comme ça mais je décidais de la laisser aller jusqu’au bout toute seule, histoire de voir comment elle allait me présenter ça.

- Je me disais que …enfin, tu vois … je sais pour …pour ton imprégnation et je sais aussi que tu l’as chassée de ta vie …

Je levais les yeux vers un pin sur lequel un aigle venait de se poser, attendant la suite. Elle comprit que je ne dirais rien tant qu’elle n’avait pas lâché le morceau et soupira.

- Enfin voilà, je me disais que toi et moi, on pourrait passer du temps ensemble, histoire de noyer notre chagrin à deux ?

Je souris mais continuais à marcher. Pendant une fraction de seconde, je nous imaginais, côte à côte, galopant dans les bois…même comme ça, non. Je ne voulais pas la blesser. Il fut un temps où je lui aurais dit « Non mais tu rêves ma vieille ! » ou encore « Désolé, mais je préfère encore être seul ! », mais depuis que je savais pour mon imprégnation de Bella et qu’aucune autre fille ne pourrait rivaliser, même avec la meilleure des volontés, je ressentais quand même un vide profond dans ma vie. Une proposition comme celle-ci aurait du me plaire mais pas Leah, non. Elle souffrait trop ! Je n’avais pas envie de supporter ça et puis…demain je serai mort ! Je n’allais pas lui donner de faux espoirs et la rendre encore plus malheureuse qu’elle ne l’était déjà. Je me rendis compte que je n’avais toujours pas parlé. Elle s’était arrêtée à quelques mètres de moi. Je me tournais vers elle, il fallait que je sois gentil mais assez ferme quand même pour qu’elle renonce à cette idée aussi vite que ça lui était venu.

- Bella va revenir. J’ai autorisé son retour à Forks…
- Ah …

Elle baissa la tête, elle y avait quand même vraiment cru. Elle serra les mâchoires pendant quelques secondes puis demanda :

- Et tu comptes la reprendre ?

Je ne serai plus là, pensais-je mais ça …

- Si elle veut oui ! Bien sûr !
- Alors tu n’as pas compris encore ! Elle t’a jeté !
- Leah …
- Cette fille ne peut pas faire partie de notre famille ! Elle ne sert qu’à te faire souffrir !

Oui bon, sur ce coup-là, je ne pouvais pas lui donner tort.

- Ce n’est qu’une sale buveuse de sang !
- Leah, s’il te plait …

Malgré tout, je l’espérais encore, au fond de moi …même si je ne la reverrai jamais, une petite partie au fond de mon âme essayait de faire confiance à Edward, ainsi qu’il me l’avait dit dans sa carte…il allait essayer de la faire renoncer.

- Ecoute Leah, je sais que ça part d’une bonne intention, mais tu sais, ça va, je gère…
- Tu parles ! Tu crois que je ne ressens pas ta souffrance ? C’est pire que moi ! On sait tous par quoi tu passes ! C’est inhumain ! S’emporta-t-elle.
- J’essaie pourtant de vous éviter au maximum d’endurer ça …, marmonnais-je.

Elle se rapprocha de moi et sans que je voie le coup venir, elle plaqua sa main sur ma nuque et m’attira à ses lèvres de toutes ses forces. La nausée mêlée à une douleur fulgurante qui me traversait de toute part me fit propulser Leah à plusieurs mètres. Elle se releva, le regard noir. Je regrettais déjà mon geste mais c’était trop tard. Elle partit en courant, mutant pendant sa course, blessée par ma répulsion. Je ne savais pas si c’était mon esprit torturé ou son contact physique qui m’avait révulsé mais la violence de ma réaction m’attrista…j’étais vraiment condamné à rester seul et à souffrir jusqu’à la fin de mes jours. Enfin, non…je n’arrivais pas à me faire à l’idée que demain était le jour de ma mort. La nuit et la journée promettaient d’être longues …



13. Enfin …

Je ne vis pas passer le voyage, perdue dans mes réflexions et surtout envahie par un sentiment d’excitation insoutenable. J’essayais pourtant de me contenir, ne voulant pas m’attirer les remarques d’Edward …Lorsque l’avion se posa sur la piste de Seattle, mes poumons se vidèrent de soulagement et je compris alors que je venais de passer neuf heures à retenir mon souffle, oppressée par l’idée que tout ceci n’était qu’un rêve et que je n’allais pas bientôt retrouver Forks, Charlie …et peut-être Jake s’il voulait bien me revoir. J’avais voulu ce voyage pour fuir et finalement, j’étais tellement heureuse de rentrer que je me demandais pourquoi je l’avais souhaité si ardemment. La journée touchait à sa fin…j’étais un peu déboussolée avec le décalage horaire. Edward me guida jusqu’à la gare des taxis et lorsqu’il indiqua « Forks » au chauffeur, une vague de joie me submergea.



14. Heureusement que j’ai de l’endurance !


Dix minutes qu’elle piaillait dans son téléphone, dix longues minutes où je serai bien passé de l’autre côté de son bureau pour virer l’appareil contre le mur et elle avec ! Je faisais pianoter mes doigts sur le comptoir de plus en plus rageusement, si bien qu’à un moment donné, elle fut bien obligée de ne plus m’ignorer. Elle me lança un regard dédaigneux mais changea aussitôt d’attitude lorsqu’elle croisa le mien, soudain mal à l’aise.

- Euh, je te laisse ma poule, j’ai un patient …Monsieur ?
- Black !, claquais-je. J’ai rendez-vous avec le docteur Cullen.
- Un instant …

Elle reprit à nouveau son téléphone maudit, annonça mon arrivée au docteur Croc puis me sourit en raccrochant.

- Il vous attend…deuxième étage, troisième porte à droite.
Je ne répondis pas et filais vers mon funeste rendez-vous.

Je le sentis avant même de le voir. Il m’attendait sur le pas de sa porte, m’évitant un ultime renoncement. Il me souriait dans sa blouse blanche, aussi blanche que sa peau, les mains liées dans son dos. Je n’avais jamais remarqué à quel point il paraissait fatigué. Il ressemblait à un fantôme et je me dis qu’il devait en terroriser des mômes ! Une fois que je fus à sa hauteur, il entra dans son bureau. Je fus surpris par l’odeur qu’il y régnait. Celles des humains allant et venant dans son antre semblaient atténuer la sienne, presque à la faire disparaître. Il rangea quelques papiers sur son bureau puis m’indiqua une porte derrière lui.

- Suis-moi, nous serons plus à l’aise dans cette partie…

Je le suivis, la nuque crispée…ainsi je découvrais ma dernière demeure. J’aurai pourtant aimé mourir dans les bois, même dans d’atroces souffrances…au combat, ça aurait été plus classe…
Il me présenta une sorte de fauteuil sur lequel je compris que je devais m’installer. La pièce était équipée de toutes sortes de machines ultra modernes…le docteur Cullen avait du apporter une sacrée contribution financière à cet hôpital depuis son arrivée. Bizarrement, je ressentis une sorte de gratitude pour lui et ce qu’il faisait pour les habitants de Forks…il fallait que j’arrête ! Celui-ci avait vraiment le don de me provoquer des sentiments à se cogner la tête contre les murs !
Encore une fois, il me sourit de son air « chaleureux ».

- Bien…cette opportunité est pour moi unique, déclara-t-il en enfilant ses gants qu’il me réservait. Je te remercie d’avance pour les longues années de recherche que tu m’offres …
- Vous croyez qu’il va vous falloir des années ? m’étonnais-je.
- J’y compte bien, sinon ça ne sera pas intéressant !

Je l’imaginais déjà dans cent ans lançant un « hourra » de victoire en découvrant l’origine de ma mutation…

- Ouvre la bouche s’il te plait, m’ordonna-t-il gentiment.

Ce type n’avait jamais du jurer ou crier de sa vie…
Lentement, il me passa un truc sur la langue et j’eu l’impression pendant une seconde d’être vraiment un animal… il fit disparaître le coton dans un flacon, l’air satisfait de ma coopération. Puis, il posa un petit appareil sur le front et son expression me fit sourire…oui, ma température était très élevée…

- Etant donné la rapidité à laquelle tu cicatrises, je vais devoir utiliser des seringues pour les chevaux, m’annonça-t-il dans un demi-sourire. Elles sont plus solides car une fois qu’elles vont entrer dans ton épiderme, ta peau va les emprisonner …ça ne te dérange pas ?
- Quelle importance ?
- Et bien, ça risque de t’impressionner …

Il se préoccupait de mon bien être alors qu’il allait me charcuter ! Je me demandais de quelle façon il en finirait ? Choisirait-il la manière douce ? Un coup de croc et laisser le venin faire son travail …ou choisirait-il la manière la plus cruelle qui soit pour venger sa fille ? Il pouvait me déchiqueter ou me broyer …je ne sais pas trop quelle manière je préférais … je l’observais pendant qu’il m’installait un garrot… Je me sentais étrangement serein par rapport à la situation.

- Tu as prévenu ton père de ce que tu m’offres ?
- Oui et non…

Il releva la tête vers moi, m’invitant à continuer.

- Disons qu’il sait que je suis avec vous mais il ne sait pas pourquoi, enfin il s’en doute…Je ne me suis pas transformé depuis notre conversation chez vous …après l’accident, précisais-je pour répondre à son étonnement muet.
- Hum… Ton peuple aurait sûrement préféré se battre …
- Oh ça oui ! Sûrement…c’est un peu notre but en même temps, je ne peux pas leur reprocher leur motivation…

Il préparait la fameuse seringue …je me demandais quelle explication il avait donné pour se procurer ce truc…c’était énorme !

- Au fait, comment va votre…? Commençais-je pour ne plus penser à ce qu’il s’apprêtait à faire à mon bras.
- Alice va beaucoup mieux, merci ! Elle a une petite cicatrice et en est très fière…
- Pardon ?
- oui …Jasper possède pleins de cicatrices sur le corps…elle dit que maintenant, elle peut rivaliser, expliqua-t-il en riant.

La grosse seringue s’enfonça sans problème, m’arrachant une grimace. Mais je ne ressentais rien en fait…le doc avait raison, j’étais impressionné.

- c’est quoi le programme alors ? demandais-je légèrement, le regardant remplir de mon sang un tube puis deux, puis… j’arrêtais de les compter.
- Et bien…tout d’abord je fais te faire toute une série de prélèvements … c’est mieux de commencer par le moins agréable …
Voilà qu’il recommençait avec mon bien être !
- Ensuite, je te ferai un scanner complet, continua-t-il. Puis tu devras travailler un peu …faire des exercices de force et d’endurance…et je finirai par le plus dangereux pour moi.
- C'est-à-dire ?
- Je te ferai muter…dans cette machine que tu vois derrière toi et on recommencera les mêmes analyses mais sous ta forme animale …

L’idée me fit sourire. Si quelqu’un nous surprenait ! Mais tout ça allait prendre du temps, songeais-je …

- Et après ?

Autant savoir tout de suite, mais il n’allait peut être pas me dévoiler tout son plan…

- Après, tu pourras rentrer chez toi…

Je sursautais d’étonnement. Il me sourit, devinant la raison de ma surprise.
- Tu as vraiment cru que j’allais te tuer Jacob ?
- Je ne comprends pas …
- J’ai pourtant essayé de t’expliquer quand tu nous as ramené Alice mais tu n’as pas voulu m’écouter …, affirma-t-il, mi moqueur, mi accusateur.

Son visage se crispa, il essayait de retirer la seringue sans trop forcer…je poussais sa main et tirais dessus. La seringue se brisa…le doc soupira.

- Voilà ce que je voulais éviter…

Un peu honteux par mon côté « casse-tout », je le regardais prendre une lame et m’ouvrir le bras pour récupérer le morceau. Je serrai les dents…mais la plaie se referma en quelques secondes. La douleur s’atténuait déjà.

- Mais nous avons rompu le traité ! continuais-je, reprenant là où ma bêtise nous avait interrompus.
- Je ne comptais pas ordonner une attaque contre ton peuple...je voulais te le dire mais ton offre était trop tentante…je ne voulais pas rater cette occasion. Tu semblais si désireux de réparer leurs fautes …

Nom d’un chien ! Si je parvenais à me calmer parfois…ça m’éviterait bien des ennuis. Mais, je revis Fenq et les jumeaux lancer leur attaque et la raison pour laquelle j’étais là me parut la moindre des choses...

- Nous sommes responsables…JE suis responsable de ce qu’il s’est passé !
- Ce n’est pas toi qui a attaqué Alice…tu l’as même sauvée ! D’ailleurs, je pense que ça commence à devenir une habitude chez toi de sauver tes …« ennemis », ajouta-t-il dans un sourire.

Il n’avait pas oublié sa rencontre avec les jeunes loups et mon intervention ce jour-là.
Il desserra le garrot et fit claquer l’élastique avant de le ranger dans un tiroir.

- Tu peux te lever, m’annonça-t-il. Maintenant, déshabille-toi pendant que je règle le scanner. Ensuite tu pourras te mettre debout contre cette plaque.

Sans mot dire, je m’exécutais et m’installais contre ce truc glacial. Le doc se trouvait derrière l’ordinateur qui contrôlait la machine. Lorsque la plaque bascula, je me laissais aller et me retrouvait à l’horizontal, face à une grosse lampe éblouissante. Une sorte de gros objectif s’approcha de moi. J’entendis le docteur Croc me dire :

- Retiens ta respiration s’il te plait.

Quelques secondes passèrent, j’entendais des « clic » « clic » dans l’objectif puis il m’annonça :

- C’est bon Jacob, respire…

Et la planche froide entama sa remontée…je me retrouvais à nouveau debout. Voilà, le doc avait photographié toute mon anatomie…ça avait pris dix secondes et il était heureux. Son large sourire me le confirma…
Il me laissait me rhabiller un minimum puis me demanda, pendant qu’il m’installait toutes sortes d’électrodes un peu partout sur le torse, les jambes et la tête.

- Tu te sens d’attaque ?
- Comme jamais !
- Alors on y va …

Je m’installais au centre d’une machine reliée à des tas de consoles, sûrement capable de mesurer tout ce qu’il se passait en moi. Le doc hocha la tête.
Et c’était parti ! Il me fit courir, sauter, encore courir puis frapper, récupérer …courir …je ne sais pas quelle heure il était lorsqu’il m’annonça la pause mais il n’y avait plus beaucoup de bruit dans l’hôpital.

- Impressionnant, murmura-t-il lorsqu’il analysa brièvement les données sur son ordinateur.

J’étais à peine essoufflé, même moi j’étais impressionné.
Soudain, la tension fut palpable. Il s’approcha de moi et prit un temps pour choisir ses mots.

- Jacob … dois-tu obligatoirement te mettre en colère pour te transformer ?
- Non, le rassurais-je.
- Bien … Nous allons passer à l’étape suivante mais avant je voulais que tu saches à quel point je suis reconnaissant de ce que tu viens de faire aujourd’hui…je sais, je me répète mais c’est fabuleux.
- Oui, génial…j’ai livré tous nos secrets à l’ennemi, répliquais-je en plaisantant à demi.

Il sourit mais ne fut pas dupe. C’était vrai…j’avais sauvé mes frères mais qu’est-ce que ces analyses allaient donner pour les générations à venir ? Est-ce que ce docteur si compétent allait trouver le moyen d’empêcher notre mutation ? Ainsi ils pourraient chasser à leur guise, sans prédateur …cette idée me fit frémir. Le doc semblait partager mes pensées, (il avait peut-être le même don que son fils ?) car il m’assura :

- Ce que nous faisons aujourd’hui restera personnel, je suis médecin mais chercheur avant tout et ton espèce m’a toujours fascinée. Pour moi, vous êtes en quelque sorte magique et ça me dépasse…
- Pourtant, votre espèce n’a rien de commun non plus …, balançais-je.
- Peut-être mais vous, vous êtes encore humain…

Je l’observais à la dérobé …il avait l’air tout comme moi de regretter sa vie. Comme moi, il n’avait pas l’air d’avoir choisi…en fait, lequel d’entre eux avait vraiment choisi ? Il fallait être aussi frappé que Bella pour choisir ce destin !

- Pourquoi les aimez-vous autant ? lui demandais-je à brûle pourpoint. Les humains, je veux dire.

Il me sourit franchement et je vis dans ses yeux une étincelle. Oui, ce type était vraiment un amoureux des êtres humains. Je pensais que grâce à lui, nous avions une nouvelle race de sangsues…finalement, peut-être que grâce à lui, un jour, les petits Quileute ne muteraient plus et ne verraient plus leur vie brisée pour accomplir leur destin.

- Il me faudrait plus d’une nuit pour t’expliquer mais pour faire court, je pense que j’ai la même passion que celle qu’éprouve mon fils pour Bella…

Aïe ! Et moi qui voulais essayer d’oublier au moins une nuit…

- En parlant de Bella…elle est revenue hier soir, m’annonça-t-il d’un ton léger. Je veux encore te remercier pour avoir autorisé mon fils à revenir avec elle.

Il guettait ma réaction. Je ne répondis pas, me contentant de hocher la tête. Il en déduirait ce qu’il voulait. Mais à l’intérieur, j’étais complètement chamboulé. Ainsi, au moment où je croyais ma dernière heure arrivée, Bella était à quelques mètres de moi et je ne l’avais même pas sentie… mes mains commencèrent à trembler légèrement. Je vis Carlisle arrêter immédiatement de prendre des notes.

- Jacob ?

Elle est à Forks …elle est déjà revenue ? Nom d’un chien…il ne leur a pas fallu longtemps …Je m’accrochais aux barres de l’appareil pour tenter de calmer les convulsions.

- Jacob ! Ecoute-moi …

Les barres claquaient dans tous les sens, j’allais tout démonter…

- Ne…Ne…vous…ap…pro…prochez-pas de moi !
- Jacob…

Il faut que je me calme …je vais le blesser…il est trop prêt…elle avait attendu avec lui que je donne mon feu vert…elle ne serait pas rentrée sans LUI…

- Jacob ce n’est rien…lâche-toi …
- Re…reculez !

Je vis une lueur traverser ses yeux, je lui faisais peur…il comprit que ma fureur l’importerait peut-être sur le bon sens. Non ! Je n’allais pas le blesser ! Pas lui ! Mes tremblements se calmaient un peu, je le sentais…j’allais y arriver.

Je respirais …
Voilà…

Le médecin n’avait pas bougé. Je levais les yeux vers lui, son regard dépeignait de l’inquiétude et de la tristesse. J’en fus surpris. Il se risqua à poser sa main glaciale sur mon épaule et murmura :

- A ce point-là Jacob ? ….

Il ne parlait pas de son fils, il avait compris que le souvenir de Bella avait provoqué cette crise.

- Oui, soufflais-je.
- Je suis désolé…j’espère qu’un jour, ça passera.

Il était sincère, je le savais. Mais il ne comprenait pas tout…

- Non, ça ne passera jamais …ce n’est pas à cause de votre fils…même s’il quittait Forks, ça ne changerait rien, expliquais-je. Mais Bella…je suis… physiquement lié à elle et la douleur est…violente.
- Physiquement lié ? s’étonna-t-il.

Alors je lui expliquais le phénomène. Celui que tous mes frères vivaient comme un pur bonheur et qui était une véritable torture pour moi. Carlisle m’écouta pendant toute mon explication, sans m’interrompre, visiblement très fasciné par cette histoire. Encore un tour de magie à mon actif ! Mais ça, il ne pourrait jamais l’analyser… Je lui racontais les théories de Sam et de Billy, sur le fait que l’on s’imprégnait de la femme qui avait le plus de chance de transmettre le gène des loups, que c’était un choix unique qui assurait sa propre descendance, normalement vécu à double sens. Un pli se dessina sur son front pendant ce passage. Je continuais sur le ralentissement de la vieillesse, sur le fait qu’un jour, je ne me transformerai plus et que je recommencerai à vieillir.
Une fois que j’eu terminé, il resta un long moment pensif. Il semblait soucieux. Je finis par l’interrompre.

- Docteur Cullen ?
- Oui…Oui Jacob. Nous allons continuer. Je préfère que tout soit fait aujourd’hui.

Il hésita. Je saisi tout de suite le problème.

- Je peux muter sans tout casser vous savez, le rassurais-je.
- Bien … alors suis-moi. Je vais t’installer dans cette machine.
- Qu’est-ce que c’est ?
- C’est compliqué mais pour faire simple, elle va déjà filmer tes mutations, je pourrai ainsi les revoir au ralenti, pour voir les changements physiques…
- Oh …
- Et ça mesura tout ce qui se passe en toi pendant le phénomène : température, rythme cardiaque…

Ah c’était sûr, il allait bien s’éclater après !

Lorsque je ressortis de cette machine, je croisais son regard et son expression me fit sourire intérieurement. Il était vraiment admiratif ! Je recommençais donc tous les tests sous ma forme animale jusqu’à ce qu’il m’annonce :

- Merci Jacob. Tu peux retourner dans le sas et reprendre forme humaine. Ça sera le test ultime.

Quelques secondes plus tard, je le rejoignais à son bureau. Il m’invita à s’asseoir en face de lui, comme un patient normal.

- J’ai déjà quelques résultats qui sont extraordinaires ! affirma-t-il, un brin d’excitation dans la voix.

C’était sûr maintenant, j’avais fait un heureux ! Il détourna son regard de son écran et me sourit.

- Encore merci Jacob !
- Arrêtez doc … c’est bon…

Il se leva. Je compris alors qu’il était temps pour moi de rentrer. Je n’avais pas vu cette rencontre se finir comme ça et je ressentis une grosse vague de soulagement. Mon sacrifice avait ses limites. Il m’ouvrit la porte et je le saluais mais avant que je le quitte, il me dit :

- J’espère que nous aurons à nouveau l’occasion de parler ensemble. C’est toujours un plaisir. Et encore merci pour toutes les précisions sur ton espèce, c’était …très intéressant.

Je hochais la tête, ne sachant pas trop quoi lui répondre. Il me tendit à nouveau la main. Cette fois, je lui serrais sans hésitation.



15. Retour parmi eux

Lorsque nous passâmes le panneau de la ville, mon excitation était à son comble. Je regardais chaque maison, chaque rue…tout m’avait tellement manqué et pourtant, je n’étais partie que depuis six semaines. Edward me prit la main, captant sûrement les battements de mon cœur que je ne pouvais pas cacher.

- Tu veux d’abord aller voir ton père ? me proposa-t-il.

En fait, je n’avais pas songé à ce que je voulais faire. La seule chose qui hantait mon esprit pour l’instant est que j’étais de retour à Forks, que j’allais bientôt revoir ceux que j’aimais…que j’irai à la Push…nous passions justement devant la route qui y menait, mon cœur s’accéléra de plus belle. Demain matin…oui, je n’attendrai pas plus longtemps …

- Bella ?
- Oui…euh, je voulais dire non ! Non, allons chez toi. J’ai hâte de revoir Alice !

Quelques minutes plus tard, il demanda au chauffeur de s’arrêter. Une voiture, que je connaissais bien, nous attendait sur la place. Alice avait vu ma décision et s’était empressée de venir nous chercher. J’étais à peine sortie de la voiture qu’elle vint se jeter dans mes bras. Son corps de pierre me fit basculer légèrement, Edward me rattrapa par la taille.

- Wouah Alice ! Je croyais que c’était moi l’excitée ! m’écriais-je
- Bella ! Je suis si contente de vous revoir !

Elle lança un regard à son frère…il lui sourit d’un air entendu. Ils avaient encore communiqué en silence ! Elle me passa un bras autour des épaules.

- Bella, tu m’as donné du fil à retordre pendant tout ce temps !
- Alice …
- Mais nous discuterons de tout ça plus tard ! Rentrons à la maison ! Vous êtes attendus.

Ce fut Esmée qui fut la première à me prendre dans ses bras, visiblement très heureuse de me revoir. Puis ce fut au tour d’Emmett mais là, j’ai cru que j’allais mourir étouffée !

- Salut la belle ! Tu ne t’es pas cassée une jambe là-bas ?

Emmett ne cesserait jamais de se moquer de ma maladresse légendaire … Je fus surprise par Rosalie, qui me serra également dans ses bras. Jasper me planta un rapide baiser sur la joue…il faisait des progrès.

- Carlisle n’est pas là ? m’étonnais-je.

L’atmosphère devint soudain plus lourde. J’avais immédiatement remarqué son absence. Encore une fois, je captais un regard échangé entre Alice et Edward, affichant un visage tendu depuis notre arrivée à la maison.

- Que se passe-t-il ? insistais-je.

Esmée me souriait tendrement. Je réalisais que je n’avais aucune idée des raisons qui avait poussé Jacob a changé d’avis…à partir du moment où Edward m’avait annoncé notre retour, plus rien n’avait compté que cet instant : être à Forks !

- Nous discuterons de ça plus tard…en attendant, viens à la cuisine ! Nous nous sommes encore surpassés pour te préparer un bon plat…, déclara Emée.
- Non Esmée…désolée mais je sens que quelque chose ne va pas …Edward ? demandais-je en me retournant vers lui, soudain angoissée. Finalement, tu ne m’as pas vraiment expliqué ce qu’il s’est passé. Pourquoi Jacob a-t-il changé d’avis ?

Emmett s’esclaffa :

- Arrêtez de la prendre pour une idiote ! Elle le saura de toute façon !
- Je saurai quoi ?

Et là, Alice souleva son pantalon dans un geste théâtral. Je cru que j’allais m’évanouir lorsque je vis une énorme cicatrice grisâtre, cerclant sa cheville comme un vulgaire bracelet de chair déformé. On aurait dit de la peau morte…comme si le corps de mon amie s’était décomposé à cet endroit.

- Alice ! Nom d’un chien ! Oh, Alice ! Mais comment est-ce arrivé ?

Son rire cristallin envahit soudain la pièce, je levais les yeux vers elle, abattue.

- Et bien justement, en parlant de chien…
- Quoi ? ! m’écriais-je d’une voix aigue.

Je venais de comprendre…une seule chose pouvait blesser ainsi un vampire !

- Arrête de piailler comme ça ! Ce n’est pas aussi méchant que ça en a l’air ! Et maintenant, je peux me vanter d’avoir la plus laide cicatrice de la famille !

Elle donna un léger coup d’épaule à Jasper qui ne riait pas du tout. Je passais mon doigt sur la cicatrice froide et bosselée, mesurant la gravité de la blessure.

- J’ai surtout eu une bonne trouille, notamment que je ne l’avais pas vu venir celle-là !, continua-t-elle de plaisanter.

J’étais révoltée.

- Lequel a fait ça ? demandais-je d’une voix blanche.
- Bella, intervint Esmée. C’est du passé maintenant…
- Non ! Je veux savoir ! Lequel ? Paul ? Sam ?...Jacob ?

Je me tournais vers Edward. Si eux ne voulaient rien me dire, lui devait tout savoir maintenant qu’il pouvait capter les pensées de tout le monde.

- Des jeunes loups, Carlisle les avait déjà rencontrés…les derniers mutés. C’est à cause de ce qu’il s’est passé avec Victoria. Il y a eu trop de vampires d’un coup…des enfants de douze ans sont devenus loup-garou et ils sont …très instables, m’expliqua Edward gravement.
- Jacob traite en ce moment avec Carlisle, m’annonça Alice, souriante.
- Jacob … Mais …
- Le traité a été rompu mais il n’y aura pas de guerre, s’exclama-t-elle, comme si le sujet était sans gravité.
- A notre plus grand regret ! renchérit Emmett en soupirant.

Comment une chose pareille avait-elle pu se produire ? Et Jacob traitant avec Carlisle … la diplomatie à la place de la guerre … mes rêves devenaient-ils réalité ?

- Pourquoi Jacob ? Pourquoi pas Sam ? demandais-je, intriguée.
- Ton clébard a pas mal rongé son os depuis ton départ…, railla Emmett.
- Bella, il m’a sauvée ! Ce qu’il a proposé était très noble. Ainsi, il nous a évité une guerre sans merci, ajouta Alice.
- Arrête de le défendre, lâcha Jasper. Il ne vaut pas mieux que les autres !
- Qu’a-t-il proposé ? Marmonnais-je, anxieuse.
- Il était responsable des jeunes loups…continua Edward.

Son expression concentrée m’indiqua qu’il lisait dans les pensées de Jacob. Furtivement, j’en fus jalouse.

- …je suis impressionné par sa décision …murmura-t-il, plus à lui-même qu’à nous tous.

Je me le répétais, demain j’irai le voir ! Au moins, je saurai l’exacte vérité.

- Oh non ! Et moi qui comptais faire du shopping …Bella…tu ne peux pas attendre pour aller voir Jacob ?
- Non, elle ne peut pas Alice, intervint Edward.

Je me tournais vers lui, surprise. Je pensais qu’il prendrait mal mes intentions…je vis sur son visage de la douceur et de la tendresse à mon égard. Edward n’était pas contre le fait que je revois Jake, il m’encourageait ! A nouveau, je m’enflammais, honteuse car je savais que, malgré son expression détendue, il souffrait.
Mais il me passa son bras sous le coude et m’invita à monter à l’étage. Une fois seuls, il me prit dans ses bras et je me laissais aller contre son torse froid, enivrée par son parfum.
Je remarquais que le lit installé lors de ma captivité était toujours là.

- Je t’aurai emmené moi-même à la Push si Jacob n’avait pas été « occupé » ce soir, murmura Edward à mon oreille.

Je relevais la tête et croisait son regard empli d’amour et de tristesse. Bon sang … je ne le méritais pas.

- Je pensais que tu ne voudrais plus que je le vois…après tout, il agit un peu comme un idiot depuis quelques temps…et puis, la dernière fois que je l’ai vu…
- Je ne veux pas que tu passes encore une nuit à crier au loup, Bella, répondit-il moqueur. Demain, tu vas le voir et tu mets les choses à plat avec lui.

Je soupirai…

- A moins que tu ne le souhaites pas ? suggéra-t-il.
- Si, si !, répondis-je plus hâtivement que je ne l’aurais voulu.

Alice nous monta le repas qu’Esmée m’avait préparé. Lorsqu’elle entra, elle jeta un regard à Edward qui hocha la tête et se leva du lit sur lequel nous étions assis côte à côte.

- Edward, Bella doit mourir de faim ! Tu ne devrais pas la retenir ici alors que nous nous sommes encore décarcassés pour lui préparer le meilleur rizotto de la Terre !

Edward rit doucement et me planta un baiser sur le front.

- A tout à l’heure mon amour…

Le parfum du plat m’ouvrit l’appétit. Alice me posa le plateau sur le lit et je ne mis pas une seconde à avaler la première bouchée. Elle m’observait, amusée par mon enthousiasme. Je compris que le « plus tard » était arrivé, elle me laissait juste le temps de me rassasier.

- Bella, tu es tellement …indécise, murmura-t-elle en me passant la main dans les cheveux.
- Alice, tes visions …, murmurais-je, gênée.
- Lorsque tu ne penses qu’à lui et que je ne te vois pas, je suis habituée, me coupa-t-elle. Mais là, pendant un temps, tu étais floue, perdue dans le futur, hésitante… ça m’a fait paniquer quelque fois car je pensais que ça n’avait rien à voir avec lui. Car avec lui, je ne vois rien. Point ! Mais Edward m’a parlé de tes cauchemars…et j’ai compris que tu luttais…il venait hanter tes pensées, tes rêves et tu essayais de le rejeter.

Je baissais la tête, honteuse que tout le monde partage ma lutte intérieure. Oui, mon esprit n’avait décidément aucun secret pour Alice.

- Mes visions sont claires à présent, poursuivit-t-elle. Plus de transformation. J’aurai pourtant aimé qu’on soit sœurs…
- Mais je n’ai pas renoncé à devenir vampire !
- Cela ne dépend plus de toi Bella. J’ai bien peur que notre futur se sépare…, déclara-t-elle, tristement.
- Je ne comprends pas …, marmonnais-je, troublée.
- Tu sais Bella, je comprends que tu hésites, continua-t-elle, ignorant ma remarque. Jacob est quelqu’un de bien...il a fait un grand chemin depuis ton départ. Ça lui a fait du bien cette pause.
- Arrête, je vais finir par croire que vous êtes tous devenus potes ! m’exclamais-je.
- Cette bataille, côté à côté, a balayé bien des colères…affirma-elle souriante.
- Et elle en a provoqué d’autres ! objectais-je, en pensant à celle de Jacob à notre égard.

Je réfléchissais à ce qu’Alice venait de me dire.

- Quand tu dis que notre futur se sépare, tu veux dire qu’Edward et moi …
- Edward a toujours voulu te garder vivante Bella…c’est ce qu’il aime chez toi, ton humanité. Maintenant, c’est toi qui va devoir accepter le fait que tu vas vieillir…à ses côtés ou pas.

J’étais anéantie. Je voulais vivre aux côtés d’Edward et je refusais de le faire en vieillissant un peu plus chaque jour ! Et qu’il le veuille ou non, si je me décidais à devenir vampire, comme j’en étais encore si sûre il y a quelques semaines, ça serait ma décision ! Ma vie ! Et je demanderai à Carlisle si Edward ne voulait pas faire le sale boulot !

Edward me rejoignit et je ne préférais aborder aucun sujet. Je me blottis contre son torse froid et m’assoupit immédiatement. Je me réveillais à nouveau en hurlant au beau milieu de la nuit. Edward me serrait fort pendant que mon cœur tentait de se calmer, mon esprit encore tourmenté par le loup noir corbeau. Ses yeux étaient comme des vers luisants, brillant et pénétrant. Au bout de quelques minutes, Edward émit un énorme soupir mais je compris, à l’expression de son visage, qu’il voulait détendre l’atmosphère et me faire rire.

- Désolée, marmonnais-je.
- Il était temps de rentrer … en espérant que le fait de le revoir calme tes nuits.
- Tu sais Edward …je ne crois pas que mes rêves concernent Jacob.

Il se redressa, surpris.

- Pourtant, à chaque fois, tu cries son nom …encore cette fois-ci, marmonna-t-il.
- Peut –être mais il n’est pas dans mes rêves …je crois même qu’il n’y a jamais été, physiquement parlant.

Edward fronça les sourcils, m’invitant à continuer.

- Le loup qui me poursuit ou m’attaque est noir…pas noir comme Sam, plus noir…noir corbeau.

A ma grande surprise, Edward se redressa, contrarié.

- Noir corbeau …, répéta-t-il. Est-il seul ?
- Pourquoi cette question ? demandais-je, intriguée par son intérêt.

Je ne connaissais pas ce loup, Edward l’avait-il déjà rencontré ?

- Réponds-moi…essaie de réfléchir à ce que tu vois…depuis le temps que tu fais ce cauchemar, tu as bien du voir des détails ! se moqua-t-il mais je ressentais son inquiétude.
- Et bien …non, il est seul et je ne le connais pas. J’ai pensé d’abord à Jake puis à Sam vu la couleur mais ce loup est agressif, ses yeux sont brillant, vert je dirais…il me poursuit, il VEUT me tuer. Ce que je ne comprends pas c’est que les loups-garous ne tuent pas les humains. Non ?
- Non, en effet, murmura Edward. Mais celui dont tu rêves a un esprit destructeur.
- Tu le connais ?, demandais-je, effrayée.
- C’est celui qui a attaqué Alice…, m’annonça-t-il durement.
- Quoi ? m’écriais-je. Et tu…tu sais qui il est ?
- Oui … mais ce gamin se cache, lui et ses frères…
- Tu sais tout ça parce que …tu n’as pas cessé de te connecter à l’esprit de Jacob depuis notre arrivée n’est-ce pas ?
- Oui, souffla-t-il. J’avais besoin de savoir dans quel état d’esprit il était et j’ai appris tellement de choses depuis que nous sommes là que ça en valait la peine …

Je baissais les yeux sur les draps, attendant qu’Edward m’en dise plus. Moi aussi je voulais savoir dans quel état d’esprit il était…

- Il est calme Bella…, m’annonça-t-il en écho à mes propres pensées. Sa colère est retombée comme un soufflet après le problème avec Alice. Il se sent responsable et ce qu’il a offert à Carlisle est …enfin, je ne l’aurai jamais cru capable de ça, m’annonça-t-il légèrement agacé.
- Vas-tu enfin me dire ce qu’il a proposé ?

Quand Edward m’expliqua ce qu’était en train de faire mon ami, au moment même où nous parlions, je fus d’abord envahi par une terrible frayeur : qu’allait faire exactement Carlisle ? Est-ce qu’il s’exposait au danger ? Est-ce que Jacob allait souffrir ? Edward rit sous le flot de mes questions et répondit :

- Tu devrais avoir un peu plus confiance en Carlisle …et en Jacob.
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Chikita
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Mar 1 Déc - 18:23

Ah mais ça va trop vite lol !!

Attends je commente un peu les chapitres d'avant lol !!
Alors j'ai beaucoup aimé !! mais je ne comprends pas trop un truc avec les histoires de goss (faudrait que je relise la saga moi) c'était quoi déjà l'embrouille avec le fils au père inconnu ?

En tout cas trop pressée de voir le retour de Bella à Forks lol !!
Et j'aime beaucoup ta fics parce que tu met vraiment une intrigue en place... on s'y croirait lol Very Happy (trop corc d'avoir une autre version de Révélation lol t'as intérêt à faire autant de page que Meyer loool Wink )

Allez ce soir je lis la suite Very Happy
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Mar 1 Déc - 19:56

Dans Hésitation, Edward raconte à Bella que chez les loups garous, c'est pire que Dallas ("en gros") et que Embry Call a muté mais que ses parents n'ont rien à voir avec eux donc ils se posent la question : qui a couché avec la mère d'Embry et qui est le père ? Jake et Sam pensent que c'est un de leur père. Dans mon histoire, j'ai tranché pour Sam et j'ai donné un demi-frère à Jake Wink Car Seth me fait trop pensé à lui.

ça veut dire quoi : trop corc ? LOL

Merci pour ton soutien Smile
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MessageSujet: Re: J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella   Aujourd'hui à 12:13

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J&B Son imprégnation, ma révélation --> II - Evolution (p16) Jacob/Bella
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