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 Luminescence !

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lunabelle59
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MessageSujet: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:22

Salut les filles,

Peu de personne me connaisse à part le groupe du clan des cullenettes, ca fait un moment que je n'ai pas posté. Faute de temps !
J'ai commençé à écrire ma fiction. Je vous la poste et attends de voir ce que vous en pensez.
Petit détail il ne faut pas se fier aux apparences même si ma fic vous paraît classique au debut vous pourriez être surpris par la suite.
J'attends vos avis avec impatience ! Et je remercie déjà celle d'entre vous qui me liront.






Je m’appelle Solen, j’ai vingt et un ans et j’habite un petit village en Bretagne non loin de Rennes. Voilà maintenant trois ans que je vais à l’université où j’étudie la biologie, une de mes passions. Je vis encore chez mes parents. Mon père possède un petit atelier d’ébénisterie accolé à notre maison. Il adore son métier par dessus tout . C’est un homme respecté et de bonne réputation par chez nous. Il est incollable en ce qui concerne le bois et les commandes affluent chaque jour de divers endroits de Bretagne. Ma mère travaille avec lui en tant que comptable ce qui lui permet d’être en permanence chez nous et d’organiser son emploi du temps à sa guise. Je suis fille unique, mes parents n’ont jamais désiré d’autres enfants. La raison, je l’ignore, je n’aborde pas ce genre de sujet avec eux. Malgré tout, je suis peinée de n’avoir pas connu la joie d’avoir des frères et des sœurs, je me serais sentie sans doute moins seule par moment. Enfin, je n’ai jamais eu trop à me plaindre, je n’ai jamais manqué de rien et j’ai vraiment des parents formidables. Ma mère est en quelque sorte ma confidente, elle a toujours été très ouverte et compréhensive en ce qui me concerne. Mon père, par contre, est plutôt réservé mais néanmoins très protecteur et attentif à mon égard. En résumé, je suis une fille de tout ce qui a d’ordinaire mais ce qui m’arriva l’année dernière dépassa tout ce que je pouvais imaginer. Les légendes sortent, pour la plupart du temps, de l’imagination de grands rêveurs passionnés d’histoire fantastique et de surnaturel. Il arrive cependant qu’elles soient tout autour de vous mais invisible dans nos yeux d’humain. Ce que je m’apprête à vous raconter va certainement vous surprendre et vous ne vous baladerez plus jamais en forêt sans regarder derrière vous. Voici mon histoire.




Le réveil sonna comme d’habitude à sept heures, je tendis la main pour éteindre la sonnerie et ouvris les yeux lentement. J’entendais les gouttes de pluie ruisseler sur la fenêtre ce qui ne m’aidait pas à sortir de mon sommeil, la pluie avait toujours eu sur moi un effet apaisant et relaxant, je n’avais envie que d’une chose c’était de me rendormir aussi vite. Mais soudain, l’odeur du pain grillé et du café me chatouilla les narines ce qui entraîna un grondement dans mon estomac. La faim était plus forte que tout, il fallait que je me lève. Je me mis debout rapidement et enfilais mon peignoir afin de profiter du petit déjeuner que ma mère avait préparé. Je dégringolais les marches quatre à quatre et fit une entrée spectaculaire dans la cuisine, ce qui ne manqua pas d’amuser ma mère assise à la table.
- Ben dit donc s’exclama-t-elle, tu es bien éveillée ce matin ? Je pensais que tu allais atterrir la tête la première dans ton assiette ? D’où te viens cet enthousiasme matinal ma chérie ?
- Oh rien maman, je suis de très bonne humeur aujourd’hui. En plus l’odeur du café me met en appétit. J’ai une faim de loup ce matin.
- Ah dans ce cas, installe toi ma fille, j’ai grillé du pain et j’ai fait également des crêpes, comme tu les aimes.
- Miam !
Ma mère aimait se lever tôt et veillait sur moi en me préparant tous les matins le petit déjeuner, elle s’inquiétait souvent pour mon bien être et désirait que je ne manque de rien.
Je venais d’engloutir la troisième crêpe quand un klaxon retentit devant la maison.
- Ah cela doit être Abigaël qui vient te chercher pour les cours, dit ma mère.
- Zut de Zut! M’écriai-je, je ne suis pas encore prête.
- Eh oui, tu as vu le temps que tu as mis à manger. Dépêche-toi ma grande, je vais l’avertir que tu arrives.
Je courus dans la salle de bain me préparer ce qui me prit une bonne dizaine de minutes et sortis en trombe jusqu ‘à la voiture de mon amie.
- Salut, lançai-je toute essoufflée en m’installant sur le siège passager.
Abigaël me regarda avec de grands yeux et se mit à rire bruyamment. Je la dévisageais du regard en me demandant ce qui pouvait bien provoquer chez elle cette hilarité.
- Qu’est ce qui se passe Abi ? Demandai-je. Pourquoi ris-tu ainsi ?
- Tu comptes aller en cours comme ça, Solen. Tu devais encore une fois avoir la tête dans les nuages en te levant.
Je m’examinai sur tous les angles et m’aperçus soudain que les pattes de grizzli qui me servaient de pantoufles se trouvaient encore à mes pieds.
- Oh, Mon Dieu !
Je m’empourprais derechef et me mis à rire avec elle.
- Je te l’accorde, si je me rends ainsi en cours je pense que je vais figurer dans le journal de l’université en première page. Attends moi je reviens.
Une fois chaussée correctement, nous prîmes la route pour Rennes où se situait notre campus. Abigaël et moi étions inséparables depuis la maternelle. Nous avions suivi le même cursus scolaire et opté pour une licence en biologie. Ce qui nous différenciait toutefois, était que mon orientation dans ce domaine était due à ma grande fascination des végétaux et de la nature tandis qu’Abigaël avait choisi cette voie pour se diriger ensuite dans l’agroalimentaire.
- Ca t’embête si je mets un cd ? Demandai-je.
- Non pas du tout, ça pourra peut être m’aider à me réveiller. J’ai du mal ce matin.
- J’ai acheté le nouvel album de Loreena McKennitt samedi lui dis-je. Il est super.
- Vas-y, fais moi écouter ton album, soupira-t-elle.
En ce qui concerne nos goûts musicaux, notre avis divergeait quelque peu. Elle aimait surtout la variété française et moi pas du tout.
- Qu’en penses-tu ?
- Oui, pas mal mais ce n’est pas vraiment mon style. Je vais m’endormir.
- Oh, tu n’y connais rien, soufflai-je.


Dernière édition par lunabelle59 le Lun 6 Juil - 7:37, édité 4 fois
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lunabelle59
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:23

Nous arrivâmes enfin à destination et nous nous dirigeâmes vers le parking qui était, comme d’habitude, bondé de monde. Martin, un garçon de notre section était accoudé à sa voiture et nous salua dès qu’il nous aperçut au loin. Il se dirigea vers nous.
- Non ! Fulminai-je, pas lui. Il va encore me coller toute la journée.
- Ca c’est sûr ! S’esclaffa Abigaël.
- Très drôle, lançai-je en la fusillant du regard.
Martin était un garçon de grande taille avec des cheveux courts mais pas très structurés ce qui lui donnait un air souillon et négligé. Son style vestimentaire n’était pas beaucoup mieux et donnait l’impression d’être habillé par sa mère. Je pense qu’il s’était amouraché de moi ce qui n’était pas du tout réciproque. Il s’arrangeait toujours pour se trouver près de moi en amphithéâtre et cela commençait d’ailleurs à m’embarrasser fortement. Malheureusement pour moi, j’étais quelqu’un de plutôt sympathique et je n’aimais pas blesser les gens. Comment lui dire que sa présence m’était antipathique sans l’offenser ? Je laissai donc faire, en tout cas pour l’instant.
- Salut, me dit-il sur un ton joyeux.
- Salut, répondis-je sur un ton plutôt monotone.
- Ca va ? je suis content de te voir Solen ! J’étais impatient que tu arrives.
Impatient.
- Oui ça va, rétorquai-je.
- Monsieur Baron va nous rendre nos copies sur l’étude de la gentiane à grandes fleurs bleues, tu crois qu’il a apprécié ton travail.
- Je l’espère !
- Je crois qu’il a dû aimer mon travail, me dit-il sûr de lui.
Quelle prétention !
Martin avait toujours fait preuve d’arrogance, ce qui avait le don de me taper sur les nerfs. Nous nous dirigeâmes en cours de T.P. Monsieur Baron était déjà dans la salle à l’avance, comme toujours. Il était assis à son bureau qui débordait de copies et je m’aperçus que les nôtres s’y trouvaient. Je ressentis alors une appréhension car j’étais de nature perfectionniste. Une mauvaise note m’aurait gâché la journée. Or, je ne voulais pas être de mauvaise humeur ce jour-là, étant donné que le programme de la soirée promettait d’être sympathique. Comme tous les jeudis, notre groupe se rejoignait vers vingt et une heures au Ireland PUB, un café très sympa sur Rennes. Il y avait une bonne ambiance entre nous et c’était un plaisir de pouvoir se retrouver un soir de la semaine dans un autre endroit que le campus. Mes amis arrosaient souvent leurs soirées contrairement à moi qui ne buvait pas une goutte d alcool. Je n’aimais pas cela et savait m’amuser sans. Je décidais pour une fois de m’installer en début de classe, j’étais trop inquiète pour mon résultat et ne voulais pas me trouver trop loin du professeur. Je demandais exceptionnellement à Martin si je pouvais prendre sa place car bien entendu, il était toujours assis au premier rang.
- Martin cela t’ennuie si je prends ta place de T.P. aujourd’hui ? Demandai-je avec une voix tendre.
- Bien sûr que non Solen ! Me répondit-il étonné. Je vais m’asseoir dans ce cas à côté d’Abigaël.
Abigaël et moi échangeâmes à cet instant un regard électrique et j’étouffais un rire car je savais très bien que l’idée lui déplaisait énormément. Elle se dirigea vers le fond de la classe en soupirant. Je m’installais rapidement à la place de Martin et manquais de glisser hors de la chaise. Oups ! J’ai dû m’asseoir trop vite, pensai-je.
Le cours commença. Monsieur Baron saisit le tas de copies qui se trouvait sur son bureau et se mit à les distribuer à chacun. Il se dirigea vers moi avec un sourire et me tendit ma copie.
_ Excellent, Solen ! Comme toujours, m’annonça-t-il.
Je ne pus retenir un sourire et me redresser sur ma chaise. J’étais soulagée, mon étude sur la gentiane à grandes fleurs bleues m’avait demandé beaucoup de temps et j’avais passé plusieurs jours dans la forêt de Paimpont à l’observer. Je méritais largement une bonne note, cela ne faisait pas de doute.
_ Solen, peux-tu venir au tableau et me dessiner en guise de schéma une gentiane à grandes fleurs bleues, s’il te plaît ? Je voudrais expliquer certains détails, me dit Monsieur Baron.
Oh, non ! Pas le tableau, je déteste cela !
- Oui, monsieur.
Je me levai et me dirigeai vers celui-ci. Un sentiment étrange me perturba et j’entendis des rires étouffés derrière moi jusqu’à ce qu’ils deviennent de plus en plus forts. Je me retournai aussi sec en me demandant ce qui pouvait bien provoquer autant d’amusement au fait que j’aille dessiner une fleur. Tous les yeux étaient rivés sur moi et je devins en un clin d’œil rouge écarlate.
- Solen, vous avez dû vous asseoir sur quelque chose, me dit le professeur.
- Pourquoi qu’est ce que j’ai ? Répondis-je inquiète.
Il s’agissait certainement de mon pantalon, je me retournai pour regarder ce qui pouvait s’y trouver. Je m’aperçus avec horreur que tout mon jean au niveau de mon postérieur était blanc et dégoulinant. Je courus aussi tôt à côté de ma chaise et vis qu’elle était remplie d’une grosse flaque de blanc correcteur.
- Ah ! Criai-je. Qui est le malin qui m’a fait cette plaisanterie de mauvais goût ?
Bien évidemment, personne ne m’écoutait et était pris d’un rire collectif. Je me vexai et décidai de quitter la classe pour essayer d’aller estomper du moins, le surplus de blanc aux toilettes. Sur la route, je réfléchissais à la personne qui aurait pu me faire un coup pareil et je stoppais soudain au milieu du couloir.
Je suis bête ce n’est pas moi qui était visée mais Martin, j’ai pris sa place ! Quel esprit puéril d’agir ainsi !
Tout me semblait clair à présent, il n’était pas très apprécié et son air de « Monsieur je sais tout » déplaisait à beaucoup d’entre nous. Je conclus que le petit farceur dont j’avais été accidentellement la victime n’était autre que Pierre un garçon de notre groupe avec qui, il avait eu un petit différent la semaine dernière.
- Je vais lui dire deux mots ce soir au Pub, marmonnai-je. Il ne va pas s’en tirer à si bon compte.
Je m’appliquais à essayer d’enlever cette tache énorme avec ce que j’avais sous la main. Je pris du papier toilette pour essuyer mon jean mais c’était pire que mieux. Le papier s’arrachait et se collait à mon pantalon. Je grimaçais. La sonnerie de la fin du cours retentit et je m’angoissais à l’idée que d’autres filles arrivent et me voient dans cet état. Par chance, ce fut Abigaël qui surgit la première.
- Ma pauvre, s’exclama-t-elle ! Tu n’as pas de chance, quel acte ridicule.
- Oui ! Mais tu as bien ri tout de même, je me trompe.
- Oh, mais non ! Enfin très peu, sourit-elle. Tu aurais fait pareil, avoue au moins.
- Peut être, mais je me suis bien tapée la honte ! Je suis en colère. Attends Pierre ce soir, je vais m’en charger.
- Pierre ?
- Bien entendu, qui d’autre ! Réfléchis, j’ai pris la place de Martin tout à l heure. Ce n’était pas moi qui étais visé mais bien lui. Je les ai vus se disputer la semaine dernière. Je pense que c’est un acte de vengeance pur et simple
- Ah, mais tu as raison. Je n’avais pas fait le rapprochement. Ces mecs alors, tous aussi adultes, les uns que les autres !
- Oui tu l’as dit ! Je compte bien lui toucher deux mots ce soir. Il a intérêt à me trouver une argumentation de taille pour que je passe l’éponge.
- Oui, Solen ! Il doit te présenter ses excuses. Je viens avec toi si tu veux.
- Non, c’est gentil ! Je préfère lui parler seule.
Le papier s’effritant sur mon pantalon provoquait encore plus de dégât. Abigaël se mit à rire.
- Je ne crois pas que tu y arriveras comme ça, plaisanta-t-elle. Laisse-moi t’aider, j’ai un mouchoir en tissu, non utilisé ! Elle rit de nouveau.
Trop drôle.
- J’espère qu’il est propre. Il ne manquerait plus que ça.
Abigaël m’aida à enlever le surplus de blanc tant bien que mal. Nous rentrâmes plus tôt chez nous, ce jour là. Sur la route du retour, nous discutâmes de notre devoir et elle me fit un compte rendu du cours que j’avais manqué. Je rentrai chez moi après qu’elle m’eut déposée devant ma maison et qu’on ce fut fixé une heure de rendez-vous pour la sortie au pub. Ayant à peine dépassé le seuil de la porte, ma mère remarqua la tâche sur mon jean. Elle prit un air surpris et interrogatif.
- Que s’est-il passé, aujourd’hui ? Me demanda-t-elle. Et pourquoi es tu donc de retour si tôt ?
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lunabelle59
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:24

- Un petit farceur a eu raison de mon pantalon ! Que des gamins dans ce groupe ! De vrais gosses !
- Oui change toi, ma chérie ! Je m’occupe de le nettoyer. Je t’ai préparé un bon petit plat pour ce midi. Ca te réconfortera un petit peu.
Je me précipitai dans la salle de bain pour prendre une bonne douche afin de me calmer. L’eau chaude dégoulinait sur moi ce qui me faisait le plus grand bien. Je me détendais peu à peu. Il fallait que j’arrête de me torturer l’esprit avec ça et je me désintéressais complètement de ce que pensaient les autres. Après tout, qui ne s’étais jamais trouver face à une situation embarrassante. Je sortais de ma douche et prenais mon temps à me ressuyer. L’eau chaude m’avait apaisé suffisamment pour que je me sente mieux. Une fois habillée, je rejoignais mes parents à la cuisine pour prendre mon repas.
- Ca va, mon ange ! S’inquiéta ma mère. Tu te sens un peu moins contrariée.
- Oui merci, maman. Ca va beaucoup mieux. J’ai pris une bonne douche et j’ai terriblement faim.
- Ta mère m’a raconté que tu étais rentré avec une tache monstrueuse tout à l’heure ? Lança mon père. Tu peux nous raconter ce qui s’est passé ?
- Oh rien, je me suis assise au mauvais endroit tout simplement. Je n’ai pas envie d’en parler, papa.
- D’accord, comme tu veux. C’est toi qui vois.
- Papa, pourrais tu regarder à ma voiture avant ce soir ! Elle a du mal à démarrer depuis trois jours et je dois sortir. Je ne crois pas que c’est grave mais je n’ai pas envie de demander une fois de plus à Abi de venir me chercher.
- Si tu veux, je suis à jour dans mes commandes, cela ne devrait pas me poser de problème.
-Merci, papa.
Le repas de ma mère était délicieux comme toujours. J’engloutissais une bonne grosse assiette de tarte maison et m’empressait d’ouvrir un bouton de mon jean. J’avais trop mangé. La journée passa vite et j’avais su m’avancer dans un devoir de math que je devais rendre la semaine suivante. Mon père avait eu le temps de réparer ma voiture et m’avait signalé qu’il n’y avait rien de bien grave. Je le croyais sérieusement, il était doué en mécanique autant qu’en ébénisterie. Je me préparais pour la soirée et me creusais la tête en ce qui concerne ma tenue. Je me souvenais soudain que je m’étais acheté une jupe noire sympa. Je m’empressais de l’enfiler et l’accompagnée d’une chemise cintrée de couleur mauve. Il me restait plus qu’à me coiffer et me maquiller un peu. Un petit coup d’œil au miroir et me voilà enfin prête. Le miroir reflétait une fille blonde aux yeux bleus très clairs avec un visage rond mais fin. J’étais plutôt jolie enfin c’est que l’on disait de moi. Je n’étais pas de nature narcissique et ne passait pas mon temps à m’observer. Bon ça ira, pensais-je ! En route.
Il était vingt et une heures quand je grimpais dans ma voiture. Je me mis un cd et commençais à chanter sur le chemin. Je réfléchissais également à la façon dont j’allais aborder le sujet avec Pierre. Il fallait que je lui en parle en privé. J’avais besoin de connaître la raison de son geste. Il devait se sentir coupable que je sois la victime de sa vengeance envers Martin. Mais j’étais trop en colère pour laisser passer. J’arrivais devant le pub. Par chance, il y avait de la place juste en face. Pour une fois, je n’aurai pas du déambuler seule dans les rues de Rennes. Je passais la porte et me diriger à l’endroit habituel où le groupe se réunissait régulièrement. Tout le monde était déjà arrivé et lançaient des sourires dans ma direction. Abigaël était en début de table et me fit un clin d’œil. Martin était assis prés d’elle et heureux de me voir arriver. Je fis une inspection rapide des personnes qui se trouvaient assis à la table et je vis Pierre installé à l’autre bout, qui m’observé avec un air sérieux. Il y avait aussi Sarah et Pauline, deux autres filles de notre groupe ainsi que Loïc et Julien. Je saluais tout le monde et m’installais près d’Abigaël.
- Je t’attendais, dit-elle.
- Et pourquoi ?
- Je suis très curieuse d’assister à ton explication avec Pierre !
- Je n’ai jamais eu l’intention de lui en parler devant les autres, protestai-je.
- Oh ! Tu n’es pas sympa, grommela-t-elle.
Abigaël afficha brusquement une expression chagrinée. Elle détourna le visage. Je ne comprenais pas pourquoi elle attachait autant d’importance à ma joute oratoire avec Pierre. En quoi cela pouvait bien la concerner. Je ne prêtais pas attention à son changement d’attitude. Je tournais le visage en direction du bar.
Le serveur se dirigeait vers nous. Il se positionna devant moi et me fit un sourire. Il prit la commande de tout le monde. Comme d’habitude, je fus la seule à prendre une boisson sans alcool ce qui ne manquait pas de me valoir quelques réflexions au passage. Je leur lançai un large sourire en guise de réponse. Nous commençâmes à discuter de la journée et la question que j’appréhendais, ne tarda pas à se présenter.
-A propos, Solen ! Lança Sarah. Pas trop de dégâts sur ton jean. Je t’avoue, ma pauvre, que je n’aurais pas souhaité être à ta place tout à l’heure. Je ne pensais pas qu’on puisse encore avoir ce genre d’humour à notre âge.
Mon estomac se noua. Je jetais un coup d’œil furtif à Pierre tandis qu’Abigaël semblait se crisper soudain sur sa chaise.
-Je suis d’accord ! Répliquai-je brutalement.
Sarah remarqua mon embarras et changea instantanément de sujet. Pierre me fixait intensivement. Mon pouls s’accéléra. La colère, que j’avais passé la journée à essayer d’apaiser et de contrôler, revenue subitement. Je lui fis un geste de la tête pour l’inviter à me suivre. Il fallait que je l’éloigne du groupe et que je lui parle. Je me levai et me dirigeai vers la sortie du pub. Je sentais la curiosité d’Abigaël montait en elle. Elle ne me lâchait pas des yeux. Je me dirigeai malgré tout en direction de l’extérieur. Je tendis la main pour ouvrir la porte mais Pierre me devança. Visiblement, il était aussi presser que moi à me parler. Pourquoi autant d’empressement ? Il n’était pas dupe, il savait que je comptais lui dire ma façon de penser et le quereller. Alors, qu’avait-il en tête ? Je sourcillais.
Nous étions désormais devant l’entrée du pub. Il était posté devant moi me dominant de toute sa taille. Il était grand environ 1 m 85, brun aux yeux noisette. Il avait la silhouette sportive. Pas étonnant, vu qu’il jouait au tennis depuis l’âge de huit ans. Il était très doué dans ce sport et avait à plusieurs reprises remportées des compétitions. Il pouvait en faire son métier d’ailleurs, mais il ne considérait pas le tennis comme une véritable profession, c’était plutôt un loisir.
Pierre était un très beau garçon et il plaisait énormément mais il me laissait complètement insensible à son charme. Certes, il était bien fait mais je le considérais comme un ami. Nous nous toisâmes un long moment sans prononcer le moindre mot. Je le fixais nerveusement. Je sentis monter en moi une colère grandissante et voulu déverser un flot de paroles blessantes mais il m’en laissa pas l‘occasion. Il devina mon intention et me coupa dans mon élan.
- Je…
- Solen, laisse-moi t’expliquer avant que tu me fasses mon catéchisme, que j’ai largement mérité, me décréta-t-il avec anxiété. Je sais que tu es une fille intelligente et perspicace. Tu devines naturellement que je suis l’auteur de ta mésaventure de ce matin. Je ne nie pas. Mais, il faut que tu en connaisses la raison.
- Je pense que j’ai droit à une explication en effet, grommelai-je. Je peux déjà te signaler que je suis déçue et extrêmement furieuse après toi.
- Tu as raison de m’en vouloir. Je vais… t’expliquer.
Il regardait le sol à présent. Il semblait perdu dans ses pensées et hésitant. Je trépignais sur place. Je perdais patience.
- Tu me stresses Pierre ! Parle, s’il te plaît.
Il releva la tête et m’observa droit dans les yeux.
- Solen, je sais que tu m’as surpris la semaine dernière en pleine altercation avec Martin. Nous avions des comptes à régler. Mais ce que tu ignores, c’est la cause de cette mise au point. Voilà…. Martin et moi sommes tous deux amoureux de toi.
-qu…quoi, bégayai-je.
Je restai bouche bée, les yeux écarquillés. J’étais paralysé, incapable de bouger.
- Je voulais me venger de Martin et lui donner une leçon. Il m’avait pris de haut pendant notre différend. Sa façon de me parler m’a déplu. Et notre rivalité me contrarie au plus haut point. Je n’ai pas réfléchi, c’était idiot et puéril. Je n’aurai jamais cru que tu aurais pris sa place en cours. Lorsque tu t ‘es assise sur cette maudite chaise, j’ai voulu t’en empêcher. Il était trop tard. Je ne savais plus comment réagir. Puis le cours a commencé, tu t’es levée pour aller au tableau. C’est allez si vite, Solen ! La classe s’est mise à rire. J’étais envahi par le remord et dégoûté à la fois de mon geste. Je regrette. Je me suis senti coupable toute la journée. J’étais impatient que tu arrives pour te demander pardon. Je te présente mes excuses.
Mon expression n’avait pas changé. J’étais figée sur place, dans l’incapacité de prononcer le moindre son. Son aveu m’avait frappé de plein fouet comme une locomotive à vive allure. Je mis plusieurs secondes à reprendre mes esprits. Que devais-je répondre à cette déclaration ? Je n’éprouvais aucun sentiment. Je ne voulais pas le blesser. Un sentiment de mal-être s’empara de moi. Mon cerveau était en ébullition. Je n’avais pas de réponse à formuler face à la situation. Puis je pris enfin la parole.
- Je ne sais vraiment pas quoi de dire, Pierre ! Réussis-je avec difficulté à prononcer.
- Solen, pourrai-je espérer que tu ressentes la même chose à mon égard.
Mon cœur sembla être serré dans un étau prêt à exploser. Il avait de l’espoir. Une sueur froide me parcourra la nuque. J’avais déjà connu dans le passé des situations embarrassantes mais ce soir là fut la pire de ma vie. Il était très convoité à l’université. Il devait être persuadé qu’il ne m’était pas indifférent. Il faisait erreur. Je n’envisageais pas qu’il y eut autre chose que de l’amitié entre nous.
- Pierre, je suis touchée que tu aies osé m’avouer la vérité. Je… te remercie de ta franchise. Tu es un garçon formidable à mes yeux. Je sais que je peux compter sur toi. Mais, je suis désolée, je n’éprouve aucun sentiment amoureux. Tu es mon ami. Je ne veux pas que tu espères plus longtemps. Je…
Il se raidit. Son visage blanchissait au fur et à mesure de mes paroles. Son regard était vide et dénoué d’expression. Il baissa la tête et inspira un bon coup. Puis, il me stoppa dans mon élocution.
- Solen, je t’en prie. Je comprends. Ne te justifie pas. Il faut que je me rende à l’évidence, tu ne m’aimes pas enfin pas comme je le voudrais. Je te promets de ne plus aborder ce sujet avec toi. Mais réponds seulement à une question.
Pierre était à l’évidence blesser dans son orgueil pour laisser tomber aussi vite. Il ne semblait pas vouloir défendre sa cause et désirait garder la tête haute devant mon refus.
- Oui, marmonnai-je.
- Qu’éprouves-tu pour Martin ?
J’étouffai un rire nerveux.
-Euh… Je te rassure, Pierre. Je ne souhaite pas avoir une relation autre qu’amicale avec Martin. Il est gentil mais il me tape souvent sur le système. Puis, pour être honnête. Il n’est pas du tout mon genre.
Une idée me traversa l’esprit.
- Je pense qu’il serait bien d’en discuter avec vous deux. Si tu n’y vois pas d’objection, j’aimerais qu’on se rejoigne au restaurant universitaire demain midi tous les trois. J’en parlerai à Martin. Il sera certainement d’accord.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:25

- Comme tu le sens ! J’accepte ta proposition.
- Je t’en remercie ! Je crois que c’est préférable d’en discuter. J’espère que tu ne m’en veux pas. Je ne voudrais pas altérer nos rapports à cause de ma réponse.
- Ne t’inquiète pas Solen, me dit-il gentiment. Tu n’es pas obligé de ressentir les mêmes choses que moi, ça ne se commande pas. Je me ferais à l’idée même si ce ne sera pas évident.
Je lui souris. Que pouvais-je bien objecter ? Il avait raison et n’insistait pas. Je pris soudainement conscience que les autres devaient se poser des questions sur notre absence. Les pronostiques sur notre escapade devaient fuser dans tous les sens. Je me passai la main dans les cheveux pour repousser une mèche. Je me pinçai les lèvres.
-Que dirais-tu de retourner à l’intérieur ? Les autres doivent se demander ce que l’on peut bien fabriquer dehors.
- Oui, tu as raison ! Réagit-il. Je te prie néanmoins de ne pas divulguer à Martin que je suis l’auteur de cette plaisanterie de ce matin. Euh… enfin mauvaise blague, je veux dire, plaisanta-t-il.
- Ne t’inquiète pas ! Je ne dirais rien, je te le promets.
Nous échangeâmes un sourire. Nous pénétrâmes à nouveau dans le pub et avançâmes sous les regards suspicieux de nos camarades. Abigaël et Martin me scrutaient frénétiquement. Une décharge électrique me foudroya sur place. Je déglutis. Que se passait-il ? Que Martin soit inquiet de mon absence en compagnie de Pierre, son principal rival ne m’étonnait guère. Mais que mon amie affichait la même expression me déconcerta. Qu’avait-il bien pu lui raconter ? Je ne comprenais pas cette volte-face dont faisait preuve Abigaël. Je ne lui avais rien fait en particulier. Un détail avait dû m’échapper. Je regagnai ma place et lançais un coup d’œil dans sa direction.
- Ca s’est bien passé, souffla-t-elle sévèrement.
- Oui ! Marmonnai-je. Je peux savoir ce qui ce trame. Pourquoi as-tu l’air furieuse ?
- Pour rien ! Enfin, je te raconterai tout à l’heure.
- Comme tu veux !
Qu’est ce qu’elle avait subitement ? Ma conversation en privé avec Pierre avait dû l’énerver. Je connaissais sa curiosité maladive, mais pourquoi se fâchait pour cette broutille. Je regardais mon verre à présent. Je réfléchissais aux raisons de sa colère mais je ne comprenais pas.
- Solen, m’interpella Pauline ! Solen, tu es encore avec nous ?
Je relevais la tête tout doucement.
- Oui, Pauline ! Excuse-moi, j’étais ailleurs.
-Je vois çà, rit-elle. Je ne t’ai pas demandé pour ton devoir tout à l’heure. Tu as eu une bonne appréciation du « Père » Baron.
-Oui, ricanai-je. Il était satisfait de mon boulot. Heureusement pour moi, étant donné le temps que j’y aie passé. J’aurai été extrêmement déçue qu’il n’apprécie pas.
- Je suis contente pour toi ! Moi aussi, j’ai eu une bonne note. On verra sur quoi portera le prochain devoir.
Je souris. Aussitôt, je sentis les yeux de Pierre sur moi. Je m’affaissais sur ma chaise. Maintenant, qu’il m’avait avoué son attirance, cela me rendait mal à l’aise. J’avais hâte que la soirée se termine. J’en avais assez entendu pour ce soir. Et je désirais connaître l’explication d’Abigaël.
- Je vais rentrer ! Annonçai-je. Je suis fatiguée.
- Tu t’en vas déjà, me demanda Sarah. Il n’est pas si tard.
- Oui, peut être. Mais j’ai vraiment un coup de fatigue. Je suis désolée.
Je me levais précipitamment et contournai la table afin d’embrasser tout le monde. Arrivée à la hauteur de Pierre, je sentis mon cœur battre la chamade dans ma poitrine. Une chaleur grandissante envahit mon corps tout entier. Il se leva et me lança un large sourire. Ses yeux scintillaient, je n’avais jamais remarqué auparavant qu’il y avait du vert dans ses prunelles. J’eus le vertige. Il fallait à tout prix que je me ressaisisse, il ne me plaisait pas. Il se pencha lentement vers moi et me déposa un baiser dans la commissure de mes lèvres. Les battements de mon cœur retentissaient alors dans la tête. Mes jambes me soutenaient à peine.
- Bonne nuit Solen, chuchota-t-il. N’oublie pas notre rendez-vous de demain.
- Ou…i.
Je mis quelques secondes à rependre mes esprits. Je me retournai et d’un geste de la tête, je suppliai Abigaël de me rejoindre à l’extérieur. Elle se leva et entama le même rituel que moi. Nous sortîmes rapidement. Dés que nous fûmes dehors, elle se planta devant moi et me fixa longuement.
- Abi, qu’est ce qui se passe ? M’énervai-je.
- Martin m’a dit pendant que tu t’étais absenté, que Pierre avait des sentiments pour toi.
Je m’empourprais. Mes mains devinrent moites en une fraction de seconde. Je repoussais une mèche de cheveux derrière mon oreille.
- Qu…quoi, bafouillai-je.
- Ne fais pas l’innocente, je sais tout. Et ne me prends pas pour une idiote, j’ai vu la manière dont Pierre t’a souhaitée bonne nuit.
- Mais enfin, Abi ! M’emportai-je. Pourquoi tu t’en prends à moi. Ce n’est pas de ma faute si je plais à Pierre. De toute façon, je lui ai répondu que je n’éprouvais rien pour lui. Pourquoi j’ai la vague impression que ca t’affecte ? Pourquoi tu t’emballes ?
Oui je ne ressentais rien, j’étais juste dépassé par les événements !
- Excuse-moi, marmonna-t-elle.
Sa colère semblait être tout à coup redescendue.
- Explique-moi, Abi ! Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi tu te mets dans cet état ?
Mon amie sembla embarrassée. Elle se concentrait sur ses mains et jouait avec sa bague à son annulaire droit.
- Voilà…Je suis a..moureuse de Pierre, balbutia-t-elle.
- Tu... Quoi ? M’écriai-je.
- J’aime Pierre ! Clama-t-elle. Ce n’est pas compliqué à comprendre.
- Mais pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ! On se dit tout ! C’est quoi cette cachotterie !
- Je ne te cache rien ! Je ne savais pas comment aborder le sujet. Je craignais que tu te moques de moi.
- Mais pourquoi cela Abi ! Je ne vois rien d’amusant au fait que tu éprouves des sentiments pour Pierre. Je suis bien mal à l’aise maintenant.
- Non tu ne dois pas ! M’avertit-elle. Je suis soulagée que tu ne l’aimes pas. Je n’aurai pas voulu que tu sois une rivale pour moi. Tu es mon amie depuis toujours.
- Ne t’inquiète pas ! La rassurai-je. Je ne me mettrai pas entre vous deux. D’ailleurs j’ai bien l’intention de t’aider.
L’ombre d’un sourire se dessina sur ses lèvres. Ses yeux pétillaient à présent. Pour la première fois, j’aperçus l’amour que ses prunelles cachaient. Et dire que j’étais passée à coté de cela. Je n’avais jamais remarqué ce que ma meilleure amie avait dans le cœur. J’étais tellement distraite, ces derniers temps, que je loupais bien des choses autour de moi. Il fallait que je trouve un moyen de venir en aide à Abigaël. Quel subterfuge pourrais-je bien inventer pour que Pierre réponde à l’attente de mon amie. Son physique devait bien lui plaire. Abigaël était une très belle fille, grande, brune aux yeux bleu-vert. Elle ne passait pas inaperçue à la fac. Pierre aurait pu sans aucun doute succomber à ses charmes. La difficulté était juste de trouver la bonne occasion de les laisser se découvrir mutuellement. Comment pourrais-je les réunir tous les deux seuls ? Je réfléchirais à ce stratagème jusqu’à ce que je découvre la solution.
- Mais comment comptes-tu m’épauler ? Me demanda-t-elle. Je ne vois vraiment pas comment Pierre pourrait s’éprendre de moi. Il ne m’adresse que très rarement la parole. Il n’a d’intérêt que pour toi.
- Ne t’en fais pas. Je me charge de cela.
Sans hésiter, elle se jeta sur moi et m’enlaça de toutes ses forces.
- Je t’adore, Solen ! S’exclama-t-elle. Tu es ma meilleure amie. Je te remercie de tout cœur.
- Mais de rien, Abi. Tu sais que tu peux compter sur moi.
Elle relâcha son étreinte. Je lui envoyais un clin d’œil et me dirigea vers ma voiture.
- Je m’en vais. Bonne nuit Abi. A demain.
- Bonne nuit Solen. Rentre bien !
- Toi aussi.
Je grimpais sur le siège conducteur et mis le contact. Je levais la main pour la saluer avant de reprendre la route. En chemin, je me creusais la tête pour résoudre le problème de mon amie.

La nuit fût longue et pleine de réflexion. Les aveux d’Abigaël de la veille m’avaient tourmenté. Au réveil, je n’avais toujours pas de réponse à mes questions. Je restais quelques minutes allongées sur mon lit à regarder le plafond perdu dans mes pensées. Les rayons du soleil caressaient ma peau qui me procurait des sensations de chaleur sur mes avants bras. J’aurais pu restée un long moment sans bouger, les paupières fermées. Une douce mélodie manquait à cet instant de calme. Mais, il fallait que me lève. L’heure tournait à une allure folle le matin. Je me levais à la hâte et couru dans la salle de bain me préparer. Ma mère s’activait déjà à préparer le petit déjeuner quand j’arrivai avec vivacité dans la cuisine.
- Bonjour maman ! M’écriai-je en allant lui donner un baiser sur la joue.
- Bonjour. Tu es déjà prête ? C’est la première fois que je te vois habiller avant de manger.
- Oui, j’étais réveillé depuis un moment. J’en ai profité.
- Mal dormi ?
- Oui, mais rien d’inquiétant.
- Si tu le dis, ma chérie. Installe-toi alors et mange un peu.
J’avalais deux tartines à la confiture d’abricot et bu un bol de café au lait. La voiture de mon amie claironna devant la maison. Je me dépêchais à sortir.
- A toute à l’heure, maman.
- Mais…..
Je n’entendis pas ce que ma mère voulait me dire tant j’étais pressé de rejoindre Abigaël. Je sautais sur le siège passager et poussa un rire.
- Salut miss ! M’esclaffai-je. Alors tu as fait de beaux rêves de Pierre.
- Oh, ça va ! Je me doutais que je n’aurais rien dû te dire, hier. J’ai fait une grave erreur.
- Mais non, je plaisante. Je suis contente que tu me l’es dit.
- Hum..
Quand nous pénétrâmes dans l’enceinte de l’université, Martin nous attendait déjà sur le parking mais à l’exception de tous les jours, il n’était pas seul. A ma grande surprise, Pierre discutait avec lui. Je sursautai au même instant que mon amie. De quoi pouvait-il bien parler tous les deux. Une trêve serait-elle déjà en train de se profiler à l’horizon. Pierre avait certainement pris les devants sur notre entrevue du midi. Il affichait l’un comme l’autre une mine réjouie et détendue. Aucune agressivité ne laissait transparaître dans leur attitude. C’était plutôt bon signe. Je me retournais sur Abigaël et vis son air anxieux.
- Ne te stresse pas ma chère. Il ne sait rien du tout. Il discute probablement de moi et de notre rendez-vous.
- Quel rendez-vous ? Me dit-elle surprise.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:26

- Oui, je ne t’ai rien dit. Excuse-moi. J’ai demandé à Pierre de me rejoindre ce midi avec Martin au restaurant universitaire afin de s’expliquer. Mais à première vue, il m’a devancé en ce qui est de l’annoncer à Martin. Tant mieux, au moins je n’aurai pas à le faire.
- Ah d’accord. Mais que vas-tu leur dire ?
- Je n’en ai pas la moindre idée. Je verrai bien la tournure des événements. J’aviserai à ce moment là.
- Surtout…
- Ne t’angoisse pas, je ne lui dirais rien. Je t’en fais la promesse.
Promis, juré, crach…
- Eh ! Attention pas dans ma voiture.
Je mis à rire bruyamment. Je n’avais pas l’intention de cracher réellement mais je voulais surtout la taquiner un petit peu pour la distraire. Abigaël comprit mon attention et se joignit à mon amusement.
Nous patientâmes un moment afin de se débrouiller pour arriver au tout début du cours. Tout le monde était déjà installé à leur place quand nous nous faufilions dans la salle. Mon amie et moi partîmes s’installer dans le fond de la classe. Pierre et Martin nous dévisagèrent avec une expression interrogative. Je fis un signe de la main pour les saluer tous les deux. Le cours commença. Monsieur Baron nous donna certaines méthodologies pour le prochain devoir. Il portait sur une étude complète de la Drosera Rotundifolia, une plante carnivore que l’on trouve spécifiquement dans la forêt de Brocéliande. Je sautai de joie intérieurement car j’adorais cette forêt et j’aimais m’y promener.
J’eus soudain une illumination. J’avais enfin trouvé comment j’allais procéder pour réunir Pierre et Abigaël afin qu’il fasse plus amplement connaissance. La sonnerie de la fin du cours retentit alors. Je proposais à Abigaël de me rejoindre après l’entrevue. Elle ne s’opposa pas et m’informa qu’elle avait déjà prévue de retrouver Pauline et Sarah au centre commercial pour faire les boutiques.
- A tout à l’heure, alors Abi. Retrouve-moi sur le parking à treize heures trente.
- Pas de soucis, répondit-elle gaiement.
Je me levais et pris la route du restaurant universitaire. Je sentais montée en moi la pression. Mes muscles étaient contractés de toute part et j’avais du mal à inspirer profondément. Mes mains tremblaient. J’avais du mal à me concentrer. Je ne devais surtout pas faire de gaffe au sujet de mon amie. Elle m’en voudrait réellement. Je poussais délicatement la porte du réfectoire et vis Pierre et Martin en pleine discussion assis à une table. Ils se retournèrent au même moment sur moi et me sourirent. Je m’installais sur la chaise face à eux sans leur faire la bise.
- Bonjour, prononçai-je d’un ton mal assuré.
Ils me répondirent tous les deux et Pierre entama la conversation.
- Solen, tu ne m’en veux pas ! J’ai pris la liberté de proposer de moi-même à Martin de nous retrouver ce midi. Je lui ai déjà tout expliquer sur notre mis au point d’hier soir.
- Ah bon, murmurai-je abasourdi.
Je sentais mes joues brûler littéralement.
- Oui, continua Martin. Je sais tout. Et nous avons décidé réciproquement de te laisser tranquille. Quoique je ne serais pas contre le fait que tu changes d’avis à mon égard.
- Martin, gronda Pierre ! Tu as promis tout à l’heure alors laisse tomber, tu veux.
- On ne se fâche pas les mecs, lançai-je. Vous me mettez en mauvaise posture. Je n’ai pas l’habitude qu’on se batte pour moi. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous êtes attirés par moi. Je suis de tout ce qui a de plus banal.
- Détrompes-toi, rétorqua Pierre aussitôt. Tu es très mignonne.
- Oui, si on veut. Enfin, ce n’est pas important. En fait, si je vous ai demandé de me retrouver ici ce midi, c’était pour vous suggérer quelque chose. Bon, j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que Pierre t’en parle, Martin. Vous me prenez de court. Mais, ce n’est pas plus mal après tout.
- J’ai préféré prendre les devants et t’épargner une situation embarrassante.
- C’est gentil, Pierre ! Tu m’enlèves une épine du pied, plaisantai-je.
Pierre exprimait une mine compréhensive et riais de bon cœur. A l’inverse, Martin semblait ne pas apprécier ma moquerie. Je me sentais néanmoins soulagée que ce moment redouté fut derrière moi.
- Je vous propose de nous fréquenter en tant que bons amis, plutôt. On s’entend relativement bien et je vous apprécie tous les deux.
A part, Martin qui m’agace par moment.
Ils acquiescèrent tous les deux sans proposer d’objection. L’affaire était réglée en ce qui me concerne. Maintenant, je devais m’occuper d’Abigaël et de Pierre.
Nous devions aller en forêt pour notre étude sur la Drosera Rotundifolia. J’avais comme idée de leur suggérer une ballade cet après midi tous les quatre à Brocéliande pour trouver cette fameuse plante. C’était un beau prétexte pour les réunir tous les deux. A un moment, j’aurai bien été dans l’obligation de les laisser seuls. En tout cas, j’étais contente de ma trouvaille et m’empresser de leur faire part de mes attentions en ce qui concerne cette escapade.
- Que diriez-vous d’aller en forêt de Brocéliande cet après midi ? Annonçai-je. On pourrait ainsi essayer de trouver des informations pour notre devoir. Je sais que cette plante est très difficile à dénicher. Je pense même que c’est la première année qu’on nous propose de faire étude sur cela. On pourrait s’entraider. Qu’en pensez-vous ?
- Oui, bonne idée ! Répondis Pierre.
- Et toi, Martin ? Tu es d’accord.
- Oui, bien sûr. On prend quelle voiture ?
- J’ai demandé à Abi de m’attendre sur le parking à treize heures trente. On peut prendre la sienne, je pense. Elle sera d’accord. C’est une fille super, vous savez.
J’en profitai pour glisser un léger sous-entendu à l’intention de Pierre qu’il ne remarqua pas toutefois.
- Il est quelle heure ? Interrogeai-je.
- Treize heures dix exactement, me dit Martin.
- Ah déjà, il est peut être temps d’avaler quelque chose avant de se mettre en route.
Nous partîmes nous chercher un sandwich et mangeâmes brièvement avant de se diriger tous les trois sur le parking. Mon amie m’attendait déjà dans sa voiture. Elle fut surprise et interloquée quand elle me vus arriver en compagnie de Pierre et Martin. Ses traits étaient inquiets. Je lus dans son regard un mélange d’interrogation et d’appréhension. Elle fronçait les sourcils. J’étouffais un rire. Je savais très bien qu’elle devait être affolée à l’idée que j’eusse tout avoué à Pierre. Je ne lui aurai jamais fait un coup pareil. Il était hors de question que je trahisse mon amie de toujours. Si quelqu’un devait en parler avec lui, elle n’était la seule à pouvoir le faire. Elle devait trouver la force de lui avouer ses sentiments. Et j’aspirai par-dessus tout qu’il soit attiré par elle. J’ouvris la portière du coté passager et me baissa pour voir Abigaël. Pierre et Martin étaient postés derrière moi en attendant sa réponse.
- Ca va ? Dis-je. J’ai proposé aux garçons de faire une ballade en forêt cet après midi. Ca ne t’ennuie pas ?
- Euh, non ! Répondit-elle étonné.
- Super !
- Qu’est ce que tu manigances ? Chuchota-t-elle suffisamment bas pour que je sois la seule à l’entendre.
- Rien. Tu verras.
Je me relevai et me retournais vers eux.
- Elle est d’accord. On peut se mettre en route. Vous avez un appareil photo avec vous, au fait ?
- Non mais j’en ai un sur mon téléphone portable. Ca fera l’affaire, rétorqua Martin.
- Dans ce cas, nous sommes prêts. Allez, en route.
Les garçons s’installèrent à l’arrière de la voiture. Abigaël semblait nerveuse. Je ne pouvais m’empêcher de trouver la situation amusante. J’étouffai un rire. Je ne voulais pas la mettre plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Nous étions à une trentaine de kilomètre de là. Pierre et Martin discutèrent toute la route de sujet typiquement masculin. Il semblait s’être trouvé des goûts similaires sur un bon nombre de choses. Il avait enterré la hache de guerre pour le bien de tous. Mon amie, par contre, était crispée à son volant. Elle se concentrait sur sa conduite pour ne pas se ridiculiser auprès de Pierre, sans doute. Cependant, elle m’envoyait par moment des petits coups d’oeils dans ma direction et me faisait comprendre son mécontentement face à cette escapade. Elle était sûrement intimidée par Pierre. Mais intérieurement, j’étais persuadé qu’elle fût heureuse de se retrouver avec lui une après midi entière. Nous arrivâmes sur le parking face aux châteaux de Comper. A cette époque de l’année, il n’y avait pas encore trop de touriste dans les environs. Le mois d’avril était plutôt tranquille. Il n’y avait que deux voitures sur le parking. Nous descendîmes tous de la voiture et échangeâmes notre programme de l’après midi. Pour le moment, nous décidâmes de s’aventurer tous les quatre dans la forêt. Le soleil était au rendez-vous ce jour là. Il devait avoisiner les vingt degrés dehors. Pas mal, pour un mois d’avril. L’après midi s’annonçait agréable. Le château de Comper datant de l’époque de Salomon (IXe siècle) fut le théâtre de nombreux combats et de sièges. Il fut malheureusement détruit en 1370, mais une partie fut reconstruite au XIXe siècle. Les parties extérieures du château fussent laissées à l’état de ruine. L’ancienne partie fut construite à l’aide de schiste rouge qui donne un charme particulier à la bâtisse. Nous pénétrâmes dans l’enceinte des lieux. Une vue magnifique se présenta devant nous. Nous étions tous les quatre face au lac de la fée Viviane d’où était née la légendaire histoire du chevalier Lancelot et de l’épée Escalibur. Nous étions tous muets en présence d’autant de beauté réunie. Le soleil reflétait sur le lac. On aurait pu croire qu’une rivière de diamant flottait à la surface de l’eau. Lé légende du château de cristal construit par Merlin pour Viviane semblait à cet instant réel. Nous restions quelques minutes silencieuses et profitions tous du spectacle. Nous décidâmes de s’aventurer dans les entrailles de la forêt qui jouxtait le lac. Abigaël ne s’éloignait pas de moi et éviter de se coller de trop à Pierre. Je m’amusai de la situation. Martin me racontait l’histoire de Brocéliande et ses lieux légendaires. Il connaissait tout en long et en large. Il se passionnait de ces mystères. D’ailleurs, il le faisait ressentir dans ses récits. Bien qu’il m’énervait souvent avec son air de « Monsieur je sais tout », il démontrait une telle passion pour cette histoire que l’écouter était agréable. Cela faisait, maintenant bien deux heures que nous marchions et que la plante ne se montrait pas. J’allais profiter de ce prétexte pour demander à nous disperser.
- Ecoutez ! Spécifiai-je. Cela fait un bon moment que l’on tourne en rond et en vain. Je pense qu’il serait préférable de se séparer afin de poursuivre nos recherches. Abigaël, tu devrais partir de ton coté avec Pierre et moi je reste avec Martin.
Elle me fusilla des yeux et me montra sa désapprobation dont je ne prêtais guère attention. Mon plan était déjà tout tracé. Pas question, que je fasse demi-tour. Elle allait l’avoir son moment en privé avec son Pierre. Par contre, lui affichait un air ravi. Il paraissait être du même point de vue que moi. Je me demandais s’il n’avait pas deviné malgré moi mes intentions. Martin lui avait une mine comblée. Il allait se retrouver seul avec moi.
- Je suis d’accord avec toi, Solen ! Dis Pierre. Je pense qu’on aura plus de chance si nous prenons un chemin différend.
- Bon, dans ce cas on se retrouve d’ici une heure et demie à la voiture. A tout à l’heure.
Nous partîmes chacun de notre coté. Je ne pouvais m’empêcher de me retourner sur Abigaël qui marchait à bonne distance de Pierre, de peur certainement de le coller de trop près. Cette vision me donnait l’envie de rire de bon cœur mais je m’en empêchais pour ne pas éveiller les soupçons de Martin. Il continua à me raconter des histoires de fées, de korrigans sur la forêt. Il insistait sur le fait qu’il y avait des témoignages de choses étranges sur cet endroit. Il me parlait d’apparitions et de sensation d’épiement. Il commençait à me donner froid dans le dos mais je me forçais à croire qu’il ne s’agissait que de contes pour enfant et rien d’autres. Quand au fait d’avoir l’impression d’être surveiller était certainement du à la végétation abondante et le bruit des feuilles secouées par le vent. Je changeais de sujet et expliquais la méthode dont nous allions utilisés pour faire l’étude de la plante carnivore. J’avais pris un bloc note avec moi. Martin lui se chargerait de prendre des photos pour agrémenter le devoir. Nous arrivâmes dans une clairière inondée de lumière. Le coin était merveilleux. Les rayons du soleil pénétraient à travers les branches pareilles à des faisceaux lumineux. Je contemplais avec émerveillement. Quand tout à coup, je la vis. Seule au milieu de cette clairière. On l’avait enfin trouvé. Un sentiment de victoire m’envahit. Les heures que nous avions passées à la chercher, n’étaient plus qu’un vague souvenir à cet instant.
- Regarde, Martin ! Criai-je. Elle est là. On a trouvé.
- Génial ! Enfin.
Elle était originale dans sa forme. Elle possédait une tige verte olive avec des feuilles rouges très fine en pointe. Je sortis mon bloc note afin de commencer à noter sa description. Martin sortit son portable et commença à prendre quelques clichés. Je m’approchais d’elle de très prés pour examiner précisément les détails. Mais un sentiment étrange me perturba. Je me relevais aussitôt. Je regardais autour de moi.
- Martin, l’appelai-je ! Ecoutes.
- Qu’y a-t-il Solen ! S’étonna-t-il.
- Chut ! Je levais un doigt en l’air pour lui intimer le silence. Qu’entends-tu ?
- Euh… Rien.
- Oui, justement ! Il n’y a plus aucun bruit. Plus un oiseau ne chante, plus un seul bruit de vent sur les arbres. On dirait que le temps s’est arrêté subitement.
- C’est vrai, il règne un silence de mort ici. Je n’aime pas du tout cela, Solen.
Je crois qu’on ferait mieux de rentrer. Je t’avais dit que cette forêt était étrange.
- Oh, arrête tes sottises ! M’énervai-je. Ce ne sont que des contes pour enfants. Tu sais que je ne crois pas à tout ça. De plus, on a passé trop de temps à la chercher. Je n’ai pas fini de prendre des notes.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:26

La lumière semblait diminuée. Je relevais la tête. De gros nuages noirs se formaient au dessus de nous. Comme-ci une tempête allait éclater.
- Ce n’est pas bon ça, s’égosillait Martin. Viens, on s’en va. Ne fais pas l’idiote. Vite, faut qu’on retrouve les autres.
Il se mit à courir. Je n’étais pas d’accord pour partir maintenant. Il s’agissait sans doute d’un concours de circonstance. Un orage se formait tout bonnement. Il avait fait chaud. Rien de plus.
- Martin, attends ! M’époumonai-je. Ne me laisse pas.
Il était trop tard. Il avait déjà disparu derrière les arbres innombrables.
Quel trouillard, pensai-je. Il se comportait de manière enfantine. Il me décevait énormément. D’autre part, il me laissait seul.
Je me retournais vers la plante. Brusquement, je fus soulevé du sol et projeté à plusieurs mètres d’où je me trouvais. Je tombais brutalement par terre. Heureusement pour moi, un tapis de feuilles amortit ma chute. J’étais sonné. Ma tête me tournait désagréablement. Je mis un moment à reprendre mes esprits. Que m’arrivait-il ? J’entrepris d’ouvrir les paupières lentement. J’en fus incapable, une lumière intense et diffuse m’aveugla. Je les refermais aussitôt. Je posais les deux mains sur le visage. J’entendis, alors des voix tout autour de moi. Mon cœur s’affola.
- Laisse-la ! Bédivère, grondai une voix masculine.
- Mais qu’est-ce qu’il te prend en dit une autre sur un ton menaçant. Tu deviens fou Tristan. Elle allait prendre la lumen.
- Non, tu fais erreur, Bédivère. Je l’ai entendu converser avec son compagnon, elle faisait que l’étudier. Elle n’avait pas l’intention de l’emmener.
- Peu importe ! S’emporta-t-il .Pourquoi tu défends une mortelle ? Sévenus serait extrêmement contrarié s’il apprenait ce que tu viens de faire. Tu sais que la lumen est vitale pour nous.
- Fais-moi confiance, je t’en prie. Je sais ce que je fais.
- Tu t’expliqueras avec lui, alors.
- Je m’en charge. A présent, va-t-en s’il te plaît.
- Je pars. Débrouille-toi.
Les voix s’éteignirent subitement. La lumière aveuglante avait disparue. Je restais sur le sol. Je ne bougeai plus. La peur me pétrifiait sur place. Au bout d’une minute, je décidais d’ouvrir les yeux petit à petit. Mais mon sang se glaça d’un coup. Je vis l’ombre d’une silhouette penché sur moi. J’étais horrifié de relever la tête et de voir qui se trouvait face à moi. Je me redressai délicatement avec des gestes aux ralentis. C’est alors que je l’aperçu. Il était devant moi. Il devait mesurer plus d’un mètre quatre-vingt. Il était vêtu d’une longue cape noire. Une capuche lui cachait le visage. Je ne pouvais qu’apercevoir la forme délicate de sa bouche. Il me souriait. Je n’avais jamais vu de ma vie des lèvres aussi parfaite. Mon cœur eut un raté. Je fus pris de vertige. Il se pencha doucement sur moi et me tendis la main pour m’aider à me relever. Mon corps était dans l’incapacité de faire le moindre mouvement. Qui était-il ? Devenais-je folle ? Tout me semblait irréel. Je ne rêvais pas pourtant. Il était bien là attendant que je réagisse. Que me voulait-il ? Je ne croyais pas aux êtres surnaturels. Martin m’avait informé sur l’étrangeté de la forêt. Il m’avait mis en garde, je ne l’avais pas cru. Une fois de plus, mon entêtement m’avait joué des tours. J’aurais du prendre la fuite comme il me l’avait suggérer. Il était trop tard. Allait-il me faire du mal ? Devais-je prendre mes jambes à mon cou et m’enfuir en hurlant. Ma curiosité était plus forte que tout. Je devais savoir qui il était. Je ne répondis tout de fois pas à sa demande. Je restais immobile. Mes mains tremblaient. J’étais tétanisé.
-N’ai pas peur de moi ! Chuchota-t-il.
Sa voix était mélodieuse. Jamais de mon existence, je n’avais entendu un timbre aussi envoûtant.
Je restais silencieuse. J’étais dans l’impossibilité de prononcer le moindre son. Ni même de remuer un cil.
- Je ne te ferai aucun mal, Solen ! J’en fais le serment, me dit-il sur un ton qui se voulait aussi doux que de la soie.
Un détail me décontenança, il connaissait mon prénom. Comment pouvait-il le savoir ? Puis, je me souvenue qu’il avait écouté notre conversation avec Martin. Il nous avait espionnés. Je compris alors pourquoi j’avais eu cette impression d’être épier tout le long
de notre ballade. Il me surveillait. Mais dans quel but ?
- Prends ma main, dit-il.
Ces paroles m’avaient quelque peu rassuré. Il n’avait pas l’air hostile. Il avait pris ma défense. Il ne voulait certainement pas me nuire. J’inspirais un bon coup. Je pris sa main. Un courant électrique me parcourra le bras jusqu’au cœur. Que m’arrivait-il ? Il m’aida à me relever. Au moment où je fus debout face à lui, je distinguais enfin son visage.
Ses yeux noirs comme la nuit aux reflets argentés, semblable à la lune, lui donnait un regard intense et pénétrant. Ses traits étaient fins et d'une gracieuse perfection. Sa bouche séduisante et enivrante pouvait vous faire perdre la raison. Je devinais également sous sa coiffe de longs cheveux bruns d'une parfaite texture. Sa beauté me coupa le souffle. Tout en lui laissait paraître qu’il n’était pas du même monde que le mien. Il me fixait mais pas d’une manière menaçante plutôt tolérante. Il discernait mon inquiétude.
- Tu n’as aucune raison de me craindre, m’avoua-t-il. Je sais que tu es effrayé. Vous, les humains êtes tellement rationnels. Tu viens d’être témoin de quelque chose qui te dépasse. Mais rassure toi je n’ai pas l’intention de te faire quoi que ce soit.
- Qui es-tu ? Marmonnai-je d’une voix à peine audible.
- Quel importance, vu que tu ne me verras plus. Tout ce que tu as à savoir, c’est que je n’avais pas à me montrer. Votre espèce ne doit pas connaître notre existence. Le monde invisible doit rester cacher aux yeux des humains.
- Le monde invisible, repris-je.
J’entrevis dans ses yeux qu’il en avait trop dits. Il me coupa aussitôt.
- Je me suis mis en mauvaise posture aujourd’hui pour te sauver de l’attaque de Bedivère. Je te conseille pour ta sécurité de ne plus jamais remettre un pied dans la forêt.
- Mais….
- Une dernière chose, ne dis à personne que tu m’as vu. Tu inventeras ce que tu veux mais je te défends d’en parler et de ce que tu as vu. Il vaudrait mieux pour toi que tu oublies tout.
Il redressa la tête et regarda derrière moi avec insistance.
- Tes amis sont à ta recherche. Ils viennent te chercher. N’oublie pas notre accord, Solen.
Soudain, son corps, sa peau devint peu à peu translucide jusqu’à disparaître complètement devant moi. Il s’était évanoui dans les airs. J’entendis alors comme une voix d’outre tombe au loin.
- Ne reviens jamais, Solen.
J’étais totalement perdue, abasourdie par ce que je venais de vivre. Je restais la immobile au milieu de la clairière. Le temps semblait avoir repris son cours. Le vent balayait mes cheveux. J’étais déboussolée, incapable de réfléchir rationnellement. J’attendais qu’on vienne jusqu’à moi. La lueur du jour se tamisait mais avait retrouvé sa normalité. Des voix derrière moi se faisaient de plus en plus proches. On m’appelait.
- Solen ! Crièrent-ils. Solen, où es-tu ?
Je reconnaissais les voix de mes amis. Ils paraissaient inquiets et angoissés. Malgré cela, j’étais comme pétrifiée. Mes membres ne répondaient plus. Mon cerveau s’avérait incapable de commander la moindre partie de mon corps qui semblait s’être figé. J’entendis des pas derrière moi. Des bras m’attrapèrent avec ardeur et me firent basculer en avant. On me retourna aussi sec et Abigaël me serra généreusement contre elle.
- Solen, s’écria-t-elle ! Tu nous as fait peur. Je croyais ne plus jamais te revoir. Martin nous a raconté. Que s’est-il passé ?
Je restais muette. Attendant que mon esprit se remette en marche. L’arrivée de mon amie m’y aida, cependant. Je commençais à refaire surface des profondeurs de l’inconnu. Mes muscles reprirent vie jusqu'à se décontracter. Je clignais des yeux. Je sortais comme d’un sommeil profond.
- Solen, Parle ! S’égosilla-t-elle. Je t’en prie. Ton silence est insupportable.
- Je…
- Oui, dis-moi. Explique, bon sang.
- Je vais bien, repris-je confuse.
Je secouais la tête comme pour me remettre les idées en place et affronter mes amis. Il n’attendait qu’une chose que je réponde à leurs questions. Or, je ne pouvais rien leur dire. Il ne devait pas savoir ce qui venait de se produire. Tristan m’avait demandé de ne rien dévoiler de leur existence. Tristan, ce nom résonnait dans ma tête en boucle. Qui était-il ? Il avait bien pris soin de ne rien divulguer ne serait-ce qu’un indice. Le monde invisible, qu’est ce que cela signifiait ? Tout ma vie, je répétais que je ne croyais seulement ce que je voyais mais la je ne pouvais nier l’évidence. Il y avait bien un monde surnaturel parallèle aux nôtres. Toutes mes croyances sombraient, comme un navire au fond l’océan, avec ce que je venais de découvrir. A moins de n’avoir perdu la raison ! Je n’étais pourtant pas folle, j’arrivais malgré tout à raisonner avec logique. Mes amis me regardaient avec des yeux ronds attendant mes explications. Que pourrais-je inventer qui ne soit pas trop invraisemblable ? Il ne fallait pas que j’affabule de trop et qu’ils se doutent que je leur mentais. Une histoire simple suffirait à répondre à leur attente.
- Je n’ai rien, expliquai-je. Les histoires de Martin m’ont fichu la trouille ! Quand il est parti, je me suis retrouvée seule. Le vent est monté. Tout m’est alors apparu bizarre et mystérieux comme dans un film d’épouvante. J’ai paniqué.
- Oh Martin, c’est malin ! S’énervait Abigaël. Qu’avais-tu à lui raconter tout ça. En plus, tu l’as laissé toute seule. C’est impardonnable !
- Je sais, marmonna-t-il entre ses dents. Je m’excuse vivement, Solen. Je n’aurai jamais du fuir. Es-tu sûr qu’il s’est rien passé d’étrange ?
Martin en proie à une imagination débordante, ne paraissait pas croire un traître instant à ma version. Il devait être intérieurement persuadé que j’avais été témoin de choses inexpliquées. Mais, il n’en connaîtrait pas davantage. Je resterais de marbre face à son scepticisme.
- Je n’ai rien vu, Martin ! Rétorquai-je sèchement. Veux-tu bien arrêter avec tes phénomènes inexplicables. Tu as déjà bien réussi à me donner la frousse de ma vie, ne recommence pas.
Tous le fusillèrent du regard. Il semblait alors décontenancer. Ses joues se colorèrent tel un grenat. Il baissa la tête et ne prononça plus aucun mot. L’embarras l’envahit. J’étais déroutée étant donné que la fuite de Martin m’avait donné l’occasion de vivre une expérience extraordinaire. Je devais faire retomber la pression entre nous. Je ne voulais pas me fâcher avec lui.
- Franchement Martin, dit Abigaël avec énervement. Je trouve que tu…
- Abi, non arrêtes, la coupai-je calmement. On oublie ce qui vient de se produire. Je suis aussi fautive que Martin. Il m’a supplié de le suivre mais je me suis butée à rester pour continuer mes recherches.
- En parlant de çà, s’étonna mon amie. Elle est où cette fameuse plante ? Martin nous a dit que vous l’aviez trouvé.
- Oui, elle a disparue ! S’exclama Martin. Pourquoi n’est elle plus à sa place ?
Je me retournais. Je ne m’étais pas rendue compte que la drosera rotundifolia ne se trouvait plus au milieu de la clairière. Tristan avait du l’emporter avec lui. D’après mes souvenirs confus de cette discussion, il devait la protéger. Elle était vitale pour eux. Nous représentions un immense danger pour leur survie. J’étais tenue, à présent, de trouver une diversion.
- Mais Martin, tu fais erreur, réfutai-je. Quand tu m’as quitté, je me suis enfuit également peu après. Il ne s’agit pas du même endroit. La clairière où se trouve la plante est bien plus loin.
- Ah bon, répondit-il interloqué.
- Bien sûr, répondis-je avec conviction. Comment pourrait-elle devenir invisible ?
- C’est évident, continua mon amie. Martin, veux tu cesser tes enfantillages ! Il est incontestable que Solen dise la vérité.
Mon amie me fixa longuement et me sourit. Elle passa sa main dans mes cheveux pour repousser une mèche qui venait se jucher devant mes yeux.
- Je te ramène chez toi, Solen ! Rentrons, sollicita-t-elle. Il est temps.
- Je suis d’accord, convint Pierre.
- Oui, je pense qu’il est préférable de partir, dit Martin.
J’acquiesçais d’un signe de tête. Abigaël me prit la main et nous nous mîmes en route. Durant le chemin du retour, mon amie me lançait par moment des regards pleins de compassions et de tendresse. Elle me serrait la main comme pour ne pas me perdre de nouveau. J’avais l’impression, à cet instant, d’être revenu au stade de l’enfance quand ma mère m’emmener balader. Je n’éprouvais toutefois aucune honte et appréciait fortement le soutien de mon amie. Ils semblaient tous connaître parfaitement la direction du château de Comper. Comment pouvaient-ils se diriger aussi facilement dans cette immense forêt ornée d’arbre monumental. Sans doute, je me serais égarée seule dans ces lieux.
- Comment connaissez-vous le chemin ? M’enquis-je.
- C’est pas compliqué, s’amusa Abigaël. Nous avons fait comme « le petit poucet ». Mon amie et Pierre étouffaient un rire. Regarde !
Abigaël me montra un mouchoir enfoncé dans l’écorce d’un arbre.
- Tu vois, me dit-elle fière de sa trouvaille. Il est inutile de posséder un Gps. Les méthodes de Charles Perrault sont toutes aussi efficaces.
Elle se mit à rire joyeusement avec les autres. Je me joignis à leurs amusements. Tout était rentré dans l’ordre. Le groupe s’était apaisé de cette épreuve. Martin affichait un air plus décontracté, il se sentait moins pointé du doigt. Quant à Pierre et Abigaël leur petite promenade privée s’avérait utile. Leur rapprochement et bon entente se distinguait intensément. Malgré la bonne mine que j’arborais, mon cœur s’affolait dans sa cage thoracique. Mon cerveau tout entier était en ébullition. Les questions fusaient dans tous les sens. Je m’efforçais de suivre les conversations de mes amis pour ne pas trop éveiller leur curiosité. Nous arrivâmes à la voiture. Abigaël relâcha doucement ma main. Elle me tapota dans le dos amicalement. Je lui renvoyais un large sourire affectueux. Sur la route, les discussions allaient bon train. Je participais le plus possible pour éviter quelques équivoques en ce qui concerne mon attitude. Je ne voulais pas commettre de maladresse et laisser transparaître le tourment qui grandissait en moi. L’impatience de regagner ma maison s’accrut. Je voulais qu’une chose, me retrouver seul avec moi-même sans être épier par mes amis. J’avais besoin de solitude pour pouvoir réfléchir et raisonner. En dépit de mes convictions d’être maitre de mon esprit, je ne pouvais enlever le doute que j’avais été en proie à des hallucinations. Cela ne pouvait être vrai ! Je ne rêvais pas pourtant. Abigaël se gara devant l’entrée de chez moi. Elle ne coupa pas le moteur. Je dégrafais tant bien que mal ma ceinture de sécurité. Je me penchais sur mon amie et la serra dans mes bras tendrement. Je posais ma bouche délicatement au creux de son oreille pour lui souffler un message.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:27

- Merci Abi, chuchotai-je. Je t’adore. Tu me raconteras avec Pierre.
Je desserrai mon étreinte et me redressai sur le siège. Je lui renvoyai un clin d’œil. Elle était écarlate face à la gêne qui la submergeait.
- Tu.. tu es sûr que tu vas bien, Solen ! Bégaya-t-elle. On peut te laisser ?
- Oui, ne t’inquiète pas pour moi ! D’ailleurs, je ne perds pas mes mots comme toi apparemment, plaisantai-je pour la mettre mal à l’aise devant Pierre.
- Je pense, en effet, que tu te portes à merveille, répondit-elle avec agacement.
Je saluai les garçons à l’arrière. J’ouvris la porte du véhicule et me faufilais à l’extérieur hâtivement. J’arrivais devant l’entrée de ma maison et avant de n’enfoncer la clé dans la serrure, j’entrepris de me retourner et de faire un geste de la main à mes amis. Abigaël démarra et sa voiture tourna dans la rue perpendiculaire à la mienne. J’entendais ma mère s’affairait à la cuisine quand je rentrais dans le couloir. Le bruit des casseroles résonnait dans tous le logis.
- C’est toi Solen, m’interpella-t-elle. Tu es de retour ?
- Oui maman, je suis là. Je monte.
Je grimpais quatre à quatre les marches de l’escalier et fonçais en direction de ma chambre. Je refermais précipitamment la porte et me colla de tout mon long sur celle-ci. Je levais les yeux au plafond et appuyais ma tête sur le bois. Je soupirais. J’espérais que ma mère ne vienne pas m’interroger sur ma journée. Je voulais rester tranquille. Je rêvais éveiller. Je me posais un tas de question sur Tristan, la force indiscernable qui me souleva du sol, le monde invisible. Je devais faire face à un phénomène qui me dépassait. Je n’aurai jamais cru concevable qu’un tel monde existe. Il ne fallait surtout pas que mon secret soit dévoilé au grand jour. Tristan m’avait bien demandé de ne plus jamais retourner dans la forêt de Brocéliande. Ce lieu qui me plaisait tant, où j’aimais me balader quand le soleil pointait son nez à l’horizon. J’étais de nature trop bornée pour rester éloigner de cet endroit. Je ne pouvais pas concevoir de ne jamais connaître plus sur ce monde. Pourquoi avais-je été attaqué ? Dans quel but, Tristan s’était-il interposé pour me sauver ? Il ne me connaissait pas. Si cette plante était si vitale pour eux, je ne comprenais pas qu’il puisse prendre ainsi ma défense. Il avait écouté notre conversation avec Martin. Il me surveillait depuis un moment dans ce cas. Qu’avais-je de particulier pour qu’il me prête attention ? Il devait jouer un rôle important dans son monde. Pourquoi ne m’avait-il rien avoué de plus ? Il s’était risqué à se montrer. Je faisais les cents pas dans ma chambre en essayant de trouver des réponses à mes questions. Je tournais en rond. L’énervement s’empara de moi. Je stoppais face à mon lit. Je me jetai férocement sur le matelas. Je rebondis et bascula sur le bord. Je roulais et retombais sur le coté. Un bruit sec retentit au moment où je percutais le plancher.
- Ouille mes fesses, grondai-je.
La chute me coûterait un énorme bleu le lendemain au réveil. Cette fois-ci, je me relevais sans précipitation. Je me frottais avec vigueur le postérieur qui me lançait terriblement. Heureusement pour moi que je me trouvais seule à ce moment précis. La honte m’aurait ensevelit sous terre jusqu’au cou. Je m’asseyais calmement sur le rebord de mon lit. J’inspirais profondément pour me détendre. Le visage de Tristan hantait mon esprit. Je devais coûte que coûte le revoir. Premièrement pour en connaître plus à son sujet et deuxièmement car mon cœur lui appartenait désormais. Son charme avait eu raison de mon âme. Son regard m’avait transpercé tel une flèche de cupidon, il m’était dorénavant impossible de faire machine arrière. Comment allais-je m’y prendre pour le retrouver ? Il faisait partie d’un monde parallèle aux nôtres. La tâche s’annonçait plus que rude. Néanmoins, il m’avait bien mis en garde de ne pas revenir. Il veillait indubitablement à la protection de la forêt. Il n’aurait aucun mal à m’apercevoir si je déambulais dans ces lieux. Je savais pertinemment que je prenais un risque gigantesque à remettre les pieds là-bas. Il le fallait, malgré tout, je ne pourrais plus vivre désormais normalement et reprendre le cours de ma vie. Je soupirais car mon cœur s’affolait de plus en plus au fur et à mesure que j’y pensais. Je me posais les deux mains sur le visage comme en prévision d’un flot de larme prêt à jaillir, qui ne vint pas cependant. Il devait bien avoir deux heures de passées depuis que j’étais revenue chez moi. Ma mère m’appela en bas de l’escalier.
- Solen, viens manger ma chérie, cria-t-elle. Tu as entendu ?
- Oui maman, m’égosillai-je afin qu’elle m’entende de là où elle se trouvait.
Je rejoignis mes parents à la cuisine pour dîner. Ils étaient tous les deux déjà installé à la table et m’attendaient. L’odeur du plat de lasagne maison me vint aux narines. D’ordinaire, la faim m’aurait fait gronder l’estomac et je me serais jeté goulûment sur le plat. Mais, mon esprit était tellement tourmenté que je n’éprouvais aucune sensation de faim. La nausée même me vint au creux de la gorge. Je m’installais devant mon assiette en essayant de montrer une mine ravie. Je prie une bonne part de lasagne et entama mon plat sans rechigner.
- Alors, ta journée Solen, demanda curieusement mon père. Tu ne nous en parles pas. Qu’as-tu fait ?
Je me sentis défaillir face à cette question. Je devais garder mon sang froid et ne rien laisser transparaître auprès d’eux. Cela me demandait énormément d’effort car jamais auparavant je ne leur avais mentis. Je leur avais toujours dit la vérité sur tout. Je priai de tout mon être pour que le mensonge ne se lise pas sur mon visage. Une goutte de sueur perla sur mon front. Ma respiration devint de plus en plus saccadée. Je déglutis.
- Nous sommes allées à Brocéliande pour faire des recherches, dévoilai-je en essayant de garder une voix sereine.
- Tu as trouvé ton bonheur ? S’enquit ma mère.
- Oui après une grande ballade dans la forêt nous avons atteint notre objectif.
- Tant mieux alors ! Au fait, qu’as-tu prévu demain ? Nous sommes samedi, tu ne voudrais pas venir avec moi aux magasins de jardinage ?
- Euh….
Ma mère attendait ma réponse. Elle me fixait. J’étais déstabilisée. Que pourrais-je lui dire ? Non, je ne peux pas venir avec toi car je dois absolument revoir Tristan, pensai-je. J’étais coincée. L’idée de refuser son invitation m’importunait. Elle serait fortement déçue. Il fallait que je trouve une solution pour qu’elle ne m’en tienne pas rigueur. Quel prétexte pourrais-je bien inventer pour me sortir de cette impasse ? Je devais mentir.
- Cela aurait été avec plaisir, maman ! Feignis-je. Mais malheureusement, j’ai déjà promis à Abigaël de l’accompagner sur Saint-Malo demain toute la journée. Je suis désolée.
- Tu t’absentes la journée entière alors ? S’étonna ma mère.
- Oui, nous partons le matin jusqu’au soir certainement.
- D’accord, il faut te préparer quelque chose à manger pour le midi ? Proposa-t-elle.
- Non, ne t’embête pas maman. Nous mangerons sur place.
Mon père restait muet. Il écoutait notre conversation entre ma mère et moi. Il n’était pas très bavard. Il ne s’attardait pas non plus sur le fait que je puisse m’absenter avec mes amis. Il était du genre libre et ouvert. Il s’efforçait régulièrement de faire entendre raison à ma mère qui était, au contraire, très protectrice. Le silence s’installa. Je terminais mon repas tant bien que mal. Je me levais et regagnais ma chambre rapidement.

La nuit avait été longue et mouvementée. Les heures avaient défilés comme des jours entiers. Le visage de Tristan m’avait hanté comme un fantôme durant mes brefs instant de sommeil. Je me remémorais sans cesse son regard pénétrant qui avait dévasté mon cœur. Je restais allongée sous ma couette écoutant le chant du coq. Le soleil se levait doucement. Les couleurs qui s’infiltraient entre les stores de ma fenêtre laissées espérer une journée ensoleillé et agréable. Je portais une main à mon cœur et ressentais les palpitations exagérées en dessous de ma poitrine. J’inspirai un bon coup pour calmer mon rythme cardiaque qui s’affolait au fur et à mesure que le soleil s’élevait dans le ciel bleu de Bretagne. Des gouttes de sueurs perlaient sur mon front et collaient mes mèches de cheveux sur le haut de mon visage. Malgré mon irrésistible envie de me lever et de prendre une douche bien froide, je restais immobile dans mon grand lit hypnotisé par le plafond. Je réfléchissais à cette journée qui se préparait. Aurais-je la chance de le voir de nouveau ? Ou bien son visage ne resterait qu’un merveilleux souvenir graver dans mon esprit pour l’éternité. Il m’était inconcevable de l’oublier. Tristan m’avait marqué au fer rouge pour le reste de mon existence. Je roulais sur le flanc gauche, repliée mes jambes et appuyais ma joue sur mon avant bras. Cette position tel un fœtus m’apaisait de mes tourments. Je plongeais dans mes pensées. Au bout de quelques minutes, je m’efforçais à me lever. Une bonne douche d’eau glacée me donna un bon coup de fouet pour attaquer cette journée si appréhendée. Je m’observais dans le miroir tout en brossant mes longs cheveux blonds mouillés. De légers cernes violacés s’étaient esquissés sous mes yeux. Je ne pouvais pas croiser ma mère avec ce visage qui trahissait ma mauvaise nuit. Elle se serait inquiétée et j’aurais eu droit à un interrogatoire sempiternel. Je n’avais pas la patience de répondre à une montagne de question. J’entrepris de me maquiller afin de camoufler les marques de mon insomnie. Le dilemme de la tenue vestimentaire du jour me fit perdre un temps fou. Je dus me changer plusieurs fois avant de trouver les vêtements adéquats. J’enfilais un jean moulant évasé discrètement dans le bas accompagné d’un chemisier blanc cintré parsemé de fine dentelle. Je rejoignis ma mère qui m’attendait dans la cuisine comme d’ordinaire. Elle fût surprise de ma rapidité à prendre mon petit déjeuner. Je me hâtais et enfilais ma veste suspendue au porte manteau de l’entrée et sortis précipitamment. Je grimpais dans ma voiture et entrepris de composer le numéro d’Abigaël. La sonnerie retentit deux fois et elle décrocha.
- Allo, dis-t-elle d’une faible voix.
- Allo Abi, c’est Solen ! Répondis-je avec empressement. Je te réveille ?
- Oui. Je l’entendis bayer. Qu’est-ce qui se passe ? Tu as l’air tendue ?
Sur ces mots, je me détendis un peu et pris un ton plus calme. Je ne devais pas éveiller sa curiosité.
- Euh… Non, ça va. J’ai besoin de tes services. J’ai dit à ma mère que je partais à Saint Malo avec toi, aujourd’hui. Je voulais t’en informer pour que tu aies la même version que moi au cas où on te questionnerait.
- D’accord, ne t’inquiète pas. Mais, pourquoi ce mensonge ? Tu as quelque chose à cacher ?
- Non, rien. J’avais besoin de prendre l’air et tu la connais. Elle peut être parfois très entreprenante. Je n’avais pas envie de m’expliquer.
- Hum… Tu es étrange depuis, hier.
Je ne prêtai pas attention à sa remarque et détournai le sujet.
- Alors, raconte avec Pierre ? Comment ça s’est passé ?
Je l’entendis toussoter dans l’appareil.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 12:28

- Très bien ! On a longuement discuté avant de croiser Martin affolé dans les bois. Nous avons fait connaissance et parler de tout en général. Il est très intéressant et irrésistiblement craquant.
J’étouffais un rire.
- Dis-moi en plus alors ? Il a l’air intéressé ?
- Non, je ne crois vraiment pas. Il est amoureux de toi, Solen. Laisse-lui le temps de digérer la pilule. Je pense que pour mon cas c’est peine perdue.
- Je n’en suis pas si sûr, Abi. Tu sais, quand j’ai suggéré de se séparer dans la forêt, il affichait un air approbateur. Peut être qu’il doit juste apprendre à te connaître un peu plus. Ne t’en fais pas ! On trouvera un moyen de le faire succomber à tes charmes.
Je partis d’un rire éclatant. Le doute d’Abigaël sur mon comportement étrange lui échappa. Elle était désormais concentrée sur Pierre.
- Si tu pouvais avoir raison, souffla-t-elle.
- J’en suis sûr. Je te laisse. Je vais prendre la route. Je t’appelle plus tard. Salut !
- A plus tard, Solen. Salut !
Sur la route de Brocéliande, je mis un Cd de musique irlandaise pour me distraire. Mais plus je m’approchais de Comper plus le stress montait. Je conduisais maladroitement et me pris plusieurs bordures sur le chemin. Arrivée à destination, je mis un moment à descendre de ma voiture. J’étais désormais face aux portes de l’entrée du château. Les grilles étaient déjà ouvertes pour les visiteurs. J’attrapais ma veste et tira dessus afin de la mettre correctement en place. J’inspirai profondément pour me détendre et fis un pas en avant.
Le calme régnait autour de moi. Les feuilles bougeaient au rythme du vent. Les rayons du soleil filtraient entre les branches. J’avançais vers mon destin. Qu’allait-il m’arriver. J’avais enfreint les règles. La crainte me consumait. Mais la détermination était plus forte que tout. Mes pas étaient lents de même que si je me trouvais sur un tapis roulant dans le mauvais sens. J’avais beau avancer, j’avais l’impression de faire du sur place. J’observer minutieusement aux alentours afin de trouver le moindre détail suspect. Aucune plante carnivore sur mon chemin, rien ne pouvait accélérer la venue de Tristan. Je perdais tout espoir. Ce n’était qu’une hallucination ! Mon esprit m’avait joué des tours. Sans doute, les divagations de Martin avait fait travailler mon imagination. Je me trouvais ridicule seul dans cette forêt. Je me déplaçais en regardant vers la cime des arbres.
- Je ne t’avais pas prié de ne jamais revenir ! Entendis-je comme un chuchotement derrière moi.
Je sursautais. Un frissonnement me fit tressaillir. Cette voix m’était familière. Je l’aurais reconnu entre toutes. Je ne bougeai plus. J’attendais qu’il parle à nouveau. Je voulais être sur qu’il s’agissait bien de lui.
- Alors, Solen ! demanda-t-il. Je t’ai posé une question.
Mon cœur eut un soubresaut. Il était juste derrière moi. Je me retournais lentement. Tristan était appuyé sur un arbre. Les bras croisés sur son torse. Sa longue cape noire à capuche lui donnait une allure mystérieuse. Je ne distinguais que ses yeux, sous sa coiffe, qui m’espionnait attendant que je prenne la parole. Je n’étais pas apeurée cette fois-ci mais plutôt intimidée plus que de raison. Mes mains tremblaient. Mon embarras s’accentuait à l’idée qu’il puisse s’en apercevoir.
- Je…Je voulais te revoir, balbutiai-je.
- Pourquoi ? S’énerva-t-il.
- Tu ne m’as rien dit à ton sujet. Je voulais en connaître plus sur toi.
Mon cœur s’affolait. Mon pouls martelait dans ma tête au rythme de mes paroles. Je ne pouvais pas lui dire « Ecoute, Tristan ! Je ne fais que penser à toi. Tu obsèdes complètement mes pensées ». Il m’aurait prise pour une folle. Je ne savais même pas qui il était.
- Tu n’as rien à savoir de plus, Solen. Tu n’étais même pas censé me voir, ni connaître mon existence. Retourne dans le monde d’où tu viens.
- Non, il est trop tard. Je ne peux pas faire marche à arrière. J’ai besoin de savoir qui tu es.
Il se redressa et se précipita sur moi. Il était face à moi. Il rapprocha son visage du mien. Il avait l’air furieux. Sa bouche n’était plus qu’à quelques centimètres de la mienne. Ses lèvres m’hypnotisaient malgré sa fureur. Je fus prise de vertige.
- Pourquoi autant d’entêtement ? S’emporta-t-il. Tu ne me rends pas la tâche facile. Que veux-tu savoir ?
- Dis-moi qui tu es ? Je dois connaître la vérité. Je deviens folle. Je ne sais plus ce que je dois croire.
- Non, hors de question ! Fulminait-il. Tu n’as rien à connaître de plus sur moi. C’était une erreur ! Je n’aurai jamais dû intervenir. Je suis allé trop loin en apparaissant devant toi. Va t’en et ne revient plus.
Un torrent de larme s’apprêtait à se déverser sur mes joues. Je devais me contrôler. Je ne voulais pas montrer ma faiblesse à Tristan. Son rejet me blessait dans mon amour propre. Ses paroles étaient aussi tranchantes qu’un poignard bien aiguisé. Pourquoi était-il aussi cruel ? Il ne me portait aucun intérêt particulier. Je n’étais rien pour lui, qu’une futile humaine passant au mauvais moment. Il désirait ne plus jamais me revoir, que je parte loin de Brocéliande. Je ne pouvais pas abdiquer aussi facilement. Je n’en n’avais pas la force.
- Je ne veux pas partir, repris-je la gorge nouée par l’émotion.
- Pourquoi insistes-tu ? Je t’ai dit que tu devais quitter les lieux. Tu n’as rien à faire dans la forêt.
- J’ai le droit d’aller où je veux, m’emportai-je à mon tour complètement bouleversée par les propos qu’ils tenaient envers moi. Tu ne peux pas m’empêcher de venir jusqu’ici.
- Tu te trompes, Solen. Tu n’as pas conscience de qui je suis et de ce qui pourrais t’arriver. Tu n’es pas en sécurité dans la forêt.
- Pourquoi tu me veux du mal, Tristan ? M’étranglai-je.
- Ce n’est pas de moi que tu dois avoir peur ! Reprit-il sèchement.
- De qui alors ?
- Peu importe ! Tu dois partir et au plus vite.
- Non je n’en ai pas l’intention.
Il me fusillait d’un regard perçant et embué de colère. Il me tourna le dos et s’éloigna. Qu’allait-il faire ? Me quitter à nouveau ? Disparaître ? J’avançai aussitôt dans sa direction. Un mur invisible me barra la route et me fis basculer à l’arrière. Je tombais à la renverse. Je percutais le sol brutalement. Un nœud me monta à la gorge. Je retenais mes pleures. Mes mains me brûlaient à cause de la chute. Je mis un moment à me redresser. Tristan me tournai toujours le dos et continuai son chemin.
- Ne t’en va pas, criai-je. Je t’en prie. Ne me laisse pas. Ne me quitte pas comme ça.
Les larmes montèrent jusqu’à jaillir comme une fontaine. Je sanglotais. J’étais rongée par la douleur. Que m’arrivait-il ? Pourquoi je souffrais autant de le voir disparaître de nouveau ? Tristan du entendre mes pleurs car il se retourna. En un éclair, il se retrouva prés moi. Je sursautai. Il se pencha et me pris les mains pour m’aider à me relever. Je m’exécutais difficilement. Mes joues étaient toujours humidifiées par le chagrin.
- Ne pleurs pas, Solen ! Murmura-t-il. Je ne voulais pas te faire du mal.
Il passa sa main sur mon visage pour essuyer mes larmes. Mes yeux étaient toujours aussi humectés désireux de pleurer de nouveau.
- Je ne comprends pas que tu sois aussi dur avec moi, sanglotai-je. Pourquoi tu me détestes ?
- Je ne te déteste pas ! Je …
- Dis-moi ! Marmonnai-je. S’il te plaît, Tristan.
- J’essaye de te protéger. Ta présence ici n’est pas requise. Tu es en danger désormais dans ces lieux. Si je suis aussi brutale avec toi, c’est pour te préserver. Je risque beaucoup à te parler comme je le fais. Cela m’est interdit.
- Interdit ? M’étonnai-je. Mais pourquoi ?
- Je ne suis pas des tiens. J’appartiens au monde invisible. Je brise les lois de ma communauté en te parlant.
- Le monde invisible, j’avais bien compris. Je ne pensais pas que cela pouvait exister. Je suis tellement rationnel rattaché au commun des mortels. Je n’ai pas rêvé. Tu existes réellement.
- Oui.
Il s’éloigna de moi. Il enleva sa capuche qui lui cachait la moitié de son visage. Ses cheveux bruns lui arrivaient jusqu’à ses épaules. Il était magnifique. Ses traits étaient fins et bien dessinés. Il ressemblait à ses personnages de légende, beau, majestueux, emplis de charisme. Le prince charmant de nos contes de fées semblait fade face à Tristan. Je me frottais le visage afin d’enlever toutes traces de larmes.
- Qui es-tu ? Je sais que tu te nommes Tristan. Je l’ai entendu la dernière fois.
- Je sais que tu nous as écoutées. Je l’ai lu dans tes yeux. Tu étais effrayée.
- Oui, terriblement ! Avouai-je en rougissant légèrement.
Il me sourit. Son expression était plus sereine et détendu. Il paraissait s’être calmer. Mon attitude avait du le toucher. Il n’était pas si insensible qu’il laissait paraître jusqu’à maintenant. Il allait peut être enfin m’avouer quel était son rôle dans ses lieux. Pourquoi m’avait-il défendu ? J’étais tellement impatiente d’en connaître davantage à son sujet. Il m’intriguait tellement.
- Je suis un gardien de Brocéliande, me confessa-t-il soudainement. Je fais partie du monde invisible. J’ai pour mission de protéger la forêt. Elle est sacrée pour nous.
- Tu es un gardien ? Mais pourquoi est-elle si importante pour vous ? M’enquis-je.
- Oui, je suis un être de lumière et gardien des lieux. Comme Bédivère, celui avec qui je me suis fâché pour te défendre. Nous devons protéger et préserver Brocéliande. La terre qui la compose est très fertile pour notre Lumen. Cette plante est indispensable à notre survie. Elle génère des graines dont nous nous servons pour nous guérir. Vous, les humains êtes tellement destructeurs avec votre monde. Vous anéantissez tout ce qui se trouve sur votre passage. Vous n’avez aucun respect de la nature et des animaux. Vous ne faîtes que décimer les espèces végétales et animales de votre planète. Nous devons pour tout cela défendre Brocéliande. Au-delà des limites de la forêt, nous vous laissons libre arbitre de votre destinée. Vous en payerez les conséquences bien assez tôt.
Sa vision de l’être Humain me décontenançait. La passion pour la nature qu’il manifestait était aussi irréelle que sa beauté.
- Je suis d’accord avec toi ! Admis-je. Je suis également passionnée par la nature et révoltée des agissements des hommes. Je ne voulais pas prendre la lumen enfin la Drosera pour nous. Je devais l’étudier. Je n’ai jamais eu l’intention de l’abîmer. Je ne savais pas qu’elle était importante pour vous, ni même que vous existiez. Je n’ai jamais cru au surnaturel enfin si je peux l’appeler comme ça. Pour nous les humains, tout ce qui nous dépasse est paranormal. J’ai toujours cru ce que je voyais réellement. Je ne peux que m’incliner face à la vérité et admettre qu’il y a bien un monde parallèle aux nôtres.
- Je vis bien dans un monde parallèle au tien. Je ne me manifeste jamais. Personne ne nous a jamais vus, à part toi.
- Mais les légendes sur Brocéliande, les témoignages, que fais-tu de tout cela ?
- De nombreuses légendes sur la forêt ne sont crées que par le fruit de l’imagination de certain. Vous avez besoin d’une part de rêves. Nous laissons faire. En ce qui concerne, les témoignages dont tu me parles, votre espèce ne s’attarde pas sur ces détails. Pour eux, tout a une réponse logique. Ce n’est pas un problème pour nous. Néanmoins, tu nous as vus et ça devient compliqué désormais.
- Je te fais la promesse de ne jamais rien divulguer à qui que ce soit, répondis-je aussitôt. Je te le jure. J’ai menti comme tu me l’as demandé. Personne ne sait que je suis ici aujourd’hui.
- Je sais que tu n’as rien dit. Je vous ai écouté hier tes amis et toi. Tu mens bien. Je l’avoue.
- Tu nous espionnais ? Je pensais que tu ... t’étais volatilisé, bafouillai-je.
- J’étais toujours là mais invisible pour vous. La perception des humains est tellement limitée. Il est si facile pour nous de disparaître.
En un clignement de cils, il n’était plus devant moi. Il avait disparu. Je fis un tour sur moi-même en essayant de l’apercevoir. Où était-il ? Ma respiration était haletante. Mon cœur battait tellement que je pensais qu’il allait jaillir de ma poitrine. Puis je le vis, il était accoudé à un chêne. Il souriait, visiblement ravi de sa démonstration. Sa colère semblait s’être dissipée.
- Comment fais-tu cela ? Tu es magicien ?
- Je ne suis pas magicien, s’esclaffa-t-il. Je percevais dans son air amusé une légère moquerie. Je suis doté de pouvoir depuis que j’ai été nommé gardien de Brocéliande. Néanmoins, tous les êtres du monde invisible peuvent apparaître et disparaître dans la forêt comme il le désire. Cette faculté est acquise par tout notre peuple.
Il se rapprocha de moi lentement. Ses pas étaient d’une lenteur exagéré. Je l’observais se diriger dans ma direction en essayant de maîtriser ma respiration qui devenait de plus en plus saccadé. Sa présence, son histoire, tout me déstabilisait. Il me fixait. Mes pieds me donnaient l’impression de s’enfoncer dans la terre. Son regard me transperçait comme des aiguilles.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 14:42

Woooow ça en fait de la lecture tout ça!!!!
Bha on va pas s en plaindre!!!!

Des que j ai un moment, je lirais la totaliter, j ai lue le debut, ça me semble pas mal et l image de presentation me plais beaucoup!!! Bha oui je suis tres fan de tout ce qui est celte et j aime beaucoup Loreena McKennitt...

Aller je lirais la suite ce soir!!!

Bizzzz


smack
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 15:15

o debu, de ton histoire jme disai bof bof, mai en faite, jme suis vite pri
a fon de dan,
jaime vraimen bocou ta fic
et jai trè hate de voir la suite =)
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 15:39

j'ai lu le debu mais je te dirai si la suite minterpelle car pour l'instan c assez basique c'est la presentation des personnages mais tu as un bon style d'ecriture
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Carly
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Dim 5 Juil - 18:05

Et bien ! Et bien !
Que dire de cette fic si ce n'est qu'un jour elle fera partie de la légende de Brocéliande !

En tout cas j'adore !!

Continues Luna, tu as du talent !

Tu devines qui je suis ? lol!
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Lun 6 Juil - 2:39

j' ai pas le temps de lire maintenant mais je vais le faire, le debut me plait beaucoup!
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sariah
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Lun 6 Juil - 9:29

J'aodre!
J'etais captivée!
Vite mets nous la suite!
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Lun 6 Juil - 21:53

Je te fais peur, dit-il doucement.
Non.
Menteuse, rit-il.
Je m'empourprais. Il avait bien raison, je lui mentais honteusement. Tout être normalement constitué serait impressionné face à ma situation. Nous nous toisâmes un instant. Il m'embarrassait à m'observer ainsi. J'avais l'impression d'être toute petite à coté de lui. Je me passais une main dans les cheveux.
J'aimerais en connaître plus sur ton monde ? Demandai-je nerveusement afin de rompre ce silence.
Que veux tu savoir ?
Merlin existe-t-il ? Et...Je fis un tour sur moi-même. Tristan, où es-tu ? M'inquiètai-je.
Il avait soudainement disparu sans me laisser le temps de comprendre. J'entendis alors comme un chuchotis provenant du sommet des arbres.
Chut, Solen ! Ne dis plus un mot.
Je m'exécutais sans broncher. Je saisis alors ce qu'il se passait. Un couple se dirigeait dans ma direction. L'homme et la femme arrivèrent doucement à ma hauteur et me saluèrent tous deux.
Bonjour.
Bonjour, répondis-je soucieuse qu'il m'ait aperçus discutant avec Tristan.
Ils passèrent leur chemin. Je restais sans bouger en attendant qu'il revienne près de moi. Où se trouvait-il ? Il devait être pourvu de nombreux pouvoirs. Mon impatience d'en savoir plus à son égard s'accrut. J’observais autour de moi pour essayer de distinguer un signe de Tristan. Je ne voyais rien. Je commençais à m’affoler. Etait-il parti ? M’avait-il abandonné au milieu de cette vaste forêt ? Je me crispais. Je sentis alors un souffle chaud sur mon cou.
- Tu es bien silencieuse, Solen ? Murmura Tristan au creux de mon oreille.
Mon cœur eut un raté. Sa voix douce et suave, sa respiration, il me faisait perdre la tête. J’en oubliais ce que je venais faire dans ses lieux. Mon cerveau mit un instant à se remettre en route. Je me retournai pour me retrouver face à lui. Il affichait un large sourire vainqueur.
- Je… croyais que tu t’étais défilé une fois de plus, bredouillai-je.
- Non, j’étais toujours là. Mais, indécelable pour vos yeux d’humains.
- Tu as beaucoup de pouvoir n’est ce pas ?
- Quelques un en effet ! Solen, je pense que nous devrions aller dans un autre endroit. Il y a beaucoup trop de passage. J’entends d’autres promeneurs se diriger dans notre direction.
- Je te suis, répliquai-je hâtivement.
Il étouffa un rire face à mon engouement à le suivre.
- D’accord. Viens avec moi dans ce cas.
Il me tendit la main et je la prie délicatement. La pression de ses doigts sur les miens m’électrisait jusqu’au bout des ongles. Sa main était tiède et d’une douceur incroyable. Il m’entraînait avec lui dans les bois d’un pas qui se voulait rapide. Où m’emmenait-il ? Mon attirance grandissante pour Tristan me conduisait à transgresser toutes les règles que je m’étais imposée depuis ma tendre enfance. Je m’étais jurée de ne jamais suivre un inconnu. Mon destin lui appartenait désormais. Je ne me souciais guère des conséquences. Nous nous enfoncions de plus en plus au milieu des ses immenses chênes. Je ne discutais pas. Le soleil se dissipait peu à peu dans la densité des feuillages des arbres. La lumière s’estompait au rythme de nos pas.


Dernière édition par lunabelle59 le Mar 7 Juil - 8:19, édité 1 fois
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Carly
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Lun 6 Juil - 22:59

Trop bien vivement la suite ; )
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Lun 6 Juil - 23:47

haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa, jadoooooooore, il crooo mignon tristan
jve la suite =)
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 7:04

Encore!
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 7:45

c'est tout simplement magnifique!
Vraiment je suis impatiente de lire la suite!
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 8:49

super cette suite g ate de voir ou il va lemener!!!vivemen la suite!!!

mais di moi on est toujour danns le chapitre un ou pas???
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 9:04

Allez la suite!!!
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 9:43

Coucou,
Merci les filles, je suis contente que ca vous plaise !!
Je vais essayer d'écrire une suite très très vite !!!
Pour répondre à ta question Bettyboop, je n'avais pas encore noté les chapitres.
Il s'agit du chapitre 5.
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 10:31

bon ben que dire, à part que même lu 2 fois, on ne s'en lasse pas!!!!!
moi aussi tu me reconnais????
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 12:00

lol! Biensûr ma Kaly !!!!!!!!!!! Merci beaucoup !!! smack
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Mar 7 Juil - 12:21

Superbe on se laisse transporter par la magie des lieux
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MessageSujet: Re: Luminescence !   Aujourd'hui à 20:19

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