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 [Critique] Kamikaze Girls

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Edward Darko
Fait face à une terrible nouvelle
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MessageSujet: [Critique] Kamikaze Girls   Mar 27 Oct - 19:32



Un film de Tetsuya Nakashima
Japon, 2004 - 102min
Avec : Kyôko Fukuda, Anna Tsuchiya, Hiroyuki Miyasako, Sadao Abe, Eiko Koike .Sortie en salles (France): 14 juin 2006

Improbable et déjanté, Kamikaze Girls ne plaira pas à tout le monde, avec son graphisme très manga, son culte du cosplay et son humour premier degré typiquement japonais. Pourtant profitez-en, car des films comme ça, vous n'en avez sans doute jamais vus... Et priez pour que son distributeur ne fasse pas faillite.

La sortie dans nos salles de Kamikaze Girls était aussi improbable que le film lui-même. Si la France n'était pas devenue le deuxième plus gros consommateur de mangas au monde (inutile de préciser après qui), on jugerait même cette sortie suicidaire pour son distributeur. Parce qu'il faut en vouloir pour payer sa place de Kamikaze Girls. Rares seront ceux qui verront ce film par hasard, un soir de désœuvrement ou d'hésitation devant le programme de leur multiplexe. Et ce n'est pas la lecture de son résumé qui incitera les éventuels spectateurs à entrer dans la salle, sauf s'ils sont piqués au vif par une curiosité tout émoustillée à l'idée d'une rencontre entre une Gothloli (contraction de Gothic et Lolita, un style vestimentaire et vaguement existentiel en vogue au Japon et une Bosozoku (équivalent des bikers, voire des Hell's Angels, à la mode nippone).



Rencontre au sommet donc, entre Momoko (Kyöko Tsuchiya, idol de profession déjà vue dans Dolls de Takeshi Kitano), une fanatique barrée du rococo qui ne vit que pour ses fringues et alterne ses journées entre errance, broderie et boutiques, et Ichigo (Anna Tsuchiya, également superstar au Japon), un "garçon manqué" sur-vitaminé, chef des Ponytails, une bande de filles Bosozoku (les puristes diront des Ladies) en scooter. Vous froncez les sourcils ? Ce n'est pourtant pas fini. Momoko vit avec sa famille à Shimotsuma, un bled paumé de la préfecture d'Ibaraki (banlieue de Tokyo), où les habitants se moquent d'elle en l'incitant à acheter ses fringues chez Jusco, une chaîne de supermarché japonaise (la honte absolue évidemment). Mieux, le père de Momoko est un yakuza reconverti, connu et populaire pour ses faux Versace (avec une faute d'orthographe). D'où la connivence avec Ichigo, fan hardcore des faux Versace en question et avec qui Momoko va se lier d'amitié, bien qu'a priori tout les sépare.



L'histoire paraît invraisemblable, et même un peu débile. Elle l'est, mais pas tant que ça. Car Kamikaze Girls équivaut presque à une version japonaise du Ghost World de Clowes /Tzwigoff, en plus débraillée et hystérique. Le cœur du film, c'est l'adolescence, la rencontre d'un autre opposé à soi, et la sortie de ses rêves de jeunes filles pour entrer dans le "vrai" monde. Tout ça reste assez superficiel et un peu recouvert par une comédie aux couleurs saturées. Mais c'est aussi ce qui permet au film, malgré ses excès, de produire quelque chose à la hauteur de sa fantasmagorie. A renfort d'images retravaillées sous Photoshop, d'images de synthèses cheap, Tatsuya Nakashima sauve son film du désastre. Médiocre metteur en scène mais graphiste pas idiot, il donne un ton à Kamikaze Girls qui, par son imagerie, joue intelligemment des contrastes entre fantasme et réalité. Ainsi le film croise non sans subtilité les rêveries au réel, en juxtaposant les unes aux autres, comme s'il enchevêtrait les visions rococo de Momoko à sa petite banlieue banale.





Cette tonalité acidulée ne fuit jamais totalement dans un univers clos sur lui-même, mais préfère au contraire montrer comment les choses idéalisées et réelles cohabitent aux yeux des personnages. Elle finit par rendre ce film assez séduisant, pour peu qu'on lui laisse sa chance. Passé son humour premier degré et sa galerie de personnages impossibles que seul un lecteur de manga avisé peut comprendre, il devient presque une vision assez juste, y compris dans l'excès, de la jeunesse japonaise. Mieux, avec tous ses défauts et ses effets visuels à cent à l'heure, Kamikaze Girls donne le sentiment d'une certaine liberté formelle qui, à défaut d'une réelle invention, a le mérite de proposer sa différence.
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